09 mai 2009
SEGOLENE ROYAL DENONCE L'AFFAISSEMENT DE LA FONCTION PRESIDENTIELLE ET LA DIVISION DE LA FRANCE PAR NICOLAS SARKOZY
Ségolène Royal, seule opposante socialiste crédible depuis 2 ans à l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy, a rappelé à l'ordre ce dernier et heureusement taclé ses manquements diplomatiques, ses insultes, tant à l'égard des peuples et dirigeants étrangers qu'à l'égard du peuple français.
Les caciques socialistes décadents - dont Jack Lang est devenu l'épure -, comme les jeunes pseudo-loups n'existant que dans l'ombre de Mme Royal, ont soutenu Nicolas Sarkozy contre les intérêts de la France...
Ségolène Royal discours à la Maison de la Chimie
Vidéo envoyée par sandrinegarnaud
Leur non-acceptation d'un leadership dans leur pauvre parti explique certainement leurs prises de position antirépublicaines et antifrançaises.
Ils seront comptables, à continuer ainsi, de la réélection de M. Sarkozy ou d'un leader de sa droite extrémiste en 2012.
"L'action proprement politique [...] vise à produire et à imposer des représentations
(mentales, verbales, graphiques ou théâtrales) du monde social qui soient capables
d'agir sur ce monde en agissant sur la représentation que s'en font les agents. Ou,
plus précisément, à faire ou à défaire les groupes [...] - en produisant, en reproduisant
ou en détruisant les représentations qui rendent visibles ces groupes
pour eux-mêmes ou pour les autres".
Ce que parler veut dire.
Segolene Royal le 20 Avril 2009
Vidéo envoyée par segolene-royal
L'inexpérience de Sarkozy fait honte aux français
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Quand Nicolas Sarkozy insultait l'Allemagne et ses dirigeants :
Sarkozy greift Deutschland an
Vidéo envoyée par rachelmini
Sarkozy tacle un ministre Allemand
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Sarko grossier
Vidéo envoyée par larnaut
Quand Nicolas Sarkozy dénigrait en un vocable raciste les Africains...
Discours raciste de sarko à dakar - 26 juillet 2007
Vidéo envoyée par henneji
... et que Ségolène Royal ne saurait tolérer :
Ségoléne Royal à Dakar polémique [news] Fr2 070409
Vidéo envoyée par ReadyHdFull
Lorsque l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, empruntant aux stéréotypes des colons français d'Algérie les plus islamophobes, insultait tous nos compatriotes de confession musulmane :
Sarko aime pas certains moutons,il préfére les siens
Vidéo envoyée par ubu_roi
François Fillon en guerre contre le monde musulman
Vidéo envoyée par Amago82
Quand M. Sarkozy, Président, manifeste sa haine du peuple français :
Karcher
Vidéo envoyée par Schumi93120
Sarkozy prêt à se battre contre un pêcheur
Vidéo envoyée par allcurious
Sarkozy au salon de l'agriculture
Vidéo envoyée par -kiki-
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"Le Président de la République veille au respect de la Constitution" (art. 5) laquelle stipule en son 1er article que "la France est une République indivisible".
Coutumier des violations en tout genre de notre Constitution, Nicolas Sarkozy, en campagne pour la magistrature suprême et, plus inquiétant, devenu président de la République, n'a cessé de diviser les Français, de dresser telle ou telle catégorie d'entre eux l'une contre l'autre - par le "pouvoir dominant des mots".
Avec l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, le pouvoir oppose ainsi les chômeurs aux travailleurs, les SDF à l'Humanité sédentaire, les personnes âgées au reste de la population, les familles entre elles, les Français de confession musulmane, comme le monde musulman en entier aux autres, les croyants aux non-croyants, les Africains et les Allemands aux Français, les "voyoucrates" aux "ploutocrates", francophones et tenants des langues régionalistes, les malades aux bien-portants, les communautés dites "ethniques" - en fait raciales -, les homosexuels aux hétérosexuels (sic), la gauche qui n'aime pas la France à la droite qui l'aimerait, la fonction publique aux travailleurs du secteur privé, grévistes et non-grévistes bien entendu, bénéficiaires du RSA et travailleurs pauvres, etc.
Si Valéry Giscard d'Estaing disait, amer, qu'on oublierait son septennat parce que nos sociétés sont sans mémoire, il est louable qu'une dirigeante politique, telle Ségolène Royal, nous la rafraîchisse aujourd'hui.
Quel pays laissera Nicolas Sarkozy à nos enfants, nul ne le sait... Un pays et un peuple divisés certes. Un pays sans voix déchiffrable et sans vision pour le monde.
Une République sans loi, une vie politique où règnent l'argent, les mensonges et la vulgarité, une société injuste et atomisée.
La presse a peu de mémoire ces temps-ci, à moins qu'elle ne soit complice d'un coupable oubli généralisé...
15 février 2009
MANIFESTATION SOLIDAIRE LE 16 JANVIER A PARIS : LA GREVE GENERALE EN GUADELOUPE CONTINUE FACE AU MEPRIS DE NICOLAS SARKOZY
"Manifestation le lundi 16 février 2009
Le combat des salariés de Guadeloupe, de Martinique, de Guyane et de la Réunion est le nôtre.
Tous ensemble, Solidarité !
Toutes et tous lundi 16 février dans la rue à Paris 18h Place de Clichy
Appel signé par : Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolo, Alternative Libertaire (AL), Association des Communistes Unitaires, Coordination Nationale des Collectifs Unitaires pour une alternative au libéralisme (CNCU), La Fédération, Les Alternatifs, Lutte Ouvrière (LO), Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Parti de Gauche (PG)."
04 septembre 2008
LE FICHIER EDVIGE, APOGEE DU SCIENTISME ET DE LA TECHNIQUE AU SERVICE D'UNE SOCIETE DE SURVEILLANCE: LE PANOPTISME SARKOZY
Nous avons déjà vu comment l'humanisme reculait en France, tant les Humanités - désormais absentes du vocabulaire des sarkozystes au pouvoir - que le traitement humain des femmes et des hommes dans ce pays, notamment des étrangers mais aussi des citoyens français. Petit à petit les digues sautent une à une devant les mesures anti-humanistes prises, au nom de la répression, par un gouvernement et un président aussi inefficaces qu'incompétents. Que ne fera-ton, à quelles techniques statistiques, scientifiques ou informatiques fera-t-on appel pour soi-disant juguler l'immigration, pour communautariser le peuple français en différentes ethnies statistiquement établies et, désormais, pour éteindre les feux d'une délinquance que la politique de Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur puis président de la République n'a fait qu'attiser. Le fichage informatisé des citoyens français et de leurs enfants, leur surveillance indifférente, prend désormais forme dans feue la patrie des droits de l'homme et du citoyen et des libertés, avec le fichier EDVIGE...
HEIDEGGER
"Lorsque l'homme [...] est provoqué, [...] est commis
[à user de la technique humaine sur lui-même], alors
l'homme ne fait-il pas aussi partie du fonds [de la
ressource, énergie mobilisable et stockée]?
La façon dont on parle couramment de matériel humain,
de l'effectif des malades d'une clinique, le laisserait penser."
"La question de la technique"
in Essais et Conférences
DES USAGES DE LA SCIENCE ET DES TECHNIQUES POUR CONTROLER LES FRANCAIS DANS LA FRANCE DE SARKOZY
De la laïcité appliquée à la science
La science n'a pas de morale. Elle poursuit ses propres buts qui ressortent de la connaissance, dans tous les domaines qu'elle veut aborder, de la Terre, des animaux aux êtres humains. C'est donc à la politique, et c'est une question de laïcité, d'en interdire ou d'en encourager les usages techniques qui en découlent lorsqu'il s'agit de la vie humaine.
Le fondateur de l'"existentialisme" allemand puis européen que fut Martin Heidegger - et qui allait, ne l'oublions pas, adhérer au parti nazi -, estimait que la technique arraisonnait l'"être", l'ultime découverte philosophique de son oeuvre. Que l'"arraisonnement de l'Etre" était l'aliénation suprême, d'un point de vue ontologique. Que l'"étant", l'homme, s'en serve ou soit mis à son service, peu importe.
"Humanisme ou existentialisme, de toute façon, sont menacés par les techniques issus de la science, dès lors que le politique s'en mêle à des fins précisément antipolitiques. "C'est justement [...] l'Arraisonnement, écrit Heidegger, qui menace d'entraîner l'homme dans le commettre [...] et qui ainsi pousse avec force l'homme vers le danger qu'il abandonne son être libre".
D'ailleurs, théories et techniques comprises, les sciences humaines, de la psychiatrie en passant par la sociologie, ont parfois prêté main forte à des régimes politiques plus que douteux, autoritaires, fasciste voire totalitaires.
L'invasion par les sciences humaines et leurs techniques des régimes dits démocratiques est un phénomène admis dont les conséquences sont parfois graves. Elles peuvent ainsi aussi bien encourager la natalité comme elle pourraient faire le contraire.
Quoi qu'il en soit, dans un régime strictement républicain et humaniste, la sphère privée des citoyens et de leurs familles, de tous les êtres humains ressortissant de son territoire ne devrait jamais être violée.
Or, une certaine droite et même le régime républicain français lui-même ont parfois dévoyé le darwinisme en mettant
en avant l'élimination des plus faibles "éléments" de la société - pauvres, malades, asociaux - , à travers la promotion du darwinisme social. Ils ont appliqué des théories et des techniques telle que l'anthropométrie aux "criminels", scientifiquement décrits. Le déterminisme - renforcé par la montée en puissance de la génétique -, le behaviorisme ou comportementalisme constituent un courant de pensée qui, hélas, est de retour dans les sociétés occidentales.
L'innéisme et le génétisme sarkozien appliqués aux suicidaires et aux homosexuels; la psychiatrisation des rapports au travail
Nicolas Sarkozy l'a montré durant sa campagne électorale puis après son accession à l'Elysée: sa vision naturaliste de l'homosexualité ou sa conception psychiatrique du travail, devant générer la croissance, s'inscrivirent dans une politique qui se voulait conservatrice ou néolibérale.
Question du Jour 5
Vidéo envoyée par rapha39
Pour Nicolas Sarkozy, on est "né hétérosexuel", ce qui suppose la même chose de l'homosexualité et met à bas toutes les avancées sur cette question et même la vision freudienne, partagée entre "l'inné-acquis"...
Ainsi de ses propos sur les suicidaires et les pédophiles peut-être "génétiquement programmés", de sa volonté de "reformater" les Français ou encore de sa volonté, avec des psychiatres, participant à la commission Attali, de les "remettre au travail".
Dans les deux cas, il s'agit de contrôler puis de "normaliser" des comportements humains relevant de la dimension intime ou personnelle des citoyens et des êtres humains.
La statistique raciale au service de l(a)'(dés)intégration; la génétique comme moyen de contrôle de l'immigration et de la délinquance
S'agissant d'un des attributs "de naissance" des plus arbitraires et des plus intimes, à savoir la couleur de la peau, la volonté de la droite sarkozienne de communautariser le peuple français passa ainsi par l'espoir d'instaurer des statistiques raciales, dites par euphémisme "ethniques". Démarche impensable dans le régime républicain français, malgré toutes ses insuffisances en matière d'intégration des enfants de l'immigration.
Pour les immigrés légaux - qui demandent le droit d'entrer en France au nom du regroupement familial - Nicolas
Sarkozy, via le député Mariani, a assumé l'instauration de tests ADN pour les sélectionner, les trier, les débouter le cas échéant.
Au passage est instaurée une vision biologique et sanguine, validée par une technique scientifique éminemment moderne, de la parenté, contraire à toute l'histoire de la famille, non seulement dans l'Occident humaniste mais aussi dans le monde... Face au front républicain formé en France contre une telle techno-politique, le Premier ministre François Fillon n'hésita pas à qualifier les tests d'ADN de "détail"... Une technique normalement utilisée pour les criminels sous l'autorité d'un juge, rien de moins.
S'agissant de la délinquance de masse, dont celle des mineurs, sur laquelle, avec l'immigration, Nicolas Sarkozy a fondé toute sa notoriété médiacratique et brûlé les étapes d'une carrière politique classique, la science faillit être mise elle aussi à contribution.
Sarkozy fustige mai 68
Vidéo envoyée par INFOCOM-Net
Alors que l'on sait qu'elle est le produit d'une crise de civilisation, de l'anomie inhérente à la société de masse de consommation - et de "consumation" -, comme à la destruction ultralibérale de l'Etat et du service public, Nicolas Sarkozy, ministre de l'Intérieur, n'hésita pas à introduire
fin 2005, dans un avant-projet de loi sur la prévention de la délinquance, le principe d'une "détection précoce des troubles du comportement" et ce, en fait, dès l'âge de 3 ans... Impliquant une médicalisation de ceux-ci...
Le professeur Didier Sicard, président du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), condamnera une telle perspective privilégiant l'inné - notamment les facteurs génétiques - sur l'acquis - dont l'environnement. Le 6 avril 2006, le CCNE posera que: "l'histoire des sciences nous révèle la vanité de tenter de réduire à tel ou tel critère la détermination de l'avenir d'une personne" et qu'"une grille de lecture unidimensionnelle constitue une "mal-mesure" de l'homme".
Voilà quel homme politique les Français ont élu le 6 mai 2007. Le fichier à visée policière EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale), dont la mise en place a été décidée par décret, c'est-à-dire sans débat parlementaire et encore moins sans discussion publique, s'inscrit donc dans cette logique anti-humaniste et anti-existentialiste à la fois portée par la nouvelle droite sarkozienne.
LE FICHER EDVIGE ET LA SURVEILLANCE INFORMATISEE GENERALISEE: LE PANOPTISME DECRIT PAR FOUCAULT DEMULTIPLIE
La mise en place aujourd'hui en France, du fichier policier, EDVIGE semble être à la croisée de toutes ces premières
mesures, l'outil informatique et la toile en devenant des agents précieux. Sa vocation est décrite ainsi sur le site officiel du "service public".
"Le ministère de l’intérieur est autorisé à mettre en place une nouvelle base de données intitulée "Edvige" afin de collecter toute une série d’informations notamment sur certaines personnes publiques (politiques, syndicales, religieuses) ou encore sur certains individus (ou groupes) "susceptibles de porter atteinte à l’ordre public".
Collectées en vue d’informer le gouvernement et ses représentants dans les départements et les collectivités, ces données sont enregistrées sur fichiers. Les données enregistrées concernent les personnes âgées de 13 ans et plus. Elles contiennent les éléments suivants :
informations ayant trait à l’état civil et à la profession ;
adresses physiques, numéros de téléphone et adresses électroniques ;
signes physiques particuliers et objectifs, photographies et comportement ;
titres d’identité ;
immatriculation des véhicules ;
informations fiscales et patrimoniales ;
déplacements et antécédents judiciaires ;
motif de l’enregistrement des données ;
données relatives à l’environnement de la personne, notamment à celles entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec elle.
L’enregistrement des données est toutefois plus limité pour les personnalités publiques, l’enregistrement de données relatives aux comportements ou aux déplacements ne touchant pas ces personnalités. Le droit d’accès aux données s’exerce directement auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) conformément aux dispositions prévues à l’article 41 de la loi du 6 janvier 1978 relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.
C’est ce que précise en particulier un décret publié au Journal officiel du mardi 1er juillet 2008."
Nous pouvons voir en quoi ce fichier est liberticide, et, au sens heideggerien, "pousse avec force l'homme vers le danger qu'il abandonne son être libre", "grâce" à la technique informatique. En quoi aussi il est porteur de l'avènement d'"une société de surveillance généralisée", pour reprendre les mots du philosophe Michel Foucault.
Qu'instaure en fait EDVIGE? Nous allons tenter de le présenter au prisme d'une oeuvre majeure et prémonitoire de ce dernier: Surveiller et Punir.
Une surveillance généralisée invisible et un auto-"assujettissement réel"
Dans le cadre d'une société de masse de consom-munication, Internet et l'informatique sont les
outils idoines. La transmission des informations y est illimitée et transparente.
Comme l'avait vu Jean Baudrillard, dans La société de consommation: "A la limite, [les média de masse] deviennent le contenu réciproque les uns des autres - et c'est là le "message" totalitaire d'une société de consommation."
Totalitaire, en tout cas,
avec Internet, totale, c'est certain.
Comme l'écrit Manuel Castells, dans La galaxie Internet: "Internet est le fondement technologique de la forme d'organisation à l'ère de l'information: le réseau". A savoir, "un ensemble de noeuds interconnectés", à l'échelle planétaire, voire galactique, comme l'indique le titre de son ouvrage. Quotidiennement, Internet diffuse "virtuellement", de façon invisible, des milliards d'informations sur des millions de Terriens. Pour notre auteur, la toile est issue du mouvement libertaire et d'une contre-culture anti-autoritaire états-unienne.
Mais alors que se passe-t-il lorsque la puissance publique, les appareils policiers de l'Etat, avec les moyens inouïs que les impôts leur procurent, s'en emparent? Lorsque, comme nous l'avons vu, cette technologie libératrice est mise au service par le politique à des fins liberticides?
Eh bien ce n'est plus la liberté qui est totale, mais la surveillance policière qui est, discrètement, voire abstraitement, généralisée, selon les critères, en l'absence de garde-fous potentiellement illimités, définis par le pouvoir et, en l'occurence, dans le fichier EDVIGE.
Cette dimension "totale" était, comme nous l'a rappelé Foucault, contenue dans le projet de Bentham du Panopticon,
cette nouvelle architecture carcérale qui permettrait au gardien de voir, en permanence et d'où qu'il le souhaite, les prisonniers, sans que lui-même puisse être vu par eux.
Surveillance généralisée, dans un lieu tout de même fermé, permanente et invisible:
On peut y "dissocier le couple voir-être vu: dans l'anneau périphérique, on est totalement vu, sans jamais voir."
Un assujettissement réel naît mécaniquement d'une relation fictive."
- "Dispositif important, car il automatise et désindividualise le pouvoir."
"Le pouvoir externe, lui, peut s'alléger de ses pesanteurs physiques; il tend à l'incorporel; et plus il se rapproche de cette limite, plus ces effets sont constants, profonds, acquis une fois pour toutes, incessamment reconduits: perpétuelle victoire qui évite tout affrontement physique et qui est toujours jouée d'avance."
Avec Internet et son support informatique, l'ensemble de ces caractéristiques est non seulement démultiplié mais peut se déployer en milieu ouvert, dans l'ensemble de la société. Et Michel Foucault, pressentait bien que le Panopticon n'était pas seulement vouée à l'histoire de l'art architectural carcéral mais au contraire qu'il devait être "compris comme un modèle généralisable de fonctionnement; une manière de définir les rapports du pouvoir avec la vie quotidienne des hommes."
C'est bien ce que concrétise aujourd'hui le projet EDVIGE.
En effet, tout individu "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, social ou religieux significatif [sic]" y sera enregistré et fiché! Donc ispo facto, traité, pour reprendre la formule officielle, comme "susceptible de porter atteinte à l’ordre public".
Tous les élus du peuple, les acteurs de notre res publica seront donc potentiellement surveillés. Ce qui, en nos
temps de désintérêt pour la chose publique et de dépolitisation accrue est un avertissement de taille pour les hésitants à s'engager pour le bien commun... Une nouvelle "loi des suspects"!
Des archives seront constituées et la police autorisée,en cas d'enquête administrative pour qui prétendrait à "certains emplois", à les consulter.
La traque des mineurs, que Nicolas Sarkozy avait entamé en 2005, se poursuit et s'amplifie, nonobstant leur minorité... Leur inscription dans le fichier EDVIGE serait ainsi autorisée dès l'âge de 13 ans, sur le déterminisme, toujours de leur dangerosité présumée et à venir...
Polémique sur le fichage des mineurs
Vidéo envoyée par Ptite_Mule
Une violation de la sphère privée et intime des citoyens
Pour Manuel Castells, Internet a cela de particulier que ses "réseaux ont été essentiellement confinés à la vie privée".
C'est justement ce qui est intolérable dans tout régime républicain, qui implique que le foyer, la vie dans le foyer, l'intimité, la conscience intime des citoyens sont tous, dans des bornes humanistes bien déterminées, inviolables et que cette inviolabilité est sacrée.
Or, le fichier policier EDVIGE enregistrera des informations dites "identitaires" comme l'état civil, la photographie, le "comportement", les déplacements - dont la liberté fait partie des droits élémentaires de l'homme -, les "fréquentations", l'appartenance ethnique, les opinions politiques, philosophiques et religieuses, les appartenances partitiques, syndicales et associatives, la vie sexuelle!
Comme le Panopticon décrit par Foucault, EDVIGE:
"a la possibilité de s'exercer de manière continue dans les soubassements de la société, jusqu'à son grain le plus fin [et] fonctionne en dehors de ces formes soudaines, violentes, discontinues, qui sont liées à l'exercice de la souveraineté."
La sacralité de la vie privée, celle de la chose publique, sont, via l'usage "edvigien" de l'informatique et d'Internet,
définitivement jetées aux orties.
L'appartenance "raciale" - en fait la couleur de la peau puisque les races n'existent pas -, la confession -que la loi de 1905 garantit et protège à la fois dans l'espace privé-, les opinions politiques et religieuses - dont la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen proclame mot à mot la liberté en son article 10- et l'engagement qui s'ensuit, les amitiés et autres affinités privées et intimes, jusqu'à la sexualité: tout cela sera exhibé à l'Etat et à certains de ses fonctionnaires, eux-mêmes assujettis?
Le contrôle illimité ou la domination totale avaient un nom en science politique: le totalitarisme.
Quand on songe que l'inventeur de la cybernétique, le mathématicien états-unien Norbert Wiener, voulait selon, Philippe Breton, dans L'utopie de la communication, "lutter contre le diable" et éliminer à jamais le nazisme, lutter à mort contre la barbarie moderne, par la libération de la communication, on demeure pantois.
Violation du principe de présomption d'innocence: la mort de la Justice des actes
En outre, et pour finir, EDVIGE, institutionnalise la présomption de culpabilité, la "susceptibilité" d'être coupable, attentatoires aux articles 7
et 9 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, partie intégrante de notre Constitution, qui implique que "Nul homme ne peut être accusé, arrêté [disons "arrêtable"], ni détenu que dans les "cas déterminés par la Loi selon les formes qu'elle a prescrites"....
Et encore que "tout homme [est] présumé innocent jusqu'à qu'il ait été déclaré coupable", selon l'appréciation impartiale du Juge....
Doctrine que récuse déjà le principe des peines-planchers, instauré par Rachida Dati.
Critique du fichier Edvige
Vidéo envoyée par tikkitou
François Bayrou, chef du centre-MoDem, s'insurge contre l'instauration du fichier EDVIGE....
Comme l'écrivait Foucault, bien avant l'invention de la cybernétique:
"Le Panopticon [...] doit être "parce qu'il permet d'intervenir à chaque instant et que la pression constante agit avant même que les fautes, les erreurs, les crimes soient commis".
Le fait qu'EDVIGE prétende ficher des personnes "susceptibles de porter atteinte à l’ordre public" indique rien de moins que, contrairement à ce qui fait la grandeur de la Justice, à savoir le jugement des actes commis, ici sera retenue une probabilité d'atteinte à l'ordre public, une éventualité future et fictive, selon un déterminisme et une assignation à identité de "futur délinquant".
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La France, pays des droits de l'homme et du citoyen, est en train de disparaître sous nos yeux. La congruence inouïe des nouvelles technologies cybernétiques avec l'arrivée au pouvoir d'une droite antirépublicaine et anti-humaniste vient précipiter cette mort d'un pays singulier.
Comme Berlusconi en Italie fichera les "Roms", la police de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, ministre de l'Intérieur et actuel président Nicolas Sarkozy, pourra ficher tous les citoyens de l'Hexagone.
Sur ce point, donnons raison à Michel Foucault:
"Rendre l'exercice du pouvoir le moins coûteux possible [...] par la faible dépense qu'il entraîne; politiquement, par sa discrétion, sa faible extériorisation, sa relative invisibilité, le peu de résistance qu'il suscite."
Voilà, après les statistiques raciales, le fichage des enfants de 3 ans, les tests ADN proposés aux immigrés légaux, les homosexuels et les suicidaires génétiquement programmés, EDVIGE.
A bon entendeur, salut... Vivait feue la France, vivait feue la République! Où les hommes naissaient, paraît-il, "libres"...
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Vous pouvez lire et signer la pétition:
ainsi que les pétitions:
-Sauvons la recherche: "Non au contrôle génétique de l'immigration"
http://petition.etuc.org/spip.php?article3
-Charlie-Hebdo et SOS racisme: "Touche pas à mon ADN"
http://www.touchepasamonadn.com/
26 août 2008
NICOLAS SARKOZY FUSILLE LE PREMIER MINISTRE ET ABOLIT L'ETAT IMPARTIAL
La réforme institutionnelle voulue et promue par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, votée au Congrès grâce à la voix de trop du socialiste Jack Lang, abolit donc de fait la fonction de Premier ministre et, avec elle, celle de président de la République. Au-delà des marchandages avec les partis politiques et de la pseudo-revalorisation du Parlement, c'est surtout à une grave confusion entre les missions de chef du gouvernement et de Président que nous assistons. La magistrature suprême est une nouvelle fois abaissée au rang de gouvernant voire de chef d'une majorité politique, dans le plus profond mépris de l'élection au suffrage universel direct. Pourtant, cette institution de Premier ministre a une histoire, que l'inculte Nicolas Sarkozy méconnaît évidemment. Celle-ci date au moins clairement de Richelieu, lequel souhaitait que la communauté politique, le royaume, fût incarné par un chef d'Etat, le roi, au-dessus des aléas de la vie politique quotidienne et notamment de la guerre civile perpétuelle. Comme il en allait pour le ministre de Louis XIII de la stabilité du royaume, le président de la République imaginé par le général de Gaulle, "au-dessus des partis", ne gouvernant pas mais présidant, incarnait la continuité de la souveraineté populaire, seule origine et transcendance d'un régime républicain mais aussi démocratique, dans lequel le peuple seul demeure in fine souverain. Aujourd'hui, le Président gouverne, comme un simple ministre. Et Nicolas Sarkozy se voit donc bien incapable d'incarner l'autorité transcendante d'une République désormais déboussolée... Peut-être aura-t-il encore plus de pouvoir et d'influence qu'il n'en a déjà, mais l'autorité de la fonction présidentielle en sort gravement affaiblie.
RICHELIEU
"Il est certain encore qu'il se trouve peu de princes
qui puissent seuls gouverner leurs Etats et, de plus,
il y en aurait beaucoup, ils ne devraient pas agir ainsi."
[...]
"L'intérêt du Prince l'oblige à [user d'un ministre suprérieur]
puisqu'il n'y a point d'homme qui puisse servir utilement
le public sans s'attirer la haine et l'envie de tout le monde."
Testament politique
cité par Philippe Erlanger in Richelieu
.
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I. UNE REFORME CONSTITUTIONNELLE POUR UN OMNI-PRESIDENT INCOMPETENT
La réforme des institutions voulue par Nicolas Sarkozy a donc été votée au Congrès avec une voix d'avance, celle de M. Jack Lang, socialiste postmoderne et membre de la commission Balladur censée l'avoir inspiré.
Contrairement au surcroît de démocratie parlementaire annoncé par le parti présidentiel, l'UMP, il se trouve que comme l'avait indiqué le constitutionnaliste Dominique Rousseau à Libération, le 15 juillet 2008, cette déformation de la Constitution de la Ve République consiste d'abord en une chose: "renforcer le pouvoir présidentiel" et octroyer "un pouvoir supplémentaire pour le parti du Président".
En effet, au final, "la poudre aux yeux" que constituent la constitutionnalisation de la parité -déjà inscrite dans la loi-, de la pluralité -qui est l'essence même de la démocratie et du politique-, de la limitation à deux du mandat présidentiel -qui fait partie de la tradition républicaine-, des miettes de limitation du pouvoir présidentiel -que la sagesse devrait seule commander-, de la prise en compte de l'opposition -qui de toute façon est assassinée quotidiennement du fait de la "mainminse du clan Sarkozy" - selon l'expression de Ségolène Royal - sur la médiacratie et la télécratie; tout cela ne change rien au fait que si l'instabilité est promise au Parlement, les pouvoirs du Président se voient renforcés.
Les pouvoirs certes, mais en aucun cas l'autorité, déjà mise à mal par la pratique délétère et l'affaissement continu de la fonction présidentielle pratiqués par Nicolas Sarkozy depuis son élection.
Résumons donc: dans notre République aujourd'hui détruite, une
dyarchie avait été organisée au sommet de l'exécutif: d'une part le Président garantissait l'incarnation du peuple souverain, la continuité de la tradition républicaine et la stabilité des institutions; d'autre part, le Premier ministre, nommé par lui, mais responsable avec son gouvernement devant le Parlement, gérait les affaires courantes et, dérive, était devenu le "chef de la majorité" présidentielle puis à l'Assemblée nationale.
Le Président représentait la France dans le monde, demeurait "au-dessus des partis" et des intérêts privés tandis que le Premier ministre s'investissait personnellement dans la vie électorale et politique quotidiennes. Evidemment, Nicolas Sarkozy n'a de cesse de ridiculiser la France aux yeux du monde, de satisfaire les intérêts privés de ses amis patrons et de se comporter en président ad vitam aeternum de l'UMP.
Depuis l'élection de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, les articles de la Constitution organisant le duo exécutif ont été continuellement bafoués, dans la pratique, par le Président mais aussi par François Fillon, son Premier ministre.
Fillon faillite
Vidéo envoyée par PierreEP
La confusion des fonctions et le mépris pour le droit sont deux "qualités" communes au Président Sarkozy et à son premier ministre François Fillon. Tandis que le premier traite le second de "collaborateur", le second ose se dire être "à la tête de l'Etat"...
Quelques exemples suffiront à prouver que Nicolas Sarkozy a violé l'article 5 de la Constitution qui stipule que "Le Président de la République veille au respect de la Constitution [et] assure par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics":
écrasement des fonctions du Premier ministre, du gouvernement et du Parlement
solidarité et co-responsabilité du gouvernement devant le Parlement
II. POURQUOI UN PREMIER MINISTRE? POUR QUE LE CHEF DE L'ETAT SERVE D'ABORD LE "PUBLIC"
Comment assurer la continuité de la République tout en y faisant vivre une démocratie politique et sociale faite de conflits idéologiques et d'intérêts contradictoires parfois violents.
Cette question s'inscrit en réalité dans l'histoire longue de la France. Comment bâtir un Etat monarchique au-dessus des clans seigneuriaux et des féodalités, des Grands puis des parlementaires, des intérêts catholiques et protestants, des étrangers présents à la Cour par le simple fait que les rois épousaient des princesses européennes? Comment finalement assoir l'incarnation sacrée de la monarchie par la personne du roi comme autorité suprême? Garantir à la fois l'unité du royaume, sa continuité et le prémunir de tout éclatement en imposant la paix civile? Telle fut d'abord la question.
Le 24 avril 1617, Concini, favori de la Reine-Mère est fait assassiné par Louis XIII. Son enrichissement personnel aux frais de la monarchie, son influence politique néfaste aux intérêts de la Couronne le conduisirent à la mort, au nom de la Raison d'Etat naissante.
Bien avant ce qu'on appelle la monarchie absolue façon Louis XIV, Richelieu, par sa culture mais aussi peut-être par
ambition, décida de placer au-dessus de toutes les affaires courantes, des "basses besognes", la personne et la fonction royales.
D'où l'invention d'un "ministre supérieur" - lui bien entendu -, ancêtre d'un Premier ministre qui laisserait au Président la magistrature suprême, la grande politique comme la garantie de l'unité du pays et de la continuité de l'Etat.
Richelieu, dans son Testament politique, écrivait donc:
"Il est certain que les Etats les plus heureux sont ceux où les princes et les conseillers
sont les plus sages. Il est certain encore qu'il se trouve peu de princes qui puissent
seuls gouverner leurs Etats et, de plus, quand il y en aurait beaucoup, ils ne
devraient pas en user ainsi. La toute-puissance de Dieu, son infine sagesse et sa
providence n'empêchent pas qu'il ne se serve, en ce qu'il pourrait faire par son
seul pouvoir, du ministère des causes secondes."
Richelieu d'insister sur le rôle d'assistance au roi dévolu au ministériat. Le "ministre supérieur" peut lorgner la boussole politique du moment tandis que le roi doit pouvoir toujours voir loin, au service du peuple:
"On peut dire hardiment que, si le souverain ne peut ou ne veut lui-même
avoir constamment l'oeil sur sa carte ou sa boussole, la raison veut qu'il
en donne particulièrement la charge à quelqu'un par-dessus les autres."
En outre, c'est déjà la suprématie de la "chose publique" à laquelle se voue, par la grâce de Dieu, le roi, qui rend indispensable l'appui d'un "premier ministre". Le roi doit être protégé dans l'exercice de sa tâche:
"L'intérêt du Prince l'oblige à en user ainsi puisqu'il n'y a point d'homme
qui puisse servir utilement le public sans s'attirer la haine et l'envie de tout le monde."
Sans extrapoler outre-mesure et développer trop longuement ici, on ne peut que constater la parenté de cette vision de ce que l'on appelle l'exécutif, depuis la séparation des pouvoirs, et la doctrine gaullienne, contenue dans ce qui était la Constitution de 1958.
A savoir celle du Président "au-dessus des partis" avec un Premier ministre nommé par lui et pouvant, en cas de crise politique, être démissionné, sans que la République en fût destabilisée. Le Premier ministre était en fait ce que l'on appelle un "fusible", qui, pris dans une tourmente politique, polémique ou autre, devait être sacrifié, sans que le Président fût atteint.
On notera d'ailleurs, anecdote croustillante, que François Mitterrand, adversaire tenace des institutions de la Ve République, les endossera tellement qu'il fera sa seconde campagne victorieuse à l'élection présidentielle sur le thème de "l'Etat impartial", renvoyant, notamment lors du débat d'entre-deux-tours, son concurrent Jacques Chirac à l'image d'un chef de clan, son parti: le RPR.
Chirac vs Mitterrand
Vidéo envoyée par Nikoz
François Mitterrand, terrible bretteur, avant l'un de plus beaux coups rhétoriques, reprochait à Jacques Chirac, le 3 mai 1988, de ne pas posséder les qualités "de l'impartialité ni du sens de la justice dans la conduite de l'Etat": en fait les qualités proprement présidentielles.
Cinq ans plus tard, lors d'un débat houleux faisant suite à une grande défaite des socialistes aux élections législatives, Ségolène Royal, dans l'opposition, dénonçait "l'Etat RPR" et reprochait à Nicolas Sarkozy de faire partie d'une majorité de droite qui a "tous les pouvoirs, dans les départements, dans les régions, au Sénat, les pouvoirs économiques, les pouvoirs financiers, bien souvent les médias aussi".
Sego-Sarko - Debat 21.03.1993
Vidéo envoyée par nadysarko
Vingt ans plus tard, le 28 juin 2008, Ségolène Royal ne parlait pas autrement de Nicolas Sarkozy, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine devenu Président, servant selon elle les intérêts de "ses amis milliardaires", détruisant le modèle social universel français et menaçant l'indépendance des médias et de la presse.
Ségolène Royal - Interview sur la contribution
Vidéo envoyée par sandrinegarnaud
Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à la présidentielle en 2007, dénonce la "mainmise [du sarkozysme] sur les médias, sur les réseaux financiers", "un pouvoir qui fait main basse sur la presse [...] un pouvoir qui donne aux riches encore davantage", "la reprise de contrôle des médias en particulier, le fait de servir ses amis, les groupes Bouygues, les groupes Lagardère, on voit un système berlusconien qui se met en place, on voit un Etat impartial qui recule". Pour elle, il ne fait aucun doute, Nicolas Sarkozy n'est pas un Président impartial, servant l'intérêt public, mais un chef de "clan".
III. LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, INCARNATION DE LA CONTINUITE, DE LA STABILITE ET DE L'UNITE DE L'ETAT ET DE LA REPUBLIQUE:
L'instabilité chronique de la vie publique française, en même temps que l'extrême solidité des institutions ont été relevées et expliquées par divers auteurs, chacun à leur façon.
Il est certain que la décapitation de Louis XVI, dernier roi de France strico sensu, allait introduire le
peuple comme élément majeur des événements à venir. Dans un style littéraire, Alexandre Dumas prophétisait, dans Le Collier de la reine, que "la France ressemble à un sablier; pendant neuf cents ans, il a marqué l'heure de la royauté, la droite puissante du Seigneur l'a retourné; pendant des siècles, il va marquer l'ère du peuple".
La République elle-même, la démocratie ensuite, allaient mettre des lustres à durablement s'installer, le sang continuerait longtemps à couler. Comme l'écrivait Napoléon: "Tous les Français sont frondeurs, turbulents [...] leur légèreté est tellement de nature, leurs variations si subites, qu'on ne pourrait dire qu'elles les déshonorent".
L'instabilité gouvernementale qui caractérisa les IIIe et IVe République conduisit à terme le général de Gaulle à vouloir en finir avec un régime politique strictement parlementaire. D'où son intuition de la nécessité de l'incarnation en un Président fort, non seulement de la souveraineté populaire - ce qui sera fait en 1962 avec l'élection au suffrage universel direct - mais aussi de la continuité et de l'unité de l'Etat, des institutions et de la République, même en cas de grave crise.
Dans L'impérialisme, Hannah Arendt, avait dressé une typologie assez intéressante des différents
systèmes politiques européens avant 1958. Elle y distinguait le système bipartite sous la monarchie constitutionnelle anglaise du système continental des partis.
D'une part, en Angleterre, "l'Etat, en tant que garantie permanente de l'unité du pays, est seulement représenté par la permanence de la Couronne". Institution justement non partisane mais politiquement intouchable.
D'autre part le système bipartite était conçu de telle sorte que l'alternance entre parti au pouvoir et opposition exerçant un "contrôle dont l'efficacité est renforcée par sa certitude d'être le gouvernement de demain" structurait la stabilité politique de l'ensemble institutionnel.
La Couronne alliée au système d'"alternance gouvernementale" empêchaient plus qu'ailleurs les projets de coup d'Etat, la prise de pouvoir par des partis nationalistes ou anti-monarchiques etc.
La situation de la France était bien plus complexe. Seuls le principe républicain, son tryptique, la sacralité de sa fondation dans la Révolution de 1789 et la prééminence de l'Etat devaient être source de stabilité.
Or, les ligues monarchistes pullulèrent, l'extrème-droite menaça constamment les
gouvernements et la question de la décolonisation finit d'achever le consensus républicain en Algérie. Comme l'écrivait Hannah Arendt, en l'absence de principe d'alternance gouvernementale, "si, contre toute probabilité, il arrive toutefois qu'un parti ait la majorité absolue au Parlement et qu'il en résulte un gouvernement d'un seul parti, cela ne peut se terminer que par une dictature". Hannah Arendt écrivait évidemment à chaud, juste après avoir vu les démocraties parlementaires continentales, Allemagne et France d'abord, s'effondrer lamentablement avant ou durant la Seconde Guerre mondiale.
En France, la prééminence de l'Etat, "au-dessus des partis" n'était par ailleurs pas incarnée comme en Angleterre par un souverain et une Couronne.
C'est certainement pour toutes ces raisons que, in fine, le choix du général de Gaulle en 1958 d'instaurer un régime semi-parlementaire-semi-présidentiel, après avoir été dénoncé, notamment par François Mitterrand, comme un "coup d'Etat permanent" antidémocratique, fit finalement consensus.
L'élection au suffrage universel direct raffermit même la légitimité du président de la République, laquelle sembla, après la première cohabitation de 1986, au-dessus des échéances électorales législatives. C'est ainsi au nom de la chose publique, dont il se sentait le garant, que François Mitterrand, président de la République empêcha son gouvernement de droite de procéder à un certain nombre de privatisations.
Comme l'avait dit le général de Gaulle à Alain Peyrefitte, dans la Salon doré du palais de l'Elysée, en 1959: "l'Etat doit
échapper aux partis, y compris le parti gaulliste!". Dans ces conditions, le président était un rassembleur mais aucunement le chef d'une majorité face à une opposition parlementaire dont De Gaulle niait, détenteur de la magistrature suprême, l'existence.
Le Président, nonobstant l'étendue, pour certains illimitée et quasi monarchique, de ses pouvoirs et de ses capacités d'influer sur la vie politique, prit d'abord la figure de l'incarnation et de la stabilité du régime. Les festivités du bicentenaire de la Révolution française, orchestrées par François Mitterrand, rappelèrent aussi que le Président assumait personnellement le lien entre la République et son moment fondateur.
IV. NICOLAS SARKOZY, UN CHEF DE CLAN ENNEMI DE LA CHOSE PUBLIQUE: LA PRESIDENCE DECHUE:
Nous avons vu que Ségolène Royal, opposante socialiste à l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, estimait implicitement que, comme président de la République, celui-ci ne défendait pas, voire n'aimait pas l'Etat, en tant qu'institution au service de la chose publique. Bien au contraire, de considérer Nicolas Sarkozy comme favorisant les milieux rentiers et financiers, fragilisant le "modèle social français", se comportant comme le "chef d'un clan".
Mais politiquement parlant, il est patent qu'il en va de même. Si de Gaulle avait, à l'article 4 de la Constitution, en 1958, concédé que "les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage", il n'en demeurait pas moins que le même article précisait qu'"ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie" à savoir, dans l'esprit gaullien, le peuple, dont le vote référendaire demeurait l'expression légitime suprême.
Devenu président la République, Nicolas Sarkozy annonçait qu'il quittait la présidence du parti de droite, fondé par Jacques Chirac, dont il était le président pour "bien servir l'intérêt de la France". Mais fait inédit, il supprimait immédiatement cette fonction pour mieux contrôler ce qui restera son parti.
C'est ainsi que par sa seule volonté, Nicolas Sarkozy créait à la place de ce poste de président de parti, qu'il "quittait", une "direction collégiale" - prompte à être manipulée -, décision approuvée par le bureau politique de l'UMP le 25 juin 2007.
Jean-Claude Gaudin de préciser que, puisque "moralement [sic] le président de l'UMP demeure Nicolas Sarkozy", ce serait désormais un triumvirat de trois vice-présidents qui dirigerait [sic] la famille politique de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine.
Discret putsch peu relevé alors mais pourtant contraire aux missions d'un chef de l'Etat, qui, s'il a toujours en France eu la haute main, via ses conseillers, sur son parti d'origine, quand il en avait un, n'était jamais allé aussi loin dans la partialité.
SARKOZY Quitte la Présidence de l'UMP-2
Vidéo envoyée par Canal-Historique-06
L'esprit de rassemblement cher au général de Gaulle, et déjà remplacé sous Pompidou par le principe de la
majorité et de l'opposition, sera alors gravement dévoyé par Nicolas Sarkozy par la constitution d'un gouvernement de pseudo-ouverture, invitant des personnalités médiocres du centre ou de gauche à appliquer un programme présidentiel de droite dure voire d'extrême-droite sur quelques sujets, renonçant bien entendu à toutes les emphases bonimenteuses de campagne. La politique menée par ce gouvernement de potiches médiacratiques sera évidemment non pas ouverte mais purement sarkozienne, autoritariste, anti-étatiste voire contre-révolutionnaire.
Point d'ouverture donc, mais une mainmise sur l'UMP.
L'apogée la plus caricaturale de cette obsession présidentielle de tenir et "son" parti et son fief d'origine, Neuilly-sur-Seine, éclatera au grand jour avec le putsch du fils Sarkozy dans cette même ville, feuilleton piloté par l'Elysée, mêlant vie publique et vie privée, dès le 1er octobre 2007, avec le parachutage de David Martinon, bientôt renversé par Jean Sarkozy.
Lors des élections municipales de 2008, Nicolas Sarkozy décida, avant de "palinoder", à la vue de sa galopante impopularité, de s'impliquer personnellement dans la campagne et d'en faire un "test national". C'est un Nicolas Sarkozy bouffi de contentement qui, en guise de coup d'envoi médiatique de la campagne, reçut en personne, devant 2 000 cadres de l'UMP, lors d'un Conseil national de l'UMP, l'ancien Premier ministre de gauche britannique, Tony Blair. A cent mille lieues des impératifs de sa fonction et de l'impartialité qu'elle devrait lui imposer...
tony blair à l'ump!
Vidéo envoyée par peuplededroite
Tony Blair, ancien Premier ministre britannique de gauche, invité personnellement par Nicolas Sarkozy le 12 janvier 2008 au Conseil national de l'UMP, en présence du président de la République...
C'est sans hésiter une seconde que Ségolène Royal toujours, releva le défi lancé par le Président (sic) du test national des municipales, qu'il perdra au bonheur mesuré de la gauche, mais sans en tirer aucune conséquence politique.
JT France 2 - 12 janvier 2008
Vidéo envoyée par segolene-royal
Le 12 janvier 2008, Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle, répondait du tac au tac au Président Sarkozy étrangement descendu dans l'arène des élections locales expliquant que "Nicolas Sarkozy a annoncé que les élections municipales étaient un test national [et que] cela veut dire qu'il nous demande si oui ou non nous sommes contents de lui et de ce qu'il fait." Et d'ajouter à l'adresse de son ancien concurrent: "eh bien moi, je dis topons-là"...
Sarkozy & Grève, du mépris qui insulte les Français
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Le 5 juillet 2008, c'est encore devant son clan UMP que le "Président de tous les Français", lors d'un Conseil national toujours, ridiculisait la Constitution, les travailleurs, autant que leurs représentants syndicaux et la population de ce pays en déclarant, tout sourire: "désormais, [en France], quand il y a une grève, on ne s'en aperçoit pas"...
Si l'encadrement de la pratique de la grève est le palliatif à l'abolition du droit constitutionnel de grève, que réclament ses éditorialistes affidés et le grand patronat, encore une fois, tant le lieu que les paroles prononcées par le président de la République témoignaient de ce que celui-ci n'est pas à la
hauteur de la fonction...
Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem, qualifiait le 7 juillet 2008 dans Le Figaro de "choquante" la présence de Nicolas Sarkozy devant le Conseil national de l'UMP. Elle rappelait fermement que "la fonction de président de la République qui rassemble tous les Français" n'est pas celle de "chef de parti". Une fois de plus tout était dit.
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Il faut d'abord comprendre que cette révision institutionnelle a tout simplement consisté à conformer in concreto et non pas in abstracto, c'est-à-dire selon les principes républicains, le droit à la pratique sarkozienne violente et vulgaire de la fonction présidentielle. Ce qui constitue une dérive constitutionnelle et juridique vertigineuse, le droit ne se contentant plus que d'entériner telle ou telle pratique, à savoir celle du plus fort...
Il n'y aura eu, bien entendu, pas de référendum sur cette question cruciale des institutions, comme sur l'Europe d'ailleurs.
Pour ce qui est de l'accroissement des pouvoirs du Parlement, il n'en est rien. Selon Max Gallo, mitterrandien passé par rancune au sarkozysme le plus éhonté, dans Le Point du 21 août 2008, "l'adoption du quinquennat et la concomitance de l'élection présidentielle", voulues par l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, "font du président un homme de parti, qui n'est plus en situation d'être au-dessus des appareils". Certes, mais alors pourquoi cette nouvelle réforme qui enfonce le clou et est contraire à l'intérêt général?
Car cette réforme va plus loin. Le président de la République, "homme de parti", disposera désormais de la tribune parlementaire, sans pour autant que les élus du peuple puissent le sanctionner ou non, alors que lui peut dissoudre l'Assemblée nationale à sa seule discrétion. Alors que jusqu'à présent, le Premier ministre seul, responsable et pouvant avec son gouvernement être renversé par le vote d'une motion de censure, pouvait y prononcer le discours de politique générale, c'est maintenant un Président irresponsable politiquement qui le concurrencera...
Un "homme de parti", en l'occurence Nicolas Sarkozy, pourra présenter devant la diversité des élus du peuple réunis à l'Assemblée, le projet de "son" parti, sans rien risquer - sinon des débats réthoriques sans fin une fois son verbiage achevé.
Le fait de partager l'ordre du jour entre le gouvernement et les présidents des groupes parlementaires - dont celui de la majorité présidentielle sera le plus fort - n'enlève rien au fait que le Premier ministre, seul responsable politiquement devant la représentation élue, sera affaibli, non pas au profit d'une opposition toujours minoritaire, mais du Président partial, disposant d'une majorité docile plus que jamais.
D'où d'ailleurs les convocations régulières des députés du clan UMP et des récalcitrants de feue la droite républicaine à l'Elysée, qui risquent de devenir tout simplement des hyper-potiches.
Mais si l'on en revient à notre sujet, à savoir la nécessité pour une République d'avoir à sa tête un homme, au moins constitutionnellement impartial, et en-dessous de lui, un chef politique, le Premier ministre, battant le blé de la politique quotidienne, cette réforme est ahurissante.
Car avec la mort du Premier ministre et le pseudo-renforcement du Parlement présidentiel, nous assistons à l'avènement du Président partial et irresponsable.
Ce que Nicolas Sarkozy était dans les faits, il le devient béni par les textes. Sa conduite délétère, instable, illisible, hyperactive est désormais inscrite dans le marbre de la Constitution.
Il ne s'agit absolument pas ici de pleurer un Commandeur de la Nation mais, une fois encore, après avoir perdu la bataille de la médiacratie avec le nomination par le chef de l'Etat du président de France Télévisions, de promouvoir un Etat neutre et des institutions impartiales, au service, pour reprendre la sémantique de Richelieu, "du public".
Peut-on présider un pays aux yeux du monde et militer en permanence pour un parti politique, avec l'aval d'une Constitution acquise?
La réponse est non.
A l'instabilité des IIIe et IVe République, dénoncée en son temps par le général de Gaulle vient s'ajouter la dangerosité et la labilité d'un Président trop puissant, sans autorité, sans responsabilité pour ses actes, girouette lisant à peine les notes rédigées et défendues en public par des conseillers médiatisés.
Le difficile équilibre entre la république, qui requiert autorité et fidélité à quelques principes fondateurs et la démocratie qui suppose le changement constant, la controverse et le débat d'idées contradictoire est définitivement rompu.
Si certains pensaient que la Ve République n'était pas une panacée démocratique, ils n'avaient peut-être pas tort. Mais la République clanique en train de s'ériger n'a plus rien de républicaine - res publica signifiant, faut-il le rappeler, "chose publique".
On peut gager en tout cas que Richelieu ne se serait pas considéré comme un "simple collaborateur", contrairement à François Fillon et on ose espérer que Nicolas Sarkozy, en sus de se prendre pour de Gaulle et Mitterrand, ne se rêve pas en reine d'Angleterre...
"Les institutions, disait Marie-France Garaud, ça pourrit comme le poisson: par la tête". Eh bien c'est fait, elles sont moisies et sans queue ni tête.
La République n'avait plus de tête tant que Nicolas Sarkozy était à l'Elysée, jusqu'en 2012. Il est à craindre qu'elle n'en est plus jamais. Quant au Parlement, en l'état actuel des modifications constitutionnelles, il n'en sera que le corps chétif et avarié.
11 juin 2008
LES LANGUES REGIONALES ENTRENT DANS LA CONSTITUTION AU RISQUE DE L'EXPLOSION DE LA REPUBLIQUE
L'Assemblée nationale a donc voté le 22 mai, à la quasi-unanimité, un amendement qui enterre le principe d'unité linguistique, non pas de la France, mais de la République. Dans une confusion entre Constitution et loi, entre République, Etat et nation, désormais coutumière, celui-ci prévoit que "les langues régionales appartiennent au patrimoine de la nation", ce que maintes lois et circulaires reconnaissent déjà. Le président UMP de la commission des lois a décidé d'inscrire cet amendement dans l'article 1 de la Constitution, devançant l'article 2 qui décrète que le français est la langue de la République.
Une victoire de plus des régionalistes, dans un contexte mondial où les Etats sont de plus en plus fragilisés par le développement des régionalismes. Les répercussions de cette décision sont imprévisibles et incalculables s'agissant de l'unité nationale d'une part, de la cohésion de la République une et indivisible d'autre part.
HELENE MERLIN- KAJMAN
"Pour Grégoire, pour Barère, la politique royale, qu'ils ne distinguaient pas du pouvoir féodal, avait consister à pluraliser les langues - les "idiomes féodaux" - pour "isoler les peuples", "séparer les pays", "diviser les intérêts", bref, freiner la libre circulation des opinions entre les sujets du royaume."
La langue française est-elle fasciste?,
Langue, pouvoir et enseignement
UN LOGOS COMMUN POUR UN VIVRE-ENSEMBLE COMMUN: LA SINGULARITE DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE
Quel est le rôle de la langue? Pourquoi la langue doit-elle être commune à une communauté d'hommes vivant ensemble? Pourquoi est-il impossible d'imaginer que chaque individu ait son propre langage individuel, qu'il ne partagerait à la rigueur qu'avec sa famille?
Tout simplement parce que les êtres humains, tous différents, ont néanmoins besoin, d'une part de s'approprier le
monde qu'ils découvrent à leur naissance, avec des mots, d'autre part, de communiquer avec d'autres, au-delà de leur famille, avec des mots qui soient compris de leurs voisins, de leurs pairs au sein du territoire dans lequel ils vivent et évoluent.
En outre, si l'on prétend, en France, vivre dans une seule et même communauté politique, il faut bien comprendre que la détention d'une langue commune est la condition sine qua non du partage d'un même monde commun, d'une même "chose publique", puis d'un "vivre-ensemble".
Le lien entre logos et politique a depuis longtemps été posé par les Grecs, comme un préalable
à la vie des citoyens dans la Cité. Le prestige accordé à la langue grecque et la différenciation avec les Barbares -ceux qui ne parlent pas cette langue- étaient étroitement liés.
Comme le rappelle Claude Mossé, dans La Grèce archaïque d'Homère à Eschyle, l'importance de la parole grecque était "l'indice d’une évolution annonçant cette “civilisation de la parole politique”, pour reprendre l’expression de P. Vidal-Naquet, que sera la civilisation grecque".
L'affichage public des lois, des tables de lois, dans une langue écrite compréhensible par tous les citoyens, en Grèce comme à Rome, participèrent dans un cas d'une révolution démocratique, dans l'autre de l'affrimation de la république.
En France, la Renaissance marque un tournant avec l'apparition du français, qui peu à peu prend le relais du latin. La monarchie et l'Etat tendent à s'affirmer avec majesté, sur les décombres du féodalisme médiéval.
Comme le rappelle fort opportunément Merlin-Kajman dans La langue est-elle fasciste?, c'est par l'ordonnance de Villers-Cotterêts, en 1539, que l'Etat monarchique décide qu'une langue commune sera choisie pour tous les actes administratifs, pour que ceux-ci soient compris par tous sur tout le territoire du royaume.
L'ordonnance de Villers-Cotterêts, en 1539, définissait une langue commune pour tous les actes administratifs: le français. Aujourd'hui, la Constitution en reconnaîtrait d'autres....
Contrairement à la légende noire inventée par les anarchistes, les postmodernes ou les militants régionalistes, il ne s'agissait absolument pas d'imposer le français à tous les ressortissants du royaume, il ne s'agissait pas non plus de liquider les patois ou idiomes régionaux alors bien vivants pour leur substituer une langue unique, mais de créer une sphère étato-juridico-publique, dotée d'une langue commune à tous.
En rien la sphère privée des habitants du royaume de France n'était menacée, en rien l'usage d'autres langues n'était interdit. Comme l'écrit Merlin-Kajman, "la promotion de la langue vulgaire [le français plutôt que le latin], au rang de langue publique accompagne la progression, au XVIe siècle, de l'idée de "public"".
En outre, la décision d'ériger au rang de langue publique le français était pensée comme un acte liant le peuple tout entier, à égalité -même si celle-ci demeurait une fiction politique- au roi, lui-même co-détenteur de la chose publique et du royaume. "Ecrire en français plutôt qu'en latin, affirme Merlin-Kajman, représente aux yeux des lettrés une action doublement menée en faveur du peuple; et par "peuple", il faut ici entendre l'entité juridico-politique comprenant tous les membres des trois ordres du royaume. D'une part, parce que c'est publier des savoirs dans sa langue, et donc les lui rendre accessibles. D'autre part parce que c'est ainsi le désigner comme le principal destinataire, concret et immédiat, du bien public, indépendamment des hiérarchies et communautés instituées ailleurs, à Rome par exemple".
D'après Merlin-Kajman, "l'emploi de la langue, ou plus précisément, sans doute, le nom- le nom espagnol, français ou béarnais- qui la désigne [...] se trouve ici doté d'un sens public, indépendamment de la valeur usuelle du langage, indépendamment de la compétence linguistique des locuteurs". Cet auteur de souligner "la valeur exclusivement politique, et non pas linguistique, que prend la langue, signe de souveraineté".
C'est en fait, à l'époque révolutionnaire puis de l'instauration en France d'une République, cette acception de la langue, comme langue commune de "citoyens" égaux qui sera retenue, même si les révolutionnaires prétendront faire table rase du passé monarchique. Ainsi, comme le précise Merlin Kajman, "Pour Grégoire, pour Barère, la politique royale, qu’ils ne distinguaient pas du pouvoir féodal, avait consisté à pluraliser les langues –les “idiomes féodaux”- pour “isoler les peuples”, “séparer les pays”, “diviser les intérêts”, bref, freiner la libre circulation des opinions entre les sujets du royaume".
L’établissement d’une langue commune, comme condition la liberté d’expression des opinions, était perçue par les révolutionnaires comme la mise à mort du féodalisme langagier entretenu selon eux à dessein par la monarchie.
Sans développer au-delà, c'est cette conception de la chose publique, lointain et précieux héritage, travaillée par la monarchie puis repensée de façon bien plus radicale par la Révolution, qui éclaire l'article 2 de notre Constitution, lequel stipule tout simplement que:
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"La langue de la République est le français."
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Il ne s'agit donc pas dans la Constitution d'interroger le parler des habitants de la France, mais, comme c'est la vocation de toute Constitution, de déterminer ce qui est le logos de la communauté politique républicaine, dans laquelle tous les citoyens doivent pouvoir s'exprimer et échanger leurs opinions en toute liberté.
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Or, c'est précisément toute cette philosophie politique, égalitaire en droit et devant la loi, qui est aujourd'hui
détruite avec l'introduction, non pas dans une loi, mais dans la Constitution, de la reconnaissance des langues régionales comme patrimoine de la nation, plaçant celles-ci devant le français, puisque l'amendement en question "complètera" l'article premier de la Constitution.
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Comment un tel revirement est-il possible en France, en 2008? En fait, l'amendement voté à l'Assemblée nationale tant par des députés de gauche que de droite, se nourrit d'une propagende anti-républicaine récurrente, identifiant le français à une langue impérialiste voire coloniale.
DERRIERE LES REVENDICATIONS LINGUISTICO-CULTURELLES DEJA RECONNUES, UNE LUTTE POLITIQUE ANTI-REPUBLICAINE
Certes la Révolution française puis la IIIe République s'étaient montrées inflexibles dans la prééminence du français. Mais depuis, les littératures régionales se sont épanouies et la République a largement fait preuve de tolérance à l'égard des idiomes régionaux.
Mais le lien entre politique et langue est en fait prégnant, les ennemis de l'Etat-nation, de la République française, les militants identitaires régionalistes, les chauvinistes régionaux ou encore les nostalgiques de la "France des terroirs" le savent parfaitement.
Pourtant, beaucoup, issus d'abord de groupuscules anarchistes, anti-impérialistes, pseudo-révolutionnaires, puis de la gauche libertaire et enfin des hérauts, de droite comme de gauche du multiculturalisme anglo-saxon, prétendent que la déchéance du français comme langue commune et co-partagée par les ressortissants de la République française, la reconnaissance pleine et entière -en fait jamais assez satisfaisante- des idiomes régionaux ou des patois ne relèveraient pas de positions politiques mais simplement de revendications culturelles.
Rien de plus faux.
En effet, toutes les mesures prises en faveur des langues régionales, dans certaines régions de
France, telles la Corse ou la Bretagne, loin de satisfaire les régionalistes chauvins, les ont toujours amenés à réclamer encore et encore plus de reconnaissance politique.
La créations d'écoles en breton ou en corse, le double affichage en français et en langue régionale des panneaux routiers a donné lieu à la destruction des panneaux en langue française.
Loin d'apaiser les rapports entre les extrémistes les plus radicaux, dont les terroristes, ces dérives libérales successives, ont débouché sur des relations toujours plus haineuses entre l'Etat et les régionalistes, lesquels veulent, en leur for intérieur, faire sécession avec le territoire de la République française.
L'adage selon lequel "l'aveu de faiblesse en politique est une faute grave" a depuis longtemps été confirmé dans le cas des langues régionales.
En effet différentes lois ont marqué le long cheminement vers la reconnaissance par la loi des langues régionales comme leur enseignement, subventionné par l'ensemble des Français.
La loi Haby, en 1975 stipule en son article 12 que "un enseignement des langues et des cultures régionales peut être dispensé tout au long de la scolarité".
François Miterrand, lors de sa campagne présidentielle en 1981, avait affirmé que "le temps est venu d'un statut des langues et cultures de France qui leur reconnaisse une existence réelle. Le temps est venu de leur ouvrir grandes les portes de l'école, de la radio et de la télévision permettant leur diffusion, de leur accorder toute la place qu'elles méritent dans la vie publique" (sic). La libéralisation des radios sera le ferment du développement et de la massification insidieuse du séparatisme régionaliste...
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L'encouragement des radios régionalistes ou de créneaux horaires en "langue régionale" est depuis longtemps un fait acquis. Les impôts subventionnant parfois leur existence.
En 1994, la loi Toubon relative à l'emploi du français, confirmait également cette position. Son article 21 précisait ainsi que "les dispositions de la présente loi s'appliquent sans préjudice de la législation et de la réglementation relatives aux langues régionales de France et ne s'opposent pas à leur usage".
Pour ce qui est précisément de l'enseignement des "langues régionales", la circulaire 95-086 du 7 avril 1995 réaffirmait "le souci de veiller à la préservation d'un élément essentiel du patrimoine national" et "l'engagement de l'Etat en faveur de cet enseignement".
Allant plus loin, la circulaire posait que chaque classe devait pouvoir procéder à l'apprentissage d'une "langue régionale": "Chaque enseignant, lorsque les activités de la classe s'y prêteront, fera découvrir à ses élèves les richesses du patrimoine culturel et linguistique, il les amènera à appréhender le fait régional non comme une opposition entre des particularismes locaux, mais comme une composante de la culture nationale". Et encore: "l'enseignement bilingue donne à la langue régionale, à côté de la langue française, une place reconnue dans la scolarité à l'école primaire [...]. L'enseignement bilingue sera organisé lorsque la demande des parents aura été exprimée et reconnue".
L'école bretonne....
Que demander de plus?
Loin d'apaiser les esprits, cette reconnaissance, d'abord par la loi, des idiomes régionaux a soufflé sur les braises de la haine et du repli de "communautés régionales" prétendant s'isoler de la seule communauté politique jusqu'ici reconnue, à savoir la République française.
L'Union européenne, insensible à la culture politique républicaine française, a d'ailleurs emboîté le pas à cette dangereuse involution. La tendance de nombre de pays européens à reconnaître en leur sein des "minorité linguistiques" a poussé l'Europe à demander à ses membres de signer en 1992 la "Charte des langues régionales ou minoritaires". Ce alors que la République, heureusement, ne reconnaît pas l'existence, comme c'est le cas dans les pays de l'Est, de "minorités".
Après quelques années d'hésitation et sous la pression de culture anglo-saxonne, la France a fini par signer cette Charte, le 7 mai 1999 à Budapest, sous la présidence de Jacques Chirac. Le Conseil Constitutionnel en a empêché la ratification, qui autoriserait notamment la publication des actes publics ou des décisions de justice en "langue régionale", ce qui reviendrait à anéantir la dimension politique de la langue, de la Constitution de la République comme son unité et son indivisibilité.
L'effondrement de la culture républicaine, l'éloignement de l'Union européenne des citoyens comme l'opacité de ses
décisions ont participé de la formation d'un consensus mou en faveur des langues régionales. Les quelques résistants, soucieux de l'unité de la République n'eurent pas gain de cause...
Et ce malgré les risques politiques de sécession, fondée sur des bases linguistiques, qui menacent des Etats comme la Belgique ou encore l'Espagne.
LES RISQUES DE LA GRANDE REGRESSION VERS LE NARCISSISME ET LA HAINE ETHNO-LINGUISTIQUES
Dans Qu'est-ce qu'une nation?, Ernest Renan, s'opposant au nationalisme ethno-linguistique allemand, avait participé à la fondation d'une pensée nationale politique et historique, alliant unité et diversité. Aussi pour lui: "Le Français n'est ni un Gaulois, ni un Franc, ni un Burgonde, il est ce qui sorti de la grande chaudière où, sous la présidence du roi de France ont fermenté ensemble les éléments les plus divers".
Le spectre de la guerre civile hantait évidemment Ernest Renan, autant que les rapports franco-allemands. Le souvenir tragique des guerres de religion demeurait encore pérenne.
Aujourd'hui, après l'effondrement du mur de Berlin et de l'URSS, alors que les idéologies révolutionnaires se sont essouflées, c'est l'identitaire qui prend le relais de la subversion et de l'échec de la pensée républicaine à avoir relevé le défi de la nouvelle donne mondiale.
La prévalence militaire et géopolitique des Etats-Unis d'Amérique s'est aussi accompagnée d'une ascendance claire
dans le domaine des idées et notamment dans le champ de la "science politique". Ainsi les thèmes de la reconnaissance, de la tolérance positive, du différentialisme, du multiculturalisme, du communautarien, du retour du religieux et autres fadaises, ont peu à peu irrigué l'Université française. Le procès en intolérance de la République française et de sa philosophie politique est devenu quasi-dominant, au nom de ces mêmes théories fumeuses et dangereuses.
En effet, les pays qui s'en revendiquaient le plus, reconnaissent aujourd'hui leur erreur. Ainsi des Etats-Unis, où les néoconservateurs ont finalement vu leurs idées arriver au pouvoir avec George W. Bush, précisément comme une revanche contre ce multiculturalisme dominant -ce qui n'aboutit d'ailleurs qu'à des catastrophes. La Hollande, terre d'élection de la tolérance, est en pleine crise depuis qu'elle constate que l'intégration de masse d'immigrés de confession musulmane requiert plus que des louanges à la gloire de la tolérance ou de la différence. Le Royaume-Uni constate aujourd'hui que son modèle multi-culturel touche à ses limites, les revendications des organisations musulmanes étant devenues exorbitantes et des attentats islamistes ayant été commis à Londres par des citoyens anglais de confession musulmane. Le Canada n'est pas en reste, l'introduction de la Charia dans sa législation familiale et civile, au nom du caractère multiculturel de l'Etat, ayant suscité des remous tels au sein des organisations féministes notamment, que cette disposition dut être abandonnée.
La Belgique, voisine de la France, vit quant à elle depuis des années, dans la crainte de l'explosion du pays entre les communautés francophones et néerlandophones. Destruction du pays qui semble maintenant à l'ordre du jour.
La Flandre indépendante sur RTBF !
Vidéo envoyée par INFOCOM-Net
Quand les conflits linguistiques peuvent déboucher sur l'explosion politique d'un pays entier... Le cas de la Belgique.
La reconnaissance des "langues régionales" dans la Constitution de la République française va ainsi à rebours de l'histoire occidentale.
Sous des prétextes généreux, elle exacerbera ce qui n'est que chauvinisme, quête narcissique de l'identitaire, à laquelle la République ne répond plus. La haine des militants "régionalistes", qui s'appellent parfois "nationalistes", est d'ailleurs patente. Il suffit simplement d'engager la conversation avec un seul d'entre eux pour s'en rendre compte, ou encore de visiter leurs sites Internet, où les appels à la violence ou les insultes francophobes pullulent.
Des manifestations chinoises anti-française reprenaient en 2008 des slogans régionalistes et sécessionistes corses: Free Corsica...
En outre, une Constitution, avant l'élection de Nicolas Sarkozy -voire avant la président Chirac et le gouvernement Jospin- n'avait pas pour vocation de reprendre servilement à son compte les évolutions sociétales en cours, encouragées par la mondialisation et l'accélération de la consom-munication.
Jusque-là, une Constitution affirmait dans son Préambule les grands principes auxquels la communauté politique demeurait attachée depuis sa fondation, avant d'organiser les pouvoirs et les rapports du peuple "uni" volontairement avec l'Etat, dans son corps.
La fondation de notre République, qu'on le veuille on non, se trouve être 1789, et le français comme langue y demeure irrémédiablement liée -quoi qu'aient pu écrire les contre-révolutionnaires, notamment les "Vendéens".
La loi quant à elle, régissait précisément, dans le respect de cette même Constitution, votée directement par le peuple français,le quotidien. Et c'est ce qu'elle fit, malheureusement à mon sens, s'agissant des langues régionales, sous des pressions intra comme supranationales.
La constitutionnalisation des langues régionales fait s'écrouler toute la philosophie politique, non pas jacobine, comme le prétendent les régionalistes ou autres communautaristes, mais gréco-romaine, humaniste, révolutionnaire puis républicaine qui assurait la cohésion du pays comme sa singularité dans le monde.
En outre, elle déchire le lien entre langue commune et vie politique, dans un contexte de déclin généralisé du politique, ancien mais radicalement accéléré depuis l'accessions du populisme sarkozyste au sommet de l'Etat.
La reconnaissance dans le marbre de la Constitution des langues régionales, acte de fait l'existence de communautés
linguistiques séparées du reste de la communauté politique universellle sur le territoire de la République. L'égalité entre citoyens est brisée. Le vivre-ensemble menacé. L'ouverture à l'universel condamné par le repli sur des langues particularistes et peu utilisées ou par le recours à l'anglo-américain. Elle encourage la pire des choses, ce que Freud appelait, dans le contexte de la montée du nazisme, dans Le malaise dans la civilisation, "le narcissisme des petites différences".
Les théories régionalistes reprennent en effet à leur compte les mythes de la pureté ethno-linguistiques, celles-là mêmes qui alimentèrent les théories racistes. Lesquelles sont incompatibles avec l'établissement d'une civilisation républicaine fondée sur la citoyenneté égale et libre comme la prééminence de la chose publique sur tout particularisme de naissance... La naïveté avec laquelle la majorité libérale-libertaire de gauche comme de droite envisage ces mouvements est affligeante.
Les députés, de gauche comme de droite, qui ont donc voté cet amendement sont donc les fossoyeurs de la République, ce dont ils ou leurs successeurs ne se rendront compte que peut-être dans des décennies.
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Une fois de plus, on constate, comme l'écrivait, le 2 juin dans le Wall Street Journal, Guy Sorman, l'absence de cap d'un président post-moderne, étranger à toute conviction politique. Celui-ci d'expliquer le divorce de Nicolas Sarkozy avec le peuple français, après une élection remportée haut la main grâce à l'unité de la droite et aux voix du Front national, par "l'incapacité de Sarkozy à choisir [qui] reflète une personnalité post moderne détachée de toute conviction idéologique", comme en témoigne la fausse ouverture de son gouvernement.
Une chose est nénamoins certaine. C'est qu'idéologiquement parlant, Nicolas Sarkozy, "enfant de la télé" comme il se définit lui-même, est étranger aux principes fondamentaux de la République et fasciné par le modèle anglo-saxon, états-unien notamment.
C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre le basculement vers une nouvelle droite a- voire anti-républicaine.
Le cas de la constitutionnalisation des langues régionales, comme d'ailleurs celui de la laïcité, en témoigne amplement, rassemblant gauche librale-libertaire et nouvelle droite ultra-libérale.
Le problème est que langue, culture et politique demeurent originellement liées, comme le prouve la longue histoire de la démocratie, de la république et enfin de l'Etat.
A intégrer les idiomes régionaux dans la Constitution, censée régler les rapports entre un peuple "qui se sent peuple", comme le disait Marie-France Garaud, on valide ispo facto l'idéologie selon laquelle plusieurs communautés, voires plusieurs minorités co-existent politiquement sur le territoire d'une République dont le peuple est désuni.
Tous les exemples étrangers -de l'Espagne, déchirée entre Catalans, Castillans, Basques, à la Belgique au bord de l'explosion- montrent pourtant que les conflits et les revendications linguistiques s'entent dans des conceptions régionalistes identitaires absolutistes, qui tôt ou tard, mènent au déchirement de l'unité de l'Etat et du peuple qu'il est censé transcender.
Que la loi, comme c'est déjà le cas depuis des décennies, reconnaisse les "langues régionales", c'est un fait acquis. Mais de là à les constitutionnaliser comme "patrimoine de la nation", un pas irréversible est franchi.
On peut gager que les revendications séparationnistes ou indépendantises verront là un encouragement de plus, paradoxalement encouragé par une Union européenne qui a pourtant renoncé à se constituer en "régions", notamment depuis son élargissement.
La défaite de la pensée démocratique et républicaine en Europe est désormais actée par l'Assemblée nationale et le président de la République lui-même.
Le narcissime, estimait Freud, est le pire ennemi de la culture et de la civilisation. Il attise les pulsions les plus viles et les plus dangereuses.
Il est malheureux que ce grand témoin de la montée du nazisme ne soit pas relu par les conseillers de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine.
Alors que le vrai combat devrait être celui de la lutte contre l'illettrisme et pour l'égalité dans l'apprentissage du français, on cède aux revendication ethno-régionalistes les plus chauvines... En même temps que l'on saigne l'Education nationale en en retirant des milliers de postes.
Le futur nous dira si l'unité de la République sortira renforcée ou fragilisée par cette décision...
28 avril 2008
VALERIE PECRESSE, MINISTRE DE NICOLAS SARKOZY, INSULTE LES SENIORS EN QUALIFIANT LE VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION DE FLEAU
La liquidation des solidarités nationales et du pacte social républicain passe évidemment par les cases Santé, Justice, Familles. Franchises médicales, privatisation à terme de la Sécurité sociale, fermetures d'hôpitaux et de tribunaux, diminution des allocations familiales sont inscrites dans la logique même du programme sarkozien. Mais celui-ci achoppe aussi sur un problème, que nous résumerons crûment: "Que faire de ces vieux qui coûtent si cher à l'Etat, vivent si longtemps mais votent toujours?". La disparition de la retraite par répartition serait l'idéal mais, en attendant, on se contentera de faire stagner le montant des petites retraites, de mettre les personnes âgées au travail, d'allonger toujours plus le nombre d'années de cotisations pour repousser le plus loin possible l'âge réel de la retraite... Le "vieux" inactif -qu'une "politique de civilisation" devrait respecter- de symbole de sagesse et objet de respect, est devenu un boulet, envisagé en termes comptables...
REGIS DEBRAY
"Que ce soit hier pour les familles et les soeurs de charité,
aujourd'hui pour l'Etat et les collectivités territoriales,
"le malheureux digne de pitié" a toujours été une charge.
Qu'il soit devenu une obscénité est le fait nouveau."
Le plan vermeil,
Modeste proposition.
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Lors de la campagne pour les présidentielles de 2007, Nicolas Sarkozy avait promis une augmentation de 25 %
des petites retraites. Palinodie de plus: l'augmentation ne fut, pour 2008, que de 1,1 %... Pourtant, toutes les études sur le dernier scrutin montrent que le candidat Sarkozy avait largement bénéficié du vote des personnes âgées, dont la part dans la population française est de plus en plus importante.
Il est pourtant clair que la politique sarkozienne n'a que faire des "séniors", de leur bien-être ou encore de leur pouvoir d'achat. Ceux-ci ne sont perçus qu'à travers le prisme de la réduction du monde à l'économie néolibérale et à la société de consommation et de travail qu'elle est censée stimuler.
Dans ce cadre-là, l'antique respect dû aux "aînés", aux Anciens, à nos prédécesseurs, n'a aucune place.
Reportage Royal
Vidéo envoyée par ehpafr
Ségolène Royal, durant sa campagne présidentielle contre Nicolas Sarkozy, avait fait de la cohabitation et des rencontres inter-générationnelles un axe fondateur du "vivre-ensemble" républicain... Concept inconnu de la droite antirépublicaine sarkozyste arrivée au pouvoir...
Faire stagner les petites retraites, encourager l'allongement de la durée de cotisation des salariés pour pouvoir quitter le monde du travail, la volonté de faire travailler les séniors, retarder, par des voies détournées, l'âge légal de la retraite, la remise en cause de la retraite par répartition - qui permet aux travailleurs de jouir, grâce aux solidarités nationales, après des années de labeur, d'un temps de répit avant de quitter ce monde -: toutes ces mesures se fondent sur l'idée que les retraités coûtent trop cher à la solidarité nationale et que, au nom des "impératifs économiques", des restrictions budgétaires - en l'ocurrence aggravées par la politique fiscale favorable à la rente et aux grandes fortunes de Nicolas Sarkozy -, les retraités sont devenus un fardeau.
Manifestations de retraités le 29 mars 2008
Comme l'écrivait en 2004 Régis Debray, dans Le plan vermeil, Modeste proposition, "Autant, en période de croissance forte, les vieux peuvent représenter un potentiel de consommation intéressant, grâce notamment aux systèmes d'aide et de protection, autant, quand la croissance ne dépasse pas un poussif de 2 %, ils signifient retard au décollage, dette publique aggravée (déjà proche du milliard d'euros), perte de contrôle des dépenses, frein au développement technologique et à l'innovation, et au final baisse du niveau de vie".
De variable d'ajustement économique en période de forte croissance, les Anciens deviennent donc un fardeau quand la croissance - comme aujourd'hui - est en berne...
La vue, comme dans certains pays développés, de femmes et d'hommes âgés de 70 ans travaillant dans des fast-foods pour pouvoir manger, n'est plus un tabou en France...Après 5 ans de pouvoir sarkozien, on peut même penser que les familles, hormis les plus riches évidemment, seront gravement destabilisées par cette remise en cause du statut de retraité, tant symbolique que réel, par cette amputation du dernier maillon de la chaîne familiale formé par les "grands-parents".
Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche nommée par
Nicolas Sarkozy, est allée plus loin que tous les discours sur le fardeau que constitueraient les "vieux" dans les sociétés contemporaines, lors de l'émission Ripostes sur France 5, le 27 avril 2008.
Au milieu d'une tirade élogieuse sur les réformes voulues par le président et engagées par le gouvernement, Mme Pécresse a lâché, à la 14e minute de l'émission:
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"toute notre politique c'est pour lutter contre un fléau qui va arriver
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c'est celui du vieillissement de la population"...
En quelques mots, la ministre sarkozienne résumait limpidement le mépris qui frappe tous les "improductifs", tous
ceux qui "ne travaillent pas plus pour gagner plus" (selon le slogan de campagne du candidat de Nicolas Sarkozy), dans une société complètement dépolitisée, déshumanisée, uniquement vouée au travail et à la consommation du travail - ce qui n'est d'ailleurs qu'une facette de l'ensemble, car, en vérité, les rentiers, les spéculateurs et les grandes fortunes sont, eux, les nouveaux privilégiés qui échappent à cette condition -grâce à l'appui d'un gouvernement qui ne fait que les favoriser, au détriment des "masses", de la majorité de la population
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Une fois de plus, c'est l'immensité de l'immoralité politique du sarkozysme qui point dans le propos de Mme Pécresse.
L'instrumentalisation des personnes âgées, tantôt consommateurs courtisés tantôt fardeau pour l'économie et ce qu'il reste des solidarités nationales, une telle instrumentalisation est inscrite dans l'idéal d'une société qui ne se voue qu'à transformer la communauté humaine en une immense entreprise-centre commercial, de laquelle les "imporductifs" doivent être exclus.
A ce stade, les retraités perdent toute leur humanité et toute leur dignité. Les "vieux" sont devenus un "fléau".
Quand on pense que Nicolas Sarkozy prétendait défendre le retour aux "valeurs", notamment familiales, il est assez effarant de voir combien sa politique précarise tant la jeunesse que les Anciens...
07 février 2008
RAMA YADE, SYMBOLE DU REGNE DE L'OPPORTUNISME ET DU CYNISME ANTI-REPUBLICAINS SOUS SARKOZY
Symbole de l'"ouverture-imposture" pratiquée par le "très-chrétien" président Nicolas Sarkozy, Rama Yade ne s'était pas cachée d'avoir rejoint le candidat qu'il était, non pas au nom de l'intérêt supposé général, mais pour une seule et unique raison: la défense de la "discrimination positive raciale". Mesure contraire à la Constitution de la Ve République comme à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 -dont elle a été paradoxalement nommée secrétaire d'Etat (sic). Comble de l'immoralisme ou de la vacuité politique au pouvoir aujourd'hui, on découvre que ce sont les sondages donnant gagnant l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, puis sa victoire, qui l'ont motivée à postuler à un poste dans son futur gouvernement, et aucunement un accord général sur son projet... Vide sidéral du sarkozysme et rupture avec les principes fondamentaux de la République comme de la philosophie politique française, telle est la marque de fabrique du nouveau pouvoir, inculte mais télégénique...
ALBERT CAMUS
"Rien n'étant vrai ni faux, bon ou mauvais,
la règle sera de se montrer le plus efficace,
c'est-à-dire le plus fort".
"L'homme révolté".
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LE NAUFRAGE DE L'ETHIQUE POLITIQUE DANS LE SARKOZYSME TOUT-PUISSANT:
Pour ceux qui en doutaient encore, la politique d'"ouverture" annoncée par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République n'est qu'un leurre, confinant à un déni médiatique de démocratie.
La nomination de personnalités dites "de gauche", tels Fadela Amara, au secrétariat d'Etat à la
Ville, Bernard Kouchner, aux Affaires étrangères et Rama Yade, au secrétariat d'Etat aux droits de l'homme, n'a rien changé, en termes politiques ou "philosophiques", osons le mot, aux orientations ultra-droitières et anti-républicaines de la présidence Sarkozy.
Ceux-ci ont mené la danse médiatique chacun à leur tour, en prétendant s'opposer à telle ou telle décision du gouvernement, tout en en restant des membres solidaires, conformément à la pratique de la Constitution de la Ve République:
Mme Amara après avoir qualifié de "dégueulasse" la politique d'immigration actuelle, s'est tue et est rentrée dans le rang
M. Kouchner, chantre d'une diplomatie des "droits de l'homme", après avoir fait campagne pour la candidate socialiste, Ségolène Royal, notamment contre l'instauration des franchises médicales, s'est avoué "résigné" à la visite triomphale du dictateur lybien Kadhafi
Mme Yade après avoir fait la une d'un quotidien de référence, avec une diatribe toute préparée contre la venue de ce dernier à Paris, s'est aussitôt "calmée" et n'a pas démissionné.
Le tout au bénéfice de la stratégie de destabilisation de la démocratie représentative et de la vie des partis politiques français menée par Nicolas Sarkozy.
Qu'illustrent cette impuissance et ces reniements sinon ce fait que dans le sarkozysme, pour paraphraser Camus, "rien
n'étant vrai ni faux, bon ou mauvais", la vacuité ou la confusion des idées politiques régnant, ces personnalités suivent leur propre intérêt de carrière, au plus près de l'"homme fort" et du pouvoir? Quoi d'autre qu'un mépris pour la "chose publique", pour l'"intérêt général" et le destin du pays? Aucune conviction politique ne les anime, en ce sens précis en tous cas.
La preuve en est que Mme Yade, invitée du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), militant pour la "cause" particulariste "noire", le 30 janvier dernier, avouait en substance à Axel Ardes et Chou Sin, rédacteurs du Bondyblog, que peu lui importait la confrontation des projets de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy, qui étaient et demeurent radicalement opposés pour la France. L'enjeu pour elle étant de rallier "le plus fort" dans les sondages, afin d'être présente au gouvernement.
Les différentes affiches électorales des différents candidats à l'élection présidentielle de 2007, autant de projets radicalement opposés pour la France... Ou la République démocratique aux urnes...
Dans ce raisonnement, peu importe, malgré quelques désaccords ici ou là, que le prochain élu soit de gauche ou de droite, soit ultra-libéral ou social-démocrate, qu'il mène une politique en faveur des classes déjà aisées ou régie par le souci d'une juste répartition des richesses. Peu importent les choix économiques et sociaux, la politique d'immigration, l'orientation de la politique étrangère et autres balivernes éculées...
Après la fin des idéologies, c'est donc à l'effondrement de la politique, à la dépolitisation, à la désocialisation des enjeux que nous convie Rama Yade... Non sans une conviction de substitution.
Le 30 janvier 2008, Rama Yade était présente au dîner du CRAN, elle parle ici de "nous les noirs" et explique son engagement auprès de Nicolas Sarkozy. A la fin, vous entendrez seulement sa voix nous disant "ne serait-ce que par intérêt, y'a Ségolène Royal y'a Nicolas Sarkozy", "Sarkozy avait 50% de chances". "Qu'est-ce qu'on fait [...] c'est fini pour les noirs"; "pourquoi moi je suis rentrée dans le gouvernement", "parce je voulais pas avoir souffert pendant toute la campagne électorale et qu'apèrs y'ait tout le monde y'a pas moi"... Faire avancer la cause des noirs dont elle prétend être le défenseur patenté, au-delà de tout intérêt général, tel était son seul but...
RAMA YADE, LA CAUSE DES NOIRS AVANT LA DEFENSE DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN:
Car le cas de Rama Yade bien plus intéressant que celui de ses collègues. A défaut de "solidarité gouvernementale", on peut parler à son égard d'une "affinité élective idéologique" de choc avec le président de la République. Elle partage avec lui une conviction forte qui ne s'inscrit effectivement pas dans celui du traditionnel clivage droite-gauche, mais dans celui d'un affrontement entre projet anti-républicain et projet républicain. Et le détricotage des fondamentaux républicains a été très tôt revendiqué par Nicolas Sarkozy. Symptomatique d'une France dont la culture politique s'est peu à peu effondrée.
En effet, comme elle l'avait déjà déclaré, son ralliement au candidat Nicolas
Sarkozy, pourtant élu sur un discours en partie calqué sur celui de Jean-Marie Le Pen, chef du parti d'extrême-droite du Front National, se fondait sur une seule et unique idée, anti-républicaine par principe, mais défendue par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine: la "discrimination positive raciale". Mesure censée en finir avec les discriminations sociales bien réelles que rencontrent nombre de citoyens français d'origine étrangère.
Le plus affligeant réside donc certainement dans le fait qu'elle ait été nommée secrétaire d'Etat
aux droits de l'homme quand ce qui a motivé son entrée au gouvernement était la "cause des noirs", comme elle le rappelle aux blogueurs de Bondy. Ainsi l'humanisme, la conception de l'homme, affranchi des déterminismes "raciaux" ou pseudo-religieux, sont-ils jetés aux orties.
La principale cible des défenseurs des "minorités" et du communautarisme, qui furent pendant longtemps de gauche, est d'ailleurs précisément la Déclaration de 1789, avec sa conception universaliste et citoyenne de l'être humain et du citoyen, prétendues "aveugles" aux différences et donc, par ricochet, racistes. L'homme, dans la vision communatariste comme sarkozienne, est "assigné à résidence ethnique", soit tout le contraire du message porté par la France républicaine -d'ailleurs trahi tant dans les colonies que sous Vichy.
La censure par le Conseil constitutionnel, le 15 novembre 2007, du projet d'instauration de statistiques raciales, pudiquement dénommées "ethniques" mais fondées sur la couleur de la peau, au nom de l'article Ier de la Constitution -stipulant que la République "indivisible [...] assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans disctinction d'origine, de race ou de religion"-, prouve le caractère anti-constitutionnel et anti-républicain de cette vision racialisée de la France, chère à Nicolas Sarkozy et à Rama Yade.
Le fronton du Conseil constitutionnel, dernier rempart contre les entorses continues à la Constitution, dont Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il en modifierait bientôt le préambule, annonce des plus inquiétantes...
Mais pour Mme Yade, on peut penser que la promotion de cette seule mesure prime sur le reste de la politique d'ensemble préparée et menée par la
présidence Sarkozy et son gouvernement. Politique-maketing, "démarchie", comme l'appelait l'économiste Hayek, fragmentation du collectif et défense des particularismes ethniques, voilà ce dont Mme Yade est le symbole. L'absence de culture républicaine de Nicolas Sarkozy faisant le reste, on peut penser qu'elle défendra "sa" cause comme elle l'entend.
D'ailleurs, la censure du Conseil constitutionnel sera contournée, comme l'a annoncé le président de la République lors de sa conférence de presse du 8 janvier 2008. Le préambule de la Constitution, qui contient la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, sera en effet modifié. La notion de "diversité" y sera inscrite, autorisant probablement la mesure d'une "diversité raciale" française, créant des "minorités" en fonction de la couleur de la peau. Ainsi sera posé un jalon pour la "discrimination positive" des dites "minorités ethniques", fragmentant le tissu social et civique en préparant le terrain à une communautarisation par la loi de la population française. La notion de peuple y perdant tout son sens, et avec elle celle de citoyenneté...
Comme le rappelle fermement Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, dans un papier pour Marianne, en date du 5 février 2008, intitulé "La
trahison de la République... par son président", la création d'un comité, dénué de toute légitimité démocratique, chargé de modifier le préambule de la Constitution, n'a rien à voir avec la commission Balladur, mise en place pour réaménager l'organisation des pouvoirs. Il s'agit ni plus ni moins que "de s'attaquer aux fondements de la République tout court, à travers une remise en cause des dispositions constitutionnelles de fond, et non plus des seules règles d'organisation". Pour les raisons évoquées plus haut, la juriste de poser qu'"inscrire le "respect de la diversité" dans le préambule de la Constitution revient à anéantir l'égalité "en droits" proclamée en 1789, et à substituer l'homme situé et déterminé à l'homme libre qui s'auto-détermine", grave régression du point de vue de notre civilisation républicaine fondée sur la dignité, la liberté et la perfectibilité des hommes, égaux devant la loi.
Le 8 novembre 2008, répondant à une question de la journaliste Memona Hintermann, farouche défenseuse de l'égalité républicaine, Nicolas Sarkozy annonçait la modification du préambule de la Constitution pour y introduire la notion vague de "diversité", dont le mot pourrait cacher en fait l'adoption du modèle états-unien -ou indien- de discrimination positive -raciale, ethnique ou tribale.
Puisque le "très-chrétien" Nicolas Sarkozy a récemment parlé de "politique de civilisation" sans qu'on n'en sache plus, une évolution assez claire se dessine: un projet de société dépolitisée et racialisée, où le citoyen sera supplanté par le consommateur et l'homo ethnicus, "croyant" de surcroît. Ce que confirme et condamne encore Anne-Marie Le Pourhiet, sur la forme comme sur le fond et d'un point de vue démocratique: "On a le droit de vouloir changer de civilisation, donc de constitution, en choisissant éventuellement le parti de la réaction, mais on ne peut bouleverser à ce point le contrat social d'un peuple sans qu'il y consente. Jamais, durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy n'a proposé aux Français l'abandon du modèle républicain qu'il n'a, au contraire, pas cessé de vanter. Il n'a donc pas été mandaté pour opérer ce bouleversement et une telle proposition nécessite assurément un référendum constituant".
Or, il est certain que M. Sarkozy ne procédera à aucune consultation populaire sur quelque réforme que ce soit, encore moins relative à un sujet aussi grave. Lequel suppose pourtant un débat national de grande ampleur avec le temps nécessaire au considérable travail de pédagogie qu'implique un tel séisme "civilisationnel". Le fait qu'il ait déjà rejeté le recours au référendum tant sur l'Europe, sur la laïcité que sur les institutions est de très mauvaise augure.
Parce qu'il s'agit bien là d'une rupture avec la civilisation républicaine et le "vivre-ensemble" patiemment, et non sans tragédies, bâtis depuis des siècles...Laissant place à un individualisme et à un chauvinisme chevronnés, à ce "narcissisme des petites différences", qu'il soit pseudo-religieux ou ethno-racial, évoqué en son temps par Freud dans Malaise dans la culture... Rama Yade en est le symbole éclatant, au sein du gouvernement en place...
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Les réponses, fournies par Rama Yade au Bondy Blog, confirment donc le caractère fallacieux de l'"ouverture", qui relève bien du débauchage de personnalités "iconoclastes" et ambitieuses -même si Mme Yade assure s'être "imposée" à Nicolas Sarkozy, il n'en demeure pas moins que c'est lui qui l'a nommée-, selon leur degré de popularité médiatique supposé.
S'il n'y a pas de "solidarité gouvernementale", comme le supposent les articles 20, 49 et 50 de la Constitution, c'est tout simplement parce que les ministres d'"ouverture", sans parler des autres, ne travaillent pas au nom de l'intérêt général du pays, défini pour 5 ans par le peuple lors de l'élection présidentielle du 6 mai 2007. Ils travaillent chacun pour leur "marché politique" propre, d'où les dissensions récurrentes au sein du gouvernement, sans même évoquer la grogne des parlementaires devant lesquel ce dernier est responsable.
Rien de politique là-dedans, si ce n'est un projet de déconstruction des principes philosophiques de la République, déposés dans le préambule de la Constitution.
Car s'agissant de Mme Rama Yade, à moins qu'elle ne désavoue ses propos, il est clair qu'elle travaille pour elle-même d'une part, et pour une cause bien précise d'autre part, celle d'une "minorité de gens de couleur". Catégorie inconstitutionnelle.
Au-delà de l'effondrement de l'éthique politique qui règne aujourd'hui à l'Elysée comme dans les ministères, avec la modification annoncée du préambule de la Constitution, nous allons assister à la méticuleuse destruction des grands principes philosophiques et politiques de la République.
Nommée par le président de la République, selon la pratique discrétionnaire en vigueur, Rama Yade peut compter sur son appui, comme cela a été le cas lors de la venue à Paris du dictateur lybien Kadhafi.
Au-delà, on peut supposer qu'elle peut aussi se réjouir d'une convergence de vue ou d'un aveuglement partagé avec Nicolas Sarkozy -"le plus fort", comme l'écrivait Camus-, s'agissant de l'abolition de la République "une et indivisible" au profit de la consécration juridique du communautarisme et de la "racialisation" de la société française, obtenues en catimini et dans le dos du peuple français.
Ira-ton vers une société divisée en communautés ethno-raciales où l'égalité des droits sera abolie à la faveur d'un système de distribution ou de privation de droits en fonction de la couleur de peau de nos concitoyens? La nuit du 4 août 1789, qui abolit les privilèges, sera-t-elle nulle et non avenue?
La société française deviendra-t-elle une société de plus en plus inégalitaire, où la solidarité nationale sera vidée de son sens mais dans laquelle des micro-élites "racialisées" seront encouragées et affichées pour cacher l'état général du pays et les souffrances sociales de pans entiers de la population -et notamment des personnes issues de l'immigration?
Il faudra suivre attentivement les travaux de cet énième comité discrétionnaire, dans son ambition de bafouer nos principes républicains fondateurs, de manière absolument antidémocratique...
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Vous pouvez signer la pétition en ligne de:
-SOS racisme: "Contre la statistique ethnique"
http://www.fichepasmonpote.com/
Rama Yade
Vidéo envoyée par Bondy_Blog
22 décembre 2007
SARKOZY PRESIDENT ANTI-REPUBLICAIN MAIS ABSOLUMENT PAS CATHOLIQUE: LA GRANDE HYPOCRISIE PSEUDO-RELIGIEUSE
Etre attaché à la "chose publique" et sarkozyste est chose impossible.
Mais alors que l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République française, Nicolas Sarkozy, rencontrait le pape Benoît XVI, au Vatican, après sept mois d'exercice du pouvoir, cette autre question doit être posée: peut-on être chrétien ou catholique et sarkosyste: la réponse devrait être clairement non. Car si le Sarkozy candidat de "toutes les" droites françaises avait multiplié les professions de foi et appels du pied à l'électorat dit "catholique", il est temps que les chrétiens comme les catholiques de France se réveillent: la politique de M. Sarkozy, en plus de pétiner les principes fondamentaux de la République française, est absolument antichrétienne. Que l'on soit croyant, comme l'affirme M. Sarkozy, que l'on considère Jésus comme le fils de Dieu ou comme un personnage historique, la réponse est la même, cet homme ne saurait se revendiquer du christianisme sans être taxé d'hypocrisie.
JESUS DE NAZARETH
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"Je vous le répète: il est plus facile à un chameau de passer par le chas
d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le Royaume des cieux".
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"L'évangile selon Saint Mathieu".
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L’INSTRUMENTALISATION DE LA RELIGION A DES FINS POLITICIENNES :
En janvier 2007, le candidat Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur et des cultes, ancien maire de Neuilly-sur-Seine, entamait une phase nouvelle de sa campagne à la présidentielle. C’est vêtu d’un pull col roulé noir qu’il se rendait au Mont-Saint-Michel, haut lieu de la Chrétienté médiévale et du catholicisme français pour s’attirer les suffrages de l’électorat dit "catholique". Il "confessait", dans des entretiens à la presse, son attachement à ses racines chrétiennes, sa "foi", même dénuée de toute pratique.
Tous ces gestes étaient plus que nécessaires, car même si l’électorat dit "catholique" est prétendument acquis pour sa plus grande part à la droite, la personnalité de l’ancien maire sulfureux de Neuilly-sur-Seine comme du brutal et vulgaire ministre de l’Intérieur dépareillait avec celle des anciens candidats de la droite républicaine française.
Le Mont Saint-Michel, instrumentalisé par le candidat de la droite de l'argent, en janvier 2007
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Le terrain avait été plus que déminé par M. Sarkozy, avec la parution d’un livre aux relents communautaristes, antirépublicains et
post-religieux au titre évocateur : La République, les religions, l’espérance, en novembre 2004, et tout à la gloire d’un ambitieux dont le visage s’étalait en gros plan sur la couverture.
On y découvrait une profession de foi assez ridicule et fort banale, affine de celle des présidents états-uniens "re-born" depuis Jimmy Carter notamment. On y lisait ainsi :
«Je suis de culture catholique, de tradition catholique, de confession catholique. Même si ma pratique religieuse est épisodique, je me reconnais comme membre de l’Eglise catholique».
Mais le plus préoccupant résidait plutôt dans sa conviction, si l’on peut dire s’agissant de M. Sarkozy, que la République est inférieure aux religions en ce que :
« la dimension morale est plus solide, plus enracinée lorsqu’elle procède d’une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu’elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain ».
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La République a-morale, selon M. Sarkozy? Moins rentable que la "religion" dans ce domaine? Terrible inculture d'un Sarkozy qui n'a ni l'envergure ni la stature requises pour "présider" à la destinée du pays...
Affirmation navrante lorsque l’on prend la mesure de l’immoralité de toute la démarche politicienne comme de tous les actes politique de l’auteur de ces lignes. Négation de tout ce que peut porter la morale civique et républicaine qui a marqué des générations et des générations d'élèves de toutes confessions.
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En plein essor des radicalismes pseudo-religieux, allant du communautarisme le plus xénophobe au passage à l'action terroriste, il est aberrant d'entendre Nicolas Sarkozy se déclarer favorable à une remise en cause de la laïcité!
En plein essor des extrémismes pseudo-religieux, tant en France qu’au niveau mondial, il assénait aussi qu’il
fallait "faire évoluer la loi de 1905" sur la séparation des églises et de l’Etat, un des piliers du temple républicain, comme le pensait le président de la République d’alors, M. Jacques Chirac. Fragilisant ainsi le socle historique qui garantissait jusqu’à nos jours tant le libre exercice du culte que la neutralité de l’Etat, la sortie des guerres de religion comme de la querelle des "deux France".
Conviction catholique ou stratégie politicienne…
Outre le fait que toutes ces affirmations s’inscrivent dans le long déclin de la pensée républicaine comme de la morale civique laïque, au-delà du fait qu’elles s’apparentent aux banalités multiculturalistes de gauche comme de droite, il faut bien comprendre qu’elles s’adressaient à tous les croyants du pays.
La mention des religions permettait d'appâter catholiques, protestants, musulmans et juifs pratiquants. A ce titre, lorsque le 14 janvier 2004, était nommé un préfet d’origine immigrée, M. Sarkozy avait tenu à violer la sphère intime et privée de celui-ci en se vantant d’avoir nommé "un préfet musulman". Que n’aurait-on dit s’il l’on avait évoqué la nomination d’un préfet israélite ou juif, protestant ou catholique… Le préfet étant un serviteur de l’Etat, un personnage public dont la vie privée doit être préservée et dont la confession ne saurait être étalée au grand jour.
Quoi qu’il en soit, la volonté politicienne d’agréger les votes "confessionnels" des chrétiens et des musulmans de France, numériquement apprécialbles, est sans doute l’explication la plus plausible de toutes ces entorses brutales au principe de laïcité.
UNE POLITIQUE AUX ANTIPODES DE TOUTE MORALE CHRETIENNE : L’ARGENT, L’ARGENT… L’ARGENT… L’APPAUVRISSEMENT DES PAUVRES ET LA CHASSE AUX ETRANGERS
Qu’en est-il de la compatibilité affichée de la politique menée par Sarkozy avec le message de Jésus de Nazareth ?
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Rien du tout, si ce n’est un discours étrange et dangereux dans la bouche d'un président de la République sur les "racines chrétiennes de la civilisation française", sujet que devrait éviter d’aborder un homme inculte qui voit dans Disneyland le haut lieu du romantisme à la française, un homme qui choisit le yacht d’un milliardaire à Malte pour méditer et habiter sa fonction présidentielle…
Quelques preuves à l’appui, parce qu’en politique, seuls comptent les gestes et les actes, devraient éclairer l’électorat dit "chrétien".
LES GESTES:
Le soir de son élection, le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy, au lieu d’aller saluer ses partisans assemblés place de la Concorde, s’enfermait pendant trois heures au palace le Fouquet’s, entouré de grands patrons multimillionnaires, de vedettes de la chanson comme du cinéma populaire, de patrons d'une télévision à la pointe de la diffusion du sexe comme de la violence... Le point commun de tous ses personnages : la réussite matérielle, l’argent pour l’argent, à tout prix et au prix de toute morale…
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Le palace du Fouquet's, lieu choisi par Nicolas Sarkozy pour fêter sa victoire entouré de ses amis fortunés, le 6 mai 2007
Dès le lundi 7 mai, le nouveau président, avant la passation de pouvoir, avait laissé entendre qu’il se retirerait en un lieu non précisé pour "méditer" la tâche à venir et habiter la fonction présidentielle. Les supputations sur le choix d’un monastère allèrent bon train et la réalité fut bien différente.
Ce serait le yacht Le Paloma, mouillant à Malte, mis à disposition par l’ami millionnaire de M. Sarkozy, M. Bolloré. Le yacht, symbole de l’ultra-richesse, tellement prisé des nouvelles élites ultra-fortunées que produit la mondialisation de l’argent…
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Le yacht, symbole de l'ultra-richesse ostentatoire, dans un monde où règne l'injustice sociale
Le 30 août 2007, l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine, claironnait devant le patronat français réuni à HEC : « Que chacun sorte sa Rolex ! »…
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Alors que la pauvreté ne cesse de progresser, alors que les inégalités les plus criantes frappent le regard des passants à Paris, dans les grandes villes de France, dans les campagnes mêmes, alors que, chaque hiver, on compte les morts de froid sans domicile, M. Sarkozy, sur un ton badin et triomphaliste, assurait les patrons de son affection, de sa proximité, faisant de la Rolex, symbole de la montre de luxe arborée ostensiblement par les parvenus, le totem de sa future présidence…
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Beau symbole envoyé aux Français en général, à son électorat soit-disant chrétien en particulier: les marchands du Temple, mais sans un seul chrétien convaincu dans l'assemblée pour s’insurger face à une telle désinvolture….
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La Rolex et le luxe, marques de fabriques du sarkozysme, antinoniques de la modestie prônée par les vertus chrétiennes
L’argent, plus que le travail, est l’anti-valeur centrale, et peut-être la seule que connaisse l’ancien avocat d’affaires et maire de Neuilly-sur-Seine. C'est à celle-ci qu'il souhaite convertir des Français apparemment rétifs. C’est pourtant ce même poison que l’ensemble de la société de consommation de masse véhicule à tous vents, instrumentalisant les enfants, les femmes, la violence et le sexe, au risque de disloquer les familles et de perturber la jeunesse, jetant les pauvres dans des frustrations destructrices du tissu social, envahissant les écrans de télévision et la psyché de l’homme contemporain …
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Existe-t-il encore dans ce pays un chrétien ou un catholique convaincu pour dénoncer cette effroyable "inversion des valeurs", encouragée sans complexes par M. Sarkozy ?
Les sans domicile fixe, production spécifique et grandissante des sociétés de consommation de masse comme de la désertion de l'Etat-providence...
LA POLITIQUE :
LE TRAVAIL POUR L’ARGENT
Pour ceux qui ne lisent pas les programmes des candidats à l’élection présidentielle, pour ceux qui votent par principe pour le même camp, il s’agit aujourd’hui de comprendre que la mise en œuvre du programme du candidat Sarkozy est antinomique de tous les principes et idéaux chrétiens.
Dans la veine de "la Rolex pour tous", la ministre de l’Economie et des Finances, Mme Lagarde, ancienne avocate d’affaires nommée par le président de la République, déclarait sans sourciller, selon Les Echos, lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence, le 10 juillet 2007, qu’il fallait :
"désinhiber la France, réhabiliter le succès et son corollaire, l’argent".
Mais ces propos ne devaient pas rester lettre morte. Présentant sa loi dite TEPA, la même ministre passait au Ier acte en offrant 15 milliards d'euros de cadeaux fiscaux à la minorité des Français les plus fortunés.
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Elle osait ces mots, dans l’enceinte de l’Assemblée nationale, siège des représentants du peuple et lieu de mémoire de la France républicaine issue de la Révolution française :
"Il n’y rien de honteux à vouloir gagner plus d’argent. Cessons d’être aussi pudiques".
D’appeler à la rescousse Tocqueville, pour asséner :
"L’égalité ne réhabilite pas seulement l’idée du travail, elle relève l’idée du travail procurant un lucre"….
Le règne et le désir d'argent, conspués par le pape Jean-Paul II, toujours objets de méfiance dans la tradition catholique, sont aujourd'hui le nerf de la politique sarkozyenne
La croissance devant résulter d'une politique inique, sous couvert d'efficacité et modernité, n’arrive toujours pas et le pouvoir d’achat des Français ne cesse de s’étioler. Et les mesures, qu'aucun chrétien convaincu ne saurait cautionner, s'accumulent et pressurisent la majorité des Français, au profit des élites fortunées:
des cadeaux fiscaux à hauteur annuelle de 15 milliards d’euros étaient donc accordés aux plus fortunés,
l’augmentation des petites retraites comme des minima salariaux et sociaux était balayée d’un revers de Rolex
la dépénalisation du droit des affaires était annoncée
la privatisation de la couverture universelle santé était mise en scelle via la mise en place de premières franchises médicales préparant la marchandisation de la santé
le "très-chrétien" président Sarkozy s’accordait une augmentation de ses revenus de 172%, à la rentrée 2007
le droit du travail est actuellement totalement déconstruit au détriment des salariés etc.
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"Travailler plus, pour gagner plus d’argent" tel avait été le slogan phare de la campagne victorieuse de Nicolas Sarkozy. Telle est sa seule vision de la France, entreprise à but si possible lucratif.
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Travailler le dimanche, Jour du Seigneur pour les catholiques est donc une nécessité en cours d’aménagement pour satisfaire aux volontés du très-chrétien président…. Le repos dominical, pour croyants ou non croyants n'était-il pas un moment intense de la vie familiale, de repos, de retrouvailles avec les amis, de culture, de voyage spirituel ou temporel?
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Saint-François d'Assise, fils d'un riche marchand qui abandonna tous ses biens pour se consacrer aux pauvres, figure détrônée par celle du golden boy, du business dans la France de M. Sarkozy
LA CHASSE AUX ETRANGERS ET LE TRI SELECTIF DES IMMIGRES A L'ADN
A cette même rentrée, la chasse aux immigrés était lancée, causant la mort de plusieurs sans-papiers.
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Après avoir institué un ministère de l’identité nationale, la majorité présidentielle, malgré
l’opposition de la Conférence des évêques de France, votait la loi Hortefeux sur l’immigration choisie, terme dégradant pour la dignité humaine. Encore et toujours au nom de la rentabilité économique de l’immigration que les vannes de l’entreprise-France laissera filtrer.
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Plus grave encore, cette loi préconisait l’utilisation de la science, du test ADN pour trier les postulants immigrés légaux au regroupement familial. Politique qui, selon le New York times, s’inscrivait dans la filiation du régime de Vichy, auxquels tant de chrétiens et de catholiques anonymes avaient résisté, notamment en sauvant nombre d’enfants juifs traqués et voués aux camps de la mort…Après modification de cet amendement ADN, le Conseil constitutionnel validait finalement cette nouvelle utilisation de la science par les services policiers.
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Prélèvement salivaire en vue d'un test ADN, les laboratoires scientifiques au service de l'administration policière
Les églises, depuis le Moyen Age, étaient des lieux de refuge pour les inermes, des sanctuaires inviolables pour les désarmés et les démunis. C’en est clairement fini en France "sarkozienne", on le savait depuis l’affaire des sans-papiers de Saint-Bernard.
Saint-Germinite-des-prés, l'une des plus anciennes églises de France, lesquelles, à compter de l'An Mil, étaient devenues des sanctuaires invioliables par les chevaliers, accueillant pauvres et "désarmés", avant que les seigneurs puis la monarchie n'y mettent leur nez...
LA RELIGION OPPORTUNISTE ET A TEMPS PARTIEL, AU SERVICE D'UNE POLITIQUE ANTIRELIGIEUSE ET ANTIHUMANISTE :
Ce mépris pour tous les principes chrétiens comme pour le message de Jésus de Nazareth, associé à des slogans et des images matraqués d’un attachement purement incantatoire aux religions est commun aux sociétés occidentales. Mais jusque là plutôt typique des sociétés anglo-saxonnes.
Dans un monde post-moderne où prime l’image sur les actes, où tout principe universel est condamné comme potentiellement impérialiste, monde dont les humanités se sont très certainement retirées, on peut ainsi se dire chrétien et mener ou voter pour une politique aux antipodes du christianisme, sans sourciller.
On peut prétendre lire les Evangiles, envoyer ses enfants au catéchisme, aller à la messe, vénérer le pape et placer au pinacle l’argent comme la dégradation d’une partie de l’humanité migrante à l’état de bétail à trier.
La vieille hypocrisie bourgeoise, pratiquant la charité mais ne jurant que par l’argent, est réactivée avec une violence
décuplée. Elle annihile tout l’engagement chrétien et l’apport du catholicisme social en termes de justice sociale, lui préférant une rhétorique télévisuelle compassionnelle dégoulinante, dont l’objet est de justifier des politiques d’un immoralisme et d’une inhumanité inouïs. Vision des rapports humains que partageait Margaret Thatcher. Au nom de "sa" morale victorienne, elle estimait que l'aide aux pauvres devait être abandonnée par l'Etat au profit des associations de charité "religieuses", dévolue aux "bonnes oeuvres".
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Cette nouvelle situation est décrite avec justesse par le philosophe Peter Sloterdijk, dans son ouvrage, Le palais de cristal, à l’intérieur du capitalisme planétaire :
"Nota bene : le christianisme d’aujourd’hui est un monothéisme à temps partiel, et l’on peut dire la même chose de l’islam et du judaïsme".
On pourrait ajouter, un christianisme de façade à but purement politicien et médiatique.
La vision sarkozienne du monde n’a rien à voir avec Dieu et n’a que faire des messages judaïques, chrétiens ou musulmans, comme elle n’a que faire de tout notre héritage humaniste gréco-latin.
Comme l’écrit encore Peter Sloterdijk :
"La vérité, c’est que l’argent a fait depuis très longtemps ses preuves comme une alternative à Dieu, et que cette alternative est une réussite opérationnelle. L’argent contribue plus aujourd’hui à la cohésion des choses que ne pourrait le faire un créateur du ciel et de la terre".
Tandis que le président, piétinant le principe de laïcité à la française et entérinant depuis le Vatican la vision d’une partie du néoconservatisme anglo-saxon qui divise le monde en aires pseudo religieuses, il eût été bon que de grandes voix, de tout les mouvements authentiquement religieux français, s’élevassent contre cette instrumentalisation du message chrétien par le président des patrons, des vedettes et du star-system, dont le credo programmatique tient en un mot : l’argent.
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Le pape Benoît XVI, fin théologien en lutte contre le relativisme culturel mettant en danger la catholicité, mais aussi géopoliticien prompt à apprécier tout recul de la laïcité en France
Le nouveau pape Benoît XVI, qui ne ménage pas sa peine pour combattre le mal du nouveau millénaire : le relativisme culturel, trouvera en M. Sarkozy un instrument facilement manipulable.
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Il se satisfaisait ainsi de la faveur que celui-ci manifestait pour la mention des "racines chrétiennes de l’Europe", dans le préambule de la défunte constitution européenne, en contradiction absolue avec le souci de la diplomatie française de préserver la laïcité au niveau européen. Il se réjouit certainement aujourd'hui de l'opposition du président Sarkozy à l'entrée de la Turquie en Europe, question ouverte d'un point de vue historique, géographique ou politique.
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Nicolas Sarkozy et le pape, en décembre 2007. Le président de la République se livrera à Rome à une nouvelle remise en cause de la laïcité, au nom d'une révision confessionnelle de l'histoire de France, au mépris de toute la tradition humaniste et républicaine qui a façonné notre pays
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Le pire était à prévoir lors de ce voyage de M. Sarkozy à Rome et le pire s'est produit. Ainsi celui-ci a-t-il cru bon de mettre l'accent, au mépris de tout l'humanisme gréco-latin, de l'apport de la Renaissance et des Lumières, de la Révolution française et de la République, sur "les racines chrétiennes de la civilisation française".
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Est-ce le rôle du président de la République française "démocratique, laïque et sociale" d'égréner des banalités que tous les historiens et tous les Français connaissent? Qui en France dénie le fait que cette France fut la "fille aînée de l'Eglise"?
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Son conseiller spécial "plume-avocat et cerveau interposé", Henri Guaino, a cru bon de justifier ces propos, qui ne devraient pas relever du président de la République mais des historiens ou de la société civile, en évoquant les siècles de monarchie... Ce faisant, M. Sarkozy tourne le dos au moment fondateur de notre République, la Révolution française, à peine 20 ans après les célébrations de son bicentenaire. La dépolitisation de l'histoire de France débouche aujourd'hui, pour le pire, à sa confesionnalisation, conforme aux voeux toujours étouffés de la pensée contre-révolutionnaire puis de la droite extrême antirépublicaine, de la pensée anglo-saxonne dominante en Occident aujourd'hui et enfin de l'islamisme mondialisé.
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Falsification historique car la monarchie, même de droit divin, ne fut jamais une théocratie. Les juristes, les "légistes" des rois s'inspiraient du droit romain autant païen que canon -ce dernier étant lui-même issu des compilations du droit impérial romain, et non des Evangiles. Les rois de France toujours furent éduqués aux Humanités et Louis XIV devait connaître aussi bien Homère, Aristote, Plutarque que la doctrine de Jésus de Nazareth. L'éducation des monarques français n'était pas exclusivement religieuse, tout simplement parce qu'une doctrine religieuse ne délivre pas de mode d'emploi pour la gestion des affaires de l'Etat.
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Il suffit de visiter le château de Versailles et de contempler les fresques à la gloire de la France pour comprendre que l'Antiquité gréco-romaine polythéiste inspirait bien plus la civilisation française du Grand Siècle que la seule lecture des Evangiles ou des Pères de l'Eglise... Les églises romanes qui parsèment la France ont d'ailleurs pour origine architecturale les temples païens romains.
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Quant au "long manteau d'églises et de cathédrales qui recouvre notre pays", cher au très pieux Nicolas Sarkozy, il ne faudrait pas oublier qu'il côtoie des palais, hôtels particuliers, temples républicains, bâtiments publics, palais de justice -dont l'Assemblée nationale est un bel exemple- inspirés par la Grèce démocratique comme par la Rome républicaine ou impériale... Les Marianne qui siègent au coeur de tous les villages français ne sont pas des copies conformes de la Vierge Marie, mais évoquent encore la culture politique laïque française et ses accents antiquisants.
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Le palais Bourbon à Paris, siège de l'Assemblée nationale, l'escalier du palais de Justice de Paris, façade classique du château de Sanilhac, dans un petit village du Gard, témoignages vivants de l'imprégnation de la civilisation gréco-latine dans la "France éternelle"...
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La France est le produit d'une alchimie, d'un alliage précieux et fragile entre la morale chrétienne ou judéo-chrétienne et les traditions politiques et juridiques d'origine grecque et romaine. Mettre l'accent sur l'un des éléments de cette alliance au détriment d'un autre, c'est un choix politique qui exclut d'office tout autre apport, qu'il soit d'une autre religion ou qu'il ressortisse de l'humanisme... C'est évidemment confondre politique et religieux... Vie publique, destin national et conviction privée, spiritualité intime... Choix éminemment important dans un monde qui est de plus en plus pensé comme une scène d'affrontement entre aires civilisationnelles religieuses conflictuelles. C'est le choix que fait le président Sarkozy, avec tous les riques encourus pour le pays.
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Politiquement c'est bien l'Empire romain qui demeura la référence constante de toute l'histoire politique, monarchique, impériale puis républicaine française et non la seule doctrine chrétienne. La théologie, rappelons-le ici, est elle-même d'origine platonicienne et non évangélique. Le révisionnisme historique propre à la post-modernité agit là à plein régime, l'inculture et les bouillies historiques sont désormais servies toute-prêtes au palais de l'Elysée.
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Louis XIV drapé à l'antique et Napoléon Ier en César, trônant au-dessus de la colonne Vendôme, inspirée par la colonne de l'empereur romain Trajan
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De toute façon, la volonté papale, exprimée lors du cinquantième anniversaire des traités de Rome, de voir renaître la Chrétienté médiévale, sa dénonciation des "courants laïcistes et relativistes" qui, selon lui, déniaient "aux chrétiens le droit d’intervenir dans le débat public", toutes ces positions, correspondant à une réflexion théologique doublée d’une vision géopolitique du monde, trouveront chez Nicolas Sarkozy la coquille vide qui leur manquaient en France, ce pays dont la laïcité avait toujours froissé la papauté. Comme le président s'est laissé prendre au piège du colonel Kadhafi, il se laissera prendre dans les filets des intérêts "bien compris" du Vatican, le tout au détriment des Français bien entendu.
Une carte figurant la Chrétienté, cette entité que le nouveau pape voudrait bien voir renaître
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Mais on pourrait être en droit d’exiger du pape qu’au-delà de cette stratégie fort logique, il se renseigne un peu mieux sur l’évolution de la France sous la présidence Sarkozy.
Car derrière un catholicisme majoritaire, assumé en façade par l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine, toute la politique de celui-ci est assurément incompatible, nous l’avons vu, avec la substance du message chrétien. M. Sarkozy est bien le fruit et l’une des plus belles illustrations de cet effondrement des "valeurs" propre à l’ère post-moderne.
L’argent à tout prix, le matérialisme ostentatoire, l’injustice sociale, la chasse à l’appui de méthodes fort peu catholiques, constituent un programme politique qui devrait interpeller et choquer le Vatican, comme elle interpelle fort heureusement les évêques français.
Quant à l’électorat catholique traditionnel français, s’il existe réellement, qu’il s’éveille et comprenne que M. Sarkozy n’est rien d’autre que le fossoyeur de la foi et des principes christiques qu’il fait semblant de professer.
"N’ayez pas peur!", pourrait-on lancer aux chrétiens de France, choyés par le nouveau président "très-chrétien", de désavouer sa politique inhumaine et de ne pas tomber dans les pièges grotesques qu’il vous tend. Il ne suffit pas de se rendre au Mont-Saint-Michel et de ressasser des banalités pseudo-fidéistes pour être digne du message chrétien.
Cette hypocrisie, outre qu’elle remettra gravement en cause, au détriment de la France et de sa position dans le monde, la laïcité –ce gage si précieux de paix civile comme internationale-, dénaturera encore un peu plus ce qu’était la religion, protégée jusqu’ici par la loi de 1905.
Car M. Sarkozy ne voit dans la religion qu’un régulateur social, un médicament ou une thérapie sociale, un opium permettant d’apaiser les masses et les franges de la population qui seront victimes de sa politique inique et brutale. Un substitut à cet Etat dont il prépare la destruction.
Il ne s’agit pas dans le sarkozysme de religion, de ce qui peut faire lien entre les hommes, mais de pseudo-religion…En détruisant la République laïque, M. Sarkozy fragilisera la religion catholique authentique, en en faisant un auxiliaire artificiel du politique, parmi tous les autres mouvements religieux, sectaires ou spirituels... A politiser la religion, on la détruit immanquablement tout comme à confessionnaliser la politique on annihile celle-ci.
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Cliquez ici pour lire également:
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SARKOZY ET LA PENSEE CONTRE-REVOLUTIONNAIRE
UNE OBSCURANTISTE AU MINISTERE DU LOGEMENT ? L’AFFAIRE BOUTIN
LE PREFET MUSULMAN DE M. SARKOZY
LA LAICITE N’EST PAS A VENDRE, M. SARKOZY !
15 novembre 2007
CONTRE LA POLITIQUE RACIALE, DEFENSE ET ILLUSTRATION DE LA REPUBLIQUE, PAR MALIKA SOREL
C'est aujourd'hui, le jeudi 15 novembre 2007, que le Conseil constitutionnel, examine la loi Hortefeux sur l'immigration et décidera ou non de censurer deux dispositions de cette loi votée le 23 octobre dernier, au regard de leur conformité à la Constitution de la Vième République.
Celle-ci se réfère en son préambule à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, qui pose en son article 6 que "Tous les citoyens [...] sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité et sans autre disctinction que celle de leurs vertus et de leurs talents".
La Constitution édicte aussi en son article 1er que "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale", qu'"elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion". Qu'en sera-t-il donc des deux articles examinés aujourd'hui:
-l'article, inspiré par l'amendement Mariani, préconisant le recours encadré à des tests ADN pour contrôler "scientifiquement" la filiation des postulants immigrés au regroupement familial
-l'article autorisant le recours à des statistiques "raciales".
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Comme le rappelle Malika Sorel, dans un livre essentiel, argumenté, fouillé et engagé, en plus d'être très agréable à lire, et sur lequel nous reviendrons, Le puzzle de l'intégration:
"Un seul obstacle se dresse encore sur le parcours de la discrimination positive, qui l'empêche de s'afficher au grand jour en France: c'est la Constitution française".
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Malika Sorel de rappeler que Jacques Chirac, aujourd'hui amené à statuer, comme membre du Conseil constitutionnel, sur les deux articles en question, déclarait en 2004: "La discrimination positive, je n'y suis pas favorable pour une raison simple: c'est que la discrimination positive, c'est le quota".
Se dédira-t-il aujourd'hui?
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Nous l'avons déjà vu, si la France s'engageait sur la voie du recours aux tests ADN, pour une partie des immigrés légaux, ainsi que sur la voie des statistiques "raciales", pour comptabiliser et trier la population française en fonction notamment de "la couleur de la peau", nous changerions dans les faits de régime politique et juridique. Philosophiquement parlant, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen comme la Constitution en vigueur aujourd'hui seraient ipso facto mortes.
La lecture de l'essai de Malika Sorel nous permet d'envisager les dangers, les aberrations, les échecs mais aussi les alternatives républicaines à une telle évolution, contestée dans les pays, comme les Etats-Unis d'Amérique, qui avaient choisi de s'y engager.
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La décision du Conseil constitutionnel engagera donc l'avenir et l'image de la France dans le monde, la pérennité du régime de la res publica ou le passage à la "race-publique", la cohésion nationale, le tissu social, l'unité de la République, la conception politique du peuple, l'égalité entre les citoyens, un "vivre-ensemble" non racialisé, citoyen et humaniste.
Tout cela à l'école, à l'université, dans les entreprises, au travail, donc au quotidien...
Qu'ils le veuillent ou non, aux niveaux strictement juridique comme politique et philosophique, il en va de l'honneur des membres du Conseil constitutionnel de censurer les deux articles de la loi Hortefeux sur l'immigration.
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Vous pouvez signer les pétitions en ligne de:
-SOS racisme: "Contre la statistique ethnique"
http://www.fichepasmonpote.com/
-Sauvons la recherche: "Non au contrôle génétique de l'immigration"
http://petition.etuc.org/spip.php?article3
-Charlie-Hebdo et SOS racisme: "Touche pas à mon ADN"
http://www.touchepasamonadn.com/
Ainsi que la pétition internationale en ligne du:
-Collectif d'historiens: "Non au ministère de l'Immigration et de l'identité nationale"
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Cliquez ici pour lire également:
LE RETOUR DE LA RACE DANS FRANCE DE M. SARKOZY: LE SCANDALE DES STATISTIQUES ETHNIQUES
26 juin 2007
UNE COMMUNAUTARISTE SECRETAIRE D'ETAT AUX DROITS DE L'HOMME?
L’ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République française a donc, après les législatives, mis une touche finale au gouvernement d’ouverture et de parité qu’il appelait de ses vœux. Des élus, des femmes, des jeunes et des personnes reflétant la diversité, des gens de couleur, eût-on dit en d’autres temps, en font partie.
Parmi eux, Rama Yade, d’origine sénégalaise, a été nommée secrétaire d’Etat aux Affaires
étrangères et aux droits de l’homme. Nomination très médiatisée mais qui ne va pas sans poser des questions politiques graves.
En effet, M. Sarkozy avait martelé qu’il choisirait ministres et secrétaires d’Etat en fonction de leurs compétences et de leur victoire aux législatives. Mais, s’agissant, entre autres, de Mme Yade on peut de se demander ce qu’il en est, non pas de sa personne, mais de ses convictions, des principes politiques qui l’animent et de son adhésion ou non au pacte républicain.
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Mme Yade a récemment publié un ouvrage intitulé Noirs de France, les nouveaux Neg’marrons, récit d’un
rendez-vous manqué entre la République et les Afro-antillais.
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Elle a donné divers entretiens à ce sujet et a par ailleurs expliqué son ralliement à la candidature de M. Sarkozy au motif principal qu’il était le seul à défendre une idée proprement antirépublicaine, touchant à l’un des fondements de la culture politique française, antinomique de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 comme de la Constitution de la Vième République, et éminemment délicate pour qui connaît un tant soi peu l’histoire comme la réalité sociologique de la France.
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Il s’agit de la "discrimination positive", sur critères dits "ethniques", mais en réalité raciaux, traduction anachronique et viciée du concept d’affirmative action, mesure mise en œuvre par décret aux Etats-Unis d’Amérique.
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La nouvelle secrétaire d’Etat aux droits de l’homme estimait en mai 2007 que l’intégration républicaine ayant fait
faillite,
« Il serait criminel de ne rien essayer sous prétexte que la discrimination positive, ce n’est pas dans la tradition républicaine », et comble de la confusion des idées, qu’« en réalité, il n’y a rien de plus républicain que la discrimination positive puisqu’on l’applique déjà aux personnes handicapées dans les entreprises et aux femmes pour les élections »[1] !
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Précisément parce qu’elle sera chargée de représenter la France et sa culture politique à l’étranger comme de promouvoir les droits de l’homme et la philosophie politique qui les sous-tend, il convient donc peut-être de rappeler ici à Mme Yade ce qu’est l’affirmative action et, par-dessus tout en quoi -que cela plaise ou non- ce principe ne saurait être importé en France sans un changement de régime, de Constitution et sans l’abandon de toute référence à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, partie intégrante du Préambule de cette même Constitution.
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L’historien des Etats-Unis Jacques Portes nous explique que l’affirmative action résulte d’"une correction
historique" [2], propre et spécifique à l’histoire et au contexte politique, juridique et social états-uniens, hérité de la fondation même de ce pays.
En effet, "le principe édicté en 1965 s’applique aux Africains-Américains, pour remédier à leur retard historique dû à l’esclavage et à la ségrégation. [Il instaure] le principe des quotas"[3], lesquels sont originellement raciaux, dans un pays où les statistiques officielles font état de la race de ses ressortissants et dont l’histoire est marquée par l’esclavage comme par une ségrégation juridique raciale entre noirs et blancs.
De l'esclavage dans les champs de coton à la ségrégation dans les lieux publics: l'histoire tragique des noirs américains...
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Le contexte historique français est différent. Les "enfants
d’immigrés" ne sont pas des descendants d’esclaves français et, s’ils sont effectivement discriminés socialement, leurs droits civiques et leur égalité devant la loi, à partir du moment où ils ont la nationalité française, ne sont pas remis juridiquement en cause. D’autre part, Mme Yade connaît peut-être l’histoire du régime de Vichy et de cet Etat français qui mit fin à la IIIième République et, surtout, établit une distinction juridique entre citoyens français israélites et non israélites en instaurant, par la loi du 3 octobre 1940, un statut des juifs qui les excluait
tout d’abord de la fonction publique, grâce à un fichage minutieux. Préalable à leur déportation vers les camps de la mort. Enfin, peut-être connaît-elle les non-principes qui régissaient les colonies françaises et instauraient un régime de l’inégalité devant la loi des plus féroces, en contradiction notoire avec le droit ayant cours en métropole, l’exclusion des musulmans d’Algérie de la citoyenneté politique française en étant l’un des emblèmes les plus criants du fait que l’Algérie était un département français.
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Le contexte juridique et institutionnel français est lui-même bien différent de celui des Etats-Unis d’Amérique. Mme Yade ne l’a peut-être pas appris, à moins qu’elle n’en ait cure, mais la Constitution du 4 octobre 1958 pose, en son article 2, que :
« la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » et qu’elle « elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
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Par ailleurs, il serait bon qu’elle relise sereinement la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 posant :
Article Premier. « Les hommes naissent libres et égaux en droits, les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ».
Article IV. « La loi est l’expression de la volonté générale, tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants, à sa formation, elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités places et emplois publics, selon leur capacité, et sans aucune autre distinction que celles de leurs vertus et talents ».
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Ce sont précisément ces principes républicains qui furent abolis par Vichy, et qui ne furent jamais appliqués, malgré les promesses trompeuses, dans l’Empire français, que Mme Yade aimerait remettre en cause, au nom de la lutte contre l’exclusion des "enfants d’immigrés".
L'"Empire" multiculturel mais toujours inégalitaire et racialiste: un modèle pour la République sarkozyste?
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La question ultime est celle-ci : doit-on introduire la notion de "race" dans le droit français, dans les statistiques officielles et dans l’ensemble de la société pour en faire un marqueur juridique, démographique et sociologique concurrent de celui de la nationalité, de la citoyenneté politique et des conditions sociales ou de santé ?
La race est-elle ce concept idéal qui remédiera aux difficultés sociales rencontrées par certains
Français. Faut-il instaurer un droit spécifique en fonction de l’appartenance raciale, des privilèges liés à la couleur de la peau, quitte à revenir à nouveau sur la nuit du 4 août 1789, l'abolition des privilèges.
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Doit-on faire en sorte, comme aux Etats-Unis que "dans l’Université, dans les emplois fédéraux, les bénéficiaires de l’affirmative action disposent des ouvertures et des postes qui leur sont réservés, avec des conditions spéciales"[4], sans considération ni de leur mérite ni de leur talent ? Toutes mesures qui, si elles ont permis de voir émerger des classes moyennes noires, n'ont en rien résolu la "question sociale noire" dans son ensemble... Les discriminations en terme de niveau de vie, de santé et d'éducation frappant toujours grandement les noirs.
Les émeutes de Los Angeles de 1992, ou la persistance de la "question noire" après des décennies d'affirmative action...
Croire que de telles mesures remédieront à la délinquance de masse, à l’anomie des quartiers difficiles, à la pauvreté et au chômage, dissoudront les préjugés xénophobes et déboucheront miraculeusement sur une société apaisée et idyllique est d’une naïveté affligeante. C’est méconnaître aussi les critiques qui se sont toujours élevées, même aux Etats-Unis, où nous l’avons rappelé, la mesure était juridiquement justifiée, contre les dérives de l’affirmative action, bien après l’obtention des droits civiviques:
.racialisation des rapports sociaux
.différenciation raciale par le juridique
.chauvinisme ethno-racial qui a parfois sombré dans le racisme anti-blanc et dans l’antisémitisme –incarné notamment par le leader extrémiste Frarrakhan
Louis Farrakhan, leader de l'organisation Nation of Islam, ennemi autoproclamé des juifs, des homosexuels et des féministes...
.essentialisation de l’appartenance raciale
.séparation physique des populations et condamnation implicite des "mariages mixtes"
.sentiment d’une cohabitation subie et non dénuée de rancune ou de contentieux historiques
.sentiment de dévalorisation des personnes bénéficiaires des programmes d’affirmative action
.ressentiment des blancs contre les noirs
.phénomène de reverse discrimination traduisant le sentiment de discrimination des blancs
.instauration d’une concurrence entre populations
.perpétuation d’une culture raciale au sein même de la démocratie
.banalisation des insultes racistes dans le vocabulaire quotidien transformés en mots d’ordre identitaire
"L'homme blanc est le diable", mot d'ordre lors des émeutes des quartiers noirs de Los Angeles en 1992, après des violences policières racistes
.échec dans la résorption des problèmes sociaux des noirs malgré l’apparition d’une réelle classe moyenne et d’une élite fortunée noires –malheureusement l’égalité des droits n’entraînera jamais l’égalité sociale
Martin Luther King, symbole de la lutte des noirs pour les droits civiques
.déclin de l’humanisme…
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En 2000, le professeur de sociologie américain Paul Gilroy publia un essai qui sema le trouble aux Etats-Unis, notamment parmi les représentants des communautés noires, intitulé Against race, Imagining Political Culture Beyond the Color Line (Contre la race, Imaginer une culture politique au-delà de la frontière de la couleur). Après avoir pendant des années promu une identité africaine-américaine transatlantique, diasporique, Gilroy faisait une volte-face spectaculaire avec cet essai. Il estimait désormais que "le concept de race est entachée d’une logique héritée de la tradition esclavagiste reformulée positivement pour perpétuer la subordination de groupes humains et séparer blancs et noirs".
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Il s’en expliquait et illustrait son propos par moult exemples contemporains des dérives du "chauvinisme ethnique intégral" envahissant la culture de masse aux Etats-Unis, empêchant les noirs américains de devenir des citoyens à part entière.
Puff Daddy, le rappeur multi-millionnaire, symbole des dérives de la culture de masse noire, machiste, chauviniste et violente
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Espérons donc que Mme Yade aura étudié un peu plus la question d’ici à ce qu’elle soit en charge de son secrétariat d’Etat! Aussi qu’elle aura revu son droit et relu les textes qui fondent notre culture républicaine, qu’elle écarte aujourd'hui dédaigneusement et dans laquelle elle ne voit que des "mots creux" [5] alors que, comble de l’ironie, elle est censée, par la volonté du président Sarkozy, la promouvoir à l’étranger…
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S’il ne s’agit pas d’accabler Mme Yade ni de mettre en doute ses compétences, il est néanmoins impératif d’exiger du président de la République des explications sur ses choix qualitatifs.
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On connaissait l’inculture républicaine de M. Sarkozy. On connaissait son mépris ou son ignorance s’agissant du principe de laïcité – il s’était, il y a quelques temps, proposé de revenir sur la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905-, on connaissait également sa fascination naïve pour la société américaine et son mode de vie, mais on pouvait penser que son élection et sa prise de fonction présidentielle allaient le faire revenir sur quelques lubies dont la mise en oeuvre aurait des conséquences désastreuses pour le pays et le vivre-ensemble qui le caractérise.
Apparemment, ce n’est pas le cas…
[1]Propos recueillis par Thomas Yadan pour Evene.fr - Mai 2007.
[2] J. PORTES, Les Etats-Unis de 1900 à nos jours, Armand Collin, Prépas Histoire, Liège, 2002, p. 238.
[3] Idem, p. 238.
[4] Ibid., p. 238.
[5] Propos recueillis par Thomas Yadan pour Evene.fr - Mai 2007.
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Cliquez ici pour lire également:
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RELISEZ RENAN M. SARKOZY!:
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/2007/04/17/4655068.html
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PAS D'ETHNIES EN REPUBLIQUE M. SARKOZY!:
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/2007/04/17/4655034.html
























































