L'entreprise sarkozienne de destruction de la civilisation républicaine, démocratique, culturelle et humaniste aboutira peut-être avant 2012.

Les fins de non-recevoir envoyées aux manifestants depuis 2007 se poursuivront, quelle que soit l'ampleur des grèves et protestestations.

La transformation de la France en un hypermarché de consommateurs-travailleurs-chômeurs, avec à ses alentours, de plus en plus d'exclus, s'accélera brutalement avec la remise en cause de l'âge légal de la retraite à 60 ans, acquis républicain et mitterrandien.

La transformation de l'être humain-citoyen Français en insecte besogneux, par des méthodes psychiatriques au besoin, devait aboutir une fois le plein emploi réalisé - promesse stalinienne du candidat Sarkozy de 2007. Un "nouvel homme", "surveillé et puni" devait surgir, fruit d'une idéologie aux relents pré-totalitaires...

Il serait privé de musées et ses enfants de l'enseignement de leur histoire...

Or, ce sont les figures du chômeur traqué par l'Etat policier et du travailleur précaire qui angoissent l'Hexagone 3 ans plus tard.

Tronc_public_pour_les_pauvres_au_cimeti_re_de_Montmartre

Véritable régression civilisationnelle au sein de laquelle la vocation unique et totalisante de la personne humaine est de travailler, c'est-à-dire de ne rien faire d'autre, tout au long de sa vie, que de servir le processus économico-financier de la société néo-capitaliste.

Si Nicolas Sarkozy, a déjà préparé tous les scénarios lui permettant d'affirmer à nouveau que "ce n'est pas la rue qui gouverne", euphémisme sarkozien pour dire que le peuple ne compte pour rien, plus les manifestations seront importantes demain, plus l'histoire, si celle-ci se prolonge encore, se souviendra que les Français ne sont pas restés les bras ballants devant la stupidité, la cupidité, l'injustice, l'inhumanité d'une oligarchie, d'un clan médiatico-financier qui avaient pris les rênes de l'Etat en 2007.

Si le mépris sarkozien pour le peuple s'exprime encore après cette journée de protestation populaire, il faudra que les élus du peuple aient le courage d'affronter le pouvoir par les voies constitutionnelles dont ils disposent, et dont Ségolène Royal a rappelé qu'elles bloqueraient, via le déclenchement du référendum d'initiative populaire, la destruction à venir de la retraite comme garantie d'un temps de repos, de transmission aux générations à venir, d'une dignité gagnée après une vie de labeur...

SEGOLENE ROYAL

"Réduire l'activité sociale à l'activité productive constitue une forme de mutilation, surtout lorsque les emplois s'y raréfient. [...] Une société régie par des critères chiffrés et par l'obsession du déficit comptable ne se maintient que dans l'affrontement et l'élimination des plus faibles, de ceux qui n'entrent pas dans les modèles de rendement à tout prix."

La_v_rit__d_une_femme_de_S_gol_ne_RoyalSégolène Royal,

La vérité d'une femme

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HANNAH ARENDT

"L'époque moderne s'accompagne de la glorification théorique du travail et elle arrive en fait à transformer la société tout entière en une société de travailleurs.

[...]

Cette société ne sait plus rien des activités plus hautes et plus enrichissantes pour lesquelles il vaudrait la peine de gagner [la] liberté.

[...]

Ce que nous avons devant nous, c'est la perspective d'une société de travailleurs sans travail, c'est-à-dire privés de la seule activité qui leur reste. On ne peut rien imaginer de pire."

Condition_de_l_homme_moderne_de_Hannah_ArendtHannah Arent,

"Prologue",

Condition de l'homme moderne

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BERNARD MANIN

"Les démocraties contemporaines sont issues d'une forme de gouvernement que ses fondateurs opposaient à la démocratie.

[...]

"Ainsi, pour Sieyès comme pour Madison, le gouvernement représentatif n'était pas une modalité de la démocratie, c'était une forme de gouvernement essentiellement différente et, de surcroît, préférable.

[...]

Un gouvernement organisé selons les principes représentatifs était donc considéré, à la fin du XVIIIe siècle, comme radicalement différent de la démocratie alors qu'il passe aujourd'hui pour une de ses formes !"

Principes_du_gouvernement_repr_sentatif_de_Bernard_ManinBernard Manin,

Principes du gouvernement représentatif

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MARCEL LE GLAY, JEAN-LOUIS VOISIN, YANN LE BOHEC

"Le milieu du Ve siècle marque un moment décisif dans l'histoire des institutions et de la civilisation romaine. Pour obtenir une législation écrite et un statut qui mettrait fin à l'arbitraire des consuls et aux privilèges du patriciat, les plébéiens entreprirent un long combat.

D'après la tradition, depuis 471 la plèbe se serait organisée en assemblée populaire [...] et ces rassemblements de plèbe (concilia plebis), réunis par les tribuns, auraient commencé à prendre des décisions.

 

[...]

La restauration de la République en 449 [permit le vote de] trois lois par lesquelles la constitution romaine devint patricio-plébéienne.

[...]

L'autorité officielle est reconnue aux plébiscites, c'est-à-dire aux décisions des concilia plebis, reconnues comme décisions du peuple réuni en comices tributes. En fait, les plébiscites n'auront force de loi qu'en 286 (loi Hortensia)."

Histoire_romaine_de_Marcel_Le_Glay__Jean_Louis_Voisin__Yann_Le_BohecMarcel Le Glay, Jean-Louis Voisin, Yann Le Bohec,

Histoire romaine

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CONSTITUTION DE LA Ve REPUBLIQUE

art. 11 : "Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an."

Constitution_de_la_Ve_R_publique__1958

Constitution du 4 octobre 1958

Loi constitutionnelle du 23 juillet 2008

 

 

Le maire de Neuilly-sur-Seine-ministre-de-l'Insécurité avait gagné la Présidentielle en entant les slogans de sa campagne dans ce qu'il y a de plus naturel et de biologique dans l'homme : à savoir le "besoin de gagner de l'argent pour pouvoir se nourrir et se reproduire", hypostasiant cette condition naturelle en un modèle de civilisation. Une civilisation cannibale et cupide : celle du "travailler plus pour gagner plus"...

Le cycle "mangez, déféquez, mangez, déféquez etc.", traduit en "gagnez plus d'argent en travaillant plus pour consommer plus, puis travaillez, consommez à nouveau etc.", en soi-diant toute sécurité, a débouché sur une société vide de sens, amorale, violente, véritable jungle individualiste où la vie n'est que survie et n'a plus aucun prix.

Le quantitatif devait être au rendez-vous et primer sur le qualitatif avec des travailleurs juste bons à dépenser leur maigre salaire et à faire des heures supplémentaires au lieu de se former, de se qualifier ou de se cultiver, de s'occuper de leur foyer.

L_homme_unidimensionnel_de_Herbert_MarcuseComme l'écrivait déjà, dans L'homme unidimensionnel, Herbert Marcuse, critique radical de la social-démocratie, qu'il appelait le "néo-socialisme" ayant accepté et légitimé sa propre négation, à savoir le capitalisme : "l'irrationnel ne cesse de croître ; la productivité est restreinte tout en étant basée sur le gaspillage [...] : l'exploitation s'aggrave ; il y a déshumanisation [dans les sociétés industrielles avancées]."

Et d'estimer que la résistance à cet enfermement totalisant, notamment via le travail, passait par une "évolution historique [...] urgente : il faut désormais utiliser et planifier les ressources pour satisfaire les besoins vitaux avec un minimum de labeur pour transformer le loisir en temps libre, pour pacifier la lutte pour l'existence."

Déjà la défense d'espaces de vie hors le travail... D'une autre qualité que celle, infernale, du travailler pour consommer et vice versa ad vitam aeternam !

Aujourd'hui, de surcroît, l'appauvrissement et la disqualification du marché du travail français sont durablement acquis en Europe et nous le devons à M. Sarkozy.

Et a tragédie vient de ce que ce cycle animal imposé aux Français est mis au service des puissances de l'argent, l'Etat se faisant la courroie de transmission des plus-values d'un capital qui méprise le travail, qui se reproduit encore et encore, se démultiplie pour engraisser les plus grasses fortunes du pays.

D'où une fiscalité inique, d'où la destruction de tous les moyens de partage des richesses produites, rôle imparti à l'Etat - dont les serviteurs, les fonctionnaires, sont mis à mort, depuis que le capitalisme comme modèle économique avait détruit la paix sociale, la paix civique et que les travailleurs avaient lutté pour recouvrer leurs droits humains.

La production de chômeurs, la destruction du travail sont la conséquence évidente du modèle sarkozien du "travailleur qui, seul, sans partager son temps de travail avec un autre, bien au contraire, devait toujours travailler plus pour s'en sortir, sans laisser place".

L'érection de la "valeur travail" comme alpha et omega de la République française débouche, en cette période de crise économico-financière mondiale accompagnant la politique antiéconomique désastreuse menée depuis 2007, sur une situation explosive parce qu'absurde et socialement cruelle.

Le "vieillissement de la population" est même, dans cette décivilisation, devenu, comme l'avait dit Valérie Pécresse, un "fléau". Nous en sommes là...

Tant que les irresponsables politiques ne s'attaqueront pas à ce cycle capitalistique qui, protégé par la ripoublique en place, festoie sur le dos du peuple, tant qu'ils ne comprendront pas, comme les sociaux-démocrates proclamés, de Martine Aubry à Dominique Strauss-Khan en passant par François Hollande ou Pierre Moscovici, que le rapport travail-capital est mort, et que, non taxé, le capital mondialisé fructifiera sur le dos du travail national, tous les acquis sociaux, la retraite en premier lieu, passeront à la trappe.

Le financement des retraites, le maintien même du concept d'une retraite à fin d'une vie de salarié, les solidarités familiales et intergénérationnelles dépendront, comme le rappelle Ségolène Royal, d'une taxation du capital, d'une indexation par la loi, autrefois suprême, du cycle capitalistique au cycle de la vie humaine, aujourd'hui en pleine perdition.

Les cotisations des travailleurs vont, en période de chômage de masse, notamment des jeunes, diminuant, le bouleversement démographique de l'Occident accentuera le phénomène et nécessitera de trouver de nouveaux moyens de financement des caisses de retraite et de solidarité en général. Mais seule une classe politique courageuse osera chercher l'argent là où il est, le dénicher et le mettre au servide de la chose publique.

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Le retour du politique et de feux nos principes républicains et démocratiques, dont le recours au peuple remonte aux Grecs et aux Romains de l'Antiquité, du demos à la plèbe ou au populus, aura-t-il lieu bientôt?

Tout dépendra d'une part du peuple, d'autre part d'un retour de l'Etat, décrépi, et du droit, bafoué.

De leur reconnaissance par des élites politiques aliénées au monde, comme le clan Sarkozy qui confond Neuilly-sur-Seine et la France, la république avec un rayon de supermarché ou la gauche sociale-démocrate qui rêve encore d'un consensus entre travailleurs et patrons, alors que les classes sociales n'ont plus de porte-voix, que les chômeurs traqués par l'Etat se multiplient et que le patronat n'est plus en rien dépendant de la force de travail nationale.  Les néolibéraux comme les socio-démocrates et les vieux partis politiques craignant une chose : la participation du peuple...  - dont seule Ségolène Royal n'a pas peur, bien au contraire - quitte à se ravir de son abstention.

Manifester, pétitionner, en appeler à un blocage institutionnel via un référendum d'initiative populaire, c'est-à-dire au nom du peuple de France, et non d'une chimérique classe sociale ou opposition : tout doit être tenté pour empêcher la ploutocratie voyoucrate au pouvoir de détruire un peu plus encore la citoyenneté et même l'humanité de l'homme ici, en 2010, en France...

Le PS intitutionnel et majoritaire, mené par Martine Aubry alliée aux strauss-kahniens, aux fabiusiens et aux emmanuellistes-hamonistes, aurait-il peur d'un référendum, de mettre les troupes parlementaires socialistes en ordre de marche pour stopper net la destruction sarkozienne de la retraite?

Aurait-il in fine encore peur du "peuple", que le jospinisme comme la social-démocratie identifient in petto au populisme?

Ce PS serait-il composé d'archontes plus rétifs que les consuls romains qui, il y a plus de 2000 ans, reconnurent la puissance politique légitime de la plèbe?

Moment fondateur dans l'érection de notre civilisation républicaine et démocratique...

A ne pas exciper de tous les moyens démocratiques en place, au-delà du droit de grève en déliquescence, ce PS aubryste risque de se faire l'allié objectif, comme aurait dit Karl Marx, du libertarisme-ultralibéral et rentier en place, avec le capitalisme de la séduction qui le sous-tend, et toute la violence, toute l'injustice qu'il recèle.

 

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Lisez et signez en ligne la pétition en cliquant ci-dessous  :

Exigeons un référendum sur la réforme des retraites !

"A l'attention de : Mesdames et Messieurs les Députés

Madame la Députée, Monsieur le Député,

Le gouvernement veut légiférer pour reculer l’âge de départ à la retraite au-delà de 60 ans.
Le seul argument avancé par le gouvernement est soi-disant mathématique : l’espérance de vie augmente, donc le départ à la retraite doit être plus tardif.

Nous citoyens, refusons cette argumentation démagogique qui consiste à nous faire croire que l’équation de la réforme des retraites se résume au seul âge légal de départ pour les motifs suivants :
- 2/3 des plus de 55 ans sont au chômage et ne parviennent pas à trouver un emploi
- Jusqu’à 35 % de chômage chez les jeunes dans certaines régions
- L’âge réel moyennement constaté de départ est de 61.5 ans
- Aucune politique industrielle n’a été mise en place par le gouvernement pour lutter contre le chômage
- Aucune politique de lutte contre la dégradation des conditions de travail et contre la précarisation du marché de l’emploi : les femmes en sont les premières victimes
- Aucun critère de pénibilité des secteurs d’emplois n’est exigé
- Aucune mesure juste de taxation du capital n’est envisagée pour arrêter de faire peser le poids des retraites sur la seule valeur travail
- Enfin, le Fonds de réserve pour les retraites instauré par le gouvernement de Lionel Jospin n’a pas été abondé par la droite depuis 2002
Le gouvernement ferait mieux de s’atteler à prendre les mesures nécessaires pour que chaque citoyen ait la possibilité de travailler 41 ans !
Ainsi que le prévoit l’article 11 de la réforme constitutionnelle du 22 Juillet 2008, nous citoyens, vous demandons d’apporter votre soutien pour exiger la mise en place d’un référendum d’initiative populaire.

59 % ces citoyens jugent inacceptable de reculer l’âge de départ à la retraite au-delà de 60 ans !

Je vous demande donc, Madame, Monsieur le Député, de prendre en considération cette demande en signant cette pétition.

Persuadé de l’intérêt que vous porterez à vos concitoyens, veuillez recevoir, Madame, Monsieur le Député, mes salutations distinguées."