17 octobre 2009
NON AU RETOUR DES PRIVILEGES : LE BOUCLIER FISCAL, NON AUX TAXES SUR LE PEUPLE, POUR UNE PENSEE REPUBLICAINE DE L'ECONOMIE
Atomiser pour dominer, tel pourrait être le principe suivi par le sarkozysme au pouvoir.
"Diviser pour régner" : voici l'axiome guidant Nicolas Sarkozy au pouvoir. Et ce avec la co-participation enthousiaste de nombre de ceux qui, par leur histoire politique, devraient logiquement s'opposer à lui.
Ainsi nous avons vu que le pouvoir opposait depuis 2007 les chômeurs aux travailleurs, les SDF à l'Humanité sédentaire, les personnes âgées au reste de la population, les familles entre elles, les Français de confession musulmane, comme le monde musulman en entier, aux "autres", les croyants aux non-croyants, les Africains et les Allemands aux Français, les "voyoucrates" aux "ploutocrates", francophones et tenants des langues régionalistes, les malades aux bien-portants, les communautés dites "ethniques" - en fait raciales -, les homosexuels aux hétérosexuels (sic), la gauche qui n'aime pas la France à la droite qui l'aimerait, la fonction publique aux travailleurs du secteur privé, grévistes et non-grévistes bien entendu, bénéficiaires du RSA et travailleurs pauvres, etc.
Le dernier exemple en date de ces deux caractéristiques marquant le nouveau pouvoir est celui de la taxe carbone, dont l'ancien Premier ministre, dit "socialiste" et sako-compatible, M. Michel Rocard, choisi par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, a fait la promotion.
Participant ainsi un peu plus de deux phénomènes : la confusion postmoderne droite-gauche ; l'ouverture-imposture et en l'occurrence l'opposition entre l'écologie dite politique et toute politique sociale.
Principale victime : le peuple français contributeur - dont 15 milliards d'euros sont déjà chaque année consacrés au "paquet fiscal", alors que l'injustice fiscale est au cœur de la politique anti-économique sarkozienne.
Dégâts collatéraux : l'image brouillée des socialistes, du socialisme et des écologistes et de l'écologie.
Triomphateur : Nicolas Sarkozy et sa clique de privilégiés abrités sous le bouclier fiscal...
Penser naïvement le nouvel impôt carbone dans le contexte fiscal inique et immoral dans lequel il s'inscrit, ne pas commencer par abattre cette iniquité principielle, tel est le pêché politique de M. Rocard et de certains écologistes. Fondé sur le mythe stupide et nocif de la "moralisation" du capitalisme...
ROBESPIERRE
"Dans tout pays où la nature fournit avec prodigalité aux besoins des hommes, la disette ne peut être imputée qu'aux vices de l'administration ou des lois elles-mêmes ; les mauvaises lois et la mauvaise administration ont leur source dans les faux principes et dans les mauvaises mœurs.
[...]
"J'ai vu un ministre impudent dont il n'était pas permis de soupçonner la vertu, exiger les adorations de la France en la ruinant, et du sein de ces criminelles intrigues, la tyrannie sortir armée de la loi martiale pour se baigner légalement dans le sang des citoyens affamés."
"Sur les subsistances"
in Discours et rapports à la Convention
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SEGOLENE ROYAL
"Disons-le une fois pour toutes : il faut sortir du discours bénisseur et mystificateur sur l'entreprise citoyenne. L'entreprise n'a aucun objectif civique, ni dans ses statuts ni dans sa pratique."
"L'entreprise citoyenne reste au mieux un mythe, au pire une tromperie ou un leurre. Le capitalisme a mondialement imposé son désordre; la rentabilité du capital, la compétitivité n'ont jamais si fortement qu'aujourd'hui dominé les motivations."
"Le rôle de la politique est d'identifier les rapports de force et les oppositions d'intérêts irréductibles, et de choisir entre eux. Tout ne se fera pas par le consensus : il faut savoir affronter les privilèges."
La vérité d'une femme
NON AUX TAXES POUR REMBOURSER LE BOUCLIER FISCAL, NON AUX CORVÉES POUR DÉDOUANER LES PRIVILÉGIÉS
Le retour des privilèges...
Les "belles âmes" tolérantes, ouvertes aux différences - ethniques, sexuelles, culturelles - ont soit perdu à gauche soit se sont ralliées à la nouvelle droite sarkozienne.
En fait le vrai clivage entre gauche et droite, et même au-delà entre républicains et ploutocrates anti-étatiques, de ce point de vue, ultralibéraux, revient en force sous la forme du combat politique entre ceux qui souhaitent un partage équitable des richesses de notre pays d'un côté, et de l'autre ceux qui souhaitent encourager les inégalités, les approfondir, en engraissant les rentiers quitte à détruire l'économie et à appauvrir l'ensemble du marché du travail.
C'est ce second choix qui a été fait dès son entrée en fonction par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République, Nicolas Sarkozy.
Bien avant la crise internationale, due notamment aux subprimes que ce dernier voulait importer en France, le paquet fiscal, le soi-disant encouragement aux heures supplémentaires - le "travailler plus pour gagner plus" - ainsi que l'exonération d'impôts des quelques contribuables les plus fortunés ruinaient l'État et donc l'ensemble du peuple français - 15 milliards chaque année -, empêchaient toute marge budgétaire pour lancer une véritable politique éducative et industrielle en pointe et couvraient d'argent les foyers les plus riches...
Loin d'encourager l'emploi on disait amen aux rentiers. L'on réhabilitait, selon Mme Lagarde, l'argent.
Nicolas Sarkozy? Une crise économique à lui tout seul...
La politique fiscale - de répartition des richesses - de Nicolas Sarkozy - devait être inique ou ne pas être. On rappellera aux "belles âmes sarkozystes" ce principe républicain fondateur, mais aujourd'hui bafoué, touchant à l'impôt et la fin des privilèges, inscrit dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, en son article 13 :
"Pour l'entretien d'une force publique, et pour les dépenses de l'administration, une contribution commune est indispensable ; elle doit être également répartie entre les citoyens en raison de leurs facultés."
... remboursé par les corvées populaires
Les choix politiques des "grandes administrations ménagères" que sont devenus les États-nations-sociétaux sont donc surdéterminés par les choix idéologico-politiques de définition d'un budget, de gestion et d'orientation des impôts.
Ici réside la principale marge de manœuvre in concretum du pouvoir en place, et donc de la différence entre droite et gauche.
Or, depuis 2007, on aura, en France sarkozienne, creuser les déficits au bénéfice des plus fortunés, exonérés en partie d'impôts grâce au bouclier fiscal, lui-même inscrit dans le désastreux paquet fiscal, coûtant aux Français la bagatelle de 15 milliards par an....
De même la "gestion" de la crise bancaire aura-t-elle été néfaste tant aux PME qu'aux particuliers, les banques étant renflouées à coup milliards d'euros prêtés par le contribuable, sans que les règles de la finance folle ne soient réévaluées, sans que l'État ne rentre au capital des banques pour les mieux contrôler, sans que les rémunérations scandaleusement élevées des trader et autres dirigeants ne soient remises en question par la puissance publique.
Cette absence d'État n'est pas naturelle, loin de là. Elle est voulue et, nous le verrons, commandée par l'idéologie ultralibérale de la nouvelles droite. Comme le disait Robespierre devant la Convention : "la disette ne peut être imputée qu'aux vices de l'administration ou des lois elles-mêmes".
Banques renflouées, peuple français floué...
En second lieu, on détruira l'ensemble du service public de la République, la fragilisant gravement, pour mieux économiser et renflouer les déficits crées au bénéfice de la finance et du haut patronat.
Le cynisme étant de mise avec le sarkozysme, c'est par de nouveaux impôts indirects, les plus injustes, les plus iniques, les plus illégitimes car touchant les classes moyennes et populaires déjà privées d'un bon fonctionnement des services publics, que l'on poursuivra le colmatage maladroit du déficit béant des comptes publics, sans toucher aux privilèges du bouclier fiscal.
Ségolène Royal, opposante socialiste à Nicolas Sarkozy de le rappeler récemment : 20 impôts nouveaux auront ainsi été mis en place. Jésus de Nazareth multiplia les pains, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine multiplie les taxes... :
- La Taxe Carbone : 4 milliards d’€
- La Taxe pour le RSA (entre 1 et 2 milliards)
- Taxe sur les assurances et les mutuelles (1 milliard)
- Taxe sur l'intéressement et la participation (400 millions)
- Taxe sur les stock-options (250 millions)
- Franchises médicales (850 millions)
- Hausse des cotisations retraite (150 millions)
- Taxe sur la publicité des chaînes privées (incalculable)
- Taxe sur les compagnies pétrolières (150 millions)
- Taxe pour financer la prime à la cuve (100 millions)
- Taxe sur les ordinateurs (50 millions)
- Taxe pour copie privée des disques durs externes et clés USB (167 millions)
- Taxe sur le poisson (80 millions)
- Taxe sur les huiles motrices (44 € par tonne de lubrifiant)
- Taxe sur les imprimés publicitaires (incalculables)
Hausse de la redevance télévision (20 millions) Contribution exceptionnelle (exceptionnellement reconduite chaque année depuis... 1991) sur les ventes en gros de produits pharmaceutiques (50 millions)
- Taxe sur la téléphonie et Internet (80 millions minimum)
- Taxe sur les grosses cylindrées (malus auto annualisé : 160 € par an par auto)
- Chèque transport (pas de plan de financement pour l'instant)
Total: 10 milliards d’Euros soit les deux tiers du bouclier fiscal... Le déficit cette année sera de 116 milliards d’euros.
Bref, alors que Nicolas Sarkozy prétendait relancer l'économie en favorisant des rentiers, des spéculateurs ou des "accapareurs", comme aurait dit Robespierre, il bâtit un système anti-keynésien aboutissant au règne décomplexé de l'argent chez les plus fortunés, au freinage des embauches dû aux heures supplémentaires défiscalisées, à un déficit tellement profond qu'aucune politique d'aide aux PME ou de transition industrielle n'est plus possible, avec un retour simultané des privilèges et des corvées...
Dans une sorte de nuit du 4 août 1789 renversée... Un complet renversement des principes républicains.
Comment tout cela est-il possible en France?
L'exemple de la taxe carbone, nouvel impôt inique frappant les classes moyennes et populaires, indifférent pour les classes aisées, nous en fournit un bout d'explication intéressant.
Il ne s'agit plus de faire appel à l'État pour résister au marché mais de "moraliser", en l'occurrence d'"écologiser" le (néo)capitalisme, après l'avoir fait triomphé. Tel est le moyen de faire passer la pilule, avec l'aide inestimable des écologistes de gauche, d'un ancien Premier ministre socialiste, Michel Rocard et d'autres encore.
Or, comme nous le verrons avec Robespierre : "sans doute si tous les hommes étaient justes et vertueux ; si jamais la cupidité n'était tentée de dévorer la substance du peuple ; si, dociles à la voix de la raison et de la nature, tous les riches se regardaient comme les économes de la société, ou comme les frères du pauvre, on pourrait ne reconnaître d'autre loi que la liberté la plus illimitée ; mais si l'est vrai que l'avarice peut spéculer sur la misère [...] pourquoi la loi ne réprimerait-elle pas ces abus?".
On ne moralise pas le capitalisme, on le réfrène voire on l'étouffe par la loi, seulement par la loi et sa force de coercition afférente.
CONTRE LE MYTHE DE LA "MORALISATION" DU CAPITALISME : L'EXEMPLE DE L'IMPÔT CARBONE
Quand l'écologie devient anti-sociale
C'est dans ce contexte d'injustice et d'incurie économique que Michel Rocard, ancien ministre dit "socialiste" de François Mitterrand, et surtout collaborateur sur divers sujets de Nicolas Sarkozy, applaudi par les Verts et par le Parti Socialiste de Martine Aubry, a été chargé par l'Élysée de concocter un nouvel impôt carbone, une taxe censée lutter, en en augmentant le coût, contre la consommation d'énergies polluantes et, ipso facto, la France étant la lumière du monde, contre le réchauffement climatique.
Une taxe "morale", dirait-on, puisque sans rien changer à l'injustice sociale et économique généralisées, en l'aggravant même, elle viendrait par miracle écologiser la politique sarkozienne. Le problème demeurant qu'indistinctement, elle touchera les gens n'ayant pas les moyens de "rouler propre"...
En outre, "l'invention" d'une énième taxe par un ancien ministre d'un Président socialiste suppose d'abord l'absolution par Michel Rocard du contexte fiscal actuel, donc de l'injustice antirépublicaine comme fondement de l'impôt.
Car la question écologique aujourd'hui en France, n'en déplaise à certaines belles âmes, est évidemment subsumée par la politique droitière anti-économique, d'orientation des impôts des Français vers la rente de quelques richissimes concitoyens - c'est le bouclier fiscal - ou vers le gaspillage en travail supplémentaire garantissant la stagnation de la croissance - c'est le paquet fiscal et les heures supplémentaires, économiquement inefficaces, socialement nocives et philosophiquement proches du caniveau.
Par ailleurs, l'écologie ne peut pas être alliée à l'économie dès lors qu'aucune politique de réindustrialisation "verte"- ou pas d'ailleurs - ne peut être conduite par un État "en faillite", selon notre Premier ministre, ou par une société civile assommée par la crise et les nouveaux impôts.
Aucun cap économique, aucune "vision présidentielle", comme dirait Marie-France Garaud, autre qu'un travail qui s'est mu en chômage de masse, n'ont été proposés au peuple souverain.
Nicolas Sarkozy aura donc réussi la prouesse d'opposer préoccupation écologique à justice sociale, avec l'aval, en réalité, de politiciens croyant naïvement en la "moralisation" du néo-capitalisme.
Puisque tout le monde parle de morale, rappelons-nous toujours, et avec Robespierre l"'Incorruptible", que morale républicaine et logique capitaliste sont incompatibles, irréductibles l'une à l'autre, dialectiquement - c'est la croyance périmée de la social-démocratie - ou pas, opposées.
Pour Robespierre, "comme l'essence de la République ou de la démocratie est l'égalité, il s'ensuit que l'amour de la patrie embrasse nécessairement l'amour de l'égalité" et "il est vrai encore que ce sentiment publique sublime suppose la préférence de l'intérêt public à tous les intérêts particuliers ; d'où il résulte que l'amour de la patrie suppose encore ou produit toutes les vertus".
Cette primauté de la morale publique sur les intérêts particuliers est définitivement effondrée en France.
La morale néocapitaliste, ou plutôt sa logique implacable, pose que chaque individualité, isolée, doit consommer, détruire, consommer à nouveau, détruire encore, de sa naissance à sa mort, voire après sa mort avec les "assurances-vie".
De même pour les capitaux voués à se produire et à se reproduire peu importe de quelle façon. Le tout enté en une anthropologie de l'homme dont Hannah Arendt estimait qu'elle comporte un "trait que la vie humaine avait de commun avec la vie animale" dès lors que "l'impulsion à travailler-pour-pouvoir-se-maintenir-en-vie n'est pas extérieure à la vie mais incluse dans le processus vital qui nous contraint à travailler tout comme il nous oblige à manger", et surtout à ne pas "politiquer"...
Les Rocard et autres Verts sarko-compatibles
Comment expliquer que Michel Rocard, étiqueté socialiste ou encore les Verts, concurrençant le PS sur sa gauche depuis la tentative de meurtre politique de Ségolène Royal au congrès de Reims, applaudissent une taxe venant réguler a posteriori un capitalisme taxant les plus faibles et polluant par nature?
C'est que ceux-ci ont peut-être un problème avec toute vision révolutionnaire et républicaine du partage des "prodigalités" ou des richesses du pays, dès l'origine.
"Social-démocrate" - réalité absente depuis toujours en France-, Michel Rocard a commencé comme régionaliste fort peu attaché à la République et à son unité. Fils de la bourgeoisie savante, il s'engage courageusement en politique tout en montant les marches de la haute fonction publique.
A 23 ans, il trouve opportun de prendre le pseudonyme d'un hérétique protestant, Michel Servet, tendance antijacobine et régionaliste qui le conduira à défendre jusqu'aux ennemis de l'État-nation et aux "régio-nationalistes" du Front de Libération de la Bretagne. Ceux-là même qui commettront l'attentat de Versailles en 1978. Et de proclamer : "je sens profondément que ce mouvement centralisateur, commencé par Philippe le Bel, doit s'arrêter", s'agissant de l'unité centralisée de la République.
Économiquement, c'est en ennemi des nationalisations mitterrandiennes qu'il se fera "social-démocrate", croyant naïvement que syndicats et patronat pourraient un jour s'entendre sans l'État, sans le peuple dans des compromis qui demeurèrent toujours introuvables...
Compromis valant souvent compromission, Ségolène Royal écrivait à ce sujet : "le rôle de la politique est d'identifier les rapports de force et les oppositions d'intérêts irréductibles, et de choisir entre eux. Tout ne se fera pas par le consensus : il faut savoir affronter les privilèges [...]".
On comprendra donc mieux sa foi béate en une moralisation du capitalisme, via la taxe carbone aujourd'hui. Accepter le néocapitalisme tel quel puis l'amender frileusement a posteriori sans le remettre en cause dans ses fondements.
Michel Rocard fit œuvre socialiste, notamment en mettant en place sous Mitterrand le RMI. Mais il ne fut jamais qu'un économiste génial dont l'engagement originel fut, doit-on le rappeler ici, antirépublicain, et, de ce point de vue, libéral et tout à fait sarko-compatible.
S'agissant du mouvement écologiste, tout est plus complexe. Il va de la gauche, de l'anarchisme, de la droite à l'apolitisme le plus complet. Son importance présente relève tant de la fin des idéologies de droite que du postmodernisme ambiant, qui sépare les causes particulières les unes des autres, en l'occurrence le souci de la Terre et des hommes du monde du travail et de la répartition des richesses, que de l'état actuel de la planète.
Mais le parti politique des Verts, aujourd'hui à gauche, est comme Michel Rocard tombé dans le panneau de l'impôt indirect, de la corvée carbone... Tout attaché à "sa" cause : diminuer les effets de la consommation d'énergie fossile, l'écologie politique en oubliera que le régime fiscal sarkozien demeurerait inique de part en part... Et que sa nouvelle taxe écologique carbone n'échapperait pas à la règle... Frappant classes moyennes et populaires, faisant rire les plus aisés et les plus pollueurs, elle serait forcément une "corvée" de plus pour les ménages.
(Ademe)
Cette absence de vision globale, de pensée républicaine aux principes forts et universels - s'agissant au moins de la France - est assez effarante venant de personnalités dites de gauche... Comment peut-on applaudir à des impôts indirects, les plus injustes, vaguement différenciés, quand le problème récurrent en France est celui de définir des impôts réellement progressifs?
C'est pourquoi la relecture de Robespierre et notamment de ses discours "à chaud" sur l'économie et la libre circulation des marchandises est tellement importante. Car on ne moralise pas un capitalisme amoral par principe... C'est à l'origine même de cet alliage mensonger qu'il faut s'attaquer, et la morale se trouve être inappropriée et faible à souhait - sauf dans les discours sophistiques de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine...
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Le roi Louis XVI voulut améliorer la situation de son bon peuple, mais sans jamais avoir l'audace d'abolir les privilèges...
Michel Rocard et les Verts croient pouvoir travailler avec Nicolas Sarkozy, créer un nouvel impôt indirect pour sauver la planète, ils disent oui ce faisant au retour des privilèges et se détournent d'un peuple assommé par le retour des corvées, corvéable à souhait...
On dit oui au capitalisme pro-rentiers le plus amoral et on prétend le moraliser...
Voilà comment Robespierre, lors de la Révolution, expliquait la famine, dans un pays aussi riche que le sien :
Hardie la personnalité politique qui oserait rétorquer en premier lieu que notre civilisation est d'abord républicaine et, en second lieu, que celle-ci est née en-dehors du capitalisme, bien avant lui et que le néo-capitalisme, le capitalisme politique, est tout à fait récent.
Comprendre cette primauté perdue de la république et du politique sur l'économique exige d'une part l'existence d'un personnel politique lui-même acquis à notre socle commun républicain et démocratique - ce qui est de moins en moins évident -, d'autre part la connaissance du point de vue de révolutionnaires puis de républicains convaincus sur ce que l'on appelait alors "la libre circulation" des subsistances.
Quant à la gauche et aux Verts, aux écologistes de gauche, ils devraient combattre pour que soit enfin abolie cette notion naturaliste de "croissance".
A l'heure où les pays émergents concurrenceront mortellement la vieille Europe sur ce terrain, il serait temps d'abandonner toute tentative d'amender a posteriori un néocapitalisme autonome.
Il serait temps de replacer la richesse humaine de chacun, les nouvelles technologies nous y autorisent, en amont du capitalisme.
Abandonner la croissance pour la "créa-sens"... Laquelle, sans rompre avec la marche du monde mais en cultivant l'économie participative, comprendrait, autoriserait et respecterait toutes les dimensions de l'humanité des hommes. Leur inventivité, le respect de leur rythme, la qualité de leur vie, leur inventivité, leur singularité et leur pluralité, leur cadre de vie : le pays, le continent, la planète. Pourquoi pas? La réorientation du capitalisme, en attendant son effondrement, ne peut se faire qu'en amont, jamais en aval.
Parce que sa morale est incompatible avec la moindre imagination d'un nouvel humanisme.
Encore faudrait-il, aujourd'hui, commencer par rembourser le bouclier fiscal au contribuable, comme l'aide publique à des banques avides de gain. Redonner une marge de manœuvre à un État impartial et imaginatif...
Comme l'écrivait Ségolène Royal, mitterrandienne peu encline au rocardisme, dans La vérité d'une femme, dès 1996, : "l'entreprise citoyenne reste au mieux un mythe, au pire une tromperie ou un leurre. Le capitalisme a mondialement imposé son désordre; la rentabilité du capital, la compétitivité n'ont jamais si fortement qu'aujourd'hui dominé les motivations".
Et plus radicale encore: "disons-le une fois pour toutes : il faut sortir du discours bénisseur et mystificateur sur l'entreprise citoyenne. L'entreprise n'a aucun objectif civique, ni dans ses statuts ni dans sa pratique. Cette conception idéalisée a servi - et sert toujours - de prétexte à l'obtention de subventions publiques."
Le sens de l'État, de l'intérêt public et commun, la res publica sont et demeureront antinomiques des privilèges - priva lex.
Dans la France de Sarkozy, insidieusement réapparaissent les privilèges et les corvées - ces impôts royaux abolis pourtant depuis longtemps tant ils écrasaient le peuple.
On n'écologisera pas, on ne moralisera pas le "capitalisme" sans la force de la loi. Car, comme le clamait du haut de la tribune Robespierre en son temps : "la disette ne peut être imputée qu'aux vices de l'administration et des lois elles-mêmes".
L'économie devrait pourvoir au partage au moins équitable des richesses de la France, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine semble combattre cet axiome républicain.
En attendant, que ces complices dits de gauche révisent leur "pensée économique", qu'ils relisent Robespierre et son "Discours sur les subsistances" avant d'aller applaudir Nicolas Sarkozy.
"Le fléau du peuple, la source de la disette, ce sont les obstacles mis à la circulation, sous le prétexte de la rendre illimitée. La subsistance publique circule-t-elle, lorsque des spéculateurs avides la retiennent entassée dans leurs greniers? Circule-t-elle, lorsqu'elle est accumulée dans les mains d'un petit nombre de millionnaires qui l'enlèvent au commerce pour la rendre plus précieuse et plus rare, qui calculent froidement combien de familles doivent périr avant que la denrée ait atteint le temps fixé par leur atroce avarice?".
Et de s'en prendre violemment aux moralisateurs qui affament le peuple :
"un ministre impudent dont il n'était pas permis de soupçonner la vertu, exiger les adorations de la France en la ruinant, et du sein de ces criminelles intrigues, la tyrannie sortir armée de la loi martiale pour se baigner légalement dans le sang des citoyens affamés".
Cela ne vous évoque-t-il pas la France d'aujourd'hui : celle où les hyperprivilèges engraissent les privilégiés et où classes moyennes et populaires paient et s'appauvrissent pour eux, avec l'aide d'un pouvoir se prétendant plus vertueux que la vertu - écologique notamment?
On ne passe pas de la pommade au néocapitalisme contrairement à ce que croient les sociaux-démocrates ou encore les Verts. On légifère, on le contraint quand il dessert le peuple.
Surtout parce que l'économie financiarisée et sa déclinaison dans la société de masse de consom-munication dominent l'Occident et la France, quasi naturellement.
Parce que la moindre critique à l'égard du néocapitalisme de la part d'un responsable politique se verra répondre par l'intervieweur que "notre civilisation, c'est le capitalisme", que c'est "le meilleur système au monde à ce jour", et autres fadaises.
Ségolène Royal fait la liste des nouvelles taxes
envoyé par segolene-royal. - L'actualité du moment en vidéo.
12 octobre 2009
NON A LA MONARCHIE ELECTIVE, SIGNEZ LA PETITION CONTRE LA NOMINATION DE JEAN SARKOZY A LA TETE DE LA DEFENSE
La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, comme d'ailleurs toute notre Constitution, est régulièrement piétinée par le pouvoir en place. La "nomination-élection" de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD, qui est chargé comme établissement public de l'aménagement du plus grand quartier d'affaires français : La Défense, n'est justifiée ni par son expérience, ni par son modeste rôle politique actuel, ni par son "cursus" - comme on dirait à Rome..
DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN DE 1789
article 1er : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune."
Refuser le principe de l'hérédité des compétences, refuser de voir promu à des fonctions pour lesquelles le jeune fils du président de la République, 23 ans et conseiller général des Hauts-de-Seine, est illégitime, c'est réaffirmer que l'intérêt public - l'"utilité commune" - doit demeurer le seul critère de nomination des serviteurs de l'État comme des grands services publics.
Lisez et signez la pétition contre la mainmise du clan Sarkozy sur la France en cliquant ici :
Jean Sarkozy, renoncez à postuler au poste de président de l'EPAD (La Défense)
Comme l'a résumé lapidairement Ségolène Royal, en plaçant son fils à la tête du quartier d'affaires de La Défense, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy, renforce encore un peu plus ses liens incestueux avec la finance, le haut patronat et les grands médias, auxquels il doit déjà sa victoire de 2007. Le nerf de l'a-politique : l'argent-roi.
A coup sûr, il prépare ainsi le terrain pour sa campagne de 2012 en positionnant en un lieu-clef du pouvoir son propre rejeton... Une nouvelle "nuit du Fouquet's" pourrait alors avoir lieu sous l'Arche de La Défense, avec tout le gratin patronal du CAC 40, grassement enrichi depuis 2007...
Quid de l'intérêt public comme de la récompense des talents...
Quid aussi de cette promesse non tenue du candidat Sarkozy en 2007, menterie parmi tant d'autres : "Je veux une République irréprochable":
Je veux une République irréprochable
envoyé par ump. -
03 juin 2009
AUX EUROPEENNES VOTEZ TOUT SAUF SARKOZY ET UMP
AUX EUROPEENNES VOTEZ TOUT SAUF SARKOZY ET UMP !
Nicolas Dupont-Aignan Invité de Télématin sur France2
Vidéo envoyée par dlrtv
Front de Gauche - Film officiel 2
Vidéo envoyée par frontdegauche
François Bayrou invité de RTL (03/06/09)
Vidéo envoyée par rtl-fr
Ségolène Royal appelle à la mobilisation des jeunes
Vidéo envoyée par segolene-royal
Meeting de Rezé : Ségolène Royal
Vidéo envoyée par sandrinegarnaud
Eva Joly au meeting de Lille
Vidéo envoyée par EuropeEcologie
Européennes 2009 : Clip du PRG
Vidéo envoyée par Parti_Radical_de_Gauche
RETOUR SUR LA VICTOIRE DE LA DROITE ANTIREPUBLICAINE SARKOZYSTE ET LA RESPONSABILITE DE LA GAUCHE JOSPINIENNE
La victoire du maire UMP de Neuilly-sur-Seine à l'élection présidentielle du 6 mai 2007, avec plus de 53% des voix, mais aussi l'élévation à 31,18% de son score du 1er tour peuvent donner cours à de multiples réflexions sur l'évolution de la droite française.
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L'explication de la nouvelle défaite électorale de la gauche ne peut pas être imputée qu'à la campagne menée par la candidate du Parti socialiste français et de ses alliés.
D'autant plus que le meurtre politique de Ségolène Royal était en fait, dans le dos des Français et des électeurs de gauche, à l'agenda de Lionel Jospin et des dits "éléphants"... Lequel Jospin n'était pas parvenu à hisser la gauche au second tour de la présidentielle de 2002, évincé par Jean-Marie Le Pen.
La gauche bien sûr devra relever de multiples défis internes, partisans, culturels, "idéologiques" :
passer clairement par-dessus la critique du libéralisme pour diffuser une critique du néo-capitalisme
répondre enfin de façon humaniste et républicaine à la montée en puissance de l'hyper-violence dans l'ensemble de la société
proposer une autre mondialisation et ne plus jamais abandonner à leur sort les ouvriers licenciés
renouer enfin avec des principes républicains plus que jamais d'actualité etc.
Tout ce qu'elle a refusé de faire, d'abord au parti socialiste, depuis 2002, la défaite de Lionel Jospin puis sous l'autorité de François Hollande...
Il se pourrait bien paradoxalement que l'audace économique, institutionnelle et même
intellectuelle du pacte présidentiel de la candidate socialiste soit arrivée trop tôt, apparaissant comme trop complexe et déphasée avec les attentes d'un pays qui vit encore, même illusoirement, sur un contrat civique -la République- et un statu quo économico-social -l'Etat-Providence- qu'a prétendu incarner M. Chirac malgré un sentiment de crise indépassable, auquel seule une rupture "violente" pourrait mettre un terme.
A cet égard, le renvoi systématique, caricatural mais implacable, de la gauche dans l'"archaïsme" et la prétention, non moins grotesque, de la nouvelle droite au "modernisme" sont éloquents.
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Le paradoxe est que M. Sarkozy a réussi, en prônant la rupture avec l'ère Chirac, à renvoyer dos à dos la droite et la gauche dans le caniveau du passéisme.
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L'apport énorme, en termes électoraux, que supposent l'union, dès le 1er tour, de toute la droite républicaine et au-delà s'agissant des votants :
des libéraux
des pseudo-gaullistes de gauche comme de droite
des centristes de droite
le ralliement des chiraquiens comme le silence des gaullistes dits "historiques"
enfin l'ouverture à l'extrême-droite - prônée depuis des années par Charles Pasqua -, ont fait de M. Sarkozy un adversaire de fait imbattable par une gauche encore divisée, désordonnée et en perpétuel doute sur elle-même et sa candidate.
Sarkozy : France, Aime-la ou quitte-la!
Vidéo envoyée par leruisseau
M. Sarkozy aura repris pendant sa campagne le fameux slogan de Jean-Marie Le Pen: "Aimez la France ou quittez-la", trahissant sur un ton badin extrêmement populiste la tradition chiraquienne de condamnation du Front national, banalisant aussi un discours aberrant qui remettrait en cause le droit du sol lui-même!
Sarko aime pas certains moutons,il préfére les siens
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De même aura-t-il repris tel quel le discours colonial raciste, islamophobe sur nos compatriotes de confession musulmane, dans le plus pur style lepénien...
Sarkozy greift Deutschland an
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Et le candidat Sarkozy de réactiver les sentiments germanophobes d'une partie de la population, quitte à insulter, dans l'indifférence médiatique française, nos amis allemands...
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Pour l'heure, il faut donc comprendre que la campagne victorieuse du maire de Neuilly-sur-Seine a certainement rencontré des mouvements tectoniques, jusqu'ici déniés par nos élites, bouleversant la société française et marquant la "demande politique" de beaucoup de Français, à divers niveaux.
Alors à quoi correspond donc cette victoire nette de M. Sarkozy?
I. Historiquement, à la synthèse des droites, de "toutes les droites" et de l'extrême-droite ou à la rupture avec "la droite républicaine" d'après-guerre?
De Chirac à Balladur, de Balladur à Madelin: "Ensemble, tout devient possible"
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II. D'un point de vue économico-social, à la refonte franco-française d'un Etat-Providence quasi-constitutionnalisé par les IVe et Ve Républiques ou à l'adaptation du pays à un modèle, perçu comme anglo-saxon et encore dominant, avec l'adoption "décomplexée" des canons ultra libéraux de la globalization?
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III. D'un point de vue gramscien enfin, à la reconquête intellectuelle de la droite nationaliste et de l'"Ordre moral" -"républicanisés"- sur les décombres d'un libéralisme et d'un libertarisme injustement imputés à la seule gauche ou à l'indexation tardive au mouvement plus large de remise en cause du relativisme culturel et moral dont les parangons seraient les néo-consevateurs états-uniens?
Même si elle paraît déphasée, liminaire ou archaïque, la question de la culture républicaine, ébranlée de toutes parts, demeure posée.
Attachons-nous ici à la première question, touchant plus particulièrement à l'histoire politique de la droite.
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I. M. Sarkozy aurait donc réussi, nous dirent les ténors de l'UMP au soir de sa victoire, l'exploit de réconcilier au moins deux des trois droites définies par René Rémond :
l'"orléaniste", libérale et parlementaire, dont l'antigaullisme de l'entourage d'un VGE et l'ultralibéralisme d'un Madelin ou l'européisme libéral d'un Balladur seraient les lointains avatars
la "bonapartiste", autoritaire et étatiste, centrée autour d'un chef, plébiscitaire voire populiste, dont le gaullisme étatiste et référendaire serait une des actualisations.
Furent moins mis en avant les clins d'oeil aux vestiges de la droite "légitimiste", antirévolutionnaire, réactionnaire et pseudo-religieuse, dans laquelle les électeurs d'un Villiers et certains de Le Pen se reconnaissaient certainement.
René Rémond, auteur de "La Droite en France, de 1815 à nos jours"
La première difficulté vient de ce que M. Sarkozy semble mettre en avant dans son programme les aspects les plus libéraux d'un "orléanisme", réinterprété à l'aune de l'expérience thatchérienne, au risque de revenir sur les avancées sociales ayant marqué les XIXe et XXe siècles.
Le deuxième problème surgit dès lors que son "bonapartisme" se manifeste par des pressions régulières sur le contre-pouvoir que devrait constituer la presse, par ses mises en cause graves, en tant que ministre de l'Intérieur, de la Justice, au risque de mépriser l'indépendance de celle-ci et le principe de la séparation des pouvoirs et, enfin, par un populisme langagier inouï, servi par des médias de masse intimidés.
M. Sarkoy entretient des rapports tumultueux avec la presse française.
Thatcher, muse cachée du "sarkozysme"?
Troisième questionnement.
La droite de filiation plus ou moins "légitimiste" a traditionnellement contesté les principes de la Révolution française actés par la République :
Droits de l'homme et du citoyen
l'égalité des citoyens face la loi
loi à la séparation des Eglises et de l'Etat
place de la religion dans la morale publique
rôle de la femme dans la société -le "retour au foyer" étant une de ses thématiques classiques-
contrôle des moeurs et refus des émancipations récentes -lutte contre le droit à l'avortement
refus de l'union des personnes de même sexe et bien entendu du mariage des homosexuels etc.
"Coeur-Chouan", symbole des Chouans vendéens, antirévolutionnaires farouches.
Si l'on peut se réjouir du captage sarkozien des électeurs d'une telle sensibilité, on peut légitimement s'inquiéter du fait que, depuis plusieurs années, le maire de Neuilly s'est revendiqué haut et fort de cette même sensibilité et de certaines de ses thématiques :
- remise en cause de la laïcité
--refus du relativisme culturel
- promotion des racines chrétiennes de la France et de l'Europe
- rejet en bloc de "mai 68"
- interrogations -d'ailleurs condamnées par l'Eglise- sur la prédestination génétique des suicidaires et des pédophiles.
Philippe de Villiers, dernier représentant vendéen des "ultras"?
Enfin, peu de commentateurs l'ont souligné, la victoire idéologique des thématiques lepéniennes est frappante dans les propos et même le programme de M. Sarkozy.
Si l'on a pu entendre que ce dernier avait embrassé le Front national "pour mieux l'étouffer", il n'en demeure pas moins que la suspicion, au moins rhétorique, jetée sur les "immigrés subis", sur les "musulmans égorgeant le mouton dans leur appartement et pratiquant l'excision", la création d'un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale", (sic), l'affection affichée pour les anciens de l'Algérie française et enfin les propos condamnant la "repentance" engagée par M. Chirac s'agissant de Vichy et de l'esclavage : tous ces éléments tendent à faire penser que M. Sarkozy se rattache aussi à une "quatrième droite".
Cette "droite révolutionnaire" dont René Rémond n'avait pas assez parlé selon Zeev Sternhell. Celle qui inspira
notamment le régime de Vichy -lequel enterra la République pour fonder "l'Etat français"-, ses nostalgiques et ses avatars.
D'où la satisfaction des derniers tenants d'une droite "extrême" traditionnellement exclue du "cercle républicain":
post-Vichy
post "Algérie française"
nostalgiques de l'Empire
chrétiens politiques
anciens d'Occident et autre Cercle de l'Horloge...
"Travail, famille, patrie", devise de l'Etat français ou régime de Vichy
Il y a pourtant loin de capter des électeurs à embrasser des thématiques électorales et à les intégrer dans un programme présidentiel républicain.
"Un mouton dans la baignoire", titre du livre de l'ancien ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances, narrant les harcèlements et menaces qu'il aurait subi de la part de son collègue ministre de l'Intérieur, M. Sarkozy. Titre évoquant les clichés coloniaux utilisés par ce dernier lors de la campagne présidentielle.
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Pour ces quatre raisons au moins, il faudra vérifier "par la preuve" s'il s'est agi pour le candidat Sarkozy d'une stratégie électorale admirable de "synthèse des quatre droites" ou d'une rupture de la droite désormais présidentielle avec des fondamentaux de la République.
Interrogation qui suppose que la vie politique ne saurait être dominée par les seuls coups et considérations électoralistes, mais aussi par des principes forts et un socle commun minimum (si possible républicain!).
à suivre...
RETOUR SUR LA VICTOIRE DE LA DROITE ANTIREPUBLICAINE SARKOZYSTE ET LA RESPONSABILITE DE LA GAUCHE JOSPINIENNE 2
A quoi correspond donc la nette victoire de M. Sarkozy ?
Du point de vue de l’histoire politique classique, nous avons vu précédemment que durant sa campagne, le nouveau Président de la République avait procédé, au moins par ses discours, à une forme de synthèse, non seulement des trois droites, "orléaniste", "bonapartiste" et "égitimiste", listées par René Rémond, mais aussi au captage des suffrages correspondant à une droite extrême – post-Vichy, post-Algérie française, jusque là exclue du "cercle républicain" et cantonnée à suivre des leaders comme Le Pen, Mégret ou Villiers, au risque de droitiser radicalement son discours, mais aussi son programme.
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Mais si, d’un point de vue politique, le président Sarkozy et son gouvernement pourront prendre des mesures radicales, plus ou moins proches des thèses de l’extrême droite, la gauche de retour au pouvoir pourra à son tour revenir dessus –lois sur l’immigration, l’identité nationale, la délinquance des mineurs etc.-, il n’en sera certainement pas de même dans le domaine économique et social.
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Tandis que la gauche française, et d’abord le parti socialiste, hésitaient à faire référence à l’expérience du travailliste anglais Tony Blair, M. Sarkozy développa des thèmes ultra libéraux largement empruntés à l’expérience britannique conservatrice de Margaret Thatcher, sans oser s’y référer explicitement.
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Les Mémoires de cette dernière sont à cet égard très intéressantes, on y trouvera directement ou non maintes et maintes convergences avec le projet de l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine.
Le rêve de nombreux libéraux: une révolution thatchérienne pour la France!
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II. D’un point de vue économico-social, assisterons-nous à une refonte inédite et nécessaire de l’Etat-Providence, consacré par le Préambule de la Constitution de la IVe République ou à sa liquidation par l’adaptation du pays aux canons ultra libéraux de la globalization ?
En deux mots, va-t-on assister à la fin, tant attendue par les dits « libéraux », de l’« exception française » ?
En termes polémiques, à la transformation de la « Grande nation politique » en une «nation de boutiquiers» comme une autre ?
L'Avare, une des pièces de théâtre les plus populaires de France!
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Au-delà du maquillage gaullien de ses discours, dont on sait qu’il fut un outil de campagne électoral dénué de toute réelle conviction, M. Sarkozy a développé des thématiques et prononcé des discours nettement ultra libéraux et néoconservateurs, assis sur une vision du monde aux antipodes du gaullisme – qu’il soit de droite ou de gauche.
Si nous avons vu que l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine avait rallié les héritiers du «bonapartisme», en attirant à lui les chiraquiens, il n’en demeure pas moins que c’est le legs de l’«orléanisme» -à travers Balladur-, sur le plan économique, qui prime chez lui.
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L’«ouverture» de son premier gouvernement à des centristes et des socialistes n’est sans doute qu’une preuve supplémentaire de la ferme volonté présidentielle de faire triompher plus facilement, et dans la pratique, l’idéologie ultralibérale, en s’étant prémuni à l’avance de toute accusation de sectarisme.
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- Une morale post-victorienne et néoconservatrice :
A lire d'urgence : Les Mémoires de Thatcher et "La République, les religions, l'espérance" de Sarkozy
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Le primat de l’économie dans la pensée ultra libérale est bien connu.
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Mais tout dirigeant politique se fait aussi une idée du monde, de l’histoire, de la civilisation, de la culture, de la société, de la famille et des individus ou encore de concepts aussi vagues que la Justice ou la Liberté.
De ce côté-ci, M. Sarkozy est clairement à ranger du côté de Thatcher et des néoconservateurs.
Il a en effet insisté sur les racines chrétiennes de l’Europe et a cru bon d'expliquer, dans son livre La République, les religions, l’espérance, que la religion était supérieure à la République puisque la religion seule pouvait donner une morale, la République étant incapable de distinguer le Bien du Mal !
Fi de l’héritage gréco-latin, des fondamentaux de la civilisation politique européenne que constituaient Athènes et Rome, fi évidemment de toutes les références à l’Antiquité marquant les grands événements européens, dont, bien sûr, la Révolution française et l’Empire.
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Grand escalier du Palais de Justice de Paris, de style Empire, inspiré de la Rome antique
Le mépris affiché par Margaret Thatcher, lors du Bicentenaire de la Révolution française, pour 1789, est d'ailleurs en train de tranquillement triompher dans les cercles universitaires et au-delà.
Pour elle, les droits de l’homme ne devaient être rattachés qu’à la religion, et à aucune autre tradition laïque ou proprement politique, jetant aux orties les conceptions grecques ou romaines de la citoyenneté :
« “Les droits de l’homme n’ont pas commencé avec la Révolution française. […] [ils] trouvent leur origine dans le judaïsme et le christianisme […].“Liberté, égalité, fraternité”, je crois qu’on a oublié les devoirs et obligations dans cette devise. »
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L'équipe du Président Bush en prière avant une réunion, curieux mélange du "religieux" et du politique...
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L’opposition stigmatisante de M. Sarkozy entre "ceux qui se lèvent tôt", les travailleurs d’une part et les "assistés", qui vivent aux frais des autres, relève elle aussi de la morale prônée par Thatcher, qu’elle-même liait à la tradition "victorienne", en contradiction absolue, d’une part avec la pensée chrétienne laïcisée avec la Révolution française, d’autre par avec l’Etat-Providence pensé et bâti pendant et après la Seconde Guerre mondiale :
« Les Victoriens avaient déjà formulé ce que nous redécouvrons aujourd’hui : ils distinguaient entre pauvres “méritants” et “indignes”. Il faut aider les deux groupes, mais l’aide doit être de nature différente si l’on ne veut pas que les dépenses publiques ne servent qu’à renforcer la culture de la dépendance. Notre Etat-providence nous avait fait, peut-être inévitablement, oublier ce distinguo et nous versions la même “aide” à ceux qui rencontraient effectivement des difficultés et avaient besoin d’un coup de pouce pour s’en sortir et à ceux qui avaient tout simplement perdu la volonté ou l’habitude de travailler et de prendre soin d’eux-mêmes.»
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A cette nouvelle "morale" correspond bien entendu l’exclusion du pacte politique des plus faibles, des citoyens inaptes à travailler ou à subvenir à leurs besoins, à l’exclusion des exclus eux-mêmes. La sous-traitance du social à des associations cultuelles ou non, scelle et justifie l’abandon par l’Etat des exclus de l’économie néo-capitaliste :
La charité des riches au sortir de l'Eglise, un grand classique revisité aujourd'hui par le compassionnel....
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« Nous visions une nouvelle éthique pour la politique de l’aide sociale : rompre la dépendance vis-à-vis de l’Etat et encourager l’autonomie, utiliser au mieux les ressources des organisations bénévoles comme l’Armée du Salut et, chose controversée, débloquer des aides immédiates pour inciter à un comportement honnête et responsable.»
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2. Le travail sans droit du travail
La mythologie ultralibérale du travail, son apologie de la liberté et de l’individualisme – dont le slogan "travailler plus pour gagner plus" de M. Sarkozy est la caricature la plus grossière - masquent souvent l’évolution réelle du capitalisme, dont on sait qu’il est de plus en plus financier, de plus en plus fondé sur le capital, toujours au détriment du travail et, par-dessus tout, de la qualité du travail.
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Images de mineurs, dont Thatcher affrontera les multiples grèves
Pour ces raisons, démanteler l’Etat-Providence, "déréguler", rogner sur le droit en général et sur le droit du travail en particulier sont des impératifs catégoriques de la pensée ultra libérale en général et de la pensée thatchérienne en particulier.
La Marianne d'un petit village, symbole dépassé de la République, de la protection des faibles et du respect des lois?
Les syndicats et tous les collectifs de lutte sociale furent donc combattus à mort par Thatcher, et le seront par M. Sarkozy.
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La volonté de séparer le travail des luttes politiques pour le relier au seul marché, de consacrer la quantité du travail exigée par celui-ci –toujours illimitée- au détriment de sa qualité –toujours acquise par des limites établies par l’Etat ou les luttes sociales- avait été le projet le plus cher de Mme Thatcher :
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« Je n’ai jamais cessé de croire que le niveau du chômage devait être lié à l’étendue du pouvoir syndical. Les syndicats avaient fait perdre leur travail à beaucoup de leurs membres en demandant des salaires excessifs pour une production insuffisante, ce qui avait rendu les marchandises britanniques non compétitives. »
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Délégitimer les syndicats est le préalable du passage au nouveau capitalisme, lequel se fonde sur la croissance
automatique de la production au sein du marché, même si celle-ci doit passer par une précarisation voire une élimination du travail.
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La facilitation des licenciements fut donc au cœur de la loi sur l’emploi concoctée par Thatcher en 1982, le marché étant toujours privilégié sur la vie humaine et les besoins des travailleurs et de leurs familles :
« A l’avenir, les employeurs pourraient licencier les participants à une grève ou à tout autre conflit social, sans courir le risque que le licenciement soit déclaré inéquitable, pourvu que tous ceux qui prendraient part à la grève soient licenciés. »
THATCHER_mineurs
Vidéo envoyée par Jules_Michelet
Thatcher et les mineurs, ou la victoire de la logique économique sur les luttes sociales
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Instrumenter la démocratie représentative universelle, grâce aux médias et aux sondages qui fabriquent la "nouvelle opinion publique", pour décrédibiliser les formes de luttes collectives sociales partielles, fut également une des grandes audaces de Thatcher - même si elle était facilitée par l’affrontement Est-Ouest de la fin de la guerre froide, qui permettait d’identifier démocratie libre à marché capitaliste et de dénoncer les syndicats d’inspiration marxiste comme des suppôts du totalitarisme soviétique.
Dans un premier temps, il s’agit évidemment d'opposer les travailleurs, en leur donnant un droit de vote universel préalable au déclenchement d’une grève, aux syndicats, privés de leur légitimité idéologique, historique et culturelle.
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D’où ces propos de M. Sarkozy :
« A celui qui est contre la grève obligatoire imposée par une minorité, je propose la démocratie par l'organisation obligatoire d'un vote à bulletin secret dans les huit jours qui suivront tout déclenchement d'un mouvement social .»
tenus à Agen le 22 juin 2006.
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Cette technique, qui risque de contrer le droit individuel et constitutionnel à faire grève, est tout simplement l’introduction des mesures thatchériennes en France :
« Dans les “services essentiels”, l’introduction du vote de la grève aiderait nettement à réduire les risques.»
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Opposer les usagers des transports publics aux grévistes: un enjeu crucial pour les ultra libéraux!
Point fort de la campagne menée par les conservateurs britanniques, imposer le vote de tous les travailleurs avant toute grève :
« A partir de notre document préparatoire sur la démocratie syndicale, nous promettions des lois qui exigeraient un scrutin pour la désignation des organes dirigeants des syndicats, et un vote avant les grèves.»
Faire du travail l’alpha et l’omega de toute vie humaine, privilégier la quantité de travail sur la qualité au travail et enfin rendre de plus en plus difficile toute interruption du cycle de travail, de production et de consommation de l’ensemble de la société grâce à l’arme du droit de vote : toutes ces évolutions marquaient certes le déclin de la culture marxiste et du socialisme, tant dénoncés par Mme Thatcher, mais aussi, en liminaire, couronnaient également un recul de l’Etat et des principes constitutionnels face à l’opinion médiatique et sondagière – nouvelle forme de populisme-, un reflux de la dignité du droit et de la culture démocratique des luttes sociales.
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La caissière d'hypermarché, symbole présent de l'exploitation physique des employés
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D’où une conception très spécifique de l’Etat, instillée par la pensée ultra libérale depuis des années et introduite aujourd’hui par M. Sarkozy.
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3. L’Etat au service de l’économie
Un point commun aux théories ultralibérales et à l’idéologie soviétique de l’Etat est à trouver dans leur conviction centrale que l’Etat n’est là qu’au service du travail et des besoins du travail, de la production et de la consommation.
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Même si dans un cas l’un est réduit à peau de chagrin alors que dans l’autre il devient omniprésent et omnipotent, il n’en reste pas moins que la vocation politique et civique de l’Etat est toujours déniée.
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Dans une société où l’on ne fait que travailler et produire, l’Etat devient vite superflu. Ce point d’accord caché explique peut-être la haine viscérale, la passion négative des ultra libéraux pour l’U.R.S.S., attirance-répulsion étant les deux médailles d’une même attitude irrationnelle.
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Le culte du travailleur en U.R.S.S. aurait-il inspiré le slogan de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine: "Travailler plus etc."?
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En assurant vouloir ne pas renouveler un fonctionnaire sur deux, M. Sarkozy propose aux Français d’avoir un Etat réduit, dont on fragiliserait les missions proprement politiques et civiques, telles
l’Education
la Justice
dont la justice sociale et le droit du travail qui lui correspond
les missions relevant de la civilisation, telles la Santé ou la Culture – il s’agissait au départ, pour M. Sarkozy, de supprimer le ministère de la Culture.
Thatcher déjà était pionnière en la matière.
L’Etat n’étant, pour la Dame de Fer, qu’un moindre mal, il s'gissait, dans tous les domaines, de «dénoncer la confusion entre société et Etat-providence ».
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En matière d’emploi, seul le marché est roi :
« Dans une économie de marché, l’Etat ne sait pas –et ne peut pas savoir- d’où viendront les emplois : s’il le savait, toutes ces politiques interventionnistes pour “faire gagner les gagneurs” et “soutenir le succès” n’auraient pas entraîné tant de perdants et aggravé l’échec. »
Thatcher interprétait donc sa victoire sur les syndicats et sur la grève comme une mise au service réussie des lois du pays et de l’Etat au service des lois de l’économie de marché :
« Notre détermination à résister à la grève incita les syndiqués ordinaires à oser tenir tête aux activistes. Ce que cette défaite établit fut qu’il n’était plus question de laisser la gauche fasciste faire de la Grande-Bretagne un pays ingouvernable. Les marxistes avaient voulu remettre en cause la loi du pays dans le but de remettre en cause les lois de l’économie. Ils échouèrent et démontrèrent ce faisant combien l’économie libre et la société libre dépendaient l’une de l’autre. C’est une leçon que personne ne devrait oublier.»
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Le règne sans entraves de la logique financère: la Bourse
Leçon que, sans aucun doute, aura bien retenue l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine.
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L’inspiration thatchérienne des discours du candidat Sarkozy est donc très inquiétante, d’autant plus qu’elle s’est parée des oripeaux du gaullisme et même de citations des grands hommes de gauche, tel Jaurès ou Blum.
L’ouverture gouvernementale du président Sarkozy est peut-être aussi redoutable car elle permettrait, si elle survivait aux élections législatives, de parer aux critiques de l’opposition de gauche.
Mais ce qu’il faut voir par-delà la fragmentation des discours de campagne, c’est la progression inouïe en France des idéaux simplistes et populistes du néolibéralisme anglo-saxon :
.nouvelle morale néo conservatrice pseudo religieuse
.culpabilisation des "improductifs" et compassion envers les "pauvres"
.glorification du travail pour le travail
.individualisme triomphateur
.identification du pays à une entreprise, à une boutique à "bien gérer"
Lapsus.Rachida.Dati
Vidéo envoyée par Stephanedu44
Pendant la campagne, l'une des porte-paroles de M. Sarkozy nous fournit un beau lapsus à propos de M. Sarkozy: "Il souhaite devenir le patron de tous les Français"... Et oui, si la France n'est plus qu'une boutique, son Président sera logiquement son patron...Belle vision du politique!
.condamnation morale de l’Etat et des institutions de la démocratie sociale
.recul généralisé des et du droit.
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Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, la droite s’affiche ostensiblement comme libérale et promeut des idées ultralibérales. D’où l’importance de la thématique de la "rupture" formulée par M. Sarkozy, d’autant plus radicale qu’elle serait "tranquille".
Car il s’agit d’une rupture à plusieurs égards, par rapport :
.au gaullisme
.à l’Etat-Providence et aux solidarités qu’il avait instituées -dont la Sécurité sociale mise en place en 1945
.à une conception forte de l’Etat héritée de la monarchie et consolidée par la République
.à l’esprit des différentes Déclarations des droits de l’homme et du citoyen
.à la culture de la manifestation démocratique héritée de la Révolution française
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L'obtention des congés payés, un acquis du Front populaire!
.à la Constitution de 1958 –s’agissant notamment du droit de grève.
A tous ces points de vue, la "synthèse" d’un néo-gaullisme –séguiniste-, marquant les discours, avec un libéralisme mis en pratique peut ressembler effectivement à une rupture nette avec la conception même de notre République.
Car il est évident que les transformations économico-sociales prendront le pas, transformant effectivement les rapports sociaux, sur n’importe quelle faconde formelle sur de Gaulle ou Jaurès.
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La question demeure ouverte de savoir si le premier quinquennat de M. Sarkozy marquera ou non une révolution néolibérale de l’ampleur de celle qu’a connue l’Angleterre de Mme Thatcher.
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Mais il serait bon au moins que la droite, les centristes comme les socialistes, et tous les républicains de gauche, prennent au sérieux les indices précis – domaine par domaine - d’une telle volonté, en balayant les pieux discours rédigés par les conseillers professionnels de l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine.
Car la conjoncture mondiale n’est plus du tout celle du Royaume-Uni des années 1980. L’U.R.S.S. n’existe plus et la globalization a épousé les canons de la pensée ultra libérale.
Il s’agit donc de voir si la République française est prête à se normaliser à ce mouvement mondial en payant le prix d’y perdre sa propre identité et de laisser sur le chemin nombre de ses citoyens ou si la notion d’"exception française" peut encore avoir un sens critique vis-à-vis d’une conception totale du monde comme une entreprise et de l’homme comme un travailleur-consommateur, et rien de plus.
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Le rêve sarkozien: transformer le monde en centre commercial et le citoyen en consommateur...
S’adapter à la mondialisation, en relever les défis sans perdre son identité tout en étant capable de conserver une distance critique à son égard et d’y apporter une touche singulière, telle serait l’approche moderne d’une France qui n’abandonne pas la solidarité pour l’égoïsme, qui ne sacrifie pas la culture et le beau au marché, qui forme des citoyens et non des seuls consommateurs.
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Si l’ordre de la globalization est bien injuste et bien la "France de la rupture" devrait être en capacité de proposer de rompre effectivement avec cette injustice, et d'orienter l'Europe dans ce sens !
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Il est pourtant tentant, au vu de la lecture de la campagne de M. Sarkozy, de constater l’incroyable conformisme idéologique de la France qu’il voudrait préparer, selon un programme thatchérien vieux de plus de 20 ans…
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à suivre...
RETOUR SUR LA VICTOIRE DE LA DROITE ANTIREPUBLICAINE SARKOZYSTE ET LA RESPONSABILITE DE LA GAUCHE JOSPINIENNE 3.1
A quoi correspond donc la nette victoire de M. Sarkozy ?
Nous avons vu que M. Sarkozy avait, sous prétexte de procéder à la synthèse historico-politique des droites politiques, rompu, lors de sa campagne présidentielle, avec les fondamentaux de la droite républicaine depuis l’après-guerre :
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.remise en cause du pacte social mis en place par la Résistance et de Gaulle
.rupture avec l’humanisme et promotion d’une vision néoconservatrice et post-victorienne de l’homme et de la société –doute sur la prédestination des suicidaires et des pédophiles et mépris affiché pour la laïcité
.mise en cause du rôle et du message de la France sur la scène mondiale
.empiètement sur l’indépendance de la Justice et la séparation des pouvoirs (contre Montesquieu)
.influence sur les médias privés et menaces sur la liberté de la presse
.légitimation du discours de l’extrême droite sur l’immigration et la morale
.revalorisation de la droite post-vichyste et des anciens de l’Algérie française.
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Nous avons également mis en relief, du point de vue économico-social, la proximité de la conception néolibérale de l’économie et du monde social de M. Sarkozy avec le thatchérisme et les canons de la globalization néo capitaliste, empiétant sur l’Etat-Providence et l’Etat en général, le droit social et le droit en général.
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III. Notre dernier questionnement portera sur la dérive culturelle et intellectuelle engagée par M. Sarkozy et la nouvelle droite "décomplexée", dont l’apogée durant sa campagne a été sa violente condamnation de l’héritage de mai 68, qu’il s’agissait de "liquider" pour, soi-disant, mieux défendre à nouveau les couches populaires délaissées par la gauche.
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L'idée selon laquelle la derrnière élection présidentielle n'était pas perdable pour la gauche est trop simpliste. Elle ne tient pas en tous cas, nous essaierons de le montrer, du point de vue intellectuel, médiatique et culturel...
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1. LA GRANDE TARTUFFERIE DE LA LIQUIDATION DE MAI 68 ET LA REEVALUATION DE 1789
- LA GRANDE TARTUFFERIE DE LA "LIQUIDATION DE MAI 68"
Sarko et Mai 1968
Vidéo envoyée par galliju
M. Sarkozy accusant les "héritiers de Mai 68", la gauche, d'être les complices des délinquants, produits des dérives ultra libérales de la société française, allant jusqu'à les accuser d'être responsables des dérives du néo capitalisme financier!
La volonté proclamée par M. Sarkozy de "liquider Mai 68" aura servi la fin de sa campagne, séduisant certains intellectuels professionnels coupés du monde et offrant aux médias et aux téléspectateurs l’image d’un homme déterminé à "restaurer l’ordre moral".
Mais la réalité est bien plus complexe : le néolibéralisme théorique et la réalité néocapitaliste, dont M. Sarkozy et son gouvernement sont les défenseurs et les symboles, ont depuis des années, récupéré et instrumenté les revendications de mai 68.
Et même, plus structurellement, c’est grâce à une profonde prise en compte de la contestation des années 70 que le capitalisme industriel en crise pourra se transformer en néocapitalisme post-industriel –économie informelle, montée en puissance des services, globalization, renversement post-fordiste de la demande et de l’offre etc.
Boltanski et Chiapello dans Le nouvel esprit du capitalisme, ont démontré que le nouveau capitalisme a su répondre stratégiquement à nombre de critiques de mai 68, grâce au nouveau management, en les mettant au service du marché.
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C’est, dans un contexte long de désindustrialisation, "en récupérant une partie des thèmes de contestation qui se sont exprimés au cours des événements de mai, que le capitalisme désarmera la critique, reprendra l’initiative et trouvera un dynamisme nouveau ".
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Le paradoxe est que c’est cette absorption par le capitalisme des thématiques de mai 68 qui débouchera sur un renforcement inouï du capital et un affaiblissement aussi fabuleux des travailleurs et de leurs luttes sociales. Voilà pourquoi M. Sarkozy devrait dire au moins dix fois merci à mai 68 plutôt que de prétendre hypocritement vouloir procéder à sa liquidation.
Une affiche et un slogan de mai 68
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Pour résumer, voici quelques revendications d’émancipation et les diverses réponses fournies par le nouveau capitalisme –à ne jamais confondre avec les avancées juridiques imposées par le droit et l’Etat au monde de l’entreprise :
.AUTONOMIE : isolation du plan de travail de chaque employé, prime à son rendement personnel, contrôle du rendement personnalisé et de la productivité individuelle assuré par l’attribution d’un code-barre, d’un code informatique ou d’un login à chaque employé –la pointeuse ne permettait de contrôler que la présence et la ponctualité du travailleur
.RESPONSABILITE : bilan personnalisé régulier sur les capacités et les résultats de chaque employé, surveillance individualisée grâce à l’informatique et à la vidéo-surveillance, individualisation primant sur l’esprit d’équipe
Les caméras de surveillance des employés se sont multipliées sur les lieux de travail
.SPONTANEITE, MOTIVATION et MOBILITE : multiplication des réunions avec prise en compte des propositions de chacun : comment améliorer l’image, la compétitivité et in fine les profits de l’entreprise, favorisation des employés les plus motivés et les plus ouverts à expérimenter de nouveaux postes ou de nouvelles tâches de travail au détriment des autres
.PLAISIR : invention du sourire marketing, injonction à donner une image positive de soi et à une joie au
travail, à moduler son langage voire sa voix dans une tonalité joyeuse, embellissement et esthétisation des plans de travail (couleurs des murs, forme des outils de travail, autorisation de l’affichage des photos personnelles etc.)
.EMANCIPATION DES FEMMES : ouverture aux femmes du marché du travail et espoir d’une égalité salariale et d’une promotion équivalente à celle des hommes dans l’entreprise, valorisation et utilisation de l’image de la femme dans la publicité de l’entreprise
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Les femmes au travail, trop souvent déqualifié et mal rémunéré...
.LUTTE CONTRE L'ENNUI : stratégie de mobilité sur le lieu de travail, interchangeabilité des bureaux ou des plans de travail, mini-formations assurées par l’entreprise permettant le remplacement immédiat d’un collègue absent, multiplication des compétences permettant d’éviter l’embauche
.TOLERANCE et ouverture aux NOUVEAUTES et à la DIFFERENCE, reconnaissance des IDENTITES, AUTHENTICITE : préférence accordée au prénom de l’employé et abandon de l’usage du nom de famille et des termes Monsieur, Madame, Mademoiselle ; abandon de l’uniforme, relâchement de la discipline vestimentaire, des coiffures et du rasage ; promotion en interne des « minorités visibles » et production en externe de produits à leur intention (produits ethniques, du monde etc.) ; condamnation ferme de tout propos discriminatoire (sexiste, homophobe ou raciste) et valorisation de la "diversité ethnique" dans la publicité et l’image de marque de l’entreprise ; adaptation des vestiaires, des menus et des horaires aux obligations et calendriers religieux des employés et production de marchandises religieuses (livres, logiciels informatiques, vidéos, meubles adaptés, alimentation bénie par rabbins ou imams etc.)
La femme, la nudité, la diversité ethnique, arguments de vente d'une part; les produits alimentaires cashers, un exemple du marché lucratif de la "religion", ici, du lait casher...
.prise en compte du VECU des individus et REALISATION DE SOI : disponibilité des "chefs" pour chaque employé dans un dialogue direct et personnalisé, écoute chaleureuse autour d’un café qui permet de neutraliser revendications et conflits, suivi personnalisé de l’évolution de carrière (imposé par la loi mais restant souvent lettre morte)
.CONTESTATION DE LA DISCIPLINE ET DES CONVENTIONS BOURGEOISES et mise en valeur des CONTACTS PERSONNELS NATURELS : instauration du tutoiement et maquillage des hiérarchies dans les relations quotidiennes, multiplication des mini réunions, briefings et débriefings, mise en place d’une ambiance festive notamment lors des fêtes de Noël, du Nouvel An, du carnaval, à chaque anniversaire de la fondation de l’entreprise etc.
.EMANCIPATION des classifications traditionnelles liées à la division du travail : abandon des classifications traditionnelles ou des dénominations considérées comme infériorisantes (on ne dira plus femme de ménage mais technicienne de surface), déstructuration des équipes de travail et primat accordé à l’individu.
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Les immenses acquis sociaux qui ont découlé des grèves de 68 et des accords de Grenelle sont incontestables.
Ils étaient pour part en contradiction avec les intérêts du libéralisme pur et dur mais certains d’entre eux auront paradoxalement permis au capitalisme de se réformer et de se renforcer de manière inouïe.
Mais ces transformations ne sont pas le fruit d’un enchaînement magique ou logique inévitable, elles sont bien plutôt le
résultat du long et patient travail de réorganisation de l’entreprise, de transformation de la culture entrepreneuriale et manageriale, coïncidant historiquement avec la fin de l’ère industrielle et les crises issues des chocs pétroliers. Les nouvelles technologies, mises au service d’une utopie communicationnelle, seront les outils idéaux de cette refondation du capitalisme.
L’offre ne créera plus seule la demande, mais la demande des consommateurs deviendra centrale avant toute mise en œuvre de la production (avant on produisait en chaîne, la publicité vantait les marchandises puis les consommateurs achetaient alors que désormais, on sondera les consommateurs et on produira en fonction des résultats des études de marché).
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Culturellement, l’exaltation de l’individualisme au détriment des collectifs sociaux et l’offre de nouvelles marchandises attractives correspondant à la création de nouveaux besoins soi-disant "authentiques" garantiront l’efficacité économique. Mais le revers de la médaille en sera l’abandon de la question sociale comme question collective, la désuétude de l’idée d’intérêt de classe et la fragmentation des luttes.
Karl Marx, adulé ou conspué, c'est selon... largement abandonné par la gauche en tous cas...
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Les questions de société deviendront dès lors centrales, au risque pour la gauche de perdre son électorat et ses militants traditionnels. Au risque également que la culture politique se fragmente en micro-projets à destination de micro-marchés politiques –corporatistes –défense des intérêts particuliers des grandes entreprises ou des meilleures universités et écoles de commerce au prix de l’abandon d’une politique globale-, territoriaux –traitement isolé des banlieues-, sociaux –développement d’une politique compassionnelle spécifique aux plus pauvres, sans vision d’ensemble des rapports sociaux-, ethniques –promotion pour l’instant rhétorique de la "discrimination positive" sur critères raciaux au risque du sacrifice de l’idéal d’égalité des droits et des devoirs etc.
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Le paradoxe est que cette conception de l’action politique comme gestion de micro-marchés d’intérêts particuliers a été largement encouragée et validée, depuis des années, par une pensée libertaire, post-nationale, post-politique, déconstuctionniste et multiculturaliste, méfiante vis-à-vis de toute référence à Marx, de toute action collective, de toute référence à la nation voire à la République. Le fait est que, souvent, cette pensée s’est revendiquée de gauche puis a été fustigée comme telle par la droite avant d’être mise en pratique par la droite "décomplexée" de l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine, M. Sarkozy ! Mais avant de poursuivre sur ce thème, il convient de nous pencher sur une autre victoire idéologique incontestable de la nouvelle droite, à l’échelle du monde, et touchant à une réévaluation incroyable de notre histoire.
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- LA REEVALUATION DE 1789 ET L'O.P.A. NEOCAPITALISTE SUR 1989
Il faut, pour comprendre la lente et patiente installation de la domination intellectuelle de la nouvelle droite, prendre la mesure du bouleversement tectonique qu’a signifié la chute du mur de Berlin en 1989, puis l’effondrement de l’U.R.S.S.
La chute du mur de Berlin, en novembre 1989, victoire de la liberté politque ou de la liberté économique à l'Est?
Loin d’entraîner ce qu’on a appelé la "fin des idéologies", cet événement annoncera l’hégémonie de l’idéologie néolibérale grâce notamment à une profonde réévaluation des idéaux révolutionnaires et républicains issus de 1789.
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En effet, toute la stratégie du discours néolibéral et de la nouvelle droite, pour décrédibiliser la gauche, consiste d’abord à tracer un trait d’union entre la Révolution française et le totalitarisme soviétique, à identifier comme pendant la Guerre froide, la société capitaliste avec la démocratie et "le monde libre", puis à célébrer 1989 comme la victoire de l’antitotalitarisme capitaliste sur le totalitarisme idéologique et politique communiste hérités de la Révolution française.
La liberté politique disparaît peu à peu au profit de la "liberté d’entreprendre", la "société libre" est en fait le nom donné à la société de marché capitaliste. C’est pourquoi, alors que la France célébrait en grande pompe le
bicentenaire de sa Révolution fondatrice, en 1989, que tous se félicitaient de la libération des populations russes et des pays de l’Est du régime soviétique, la Russie et ses pays voisins allaient basculer dans un ultralibéralisme d’une violence sociale inouïe, dont les dégâts ont même entraîné aujourd’hui une nostalgie de la période soviétique !
L'arc de triomphe ou le goût pour la Rome antique emblématique de l'Empire, après la Révolution et même la monarchie absolue d'un Louis XIV...
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Cette thèse de l’identité entre la Révolution française et le totalitarisme, diffusée par les think tanks anglo-
saxons hostiles à la France, a été adoptée par la droite et les cercles libéraux, et permet d’identifier la droite à la liberté et à la démocratie, et la gauche, même réformiste, au totalitarisme stalinien et à l’économie dirigée soviétique. Durant la campagne, certains iront ainsi jusqu’à accuser la candidate socialiste d’être favorable à « l’économie administrée », à savoir de s’inspirer de l’expérience soviétique… ! Dans le contexte de la victoire idéologique du modèle états-unien, il faut bien comprendre que cette vision du monde a une influence énorme, d’abord dans le champ intellectuel puis dans les médias et dans la société tout entière.
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Avant de poursuivre, il faut tout de même rappeler que la Révolution française ne se résume aucunement ni à la Terreur ni à la violence contre prêtres, aristocrates, "suspects" etc. Elle puise ses références dans la tradition antique, gréco-latine et elle se réfère à Rome, mettant l’accent sur la loi –et l’égalité devant la loi, la citoyenneté politique et le droit. C’est pourquoi elle fera le choix du régime de la république –res publica-, dans l’espoir –peut-être jamais réalisé mais en tous cas sincère- de donner le pouvoir au peuple –le fameux populus des Romains.
Les Gracques, symbole de la résistance à l'aristocratie dans la Rome antique...
Filiation avec une culture antique et présente tout le long du Moyen-Age et de la Renaissance, même sous la monarchie, mais que les Anglo-saxons, parce qu’ils proviennent d’aires culturelles faiblement romanisées, ont souvent du mal à saisir. Filiation qui a longtemps marqué les Français et qui est aujourd’hui balayée par la victoire du néocapitalisme et de la société de consommation, qui n’ont que faire du politique, du droit, de l’Etat, du peuple ou encore de l’humanisme.
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Il est en conséquence courant d’entendre un peu partout que la mise en place des 35 heures par le gouvernement du socialiste Lionel Jospin, fidèle à l’idée que la limitation du travail est un progrès pour l’Humanité et que les hommes ont droit à jouir des temps de loisirs, de culture ou tout simplement de liberté par rapport au travail, serait la preuve que la gauche demeure profondément hostile à la liberté d’entreprendre et soviétique dans la manière d’imposer des mesures dans le domaine économique et social. Grossière caricature ! Simplificatrice et donc très efficace !
Alors que la limitation du temps de travail comme le souci d’aider les classes sociales les plus défavorisées et de réintégrer les individus exclus du marché du travail s’inscrivent dans une culture humaniste et républicaine, la nouvelle droite n’aura cesse de dire qu’il s’agit là de mesures soviétiques, hostiles au libéralisme et au capitalisme et donc, par ricochet, à la "société libre" et à la "liberté" (sic)…
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Et de toute façon, pour les plus excités des libéraux, pour les néoconservateurs en guerre contre la culture française, expliquer qu’une critique du travail est nécessaire et conforme à notre culture humaniste et républicaine n’a aucun intérêt puisqu’ils relient la République à la Révolution française, et que celle-ci n’est pour eux que le précurseur de la Révolution russe de 1917, et donc du totalitarisme soviétique…
C’est ainsi que M. Sarkozy répétera durant toute sa campagne qu’en France, on "empêche" les gens de travailler –donc qu’ils ne sont pas libres- et qu’il faut leur redonner "la liberté ", à savoir celle de "travailler plus pour gagner plus" (sic). Sophisme assez grossier pur fonctionner aussi bien qu’un slogan publicitaire.
Le travail, dont Marx avait mis en lumière le caractère aliénant et exploiteur, dont Arendt estimait qu’il est l’activité qui enferme les hommes dans leur condition animale – il faut travailler pour pouvoir manger et procréer - devient ainsi le lieu universel de l’émancipation ! Une des plus grandes mystifications héritées de la chute du mur de Berlin…
RETOUR SUR LA VICTOIRE DE LA DROITE ANTIREPUBLICAINE SARKOZYSTE ET LA RESPONSABILITE DE LA GAUCHE JOSPINIENNE 3.2
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Quant à l’idée d’égalité, elle en sortira fortement affaiblie.
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Caricaturée, assimilée à l’égalitarisme soviétique, alors qu’il s’agit d’abord de l’égalité devant la loi, et, en amont, d’une certaine justice sociale qui la rende effective – héritage de l’isonomia de la Grèce antique-, elle devra être abandonnée, ce à quoi procèdera la gauche anglaise de Tony Blair, servie par des théories comme celles d’un John Rawls.
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Son ouvrage canonique, Théorie de la justice, qui a, malgré son extrême complexité et ses prétentions pseudo-scientifiques qui le rendent très ennuyeux, fasciné droite et gauche européennes confondues, a conduit au remplacement de la notion d’égalité par celle d’équité.
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Pour résumer, à l’horizon souhaitable d’une égalité ou d’une tendance à l’égalité collective des hommes, il faut préférer une situation où chacun, pris individuellement, isolé de la collectivité, devrait pouvoir progresser socialement selon ses possibilités individuelles et sans remettre en cause l’ensemble des inégalités existantes !
Le second principe de la justice défini par Rawls édicte même que :
« Les inégalités sociales et économiques doivent être organisées de façon à ce que, à la fois, l’on puisse raisonnablement s’attendre à ce qu’elles soient à l’avantage de chacun et qu’elles soient attachées à des positions et fonctions ouvertes à tous ».
De ce jargon, on retiendra qu’il faut désormais accepter les inégalités sociales, à condition qu’elles laissent à chacun des possibilités d’évolution individuelle, sans remettre en cause ces injustices elles-mêmes…
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Evidemment, si tout cela pouvait paraître séduisant intellectuellement, si beaucoup avaient vu là une fenêtre ouverte à la gauche pour enfin abandonner le marxisme et se "moderniser", la théorie peut paraître presque nauséabonde tant les inégalités ont grandi et le fossé est devenu immense en Occident, entre des pauvres de plus en plus pauvres et des riches de plus en plus riches, situation qui caractérise d’ailleurs l’Angleterre de Blair, laboratoire idéalisé de la modernisation de la gauche.
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On pourrait alors parler sans gêne d’une "théorie de l’injustice", adoptée par les élites, même de gauche !
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Les deux facettes d'une même société : gagnants et perdants à la loterie de la nouvelle "justice sociale": millionnaire et soupe populaire
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Ce qui est décisif ici pour nous, c’est une fois encore le recul des principes républicains et tout le bénéfice qu’en retirera la nouvelle droite.
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Parce que du fait de toutes ces évolutions, la gauche se trouvera face à des difficultés intellectuelles et des défis culturels énormes ! Qu’elle n’a pour l’instant pas été en mesure de relever…
- L'ABANDON DE LA QUESTION SOCIALE ET DES TRAVAILLEURS A LA DROITE
- L'ABANDON DE LA QUESTION SOCIALE PAR LA GAUCHE, AU PROFIT DE LA DROITE...
Dans le champs intellectuel et universitaire, il faut bien comprendre que le développement d’un individualisme narcissique exacerbé, théorisé par la nouvelle pensée manageriale et réalisé au travail, a trouvé de puissantes justifications philosophiques grâce à l’importation de courants de pensées, notamment anglo-saxons, mais se revendiquant de la french theory (de Foucault à Derrida, de Deleuze à Lyotard etc.).
C’est ainsi que l’abandon des études d’inspiration marxienne, centrées sur l’analyse critique des rapports de force économiques, politiques et sociaux, a laissé place au développement des études dites culturalistes et identitaires : cultural studies, subaltern studies, ethnic studies, gender studies, le tout fondé sur l’idée qu’il faut abandonner toute "pensée universaliste", condamnée en tant qu’idéologie dominante, pour étudier les minorités culturelles, ethniques, sexuelles, les sous-cultures, les représentations des "dominés" qui seraient les vrais sujets de la nouvelle philosophie politique. La modernité politique est donc condamnée et fustigée, accusée d’avoir servi la domination des femmes, l’aveuglement sur les discriminations à l’égard des homosexuels ou des citoyens de couleur et des étrangers, la destruction des "minorités" régionales, le colonialisme voire le nazisme et le stalinisme. La pensée marxienne est accusée d’avoir masqué les multiples dominations sociétale en s’étant focalisée sur la seule domination de classe.
Les "furieuses phallopes", la théorie querr le transexualisme, le trans-genre etc., la lutte pour la reconnaissance des ghettos ethniques, nouvelles revendications surgies sur les décombres de la "lutte de classe"
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L’apport considérable de ces nouveaux champs d’étude est incontestable mais le problème est que leur prééminence dans le champ intellectuel et dans la presse dite politique qui inspirent tous deux les partis politiques, masque la réalité de nouveaux clivages non culturels, non identitaires, non minoritaires, non sexuels mais bien économiques et sociaux. La réalité de ces clivages est bien perçue par les perdants du nouveau capitalisme dont l’esprit est si bien décrit par Boltanski et Chiapello.
D’où l’impression par les classes dites « populaires » que la « pensée de gauche » s’est détournée du « peuple de gauche » pour défendre des minorités certes culturellement dévaluées pendant longtemps mais économiquement et sociétalement intégrées. Cette pensée de gauche donne en outre l’impression de diviser les classes populaires en opposant en leur sein citoyens de cultures différentes, Français d’origine immigrée et Français dits de souche, hétérosexuels et homosexuels, hommes et femmes etc.
La gay pride de 2001, manifestation annuelle pour la défense des droits des homosexuels, dont les origines politiques sont parfois trop oubliées
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Comme le dit Zizek, critique virulent de la pensée culturaliste et postmoderne, la "vision de l’universalité (l’universalité des droits de l’homme, etc.)" a été abandonnée à la préférence d’"un espace partagé de compréhension entre les différentes cultures, comme une tâche infinie de traduction, de retravail constant de notre position particulière…". Et de préciser que "cette vision de l’universalité, en tant que travail infini de traduction, n’a strictement rien à voir avec ces moments magiques où l’universalité effective fait brutalement son apparition sous la forme spectrale de l’acte éthico-politique ? L’universalité réelle n’est pas l’espace neutre de la traduction, jamais définitivement conquis, d’une culture particulière dans une autre, mais plutôt l’expérience violente de la manière dont, à l’intérieur de la division des cultures, nous partageons le même antagonisme". Ce même antagonisme social par rapport à la réalité d’un néocapitalisme violent et d’un ultralibéralisme triomphant.
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Le problème pourtant n’est pas tant l’abandon par la gauche française des apports de la pensée marxienne que le fait qu’avec l’adoption des points de vue uniquement culturels, ethniques ou sexuelles, c’est la culture républicaine française de gauche qui est jetée avec l’eau du bain.
Tout s’est passé comme si les élites intellectuelles de gauche s’étaient enfermées dans des débats byzantins éloignés de la réalité sociale et politique française. Car la culture républicaine communément partagée avait toujours fait place depuis la Révolution française à la question sociale, à celle des privilèges et des pauvres, à la justice sociale etc.
Cet abandon par la pensée dite "progressiste", labellisée "de gauche", a largement contribué au fait que c’est la nouvelle droite de M. Sarkozy qui a pu, pour part après le Front national, se présenter comme la protectrice de "la France qui souffre" et en premier lieu des travailleurs, jusqu’à accuser même la gauche d’être responsable des dérives financières du nouveau capitalisme mondialisé –tout en affichant un programme et en prenant désormais des mesures fiscales et "sociales" largement défavorables aux plus démunis, aux salariés pauvres voire aux classes moyennes inférieures.
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Que cela plaise ou non, il s’agit là d’un des retournements politiques et culturels les plus importants de la vie politique française et d’une défaite intellectuelle de taille pour la gauche et pour la République.
- LA NOUVELLE DROITE, DEFENSEUR DES TRAVAILLEURS? : INJUSTICE SOCIALE ET RHETORIQUE COMPASSIONNELLE
Extrait débat VGE-Mitterrand 1974
Vidéo envoyée par aklineuropa
L'un des paris les plus audacieux de M. Sarkozy: s'approprier le thème de la défense des travailleurs: en 1974, le candidat socialiste M. Mitterrand était encore le défenseur crédible des prolétaires...
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L’étiolement du parti communiste français comme de la gauche anticapitaliste, notamment dans leurs bastions traditionnels, n’avait peut-être pas inquiété assez le reste de la gauche, tant qu’il paraissait bénéficier au Front national, exclu du jeu républicain et tenu à l’écart de la droite républicaine. Jusqu’à ce que M. Sarkozy décide de faire campagne sur ses thèmes et de récupérer son électorat, notamment populaire.
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"Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes", un film à voir, pour s'amuser, mais aussi pour voir le rôle social et humain que jouait, dans le quotidien de millions de Français, le parti communiste dans les années 50!
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Le culte du travailleur, longtemps monopolisé par la gauche et sacralisé par l’Union soviétique, abandonné comme nous venons de le voir par le "discours de gauche" dominant, a été au cœur de la campagne de M. Sarkozy. Son slogan : "travailler plus pour gagner plus", censé résumer la solution à la baisse du pouvoir d’achat des travailleurs les moins bien payés, a fait mouche, et laissé la gauche quasiment sans voix.
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Mais l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine, la ville la plus riche de France, est allé beaucoup plus loin durant sa
campagne présidentielle. Car la "défense des travailleurs" s’est accompagnée d’un discours compassionnel, typique d’une certaine pensée libérale du XIXe siècle, mais modernisé par M. Sarkozy.
En accord avec la pensée postmoderne, qui fragmente l’électorat politique en micro-groupes séparés, le discours compassionnel du candidat Sarkozy a fonctionné à plein.
Il a permis d’isoler la question sociale et de la séparer de l’ensemble d’un programme nettement favorable aux couches les plus aisées du pays –le bouclier fiscal, la fragilisation des services publics gratuits et destinés à tous les citoyens – pensons à la Sécurité sociale - à la faveur des organismes privés payants et accessibles à ceux qui auront les moyens d’y souscrire en sont des exemples criants.
Dans le cadre d’une vie politique ultra médiatisée, les discours rhétoriques prennent souvent le pas sur la présentation des programmes et l’analyse de leur cohérence. Le "discours pour la France qui souffre", tenu le 18 décembre 2006 à Charleville-Mézières, dans une région durement touchée par le chômage de masse, une désindustrialisation puis des délocalisations au coût social et humain très élevé, est l’emblème même de la récupération par la nouvelle droite d’une question sociale que la gauche lui a offert sur un plateau d’argent. Dans laquelle l'ancien Premier ministre socialiste, Lionel Jospin, porte une responsabilité historique.
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L'Etat ne peut pas tout
Vidéo envoyée par aklineuropa
Le Premier ministre socialiste Lionel Jospin, opposant une fin de non-recevoir aux demandes des ouvriers en pleine campagne présidentielle 2002. Posture qui favorisera son élimination dès le 1er tour des élections, à la faveur de Jean-Marie Le Pen. Symbole d'une gauche qui a perdu les classes ouvrières et populaires.
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La compassion de la droite s’était introduite avec fracas dans le débat présidentiel opposant déjà Mitterrand à Valéry Giscard d’Estaing, avec la célèbre formule "vous n’avez pas le monopole du cœur", elle avait marqué la campagne victorieuse de M. Chirac aux présidentielles de 1995, mais elle demeurait "conceptuelle" -"il y a une fracture sociale en France". Et la gauche paraissait encore crédible sur ces sujets.
En 2007, le candidat de la droite développa comme nous venons de le dire une rhétorique populiste et compassionnelle directe, immédiate, sentimentale –évoquant "la France qui souffre", sans concepts ni tabous, tandis que la gauche paraissait culturellement et conceptuellement déconnectée depuis des années de la question sociale –malgré toutes les mesures que la gauche de gouvernement n’a cessé de mettre en œuvre en faveur des plus démunis lorsqu’elle fut au pouvoir.
"Vous n'avez pas le monopole du coeur", ou l'introduction de la morale compassionnelle dans la droite française contemporaine, lors du débat présidentiel de 1974
A Charleville-Mézières, l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine, développa un discours proche de celui du Front national, d’abord protestataire, antilibéral et nationaliste dénonçant "la capitulation sociale à laquelle la mondialisation et l’Europe servent d’alibis depuis vingt-cinq ans". Lui, le candidat de la droite libérale, favorable à l’adaptation, quel qu’en soit le prix social et humain, de la France aux lois de la globalization !
Usines désaffectées, en Guadeloupe et près de Lille
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A ce type de discours correspond évidemment la nomination très médiatique au gouvernement de Martin Hirsh comme "Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté" le 18 mai 2007 par le président Sarkozy. L’arrivée à un "Haut commissariat à la pauvreté" de l’ancien président d’Emmaüs, symbolise cette dépolitisation de la question sociale, sa déconnexion de l’ensemble des mesures économiques et sociales engagées par le gouvernement et son traitement sur le mode humanitaire et compassionnel. Le grand avantage de cette position est qu’un gouvernement qui prendra des mesures produisant plus de pauvres se vantera de venir en aide à ceux-ci, au plus haut niveau de l’Etat… Stratégie du pompier pyromane…
La prolifération des Sans Domicile Fixe (SDF) dans les grandes villes françaises, exclus des mécanismes de solidarité nationale, va de pair avec la multiplication des organisme de charité et d'aide d'urgence, très médiatisés et valorisés, mais dont le rôle n'est pas de réinsérer ces femmes et ces hommes, mais de les maintenir en état de survie...
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Encore une fois, le souci républicain de ne pas sous-traiter la question sociale comme le projet de l’Etat-Providence d’intégrer les "exclus" dans le pacte économique et social sont alors durement mis à mal.
A la gauche de répliquer et de se réapproprier une question sociale qui n’est pas près de s’épuiser… De répondre au compassionnel par le politique…
- LES EXCES DE LA PENSEE LIBERTAIRE: HAINE DE L'ETAT-NATION ET DE LA REPUBLIQUE
- LA CRITIQUE DE L'ETAT ET LA HAINE DE LA NATION
Réintégrer la problématique de la pauvreté de masse dans le champ politique requiert d’une façon ou d’une autre de croire encore dans le rôle de l’Etat et de la loi, au moins comme régulateurs et garants d’une cohésion sociale et nationale digne d’une société civilisée, en accord avec des principes républicains réactualisés.
Les services publics, une réalité tangible et une fierté partagée: une gare en région parisienne et l'ancienne poste d'Uzès
Mais là encore, la pensée dite "de gauche" a œuvré pendant des années pour condamner l’Etat, décrédibiliser l’idée de nation et en nier sa réalité –institutionnelle, politique, géographique, linguistique, juridique, quotidienne- et les abandonner à une nouvelle droite fondamentalement antiétatiste et oscillant dangereusement du néo-nationalisme au cosmopolitisme de l’argent le plus éhonté.
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Comme le rappellent encore Boltanski et Chiapello, "énoncée dans une rhétorique libertaire, la critique de l’Etat des années 70 pouvait ne pas reconnaître sa proximité avec le libéralisme : elle était en quelque sorte libérale sans le savoir".
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A taxer l’Etat de bras armé de la classe dominante, les services publics d’"appareils idéologiques d’Etat", l’hôpital public de lieu carcéral, l’école de lieu de reproduction des élites, à accuser l’Etat d’organiser un racisme ordinaire pour mieux asseoir une domination potentiellement totalitaire, à identifier tout dépositaire de l’autorité publique à un policier bête et méchant, à résumer l’histoire de la constitution de l’Etat en France à celle d’une répression des "identités" régionales, linguistiques, culturelles, ethniques etc. sur un mode intrinsèquement génocidaire, une bonne part de l’« intelligentsia » de gauche – à ne pas confondre avec les responsables politiques de gauche - a une responsabilité énorme dans la dernière victoire de la nouvelle droite et dans l’adhésion de couches populaires de plus en plus importantes à son discours.
Les régionalismes, grande cause de la gauche hostile à l'Etat républicain "jacobin", reconnus par la guache au pouvoir, ont débouché en Corse sur une montée en puissance des groupuscules "identitaires", parfois xénophobes et même terroristes...
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La première difficulté vient donc de ce que, tandis que la critique de l’Etat est devenue dominante dans la "pensée de gauche", libertaire, révolutionnaire ou simplement libérale, les couches populaires, qui votaient traditionnellement à gauche, souffrent concrètement du désengagement de l’Etat et des services publics dont il a la charge, comme de la dégradation de l’école publique ou encore de l’absence d’aide conséquente de la puissance publique en cas de catastrophe économique. Libéral et partisan d’un Etat réduit dans les faits, M. Sarkozy aura sans complexes plaidé durant sa campagne pour "un Etat fort".
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S’agissant de la nation, l’éditorial daté du 30 mai 2005 de Serge July, patron du « quotidien référence » de la gauche
moderne française, Libération, au lendemain du rejet par référendum national du Projet de traité instituant une Constitution pour l’Europe est intéressant. Le non à ce projet était d’abord pour lui teinté de "populisme" et de "xénophobie"… un "chef-d’œuvre masochiste", une victoire cachée des thèses de Le Pen etc.
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Quelque part, il témoignait encore de l’impensé et du déni de la réalité nationale cultivés pendant des dizaines d’années "à gauche", marqués par la confusion entre nation et nationalisme, entre nationalité et racisme, entre nationalisme et fascisme, colonialisme voire totalitarisme et autres syllogismes confus.
Plus subtilement, la pensée et le livre de Habermas, Après l’Etat-nation, sortis du contexte allemand de leur genèse –avec toutes les difficultés que ce pays peut légitimement éprouver s’agissant de l’idée de nation du fait de son passé-, sont devenus des références pour les élites bruxelloises et de nombreux professeurs de science politique, favorables à l’instauration de structures supranationales, non pas tant dans une perspective cumulative que dans l’esprit d’une limitation nécessaire des excès potentiels de la gouvernance nationale.
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Mais le second problème pour la gauche est que son électorat traditionnel, dans ses couches les plus défavorisées, souffre d’une faible mobilité géographique –certains ne partent même pas en vacances. Il n’a bien souvent pas les moyens de voyager hors des frontières nationales. Et la nation est bien une réalité tangible pour eux ! Les classes populaires voient leurs enfants rencontrer trop souvent des difficultés à apprendre les langues étrangères et à effectuer des séjours linguistiques à l’étranger. L’Europe demeure bien éloignée de leur quotidien ! A l’inverse, les classes privilégiées, et les élites de gauche bien entendu, se mondialisent plus aisément et ont une vision bien plus relative de la réalité nationale.
L'immense verrière du Grand Palais à Paris, véritable démontration de force architecturale de la République naissante
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Malgré ces réalités sociologiques, dans le sens commun, c’est la gauche qui semble la plus rétive à toute référence à la nation, et c’est la droite qui crée un "ministère de l’identité nationale", sur le mode du bon sens. Lorsqu’une candidate socialiste à la présidentielle – scrutin dont la circonscription est précisément le territoire national et ses dépendances à l’étranger et qui a lieu après une campagne menée dans la langue nationale, le français - évoque la Marseillaise et la nation, des personnalités de gauche la traitent de pétainiste, de nationaliste, évoquant son attachement barrésien à la France et autres balivernes…
Au bénéfice d’un candidat de la droite qui évoque avec satisfaction ses origines immigrées tout en reprenant les thèmes traditionnels de l’extrême droite. Autre naïveté touchante si elle n’était intellectuellement malhonnête, les défenseurs des sans-papiers développent souvent des arguments anti-nationaux d’un universalisme ou d’un cosmopolitisme touchants alors que le but d’un sans-papier est précisément d’obtenir une régularisation sur le territoire national voire, à terme, la nationalité elle-même…
La carte nationale d'identité, un privilège pour ceux qui en demeurent privés...
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A la gauche de comprendre que l’Etat-nation demeure encore le cadre de la citoyenneté et du pacte républicain, même au sein de l’Union européenne et dans le cadre de la mondialisation. Ceci tout en se gardant bien de fétichiser cette réalité nationale ! D’articuler ces différents niveaux entre eux d’une part, avec les niveaux locaux, départementaux ou régionaux et même familiaux et individuels d’autre part. A l’opposition aussi d’expliquer, comme elle a commencé de la faire, la dangerosité de la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, en contradiction nette avec l’esprit de la République.
Segolene à Marseille
Vidéo envoyée par laurentaix
RETOUR SUR LA VICTOIRE DE LA DROITE ANTIREPUBLICAINE SARKOZYSTE ET LA RESPONSABILITE DE LA GAUCHE JOSPINIENNE 3.3
b. LE PROCES DE LA REPUBLIQUE PAR LES ULTRALIBERAUX DE DROITE COMME PAR LES LIBERTAIRES DE GAUCHE
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Quant à la République, elle est le régime politique de l’Etat-nation France. Elle devrait être le cadre commun collectivement assumé et respecté -ce qui n’exclut pas la critique bien entendu- de tous les citoyens français comme elle l’est de tous les partis politiques représentés au Parlement. Ni la gauche ni le droite ne sauraient normalement en réclamer le monopole, même si la droite légitimiste a des relents antirévolutionnaires et antirépublicains.
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Ce qui fait problème n’est pas tant le régime républicain que les principes et la culture républicaine, mis à mal
depuis des années par le primat croissant accordé à l’économique, mais aussi, d’un point de vue culturel et intellectuel, attaqué voire vomi par, une fois encore, de nombreux penseurs dits "de gauche".
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La dite fin des idéologies, qui signe en fait la fin des idéologies se revendiquant du marxisme et la victoire du néolibéralisme, aurait pu permettre la redécouverte d’une pensée républicaine, dont la France n’a d’ailleurs pas le monopole, et qu’elle a trop souvent trahi ou abandonné durant son histoire.
Bien au contraire, la diabolisation incessante de toute référence à la République ou à certains de ses principes tels la laïcité ou encore sa devise, en provenance de la « gauche intellectuelle », a permis à la nouvelle droite et même, avant son échec, au Front national dédiabolisé, de se présenter comme le seule capable d’incarner ce régime.
Le procès de la République, des manifestations contre la laïcité, du rap extrémiste aux mouvement radical des "Indigènes de la République"... Des postures saluées par une certaine gauche "intello" peu responsable, mais choquante aux yeux de nombre de Français, et nourrissant à chaque fois les troupes de la droite dure...
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Le procès continu de la définition politique et républicaine de la citoyenneté, accusée d’être coupable des discriminations à l’égard des personnes d’origine immigrée, de racisme, de sexisme, responsable de la délinquance de masse voire des émeutes de banlieue parce qu’elle ne reconnaîtrait pas juridiquement les particularités ethniques, raciales, religieuses ou sexuelles de "communautés" ou de "minorités" discriminées a servi le discours et la posture radicale du candidat de droite. Lequel pourtant, s’est souvent déclaré lui-même favorable à la "discrimination positive", s’était vanté d’avoir nommé un "préfet musulman" et a finalement nommé une secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux droits de l’homme favorable au modèle américain et farouchement hostile au modèle d’intégration politique et citoyenne "à la française"…
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Une partie de la gauche intellectuelle a ainsi délégitimé tous les hommes politiques invoquant la culture républicaine en les traitant de "républicanistes" -néologisme péjoratif tendant à mettre sur un pied d’égalité les principes et la tradition républicaine et les idéologies totalitaires. Nombre d’intellectuels ont passé les vingt dernières années à réduire la république à une idéologie raciste, périmée, colonialiste, anti-américaine, nationaliste etc. au risque d’oublier qu’il n’existe pas d’"idéologie républicaine", mais des principes républicains -ce syntagme étant en réalité une contradiction dans les termes… Tout cela au profit des extrêmes de toutes obédiences politiques ou idéologiques justement…
Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l'Intérieur de gauche, cible favorite de la gauche "libertaire" condamné comme "républicainiste"
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Dans le champ médiatique, l'appel des "Indigènes de la République" en 2005, soutenu par de nombreuses associations et certains universitaires toujours labellisés à gauche, a eu un effet désastreux pour la gauche dans son ensemble.
Véhiculant des mots d’ordre du type "La décolonisation de la République reste à l’ordre du jour !", posant que "la République de l’Egalité est un mythe", condamnant la Révolution française, estimant qu’"il est temps que la France interroge ses Lumières, que l’universalisme égalitaire, affirmé pendant la Révolution française, refoule ce nationalisme arc-bouté au "chauvinisme de l’universel", censé "civiliser" sauvages et sauvageons", ce galimatias haineux et partageant en fait nombre des appréciations de la critique néoconservatrice anglo-saxonne de 1789 et de la République française, fut légitimé par nombre d’intellectuels "de gauche".
L’idée que la République est intrinsèquement et éternellement coloniale fut développée dans des ouvrages pseudo-historiens tandis que Napoléon était comparé à Hitler. La même année, on lisait dans La fracture coloniale qu’"à force de
tenir pendant si longtemps le “modèle républicain” pour le véhicule achevé de l’inclusion et de l’émergence de l’individualité, l’on a fini par faire de la République une institution imaginaire et à en sous-estimer les capacités originaires de brutalité, de discrimination et d’exclusion".
Les débats sur la laïcité furent de la même teneur haineuse et caricaturale sur ceux sur la repentance ou la liberté d’expression – pensons à la récente "affaire des caricatures de Mahomet" dans la presse européenne qui a déclenché des violences effroyables dans certains pays de culture musulmane et des polémiques d’une rare violence en Europe, certains en appelant même à une loi sur le sacrilège !
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Et la reductio ad hitlerum de la République a occupé une bonne place du champ universitaire français, des pages « débats » des grands quotidiens, des ventes de livres pseudo-historiens ou politologiques, des talk-shows voire des journaux télévisés de grande audience.
Napoléon, précurseur de Hitler, polémique née du livre de Claude Ribbe, "Les origines républicaines de Vichy" de Gérard Noiriel, alimentant un sentiment inquiétant de masochisme national, dont M. Sarkozy sut habilement se saisir durant la campagne présidentielle...
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Mais là encore, il faut bien voir que le régime de la République, sa devise, la Révolution française ou encore la laïcité demeurent des points de repère clefs des couches populaires françaises et bien entendu de nombreux jeunes des cités. Fossé béant entre la réalité et le pseudo débat intellectuel…
M. Sarkozy, une fois encore, n’avait qu’à se saisir de ces outrances qui lui étaient servies sur un plateau d’argent… Et accueillir à droite un nombre impressionnant d’enfants d’immigrés outrés par ces caricatures en provenance de la gauche !
M. Sarkozy proclamant qu'il en finira avec la "repentance", promesse porteuse dans le contexte d'un procès permanent de l'histoire de France...
S’agissant de la question des émeutes de banlieue, marquées par l’incendie de milliers de voitures des habitants souvent défavorisés de ces mêmes banlieues, la destruction d’écoles maternelles et autres bibliothèques de quartier, on ne retiendra ici que cette formule lapidaire et irresponsable jetée dans le quotidien Le Monde du 16 novembre 2005, par un philosophe français, « de gauche », à la renommée internationale, Alain Badiou : « On a les émeutes qu'on mérite », et cette analyse proche du degré zéro de la pensée politique, posant qu’« un Etat pour lequel ce qu'il appelle l'ordre public n'est que l'appariement de la protection de la richesse privée et des chiens lâchés sur les enfances ouvrières ou les provenances étrangères est purement et simplement méprisable »...
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Incendies lors des émeutes de 2005, ici à Toulouse
Là encore, on pouvait s’attrister de ce fait brut que les premières victimes de ces fameuses émeutes furent les habitants des quartiers populaires eux-mêmes, les jeunes ayant commis ces actes compris, ce qu’on appela un jour « le peuple », qui est au cœur de la République… Combien d’électeurs à nouveau perdus par la gauche ?
Ce que Ségolène Royal, rompant avec la vulgate laxiste d'un Jospin n'évoquant d'un "sentiment d'insécurité" et minimisant la souffrance quotidienne des habitants des cités difficiles, avait bien compris, contre vents et marées.
Segolene - Pacte de Bondy
Vidéo envoyée par segolene-royal
Ségolène Royal étant condamnée par un front de gauche libertaire plus ou moins intellectuel, M. Sarkozy n’avait plus, durant les incidents de la gare du Nord qui suivirent un contrôle de titres de transport, en pleine campagne présidentielle, qu’à accuser la gauche et sa candidate socialiste d’être les complices des fraudeurs et des casseurs… Un jeu d’enfants qui lui permit d’être en tête des sondages jusqu’à son élection.
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Il faudra tôt ou tard que ces universitaires et autres intellectuels professionnels se revendiquant de la gauche s’interrogent sur leur responsabilité dans l’échec de la gauche à incarner les principes républicains, qu’il s’agisse de la citoyenneté, des droits et des devoirs, du respect de la loi, du droit et de la sécurité des biens et des personnes sur l’ensemble du territoire de la République, du rejet de la terreur par la violence quotidienne ou encore de la pérennité des services publics partout et pour tous.
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L’outrance de leurs propos, de leurs thèses et la diffusion de ceux-ci ont crée un climat général délétère et il serait naïf de croire que les électeurs n’y sont pas sensibles !
A la gauche politique aussi de se démarquer fermement de ces fossoyeurs d’une culture républicaine mise à mal aujourd’hui par une droite néolibérale qu’ils ont, à leur niveau, certainement aidé à arriver au pouvoir. Une gauche rénovée et républicaine naîtra-t-elle enfin de toutes ces défaites ? La leçon de Ségolène Royal restera-t-elle morte et caricaturée?
Ségolène Royal les 4 vérités
Vidéo envoyée par yann2006
- LE MYTHE DU NOUVEL ORDRE MORAL: IMMORALITE DU NEOLIBERALISME
- LE RELATIVISME DES VALEURS AU COEUR DE LA MENTALITE BOURGEOISE CAPITALISTE
Tout cela nous amène à un quatrième élément clef pour comprendre la victoire idéologique ou culturelle de la droite incarnée par l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine : la prétention au rétablissement des « valeurs morales » détruites par mai 68.
La vieille rengaine selon laquelle la droite aurait incarné de tout temps la morale –religieuse- et la droite l’individualisme –athée- a pris ces derniers temps un coup de jeune.
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Pourtant, s’il est patent que la droite conservatrice incarnait dès l’origine un ensemble de valeurs religieuses, terriennes, patriarcales, aristocratiques puis bourgeoises etc., il n’en est rien de la droite libérale contemporaine dont la morale dite « bourgeoise » a toujours été marquée par des comportements précisément amoraux et antinomiques de la tradition chrétienne notamment.
Caricature du bourgeois, ventru et les poches pleines et affiche du film "Les grandes familles", dans lequel Jean Gabin joue le rôle d'un grand patron qui finit par pousser son fils au suicide pour garder le contrôle de ses affaires ou le culte de l'argent destructeur de la famille
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Hannah Arendt, dans L'impérialisme, jugeait très sévèrement, d’un point de vue républicain et proprement politique, cette immoralité politique de la bourgeoisie du XIXième siècle :
« Avant d’être sujets d’un monarque ou citoyens d’une république, les membres de la bourgeoisie étaient essentiellement des particuliers. Ce caractère essentiellement privé, allié au souci primordial de s’enrichir, avait crée un ensemble de modèles de comportement qui s’expriment dans tous ces proverbes -“le succès sourit au succès”, “la raison du plus fort est toujours la meilleure”, “qui veut la fin veut les moyens”, etc.- qui naissent fatalement de l’expérience d’une société de concurrence ».
Remarquons l’étrange filiation entre ces principes et les slogans de M. Sarkozy : "travailler plus pour gagner plus" et plus encore opposer "la France qui se lève tôt" aux assistés qui profitent du "système". Propos flattant évidemment les intérêts individuels, l’appât du "plus", du gain, toute la mythologie de l’individu fort opposée aux contraintes de la solidarité –qu’elle se manifeste par l’impôt ou les cotisations sociales.
La limousine pour tous...?
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Notons aussi qu’imputer la responsabilité du délitement des "valeurs" à mai 68 relève de la forfanterie évoquée plus haut. En effet, comme les premiers sociologues français, tel Emile Durkheim, s’inquiétaient de l’anomie contenue en germe dans la société industrielle et en appelaient à des systèmes de solidarité républicains, il faut admettre que les désordres sociaux ou les crises de la morale publique et civique sont le fruit de l’individualisme hédoniste, pulsionnel, narcissique et égoïste, peut-être théorisé en mai 68, mais mis en œuvre par le nouveau capitalisme et les technologies qui le servent –avec leur culte de l’égoïsme, de l’argent facile, de la violence etc.
Le relativisme des valeurs est bien en germe dans une société pour laquelle la chose publique n’a plus aucun prestige et dans laquelle seuls comptent les intérêts particuliers. De ce point de vue, le néolibéralisme et la société de consommation sont évidemment les meilleurs systèmes d’organisation sociale pour produire de la délinquance gratuite de masse, de l’immoralité, pour transformer tout ce qui peut attiser les instincts les plus animaux de l’homme –violence, sexe, nourriture, drogue- en marchandises disponibles sur les marchés télévisuels ou commerciaux.
Une des plus grandes hyporcirises de la droite réside dans sa défense affichée des "valeurs familiales"; en effet, le néocapitalisme a fait sauter tous les verrous de la moralité: l'exposition des enfants et de la femme à la marchandisation, la marchandisation de l'enfance elle-même et l'utilisation de son image comme "arguments de vente" n'ont en effet rien à voir avec mai 68, mais bien avec l'immoralisme propre à la société de masse de consommation....
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C’est dans cet esprit que Arendt, non sans une intuition profonde, pointait du doigt la complicité des principes de la bourgeoisie capitaliste (déjà !) avec les comportements des bas-fonds :
« Les principes politiques de la foule […] trahissent une affinité étonnamment forte avec le comportement politique de la société bourgeoise quand celui-ci est exempt de toute hypocrisie et de toute concession à la tradition chrétienne ».
Doc Gyneco, symbole de la vulgarité, du machisme et du sexisme d'un rap hyper-commercial, soutien de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine à l'élection présidentielle...
La télévision est d’ailleurs le point de rencontre idéal entre la bourgeoisie de l’argent et les nouveaux riches que sont les vedettes, issus parfois de milieux défavorisés, ayant eu un parcours déviant, ayant eu parfois à essuyer des condamnations judiciaures ! En outre, le fait que les mafias prospèrent dans un cadre économique ultralibéral, où l’autorité de l’Etat est affaiblie, est une preuve supplémentaire de cette hypocrisie moralisatrice de la "droite décomplexée".
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La morale civique, la laïcité, comprise comme la séparation des Eglises et de l’Etat, mais aussi des puissances financières ou sectaires de l’Etat, le primat accordé à la chose publique et la citoyenneté sur les intérêts uniquement privés et le consommateur, une gestion économique efficace et réaliste au service des hommes et non l’inverse : tous ces principes républicains assez simples sont absolument étrangers à la nouvelle droite française mais aussi européenne et états-unienne.
L'instituteur, le tableau noir, symboles d'une morale civique et républicaine qui n'avaient rien à voir avec le moralisme pseudo religieux propre à la nouvelle droite!
Pour tenir, le néolibéralisme a évidemment besoin d’afficher une vision de la famille, de l’homme et de la morale. Mais elle sera alors bien plus pseudo-religieuse, humanitaire et compassionnelle que politique, laïque, républicaine.
- NEO-LIBERALISME ET PSEUDO-CONSERVATISME
On affichera donc un moralisme de façade, largement prisé des médias, émotionnel et direct, touchant à des
questions de type privé et intime, telle la famille. La religion deviendra un argument de poids car elle semble universelle, dans le cadre d’un déclin généralisé de la laïcité et de la culture laïque des Humanités, et parce qu’elle n’engage en fait à rien de politique tant elle est réduite à ses aspects les plus intimes, que ce soit la conviction, la croyance, les questions sur l’au-delà ou les bons sentiments.
Solgan des commandos pour l'abolition de l'avortement, se revendiquant de la morale catholique et des positions de la papauté...
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Il ne sera donc absolument pas choquant d’élire un président se disant lui-même croyant et profondément chrétien ou catholique mais qui engage son pays et ses concitoyens dans des politiques absolument antinomiques de toute la doctrine de Jésus de Nazareth sur l’argent, la pauvreté ou le pardon. Cette coloration pseudo religieuse donnera un vernis de morale aux politiciens et n’engagera à rien, tout en mettant encore plus à mal, d’une part la laïcité, d’autre part le message de la religion.
C’est ce que le philosophe Sloterdijk appelle, non sans esprit, le « monothéisme à temps partiel », qui masque le fait que le vrai Dieu qui domine le monde contemporain est l’argent :
« Nota bene : le christianisme d’aujourd’hui est un monothéisme à temps partiel, et l’on peut dire la même chose de l’islam et du judaïsme, bien qu’il existe, dans ces religions stagnantes reléguées aux fonctions
d’autogestion et d’entretien de la tradition, des courants fondamentalistes aigus dont les orateurs, le plus souvent religieux professionnels, font volontiers comme si Dieu pouvait encore avoir besoin de l’homme tout entier. La vérité, c’est que l’argent a fait depuis très longtemps ses preuves comme une alternative à Dieu, et que cette alternative est une réussite opérationnelle. L’argent contribue plus aujourd’hui à la cohésion des choses que ne pourrait le faire un créateur du ciel et de la terre ».
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Concrètement, la nomination de Mme Boutin au ministère du logement et de la ville, foncièrement hostile à l’union des personnes de même sexe, symbole de la droite pseudo-chrétienne et des restes de la « droite légitimiste », attentive notamment au sort des prisonniers –lesquels seront d’ailleurs de plus en plus nombreux vu les mesures prises par la nouvelle ministre de la Justice est la caution pseudo morale d’un gouvernement qui assume un programme franchement libéral.
Mme Boutin, opposante fraouche à l'union des homosexuels et figure emblématique de la droite compassionnelle et M. Kouchner, soutien de la candidate socialiste à la présidentielle, symbole de l'Humanitaire, aujourd'hui ministre des Affaires étrangères du président Sarkozy
Sur la nomination de M. Kouchner aux Affaires étrangères, le philosophe Zizek estimait, dans Le nouvel Observateur des 21-27 juin 2007, que « celui-ci a de longue date été l’un des plus efficaces agents de la dépolitisation par l’humanitaire ». Comme la compassion est un puissant moyen de dépolitiser la question sociale…
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La "victoire idéologique" de la droite, voulue par l’actuel premier ministre M. Fillon, a bien eu lieu. En ce sens qu’elle a su réintégrer rhétoriquement la pensée de gauche libérale-libertaire, hostile à l’Etat et à la République, favorable au communautarisme, hostile à toute référence à Marx, le tout encrobé dans un discours du bon sens, pseudo moralisateur et compassionnel, mettant au centre la figue du "travailleur qui souffre".
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Il faudra que la gauche mette en relief l’écart entre ces discours et les effets d’une politique effectivement ultra libérale qui mettra en cause et cassera sûrement certains des principes fondamentaux de la République française –pensons à son caractère social mentionné par la Constitution.
Qu’elle retrouve aussi sans tabous la culture républicaine en acte : rôle de l’Etat et du droit, dignité du politique, laïcité, morale civique laïque, vivre-ensemble, solidarité, juste place de l’économique et de l’humain, assomption critique de l’Europe et de la mondialisation.
Qu’elle ne rejette ni ne sacralise Marx ! Qu’elle prenne conscience de l’hégémonie intellectuelle énorme acquise par une philosophie anglo-saxonne qu’on a raison de traduire, mais qu’il faut savoir aussi critiquer, et ce malgré la domination économico-technique incontestable du modèle de société de consommation de masse incarné par les Etats-Unis d’Amérique –qu’on ne devrait d’ailleurs pas réduire à cette seule image tant ce pays est complexe, riche de diversité et fort de traditions politiques et constitutionnelles remarquables !.
Qu’elle mette en pièces aussi cette irresponsabilité et ce manque de sérieux qui lui sont sans cesse prêtés. Qu’elle n’oublie pas que le néo-conseravatisme aux Etats-Unis s’est nourri du rejet par le peuple américain des dérives du relativisme ou du multiculturalisme intégral et a vu nombre d’universitaires de gauche devenir des idéologues de droite…
Buste de Marianne, un des symboles de la République, dans un petit village de la région lyonnaise
Le clivage entre la gauche et une droite ultra-libérale "décomplexée" devra tôt ou tard se recentrer sur les grands principes républicains, que l’actuel président, sous couvert d’une exaltation nationaliste purement tactique, s’apprête à fragiliser, méthodiquement et durablement...
09 mai 2009
SEGOLENE ROYAL DENONCE L'AFFAISSEMENT DE LA FONCTION PRESIDENTIELLE ET LA DIVISION DE LA FRANCE PAR NICOLAS SARKOZY
Ségolène Royal, seule opposante socialiste crédible depuis 2 ans à l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy, a rappelé à l'ordre ce dernier et heureusement taclé ses manquements diplomatiques, ses insultes, tant à l'égard des peuples et dirigeants étrangers qu'à l'égard du peuple français.
Les caciques socialistes décadents - dont Jack Lang est devenu l'épure -, comme les jeunes pseudo-loups n'existant que dans l'ombre de Mme Royal, ont soutenu Nicolas Sarkozy contre les intérêts de la France...
Ségolène Royal discours à la Maison de la Chimie
Vidéo envoyée par sandrinegarnaud
Leur non-acceptation d'un leadership dans leur pauvre parti explique certainement leurs prises de position antirépublicaines et antifrançaises.
Ils seront comptables, à continuer ainsi, de la réélection de M. Sarkozy ou d'un leader de sa droite extrémiste en 2012.
"L'action proprement politique [...] vise à produire et à imposer des représentations
(mentales, verbales, graphiques ou théâtrales) du monde social qui soient capables
d'agir sur ce monde en agissant sur la représentation que s'en font les agents. Ou,
plus précisément, à faire ou à défaire les groupes [...] - en produisant, en reproduisant
ou en détruisant les représentations qui rendent visibles ces groupes
pour eux-mêmes ou pour les autres".
Ce que parler veut dire.
Segolene Royal le 20 Avril 2009
Vidéo envoyée par segolene-royal
L'inexpérience de Sarkozy fait honte aux français
Vidéo envoyée par dipsique
Quand Nicolas Sarkozy insultait l'Allemagne et ses dirigeants :
Sarkozy greift Deutschland an
Vidéo envoyée par rachelmini
Sarkozy tacle un ministre Allemand
Vidéo envoyée par Politikman
Sarko grossier
Vidéo envoyée par larnaut
Quand Nicolas Sarkozy dénigrait en un vocable raciste les Africains...
Discours raciste de sarko à dakar - 26 juillet 2007
Vidéo envoyée par henneji
... et que Ségolène Royal ne saurait tolérer :
Ségoléne Royal à Dakar polémique [news] Fr2 070409
Vidéo envoyée par ReadyHdFull
Lorsque l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, empruntant aux stéréotypes des colons français d'Algérie les plus islamophobes, insultait tous nos compatriotes de confession musulmane :
Sarko aime pas certains moutons,il préfére les siens
Vidéo envoyée par ubu_roi
François Fillon en guerre contre le monde musulman
Vidéo envoyée par Amago82
Quand M. Sarkozy, Président, manifeste sa haine du peuple français :
Karcher
Vidéo envoyée par Schumi93120
Sarkozy prêt à se battre contre un pêcheur
Vidéo envoyée par allcurious
Sarkozy au salon de l'agriculture
Vidéo envoyée par -kiki-
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"Le Président de la République veille au respect de la Constitution" (art. 5) laquelle stipule en son 1er article que "la France est une République indivisible".
Coutumier des violations en tout genre de notre Constitution, Nicolas Sarkozy, en campagne pour la magistrature suprême et, plus inquiétant, devenu président de la République, n'a cessé de diviser les Français, de dresser telle ou telle catégorie d'entre eux l'une contre l'autre - par le "pouvoir dominant des mots".
Avec l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, le pouvoir oppose ainsi les chômeurs aux travailleurs, les SDF à l'Humanité sédentaire, les personnes âgées au reste de la population, les familles entre elles, les Français de confession musulmane, comme le monde musulman en entier aux autres, les croyants aux non-croyants, les Africains et les Allemands aux Français, les "voyoucrates" aux "ploutocrates", francophones et tenants des langues régionalistes, les malades aux bien-portants, les communautés dites "ethniques" - en fait raciales -, les homosexuels aux hétérosexuels (sic), la gauche qui n'aime pas la France à la droite qui l'aimerait, la fonction publique aux travailleurs du secteur privé, grévistes et non-grévistes bien entendu, bénéficiaires du RSA et travailleurs pauvres, etc.
Si Valéry Giscard d'Estaing disait, amer, qu'on oublierait son septennat parce que nos sociétés sont sans mémoire, il est louable qu'une dirigeante politique, telle Ségolène Royal, nous la rafraîchisse aujourd'hui.
Quel pays laissera Nicolas Sarkozy à nos enfants, nul ne le sait... Un pays et un peuple divisés certes. Un pays sans voix déchiffrable et sans vision pour le monde.
Une République sans loi, une vie politique où règnent l'argent, les mensonges et la vulgarité, une société injuste et atomisée.
La presse a peu de mémoire ces temps-ci, à moins qu'elle ne soit complice d'un coupable oubli généralisé...
08 avril 2009
LES ELEMENTS TOTALITAIRES DU SARKOZYSME : L'OIGNON COMME IMAGE DU POUVOIR TOTAL 1.2
Tout a été dit ou presque sur le mode d'exercice du pouvoir par Nicolas Sarkozy et son clan... "Monarchie élective" (Laurent Joffrin), "omniprésidence", "hyperprésidence" (François Hollande), "fracture républicaine", "mainmise du clan Sarkozy sur la France", "régime du mépris généralisé", "une déchirure sociale", "une conception révisionniste de l'histoire de la laïcité qui n'est pas acceptable" (Ségolène Royal), "danger pour les institutions républicaines" (Marianne et son Appel pour une vigilance républicaine signé par l'ancien directeur de cabinet du général de Gaulle, François Bayrou, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Chevènement et Ségolène Royal),...
Appel pour une vigilance républicaine
Vidéo envoyée par Rive-gauche
..."pouvoir personnel", "monocratisme avancé" (Robert Badinter) "téléprésidence" etc.
Mais l'histoire des idées politiques recèle d'autres précédents bien pires que tous ces qualificatifs pour essayer de comprendre le sarkozysme au pouvoir. Et Hannah Arendt, analyste originale et pionnière des mouvements et régimes totalitaires, nous aidera ici à voir comment Nicolas Sarkozy met en péril la démocratie, le régime républicain et la notion même de loi. La pensée de Raymond Aron, ayant abordé la question totalitaire, nous guidera également.
Une Une récente du Nouvel Observateur, fort éclairante, nous proposait de nous présenter le "vrai gouvernement" au pouvoir, composé de personnalités "discrètes", "de visiteurs du soir", de conseillers du "Prince", de divers patrons et même de sa propre épouse, laissant entendre que le gouvernement responsable devant le Parlement n'est que de pacotille.
Dérive très grave alors que le pouvoir - mais quel pouvoir? Ici réside tout le problème - se durcit et multiplie les actes de violence à l'égard d'immigrés, d'enfants dans leurs propres écoles, de journalistes ou encore, verbalement et socialement, à l'égard des sans domicile de France...
A chaque fois revient une question lancinante : qui donne les ordres?
Impossible de répondre à cette question tant la gouvernance Sarkozy est opaque et multiplie les effets d'annonce pour brouiller les pistes...
Si la république, au sens le plus ancien du terme, suppose l'application de lois écrites et connues par tous les citoyens, le sarkoyzysme pratique le contraire, en toute irresponsabilité...
Difficile pour une opposition, qui s'autodétruit déjà, de s'attaquer à des "autorités invisibles".
Où siège l'autorité légale et où réside l'autorité légitime? Au gouvernement? Au Parlement? Dans les bureaux des conseillers du Président? A l'UMP? Les pistes sont brouillées et cela ne va pas sans rappeler la structure en oignon de l'Etat totalitaire décrit en son temps, et toute proportion gardée, par Hannah Arendt.
HANNAH ARENDT
"L'image adéquate du gouvernement et de l'organisation totalitaires me paraît être la structure de l'oignon, au centre duquel, dans une sorte d'espace vide, est situé le chef [...]."
"La cohérente et perpétuelle division entre l'autorité secrète réelle et la prétendue représentation publique faisait du siège effectif du pouvoir par définition un mystère, et ce à un tel degré que même les membres de la clique dirigeante ne pouvaient jamais savoir avec une absolue certitude quelle était leur propre position dans la hiérarchie secrète du pouvoir."
"Qu'est-ce que l'autorité? in
La crise de la culture.et
Le système totalitaire
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LE REGIME SARKOZYSTE N'EST NI UN REGIME NEO-MONARCHIQUE NI UN REGIME AUTORITAIRE.
Un des points de désaccords majeurs entre Hannah Arendt et Leo Strauss tient au sens à donner aux régimes nazi et 
soviétique. Pour ce dernier, le régimes totalitaire est l'héritier de la tyrannie, cette question qui "traverse toute l'oeuvre de Strauss", nous dit Olivier Sedeyn. Et dont seul le retour à la philosophie classique antique pourrait nous prémunir.
Pour Arendt, il s'agit au contraire d'un système de gouvernement absolument nouveau, ni autoritaire ni tyrannique, dont quelques-unes des caractéristiques nous intéresseront ici. Il s'agira d'abord de différencier radicalement les régimes autoritaires et tyranniques des régimes totalitaires. Au prisme de l'actualité française...
Si certaines des attaques de l'opposition ou des forces sociales du pays contre le régime sarkozyste semblent ne pas atteindre leur cible, c'est précisément parce l'Elysée, Matignon - et le gouvernement - et l'Assemblée nationale, par un mépris total de la Constitution puis par sa soi-disant réforme - acquise grâce au socialiste Jack Lang - ne jouent plus leurs rôles respectifs.
La source de l'autorité, le peuple représenté à l'Assemblée, est piétinée. Le Premier ministre a été fusillé par le président de la République, qui prend sa place.
Les ministres - collectivement responsables devant la représentation élue - sont sans cesse télescopés par les conseillers politiquement irresponsables de l'Elysée et mis devant le fait accompli, voire démentis par le chef de l'Etat lui-même...
Autant dans un régime autoritaire, personnel, on saura à qui s'opposer.
Autant dans un régime à structure "totalitaire", les pistes seront brouillées de telle façon que la vie politique, l'opposition démocratique comprise, seront réduites a quia.
Il faut d'abord voir très simplement, et grâce à des exemples imagés par Arendt en son temps, en quoi le régime sarkozyste n'est ni seulement autoritaire, ni seulement néo-monarchique, ni potentiellement tyrannique, mais regorgeant d'affinintés avec le gouvernement totalitaire.
Ainsi, nous dit-elle, dans La crise de la culture: "comme image du gouvernement autoritaire, je propose la figure de la pyramide".
Le régime des monarchies chrétiennes en est le parangon, avec certes des hiérarchies intermédiaires puissantes, mais avec à son sommet l'autorité divine, acaparée en France par la monarchie de droit divin, et, avec à sa base, une égalité fictive de tous les hommes devant Dieu.
Dans ce dispositif, le roi sera le seul visé par les révolutionnaires français. La tête des "deux corps du roi", de la pyramide monarchique, sera donc décapitée... Et nous savons tous pourtant que l'assimilation de Louis XVI au tyran était partiellement fausse, les Parlements royaux ayant commencé la Révolution et une partie du clergé rejoint le Tiers-Etat, avant le "peuple".
Le tyran, stricto sensu, demeure lui "seul contre tous" et "les "tous" qu'il oppresse sont "égaux, c'est-à-dire également dépourvus de pouvoir". Depuis Platon, la figure du tyran est donc celle d'un être quasi-inhumain, au-dessus de tous et dominant une société humaine dépourvue de hiérarchies d'autorité, d'"égaux" fictifs.
Pour toutes ces raisons, pyramide pleine - la monarchie avec ses trois ordres, ses Parlements et ses lois fondamentales du royaume -; ou pyramide vide - la tyrannie avec un chef et à ses pieds une communauté d'obéissants tous à égalité -; ces deux pyramides ne sauraient rendre compte du régime totalitaire.
"Par opposition à ces deux régimes, autoritaire et tyrannique, écrit Arendt, l'image adéquate du gouvernement et de l'organisation totalitaires me paraît être la structure de l'oignon, au centre duquel, dans une sorte d'espace vide, est situé le chef; quoi qu'il fasse - qu'il intègre le corps politique comme dans une hiérarchie autoritaire, ou qu'il opprime ses sujets, comme un tyran-, il le fait de l'intérieur et non de l'extérieur ou du dessus."
Les trois pouvoirs ne s'opposent pas - législatif, exécutif, judiciaire - mais fusionnent. Ils sont autant de couches de l'oignon du pouvoir, qui demeure en son centre.
Les partis politiques - dont le rôle est reconnu constitutionnellement - n'ont plus aucune crédibilité puisque, opposition comprise, ils donnent l'image d'être potentiellement eux-aussi des couches de l'oignon - tel est le sens ultime de l'"ouverture" sarkozienne.
Les médias sous contrôle
Dans cette organisation, les médias de masse ne sont plus qu'une couche de plus de l'oignon totalitaire, à destination du "peuple" ou des consommateurs, totalement soumis au pouvoir du Chef, au noyau de l'oignon.
Raymond Aron dans Démocratie et totalitarisme, explique d'ailleurs que l'un des éléments constituant le "phénomène totalitaire" est le contrôle des moyens de propagande :
"Pour répandre [la vérité officielle de l'Etat issue du parti], l'Etat se réserve un double monopole, le monopole de force et celui des moyens de persuasion. L'ensemble des moyens de communication, radio, télévision, presse, est dirigé, commandé par l'Etat et ceux qui le représentent."
Concrètement, outre l'omniprésence télévisuelle du président Sarkozy et la minoration de l'opposition face à celui-ci, on aura vu fleurir, à défaut de mesures politiques, des "spots gouvernementaux officiels" censés montrer aux masses que le pouvoir s'occupe, en pleine crise économico-sociale, du pouvoir d'achat... Propagande en l'absence d'encouragement véritable de ce même pouvoir d'achat.
Et ce même en période d'échec radical de la politique antiéconomique de l'Elysée et de ses conseillers.
Clip du Gouvernement sur le pouvoir d'achat
Vidéo envoyée par Emediat
Le "quatrième pouvoir" - les médias - est lui-même peu à peu intégré à l'assemblage, tantôt menacé ou appâté...
Comme le résume lapidairement Joseph Macé-Scaron, journaliste de droite, de ce Figaro sarkophile : il a été démissionné parce qu'il refusait de "tailler des pipes à M. Nicolas Sarkozy" !
Ex Directeur Fig-Mag Dénonce Sarkozy
Vidéo envoyée par RichardTrois
La volonté de Nicolas Sarkozy de nommer lui-même le président de l'audiovisuel public, notamment des chaînes de télévision publique, a clairement parlé aux Français.
La volonté présidentielle d'"avoir la mainmise" sur tous les médias, ayant déjà des médias de masse privés, telle TF1, à sa botte, s'affiche donc ici clairement...
Les médias de masse se trouveraient menacés d'être agrégés à l'ensemble des couches de l'oignon totalitaire, directement contrôlés par son noyau.
La France de Sarko : Retour à l’ORTF
Vidéo envoyée par Rive-gauche
En outre, nous allons le voir, Nicolas Sarkozy, sans abolir la Constitution, la conserve comme façade, de même que l'illusion démocratique ou l'indépendance de l'Autorité judiciaire.
Les ministres existent et perçoivent leurs émoluments, mais sont en fait privés de pouvoir.
Toutes ces couches sont autant de pelures d'un oignon, lesquelles une fois arrachées, dévoilent où siège réellement le pouvoir : au palais de l'Elysée, parmi les conseillers à la présidence.
Là peut donc bien s'imposer un déchiffrage fin mais jamais envisagé, que de nombreux actes, faits, paroles, décisions politiques émanant de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy attestent, témoignages de ce qu'est devenu le régime sarkozyste, sur les ruines de la République française.
UNE CONSTITUTION DE FACADE
Comme l'écrivait Hannah Arendt :
"Troublante fut la manière dont les régimes totalitaires traitèrent la question constitutionnelle. Durant leurs premières années d'exercice du pouvoir, les nazis firent pleuvoir une avalanche de lois et de décrets, mais ne se soucièrent jamais d'abolir officiellement la Constitution de Weimar."
Et Raymond Aron toujours, dans Démocratie et totalitarisme, rappelait lui aussi cette différence
majeure entre le phénomène totalitaire et le régime républicain et démocratique, qualifié de "constitutionnel-pluraliste" de cette façon :
"Une autre forme, probablement plus importante, de la constitutionnalité, est la subordination des décisions gouvernementales à des règles."
Or, en France, beaucoup d'observateurs politologiques, des plus radicaux aux plus modérés, observent aujourd'hui, et ce depuis l'élection de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine à la présidence de la République, un changement de régime.
Il aura fallu une révision minable de la Constitution, l'été dernier, pour alerter quelques observateurs.
Pour autant, nous avions déjà changé de "république", et ce bien avant le vote du Congrès. Seul le Premier ministre a été constitutionnellement fusillé à Versailles, mais les conséquences sur le bon fonctionnement des institutions et la séparation des pouvoirs, sur la continuité de l'Etat sont assez préoccupantes.
Le Président gouverne désormais sans aucune responsabilité politique, seul le gouvernement pouvant être renversé par une motion de censure votée aux 3/5° des députés.
Le Président peut désormais pénétrer dans l'enceinte du Parlement, y asséner un discours sans encourir la moindre critique - aucun débat n'étant alors autorisé - ni aucun risque politique - l'impeachment n'existant pas dans nos institutions... Bien entendu, le président de la République, conformément à la Constitution, a tout pouvoir pour dissoudre l'Assemblée nationale (art. 12).
Si le Premier ministre avait été éliminé du jeu dès la redéfinition sarkozienne de sa fonction comme simple "collaborateur", en contradiction crue avec la Constitution, celle-ci aura ensuite été modifiée selon le bon plaisir de Nicolas Sarkozy, aidé de son mignon "socialiste" de Jack Lang...
En vérité, lorsque Nicolas Sarkozy redéfinit la fonction de son Premier ministre, François Fillon, comme "collaborateur" et prit sa place comme celle de tous les ministres, il avait déjà violé in concreto la Constitution.
Et la révision de la Constitution décidant que le Président gouvernait aussi bien que le Premier ministre, ne fit qu'avaliser in abstracto une pratique dangereusement anticonstitutionnelle.
C'est ce que Aron, étudiant le régime nazi et des décisions politiques bien plus graves, appelait dans Démocratie et totalitarisme, "l'arbitraire de l'acte avec la comédie de la loi (rétroactive)".
Le penseur de définir ainsi ce phénomène totalitaire : "dans un régime autoritaire une décision prise par les gouvernants devient automatiquement une loi". Ainsi, lorsque "Hitler a fait exécuter [des] pseudo-conspirateurs [...] après coup, une loi a été votée selon laquelle les exécutions sommaires étaient conformes à la loi"...
D'autre part et ce faisant, l'Etat impartial, dont le locataire de l'Elysée était jusqu'ici le garant a été aboli en France par Nicolas Sarkozy. En effet, menant la politique choisie par 50 + 1 % des voix du peuple, le Président s'assoit ipso facto sur les millions de citoyens n'ayant pas voté pour lui.
Pour citer à nouveau Raymond Aron, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine a mis en place un "Etat partisan'", propre du gouvernement totalitaire...
Supplantant le Premier ministre, il devient à sa place le chef de la majorité conduisant la politique du pays mais ne garantissant ni plus la continuité du régime républicain, ni l'intérêt commun souverain, au dedans - unité de la République et cohésion sociale, au-dehors - indépendance nationale.
La Constitution a donc ici été clairement dénaturée, sans être abolie... Comme l'a rappelé Robert Badinter. Estimant que le régime virait à une forme de "monocratisme avancé".
Robert Badinter invité de RTL (16 juillet 2008)
Vidéo envoyée par rtl-fr
Mais les violations de la Constitution par le chef de l'Etat lui-même ont déjà été multiples depuis le début de son bail locatif au palais de l'Elysée.
Par sa seule pratique du pouvoir, par son verbe - spontané ou issu des écrits de ses conseillers - Nicolas Sarkozy s'est déjà essuyé les mocassins à talonnettes sur la Constitution, et ce à de multiples reprises, sans changer un iota au texte sacré...
La laïcité de la République française
Selon la Constitution et son article 5, qui existe toujours sur le papier: "le président de la République veille au respect de la Constitution"... Soit...
Cependant, outre les invalidations du Conseil constitutionnel - notamment d'une loi rétroactive sur les prêts immobiliers ou encore des projets de loi sur le contrôle ADN de l'immigration -, Nicolas Sarkozy a violé, en territoire étranger, à Rome ou plutôt au Vatican, l'article 1er de cette même Constitution, stipulant assez simplement que "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale"...
Le Pape Sarkozy atteinte à la laîcité
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Laïcité positive
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Sarkozy, la Religion dans une République Laique !?!
Vidéo envoyée par alizoh8
Voulant aller plus loin encore dans l'adaptation rétroactive de la Constitution à son bon vouloir et à ses "convictions" anglo-saxonnes, Nicolas Sarkozy alla jusqu'à tenter une révision du Préambule de la Constitution, texte hautement sacré dès lors qu'il contient les grands principes philosophico-politiques que doit respecter la République - dont la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Il s'agissait d'y inscrire "la dignité des croyants" - faisant des non-croyants des citoyens de seconde zone - ainsi que la notion de "diversité" - raciale? confessionnelle? -, rompant avec la "devise" républicaine commençant par l'égalité !
Heureusement, au final, le comité Veil, chargé de cette mission périlleuse, répondit par une fin de non-revevoir aux voeux présidentiels...
L'indépendance de la Justice
Dans le domaine de la Justice, Nicolas Sarkozy est allé plus loin encore dans la violation de la Constitution. Car il a, à de multiples reprises, remis en cause le principe de son indépendance, héritage des Lumières et notamment de Montesquieu.
Le président de la République s'assoit donc ici sur l'article 64 de la Constitution qui précise qu'il "est le garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire"...
Cette violation du principe d'indépendance de la Justice et du rôle impartial des juges a d'abord été assumée par Rachida Dati, s'agissant des récidivistes. La mise en place, sur un modèle états-unien, des peines-planchers, abolit en effet l'indépendance et l'appréciation au cas par cas des juges : des peines automatiques définies par le pouvoir législatif s'appliquant désormais automatiquement - ce qui remet en cause la distinction entre le législatif et le judiciaire.
Comme l'explique très bien Serge Portelli, une fois les peines-planchers appliquées, nous changeons de République :
Portelli Peine plancher
Vidéo envoyée par AMIOSIS
Rachida Dati, dont l'arrivée tapageuse au ministère de la Justice provoqua nombre de remous et de
démissions, alla même jusqu'à affirmer à la télévision que la Justice était rendue au nom de "la légitimité suprême [...] celle des Français qui ont élu Nicolas Sarkozy pour restaurer l'autorité. Les magistrats rendent la justice au nom de cette légitimité"...
Mme Dati inventait ainsi le principe de la dépendance de la Justice, propre aux régimes totalitaires....
L'article 64 était violé en direct par la Garde des Sceaux, les magistrats intimés de rendre la Justice, non plus au nom de la République et du peuple français, mais au nom du Chef !
Etait bafouée ce faisant la Loi constitutionnelle du 3 juin 1958 posant en son Article unique que :
"4°- L'autorité judiciaire doit demeurer indépendante pour être à même d'assurer le respect des libertés essentielles".
Les peines-planchers furent votées par le Parlement présidentiel-croupion, malgré quelques rectifications émises par le Conseil constitutionnel.
Cependant, le pire restait à venir : la rétention de sûreté, visant à maintenir enfermés des individus à vie après l'effectuation de leur peine, prononcée par la Justice au nom du peuple français. Considérés comme "extrêmement dangereux", condamnés à 15 ans de prison pour meurtre, assassinat, viol sur mineur, torture ou encore acte de barbarie, ils doivent être maintenus enfermés, potentiellement à vie, sans nouveau jugement mais à la discrétion d'une "commission" experte, composée de juges et de psychiatres...
La gravité de la mesure n'effraya pas tant que cela le Conseil constitutionnel. Celui-ci s'attacha à censurer une partie de la loi prévoyant, en violation de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, partie intégrante du Préambule de la Constitution, que la loi s'appliquerait aux prisonniers jugés et enfermés avant la promulgation de cette loi. En effet, le talisman de 1789 pose la non-rétroactivité des lois en son article 8 :
"Nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée".
Patrick Klugman - 18 raisons_0001
Vidéo envoyée par Re-So
La clémence du Conseil constitutionnel fut immédiatement récompensée à sa façon par le Chef de l'Etat.
En effet, celui-ci se lança dans une tentative gravissime de passage en force, inédite et absolument anticonstitutionnelle, contre le Conseil des Sages, en saisissant la Cour de cassation... Laquelle respecta la décision du Conseil constitutionnel...
Le professeur de Droit constitutionnel, Dominique Rousseau rappelle avec brio qu'il s'agit là d'un grave manquement du Président aux devoirs de sa charge, comme d'un bafouement du principe civilisationnel de "non-rétroactivité de la loi".
Non rétroactivité de la loi : Enjeux de civilisation
Vidéo envoyée par PolEtTique
Rétention de sûreté : Sarko veut il contourner la loi ?
Vidéo envoyée par 18-35
La destruction de l'indépendance de la Justice ne pouvant s'arrêter là, Nicolas Sarkozy annonça, en pleine crise économico-sociale, la suppression du juge d'instruction, indépendant du pouvoir pour mener les enquêtes les plus graves, pour le remplacer par le Procureur de la République, magistrat qui n'est pas une Autorité judiciaire indépendante et impartiale mais qui est liée hiérarchiquement au pouvoir, au ministère de la Justice.
La mise en place du principe de la dépendance de la Justice se poursuit. Les affaires judiciaires pouvant embarrasser le gouvernement pourraient ainsi être enterrées... Comme l'explique à merveille, mais calmement, Jean-Pierre Mignard, proche de Ségolène Royal :
La réforme de la justice
Vidéo envoyée par segolene-royal
Eva Joly, elle-même juge d'instruction dans l'affaire Elf, manifeste son inquiétude quant aux propositions de Nicolas Sarkozy...
"Les enquêtes seront confiées à un parquet qui lui est soumis [aux ordres]. C'est revenir au Second Empire, aux procureurs généraux... Il s'agit d'empêcher les enquêtes qui gêneront le pouvoir.
Eva Joly chez Souchier (10.01.09)
Vidéo envoyée par Tiotevalisse
La mise au pas de la police
"art. 12: La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique: cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée".
En tant qu'ancien ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy déposa un bilan désastreux s'agissant du rétablissement de la paix civile et sociale en France. C'est ainsi sous son ministériat que se déroulèrent, en 2005, les plus graves émeutes dans l'ensemble des banlieues hexagonales.
Un couvre-feu, hérité de la guerre d'Algérie, avait même dû être mis en place, une partie de la jeunesse de France sur-réagissant aux insultes médiatisées du tout-puissant ministre de l'Intérieur, qui avait déclamé vouloir "nettoyer les banlieues au kärcher".
Karcher
Vidéo envoyée par Schumi93120
Cette attitude violente du ministre d'Etat lui garantira par avance, pour les présidentielles de 2007, nombre de voix de l'extrême-droite lepéniste comme de personnes âgées terrorisées par la montée des violences et des atteintes aux personnes, en banlieue comme ailleurs.
En 2003, le chef de la police toulousaine avait quant à lui été "mis au placard" par le ministre tout-puissant, après avoir été humilié, non pas pour incompétence, bien au contraire, mais pour des raisons médiatiques et purement politiciennes Pour afficher une pseudo-désaccord idéologique sur le rôle des policiers et prôner la fermeté dont ils n'auraient plus assez fait preuve.
Sarkozy tance le chef de la police toulousaine
Vidéo envoyée par rue89
C'est que Jean-Pierre Havrin avait été un précurseur de la mise en place par la gauche de la "police de proximité", abolie puis rétablie par le gouvernement de ce même Nicolas Sarkozy.
Et lorsqu'il deviendra président de la République, et garant, au titre de l'article 5 de la Constitution, celui-ci détournera les missions de la police de la République pour la mettre à sa botte, comme s'il s'agissait de sa police secrète personnelle. Limogeant selon son bon plaisir de hauts responsables, instrumentalisant de façon disproportionnée gendarmerie et police pour assurer de façon démesurée sa sécurité lors de ses déplacements hors du palais de l'Elysée, comme ici dans l'Ain, fin février 2009.
Etat de siège dans l'Ain : Sarkozy visite Plastic-Omnium...
Vidéo envoyée par Napakatbra
"Nettoyer le terrain", éliminer toute trace de manifestation citoyenne lors des visites présidentielles deviendront, outre la traque aux sans-papiers, une "nouvelle mission de la police personnelle" d'un M. Sarkozy hyperprotégé proportionnellement à son hyper-impopularité - dont témoigna l'épisode du "Cass'toi pauv'con"...
Plus grave encore, le Président de la République mutera personnellement directeurs de la police et jusqu'aux préfets pour "convenance personnelle", d'abord en Corse, en réaction à une occupation par des manifestants nationalistes de la villa de son ami Christian Clavier...
L'affaire Christian Clavier
Vidéo envoyée par Ptite_Mule
... ou encore dans la Manche, un peu plus tard, mécontent d'avoir croisé, à Saint-Lô, d'inoffensifs manifestants...
Sarko fait payer sa visite à St-Lô
Vidéo envoyée par Ptite_Mule
Outre la mise en dépendance de la police et du corps préfectoral, au service constitutionnel des citoyens et non du Président, c'est au droit de manifester - à Saint-Lô - que Nicolas Sarkozy s'en prenait ainsi...
Comme le rappelaient Arendt et Aron, l'utilisation massive de la police à des fins "terroristes" comme sa mise à disposition du parti unique ou du Chef, sont des caractéristiques des régimes totalitaires. La police "secrète" y est missionnée alors contre le peuple et les "citoyens", au profit du pouvoir total...
Si l'on reprend l'image arendtienne de l'oignon pour décrire le gouvernement totalitaire, la police est alors située tout près du noyau, à savoir du Chef et du pouvoir réel, tandis que la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, partie intégrante de la Constitution, ainsi que les libertés publiques, ne sont plus qu'une des pelures apparentes de l'oignon, à destination de l'extérieur ou de l'étranger, impotentes en fait.
Répression des manifestations, privatisation au profit du chef de l'Etat, traque des immigrés et test ADN, surveillance - notamment au moyen de fichiers sur la vie privée, tel EDVIGE, de "présumés individus dangereux" - : la police de la République est aujourd'hui mise au service, notamment, de l'étouffement de la vie civique, au détriment du rôle que lui imposait la Constitution : la garantie des "droits des citoyens".
La politique sarkozienne "sociale" présente la même dérive.
Le droit constitutionnel de grève
La politique inique, en terme de redistribution de nos maigres richesses, notamment via une politique globale fiscale des plus injustes, la volonté de Nicolas Sarkozy de détruire le service public - indissociable de tout régime républicain depuis son antique invention à Rome -, devinrent, une fois la crise états-unienne puis mondiale affectant la France, les leviers d'un mécontentement social national.
Moult grèves allaient naître. Et, de toute façon, même avant la crise, la volonté de Nicolas Sarkozy de détruire le droit de grève, pourtant constitutionnel, se devait de s'affirmer, notamment via des relais méditiatiques de masse...
Constitutionnel, le droit de grève? Eh bien oui.
Car dans le préambule de notre Constitution en vigueur, votée par le peuple en 1958, il est écrit que :
"-art. 6. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts
par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix.
-art. 7. Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent."
Et pourtant, tout en liquidant l'Education nationale, par la suppression notamment des emplois d'aide aux enfants handicapés ou en difficulté, et de 13000 postes, Nicolas Sarkozy décidait de détruire en son principe le droit constitutionnel de grève des enseignants, fragilisés dans leur activité coutumière. Ce, par l'instauration d'un "service minimum" assuré par des personnels municipaux qui garderaient les élèves pendant les grèves, nonobstant la dangerosité d'une telle mesure.
Ainsi les parents d'élèves étaient opposés aux enseignants protestant pour un meilleur service public de l'Education nationale...
Les grèves seraient désormais nulles et non avenues, télescopées par un "service d'accueil" par des personnels non qualifiés pendant ce même exercice du droit constitutionnel...
Une fois encore, la "Constitution de façade" est maintenue, le droit de grève pérennisé, in abstracto, mais violé in concreto.
Service Minimum d'Accueil 15-05-08
Vidéo envoyée par sarkozyfrance2007
Une façon de rayer de la réalité socio-politique ce fameux droit de grève...
La CGT contre le service minimum 1
Vidéo envoyée par rue89
Devant les cadres de l'UMP, en tant que "chef de parti" et non pas comme ce Président de tous les Français qu'il est incapable de devenir enfin, Nicolas Sarkozy manifesta un mépris effroyable pour le droit constitutionnel de grève et tout un pan des forces vives de la nation, notamment menacées par sa politique et, en second lieu, par son inaction face à la crise économique inouïe.
Sarkozy & Grève, du mépris qui insulte les Français
Vidéo envoyée par alizoh8
L'indivisibilité de la République française
L'article 1er de notre Constitution, rappelons-le, stipule que "la France est une République indivisible"... Et pourtant, tout le vocable sarkozien de campagne puis de Président, s'attacha à diviser les Français.
Travailleurs et chômeurs, grévistes et non-grévistes, fonctionnaires et salariés du privé, jeunes et personnes âgées, riches et pauvres, Français de confession religieuse et laïcs, croyants et non-croyants, communautés différentes, malades et valides etc.
A cet égard la volonté présidentielle de créer des statistiques raciales, dites ethniques, en violation avec la Constitution, rappelant même les fichages instaurés sous Vichy, fut un signe des plus inquiétants. En rupture aussi avec toute la pensée réublicaine humaniste... C'est que le communautarisme devait, dans l'esprit de Nicolas Sarkozy, s'imposer désormais en France...
Quant à l'article 2 de notre "Constitution de façade", elle faisait du français "la langue de la République", le logos commun...
Eh bien tel n'est plus le cas, Nicolas Sarkozy ayant décidé de constitutionnaliser les idiomes régionaux... Au plus grand bonheur des extrémistes régionalistes et des sécessionnistes en tout genre... Et au risque de l'explosion de la République française, sur le modèle belge.
La Flandre indépendante sur RTBF !
Vidéo envoyée par INFOCOM-Net
Idem sur le plan social...
Comme l'avait rappelé la principale opposante à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, en juin 2008, la "rupture" promise par le candidat Sarkozy est en fait devenue "une déchirure" sociale "du pays".
La République était en effet constitutionnellement une "République [...] sociale", concrètement réalisée via le "modèle social français" et les mécanismes de solidarité nationale - à travers l'impôt, les services publics universels, les allocations allouées aux plus démunis etc. Or, ce fameux caractère social de la République française était le garant de la cohésion nationale et à terme de l'indivisibilité de la République, aujourd'hui détruit par le Président Sarkozy.
Ségolène Royal - Interview sur la contribution
Vidéo envoyée par sandrinegarnaud
Ce délitement du lien social et de l'"indivisibilité de la République" apparut crûment fin février 2009, lorsque, gravement fragilisés par la crise, la vie chère et une économie néo-coloniale monopolistique, les Français ultra-marins en grève ou manifestants furent abandonnés par l'Etat.
Aucun ministre, si ce n'est un secrétaire d'Etat démenti par l'Elysée et rappelé à Paris aussitôt débarqué, évidemment pas même le président de la République, pourtant "garant de l'unité nationale" ou encore le Premier ministre ne firent le déplacement en Guadeloupe, où les tensions sociales étaient telles qu'il y avait eu mort d'homme.
Et lorsque la socialiste Ségolène Royal décida de s'y rendre et d'écouter les revendications locales, ravivant à sa façon l'indivisibilité de la République, alors que l'Etat semblait lâcher les départements d'Outre-mer, Nicolas Sarkozy n'eut qu'un mot de mépris pour elle !
UN PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE CHEF DE PARTI ET UN PARTI CHEF DE LA FRANCE
"On a souvent noté aussi que les rapports entre les deux sources d'autorités, Etat et parti, sont ceux d'une autorité apparente et d'une autorité réelle, de sorte que l'appareil gouvernemental est généralement décrit comme la façade dénuée de tout pouvoir qui dissimule et protège le pouvoir réel exercé par le parti."
Un des plus éminents thuriféraires du sarkozysme, l'ancien conseiller de François Mitterrand, Max Gallo, a déclaré, sans langue de bois, que le Président était devenu un chef de parti - et qu'il fallait s'en satisfaire - , alors que toutes les républiques précédentes, et la nôtre, avaient entériné le fait que le président de la République se devait d'être "au-dessus des partis", garant de ce que l'on nomme l'"Etat impartial", le Premier ministre étant jusque là lui le chef de la majorité élue au Parlement....
Or, sans que personne ne sourcille, Nicolas Sarkozy a quitté la présidence de son parti, crée par Jacques Chirac ets a, immédiatement, supprimé la présidence de ce parti.
En vérité, l'instauration d'une "direction collégiale" du 1er parti de droite ne signifie rien d'autre que ce fait grave : le président de la République demeure le chef de l'UMP, de son parti et ne sera plus jamais le Président de tous les Français comme l'avaient été le général de Gaulle, Georges Pompidou, plus encore Valéry Giscard d'Estaing - privé de majorité à l'Assemblée - ou encore François Mitterrand et Jacques Chirac, lesquels demeurèrent "président de la France" même avec une Assemblée et un gouvernement d'opposition...
SARKOZY Quitte la Présidence de l'UMP-2
Vidéo envoyée par Canal-Historique-06
Aussi choquante fut la précipitation médiacratique avec laquelle Nicolas Sarkozy décida début 2008 de mener la campagne locale des élections municipales, au nom de son parti, l'UMP, volant le statut de chef de la majorité à son Premier ministre, sortant de son rôle de Président de tous les Français.
Son opposante à la présidentielle, la socialiste Ségolène Royal, décida donc de le prendre au mot, et de s'opposer de front et victorieusement, à sa personne, faisant campagne auprès de tous les candidats de gauche aux municipales... La nullité du bilan présidentiel après seulement quelques mois, la mise au jour par Mme Royal de ses mensonges de campagne, signèrent l'échec de la droite aux municipales de 2008.
En vérité, il n'était pas du ressort de Nicolas Sarkozy de mener médiatiquement et politiquement une telle élection. Le Président aurait dû rester "impartial", au nom de l'intérêt commun des ressortissants de la République française. Son échec fut cinglant...
JT France 2 - 12 janvier 2008
Vidéo envoyée par segolene-royal
"Monsieur-Nicolas Sarkozy-sans-gêne", s'asseyant toujours confortablement sur le livre de la Constitution, recevait en grande pompe, devant "son" parti un ancien chef d'Etat étranger, à savoir M. Tony Blair. Il ne le recevait pas au palais de l'Elysée, en tant que Président, mais bien en tant que leader du parti majoritaire de droite, en campagne pour les élections municipales !
L'incapacité de Nicolas Sarkozy à incarner la France, en son entier, comme à endosser l'habit présidentiel de l'impartialité sont donc claires, nettes, cyniquement assumées, dans un climat d'inculture juridique encouragée...
Le primat du "parti" sur le pays, propre aux régimes idéologiquement, si ce n'est politiquement, totalitaires, s'affichait alors ostensiblement...
L'autorité apparente de l'Etat était relayée par des médias et des journalistes politiques au mieux incultes, au pire complices, mais l'autorité réelle du parti de la nouvelle droite sur la France s'affirmait encore et toujours.
Cette volonté de lier la présidence de la République à un parti politique - l'UMP - majoritaire est même flagrante dans la stratégie communicationnelle de Nicolas Sarkozy.
Si l'on compare le site Internet du candidat de la droite à la fonction suprême avec le nouveau site de la présidence de la République, redessiné pour Nicolas Sarkozy, cette affinité est claire.
Coloris "bleu-droite", omniprésence du portrait de Nicolas Sarkozy, vidéos en ligne déclenchées automatiquement etc. : en fait le site du candidat du parti n'a pas changé lorsque celui-ci est devenu président de la République...
A contrario, le site de Jacques Chirac -un temps conservé par son successeur - était d'une neutralité partitique symbolisée d'abord par un fond blanc et le primat des symboles unitaires de la République et de l'Union européenne.
Celui de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine fait clairement penser qu'un seul parti est au pouvoir, qu'un gouvernement issu de ce parti mais accueillant des "personnalités de gauche" gouverne la France et, qu'ipso facto, n'existe plus en France qu'une seule mouvance politique, à l'abri de toute opposition...
Un parti unique réel et une pluralité de partis de façade?
La pratique partiale de la présidence Sarkozy vient confirmer ces analyses de type communicationnelles, nous l'avons vu...
UN GOUVERNEMENT DE FACADE
"Mieux connu à l'étranger fut le sort du vieux ministère des Affaires étrangères allemand de la Wilhelmstrasse. Les nazis épargnèrent presque tout son personnel et ne le supprimèrent évidemment jamais, malgré le maintien simultané du bureau des Affaires étrangères du parti qui datait d'avant la prise du pouvoir."
"Pour les nazis, le dédoublement des services était une question de principe et non un simple expédient pour fournir des emplois aux membres du parti."
"La seule règle sûre, dans un Etat totalitaire, est que plus les organes de gouvernement sont visibles, moins le pouvoir dont ils sont investis est grand; que moins est connue l'existence d'une institution, plus celle-ci finira par s'avérer puissante."
La compostion d'un gouvernement, qui se devait, sous l'autorité du Premier ministre, de conduire la politique de la nation, était très attendue après l'élection de Nicolas Sarkozy.
Personne ne fut déçu, en tout cas, pas selon les sondages d'opinion. Des hommes et des femmes, notamment issus de la diversité, à savoir d'origine extra-européenne, se voyaient promus aux plus hautes fonctions, et ce, sans considération pour leur curriculum vitae. Ainsi de Rachida Dati nommée Garde des Sceaux. Quelques grincements de voix perlèrent malgré tout, à droite notamment.
En effet, ce gouvernement aurait caché la promotion de personnalités médiatiques, à valeur télégénique ajoutée, mais dépourvues et de compétences et donc de pouvoir. Le tout résidant au palais de l'Elysée...
Mais surtout, l'ouverture-imposture menée par Nicolas Sarkozy, à savoir l'appel à des personnalités médiatiques de gauche, dont certaines, tel Bernard Kouchner, avaient fait campagne contre lui et pour la victoire de la socialiste Ségolène Royal, n'allait en rien déboucher sur une "politique d'ouverture". Mais sur l'intégration au sein même d'un gouvernement non solidaire de personnes dénuées de pouvoir et acculées à appliquer un programme politique de droite dure...
L'opposition, à savoir principalement, les socialistes et la gauche, étaient virtuellement, fictivement aux côtés du Président : Fadela Amara, issue de la gauche féministe et laïque, pestant inutilement sur les plateaux de télévision contre l'imposition de tests ADN aux immigrés légaux :
LA POLEMIQUE DE FADELA AMARA.
Vidéo envoyée par jamservant1
Rama Yade, qui choisit, non pas une option idéologique mais le futur gagnant des élections au vu des sondages - pour défendre la "cause des Noirs" -, déclamant sur les ondes son opposition à la venue en grande pompe du dictateur libyen Kadhafi :
Rama Yade
Vidéo envoyée par sarkonnexion
ou encore Bernard Kouchner, avouant piteusement son malaise relatif à cette venue : toutes ces personnes manifestèrent une désapprobation dans les médias mais demeurèrent solidaires du gouvernement et du Président et ne démissionnèrent pas. Comme l'écrivait Arendt, dans ce régime, plus les ministres sont "visibles", moins ils ont de pouvoir par rapport aux "autorités secrètes".
Kadhafi jusqu'à la lie
Vidéo envoyée par RollingPat
Faisant croire aux citoyens que toutes les sensibilités étaient incluses, totalement, par le nouveau Président, alors que leurs pleurnicheries médiatiques n'avaient aucun, mais absolument aucun effet politique.
Le malaise le plus palpable fut révélé par la chaîne France 24. Bernard Kouchner y était invité et le reportage le présentant mentionnait le peu de pouvoir qu'il détenait pour conduire les Affaires étrangères de la France face au conseiller de Nicolas Sarkozy : Jean-David Lévitte. La colère noire du ministre, puis la "démission" obtenue par lui du journaliste l'ayant offensé, témoignent amplement de ce fait : le gouvernement n'est que de façade.
Bernard kouchner enerver sur France 24
Vidéo envoyée par hakan67100
En vérité, les décisions se prennent ailleurs, loin de la responsabilité qu'un gouvernement doit assumer, au risque d'être renversé, devant le Parlement : à savoir chez les conseillers de l'Elysée... Et pas seulement s'agissant du ministère hautement sensible des Affaires étrangères.
Le projet de création d'un conseil national de la Sécurité au sein même du palais présidentiel est à cet égard époustouflant ! Les ministres des Affaires étrangères, de la Défense ou encore de l'Intérieur, se voyant dépouillés de leurs prérogatives par un "conseil" politiquement irresponsable et hors d'atteinte du Parlement, donc du peuple...
Dans le même sens, les décisions du Président de la République sont assénées telles des oukases, sans même que les ministres concernés, n'en aient été informé : ainsi de la suppression de la publicité sur la télévision publique, que la ministre de la Culture et de la Communication apprit comme tous les Français le 8 janvier 2008, lors d'une conférence de presse élyséenne !
D'où également ces déplacements inopportuns et houleux de Nicolas Sarkozy, par exemple en Bretagneauprès des pêcheurs, en lieu et place de son ministre de l'Agriculture et de la Pêche !
Sarkozy prêt à se battre contre un pêcheur
Vidéo envoyée par allcurious
D'où encore les couacs à répétition dans la gestion gouvernementale des affaires courantes du pays, les démentis des ministres par l'Elysée - Président ou conseillers, par Matignon ou par d'autres ministres en fait non solidaires des autres, contrairement à ce que stipule la Constitution...
Couacs et cacophonie à droite
Vidéo envoyée par Rive-gauche
En fait, il n'y a plus de gouvernement responsable en France... D'où la difficulté pour l'opposition de faire son travail, seule l'ex-candidate socialiste à la présidentielle pouvant légitimement s'attaquer frontalement au Président élu... S'opposer à des ministres sans pouvoir étant chose malaisée !
UNE OPPOSITION SANS OBJET ET UN PARLEMENT ECRABOUILLE
"La continuelle concurrence entre les services, dont non seulement les fonctions se chevauchent, mais dont les tâches sont identiques, ne laisse à l'opposition ou au sabotage pratiquement aucune chance de se traduire en actes."
Le mépris du Parlement et de la démocratie sont intrinsèques au sarkozysme, le Président lui-même n'aurait jamais goûté les débats parlementaires.
La croyance dans "l'homme fort", soulignée par la conseillère élyséenne Emmanuelle Mignon, est de mise et est mise en application, faisant appel, en période de crise, à de vieilles traditions autoritaires hexagonales...
Le problème étant évidemment que la gauche, vaincue lors de la présidentielle de 2007, et prompte à dézinguer sa candidate, pourtant combative et médiatico-compatible, n'a que le Parlement, faute de leader incontesté, pour s'exprimer...
La volonté de maintenir un Parlement "de façade", au sein duquel prévalent, depuis la fondation gaullienne de la Ve République, les textes préparés par le gouvernement et aujourd'hui par les conseillers du "Chef", est aujourd'hui presque ridicule.
En effet, le lieu d'expression traditionnel de l'opposition, à défaut des médias, est aujourd'hui en passe de devenir la chambre du parti présidentiel : l'UMP. En effet, la volonté de priver l'opposition du droit d'amendement, permettant le débat politique, signifie son abaissement le plus cruel...
D'où la redécouverte récente par les députés socialistes des vertus républicaines de La Marseillaise...
1 Crise politique Article 13
Vidéo envoyée par GroupeSRC
LA REPUBLIQUE PRIVATISEE DES CONSEILLERS
"La cohérente et perpétuelle division entre l'autorité secrète réelle et la prétendue représentation publique faisait du siège effectif du pouvoir par définition un mystère, et ce à un tel degré que même les membres de la clique dirigeante ne pouvaient jamais savoir avec une absolue certitude quelle était leur propre position dans la hiérarchie secrète du pouvoir."
"Le pouvoir réel est commence où le secret commence."
"Un conseiller n'existe pas. On ne doit jamais pouvoir lier une idée à un conseiller. Ou cette idée est prise en
compte par la personne qu'il conseille ou elle n'est pas prise en compte et elle n'existe pas".
Telle est la déclaration, faite en pleine "sarkozie" de la conseillère spéciale de Georges Pompidou avant d'être, avec Pierre Juillet, la mentor de Jacques Chirac.
Pour cette juriste de formation, qui aimait le pouvoir, mais selon Jean-Pierre Soisson, dans l'ombre, un conseiller n'avait aucune légitimité démocratique. Non élu, nommé, irresponsable par essence, le conseiller a pour adage : "hors de question d'avoir le moindre contact avec la presse"....
La responsabilité politique, avec les risques encourus, relève normalement des femmes et des hommes politiques mandatés par le peuple et, en premier lieu, du président de la République, du gouvernement et des ministres...
Or, Nicolas Sarkozy a changé les règles en privatisant la république et en donnant une légitimité médiacratique et, dans notre société de masse de consom-munication, politique, à ses amis conseillers.
L'exemple le plus scandaleux de cette privatisation apparut dès le début du mandat de Nicolas Sarkozy avec le nauséabond discours néo-colonial de Dakar.
Discours raciste de sarko à dakar - 26 juillet 2007
Vidéo envoyée par henneji
Ce discours insultant comme jamais les Africains, le Président le prononça au nom de la France et le signa de sa signature présidentielle.
Pourtant, une fois le scandale déclenché, il refusa d'en assumer la responsabilité politique - qui l'aurait conduit à prononcer des excuses officielles.
Il fit tout pour que l'on rendît responsable le conseiller qui avait rédigé cette diatribe anti-africaine : M. Henri Guaino.
Ce qui lui permit d'échapper à la polémique.
Ainsi, lorsque le très moralisateur "philosophe", Bernard-Henri Lévy fustigea le discours "raciste" de Dakar, il exonéra la responsabilité présidentielle pour mieux accuser Henri Guaino de "racisme", et préserver Nicolas Sarkozy de tout soupçon...
Dès lors, en terre étrangère comme en France, le Président devenait politiquement irresponsable, pouvant dire tout et n'importe quoi... Grave dérive antirépublicaine.
BHL traite Guaino de raciste !
Vidéo envoyée par Ben-Yehuda







































































































