30 novembre 2007
LA PLOUTOCRATIE SARKOZY DETRUISANT L'ETAT ET LA "VOYOUCRATIE" INCENDIANT LES ECOLES: LE PACTE SECRET
En 1651, Thomas Hobbes posait les fondements de l'Etat moderne, dont il justifiait la suprématie par le besoin de sécurité des membres de la société civile, dans son ouvrage majeur, le Léviathan. Le tout dans un contexte politique anglais et européen de guerre civile et dans le contexte intellectuel d'une révolution scientifique radicale remettant en cause toutes les autorités traditionnelles. En 2007, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et ministre de l'Intérieur au bilan désastreux, Nicolas Sarkozy, a été élu président sur la thématique de la sécurité, dans le contexte de la montée récurrente, depuis des décennies, des violences urbaines. Il dénonce à la télévision, le 29 novembre 2007, la "voyoucratie" des émeutiers. Le problème, c'est que M. Sarkozy pense que la réduction de cette violence endémique est compatible avec le démantèlement ultralibéral de l'Etat, dans tous les domaines -éducation, Justice, Santé, école et même police... Contradiction évidente malgré les effets d'annonce répressifs et compassionnels, grave de conséquences pour notre pays....
"On dit qu'un Etat est institué quand les hommes
en multitude s'accordent et conviennent,
chacun avec chacun,
que, quels que soient l'homme
ou l'assemblée d'hommes,
auxquels la majorité a donné le droit de
représenter la personne de tous [...], autorisera
toutes les actions et jugements de cet homme ou de cette assemblée [...]
dans le but de vivre en paix entre eux
et d'être protégés contre les autres".
"Léviathan".
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LA CONCEPTION DE L'ETAT MODERNE COMME REPONSE AU BESOIN DE SECURITE:
La construction de l'Etat moderne commença au XVIIe siècle, en théorie et en pratique, sur les décombres de la féodalité, des guerres de religion et, il faut y insister, des guerres civiles. Des théoriciens comme Hobbes participèrent, au niveau philosophique, de l'érection des monarchies dites absolues et paradoxalement de l'émergence de la notion de "contrat" entre les individus pour obéir à une force suprême, l'Etat.
Il ne s'agissait en rien de démocratie, ou si peu. De république à peine. Néanmoins, on ne devrait pas oublier que c'est sous l'égide d'un Etat suprême, que le régime républicain puis démocratique s'imposa ultérieurement, après des révolutions, des répressions, des guerres et des luttes sociales diverses selon les pays.
Quelque part, l'antique adage "Suprema lex esto", "la loi est suprême", était réactivé des siècles après l'effondrement de l'empire romain. Et, chez Hobbes, c'est au nom du besoin de sécurité et de protection de la vie humaine que l'Etat devait imposer sa suprématie.
L'Etat suprême de Hobbes, illustré, brandissant à la fois l'épée et la crosse des religieux
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Si cette vision de l'Etat moderne a pour écueil sa fondation elle-même sur le thème de la sécurité, au risque de voir se développer des théories ultérieures qui réduiraient l'Etat au seul "exercice de la violence légitime" ou pire encore, chez les anarchistes libéraux à n'être plus qu'un "gendarme", il n'en demeure pas moins qu'elle allait réintroduire en Europe l'idée d'une instance supérieure aux féodalités de tous ordres, garante de l'ordre public.
NAISSANCE DE L'ADMINISTRATION DE LA POLICE ET RECONNAISSANCE D'UN DROIT A L'ORDRE PUBLIC:
Gabriel Nicolas de la Reynie, premier lieutenant général de police de Paris, nommé en 1667
L'administration policière sera son bras armé, créée en France par Louis XIV en 1667 par un décret de Colbert stipulant que "La police consiste à assurer le repos du public et des particuliers, à protéger la ville de ce qui peut causer des désordres". Gabriel Nicolas de la Reynie sera le premier lieutenant général de police de Paris.
Diplôme de la police municipale et rurale de la République française
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En son article 12, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 posera que:
"La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux à qui elle est confiée".
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LE RÔLE REPUBLICAIN ET DEMOCRATIQUE DE L'ETAT, COMPLEMENTAIRE DU SOUCI DE L'ORDRE PUBLIC:
A ces compétences de l'Etat il faut adjoindre le "bien-être" du peuple, l'application du droit romain ou coutumier, la garantie de l'ordre public puis bien plus tard les conditions de possibilité d'une république -l'éducation notamment- ou encore d'une démocratie représentative -les parlements, la presse etc, puis sociale -droit du travail, sécurité sociale.
Moment fondateur de la construction de l'Etat-providence français, la mise en oeuvre du programme du Conseil national de la réistance au sortir de la Seconde guerre mondiale
A l'Etat succédera l'Etat-nation puis l'Etat-nation-Providence. Mais ne reprochons pas à Hobbes, comme le feraient bien des anachroniqueurs compulsifs, d'avoir négligé ces futures attributions d'un Etat dont il s'agissait de découvrir un fondement incontesté.
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LE BUT COMMUN DES ULTRA-LIBERAUX ET DES INCENDIAIRES DES BANLIEUES: LE DESENGAGEMENT DE L'ETAT A TOUT PRIX ET LE RETOUR A LA LOI DU PLUS FORT:
La destruction des services publics, de la Santé, de l'école, des hôpitaux publics, menée sous la présidence Sarkozy en France, scelle le démantèlement de l'Etat-Providence et l'étiage de la dimension constitutionnellement "sociale" de la République française.
Mais au-delà, l'hyper-violence qui a sévi dans toutes les sociétés occidentales dites "riches" ces dernières décennies, et en France, ces derniers jours, interroge l'Etat contemporain dans son fondement moderne initial même. L'Etat semble être incapable de permettre aux Français d'atteindre "le but de vivre en paix entre eux et d'être protégés contre les autres". Et pour cause.
Les rapports entre la police et une partie de la jeunesse française sont depuis les années 1990 marqués par des heurts récurrents et, aujourd'hui, aux origines de véritables scènes de guérillas, comme ici à Villiers-le-Bel, en région parisienne, du 25 au 28 novembre 2007
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Toute l'hypocrisie d'une pensée ultra-libérale fière de haïr l'Etat réside dans ce qu'elle prétend construire une
"société sans Etat", sans administration, uniquement vouée au commerce et à la finance, et, en fait, au travail, pour produire, et à la consommation, pour travailler puis produire de nouveau, tout en réclamant toujours l'abri d'un système policier garantissant la bonne marche de ses activités fétiches.
C'est cette pensée bancale qui méprise toutes les autres activités, jugées oiseuses ou devant être réservées à des élites -la culture, la politique, l'action, les loisirs. C'est cette pensée, qui ignore tout le processus de civilisation qui préside à l'érection de l'Etat, puis de la République et de la démocratie, qui a triomphé en France, "patrie politique" par excellence disait-on, avec l'élection de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine à la magistrature suprême, le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy.
La réduction de l'Etat, antienne de la pensée ultra-libérale mais désastres sociaux garantis, domination de l'économisme sur la république assurée... La haine du service public de la police, credo d'une jeunesse délaissée par la République, souvent abandonnée à une culture de la violence nihiliste... Auxquels les principes civiques républicains, pour quantité de raisons, demeurent étrangers
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François Fillon, premier ministre de l'ancien avocat d'affaires, maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la
République, Nicolas Sarkozy, avait d'ailleurs à ce propos annoncé la couleur, le 10 octobre 2007, devant des sympathisants de l'UMP:
"Le réforme de l'Etat, ça supposera que [...] chacun d'entre nous accepte qu'il y ait moins de services, moins de personnel, moins d'Etat sur son territoire".
Cette diminution de la présence de l'Etat, des services publics, des personnels de la fonction publique s'appliquera-t-elle donc aux banlieues, qui sont des territoires à part entière de la République?
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La triste vérité est donc que c'est cette même haine ultra-libérale de l'Etat, de la "chose publique" comme de la démocratie représentative qui est devenue la pensée dominante chez une partie de la jeunesse occidentale et française complètement aliénée aux "fausses" valeurs de la société de consommation et de communication, de production et de travail de masse, chérie des ultra-libéraux.
Fermeture de classes dans les écoles au nom de la réduction budgétaire de l'Etat, toujours réclamée par les ultra-libéraux
Ces derniers ferment des écoles et des bibliothèques parce qu'elles ne rapportent rien, de leur point de vue étroitement économiste, tandis que les premiers les brûlent parce qu'elles ne représentent plus rien pour eux -d'autant plus qu'elles semblent n'avoir pas tenu leurs promesses et sont constamment concurrencées et ridiculisées par la télévision, les jeux vidéos ou encore certains domaines de la toile.
Destruction de la bibliothèque municipale de Villiers-le-Bel durant les émeutes du 25 au 28 novembre 2007
Une contre-culture ultra-libérale et hyper-consumériste s'impose sur les ruines de la culture politique ancienne. Que les anarchistes ultra-libéraux le veuillent ou non, à prôner depuis des années l'apparition d'une "société sans Etat", ils participent clairement de la destruction de la "chose publique", de l'effondrement de la république et in fine du déchirement du tissu social et humain auxquels on assiste au quotidien dans les quartiers dits "difficiles".
Est-ce là la "société sans Etat" rêvée par les admirateurs irresponsables de la toute-puissance du marché et de la finance? Une jeunesse à laquelle on n'a pas dit que le "vivre-ensemble" supposait autre-chose que ses fausses "valeurs" de la concurrence, du règne du plus fort et autres balivernes...
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LA VIOLENCE, LE SEXE ET L'ARGENT, PACTOLES PARTAGES OU CONVOITES PAR LE "CAPITALISME DE LA SEDUCTION", LA SOCIETE DE MASSE DE CONSOMMATION ET LA CULTURE DE LA VIOLENCE URBAINE CONTRE L'ETAT:
Ceci nous mène à l'ultime et la plus radicale hypocrisie de la pensée ultra-libérale, mettant à jour sa complicité objective, qu'il faudra bien analyser un jour, avec la production de la délinquance de masse. Pour citer à nouveau Hobbes:
"Il est manifeste que pendant ce temps où les humains vivent sans qu'une puissance commune ne leur impose à tous un respect mêlé d'effroi, leur condition est ce qu'on appelle la guerre".
Sur quoi donc se fonde cette conviction, si réaliste qu'elle en paraît pessimiste, du philosophe Hobbes? Précisément sur les mêmes fondations que la pensée ultra-libérale et que la société de consommation qui en résulte: sur "les désirs et les autres passions humaines", et sur ce fait...
"qu'on trouve dans la nature humaine trois causes principales de conflit: premièrement, la compétition; deuxièmement, la défiance; troisièmement, la gloire".
L'éthique des nouveux jeux de télé-réalité: éliminer les compétiteurs les plus "faibles" pour faire gagner de l'argent aux plus "forts"...
Si Hobbes estimait qu'il fallait bâtir une force suprême pour contrer les désirs et passions potentiellement destructrices car illimitées de l'homme, la société de consommation et le "nouvel esprit du capitalisme" veulent que tout l'ordre social se mette au service continuel des désirs et des passions insatiables, en produisant toujours, en inventant toujours de nouveaux besoins, quitte à ce que ceux-ci soient de "faux besoins".
Comme le dit Michel Clouscard dans "Critique du libéralisme libertaire, généalogie de la contre-
révolution", "la nouvelle société permissive, celle du marché du désir, du consensus idéologique des nouvelles couches moyennes" correspond à "la marée des nouvelles couches moyennes [qui] refuse tous les encadrements traditionnels, religieux, moraux, politiques. L'hyperfonctionnalisme du système (management et animation) suffit".
Le problème étant que si les classes moyennes, aujourd'hui en voie de déclassement économique, n'ont plus rien d'autre à revendiquer que de continuer à jouir de leur petit bonheur matérialiste -leur maison, leur voiture, leurs loisirs-, les exclus de cette société du "marché du désir" sont abandonnés à des frustrations immenses du fait qu'ils partagent ces mêmes fausses valeurs matérialistes sans pouvoir y accéder. Au lieu de se révolter contre les tenants de ce système économique, ils découvrent les moyens illégaux de "faire de l'argent" ou se livrent à une violence vengeresse, destructrice du tissu social comme des institutions de la République, durablement décrédibilisées car tenues pour coupables de leur non-accès à ces chimères du "capitalisme de la séduction".
Le credo de la société de consommation de masse: "n'importe qui peut ganger des millions, n'importe comment"...
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Dans "Le nouvel esprit du capitalisme", Luc Boltanski et Eve Chiapello estiment qu'"énoncée dans une rhétorique libertaire, la critique de l'Etat des années 70
pouvait ne pas reconnaître sa proximité avec le libéralisme: elle était en quelque sorte libérale sans le savoir". Le nouveau capitalisme et sa société de consommation globale prônent désormais "l'épanouissement d'un mode de vie, basé sur la jouissance immédiate dans la consommation stimulée par le crédit et la prduction de masse, que les salariés des entreprises capitalistes étaient incités à embrasser dans leur vie privée". Erigeant en valeur "l'hédonisme matérialiste de la société de consommation", cette nouvelle société multiplie les frustrations pour ceux sont exclus de cette jouissance immédiate, tout en leur interdisant toute alternative: "alors [que le capitalisme] constitue, par essence, un processus insatiable, les personnes sont, quant à elles, satiables, en sorte qu'elles ont besoin de justifications pour s'impliquer dans un processus insatiable".
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L'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et ministre désastreux de l'Intérieur, découvrant après des années aux responsabilités l'existence d'une "voyoucratie" armée, prête à en découdre avec les représentants de cet Etat dont M. Sarkozy a décidé qu'il fallait l'affaiblir comme jamais auparavant. Ici le 29 novembre 2007 devant les forces de l'ordre à la Défense, à Paris... Discours répressif mais aucune réflexion sur le "pourquoi"?
Les "voyous" fustigés par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président sont eux-mêmes aliénés à ces fausses valeurs dominantes, qu'ils surinvestissent du fait même qu'ils ne peuvent y accéder. C'est là le point commun entre les dirigeants ultralibéraux et les déliquants ultraviolents: ils haïssent l'Etat et toutes les médiations civiques et démocratiques, vouant un culte irraisonné et passionnel pour l'argent. Toute l'oeuvre hobbesienne de construction d'un Etat qui limiterait les désirs, la concurrence, la compétition, la loi du plus fort, tombe en lambeaux...
"Le peuple qui a les meilleures écoles est le premier peuple, s'il ne l'est pas aujourd'hui, il le sera demain", se prêtait à rêver l'école gratuite, laïque et obligatoire de Jules Ferry
A l'intégration par civique et culturelle, nécessairement conditionnée à l'intégration dans le monde du travail, s'est substituée la réussite par l'argent pour l'argent.
Aujourd'hui, on pourrait dire que "le peuple qui a les travailleurs les plus exploités et les consommateurs les plus motivés est le premier peuple"... La "culture" hip-hop a parfois trop bien intégré ce slogan qui postule qu'il faut "réussir ou mourir", "devenir riche ou mourir en s'y essayant", comme le proclame l'affiche du film du rappeur états-uniene 50 cent...
Le mensongne de M. Sarkozy réside dans ce fait qu'il a prétendu "réhabiliter la valeur travail" alors qu'il nous rejoue le culte du Veau d'or, l'adoration de l'argent. Sa ministre de l'Economie et des finances, Mme Lagarde, a elle-même osé clamer dans l'enceinte des représentants du peuple, à l'Assemblée nationale, qu'il fallait désormais "réhabiliter l'argent"! La dépénalisation du droit des affaires va d'ailleurs clairement dans ce sens...
Sexe et violence, consommation par tous les moyens de la "femme-marchandise": et des jeunes des "cités" qui se disent: "pourquoi pas nous?", quitte à écraser les plus faibles...
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"Sexe et violence sont les deux mamelles auxquelles s'alimentent voyous et ploutocrates", pourrait-on dire en parodiant une célèbre citation d'un ministre éminent du roi Henri IV...On pourrait penser à un retour à la barbarie prémoderne, au temps de la guerre de chacun contre chacun, à voir la présidence Sarkozy détruire un à un les jalons patiemment posés sur le chemin de la civilisation républicaine. Prétendre rétablir la paix civile en démantelant l'Etat, en affaiblissant les services publics de la Justice, de l'éducation, de la Santé et même de la police, est l'une des plus grandes impostures de notre actuel président de la République. Ses effets se révèleront certainement dramatiques mais qui est là pour dénoncer ce processus inquiétant de barbarisation, tant au sommet de l'Etat qu'au bas de la société...
Hobbes, peut-être, se retourne-t-il dans sa tombe, pendant que les Français voient les plus riches d'entre eux s'enrichir encore, et les plus désaxés rêver de devenir riches ou se colérer de ne pas pouvoir le devenir... Le rétablissement des "valeurs" promis par le candidat Sarkozy est en fait un piétinement de plus de toute notre civilisation républicaine, un renversement radical de tous ses principes... A quel prix?
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Cliquez ici pour lire également:
SARKOZY, PRESIDENT RACAILLE?:
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/2007/11/06/6792131.html
DECREPITUDE DES SERVICES PUBLICS, DE L'ETAT ET CRISE DE LA REPUBLIQUE: LE PROGRAMME SARKOZY:
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/2007/10/18/6553097.html
LA MORT DE LA FONCTION PUBLIQUE OU LA GRANDE "INVOLUTION CULTURELLE" DE M. SARKOZY:
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/2007/09/29/6369654.html
L'ARGENT-ROI DES RAPPEURS PLEBISCITE PAR LA MINISTRE ULTRA-LIBERALE DE L'ECONOMIE:
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/2007/07/11/5590336.html
L'HYPER-VIOLENCE EST FILLE DE LA SOCIETE DE CONSOMMATION, M. SARKOZY:
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/2007/05/29/5081540.html
06 novembre 2007
SARKOZY, PRESIDENT RACAILLE?
Trop c'est trop. L'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République, M. Sarkozy, a de nouveau "perdu ses nerfs", le 6 novembre 2007, en déplacement en Bretagne. Violent verbalement, prêt à en découdre physiquement avec un manifestant, il se comporte comme les "racailles" dont il voulait débarrasser les cités "au karcher". Hypocrisie et immoralité politiques continues... Après avoir insulté son porte-parole devant une journaliste nord-américaine médusée, après avoir insulté les Africains et la chancelière allemande Mme Merkel, M. Sarkozy récidive et nous montre qu'il n'a toujours pas endossé l'habit présidentiel...
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"Prends garde à ne pas t'emporter
trop vite contre quelqu'un [...].
Si tu es offensé personnellement,
le mieux est de faire comme si
de rien n'était, car une querelle
en amène une autre, et l'offenseur et toi
seriez ensuite en guerre perpétuelle".
"Bréviaire des politiciens,
Contenir sa colère".
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Alors qu'il veut restaurer l'autorité des maîtres et des professeurs dans les écoles, alors qu'il avait prétendu restaurer les "valeurs" en "liquidant l'héritage de mai 68", alors qu'il avait affirmé avoir "changé" durant la campagne présidentielle, et abandonné la violence verbale qu'on lui connaissait, notamment en tant que ministre de l'Intérieur, M. Sarkozy s'est comporté en Bretagne comme un véritable voyou, à l'égard d'un manifestant qui l'aurait insulté.
Bateau de pêche breton, en 1873
Entouré d'une nuée de gardes du corps, face à des marins-pêcheurs de Guilvinec qui
réclamaient une entrevue avec leur ministre, et non avec le chef de l'Etat, pour évoquer leurs difficultés, M. Sarkozy, s'il avait endossé "l'habit présidentiel", n'aurait jamais fait preuve d'une telle perte de sang-froid, donnant l'image d'un homme entouré de ses sicaires, prêt à se battre à jeu inégal avec un manifestant.
S'il était, dans sa tête, président de tous les Français et ne suscitait pas une telle haine, au point de ne pouvoir se rendre en banlieue, en territoire de la République, il suivrait les conseils avisés du cardinal Mazarin, et au premier chef, celui de "contenir sa colère".
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Sarkozy prêt à se battre avec les pêcheurs
Vidéo envoyée par Marcusgarvey
Image d'un président violent, se comportant comme un véritable voyou, incapable de garder son sang-froid face à des manifestants échaudés, en appelant quasiment à la bagarre, le 6 novembre 2007, en Bretagne
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Nous avons vu à plusieurs reprises que l'immoralisme et l'hypocrisie sont au coeur de la "nouvelle droite" compassionnelle et émotionnelle menée par M. Sarkozy. A ce titre on se rappellera cette admonestation prononcée pour décrédibiliser sa concurrente socialiste à la présidence de la République, lors du débat clôturant la campagne:
"pour être président de la République, il faut être calme",
alors que celle-ci se montrait très justement et prophétiquement ulcérée de l'hypocrisie larmoyante du candidat de droite sur le sujet du handicap des enfants. Attitude qui se manifeste de façon criante quand la ministre de la Sanré, Roselyne Bachelot, a le toupet de justifier le démantèlement du système de santé solidaire par la nécessité d'aider les personnes âgées atteintes de la maladie d'alzheimer...
Debat : Sego/Sarko :"la colère de sego"
Vidéo envoyée par konoha1985
Le 2 mai 2007, lors du débat présidentiel, Ségolène Royal, ulcérée par l'hypocrisie de Nicolas Sarkozy, évoquant, "la larme à l'oeil", la scolarisation des enfants handicapés, s'était vue rappelée au "calme" par M. Sarkozy lui-même! De lui expliquer que "pour être président de la République, il faut être calme"...
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Les inquiétudes manifestées pendant la campagne face à la violence verbale de Nicolas Sarkozy, en tant que ministre de l'Intérieur mais aussi comme candidat à la présidentielle -insultant l'Allemagne ou encore les Français de confession musulmane- n'étaient donc pas infondées. L'ancien maire de Neuilly-sur-Seine n'aura repris son calme que pour être élu.
Or, le conseil de Mazarin qu'on aimerait qu'il suive, à savoir "contenir sa colère", s'applique à l'exercice du pouvoir autant qu'à sa conquête... Si M. Sarkozy veut enfin acquérir une stature de chef d'Etat, qu'il cesse de se laisser aller à la violence, verbale ou potentiellement physique.
Qu'il applique à lui-même les "valeurs" qu'il fait semblant de vouloir restaurer... Au moins pour montrer aux futurs citoyens de ce pays autre chose que l'image d'un voyou parvenu et "plein aux as", tutoyant et menaçant à la moindre anicroche...
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Cliquez ici pour lire également:
L'HYPER-VIOLENCE EST FILLE DE LA SOCIETE DE CONSOMMATION, M. SARKOZY
ETES-VOUS ANTI-ALLEMAND M. SARKOZY?
29 mai 2007
L'HYPER-VIOLENCE EST FILLE DE LA SOCIETE DE CONSOMMATION, M. SARKOZY
La "racaille" et la société ultra libérale partagent une même "valeur": "faire du fric et consommer à tout prix"...
"La société de consommation est,
dans un même mouvement, une société
de sollicitude et une société de répression,
une société pacifiée et une société de violence. [...]
Il n'y a pas de "besoin satisfait",
c'est-à-dire quelque chose d'achevé, [...]
il n'y a que du désir, et le désir est ambivalent. [...]
La violence en société d'abondance [...],
radicalement différente de celle qu'engendrent la
pauvreté, la pénurie, l'exploitation - c'est
l'émergence en acte de la négativité du désir, omise, occultée,
censurée par la positivité totale du besoin".
"La société de consommation".
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On aurait tort d'oublier que c'est l'ancien ministre de l'Intérieur, M. Sarkozy, qui a été élu Président de la République le 6 mai 2007. Et ce en ayant instrumentalisé tous les faits divers possibles, et au premier chef, les violences survenues à la gare du Nord, fin mars 2007.
Il ne faudrait pas oublier non plus que les sondages basculèrent définitivement en faveur de M. Sarkozy après ces incidents de la gare du Nord, et après que celui-ci eût accusé la gauche, et la candidate socialiste, Mme Royal, d'être les complices des délinquants, "du côté des fraudeurs" -sur LCI le 1er avril 2007. Accusation dont elle était obligée de se défendre sur France 3:
Ségolène Royal se défendant des accusations de Nicolas Sarkozy selon lesquelles elle serait la "complice des fraudeurs"
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Malheureusement, M. Sarkozy ne parle jamais des causes ni du contexte social et culturel qui pourraient favoriser une violence endémique entre une partie de la jeunesse et les représentants de l'Etat. Il préfère accuser la gauche d'être la seule responsable de cet état de fait sans autre forme d'analyse.
Et pour cause. Si les explications sociales ou économiques -excuses parfois- des violences urbaines semblent être épuisées, il faut s'attaquer aux causes "culturelles" de cette hyper-violence et même oser se demander comment notre civilisation peut générer une telle culture de la violence.
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Une société de consommation qui promeut, à la télévision ou à la radio, dans les séries, les films, les chansons comme les émissions de jeux ou de "télé-réalité" qu'elles diffusent, des discours machistes, sexistes, homophobes, hyper individualistes, le culte du plus fort -tout cela dans le but de gagner des parts de marché et de "faire de l'argent" - n'a-t-elle pas sa part de responsabilité?
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Affiches d'un film dont le héros est le rappeur américain 50 cent, au titre et au visuel évocateurs: histoire d'un jeune noir emlématique d'une société états-unienne dont les dérives ultra libérales et le culte suprême de l'argent produisent d'une part une pauvreté, un chaos familial et psychologique parfois irrémédiables, d'autre part des criminels en puissance n'entrevoyant d'autre moyen de "s'en sortir" que de basculer dans la délinquance la plus dure
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A cet égard, l'étude de certains textes de rap comme de certains clips vidéo hip hop est éloquente. Les valeurs et les images qui dominent sont précisément celles de l'ultra libéralisme: l'argent facile, le "tout consommable" -les femmes notamment-, la compétition à tout prix, la "réussite par le fric" etc. Quelle vision du monde pour la jeunesse!
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Si l'on veut comprendre la violence endémique des sociétés riches, il faut d'urgence relire le sociologue Baudrillard, qui avait entrevu le lien serré entre les "valeurs" de la "société de consommation" et la "violence gratuite" de ceux à qui l'on ne cesse de dire que le "sens de la vie" est de posséder toujours plus, de consommer et de gagner sans scrupules, de satisfaire leurs désirs sans limites.
A mettre en valeur et à vendre les idéaux de compétition, le culte du plus fort, le mépris pour les plus faibles, l'égoïsme des intérêts particuliers, à dévaloriser le rôle de l'Etat et le souci de la cohésion sociale, la société ultra libérale produit et produira toujours plus de délinquants enfermés dans un "univers culturel "où selon la formule du philosophe Hobbes, "l'homme est un loup pour l'homme".
Contrairement à ce qu'affirme M. Sarkozy, la violence est consubstantielle de la société ultra libérale. Et le discours ultra répressif comme la répression -qui ont fait la victoire de M. Sarkozy-, ne sont que l'arbre qui masque la forêt, que des non solutions à court terme -qui poseront d'ailleurs vite la question de la surpopulation carcérale.
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Il serait malheureux de basculer dans la société ultra libérale voulue par M. Sarkozy, laquelle, comme le prouvent les exemples britanniques ou états-uniens, nous enfermerait dans le cycle infernal de la violence de masse et de la répression quotidienne.
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Pour finir, et en attendant que la gauche rénovée dénonce la violence inhérente au modèle de société ultra-libérale, méditons cette conviction de l'ancien président de la République française, pour qui la paix civile et la cohésion nationale étaient indissolublement liées à l'harmonie sociale:
En 1988, se présentant à nouveau à la présidentielle, M. Mitterrand rappelait le lien entre paix civile et harmonie sociale


























