03 décembre 2007
REPONSE AU "TIME MAGAZINE" ET A DONALD MORRISON: NON! LA CULTURE FRANCAISE N'EST PAS MORTE
Le magazine hebdomadaire états-unien, le Time Magazine, fait sa Une cette semaine, en Europe, avec ce titre: "La mort de la culture française".
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L'auteur de la charge, Donald Morrison commence par une sentence étrange, affirmant que la France, "le pays de Proust, Monet, Piaf et Truffaut a perdu son statut de superpuissance culturelle", comme si puissance et culture étaient intrinsèquement liées? Ce lien qui justifie tout le reste de l'article reflète pourtant bien la méconnaissance de ce qu'est la culture, liée à l'amour du monde et non à la volonté de dominer la planète. Parler d'une culture en termes de "superpuissance" est inepte mais assez inquiétant de la part d'un "penseur". Cela témoigne d'une grave faillite intellectuelle et d'un envahissement du vocabulaire géopolitico-militaire dans l'esprit de nombreux états-uniens et occidentaux... D'autre part, si la langue française, pour des raisons historiques n'ayant rien à voir avec sa "qualité" recule, il est faux de dire que la culture française est morte. Même aux Etats-Unis, nous essaierons de le montrer, elle est omniprésente, au niveau de la culture dite "populaire" ou "de masse", au plan universitaire et philosophique et, enfin, dans le champ politique.
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"Le peuple qui a les meilleures écoles
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est le premier peuple, s'il ne l'est
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pas aujourd'hui, il le sera demain".
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Credo de l'école laîque, gratuite et obligatoire de Jules Ferry.
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L'UNIVERSEL CULTUREL FRANCAIS CONTRE L'UNIFORMISATION ETATS-UNIENNE : LA CULTURE COMME AMOUR DU MONDE OU COMME ARME DE DOMINATION DU MONDE ?
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M. Donald Morrison explique donc "la mort de la culture française" par le fait que la France aurait perdu son statut de "superpuissance culturelle".
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Une telle corrélation suppose une définition quasi guerrière de la "culture", courante aux Etats-Unis d'Amérique, où l'on considère la diffusion des symboles et du "mode de vie nord américain" comme une partie d'explication de leur hégémonie mondiale.
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C'est ce que l'on appelle la "soft power", qui permet, en sus des moyens militaires,
économiques et financiers, d'imposer une domination planétaire unilatérale.
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Via le cinéma, la musique, les romans médiocres d'un Stephen King ou d'une Mary Higgins Clark, le show-business, les fast-foods, le monopole sur la littérature manageriale et le vocabulaire technologique - web, e-mail, play, record etc. -, les dessins animés formatant l'imaginaire des enfants, les jeux vidéos, les séries télévisées, fidélisant les adultes du monde entier - sur le modèle du patato coach - : par tous ces biais on impose des visions du monde et des modèles de société en même temps qu'on divertit ou qu'on abrutit les masses.
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Disneyworld, culture ou divertissement?
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Comme les Etats-Unis sont un pays à échelle continentale, comme ils prétendent être les leaders de l'aire géopolitique occidentale, comme l'anglais, leur langue, est devenu la langue hégémonique, la quantité de la production économico-marchande et, en l'occurence, dite "culturelle", est évidemment impossible à concurrencer à l'échelle d'un petit pays comme la France.
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Mais le problème de Donald Morrison, peut-être lié à sa propre inculture, c'est qu'avec une telle perspective, il confond "culture" et commerce, marchandises "culturelles", "produits culturels", way of life - "mode de vie" allant de l'alimentation à l'idéal de la maison, de la voiture et de la machine à laver à sèche-linge intégré - avec la culture.
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Le divertissement au service du chauvinisme états-unien... Est-cela la "culture"?
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Son âge et l'époque historique dont il a été le témoin, à savoir la Guerre froide, qui s'était jouée aussi sur un conflit des modèles de société états-unien et soviétique, expliquent peut-être mieux cette définition d'une pauvreté affligeante de la "culture" comme arme de puissance commerciale, business voire militaire...
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L'Europe, définitivement déclassée par les deux guerres mondiales et la perte de ses empires coloniaux, prise en tenailles durant cette Guerre froide entre les Etats-Unis d'Amérique et l'U.R.S.S., a commencé à s'"américaniser" massivement avec le plan Marshall, quand la valorisation du way of life nord-américain était la condition de la reconstruction des économies européennes.
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Le plan Marshall, une aide économique conditionnée à la glorification du mode de vie états-unien
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Le fameux accord Blum-Byrnes, signé le 28 mai 1946 par Léon Blum et Jean Monnet,
annulait 2 milliards de dollars de la dette française vis-à-vis des Etats-Unis. Mais les prêts consentis par l'administration Truman seront assortis d'une condition "culturelle" décisive dans le déclin ultérieur du cinéma français et, au-delà, européen : à savoir l'obligation d'ouverture de toutes les salles de cinéma aux films états-uniens, afin de diffuser massivement l'american way of life, au profit de Hollywood.
Le western avec son chauvinisme tout particulier fera sa grande entrée dans l'inconscient euroépen. Les cow-boys seront adulés et les Indiens d'Amérique se verront attribués pour longtemps le rôle des "méchants" et des "barbares"..
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Plus tard viendra le tour de Rambo, dans des films d'une violence et d'une vulgarité inégalées, dont le message subliminal sera évidemment antisoviétique. Belle référence "culturelle" pour la jeunesse du monde entier! Anti-éducative par excellence, véhiculant les anti-valeurs du droit du plus fort, du struggle for life, de la légitimité du meurtre etc., mais aisément exportables puisqu'elles se fondent sur les instincs les plus bestiaux de l'être humain - que la civilisation, dixit Freud ou Elias notamment, avait tenté de tempérer.
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Hollywood, capitale mondiale de la "culture" ou du divertissement, de l'entairtenment?
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UNE DEFINITION APPAUVRIE ET MARCHANDE DE LA "CULTURE" CONTRE UNE CULTURE COMMUNE-DOMAINE DE LA "CHOSE PUBLIQUE"
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Ignorant toute cette histoire et tout ce long processus de "lavage des cerveaux", sous couvert de "production culturelle", M. Morrison participe allègrement de la dépréciation de la définition du concept de culture, dénoncée en son
temps par le philosophe états-unien Léo Strauss.
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Dans Nihilisme et politique, ce dernier s’offusquait de ce que, "en vertu d’un changement qui a eu lieu au XIXe siècle, il devint possible de parler de culture au pluriel (les cultures)". Mettant en cause "des anthropologues comme Ruth Benedict", il dénonçait le fait que, "en anthropologie et dans certaines parties de la sociologie, le mot “culture” est toujours, bien entendu, employé au pluriel, et de telle manière que vous avez une culture des banlieues, une culture des bandes de jeunes, non délinquants et même délinquants". Ce galvaudage de la notion de “culture” touchait jusqu'à la philosophie. Avec une pointe d'humour il avait eu cette formule célèbre:
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"Quelqu'un peut aujourd'hui facilement dire que sa philosophie consiste à prendre deux oeufs durs au petit déjeuner".
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M. Morrison partagerait-il donc cette conviction selon laquelle la qualité de la "culture" anglo-saxonne se mesure au nombre de CD de musique rap américaine achetés, au nombre de hamburgers et de hot-dogs consommés au petit déjeuner en Europe, en France et à travers le monde? Bravo. C'est là la plus belle illustration de la déperdition de la culture, confondue avec la consommation de masse. Fi de Shakespeare...
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Un autre penseur états-unien, Hannah Arendt, dans La crise de la culture, nous offre elle heureusement une autre conception de la "culture", certainement plus proche de la culture républicaine française, aux antipodes de la guerre économique qui s'arme des "produits culturels".
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Elle jugeait ainsi que la société de masse du XXe siècle "ne veut pas la culture, mais les loisirs (entertainment)", rappelant que "les articles offerts par l’industrie des loisirs sont bel et bien consommés par la société comme tous les autres objets de consommation [servant] le processus vital de la société", lui étant utiles, correspondant à “ses” besoins.
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A rebours de cette conception marchande de la "culture", le lien condamné par Donald Morrison entre l'Etat républicain français et la culture, permet de préserver celle-ci.
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Issue de l'Antiquité romaine, ignorée par la société de consommation, cette conception impliquait pour Arendt que "nous comprenons par culture l’attitude, ou mieux, le mode de relation prescrit par les civilisations avec les moins utiles, les plus mondaines (worldly) des choses : les œuvres des artistes, poètes, musiciens, philosophes etc." C'est-à-dire un rapport non marchand, désintéressé, à but non lucratif et visant non pas à abaisser mais à élever l'esprit des hommes pour qu'ils puissent partager un monde commun.
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Une maison de la jeunesse et de la culture "pour tous", comme tant d'autres en France, ou la volonté de promouvoir et de partager l'accès du plus grand nombre à la culture
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"La culture, mot et concept, est d’origine romaine, estimait Hannah Arendt. " Le mot “culture” dérive de colere – cultiver, demeurer, prendre soin, entretenir, préserver - et renvoie primitivement au commerce de l’homme avec la nature, au sens de culture et d’entretien de la nature en vue de la rendre propre à l’habitation humaine. En tant que tel, il indique une attitude de tendre souci".
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Le succès planétaire des grands architectes français contemporains témoigne de la continuité de cette approche de la culture. Christian de Portzamparc ou Jean Nouvel président à des projets architecturaux de toute beauté aux quatre coins du monde.
De l'agri-culture à la culture, le doux entretien de la nature en vue de bâtir un monde commun, ici le jardin à la française du château de La Motte-Tilly, monument historique légué à l'Etat par sa dernière propriétaire, à la stricte condition de son ouverture au public. Dont les visites n'égalent évidemment pas celles du château de la Belle au bois dormant de Disneyland, ouvert à tous ceux qui sont prêts à payer l'entrée pour se divertir, payer à nouveau à l'intérieur, manger des bonbons et des pop-corns... Le tout au profit économique du groupe Disney.
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Mais M. Morrison est-il seulement capable de comprendre la culture hors des rapports économiques de puissance et de compétition? Manifestement non. Il nous assène sentencieusement cette banalité selon laquelle la culture française ne pourrait plus s'exporter parce qu'elle serait trop dirigiste et subventionnée, c'est-à-dire, préservée du marché global en tant que partie intégrante de la "chose publique", de la République, patrimoine commun.
Façade du ministère de la Culture à Paris, conspué ou adoré, il est censé incarner le caractère public de la Culture, dont l'ouverture du Musée du Louvre lors de la Révolution française est l'un des jalons essentiels. Un ministère que le candidat Sarkozy avait songé un temps à supprimer !
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Sait-il que le cinéma français a été sauvé en partie grâce à un système subtil de subventions, assumé en partie par la télévision et non par le seul Etat? Sait-il que des systèmes de financement européens permettent à des films du monde entier d'être visionnés par nous, petits occidentaux privilégiés et autres Français, selon M. Morrison, "nombrilistes"? Comprend-il que ces soutiens permettent à un cinéma malmené dans des pays islamistes ou en guerre de survivre et à leurs peuples de résister aux dictatures qui les écrasent? Comprend-il l'enjeu civilisationnel de la diversité des cultures dans un monde que la politique états-unienne des récentes années a considérablement destabilisé? Certainement non.
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Catherine Deneuve avec Martin Scorsese, lors du festival international du film à Marakech, au Maroc
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LES CULTURES COMME AMOURS SINGULIERS ET OUVERTURES SUR LE MONDE CONTRE LA PROMOTION SUR LE MARCHE GLOBALISE DE "L'ANIMAL HUMAIN" UNIVERSEL
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Il est presque risible de lire que le problème de la politique culturelle en France serait son "nombrilisme", sa fermeture aux "non-blancs" et que son avenir résiderait dans le "métissage". M. Morrison méconnaît-il les départements égyptien, mésopotamien ou des arts africains du Musée du Louvre, l'Institut du monde arabe ou encore le musée du quai Branly? S'est-il renseigné sur le projet de construction d'une antenne du musée du Louvre dans les Emirats arabes?
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Ou parle-t-il des quotas de présence des "minorités raciales" - selon le jargon états-unien- dans les séries télévisées franaçaises? Ce n'est pas la même chose. Quelle leçon croit-il nous délivrer?
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Le musée du quai Branly, symbole de l'ouverture, dans le cadre de la République française, aux cultures extra-européennes et à la réalité factuelle de la diversité des cultures dans le monde, aux antipodes de l'uniformisation "techno-civilisationnelle" à la sauce états-unienne
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Le propos de Donald Morrison n'est donc pas à la hauteur de l'ambition affichée par le titre: "la mort de la culture française". La nullité de son approche du concept même de culture entâche tout le reste de sa pseudo démonstration. L'universalité de l'American way of life repose d'abord sur une définition minimale et uniforme de l'homme comme consommateur, de telle ou telle race, professant une foi et une religiosité naïve à visée thérapeutique, sur la diffusion de millions d'images, de sons et de signes encourageant les instincts les plus primaires de l'animal humain: la violence, le sexe, le sentimentalisme ; le tout au service du triptyque cyclique de la société de consommation de masse : travaillez-consommez-divertissez-vous pour recommencer à nouveau.
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La "santé" d'une culture ne se mesure pas à l'aune des profits dégagés par ses "produits marchands" dérivés, ni par son exportabilité. Il s'agit d'abord d'un phénomène qualitatif et non quantitatif, reposant sur l'amour du monde et la volonté de "vivre ensemble" propres à chaque communauté humaine. La langue en est d'ailleurs la condition première. Penser que la culture française devrait suivre le "modèle états-unien" pour se vendre mieux, ce serait là véritablement décréter sa mort. C'est pourquoi ce sont des partenariats public-privé qui sont privilégiés en France et non pas une simple privatisation ou une indexation aux demandes instinctuelles du marché de la consommation.
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Quand la vulgarité et la bêtise envahissent Hollywood....
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On pourrait ajouter que décréter la mort d'une culture évoque malheureusement ce propos nazi bien connu: "quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver"... Précepte que Donald Morrison applique sans vergogne à la culture, française bien entendu.
LA SCENE MUSCICALE ET ARTITISTIQUE FRANCAISE A REVOLUTIONNE LA CULTURE DE MASSE AUX ETATS-UNIS ET DANS LE MONDE ENTIER
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Mais si malgré tout l'on (dé)raisonne comme M. Morrison, si l'on doit confondre culture et show business, on se rend compte du fait que ce journaliste ignore tout de la vitalité de la scène muscicale française, au niveau planétaire. Tout en jugeant que la "culture" française ne s'exporte plus, il déclare naïvement que ses secteurs les plus "vibrants" sont aujourd'hui le hip-hop et le rap... Secteur certes très rentable et parfois de qualité, mais qui, par définition, ne s'exportera jamais aux Etats-Unis et ce, pour deux raisons. Musicalement parlant, le rap français n'apporte rien de neuf et n'est bien souvent qu'un décalque du rap états-unien. S'agissant des paroles, même lorsqu'elles relèvent à la poésie - ce qui est de moins en moins le cas -, le fait qu'elles soient en français limite évidemment leur champ d'exportation aux pays francophones. Des pays comme les Etats-Unis d'Amérique, mises à part leurs élites, demeurent fermés aux langues étrangères qui ne se parlent pas dans leur pays - ainsi l'espagnol est-il couramment parlé du fait de la présence massive des latinos et non d'une soudaine affection pour la culture hispanique, pour Cervantès, Borges ou Goya.
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Musicalement parlant, c'est la french touch qui fait vibrer les boîtes de nuit du monde entier. Fille
enntre autres de Jean-Michel Jarre, elle est composée de DJ créatifs et novateurs qui ont diffusé la musique électronique via la dance, la techno ou encore la house. Laurent Garnier, Stéphane Pompougnac, Bob Sinclair, Martin Solveig, un groupe comme Daft Punk ont chamboulé le monde de la musique. Et imposé de nouveaux sons, de nouveaux métissages, de nouvelles techniques, mêlant instruments électroniques, acoutisques et vocalises. Faisant le lien entre musique purement électronique et mélodies chantées. Mais M. Morrison n'est peut-être pas qualifié pour parler de choses qu'il ne connaît pas. Peut-être ne fréquente-t-il plus les boîtes de nuit.
Bob Sinclair et David Guetta, DJ mondialement connus, exprimant une sensibilité française plus que vivante, triomphante!
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Allons plus loin encore en nous fourvoyant dans l'approche matérialiste de M. Morrison. Cette femme états-unienne que l'on appelle la "reine de la pop", qui a vendu le plus de disques au monde, qui squatte le livre des records et les hits-parades depuis maintenenant 25 ans, à savoir Madonna ; cette femme a bâti son plan de carrière à l'échelle mondiale en faisant constamment appel à la création européenne et française. Symbole par excellence de la self-made-woman, artiste mais redoutable femme d'affaires, elle ne s'est pourtant pas "faite" toute seule!
Jean-Paul Gaultier et Christian Lacroix, deux grands couturiers français fétiches de Madonna
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C'est habillée par Jean-Paul Gaultier qu'elle révolutionne en 1990 le concert pop-rock en y introduisant la haute-couture, les ballets de danse et la comédie musicale. Prenant déjà de cours ses concurrents états-uniens, notamment Michael Jackson. En 2004, c'est le couturier Christian Lacroix qui la pare de costumes splendides pour une nouvelle tournée mondiale triomphante. Les critiques, même aux Etats-Unis, saluent la qualité artistique de ses shows, la rentabilité est à chaque fois au rendez-vous.
La chanteuse états-unienne Madonna, habillée par Jean-Paul Gaultier en 1990 et par Christian Lacroix en 2004, lors de deux de ses nombreuses tournées mondiales, alliant haute-couture, ballets néo-versaillais et concert pop-rock...
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Ayant fondé une grande partie de son succès sur son image, Madonna a constamment fait appel à des photographes français comme Jean-Baptiste Mondino ou Patrick Demarchelier.
Jean-Baptiste Mondino, photographe et réalisateur de clips vidéos et Patrick Demarchelier, portraitiste de la star
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Le premier a donné dès 1987 à ses clips vidéo une dimension véritablement cinématographique. Son clip Justify my love, fut tourné en noir et blanc, en 1990, dans un palace parisien. Au-delà de son caractère scandaleux pour les puritains états-uniens, il atteint une qualité esthétique rarement égalée dans le monde de la musique pop.
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Su un plan musical, on peut même penser que la star aurait pu se ringardiser ou disparaître de l'avant-garde si elle n'avait fait appel, en 2000, à Mirwais, producteur français révolutionnaire, audacieux, mêlant sons acoustiques et électros, mis au service d'une voix saisie de manière originale. Le succès fut encore une fois mondial.
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Il est d'ailleurs intéressant de noter que le philosophe français Jean Baudrillard, a dirigé un essai collectif consacré à cette même Madonna! Ceci nous mène directement au champ de la philosophie et des sciences humaines états-uniennes postmodernes, largement dominantes au niveau planétaire et filles pour partie de la pensée française contemporaine.
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CE QUE LA "PENSEE" POSTMODERNE ETATS-UNIENNE DOMINANTE DOIT A LA PHILOSOPHIE FRANCAISE
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La French theory, qui désigne un ensemble de penseurs français de référence, caution théorique pour la "philosophie" et les sciences humaines postmodernes états-uniennes
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Donald Morrison ne s'en rend peut-être pas compte, mais quand il parle de "métissage" de la
culture, il rend en quelque sorte hommage à l'oeuvre de Claude Lévi-Strauss, qui, dès 1952, dans Race et histoire, posait les fondements de la diversité culturelle. En outre, la pensée postmoderne états-unienne a découvert dans ce qu'elle appelle la French theory ses "lettres de noblesse". Ainsi en est-il des subaltern studies, des cultural studies, des gender studies, du postféminisme, toutes théories qui ont vu en Simone de Beauvoir, Franz Fanon, Jacques Derrida, Michel Foucault, Emmanuel Lévinas, Jean-François Lyotard et d'autres des cautions philosophiques enfin consistantes.
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Pour le meilleur et pour le pire d'ailleurs... C'est là qu'ils trouvèrent les justifications théoriques de leur volonté de déconstruire les concepts d'"universalité" et d'Etat, pour mieux enterrer Karl Marx et la pensée sociale. Pour mettre l'accent sur le multiculturalisme, les communautés particulières, sur l'"identité", sur les "minorités", sur les "cultures raciales" etc.
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Mais M. Morrison ne semble pas connaître l'histoire de sa propre culture philosophique anglo-saxonne - celle évoquée ci-haut et non pas l'ensemble de la pensée anglo-saxonne! - aujourd'hui exportable partout, car souvent vide de tout contenu ou fondée sur des concepts pauvres mais formulés en termes mathématiques. Il ne veut certainement pas reconnaître la dette de celle-ci envers la pensée française, admise pourtant par tous.
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La République face à ses minorités, essai de Esther Benbassa, archétypique de cette pensée française antirépublicaine qui se présente comme novatrice alors qu'elle n'est en fait qu'un pâle décalque de la pensée états-unienne sur les "minorités" appliqué au contexte français.... Avec ce désir secret d'adopter le modèle de société nord-américain, racialisé et communautarisé
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C'est là tout le paradoxe de la pensée antirépublicaine en France, effet boomerang du retour de la pensée postmoderne hexagonale revisitée par des universitaires états-uniens. Ces effets politiques sont d'ailleurs assez désastreux, ce qui nous mène à une dernière remarque à l'intention de M. Morrison, relative à la pertinence, déniée mais bien réelle, de la pensée républicaine face aux défis planétaires qui se profilent à l'horizon.
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LA CULTURE POLITIQUE ET REPUBLICAINE FRANCAISE PORTE UN PROJET D'AVENIR HONORABLE POUR LE MONDE CONTEMPORAIN
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S'agissant de la culture politique républicaine, dont la France n'a sûrement pas le monopole,
mais dont ses derniers dirigeants politiques se sentaient encore les héritiers, contrairement à M. Sarkozy, on se contentera ici simplement de donner quelques exemples de son actualité et de sa capacité à parer aux menaces d'aujourd'hui comme de demain. Et ce, dans le monde entier. L'erreur historique commise par George W. Bush, quand il déclencha la guerre en Irak, et la clairvoyance de la position française, qui s'y opposa, en sont la démonstration la plus récente et la plus claire. Mais évoquons aussi quelques concepts républicains que l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République française, fasciné par l'American way of life, devrait se mettre à défendre, au lieu de les détruire un à un:
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la laïcité, comme séparation des ordres "religieux" et politique, constitue à long terme la seule réponse politique à la montée en puissance des communautarismes ethno-religieux et de l'islamisme, lequel est l'exemple le plus parfait de la fusion entre "religion" et politique. Des pays comme Israël souffrent depuis des années de leurs extrémistes religieux comme de l'entrée en politique de rabbins ultranationalistes. Pensons aux colonies "juives" des territoires palestiniens ou à l'assassinat du premier ministre Rabin par un extrémiste juif. Le Royaume-Uni, après des années de "tolérance" vis-à-vis des islamistes, a connu des attentats sanglants sur son territoire. Il fait face aujourd'hui à des revendications telles de la part des chefs de la communauté musulmane que son modèle de société multi-"religieuse" est décrié par la population anglaise. La part jouée par le messianisme pseudo-religieux dans le déclenchement de la désastreuse guerre en Irak fait aujourd'hui question aux Etats-unis d'Amérique.
La "burka" médicale introduite dans l'hôpital en Grande-Bretagne, au nom du "respect" des patients musulmans....
l'Etat est à nouveau reconnu comme un acteur majeur des politiques sociales et de santé, les services publics sont réhabilités. La nomination du social-démocrate français Dominque Strauss-Khann à la tête du Fonds monétaire international (FMI) symbolise la prise de conscience des grandes institutions internationales de la nécessité d'en finir avec le dogme de "l'Etat faible", imposé aux pays en voie de développement. Les "réajustements structurels" ont en effet ruiné des pays déjà pauvres et les ont empêchés de se développer, notamment de bâtir des services publics d'instruction, avec tous les dégâts qui en ont découlé. Les premiers ministres britanniques qui ont succédé à Margaret Thatcher ont crée des centaines de milliers d'emplois et ont décidé d'investir des sommes considérables dans la reconstruction des systèmes éducatifs, hospitaliers comme dans le domaine de la sécurité. Aux Etats-Unis, le concept d'un système de santé solidaire trace son sillon, et Hillary Clinton, candidate à la Maison-Blanche y est sensible. Plus fondamentalement, la destruction de l'Etat belge à laquelle on assiste, avec tristesse et inquiétude, démontre que l'encouragement des "chauvinismes linguistico-ethniques" est terriblement néfaste.
La question de l'absence de couverture maladie universelle aux Etats-Unis d'Amérique, pays le plus "riche" du monde a inspiré le documentariste Michal Moore, mais aussi Hillary Clinton!
le droit, national ou international, est de retour pour pallier aux dérèglements de la globalization financière sauvage, pour éviter des catastrophes comme la guerre en Irak, déclenchée dans le mépris le plus complet de l'ONU et pour faire échec à la diplomatie sauvage comme au "choc des civilisations". Pour parer également, et l'enjeu est de taille, à la lente destruction de notre planète Terre.
L'ONU, le droit international, la diplomatie avant la guerre, un enjeu pour la paix dans le monde! Le dialogue des cultures également!
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Que se passe-t-il donc dans la tête de tels journalistes et de telles rédactions, comme celle du Time pour oser annoncer "la mort de la culture française"? Quel est l'intérêt d'une telle violence sémantique? Comment expliquer une telle pauvreté dans l'approche de leur sujet, une telle confusion entre culture et "way of life" ou "business"? La culture doit-elle être une arme de guerre et en quoi la France devrait-elle être la cible de prédilection d'un journaliste franc-tireur qui, manifestement, ne connaît pas son sujet?
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M. Morrison devrait savoir qu'en France, on parle de "rayonnement culturel" et non de "super-puissance culturelle", nuance qui relève en vérité du fossé qui sépare parfois encore le monde anglo-saxon du monde gréco-latin...
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Comment peut-on dénoncer le "nombrilisme" français et se féliciter du fait que les anglo-saxons se recroquevillent aujourd'hui sur la seule "culture" anglo-saxonne? Tout cela serait risible si la domination techno-communicationnelle états-unienne n'avait pas aussi de graves conséquences, tant au niveau français qu'au niveau mondial.
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On pourrait même être méchant en rappelant à de tels gens que les anglo-saxons ont longtemps été considérés comme les héritiers des "barbares", tandis que l'Europe continentale se voyait comme la fille de Rome et donc, ipso facto, de LA civilisation. Que la laideur de la société de masse de consommation, que le mauvais goût "culinaire" ou "vestimentaire" sont aussi les marques de fabrique -hamburgers, jogging et baskets- du monde anglo-saxon... Mais ce n'est pas l'état d'esprit des Français, qui contrairement au mythe, jamais démenti par M. Sarkozy, ne sont ni anti-américains ni anti-anglais.
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Mais le plus tragique réside peut-être dans ce fait que culture, Etat et peuple sont complètement déconnectés dans cette vision étriquée de la culture, considérée comme une marchandise ou une arme de guerre commerciale. Les chiffres de vente des romans français sont ainsi l'indcateur quantitatif retenu pour décréter la mort de toute une culture!
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La francophobie relayée par une partie des élites anglo-saxonnes est connue. Mais peut-être celle-ci s'amuse à cracher sur la France au détriment des peuples anglo-saxons eux-mêmes, qui sont certainement aussi sensibles que tous les autres à la beauté, à la contemplation de la beauté, au principe d'une culture partagée ou encore à certains concepts de la culture républicaine française et européenne comme celui de la Santé solidaire?
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Le point positif dans tout cela pourrait venir de ce que cette couverture proclamant la mort de la culture française devrait nous alerter sur la destruction, elle bien réelle, de notre langue, de notre culture et de nos principes républicains, menée par la présidence Sarkozy. Cet ancien maire de Neuilly-sur-Seine, grand ami de Bush s'autoproclamant "Sarko l'Américain"... Encore faudrait-il que les Français prennent conscience de ce mépris, co-partagé par M. Sarkozy et cette élite spécifique anglo-saxonne, pour notre héritage républicain. Mépris qui aura des conséquences culturelles, sociales et humaines désastreuses.
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Vous pouvez signer la pétition en ligne:
-Contre le protocole de Londres:
http://www.lapetition.be/sign_petition.php?petid=217
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Cliquez ici pour lire également:
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LE MYTHE DE L’ANTI-AMERICANISME FRANÇAIS REPRIS PAR SARKOZY ET OFFERT A GEORGE W. BUSH
QUAND LE GOUVERNEMENT NOMME PAR M. SARKOZY DECLARE LA GUERRE AU FRANÇAIS
LA DISPARITION DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE, UN ENJEU DE CIVILISATION
SARKOZY ET LA HONTE DE LA FRANCE; DE GAULLE ET L'ORGUEIL DE LA FRANCE
LA FRANCE "ARROGANTE" SELON SARKOZY, PUNIE PAR BUSH
M. SARKOZY... PRESIDENT D'UNE REPUBLIQUE QU'IL N'AIME PAS!
Commentaires
Elle survie !
Bonjour Ami-Citoyen,
Pationnant article.
Culture ou divertissement ? c'est vraiment la bonne question.
A lire et à relire.
Cordialement.
Eric Citoyen Mulhouse
Bravo pour votre démonstration. D'ailleurs, Le Figaro de ce matin (mardi 4 décembre 2007), va largement dans votre sens, dans une contre-enquête sur le déclin supposé de la culture française. Il site notamment le secrétaire perpétuel de l'Académie française, Maurice Druon qui affirme que Donald Morrison "a l'esprit complètement faux et confond, comme la plupart de son public, culture et divertissement".J'ajoute aussi l'avis de Joe Melillo, directeur artistique de la Brooklyn Academy of Music, selon qui "La France est un pays particulièrement fertile pour la création artistique où, grâce au soutient du gouvernement, les artistes peuvent aller au bout de leurs impulsions".
vous soulevez une douzaine de débats très intéressant mais qui n'ont rien à voir avec l'agonie de la culture Francaise. Culture au sens de culture vivante de création artistique de qualité qui a une influence à l'échelle mondiale. Le protectionnisme n'est qu'une façon d'encourager la médiocrité locale, ce qu'il faudrait c'est créer des oeuvres qui intéresseraient toute la planète.
Les artistes Francais sont très remontés contre la bureaucratie culturelle il suffit de voir un colloque comme celui de la semaine dernière.
http://www.artabsolument.com/index.php?page=debat3
mais c'est aussi un état d'esprit, il y a de très belles choses qui se font en France, seulement les Francais ne les reconnaissent pas tant que l'état ne les a pas validées. Les artistes aussi attendent beaucoup trop la reconnaissance de l'état plutôt que celle des amateurs, des collectionneurs. L'état ne peut pas tout faire disait Lionel Jospin mais il n'a pas été entendu.
Confusion
Joseph, avec qui je suis d'accord, dit l'essentiel, mais j'ajoute que ce billet n'est qu'une pure démonstration de xénophobie anti-américaine étayée sur de petit exemples qui Mais surtout, qq chose de plus grave encore : confondre la culture "au sens de culture vivante de création artistique de qualité" avec la culture, au sens anthropologique du terme, celle dont parlent Lévi-Strauss, par exemple.
Ce billet est truffé d'arguments d'autorités, mais comme il semble évident que la panoplie d'auteurs mis, ici, en avant n'ont jamais été lus, il en ressort que c'est la confusion totale qui domine dans l'esprit du rédacteur. Ce billet n'a donc aucun sens, sinon à révéler une franchouillardise blessée et hargneuse.
C'est triste...
Les insultes ou attaques personnelles sont malvenues
Je suis ouvert au débat mais les insultes personnelles du type de celle de "Scheiro" -"la panoplie d'auteurs mis, ici en avant, n'ont jamais été lus"- ne m'intéressent pas ou mieux m'amusent! Si mon blog vous rend triste, évitez-le, c'est très simple.
Bien cordialement, l'auteur de ce blog.
Petit citoyen...
Vous accusez Morrison d'être inculte : "M. Morrison ne semble pas connaître l'histoire de sa propre culture philosophique anglo-saxonne aujourd'hui exportable partout, car souvent vide de tout contenu, et fondé sur des concepts pauvres mais formulés en termes mathématiques", mais vous ne supportez pas qu'on mette en doute votre expertise... et vous n'hésitez pas à faire ce que vous pensez pouvoir reprocher à ce journaliste : "C'est pauvres américains sont cons ! sauf que Harendt, pour ne citer qu'elle, était américaine ! Et si on doit vous croire la culture anglo-saxonne n'a jamais produit de philosophes dignes de ce nom. Bon, je vois que vous ne craignez pas de vous ridiculiser.
Quant à accuser Morrison de faire du racisme - parce que c'est bien ce que dit implicitement ce post, sinon je ne verrais pas ce que vient faire Race et Histoire dans cette affaire - me semble plus que douteux. Mais, pousser les amalgames si loin, au point de mettre Morisson et les nazi sur un même plan : "On pourrait ajouter que décréter la mort d'une culture évoque malheureusement ce propos nazi bien connu: "quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver"... Précepte que Donald Morrison applique sans vergogne à la culture, française bien entendu.", me dit que qq chose ne tourne pas rond dans votre esprit, Citoyen...
Encore une fois, vous maniez l'insulte implicite et ensuite vous vous plaignez, parce que vos références culturelles, livresques sont mises en doute.... Demandez vous, une seconde, pourquoi çà ?
Bravo
Excellent ton blog, l'ami ;-)
Je te rends le compliment VA33!
C'est avec plaisir que je découvre ton blog où se mêlent actualités culturelles diverses et infos sérieuses insolites! Bravo sur le fond comme sur la forme!
Dernière explication puis adieu M. Scheiro!
Je vous le redis pour la dernière fois M. Scheiro, vos insultes ici sont malvenues. Je ne prétends à "aucune expertise" et accepte la critique, mais pas les injures, si vous comprenez la nuance. Il existe un principe qui s'appelle la liberté d'expression et un droit commun à tous d'avoir ses propres opinions. Je ne suis pas "raciste" et je ne prétends pas que M. Morrison le soit, au contraire. Je vous explique: quand je dis qu'"il rend en quelque sorte hommage à l'oeuvre de Claude Lévi-Strauss, qui, dès 1952, dans "Race et histoire", posait les fondements de la diversité culturelle", cela signifie précisément le contraire: M. Morrison partage l'antiracisme de Lévi-Strauss et donc, il n'est pas raciste. "Race et histoire" est un petit bouquin fondamental de 127 pages qui condamne l'ethnocentrisme européen et la hiérarchisation des cultures, lui opposant l'égalité et la relativité des cultures. Si M. Morrison partage cet esprit, c'est donc qu'il ne saurait être accusé de racisme! Vous comprenez mieux? Les Etats-uniens ne sont "pas des cons" comme vous, vous le dites, jamais je n'ai pensé cela, vous projetez M. Au contraire je parle d'une certaine élite postmoderne et d'une certaine "industrie culturelle de masse" qui participent de l'abêtissement des peuples! Tout au long de ce blog je cite de nombreux auteurs nord-américains, mais critiques, pas ceux qui se revendiquent de la "french theory" auxquels je m'oppose, mais vous mélangez tout! Et vous m'interdisez de faire un choix! De quel droit? Il y a aux Etats-Unis des penseurs de haute volonté comme Benjamin Barber, Noam Chomsky etc. S'agissant de la charge francophobe du Time, ce qui n'est pas du "racisme" de leur part -ouvrez un dictionnaire pour comprendre la différence-, je persiste et signe: décréter la mort d'une culture m'évoque la citation nazie, comme elle pourrait m'évoquer un certain colonialisme, dont la France n'a pas été exempte. Si vous en déduisez que je considère que M. Morrison est un nazi, nous nageons en plein "delirium"! Je pense que mes tentatives de dialogue avec vous sont de toute évidence vouées à l'échec même si j'accepte ce qui relève chez vous de la critique. mais pas vos insultes. Ma petite personne méprisable à vos yeux n'est pas l'objet de ce blog, et vos commentaires calomnieux non plus. Il n'y seront donc dorénavant plus publiés. Adieu pour toujours, M., mais cordialement, si cela est possible.
et cotillard
C'est dingue pour les EU de dire une chose pareille alors que Marion Cotillard pour La Môme est la grande favorite des Oscars!!!
En gros d'accord
Bonjour,
En gros d'accord avec votre analyse.
Quoiqu'un peu longue.
Vous avez raison de parler de "soft power", j'ai failli en parler dans mon commentaire sur un autre blogue :
http://courrier-sud-toulouse.blog.20minutes.fr/archive/2007/12/14/mort-culture-francaise-death-french-culture-3.html
Qu'en pensez-vous ?
D'un autre côté, pour quand même critiquer votre article, dire que Madonna a grandement été aidée par des Français, c'est un peu exagéré ! On ne va pas la compter comme artiste française, tout de même. Axelle Red (belge), on pourrait plus, mais Madonna, c'est pas parce que ses vêtements, ses clips, ses arrangements ont été faits parfois par des Français, qu'elle compte comme élément de la culture française ! ;)
Et, même si je les ai cités, mentionner les DJs français comme représentants de la culture française, même si on l'entend au sens de culture de masse, d' "entertainment", c'est un peu triste, n'est-ce pas ? Que leur reste-t-il de français à part leur nom (pour ceux qui ne l'ont pas changé), leur passeport, leur résidence ?
Comme je l'ai dit, faire de la musique en anglais pour des Français n'est pas une manière de soutenir le rayonnement de la culture française ! :( Vous avez bien parlé du lien entre culture et langue. Ces DJs sont victimes du soft power étatsunien hélas. Rien que le nom de "French Touch" ... Ils symbolisent la victoire (désolé du terme militaire) de la culture anglo-étatsunienne.
Ils surfent sur cette vague, disons, ils en profitent.
Apparemment, vous n'avez pas bien lu Monsieur Morrison...Ces remarques rejoignent largement certaines de vos préoccupations.
Plutôt que de les rejeter en bloc sous prétexte qu'elles émanent d'un américain, nous ferions mieux de nous inspirer.
Quant à la culture républicaine ? Qu'est-ce donc que ce concept creux ?!...
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