25 août 2009
LA DEMOCRATIE EST MORTE. VIVE L'UNANIMOCRATIE SARKOZY!
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Nicolas Sarkozy, avec son ouverture-imposture - citant Jaurès et faisant appliquer par des politichiens dits de gauche sa politique "nouvelle droite" a réalisé la post-démocratie.
Avec l'aide inestimable d'un parti socialiste s'autodétruisant au congrès de Reims, cette post-démocratie prend des allures, via la dernière couverture du Point, d'une "unanimocratie"...
Au pouvoir du peuple - que les partis ne parviennent plus à médiatiser -, au débat démocratique, à la pluralité intrinsèque du politique succèdent le pouvoir pré-totalitaire de l'unanimité.
C'est assez grave...
Mais du moment que Bouygues continue à nous offrir notre Secret Story quotidien ; qu'Orelsan nous délivre l'héritage sonore d'Arthur Rimbaud, sacré par des Frédéric Mitterrand et autres Jack Lang, que demande le peuple?
24 septembre 2008
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26 août 2008
NICOLAS SARKOZY FUSILLE LE PREMIER MINISTRE ET ABOLIT L'ETAT IMPARTIAL
La réforme institutionnelle voulue et promue par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, votée au Congrès grâce à la voix de trop du socialiste Jack Lang, abolit donc de fait la fonction de Premier ministre et, avec elle, celle de président de la République. Au-delà des marchandages avec les partis politiques et de la pseudo-revalorisation du Parlement, c'est surtout à une grave confusion entre les missions de chef du gouvernement et de Président que nous assistons. La magistrature suprême est une nouvelle fois abaissée au rang de gouvernant voire de chef d'une majorité politique, dans le plus profond mépris de l'élection au suffrage universel direct. Pourtant, cette institution de Premier ministre a une histoire, que l'inculte Nicolas Sarkozy méconnaît évidemment. Celle-ci date au moins clairement de Richelieu, lequel souhaitait que la communauté politique, le royaume, fût incarné par un chef d'Etat, le roi, au-dessus des aléas de la vie politique quotidienne et notamment de la guerre civile perpétuelle. Comme il en allait pour le ministre de Louis XIII de la stabilité du royaume, le président de la République imaginé par le général de Gaulle, "au-dessus des partis", ne gouvernant pas mais présidant, incarnait la continuité de la souveraineté populaire, seule origine et transcendance d'un régime républicain mais aussi démocratique, dans lequel le peuple seul demeure in fine souverain. Aujourd'hui, le Président gouverne, comme un simple ministre. Et Nicolas Sarkozy se voit donc bien incapable d'incarner l'autorité transcendante d'une République désormais déboussolée... Peut-être aura-t-il encore plus de pouvoir et d'influence qu'il n'en a déjà, mais l'autorité de la fonction présidentielle en sort gravement affaiblie.
RICHELIEU
"Il est certain encore qu'il se trouve peu de princes
qui puissent seuls gouverner leurs Etats et, de plus,
il y en aurait beaucoup, ils ne devraient pas agir ainsi."
[...]
"L'intérêt du Prince l'oblige à [user d'un ministre suprérieur]
puisqu'il n'y a point d'homme qui puisse servir utilement
le public sans s'attirer la haine et l'envie de tout le monde."
Testament politique
cité par Philippe Erlanger in Richelieu
.
.
I. UNE REFORME CONSTITUTIONNELLE POUR UN OMNI-PRESIDENT INCOMPETENT
La réforme des institutions voulue par Nicolas Sarkozy a donc été votée au Congrès avec une voix d'avance, celle de M. Jack Lang, socialiste postmoderne et membre de la commission Balladur censée l'avoir inspiré.
Contrairement au surcroît de démocratie parlementaire annoncé par le parti présidentiel, l'UMP, il se trouve que comme l'avait indiqué le constitutionnaliste Dominique Rousseau à Libération, le 15 juillet 2008, cette déformation de la Constitution de la Ve République consiste d'abord en une chose: "renforcer le pouvoir présidentiel" et octroyer "un pouvoir supplémentaire pour le parti du Président".
En effet, au final, "la poudre aux yeux" que constituent la constitutionnalisation de la parité -déjà inscrite dans la loi-, de la pluralité -qui est l'essence même de la démocratie et du politique-, de la limitation à deux du mandat présidentiel -qui fait partie de la tradition républicaine-, des miettes de limitation du pouvoir présidentiel -que la sagesse devrait seule commander-, de la prise en compte de l'opposition -qui de toute façon est assassinée quotidiennement du fait de la "mainminse du clan Sarkozy" - selon l'expression de Ségolène Royal - sur la médiacratie et la télécratie; tout cela ne change rien au fait que si l'instabilité est promise au Parlement, les pouvoirs du Président se voient renforcés.
Les pouvoirs certes, mais en aucun cas l'autorité, déjà mise à mal par la pratique délétère et l'affaissement continu de la fonction présidentielle pratiqués par Nicolas Sarkozy depuis son élection.
Résumons donc: dans notre République aujourd'hui détruite, une
dyarchie avait été organisée au sommet de l'exécutif: d'une part le Président garantissait l'incarnation du peuple souverain, la continuité de la tradition républicaine et la stabilité des institutions; d'autre part, le Premier ministre, nommé par lui, mais responsable avec son gouvernement devant le Parlement, gérait les affaires courantes et, dérive, était devenu le "chef de la majorité" présidentielle puis à l'Assemblée nationale.
Le Président représentait la France dans le monde, demeurait "au-dessus des partis" et des intérêts privés tandis que le Premier ministre s'investissait personnellement dans la vie électorale et politique quotidiennes. Evidemment, Nicolas Sarkozy n'a de cesse de ridiculiser la France aux yeux du monde, de satisfaire les intérêts privés de ses amis patrons et de se comporter en président ad vitam aeternum de l'UMP.
Depuis l'élection de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, les articles de la Constitution organisant le duo exécutif ont été continuellement bafoués, dans la pratique, par le Président mais aussi par François Fillon, son Premier ministre.
Fillon faillite
Vidéo envoyée par PierreEP
La confusion des fonctions et le mépris pour le droit sont deux "qualités" communes au Président Sarkozy et à son premier ministre François Fillon. Tandis que le premier traite le second de "collaborateur", le second ose se dire être "à la tête de l'Etat"...
Quelques exemples suffiront à prouver que Nicolas Sarkozy a violé l'article 5 de la Constitution qui stipule que "Le Président de la République veille au respect de la Constitution [et] assure par son arbitrage le fonctionnement régulier des pouvoirs publics":
écrasement des fonctions du Premier ministre, du gouvernement et du Parlement
solidarité et co-responsabilité du gouvernement devant le Parlement
II. POURQUOI UN PREMIER MINISTRE? POUR QUE LE CHEF DE L'ETAT SERVE D'ABORD LE "PUBLIC"
Comment assurer la continuité de la République tout en y faisant vivre une démocratie politique et sociale faite de conflits idéologiques et d'intérêts contradictoires parfois violents.
Cette question s'inscrit en réalité dans l'histoire longue de la France. Comment bâtir un Etat monarchique au-dessus des clans seigneuriaux et des féodalités, des Grands puis des parlementaires, des intérêts catholiques et protestants, des étrangers présents à la Cour par le simple fait que les rois épousaient des princesses européennes? Comment finalement assoir l'incarnation sacrée de la monarchie par la personne du roi comme autorité suprême? Garantir à la fois l'unité du royaume, sa continuité et le prémunir de tout éclatement en imposant la paix civile? Telle fut d'abord la question.
Le 24 avril 1617, Concini, favori de la Reine-Mère est fait assassiné par Louis XIII. Son enrichissement personnel aux frais de la monarchie, son influence politique néfaste aux intérêts de la Couronne le conduisirent à la mort, au nom de la Raison d'Etat naissante.
Bien avant ce qu'on appelle la monarchie absolue façon Louis XIV, Richelieu, par sa culture mais aussi peut-être par
ambition, décida de placer au-dessus de toutes les affaires courantes, des "basses besognes", la personne et la fonction royales.
D'où l'invention d'un "ministre supérieur" - lui bien entendu -, ancêtre d'un Premier ministre qui laisserait au Président la magistrature suprême, la grande politique comme la garantie de l'unité du pays et de la continuité de l'Etat.
Richelieu, dans son Testament politique, écrivait donc:
"Il est certain que les Etats les plus heureux sont ceux où les princes et les conseillers
sont les plus sages. Il est certain encore qu'il se trouve peu de princes qui puissent
seuls gouverner leurs Etats et, de plus, quand il y en aurait beaucoup, ils ne
devraient pas en user ainsi. La toute-puissance de Dieu, son infine sagesse et sa
providence n'empêchent pas qu'il ne se serve, en ce qu'il pourrait faire par son
seul pouvoir, du ministère des causes secondes."
Richelieu d'insister sur le rôle d'assistance au roi dévolu au ministériat. Le "ministre supérieur" peut lorgner la boussole politique du moment tandis que le roi doit pouvoir toujours voir loin, au service du peuple:
"On peut dire hardiment que, si le souverain ne peut ou ne veut lui-même
avoir constamment l'oeil sur sa carte ou sa boussole, la raison veut qu'il
en donne particulièrement la charge à quelqu'un par-dessus les autres."
En outre, c'est déjà la suprématie de la "chose publique" à laquelle se voue, par la grâce de Dieu, le roi, qui rend indispensable l'appui d'un "premier ministre". Le roi doit être protégé dans l'exercice de sa tâche:
"L'intérêt du Prince l'oblige à en user ainsi puisqu'il n'y a point d'homme
qui puisse servir utilement le public sans s'attirer la haine et l'envie de tout le monde."
Sans extrapoler outre-mesure et développer trop longuement ici, on ne peut que constater la parenté de cette vision de ce que l'on appelle l'exécutif, depuis la séparation des pouvoirs, et la doctrine gaullienne, contenue dans ce qui était la Constitution de 1958.
A savoir celle du Président "au-dessus des partis" avec un Premier ministre nommé par lui et pouvant, en cas de crise politique, être démissionné, sans que la République en fût destabilisée. Le Premier ministre était en fait ce que l'on appelle un "fusible", qui, pris dans une tourmente politique, polémique ou autre, devait être sacrifié, sans que le Président fût atteint.
On notera d'ailleurs, anecdote croustillante, que François Mitterrand, adversaire tenace des institutions de la Ve République, les endossera tellement qu'il fera sa seconde campagne victorieuse à l'élection présidentielle sur le thème de "l'Etat impartial", renvoyant, notamment lors du débat d'entre-deux-tours, son concurrent Jacques Chirac à l'image d'un chef de clan, son parti: le RPR.
Chirac vs Mitterrand
Vidéo envoyée par Nikoz
François Mitterrand, terrible bretteur, avant l'un de plus beaux coups rhétoriques, reprochait à Jacques Chirac, le 3 mai 1988, de ne pas posséder les qualités "de l'impartialité ni du sens de la justice dans la conduite de l'Etat": en fait les qualités proprement présidentielles.
Cinq ans plus tard, lors d'un débat houleux faisant suite à une grande défaite des socialistes aux élections législatives, Ségolène Royal, dans l'opposition, dénonçait "l'Etat RPR" et reprochait à Nicolas Sarkozy de faire partie d'une majorité de droite qui a "tous les pouvoirs, dans les départements, dans les régions, au Sénat, les pouvoirs économiques, les pouvoirs financiers, bien souvent les médias aussi".
Sego-Sarko - Debat 21.03.1993
Vidéo envoyée par nadysarko
Vingt ans plus tard, le 28 juin 2008, Ségolène Royal ne parlait pas autrement de Nicolas Sarkozy, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine devenu Président, servant selon elle les intérêts de "ses amis milliardaires", détruisant le modèle social universel français et menaçant l'indépendance des médias et de la presse.
Ségolène Royal - Interview sur la contribution
Vidéo envoyée par sandrinegarnaud
Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à la présidentielle en 2007, dénonce la "mainmise [du sarkozysme] sur les médias, sur les réseaux financiers", "un pouvoir qui fait main basse sur la presse [...] un pouvoir qui donne aux riches encore davantage", "la reprise de contrôle des médias en particulier, le fait de servir ses amis, les groupes Bouygues, les groupes Lagardère, on voit un système berlusconien qui se met en place, on voit un Etat impartial qui recule". Pour elle, il ne fait aucun doute, Nicolas Sarkozy n'est pas un Président impartial, servant l'intérêt public, mais un chef de "clan".
III. LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, INCARNATION DE LA CONTINUITE, DE LA STABILITE ET DE L'UNITE DE L'ETAT ET DE LA REPUBLIQUE:
L'instabilité chronique de la vie publique française, en même temps que l'extrême solidité des institutions ont été relevées et expliquées par divers auteurs, chacun à leur façon.
Il est certain que la décapitation de Louis XVI, dernier roi de France strico sensu, allait introduire le
peuple comme élément majeur des événements à venir. Dans un style littéraire, Alexandre Dumas prophétisait, dans Le Collier de la reine, que "la France ressemble à un sablier; pendant neuf cents ans, il a marqué l'heure de la royauté, la droite puissante du Seigneur l'a retourné; pendant des siècles, il va marquer l'ère du peuple".
La République elle-même, la démocratie ensuite, allaient mettre des lustres à durablement s'installer, le sang continuerait longtemps à couler. Comme l'écrivait Napoléon: "Tous les Français sont frondeurs, turbulents [...] leur légèreté est tellement de nature, leurs variations si subites, qu'on ne pourrait dire qu'elles les déshonorent".
L'instabilité gouvernementale qui caractérisa les IIIe et IVe République conduisit à terme le général de Gaulle à vouloir en finir avec un régime politique strictement parlementaire. D'où son intuition de la nécessité de l'incarnation en un Président fort, non seulement de la souveraineté populaire - ce qui sera fait en 1962 avec l'élection au suffrage universel direct - mais aussi de la continuité et de l'unité de l'Etat, des institutions et de la République, même en cas de grave crise.
Dans L'impérialisme, Hannah Arendt, avait dressé une typologie assez intéressante des différents
systèmes politiques européens avant 1958. Elle y distinguait le système bipartite sous la monarchie constitutionnelle anglaise du système continental des partis.
D'une part, en Angleterre, "l'Etat, en tant que garantie permanente de l'unité du pays, est seulement représenté par la permanence de la Couronne". Institution justement non partisane mais politiquement intouchable.
D'autre part le système bipartite était conçu de telle sorte que l'alternance entre parti au pouvoir et opposition exerçant un "contrôle dont l'efficacité est renforcée par sa certitude d'être le gouvernement de demain" structurait la stabilité politique de l'ensemble institutionnel.
La Couronne alliée au système d'"alternance gouvernementale" empêchaient plus qu'ailleurs les projets de coup d'Etat, la prise de pouvoir par des partis nationalistes ou anti-monarchiques etc.
La situation de la France était bien plus complexe. Seuls le principe républicain, son tryptique, la sacralité de sa fondation dans la Révolution de 1789 et la prééminence de l'Etat devaient être source de stabilité.
Or, les ligues monarchistes pullulèrent, l'extrème-droite menaça constamment les
gouvernements et la question de la décolonisation finit d'achever le consensus républicain en Algérie. Comme l'écrivait Hannah Arendt, en l'absence de principe d'alternance gouvernementale, "si, contre toute probabilité, il arrive toutefois qu'un parti ait la majorité absolue au Parlement et qu'il en résulte un gouvernement d'un seul parti, cela ne peut se terminer que par une dictature". Hannah Arendt écrivait évidemment à chaud, juste après avoir vu les démocraties parlementaires continentales, Allemagne et France d'abord, s'effondrer lamentablement avant ou durant la Seconde Guerre mondiale.
En France, la prééminence de l'Etat, "au-dessus des partis" n'était par ailleurs pas incarnée comme en Angleterre par un souverain et une Couronne.
C'est certainement pour toutes ces raisons que, in fine, le choix du général de Gaulle en 1958 d'instaurer un régime semi-parlementaire-semi-présidentiel, après avoir été dénoncé, notamment par François Mitterrand, comme un "coup d'Etat permanent" antidémocratique, fit finalement consensus.
L'élection au suffrage universel direct raffermit même la légitimité du président de la République, laquelle sembla, après la première cohabitation de 1986, au-dessus des échéances électorales législatives. C'est ainsi au nom de la chose publique, dont il se sentait le garant, que François Mitterrand, président de la République empêcha son gouvernement de droite de procéder à un certain nombre de privatisations.
Comme l'avait dit le général de Gaulle à Alain Peyrefitte, dans la Salon doré du palais de l'Elysée, en 1959: "l'Etat doit
échapper aux partis, y compris le parti gaulliste!". Dans ces conditions, le président était un rassembleur mais aucunement le chef d'une majorité face à une opposition parlementaire dont De Gaulle niait, détenteur de la magistrature suprême, l'existence.
Le Président, nonobstant l'étendue, pour certains illimitée et quasi monarchique, de ses pouvoirs et de ses capacités d'influer sur la vie politique, prit d'abord la figure de l'incarnation et de la stabilité du régime. Les festivités du bicentenaire de la Révolution française, orchestrées par François Mitterrand, rappelèrent aussi que le Président assumait personnellement le lien entre la République et son moment fondateur.
IV. NICOLAS SARKOZY, UN CHEF DE CLAN ENNEMI DE LA CHOSE PUBLIQUE: LA PRESIDENCE DECHUE:
Nous avons vu que Ségolène Royal, opposante socialiste à l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, estimait implicitement que, comme président de la République, celui-ci ne défendait pas, voire n'aimait pas l'Etat, en tant qu'institution au service de la chose publique. Bien au contraire, de considérer Nicolas Sarkozy comme favorisant les milieux rentiers et financiers, fragilisant le "modèle social français", se comportant comme le "chef d'un clan".
Mais politiquement parlant, il est patent qu'il en va de même. Si de Gaulle avait, à l'article 4 de la Constitution, en 1958, concédé que "les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage", il n'en demeurait pas moins que le même article précisait qu'"ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie" à savoir, dans l'esprit gaullien, le peuple, dont le vote référendaire demeurait l'expression légitime suprême.
Devenu président la République, Nicolas Sarkozy annonçait qu'il quittait la présidence du parti de droite, fondé par Jacques Chirac, dont il était le président pour "bien servir l'intérêt de la France". Mais fait inédit, il supprimait immédiatement cette fonction pour mieux contrôler ce qui restera son parti.
C'est ainsi que par sa seule volonté, Nicolas Sarkozy créait à la place de ce poste de président de parti, qu'il "quittait", une "direction collégiale" - prompte à être manipulée -, décision approuvée par le bureau politique de l'UMP le 25 juin 2007.
Jean-Claude Gaudin de préciser que, puisque "moralement [sic] le président de l'UMP demeure Nicolas Sarkozy", ce serait désormais un triumvirat de trois vice-présidents qui dirigerait [sic] la famille politique de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine.
Discret putsch peu relevé alors mais pourtant contraire aux missions d'un chef de l'Etat, qui, s'il a toujours en France eu la haute main, via ses conseillers, sur son parti d'origine, quand il en avait un, n'était jamais allé aussi loin dans la partialité.
SARKOZY Quitte la Présidence de l'UMP-2
Vidéo envoyée par Canal-Historique-06
L'esprit de rassemblement cher au général de Gaulle, et déjà remplacé sous Pompidou par le principe de la
majorité et de l'opposition, sera alors gravement dévoyé par Nicolas Sarkozy par la constitution d'un gouvernement de pseudo-ouverture, invitant des personnalités médiocres du centre ou de gauche à appliquer un programme présidentiel de droite dure voire d'extrême-droite sur quelques sujets, renonçant bien entendu à toutes les emphases bonimenteuses de campagne. La politique menée par ce gouvernement de potiches médiacratiques sera évidemment non pas ouverte mais purement sarkozienne, autoritariste, anti-étatiste voire contre-révolutionnaire.
Point d'ouverture donc, mais une mainmise sur l'UMP.
L'apogée la plus caricaturale de cette obsession présidentielle de tenir et "son" parti et son fief d'origine, Neuilly-sur-Seine, éclatera au grand jour avec le putsch du fils Sarkozy dans cette même ville, feuilleton piloté par l'Elysée, mêlant vie publique et vie privée, dès le 1er octobre 2007, avec le parachutage de David Martinon, bientôt renversé par Jean Sarkozy.
Lors des élections municipales de 2008, Nicolas Sarkozy décida, avant de "palinoder", à la vue de sa galopante impopularité, de s'impliquer personnellement dans la campagne et d'en faire un "test national". C'est un Nicolas Sarkozy bouffi de contentement qui, en guise de coup d'envoi médiatique de la campagne, reçut en personne, devant 2 000 cadres de l'UMP, lors d'un Conseil national de l'UMP, l'ancien Premier ministre de gauche britannique, Tony Blair. A cent mille lieues des impératifs de sa fonction et de l'impartialité qu'elle devrait lui imposer...
tony blair à l'ump!
Vidéo envoyée par peuplededroite
Tony Blair, ancien Premier ministre britannique de gauche, invité personnellement par Nicolas Sarkozy le 12 janvier 2008 au Conseil national de l'UMP, en présence du président de la République...
C'est sans hésiter une seconde que Ségolène Royal toujours, releva le défi lancé par le Président (sic) du test national des municipales, qu'il perdra au bonheur mesuré de la gauche, mais sans en tirer aucune conséquence politique.
JT France 2 - 12 janvier 2008
Vidéo envoyée par segolene-royal
Le 12 janvier 2008, Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à l'élection présidentielle, répondait du tac au tac au Président Sarkozy étrangement descendu dans l'arène des élections locales expliquant que "Nicolas Sarkozy a annoncé que les élections municipales étaient un test national [et que] cela veut dire qu'il nous demande si oui ou non nous sommes contents de lui et de ce qu'il fait." Et d'ajouter à l'adresse de son ancien concurrent: "eh bien moi, je dis topons-là"...
Sarkozy & Grève, du mépris qui insulte les Français
Vidéo envoyée par alizoh8
Le 5 juillet 2008, c'est encore devant son clan UMP que le "Président de tous les Français", lors d'un Conseil national toujours, ridiculisait la Constitution, les travailleurs, autant que leurs représentants syndicaux et la population de ce pays en déclarant, tout sourire: "désormais, [en France], quand il y a une grève, on ne s'en aperçoit pas"...
Si l'encadrement de la pratique de la grève est le palliatif à l'abolition du droit constitutionnel de grève, que réclament ses éditorialistes affidés et le grand patronat, encore une fois, tant le lieu que les paroles prononcées par le président de la République témoignaient de ce que celui-ci n'est pas à la
hauteur de la fonction...
Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem, qualifiait le 7 juillet 2008 dans Le Figaro de "choquante" la présence de Nicolas Sarkozy devant le Conseil national de l'UMP. Elle rappelait fermement que "la fonction de président de la République qui rassemble tous les Français" n'est pas celle de "chef de parti". Une fois de plus tout était dit.
______________
Il faut d'abord comprendre que cette révision institutionnelle a tout simplement consisté à conformer in concreto et non pas in abstracto, c'est-à-dire selon les principes républicains, le droit à la pratique sarkozienne violente et vulgaire de la fonction présidentielle. Ce qui constitue une dérive constitutionnelle et juridique vertigineuse, le droit ne se contentant plus que d'entériner telle ou telle pratique, à savoir celle du plus fort...
Il n'y aura eu, bien entendu, pas de référendum sur cette question cruciale des institutions, comme sur l'Europe d'ailleurs.
Pour ce qui est de l'accroissement des pouvoirs du Parlement, il n'en est rien. Selon Max Gallo, mitterrandien passé par rancune au sarkozysme le plus éhonté, dans Le Point du 21 août 2008, "l'adoption du quinquennat et la concomitance de l'élection présidentielle", voulues par l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin, "font du président un homme de parti, qui n'est plus en situation d'être au-dessus des appareils". Certes, mais alors pourquoi cette nouvelle réforme qui enfonce le clou et est contraire à l'intérêt général?
Car cette réforme va plus loin. Le président de la République, "homme de parti", disposera désormais de la tribune parlementaire, sans pour autant que les élus du peuple puissent le sanctionner ou non, alors que lui peut dissoudre l'Assemblée nationale à sa seule discrétion. Alors que jusqu'à présent, le Premier ministre seul, responsable et pouvant avec son gouvernement être renversé par le vote d'une motion de censure, pouvait y prononcer le discours de politique générale, c'est maintenant un Président irresponsable politiquement qui le concurrencera...
Un "homme de parti", en l'occurence Nicolas Sarkozy, pourra présenter devant la diversité des élus du peuple réunis à l'Assemblée, le projet de "son" parti, sans rien risquer - sinon des débats réthoriques sans fin une fois son verbiage achevé.
Le fait de partager l'ordre du jour entre le gouvernement et les présidents des groupes parlementaires - dont celui de la majorité présidentielle sera le plus fort - n'enlève rien au fait que le Premier ministre, seul responsable politiquement devant la représentation élue, sera affaibli, non pas au profit d'une opposition toujours minoritaire, mais du Président partial, disposant d'une majorité docile plus que jamais.
D'où d'ailleurs les convocations régulières des députés du clan UMP et des récalcitrants de feue la droite républicaine à l'Elysée, qui risquent de devenir tout simplement des hyper-potiches.
Mais si l'on en revient à notre sujet, à savoir la nécessité pour une République d'avoir à sa tête un homme, au moins constitutionnellement impartial, et en-dessous de lui, un chef politique, le Premier ministre, battant le blé de la politique quotidienne, cette réforme est ahurissante.
Car avec la mort du Premier ministre et le pseudo-renforcement du Parlement présidentiel, nous assistons à l'avènement du Président partial et irresponsable.
Ce que Nicolas Sarkozy était dans les faits, il le devient béni par les textes. Sa conduite délétère, instable, illisible, hyperactive est désormais inscrite dans le marbre de la Constitution.
Il ne s'agit absolument pas ici de pleurer un Commandeur de la Nation mais, une fois encore, après avoir perdu la bataille de la médiacratie avec le nomination par le chef de l'Etat du président de France Télévisions, de promouvoir un Etat neutre et des institutions impartiales, au service, pour reprendre la sémantique de Richelieu, "du public".
Peut-on présider un pays aux yeux du monde et militer en permanence pour un parti politique, avec l'aval d'une Constitution acquise?
La réponse est non.
A l'instabilité des IIIe et IVe République, dénoncée en son temps par le général de Gaulle vient s'ajouter la dangerosité et la labilité d'un Président trop puissant, sans autorité, sans responsabilité pour ses actes, girouette lisant à peine les notes rédigées et défendues en public par des conseillers médiatisés.
Le difficile équilibre entre la république, qui requiert autorité et fidélité à quelques principes fondateurs et la démocratie qui suppose le changement constant, la controverse et le débat d'idées contradictoire est définitivement rompu.
Si certains pensaient que la Ve République n'était pas une panacée démocratique, ils n'avaient peut-être pas tort. Mais la République clanique en train de s'ériger n'a plus rien de républicaine - res publica signifiant, faut-il le rappeler, "chose publique".
On peut gager en tout cas que Richelieu ne se serait pas considéré comme un "simple collaborateur", contrairement à François Fillon et on ose espérer que Nicolas Sarkozy, en sus de se prendre pour de Gaulle et Mitterrand, ne se rêve pas en reine d'Angleterre...
"Les institutions, disait Marie-France Garaud, ça pourrit comme le poisson: par la tête". Eh bien c'est fait, elles sont moisies et sans queue ni tête.
La République n'avait plus de tête tant que Nicolas Sarkozy était à l'Elysée, jusqu'en 2012. Il est à craindre qu'elle n'en est plus jamais. Quant au Parlement, en l'état actuel des modifications constitutionnelles, il n'en sera que le corps chétif et avarié.
15 février 2008
SEGOLENE ROYAL, FRANCOIS BAYROU, DOMINIQUE DE VILLEPIN:UN FRONT REPUBLICAIN ET DEMOCRATE CONTRE LA POLITIQUE DE NICOLAS SARKOZY
Heureux événement! Un "Appel pour une vigilance républicaine", vient d'être signé, le 14 février 2008, dans l'hebdomadaire Marianne, par Ségolène Royal du Parti socialiste, François Bayrou du Mouvement démocrate, Dominique de Villepin de l'UMP, Jean-Pierre Chevènement du Mouvement républicain et démocrate, Pierre Lefranc, ancien directeur de cabinet du général de Gaulle etc. L'entreprise de démolition des fondamentaux de la République française inquiète donc d'éminentes personnalités politiques républicaines, de gauche, du centre comme de la droite. En creux apparaît la véritable nature du sarkozysme, qui, malgré ou à cause de son indigence culturelle, politique et philosophique, est un mouvement post-politique antirépublicain. Cet appel est donc un jalon de plus pour éclairer l'opinion et le peuple français sur la vraie nature de la "fracture républicaine" engagée par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel "très-bling bling-chrétien" président Sarkozy.
Ségolène Royal, Dominique de Villepin, François Bayrou, parmi les premiers signataires d'un "Appel pour une vigilance républicaine", lancé dans l'hebdomadaire Marianne, témoignent au-delà de leurs sensibilités politiques différentes de l'inquiétude, politique et non politicienne, face à la remise en cause des fondamentaux de la République par le nouveau pouvoir.
Vigilance Républicaine
Vidéo envoyée par momo1253
Malgré toutes les critiques que cet appel a pu suscitées, malgré son caractère insatisfaisant pour beaucoup, on ne peut que saluer le rassemblement de personnalités diverses de l'échiquier politique républicain, autour de principes -démocratie, laïcité, indépendance et pluralisme de la presse et des médias et enfin poursuite d'une politique étrangère claire et fidèle à son esprit, définie en son temps par le général de Gaulle et poursuivie ensuite par ses successeurs, aujourd'hui remise en cause par la politique impulsée par la présidence de Nicolas Sarkozy.
Les accusations des proches du président de la République, essayant de victimiser à outrance Nicolas Sarkozy, oublient un peu vite qu'un tel rassemblement avait déjà eu lieu contre les projets de mise en place de tests ADN pour trier les postulants au regroupement familial ou encore contre l'autorisation de statistiques raciales, lesquelles furent censurées par le Conseil constitutionnel, au nom de l'article Ier de la Constitution, qui stipule que "la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale" qui "assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion".
Le 14 ocotbre 2007, au Zénith de Paris, des personnalités politiques de tous bords républicains, ici François Bayrou (centriste), François Hollande et Laurent Fabius (socialsites), avaient fait front contre les tests ADN. Des artistes, intellectuels et autres les avaient rejoints.
Le point d'orgue de la mobilisation contre les tests ADN, infligés aux immigrants légaux, avait eu lieu au Zénith de Paris le 14 octobre 2007. Elle avait rassemblé des personnalités de la gauche, du centre comme de la droite républicaine. Ainsi s'étaient succédé à la tribune François Bayrou, Marielle de Sarnez, centristes historiques, François Goulard, membre du parti sarkozyste UMP, François Hollande et Laurent Fabius, membres éminents du Parti socialiste, Cécile Duflot, écologiste des Verts ou encore Jacques Ralite, figure du Parti communiste français.
Ce n'était pas tant contre la personnalité de Nicolas Sarkozy que pour dénoncer le caractère
antinomique des principes de la République et de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 que toutes ces personnalités avaient pris position.
Les tests ADN, bien qu'amendés, ont finalement été autorisés par le Conseil constitutionnel.
Loin des considérations politiciennes, qui certes existent mais ne nous intéressent pas ici, ce sont bien des "fronts républicains" ponctuels, mais fondés sur des préoccupations philosophico-politiques fortes, qui se cristallisent.
Le président de la République, au lieu d'envoyer ses avocats-sicaires le défendre sur les plateaux de télévision ou dans la presse, en accusant les signataires de cet "Appel pour une vigilance républicaine" de "fascisme", de "chasse au président", d'"instrumentalisation de l'Etat", ferait bien, mais cela paraît peu probable, de réfléchir aux motifs de telles initiatives, assez inédites depuis que la Constitution de la Ve République est unanimement reconnue. Ce d'autant plus, qu'elles rejoignent certainement une inquiétude, notamment s'agissant de la laïcité, co-partagée par une bonne part du peuple français.
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Vous pouvez lire et signer en ligne:
-l'Appel "Pour une vigilance républicaine":
-Appel laïque: "Sauvegardons la laïcité de notre République":
http://www.appel-laique.org/index.php?option=com_joomlapetition&func=viewcategory&catid=1
-SOS racisme: "Contre la statistique ethnique"
http://www.fichepasmonpote.com/
-Sauvons la recherche: "Non au contrôle génétique de l'immigration"
http://petition.etuc.org/spip.php?article3
-Charlie-Hebdo et SOS racisme: "Touche pas à mon ADN"
http://www.touchepasamonadn.com/
11 février 2008
JEAN SARKOZY A NEUILLY-SUR-SEINE: LA MONARCHIE ELECTIVE?
Neuilly-sur-Seine est l'objet de toutes les attentions ces jours-ci. En effet, son ancien maire et actuel président de la République, Nicolas Sarkozy, après y avoir adoubé, tel un seigneur, le porte-parole de l'Elysée pour briguer la mairie, David Martinon, vient de l'abondonner, de le disgrâcier...
Parachutage de Martinon à la mairie de Neuilly s/Seine
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Le 1er octobre 2007, on apprenait avec stupeur, que Nicolas Sarkozy, président de la République, sortait de l'Elysée et de son rôle de président de tous les Français, pour "imposer" de façon antidémocratique, David Martinon dans son fief de Neuilly-sur-Seine... Fronde des habitants... Entêtement de l'"hyper-pseudo-président"...
Le 18 octobre 2007, le palais de l'Elysée annonçait le divorce de Nicolas et de Cécilia Sarkozy. Coup dur, disent certains, pour David Martinon, qui aurait fait partie des "favoris" de l'ex-première Dame de France.
Début 2008, la cote de popularité de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel "très chrétien"-bling-bling président de la République s'effondrait. Son implication dans les municipales devenant de moins en moins appréciée par les candidats comme les électeurs de droite... Martinon étant le parangon de cette intrusion de Nicolas Sarkozy -"président de Neuilly"- dans une élection locale.
Enfin, le 9 février 2008, un sondage "secret", révélé par Le Figaro, avait donné David
Martinon vaincu, avec 40%, par un concurrent de droite, qui récolterait 45% des intentions de vote.
Verdict aujourd'hui: David Martinon est disgrâcié, au profit de qui? De trois de ses anciens co-listiers dont... le propre fils du président lui-même: Jean Sarkozy!
Martinon renonce à Neuilly
Vidéo envoyée par Ptite_Mule
David Martinon, favori de Cécilia Sarkozy jusqu'au divorce, selon certains, disgrâcié et laissant sa place pour la conquête de la "mairie" de Neuilly-sur-Seine, à ses anciens "amis", dont le fils du président lui-même: Jean Sarkozy...
De l'adoubement féodal -Martinon-, on était passé à la "monarchie héréditaire par (primo)géniture mâle" -Jean Sarkozy-, comme l'a relevé François Bayrou...
Adoubement d'un chevalier, pratique féodale et Louis XV en habit de sacre, sous la Régence, en monarchie absolue... Quelques temps tout de même avant l'instauration de la République en France...
Ce que les médias appellent déjà le "psychodrame de Neuilly" est d'autant plus étonnant que Nicolas Sarkozy avait répondu violemment à une question relative à l'affinité de sa pratique du pouvoir avec la "monarchie élective", posée par le journaliste de Libération, Laurent Joffrin.
Alors que ce dernier parlait de la pratique solitaire du pouvoir -en grec, monos signifie seul; arché pouvoir-, le président, faisant preuve d'une profonde inculture, avait fait mine de comprendre que le journaliste l'accusait d'être le successeur de Jacques Chirac, dans le cadre d'une monarchie héréditaire...
Pouvoir personnel? Sarkozy riposte...
Vidéo envoyée par allcurious
Le 8 janvier 2008, lors de sa première grande conférence de presse élyséenne, le président Nicolas Sarkozy récusait tout rapprochement de sa pratique du pouvoir de la monarchie, qu'il comprend d'abord comme "héréditaire"... Et pourtant...
Aujourd'hui pourtant, c'est son propre fils, qui lui resemble tant physiquement que dans la façon de parler, qui est envoyé à la conquête du "fief" de son père... La conception héréditaire, par médias interposés, serait-elle en train de supplanter la conception élective de l'élection?
Les Sarkozy, fils et père, père et fils, de putsch en putsch, une dynastie au pouvoir à Neuilly-sur-Seine... Ridicule.
04 février 2008
L'EUROPE AU MEPRIS DU PEUPLE FRANCAIS, L'APPLICATION DU PROGRAMME SARKOZY
Une seule candidate, présente au second tour de l'élection présidentielle française de 2007,
s'était engagée à consulter le peuple français sur l'Europe. Son nom: Ségolène Royal, candidate socialiste.
A ceux qui pleurnichent sur l'adoption par le Congrès, réuni à Versailles aujourd'hui, pour modifier la Consitution française en vue de l'adoption du traité de Lisbonne:, alors qu'ils ont voté Nicolas Sarkozy: vous n'aviez qu'à voter Ségolène Royal.
En tous cas, l'Europe se fera sans le peuple français, malgré le vote populaire de 2005: merci à tous ceux qui ont voté pour l'actuel président, le 6 mai 2007. Celui-ci tient là l'une de ses promesses de campagne: pas de référendum sur l'Europe.
On peut penser que le président Nicolas Sarkozy évitera à tout prix de recourir, sur quelque sujet que ce soit, au référendum. Son mépris pour le peuple et sa boulimie sondagière, son arrogance comme son incapacité à envisager le moindre désaveu en sont peut-être des explications.
18 janvier 2008
"PETITION POPULAIRE POUR L'EGALITE AUDIOVISUELLE" ET LE DECOMPTE DES PRISES DE PAROLE DE L'ELYSEE
A l'initiative de l'ancien Premier ministre socialiste, Laurent Fabius, une pétition circule pour réclamer "l'égalité audiovisuelle", actuellement bafouée par un Président en perpétuelle campagne politique et politicienne, relayé, fait inouï dans les annales de la République, par l'omniprésence de ses conseillers spéciaux, personnalités dépourvues de la moindre légitimité démocratique.
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A gauche, le président de la République Nicolas Sarkozy, omniprésent à la télévision française, mais pas seulement en tant que "président de tous les Français", aussi en tant que chef de la campagne de l'UMP pour les municipales de 2008. A droite, autre dérive atidémocratique majeure, la présence télécratique des conseilles du président, en campagne pour expliquer et défendre les discours et mesures prises par l'Elysée. Ici Henri Guaino, débattant avec le journaliste Jean-François Kahn... Le tout au détriment du Premier ministre et du gouvernement d'une part, des élus du peuple d'autre part.
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"Les médias audiovisuels ont pris une place décisive dans l’équilibre de notre démocratie.
Actuellement, cet équilibre est bafoué puisque le temps de parole considérable du Président de la République et de ses conseillers dans les médias n’est pas comptabilisé. Il n’est légalement pas prévu pour les forces démocratiques de lui répondre d’une façon égale. C’est d’autant plus inquiétant qu’une partie des médias audiovisuels et de presse écrite est la propriété de groupes industriels et financiers proches du pouvoir.
C’est pourquoi nous exigeons qu’une disposition constitutionnelle soit adoptée, qui impose désormais le respect d’une vraie règle des trois tiers pour les temps de parole audiovisuel : un tiers pour le Président de la République, ses collaborateurs et le gouvernement, un tiers pour la majorité, un tiers pour les forces d’opposition.
Seule cette règle sera de nature à freiner la saturation et la propagande actuelles, et à amener un meilleur équilibre indispensable à notre démocratie.
Tel est le but de cette pétition populaire pour l’égalité audiovisuelle, dont nous sommes signataires".
Pétition populaire pour l'égalité audiovisuelle:
http://www.egalite-audiovisuelle.fr/
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Cliquez ici pour signer également:
Appel contre la franchise Sarkozy (assurance-maladie en danger):
http://www.appelcontrelafranchise.org/
Appel du syndicat de la magistrature contre le projet de loi sur les "peines-planchers" et les mineurs récidivistes:
http://www.syndicat-magistrature.org/spip.php?article520
Collectif pour la promotion et la défense de l'école publique de proximité:
http://ecoledeproximite.free.fr
Non au contrôle génétique de l'immigration:
http://tmp.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1625#sp1625
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Non au ministère de l'"immigration et de l'identité nationale" (pétition internationale):
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Pétition pour des services publics de qualité accessibles à tous (Confédération européenne des syndicats):
http://petition.etuc.org/spip.php?
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Pour l'abrogation de l'article 89 de la loi du 13 août 2004 (favorisant l'enseignement privé):
http://ecoledeproximite.lautre.net/petition/php/index.php
Signez l'appel contre la franchise médicale Sarkozy:
http://www.appelcontrelafranchise.org/signer.php
Touche pas à mon ADN: Charlie-Hebdo et SOS racisme:
http://www.touchepasamonadn.com/
03 janvier 2008
LA FAUSSE OUVERTURE SARKOZY: UN DENI DE DEMOCRATIE
Depuis des mois, le débat public en France, sur des sujets majeurs -tests ADN, statistiques raciales, réception en grandes pompes du dictateur libyen- semblent se dérouler, sans que personne ne s'en offusque, dans le huis clos du Conseil des ministres, au palais de l'Elysée. Puis illico presto dans les grands médias... Au risque extrêmement grave, en ces temps de médiatisation et de personnalisation outrancières de la vie politique, de faire croire aux Français qu'il n'existe pas d'opposition politique en France.
Et c'est bien là tout le but de la fausse "ouverture" entamée par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy, dès la composition de son premier gouvernement. Pratique antidémocratique qu'il a annoncé vouloir poursuivre pour 2008, lors de ses voeux à la nation.
Il serait donc temps d'ouvrir les yeux et de condamner ouvertement ce qui est n'est en rien une "ouverture" mais un véritable déni constitutionnel et démocratique, un hold-up mené par le seul président sur le Parlement, les partis politiques et autres acteurs de la vie démocratique et sociale... Pour mieux liquider les fondamentaux de notre culture républicaine...
CHARLES DE GAULLE
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"Si je n'avais pas tendu la main aux communistes [...],
nous n'aurions pas relevé nos ruines comme nous l'avons fait".
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cité par Alain Peyreffite,
in "C'était de Gaulle".
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LES FAUSSES POLEMIQUES INTRA-GOUVERNEMENTALES, EFFETS MEDIATIQUES GARANTIS, CONSEQUENCES POLITIQUES NULLES:
DES MINISTRES MARIONNETTES...
Le 9 octobre 2007, Fadela Amara, secrétaire d'Etat "d'ouverture" à la Ville du gouvernement Fillon, nommée
par M. Sarkozy, créait une pseudo polémique en qualifiant de "dégueulasse" [...] le fait que le gouvernement dont elle est un des membres solidaires, "instrumentalise l'immigration", dans sa dernière loi sur "l'immigration choisie". Elle vitupérait, s'agissant d'un des amendements à celle-ci, introduisant le tri sélectif des postulants au regroupement familial par l'usage des tests ADN: "l'ADN, je ne suis pas d'accord parce qu'on touche à quelque chose qui n'est pas bon pour le pays".
Conséquence "télé": un matraquage médiatique et des débats sans fin sur l'emploi d'un mot argotique dans la bouche d'une secrétaire d'Etat. Un rendez-vous avec le premier ministre... Mme Amara se ravisait et demeurait solidaire du gouvernement...
Résultat politique: aucun, zéro.
Les tests ADN ne seront pas retirés par le président de la République, comme le lui demandait un front
républicain regroupant des députés et sénateurs UMP, Nouveau Centre, MoDem, PS, PC, PRG, Mouvement républicain et citoyen, d'extrême gauche, des vedettes -comme Carla Bruni, actuelle "fiancée de Nicolas Sarkozy-, des responsables associatifs et les instances religieuses, de grands acteurs et artistes et même le New York times, qui osait, dans un édito d'une rare véhémence, établir un lien entre Vichy et cette mesure attentatoire à la dignité humaine...
In fine, le Conseil constitutionnel validait cette nouvelle pratique, certes plus encadrée que ne le préconisait l'amendement d'origine. Les tests ADN pourront être pratiqués au service du tri sélectif d'une partie des immigrés.
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Puis, face à la perspective de la réception en grandes pompes du dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, chantre et
financier historique du terrorisme international, le ministre "d'ouverture" des Affaires étrangères, ancien socialiste et droit-de-l'hommiste Bernard Kouchner, s'avouait pitoyablement "résigné" sur France Inter, le 10 décembre 2007. Celui-ci avait fait campagne, faut-il le rappeler, pour la candidate socialiste adversaire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, Ségolène Royal.
Conséquence "télé": l'image d'un ministre qui ne renierait pas ses convictions tout en les mettant sous le boisseau pour se coucher devant la volonté présidentielle: drôle de schizophrénie...
Résultat politique: aucun, zéro.
Mme Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, "d'ouverture" elle-aussi, faisait la une du quotidien Le Parisien en y manifestant dans des termes très salés, son opposition à la venue du dictateur dans feu le pays des droits de l'homme. "Le colonel Kadhafi doit comprendre, osait-elle clamer, que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits". Comminatoire, elle ajoutait que "la France ne doit pas recevoir le baiser de la mort", le jour d'un anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme.
Conséquence "télé": tempête médiatique dans un verre gorgé d'eau couleur sang, journaux et télévision se faisant les relais d'une nouvelle polémique intra-gouvernementale d'une virulence toute sémantique. Félicitations naïves d'une partie de l'opposition de gauche, un sondage montrant que les Français partageaient le fond de sa diatribe, un rendez-vous à l'Elysée et Mme Yade changeait d'avis et se montrait bien plus circonspecte...
Résultat politique: aucun, zéro.
Le colonel Kadhafi est bel et bien venu essuyer ses pieds, non pas sur le "paillasson" qu'est devenue la France de Sarkozy, mais sur les tapis rouges déroulés en son honneur. Il aura même eu le bonheur d'être introduit en l'Assemblée nationale... Cinq jours d'humiliation pour la France des droits de l'homme, privée de vocation politique et de sa séculaire "diplomatie des valeurs", désormais apanage de nos amis allemands.
Le voyage triomphal de Mouammar Kadhafi dans la France de Sarkozy
...MARIONNETTES DE L'HYPER-PSEUDO-PRESIDENT
Alors à quoi bon ces mots, ces tapages médiatiques, ces cris d'orfraie et ces jérémiades de ministres ou de secrétaires d'Etat plus ou moins issus de la gauche et en désaccord apparent sur des sujets fondamentaux de la politique actuelle de la France?
A en croire Le Figaro du 14 décembre 2007, ces "couacs" gouvernementaux, ces désaccords brutaux et médiatiquement explosifs, profiteraient en fait à une seule et même personne, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président, Nicolas Sarkozy.
L'hyper-président ultra-incompétent, en intégrant des personnalités people ou des figures, à valeur médiatique ajoutée, dites "de gauche" à son gouvernement, pour mener une politique d'ultra-droite antirépublicaine, a réussi un pari: faire gober aux Français, aidé par l'incompétence du journalisme politique français et la soumission des grands médias, que l'opposition siégeait au gouvernement, et donc qu'il n'y avait plus d'opposition en France... Grave dérive antiparlementaire et antidémocratique...
Celui-là même qui a nommé ces personnalités, dénuées de toute légitimité démocratique, au gouvernement. Le titre de l'article du Figaro, plus que son contenu, résumait bien la situation: "Rama Yade, la star rebelle du gouvernement"... Tout un programme, savamment orchestré.
Quelle peut donc être la fonction de ces colères très télégéniques?
A défaut de pouvoir sonder les âmes et les cœurs, le fait que ces personnalités ne démissionnent pas, restent en place et persistent à cautionner -tout en faisant semblant de la critiquer- la politique menée par le président Sarkozy, contre leur "for intérieur" et leurs convictions, sur des sujets hautement sensibles, nous permet de penser que l'"ouverture" a pour finalité une confiscation de la vie démocratique et du débat public du pays, au profit du seul président...
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UNE CONFISCATION DU DEBAT DEMOCRATIQUE ET PUBLIC AU SEIN DU PALAIS DE L'ELYSEE ET DE SES RELAIS AUDIOVISUELS:
Tout cela peut paraître grotesque ou immoral. Mais ces gesticulations ministérielles amplifient un phénomène désastreux aux niveaux politiques et démocratiques.
La "télécratie", le déplacement de la vie publique vers les unes des journaux ou les plateaux
de télévision, est le résultat de toutes ces prises de parole politiquement nulles et non avenues, au détriment de la représentation nationale, composée des élus du peuple au suffrage universel.
La démocratie se déplace et se dégrade en glissant du Parlement et des territoires vers les "mass media" de masse.
Tout cela participe ainsi de la "virtualisation" de la vraie politique, qui se joue sur le terrain bien concret des communes, des départements, des régions, de l'Assemblée nationale et du Sénat... La politique incarnée par des actes et des paroles en cohérence et non pas seulement par des slogans télévisuels ou des "coups médiatiques".
Le problème, qu'il convient de souligner ici, est qu'un ministre ou un secrétaire d'Etat, pris individuellement, n'a aucune légitimité démocratique, aucune légitimité populaire. Il n'est ni un élu ni un représentant du peuple. Il est en place, pour mettre en oeuvre la politique normalement conduite par le Premier ministre, sous l'autorité du président de la République.
Ces personnes ne tirent en fait leur fragile légitimité que du bon vouloir du président de la République, de leur nomination entièrement discrétionnaire, à partir du moment où la fonction de premier ministre est écrasée, par le président. Leur destin ministériel est en fait suspendu à la décision présidentielle.
Ainsi le locataire de l'Elysée, pourrait, s'il le souhaitait et si ceux-là l'acceptaient, nommer
le premier mannequin venu à un poste de ministre de l'identité nationale, par exemple. Il pourrait nommer un militant anticapitaliste au ministère de l'Economie et des Finances. Rien, aucune instance démocratique ne l'en empêche à partir du moment où le premier ministre n'a plus d'existence politique réelle.
C'est ce que M. Sarkozy a très bien compris, en nommant des personnalités connues pour leur incompétence mais aussi pour leur télégénie remarquables et, bien entendu, pour leur soumission au "chef".
En appelant à la table du Conseil des ministres des personnalités de gauche, comme il l'a fait, M. Sarkozy n'a en rien mis en place une "politique d'ouverture". Il n'a fait qu'exercer ses prérogatives constitutionnelles:
· article 8 : "Le Président de la République nomme le Premier Ministre. Il met fin à ses fonctions sur la présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement.
Sur la proposition du Premier Ministre, il nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions".
Si on ne peut reprocher ni empêcher le président de nommer qui bon lui semble, on ne peut pas, par contre, tolérer
qu'il laisse ces personnalités monopoliser le débat médiatico-public, ni exprimer, dans une caricature de démocratie ou de débats d'opinions, leurs désaccords sur des sujets aussi graves que les droits de l'homme, l'immigration ou encore la conduite de la politique étrangère dans le pays.
Et ce, parce que la Constitution, si elle n'interdit pas à un ministre de s'exprimer librement, pose la responsabilité et la solidarité de l'ensemble du gouvernement, face au Parlement, et donc, au peuple. Si les ministres ont des comptes à rendre devant le peuple représenté, c'est en tant que membres solidaires d'une même équipe gouvernementale, dont ils assument, toutes, je dis bien toutes les mesures.
UNE ATTEINTE GRAVE AUX PRINCIPES CONSTITUTIONNELS DE SOLIDARITE ET DE CO-RESPONSABILITE MINISTERIELLE ET GOUVERNEMENTALE:
Un gouvernement est une équipe collective et solidaire nommée pour mettre en oeuvre les grandes orientations d'une seule et même politique, celles qu'a présentées le président de la République au peuple français. Si le Parlement le renverse, il est démis en bloc. Il ne s'agit donc pas d'un amas d'individualités faisant leur cuisine et leur publicité chacun dans leur coin, travaillant à son compte et non pour les Français.
La réalité légale, prévue par la Constitution, qu'aucun journaliste politique n'ose rappeler fermement -où ceux-ci sont-ils formés, on se le demande!- n'est pas la réalité de la politique-spectacle ou du cirque à paillettes. C'est cette réalité qui explique que les "coups de gueule" des ministres n'aient aucun poids politique et, plus grave pour les Français, ne changent rien à la politique désastreuse menée par l'actuel gouvernement.
La politique n'est ni une petite cuisine individualiste, ni un concours de "grandes gueules". Un ministre, tant qu'il ne démissionne pas, "appartient", au sens politique du mot, à un gouvernement.
La Constitution, que beaucoup de ces personnalités au pouvoir semblent mépriser, à l'image du président Sarkozy, est de toute façon claire s'agissant de la responsabilité collective du gouvernement:
· article 20: "[Le gouvernement] est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50.
· article 49: Le Premier Ministre, après délibération du Conseil des Ministres, engage devant l'Assemblée Nationale la responsabilité du Gouvernement sur son programme ou éventuellement sur une déclaration de politique générale.
· article 50: Lorsque l'Assemblée Nationale adopte une motion de censure ou lorsqu'elle désapprouve le programme ou une déclaration de politique générale du Gouvernement, le Premier Ministre doit remettre au Président de la République la démission du Gouvernement.
· L'Assemblée Nationale met en cause la responsabilité du Gouvernement par le vote d'une motion de censure. Une telle motion n'est recevable que si elle est signée par un dixième au moins des membres de l'Assemblée Nationale. Le vote ne peut avoir lieu que quarante-huit heures après son dépôt. Seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure qui ne peut être adoptée qu'à la majorité des membres composant l'Assemblée. Sauf dans le cas prévu à l'alinéa ci-dessous, un député ne peut être signataire de plus de trois motions de censure au cours d'une même session ordinaire et de plus d'une au cours d'une même session extraordinaire.
· Le Premier Ministre peut, après délibération du Conseil des Ministres, engager la responsabilité du Gouvernement devant l'Assemblée Nationale sur le vote d'un texte. Dans ce cas, ce texte est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l'alinéa précédent".
Bien entendu, un président de la République, digne de ce nom, respecte et prend en compte les résultats de l'élection présidentielle dans le choix de ses nominations. Suivant le fait démocratique majoritaire, il met en fonction des personnes compétentes et convaincues de la nécessité de la mise en oeuvre du projet présidentiel.
M. Sarkozy, disposant d'une avance honorable sur son adversaire socialiste, Mme Royal, puis d'une majorité
législative à sa botte, a pourtant fait le contraire. Il a nommé "n'importe qui", non pas sur une base politique, celle annoncée et tranchée par le pays, mais sur une base médiatique et purement politicienne, purement stratégique. L'ouverture n'ayant à aucun moment été soumise clairement au choix des Français durant sa campagne, marquée à droite et même à l' extrême droite.
N'en déplaise à Fadela Amara, Bernard Kouchner ou encore Rama Yade, ils ne sont que les exécutants des orientations politiques choisies par le peuple français lors des élections au suffrage universel -présidentielle en premier lieu, législative dans une moindre mesure, sauf en cas de cohabitation.
Ils ne sont pas des petits présidents ou des petits premiers ministres en puissance, passant leur temps à abreuver les médias et les Français de leurs états d'âme. Ils n'ont pas à faire croire qu'ils influencent l'orientation politique du pays sous prétexte qu'ils sont reçus sur les plateaux de télévision ou font la une des quotidiens.
Le siège de la démocratie représentative n'est pas et ne peut pas être le gouvernement, qui mène une seule et même politique. Un ministre n'est qu'un des rouages d'une seule et même machine d'exécution. Le gouvernement n'est pas une assemblée démocratique.
Le débat démocratique doit absolument se dérouler au sein du Parlement, de l'Assemblée nationale et du Sénat, ainsi que dans la société civile et même, dans les conditions prévues par la loi, dans la rue.
Les médias dominants, en jouant le jeu de la confiscation par le président du débat public, participent d'une grave dérive. Alors que la politique menée ne prend absolument pas en compte les orientations éventuellement contraires à celles du président, ils nous font croire que la pluralité n'est pas à l'Assemblée, qu'il n'y a pas d'opposition, que les députés ne font pas leur travail tandis que tout se passerait autour de Nicolas Sarkozy, à la table élyséenne du Conseil des ministres.
L'hyper-personnalisation de la politique, la confusion des idées -le président voulant faire passer son
gouvernement pour un gouvernement ni de droite ni de gauche ni du centre ou de tout à la fois-, le mépris pour les partis politiques, pourtant reconnus par la Constitution comme des acteurs de la démocratie, la médiatisation outrancière et vulgaire des ministres -notamment de Rachida Dati-, la focalisation des médias sur les faits et gestes de ces personnalités nommées nuisent gravement au politique et à la démocratie représentative, laquelle repose sur la légitimité de l'élection et non de la nomination.
Une fois de plus, les principes constitutionnels sont bafoués en France, au profit d'un président ainsi tout-puissant, qui prétend être le chef de la majorité UMP comme de l'opposition du centre et de la gauche, au moins en apparence. Il y a donc déni de démocratie implicite et piétinement manifeste de la Constitution qui régit cette même démocratie.
Voilà la triste réalité de cette fausse "ouverture", qui n'est rien d'autre qu'une stratégie d'internalisation du débat démocratique au sein de gouvernement, de privation de visibilité du Parlement et des partis politiques, le tout étant possible parce que le président a les moyens de nommer qui il veut et parce que l'éthique politique, qui suppose responsabilité collective et sens de l'intérêt général, s'est effondrée en France.
Le président n'agit pas comme président mais comme candidat perpétuel à sa propre succession, l'écrasement continu de l'opposition en étant l'une des conditions.
Depuis le 6 mai dernier, l'enjeu pour l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy est de faire taire toute voix s'opposant à sa politique anti-républicaine. Il s'agit d'opposer un faux "consensualisme" médiatico-sondagier à tous les débats qui sont le signe d'une vraie démocratie. Ces débats passionnèrent les Français. Ségolène Royal et François Bayrou demeurent, malgré toutes les basses manœuvres sarkoziennes -fragilisation du Parti socialiste et attaque en règle contre le Modem de M. Bayrou-, deux grandes figures d'une alternative républicaine et démocrate à la désastreuse politique sarkozienne.
Pourtant, l'histoire de notre pays peut nous éclairer sur ce que sont de véritables stratégie et politique d'"ouverture", pratiquées à plusieurs reprises et sous différents régimes, même si le mot d'"ouverture" n'était pas forcément employé.
QU'EST-CE QU'UNE VERITABLE OUVERTURE?:
LA TENTATIVE MITTERRANDIENNE
On n'évoquera ici que brièvement l'"ouverture" tentée par le président de la République française, François Mitterrand, au lendemain de sa seconde victoire à l'élection présidentielle en 1988. Celle-ci correspondait à au moins quatre faits politique majeurs, qu'on ne retrouve absolument pas dans la victoire de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine en 2007:
· après 7 ans de présidence, dont 2 ans de cohabitation avec une majorité législative et un gouvernement de droite, le président Mitterrand sortant, recueillait le 24 avril 1988, au 1er tour des présidentielles, 34,11% des suffrages exprimés, tandis que son adversaire, M. Chirac, n'en obtenait que 19,96%. Le 8 mai 1988, François Mitterrand écrasait littéralement, avec un score de 54,02% des suffrages exprimés, son premier ministre de droite, qui n'en récoltait que 45,98%.
· la candidature du président sortant avait été annoncée par lui-même très tardivement, et deux slogans avaient été retenus pour sa campagne: "La France unie" et "Génération Mitterrand", posant de facto, les fondements d'une politique de rassemblement, notamment du centre. Celui-ci s'étant posé comme le "père de la nation" et le protecteur patenté de l'Etat impartial face à tous les clans partisans, jouant jusqu'à la caricature de sa stature présidentielle... Une ouverture aux idées du centre se dessinait donc, politiquement parlant.
L'un des slogans de campagne du président sortant en 1988, annonciatrice d'une probable "ouverture" au centre
· les élections législatives consécutives à la réélection de François Mitterrand ne donnant qu'une majorité relative aux socialistes et apparentés, le président décide de nommer au gouvernement des personnalités centristes et de la société civile, tels Jean-Pierre Soisson, Jean-Marie Rausch, Michel Durafour ou encore Olivier Stirn, avec comme premier ministre Michel Rocard.
Cette "ouverture" congruait tant avec la campagne de rassemblement menée par François Mitterrand qu'avec son positionnement dit du "ni-ni", ni nationalisations, ni privatisations, censé être encore le marqueur premier du clivage gauche-droite. Elle ne fera cependant pas long feu. Mais elle était fondée politiquement et n’avait rien à voir avec la tartufferie sarkozienne.
VERS LE SECOND EMPIRE LIBERAL: LES ORIGINES DE L'OUVERTURE
L'"ouverture" a toujours eu lieu au niveau de la formation du gouvernement, en fonction d'un projet politique lui-même ouvert, transcendant les clivages traditionnels, négocié selon l'intérêt national, l'état de l'opinion et les rapports de force politiques, à un moment t. Originellement, elle intervient comme une nécessité de réajustement des forces au pouvoir au regard de l'état du pays ou des événements politiques.
Le passage de l'Empire autoritaire à l'Empire libéral, en 1869, se joua ainsi par l'arrivée au gouvernement de personnalités issues de l'opposition à Napoléon III, dont le pouvoir vacillait. Elle déboucha naturellement sur des mesures politiques elles-mêmes d'ouverture, impliquant des changements substantiels dans la conduite des affaires et des réformes inspirées par les nouveaux venus de l'opposition.
L'"ouverture" ne relève donc nullement de nominations fantaisistes dictées par les caprices ou la pure stratégie de l'exécutif tout-puissant, contrairement à ce que pourrait nous faire croire la tartufferie sarkozienne actuelle.
Le cas du Second Empire est donc à ce titre intéressant. Comme nous le rappelle Louis Girard, dans son "Napoléon
III", "les élections de 1869 marquent, après vingt ans d’interruption, la renaissance de la vie politique avec une presse libre et des réunions publiques dans les grandes villes". Plus profondément, l'empereur doit comprendre que "l’Empire est menacé [et que] la république est candidate à sa succession".
Cette même année, le député républicain Emile Ollivier, fer de lance de l'opposition, qui avait été le rapporteur de la loi du 25 mai 1864, légalisant les "coalitions ouvrières" et instaurant le droit de grève, fut donc nommé par Napoléon III ministre de la Justice et des cultes, chef de fait d'un gouvernement de centre droit et de centre gauche.
Cette nomination, loin d'être cosmétique, comme le sont les nominations sarkoziennes, aura eu des conséquences politiques majeures. Elle déboucha sur la fin de la tutelle impériale sur le Corps législatif, révolution institutionnelle dans l'esprit des vues parlementaristes du parti de Emile Ollivier.
L'évolution parlementaire du régime fut donc menée par ce gouvernement que l'on pourrait qualifier d'"ouverture", en ce sens qu'il était dirigé par un ancien opposant à l'Empire, député républicain, rallié mais aux conditions fixées par lui-même et ses camarades.
Rien à voir avec les ministres issus de la gauche, potiches, nommés par M. Sarkozy qui n'ont aucun poids politique et ne changeront rien à la "feuille de route" clairement de droite fixée par le président de la République. Lesquels, par contre, protègent le président de toute accusation de sectarisme tout en télescopant toute opposition.
DE GAULLE, LA SFIO, LES COMMUNISTES, LE MRP ENSEMBLE AU POUVOIR: LE GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE LA REPUBLIQUE
La libération de Paris et le défilé sur la plus belle avenue du monde, les Champs-Élysées, août 1944
C'est l'événement politique majeur que constitue la perspective de la Libération à la fin de la Seconde guerre
mondiale, qui conduisit le général de Gaulle à constituer, dès le 2 juin 1944, un Gouvernement provisoire de la République française composé de communistes, de socialistes (membres de la SFIO) et de membres du Mouvement républicain et populaire (MRP), composé d'anciens résistants, plutôt démocrates-chrétiens.
Le rassemblement au pouvoir des trois grandes composantes de la Résistance, tant extérieure qu'intérieure, était commandé par la nécessité historique de constitution d'une forme d'union nationale, en vue de la reconstruction de la France libérée.
Ces composantes portaient pourtant des projets et des orientations politiques radicalement divergentes. Mais le général de Gaulle sut les réunir au nom de l'intérêt supérieur de la République et de la France. Après le retour à la République, il s'agissait en effet de "rendre la parole au peuple", et nécessairement dans sa diversité, d'où les élections et le référendum qui aboutiront à l'abolition de la IIIe République et à l'avènement de la IVe.
Ce qui nous intéressera ici, ce sont les mesures politiques qui résultèrent de cette
"ouverture" aux socialistes et aux communistes, sous la houlette du général de Gaulle. Rien à voir avec la nomination de personnalités médiatiques. La France, revenant du régime de Vichy et de l'occupation nazie, renoua ainsi avec les principes républicains fondamentaux, en mettant en oeuvre de nombreuses mesures issues du programme du Conseil National de la Résistance (CNR). Ces mesures, souvent d'inspiration socialiste et communiste, in fine, relevèrent la France et participèrent aussi de la constitution du gaullisme politique, renouant avec le souci de l'indépendance nationale, la prééminence de l'Etat, la solidarité, la méritocratie républicaine, inscrivant, également, la France dans la modernité politique du second XXe siècle. A savoir:
· droit de vote des femmes -qui l'exercent pour la première fois le 29 octobre 1945
· mise en place de la Sécurité sociale -ordonnance du 19 octobre 1945
· création des allocations familiales -loi du 22 août 1946
· nationalisations, dont celle de l'énergie
· création de l'Ecole Normale d'Administration (ENA) pour former des hauts fonctionnaires recrutés, non pas selon leurs origines sociales, mais selon leurs "mérites" etc.
La formation, sous l'égide du général de Gaulle, du Gouvernement provisoire, intégrant des socialistes et des communistes, déboucha donc sur une politique d'ouverture et de rassemblement, posant les jalons d'acquis sociaux fondamentaux. En outre, il est certain que, malgré toutes leurs divergences idéologiques, au final, communistes, socialistes, démocrates-chrétiens se retrouvaient sur un socle commun: le rétablissement de la République et l'approfondissement de ses principes.
Ce sont ces mêmes acquis, issus du programme du Conseil national de la Résistance (CNR) et reconnus dans leur esprit par le préambule de la Constitution de la Ve République, qui sont aujourd'hui jetés au caniveau par la présidence Sarkozy et son soi-disant gouvernement d'"ouverture".
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Pourquoi ces nominations de personnalités médiatiques dites de "gauche" par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine? Pourquoi cette stratégie politicienne qualifiée d'"ouverture"?
Rien ne justifiait que fût pratiquée, comme l'avait fait de Gaulle à la Libération, une politique d'"ouverture", consistant à accomplir un programme de réformes négocié entre les différentes composantes de la vie politique française républicaine -des communistes à la droite de l'UMP. Une telle politique aurait pu à la rigueur être tentée par Jacques Chirac, réélu en 2002 contre le chef du Front national, Jean-Marie Le Pen, avec les suffrages de la gauche. Mais en 2007, le débat droite-gauche avait repris ses droits au second tour des présidentielles. C'est bien pourquoi cette politique d'"ouverture" n'existe pas et est un leurre.
· Ni sortie de guerre, ni crise institutionnelle majeure, ni nécessité d'une union nationale en vue de reconstruire le pays ne se présentaient avant l'élection de Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2007.
· La campagne électorale menée par ce dernier n'était pas une campagne ouverte aux idées de la gauche, mais aux idées de l'extrême-droite, à laquelle le président Sarkozy n'a pourtant pas fait appel lors de la composition de son gouvernement.
· Le nouveau pouvoir a été élu sur un projet de droite, socialement ultralibéral -au détriment des plus défavorisés et des classes moyennes, dans le souci constant de démanteler l'Etat et le droit social; économiquement favorable au capitalisme financier, à la finance spéculative et aux fortunes rentières -au détriment des petites et moyennes entreprises qui sont au premier rang de la relance de la croissance; culturellement ancré dans la réaction, dans le culte de l'argent-roi et dans la désignation de boucs-émissaires -les pauvres, les immigrés, les étrangers, les chômeurs, les retraités, les jeunes des cités etc.; internationalement, la France devait en finir avec la realpolitik, pour adopter une diplomatie des droits de l'homme, tourner le dos au monde africain et arabo-musulman pour se rapprocher des positions de l'administrations Bush, pourtant en fin de son désastreux parcours.
· Le président de la République dispose d'une majorité à sa botte au Parlement, et l'opposition n'est pas en mesure de menacer les gouvernements qu'il peut nommer à sa guise.
De ce programme sarkozien, toutes les idées venues du gaullisme, du centrisme, des différentes tendances de la gauche, toutes forces républicaines, étaient exclues et le sont toujours. La soumission de l'ensemble de la droite au projet présidentiel, la réduction au silence de toute dissension au sein de l'UMP, l'appel aux fidèles du centriste François Bayrou pour mieux le fragiliser, le recours à des individualités de gauche, politiquement insignifiantes mais populaires: toutes ces manœuvres sont contraires à l'esprit d'une politique d'"ouverture".
Elles assurent en fait l'hégémonie d'un projet présidentiel unilatéral visant à détruire un à un tous les principes républicains fondamentaux en créant un pseudo-consensus médiatique autour de la personne du président. Elles visent évidemment à préparer sa réélection en 2012. Car en faisant croire aux Français que cette politique fermée et antirépublicaine est une politique d'"ouverture", il s'agit d'occuper tout l'échiquier politique classique, de désarçonner toute velléité d'opposition et de faire croire que le Président bénéficie du soutien massif de tous les Français, alors que 47% d'entre eux n'ont pas voté pour lui et ont une autre vision de la France.
Le mensonge grossier que constitue l'idée selon laquelle le président mènerait une politique d'"ouverture" est grave, car relayé par les médias les plus puissants, audiovisuels notamment, il implique plusieurs conséquences:
· l'arrivée au gouvernement de personnalités dites "de gauche" qui ne défendent aucune mesure de gauche mais monopolisent le débat publico-médiatique, symboles vivants de l'immoralité politique récompensée par le nouveau pouvoir comme de l'effondrement des convictions politiques
· la diffusion de l'idée fausse selon laquelle l'opposition ne se situerait plus au Parlement ni dans les territoires de la République, mais au sein du gouvernement
· l'internalisation du débat démocratique au sein du gouvernement, qui n'est en droit qu'une équipe de personnalités nommées et non élues, dépourvues de légitimité démocratique
· la transformation du gouvernement en un simulacre d'assemblée démocratique, ce qu'il n'est en aucun cas
· l'étouffement médiatique de toutes les véritables oppositions, des gaullistes aux communistes, par les prises de parole politiquement sans aucun effet des ministres dits d'"ouverture"
· le discrédit sur le débat d'idées et le "relativisme de toutes les valeurs", l'absence de concordance entre les paroles et les actes au profit du règne de l'image, tous phénomènes propres à la condition postmoderne
· la remise en cause de la fonction éminente que les partis politiques, dans leur pluralité et leur diversité devraient jouer dans la vie démocratique du pays.
Il s'agit donc d'une nouvelle forme de gouvernement, qui n'a absolument rien à voir avec une quelconque "ouverture" aux idées du centre ou de la gauche, mais qui relève d'un véritable déni de démocratie représentative.
Les débats au Parlement sont constamment télescopés par les pseudo-disputes internes à un gouvernement dont la Constitution prévoit qu'il doit demeurer solidaire et co-responsable devant la représentation nationale. Leur ultra-médiatisation permet de consolider une grave dérive, à savoir le glissement de la démocratie vers la "télécratie".
Il n'y a donc en France, en dehors des plateaux de télévision, aucune politique d'"ouverture" menée par le nouveau pouvoir en place. Affirmer le contraire relève du mensonge politique.
Il y a simplement musellement de toute opposition et abaissement de la démocratie parlementaire et de la démocratie tout court. La preuve en est qu'aucune mesure de gauche n'a été et ne sera pratiquée par les ministres d'"ouverture", solidaires d'un gouvernement de "droite dure". Les coups de gueules des uns des autres, leurs pleurnicheries ou leur résignation témoignent en fait de leur impuissance et de leur soumission absolue aux volontés présidentielles.
Il serait temps que le journalisme politique français prenne la mesure d'une telle dérive et cesse de gober les mensonges présidentiels en reprenant à son compte le terme d'"ouverture", quand il n'y en a aucune.
Dénoncer sans relâche cette tartufferie serait la condition sine qua non du retour à un véritable débat démocratique. Sans quoi le peuple français ne trouvera plus aucun opposant à la politique de destruction des principes et des acquis fondamentaux de la République française, héritière de la civilisation démocratique athénienne, de la république romaine, des Lumières et de la Révolution française.
L'élection de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, loin de marquer un retour du politique, comme le pensent naïvement nombre de commentateurs politiques, emboîte le pas à ce que le philosophe Zizek appelle la "sortie du politique". Si cette situation perdure, les mesures les plus gravissimes pourront être mises en oeuvre sans aucune résistance, sans qu'aucun débat démocratique digne de ce nom ne les accompagne, sans souffrir aucune critique.
Fonder et mener une politique qui liquide à la fois la Révolution française, les droits de l'homme, les acquis de la Résistance, le gaullisme comme le socialisme, le chiraquisme comme le mitterrandisme sur un tel mensonge relève d'une des plus grandes escroqueries que la vie politique de la Ve République ait jamais connues.
Le mensonge comme programme politique n'est jamais de bon augure. Le peuple français devrait s'en émouvoir, sans quoi il ne restera bientôt plus rien de son héritage commun, de ce qui faisait encore sa grandeur de par le monde et sa cohésion politique, à savoir la prééminence de la "chose publique" sur tous les intérêts particuliers... Ce que l'on appelait, avant l'élection de M. Sarkozy, la République...
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LA FAILLITE MORALE DES MINISTRES D'OUVERTURE, FRUIT DE LA TARTUFFERIE SARKOZIENNE DE L'"OUVERTURE"
LA SANTE DEVIENT PAYANTE EN FRANCE... PAR LA GRACE D'UN GOUVERNEMENT D'OUVERTURE
08 novembre 2007
LE GOUVERNEMENT POSTMODERNE DE SARKOZY ET LA FAILLITE DE LA PENSEE OCCIDENTALE VUE PAR JORDI VIDAL
Comment expliquer qu'un candidat à l'élection présidentielle française, tel que l'ancien avocat d'affaires et maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy, ait réussi pêle-mêle à rallier les classes populaires et les classes hyper-privilégiées, l'électorat de l'extrême droite xénophobe et populiste, de la droite gaullienne, une partie des sympathisants du centre et même certains électeurs de gauche?
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Comment comprendre que cet ancien ministre de l'Intérieur de droite, au bilan désastreux, soit parvenu à attirer des "intellectuels de gauche" ou issus de la gauche, tels Max Gallo pour "la gauche républicaine", André Glucksmann pour "la soixante-huitarde antitotalitaire", parmi les plus médiatiques?
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Quelle mouche a donc piqué des gaullistes autoproclamés pour aller soutenir un homme qui avait vertement critiqué l'opposition gaullienne et salutaire, menée par Chirac, à la folle et désastreuse équipée guerrière irakienne de l'administration Bush, et réclamé qu'on l'appelât "Sarkozy the American"?
Qu'en est-il de ces souverainistes républicains, tels des Henri Guaino ou encore Max Gallo toujours, qui sont allés soutenir un candidat qui se prononçait pour la trahison des acquis de la Résistance, la remise en cause de la laïcité, l'adoption des statistiques "raciales" et du modèle de société multi-racial états-unien?
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Par quelle manœuvre, une fois élu président de la République, cet homme a-t-il réussi à former un gouvernement
solidaire composé de personnalités politiques "de gauche", autour d'un programme intégrant des mesures d'un thatchérisme archaïque, mis en échec dans le monde entier et axé autour d'une promotion sans complexes des inégalités sociales, assorti de propositions issues de l'extrême droite et attentatoires aux droits de l'homme et du citoyen, avec pour mot d'ordre la "liquidation de mai 68"?
Que font Fadela Amara, Bernard Kouchner, Rama Yade, Jean-Marie Bockel et d'autres autour de la table du Conseil des ministres d'un tel gouvernement?
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Il serait naïf de croire à un "coup de génie" de M. Sarkozy ou encore à une mauvaise "performance" de sa rivale socialiste.
Cette situation n'est que l'aboutissement d'une longue, lente et profonde faillite de la pensée et de l'action, certes de la gauche, mais de tous les républicains.
Et tous les personnages de cette triste comédie, ceux qui se disent de gauche, de droite, libéraux, gaullistes, souverainistes, républicains ou communautaristes, nationalistes ou "droits de l'hommistes", tous partagent en fait une même caractéristique: ce sont les enfants d'une nouvelle époque, la postmodernité.
C'est pour cela que le livre de Jordi Vidal, Servitude et simulacre en temps réel et flux constant, Réfutation des thèses réactionnaires et révisionnistes du postmodernisme, tombe à point nommé.
Pour nous aider à comprendre cette déconfiture de la pensée en France, en Europe, aux États-Unis d'Amérique et dans l'Occident mondialisé, depuis au moins quarante ans.
Professeur aux beaux-Arts de Perpignan, fils et petit-fils de syndicalistes espagnols, Jordi Vidal analyse brillamment les
conséquences culturelles, médiatiques, sociétales, politiques et sociales de l'hégémonie de la pensée postmoderne dans le champ universitaire occidental.
Evoquant les tenants du postmodernisme et leur nouvelle hégémonie dans les cercles universitaires occidentaux, Vidal parle d'un "milieu sclérosé", immergé dans une civilisation désidéologisée, télévisuelle et fondée sur l'image, sur l'oubli de l'histoire comme de la géographie, sur l'hyper-spécialisation des savoirs.
Tout se passe comme s'ils réfléchissaient hors du monde, étrangers aux réalités culturelles et socio-économiques qui affectent l'homme occidental contemporain...
Aliénés des peuples, et se proclamant allergiques à tout populisme, ils s'encanaillent ensemble grâce à leur connexion internationale, leurs échanges globalisés, leurs voyages financés par les universités et les centres de recherche, souvent aux frais du contribuable, en France en tout cas.
Le problème est que ceux-ci pensent être une nouvelle "avant-garde" critique alors qu'ils ne font que consolider la société qu'ils décrivent de façon abstraite.
Le post-modernisme, une pensée "magique", déconnectée du réel mais dont l'influence et les effets politiques sont eux bien réels...
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Pour résumer, il s'agit de comprendre avec Vidal quelques éléments et idées-forces de ce courant de pensée, certes informe, mais uni autour d'une récusation des traditions humanistes, démocratiques, républicaines, des Lumières comme de la pensée marxiene et de toute la pensée du social:
il n’y a plus de principes intangibles, tout est relatif, tout se vaut, la recherche de la vérité est un leurre, un horrible "mythe" totalitaire qu'il s'agit de "déconstruire"
les images et les représentations toujours changeantes de la réalité comptent plus que la réalité elle-même, que l’historicité des faits et des situations, il faut accepter l'hégémonie des "simulacres" et de la confusion, de l’équivalence de tous les phénomènes : religion et politique; État et nation; nation et nationalisme; république et nation, peuple et populisme; fascisme et totalitarisme; race et ethnie; citoyenneté et identité; classes sociales, communautés et minorités; culture et vie quotidienne; moralisme et éthique politique ou même Orient et Occident etc.
il faut condamner les Lumières, la science, la révolution, tout universalisme et toute vision collective du monde, assimilés à l’impérialisme et à "l’universel blanc masculin hétéronormé" (sic) et primat du contenant sur le contenu, de l'auteur, de sa race, de son sexe sur son œuvre etc.
l'idée même de civilisation est un leurre masquant une volonté cachée de domination
il faut privilégier les seuls phénomènes, passés ou présents, particuliers ou minoritaires, isolés les uns des autres, décontextualisés puis juxtaposés au besoin - esclavage, antisémitisme, racisme, xénophobie, discrimination, colonialisme, impérialisme, massacres administratifs- et dévaluer toute l'histoire universelle au nom de ces phénomènes, en occultant tout le reste - abolitionnisme, Résistance et sauvetage de la majorité des juifs en France, sous Vichy, mouvements de lutte contre le racisme, anticolonialisme d'origine européenne, humanisme etc.
seule peut s'imposer une vision pseudo-religieuse et moraliste du monde avec en son cœur la défense émotionnelle des victimes sélectionnées selon leur "valeur polémique ajoutée", au détriment d’une idée universelle de la dignité humaine défendue par des citoyens agissant et se révoltant. Le tout au risque à gauche d’une collusion avec les islamistes et les fondamentalistes juifs et chrétiens, et à droite de la mise en place d'une politique compasionnelle thatchérienne de sous-traitance de la question sociale aux organismes de charité ou à des juges
il est temps d'abandonner toute vision historienne des concepts comme de la réalité au profit de "manipulations historiques" selon les besoins de sa propre théorie: on dira ainsi que les Français d'origine immigrée subissent le même sort que leurs parents (sic) "esclavagisés", que les HLM ont été construits dans le but délibéré de parquer les immigrés dans des ghettos, que les noirs états-uniens sont des Africains ou encore que la démocratie athénienne doit être rejetée parce qu'elle tolérait l'esclavage etc.
toute ambition d’analyse globale de la société de consommation, des frustrations qu'elle génère et des inégalités qu'elle produit, est vaine et ennuyeuse, on préfèrera s'intéresser au malheur des "minorités", aux pratiques sexuelles, aux "représentations", télévisuelles, médiatiques etc. offertes en pâture par la société de masse de communication et de consommation
il faut partager la certitude de l’impossibilité de tout changement collectif, abandonner la question sociale au profit de la question raciale par exemple, le contraire manifestant un penchant antidémocratique pour la révolution et ipso facto pour le totalitarisme etc. Marx est bel et bien mort et enterré.
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Symbole de cette absence de principes des politiciens postmodernes, Bernard Kouchner qui, après avoir fait campagne aux côtés de la socialiste Ségolène Royal, rallie le victorieux candidat de droite à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, devenant l'un de ses ministres...
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Dans ce contexte où tout se vaut, où tout se mélange, où l'histoire ne compte que si elle sert la théorie logique préétablie, on comprend que des gens se disant de gauche puissent rejoindre un gouvernement d'ultra-droite. Le fait de se situer à gauche, d'être attaché à l'abolition des privilèges, initiée durant la Révolution française, peut, dans cette bouillie, être compris comme son contraire, comme lorsque l'on estime qu'être de gauche n'a rien à voir avec la question sociale mais consiste à créer des privilèges pour des "minorités raciales" discriminées et à cultiver le mépris pour les couches populaires nécessairement incultes, intolérantes, conservatrices etc.
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Désormais, on peut prétendre, comme M. Kouchner, demeurer socialiste et être solidaire d'un gouvernement
qui privatise la Santé et détruit les services publics, se dire "humanitaire" et préconiser la guerre... On peut être antiraciste et antisémite à la fois... On peut être féministe laïque, comme Mme Amara et être solidaire de Mme Boutin, catholique militante dont la ferveur laïque a toujours, c'est un euphémisme, été sujette à caution... On peut prétendre défendre les banlieues et les immigrés et être solidaire d'une politique fiscale favorisant une poignée de très riches et stigmatisant les étrangers comme jamais...
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Bref, l'essai de Jordi Vidal nous offre un éclairage sur les coulisses intellectuelles (sic) de la situation politique française actuelle. Il témoigne aussi d'un air du temps qui interdit toute pensée républicaine comme simple attachement à la "chose publique" et au collectif. Ces quelques citations pour vous en donner un avant-goût:
"Sous toutes leurs variantes, les tendances emblématiques du postmodernisme sont aussi changeantes qu’un "primetime" télévisuel. Leur diversité, qui se targue d’être rebelle, contribue à une même vision réactionnaire du monde et entend, sur le mode de l’accumulation et du rapprochement intempestif, "fissionner le réacteur républicain en activant des théorisations et des pratiques culturelles et politiques en chaîne venues des marges : études postcoloniales, postféministes, ethniques, gays, lesbiennes et trans, beur studies, whiteness studies et gender studies"… ".
La télé-réalité, image d'une société heureuse, multiraciale et multisexuée, où en fait tous, acteurs et spectateurs sont exploités: la postmodernité "réalisée", ici l'émission de TF1, Secret story
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"L’expansion de cette vision paranoïaque du monde s’est assortie d’une
fragmentation de la recherche et d’un total désengagement politique. Au nom de la culture, on est passé, en quarante ans, de l’analyse critique du sort de l’ouvrier anglais envisagée à partir de son point de vue, de sa parole et de ses conditions de vie, à l’étude comparée des vertus de la poupée Barbie et de la chanteuse Madonna".
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"Pour la sociologie postmoderne, la violence du "jeune arabe" est la
conséquence d’une discrimination ethnique antérieure à la domination capitaliste, trouvant son origine dans les Lumières. Parvenu à un tel degré d’inversion, le postsociologue refusera d’assimiler le sort des jeunes des cités à celui d’un prolétariat toujours précarisé et de moins en moins agissant. Il parlera de "guerre raciale" et dissimulera le fait que la misère matérielle touche dorénavant une partie de plus en plus importante de la population, empêchant ainsi toute solidarité effective entre les exclus".
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LA FAILLITE MORALE DES MINISTRES D'OUVERTURE, FRUIT DE LA TARTUFFERIE SARKOZIENNE DE L'"OUVERTURE"
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LA SANTE DEVIENT PAYANTE EN FRANCE... PAR LA GRACE D'UN GOUVERNEMENT D'OUVERTURE
14 juin 2007
L'HYPER-PRESIDENT SARKOZY ET SON PSEUDO-PARLEMENT
L'hyper-présidence de M. Sarkozy a renforcé le déclin continu du Parlement... L'abstention record du 1er tour des élections législatives du 10 juin 2007 est le symptôme du retour en force du mythe antidémocratique de l'"homme providentiel"...
SIMONE DE BEAUVOIR
"Cette horreur qu’ont les gens du parlement...
Le fond de l’affaire, c’est qu’ils ne veulent pas
être gouvernés par des égaux :
ils en pensent trop de mal, parce qu’ils pensent trop de mal
d’eux-mêmes et de leurs proches voisins. [...]
Les gens demandent donc le non-humain, le surhumain,
le Grand Homme, qui sera honnête parce que lui, il est « au-dessus de ça »".
"La Force des choses".
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Dès son élection à la présidence de la République, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine a fait le choix de se présenter aux Français comme un "président qui gouverne" -au mépris de l'article 20 de la Constitution qui pose que "le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation" et sans la contrepartie de la responsabilité du Président.
Depuis longtemps la "politique-spectacle" a personnalisé la vie politique française. Mais le degré de sur-médiatisation atteint lors de cette dernière élection présidentielle a largement contribué à diffuser de M. Sarkozy l'image de l'"homme fort", puis du "président fort".
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Plus grave que cette image, ses premiers actes ont témoigné d'une volonté de réduire les pouvoirs des ministres et de leurs administrations:
.le projet d'installation à l'Elysée d'un "Conseil de Sécurité nationale" selon le modèle états-unien, mettra sous la coupe présidentielle les ministères de l'Intérieur, voire des Affaires Etrangères et de la Défense
.le redécoupage des ministères et la création du fameux "ministère de l'immigration et de l'identité nationale" priveront plusieurs autres ministères de leurs prérogatives -le Quai d'Orsay perdra ainsi la politique de délivraison des visas etc.
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Son "ouverture" à des personnalités de gauche, tel que le nouveau ministre des Affaires Etrangères, a en outre donné l'impression que le nouveau Président dominait désormais l'ensemble de la vie politique française et qu'il avait rallié à sa personne gauche et droite confondus. La crise des partis -dont l'article 4 de la Constitution dit qu'ils "concourent à l'expression du suffrage"- ne peut s'en trouver qu'aggravée, la confusion étant installée dans l'esprit public.
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D'où certainement cette abstention record de 40% au 1er tour des législatives du 10 juin 2007, véritable défaite pour notre vie parlementaire, notre démocratie représentative et la démocratie en général.
L'Assemblée, lointaine héritière de l'agora grecque et du forum romain...
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Tout cela ne peut déjà en soi qu'aggraver les faiblesses de l'Assemblée nationale, où siègent les élus du peuple. Qu'accentuer les pratiques de la Vième République où dominait déjà largement le gouvernement dans l'écriture des lois, au détriment des députés, où un projet de loi peut être passé en force sans discussion grâce à l'article 49.3 -comme cela s'est produit pour le CPE.
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Cependant, un pas est franchi dès lors que c'est le président lui-même qui prend le pas sur son propre gouvernement, après avoir muselé "sa" majorité UMP. Laquelle majorité sera certainement écrasante à l'Assemblée Nationale, et docile à son "hyper-président".
Vers l'hyper-présidence?
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Or :
.il n'y a pas de politique sans discussion et confrontation d'opinions contradictoires
.la publicité de débats est un des piliers de la démocratie représentative
.tout projet de loi doit être discuté, critiqué et amendé avant d'être voté
.le peuple doit être informé des différents points de vue coexistant au sein de l'Assemblée
.la figure médiatique et populiste d'un "président proche des gens" ne saurait effacer le rôle de l'Assemblée des élus du peuple
.un vrai régime présidentiel implique une vraie responsabilité constitutionnelle du Président
.enfin, le Président ne doit pas s'enfermer dans son rôle de chef politique, il doit devenir le Président de tous les Français et même garantir la pluralité des opinions.
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Le risque, bien vu par Simone de Beauvoir, est que les citoyens cèdent au rappel de l'"homme fort" et renoncent au peu de pouvoir qui leur reste -le vote notamment. Dans ce cas, lorsque l'"homme providentiel" n'est pas contesté, les mesures passent dans le dos du peuple, alors que s'il se trompe, seule la rue demeure comme moyen d'expression, avec les risques de répression ou de délégitimation qui peuvent en découler -la droite arguant constamment du fait que "ce n'est pas la rue qui gouverne...".
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Le fameux sursaut démocratique invoqué lors de l'élection présidentielle risque donc de déboucher, nous l'avions déjà pressenti avant les législatives, sur une nouvelle désaffection de la participation démocratique, laquelle ne pourra que servir les dirigeants néo libéraux en place.













































