Leçons républicaines à l'attention de M. Sarkozy

"La République pour ceux qui l'ont oubliée et pour M. Sarkozy". Ou comment la nouvelle droite met en DANGER notre héritage COMMUN: la République. [Ce blog n'engage que mes SEULES opinions personnelles, au titre de la liberté d'expression.]

19 avril 2008

NICOLAS SARKOZY NETTOIE LES FAMILLES AU KARCHER ULTRA-LIBERAL

Alors que la presse recense les soi-disant "couacs" à répétition du gouvernement nommé par Nicolas Sarkozy au sujet de la politique dite "familiale", la cohérence fondamentale du programme Sarkozy apparaît nettement. Ses conséquences en matière familiale s'inscrivent dans une politique de destruction des solidarités nationales au profit d'une politique du tout-économique désastreuse dans tous les domaines: réduction des allocations familiales - à défaut de leur suppression pure et simple - , volonté de supprimer toutes les aides directes ou indirectes assumées jusque-là par l'Etat: carte de réduction dans les transports, redevance télévision imposée aux personnes âgées, étiolement continu du pouvoir d'achat des ménages, taxes sur la Santé, remise en cause du remboursement des soins optiques ou dentaires, - qui prénaliseront notamment les enfants, relèvement du plafond des revenus pour l'accès au logement social etc. La triste vérité est que la favorisation des couches les plus riches du pays et des rentiers, le culte du travail et de la consommation de masse comme seuls domaines d'épanouissement de la vie humaine ne peuvent qu'entraîner l'abandon de la politique familiale qui, depuis des générations, permet à la France d'afficher une démographie plus ou moins élevée. Laquelle permet aussi d'assurer les moyens futurs d'une politique de redistribution des richesses et de maintien des solidairtés inter-générationnalles. Ces politiques pénaliseront évidemment les familles nombreuses, et, majoritairement, les familles populaires...

HANNAH ARENDT

" La société de masse détruit non seulement le domaine public mais aussi

le privé:

elle prive les hommes non seulement de leur place dans le monde

mais encore de leur foyer où ils se sentaient jadis protégés du monde,

et où, au moins, même les exclus du monde pouvaient se consoler

dans la chaleur du foyer et la réalité restreinte de la vie familiale."

Condition_de_l_homme_moderne_de_l_homme_moderneHannah Arendt,

Condition de l'homme moderne.

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La droite traditionnelle est en train de perdre une nouvelle bataille face au sarkozysme triomphant. La_famille_id_aleL'immoralisme économique qui y préside n'a pas de limites et, par définition, détruit toutes les "valeurs".

La famille, longtemps perçue, à tort, comme l'apanage de la droite, est, dans la perspective idéologique et politique sarkozyste, un obstacle comme un autre à l'encouragement de l'individualisme consumériste, tout comme à celui de la rente et de la finance, directement liées au marché et à la bourse.

DE LA DISSOLUTION DU FOYER ET DE LA PROPRIETE PRIVEE DANS L'ECONOMIE FINANCIARISEE...

Margaret_Thatcher_et_son_mythe_de_la_propri_t__pour_tousLa propriété privée, que les ultra-libéraux, telle Margaret Thatcher en son temps, Boursicotageprétendaient fallacieusement défendre, "tous les Britanniques doivent devenir propriétaires" - slogan repris in extenso par Nicolas Sarkozy - , a déjà été détruite par leur politique.

La facilitation des prêts aux primo-propriétaires, loin de "démocratiser" la propriété privée, la fragilise encore un peu plus en l'exposant au risque des fluctuations des taux d'intérêts, désormais plus ou moins liés à la conjoncture financière mondiale.

Comme le soulignait Hannah Arendt, l'existence de la propriété privée, lieu sacro-saint protégé du Hannah_Arendt__penseur_de_la_R_publiquemarché, de la société comme de l'intervention de l'Etat, posait un problème dès l'origine au système capitaliste et à sa société marchande de travailleurs-consommateurs. Dans Condition de l'homme moderne, paru en France en 1961, Arendt d'expliquer que l'expropriation du paysannat fut le moteur de l'expansion capitaliste, potentiellement illimitée. "L'expropriation consistant à priver certains groupes de leur place dans le monde et à les exposer aux exigences de la vie, a crée à la fois l'accumulation originelle de la richesse et la possibilité de transformer cette richesse en capital", d'où la misère qui frappa le paysannat transormé en nouvelle classe urbaine laborieuse.

L'établissement d'une société de travailleurs-consommateurs, pour laquelle le seul but de la vie humaine serait de travailler-pour-pouvoir-se-maintenir-en-vie - traduit par le slogan-phare de la campagne de Nicolas Sarkozy, " travailler plus pour gagner plus " -  " le caractère de processus qui distingue le travail, la contrainte, l'impitoyable poussée qu'exerce constamment sur le travail le processus vital, rencontre un obstacle dans l'acquisition de la propriété".

Propri_t__priv_eUne famille modeste pleinement propriétaire est en effet une aberration pour une société dont l'idéal est le travail et la consommation ad vitam aeternum, pour se loger, pour se nourrir, pour déféquer puis travailler à nouveau pour continuer à habiter un lieu sur cette Terre, y manger à nouveau etc. jusqu'à ce que mort s'ensuive. Celle-ci ne serait-elle pas tentée par l'" oisiveté "? Que rapporterait-elle à la société financiarisée?

Inventer une propriété fictive, fiduciaire, livrée aux aléas du marché, était donc pour cette société un défi à relever.

C'est La_maison_marchandis_e_et_financiaris_epourquoi "la transformation des biens immeubles en biens meubles [...] aboutit à priver de signification la distinction entre propriété et richesse, [il faudra être riche pour être propriétaire], entre les fungibiles et les consumptibiles du droit romain, tout ce qui est tangible, fungibiles, étant devenu objet de consommation". La propriété a perdu sa valeur d'usage privé, qui était déterminée par son emplacement, pour prendre une valeur exclusivement sociale déterminée par sa perpétuelle mutabilité, la fluctuation des échanges ne pouvant être fixée temporairement que par rapport à un dénominateur commun, l'argent".

Maisons_vendues_suite___la_crise_des_subprimesLieu prétendu de la sécurité et de l'épanouissement de la vie familiale ou du foyer, on pourrait Taudis_aux_Etats_Unismême dire que l'antique propriété privée, la plus modeste chaumière, n'existent plus, comme l'a montré aux Etats-Unis la crise des subprimes, ces prêts hypothécaires à intérêts exorbitants et à durée illimitée qui entraînent l'expulsion de leur logement de familles entières, incapables d'honorer le remboursement de leurs prêts, transformés en "dettes".

En fait, dans ce système financiarisé, une famille n'est propriétaire que virtuellement, par procuration, à condition de pouvoir rembourser des prêts de plus en plus élevés, pour le plus grand profit des banques prêteuses et au risque pour les familles de tout perdre pour se retrouver à la rue. Le retour des taudis et des bidonvilles est pour demain, au sein des économies soi-disant les plus "riches" d'Occident...

Tentes_de_SDF_au_canal_Saint_Martin___Paris

Les tentes ou pourquoi pas le "reour aux cavernes", avenir de l'humanité des exclus?

... A LA DISCLOCATION DES FAMILLES

Dans ce contexte, raréfier et rendre l'accès au logement social locatif de plus en plus difficle est une politique sarkozienne catastrophique de plus. Laquelle affectera directement les familles moyennes.

Après la destruction du foyer, via la mise sur le marché de la propriété privée par prêts interposés, le Nadine_Morano__secr_taire_d_Etat_en_charge_de_la_Familledémantèlement de la famille est une nécessité pour la droite ultra-libérale, nonobstant toutes les coquecigrues de Nadine Morano, secrétaire d'Etat en charge de la Famille.

Dans cette logique étriquée, inhumaine, antisociale et du court terme, la famille en tant que telle, devient improductive, non rentable voire coûteuse en regard du budget de l'Etat, gravement creusé par la politique économique inique et inefficace menée conformément au programme de Nicolas Sarkozy.

La nécessité de la dislocation de la famille apparaît enfin clairement, puisque la "famille de facture bourgeoise" n'est plus une garantie pour l'ordre social établi. Transformer chacun des membres de la famille en un consommateur ou un travailleur potentiel, au premier chef les enfants et les "adolescents" et en dernier lieu les grands-parents, est le but non avoué d'une part du bras armé de la société de masse de consom-munication: la publicité et d'autre part de la politique de remise en cause des retraires.

B_b__consommateurL'érection des enfants au grade de consommateurs est ainsi la cause de multiples conflits intra-familiaux, phénomène très concret que la simple observation des disputes entre enfants et parents dans ce rituel que sont devenues "les courses" vient confirmer. L'effondrement de l'autorité parentale, censée mettre à l'abri des tentations sans limites de la société de consommation, en est l'une des conséquences les plus gravissimes dans un pays auquel son président a promis une "politique de civilisation" ou encore la "restauration de l'autorité parentale".

La suppression des allocations familiales serait l'idéal à atteindre, si les risques d'anomie qu'une telle mesure Allocations_familialesimpliquerait n'étaient pas si grands. Quoi qu'il arrive, à court terme, les familles nombreuses modestes n'ayant pas les moyens d'épargner, elles continueront à consommer, selon la logique froide des hérauts de l'ultra-libéralisme.

Carte_de_r_duction_familles_nombreuses_SNCFL'autre conséquence d'une politique anti-familiale serait d'accélérer la démolition du système de solidarité nationale français, une diminution de la natalité entraînant à long terme l'assèchement des caisses de retraites comme de toutes les rentrées d'argent que permet une authentique politique familiale. La privatisation de tous les système d'aides, la mort annoncée de la retraire par répartition apparaîtraient alors comme la seule solution.

Couple_de_personnes__g_sS'agissant des personnes âgées, on retiendra de la politique sarkozienne qu'il s'agit, d'abord de faire stagner leurs La_retraire_des_salari_s_et_la_s_curit__socialeretraites - avec une revalorisation de seulement 1,1 % pour janvier 2008, trahison d'une promesse de campagne d'augmentation de 25 % - doublée d'une volonté de les faire travailler le plus tard possible, en repoussant toujours plus l'âge légal de la retraite ou en trouvant les moyens de les faire travailler encore - toujours au nom du sacro-saint "gagner plus ".

Manifestations_pour_les_retraites_le_29_mars_2008

Le 29 mars 2008, des milliers de retraités ont manifesté dans toute la France pour défendre l'âge légal de la retraite à 60 ans et pour rappeler à Nicolas Sarkozy sa promesse de campagne d'augementation de 25 % des petites retraites. Jobards de l'actuel président de la République, ils avaient, selon les analyses électorales, massivement voté pour lui...


Vidéo envoyée par Ptite_Mule

Fin janvier 2008, Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à la présidentielle, dénonçait la politique sarkozienne en matière d'éducation et revenait également sur la trahison du président de sa promesse de campagne de revaloriser de 25 % les petites retraites.

La tendance à la recomposition des familles grâce au rôle accru et renouvelé des grands-parents est donc brutalement mise à mal. La nouvelle cellule familiale s'en trouvant encore fragilisée.

En attendant, dans une conjoncture plus que mauvaise, où les familles, les foyers ou les ménages modestes - peu importe le nombre d'individus concernés - subissent de plein fouet la hausse des prix, la cohérence de la politique sarkozienne affleure à travers les diverses pistes étudiées pour soi-disant assainir la dépense publique:

  • suppression de la carte de réduction pour les transports des familles nombreuses annoncée le ... par Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, concerne plus de 3 millions de personnes


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  • relèvement du plafond des ressources de 10 % pour l'accession au parc locatif social et diminution des aides au logement (APL) qui soulagent nombre de Français ou leur permettent tout simplement de se loger et de ne pas basculer dans la rue:


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  • déremboursement des soins dentaires et optiques par l'Assurance maladie, lesquels concernent 1 Français sur 2 et notamment les jeunes enfants, annoncée par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports et et de la Vie associative, "mère" des franchises médicales, première étape de la privatisation de la Sécurité sociale, le 13 avril 2008:


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  • diminution drastique des allocations familiales: dans un projet de décret, au 1er mai 2008, on apprenait que "l'âge à partir duquel les enfants ouvrent droit à la majoration des allocations familiales est fixé à quatorze ans", au lieu de onze ans jusqu'à présent. Plus de 4,5 millions de familles de deux enfants ou plus sont concernées car elles perdront entre le onzième et le quatorzième anniversaire près de 600 euros.

Sur ce sujet, on notera d'ailleurs que c'est un discret décret qui a tranché.

Pourtant, le 7 novembre 2007, l'actuel ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité, Xavier Bertrand avait promis l'inverse, dans l'enceinte de l'Assemblée nationale:

"Si on dit la vérité [...] rien, rien ne sera changé pour les familles qui touchent aujourd'hui cette allocation familiale dès 11 ans."


Vidéo envoyée par herveferon

Les affirmations d'un ministre de la République, devant la représentation parlementaire, sur le maintien tel quel voire l'amélioration des allocations familiales, sont aujourd'hui discrètement enterrées par décret... Immoralité politique, quand tu nous tiens!

Thatcher_pour_la_FranceLe problème de ce gouvernement n'est pas tant la cohérence ou la solidarité gouvernementale, M_moires_de_Margaret_Thatcherprincipes battus en brèche dès l'annonce de l'"ouverture-imposture", mais l'immoralisme discursif et la lâcheté politique. Pourquoi ne pas assumer le caractère thatchérien d'une politique qui, rigueur ou pas rigueur, crise économique mondiale ou non, était contenue dans le programme du candidat Nicolas Sarkozy.

Margaret Thatcher, dans ses Mémoires, 10 Downing Street: écrivit ces quelques lignes, qui ont le mérite d'être claires:

"Nous visions une nouvelle politique de l'aide sociale: rompre la dépendance visà-vis de l'Etat et encourager l'autonomie, utiliser au mieux les ressources des organisations bénévoles comme l'Armée du Salut."

Assurance_maladieArm_e_du_Salut

Les bénévoles appelés à calfeutrer les brèches entamées dans les politiques sociales?

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Le débat lancinant ces dernières années sur le "modèle social français" est donc clos. Il est au mieux dans le coma jusqu'en 2012, au pire définitivement mort et enterré, principes et politiques compris.

Les débats fumeux sur la cacophonie communicationnelle du gouvernement cache mal la cohérence d'une politique de démolition de l'ensemble du pacte social républicain. L'art. 1er de la Constitution, qui pose que "la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale" tombera-t-il bientôt en désuétude?

Les discours compassionnels de tel ou tel ministre, la glorification par Nicolas Sarkozy ou Rachida Dati des dites "victimes" dissimulent assez mal l'escroquerie fondamentale et originelle d'une vision ultra-libérale du monde et des communautés humaines, dévoyant et aveulissant tous les principes élémentaires d'humanité.

Philosophiquement parlant, la contradiction entre le libéralisme économique et la civilisation républicaine est patent dès l'origine.

Nous avons vu que la droite ultra-libérale avait consciencieusement aboli la propriété privée tout en prétendant, au nom du conservatisme dont elle se prévalait, la "démocratiser".

Aujourd'hui en France, la politique sarkozienne s'attaque aux familles, feu pré carré d'une certaine droite, et ce par tous les côtés. Tout en injuriant le passé, elle insulte désormais l'avenir, le tout pour réparer de grossières erreurs de gestion économique - le paquet fiscal notamment. Car à s'attaquer aux familles, des enfants aux personnes âgées, on prépare un avenir des plus sombres pour nos successeurs. La politique de démantèlement de l'école de la République va d'ailleurs dans ce sens.

Autorité, parentalité, solidarité, civilisation, culture, éducation, propriété, service public: autant de coquilles vides d'un discours qui cache mal la réalité d'une politique anti-sociale à rebours de l'histoire... Inauguration d'une société où les plus riches s'encanailleront sur le dos voûté, non seulement des plus pauvres, mais aussi des classes moyennes paupérisées...

Posté par Citoyen r j à 17:22 - ULTRA-LIBERALISME ET IMMORALISME POLITIQUE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 janvier 2008

LE SCANDALE DE LA SOCIETE GENERALE ET L'ARGENT-FOU REHABILITE PAR Mme LAGARDE

5 milliards d'euros évaporés en toute discrétion à la Société Générale, alors que le pouvoir d'achat et le moral des ménages français ne cessent de se détériorer, alors que le prix des denrées alimentaires continue à augmenter, qu'une récession états-unienne voire mondiale menace... Est-ce cela la "réhabilitation de l'argent" prônée par la ministre ultra-libérale de l'Economie et des Finances de Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde?

ALEXANDRE DUMAS

"Un capitaliste chagrin est comme les comètes,

il présage toujours quelque grand malheur au monde".

Le_comte_de_Monte_CristoAlexandre Dumas,

"Le comte de Monte-Cristo".

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Le 24 janvier 2008, la France découvrait ébahie que 5 milliards d'euros pouvaient s'évaporer depuis le bureau d'un trader de la plusPublicit__pour_la_Soci_t__G_n_rale grande banque française, la Société générale, sans que la direction de celle-ci ne s'en aperçoive.

Le boursicouteur en question, Jérome Kiervel, qui aurait donc engagé des transactions à perte, au détriment des actionnaires, n'est pourtant évidemment qu'un des symptômes d'un système bancaire, boursier et financier d'une irresponsabilité et d'une désinvolture inouïes.

L'affaire révèle en outre l'immoralité et l'inconscience propres au monde de "l'argent pour l'argent". Le courtier aujourd'hui poursuivi par la Justice explique qu'il n'avait qu'une idée en tête: "faire gagner de l'argent à sa banque". Il aurait, selon Le Monde, dit aux policiers: "J'ai vite été entraîné dans une spirale au sein de laquelle je me suis trouvé sans pouvoir m'en sortir". La spirale du "risquer plus pour gagner plus"...

Des_traders

Le monde des traders... Univers impitoyable de l'argent pour l'argent...

Car l'incriminé n'est pas le seul en cause. Un membre du Conseil d'administration de la Société Générale aurait vendu pour plus de 120 millions d'euros juste avant que le scandale n'éclate au grand jour. Ce qui s'apparenterait à un "délit d'initiés"...

Chute_en_boursePreuve qu'il s'agit bien d'un problème global de défaillance des systèmes de contrôles et de surveillance des transactions, toléré lorsque les profits sont au rendez-vous, les économistes Elie Cohen ou Marc Touati estiment que la thèse de la responsabilité d'une seule personne ne tient vraisemblablement pas.

Le premier d'expliquer que dissimuler "des pertes devenues rapidement colossales [...] semble un peu gros", le second que "tous les gens qui travaillent dans des banques savent que, quand les pertes atteignent un certain niveau, on coupe les positions" et que "des pertes peuvent atteindre 100-200 milliards d'euros", mais que "5 milliards, c'est impossible".

En outre, les précédents ne manquent pas, telle la faillite de la banque britannique Barings, en 1995, imputée elle aussi à l'époque à un seul mot.

Il ne s'agit pas des "dérives du capitalisme financier" ni de la folie d'un trader déséquilibré maisPouvoir_d_achat simplement de son miroir inversé. Tout est permis quand on spécule et qu'on gagne des milliards, tout devient embarrassant quand on en perd. C'est la loi du marché qui prime, comme l'ont voulu les libéraux depuis des années en Europe, en réduisant à néant le rôle des autorités publiques.

La confusion entre les deux missions d'une banque: recueillir les dépôts des particuliers et développer des activités boursières, avec les prises de risque que cela comprend, est désormais dénoncée comme un problème éthique inhérent au capitalisme financier.

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Christine_LagardeAu-delà, un soupçon a pesé un temps sur la "grande argentière" de l'entreprise sarkozienne France, la ministre de l'Economie et des Finances, Christine Lagarde, élue "plus mauvaise ministre de l'Economie de la zone Euro" par le Financial Times, fin 2007.

Selon la radio Europe 1, cette dernière aurait été informée dès le 20 janvier de l'affaire, en même temps que le gouverneur de la Banque de France et le président de l'Autorité des marchés financiers mais n'en aurait rien dit, ni au Président ni au Premier ministre. Démenti formel de l'intéressée, connue, hélas pour elle, pour ses gaffes à répétition comme pour l'inefficacité des mesures qu'elle a mises en place, dont le désastreux paquet fiscal.

Que pense celle-ci de cet argent-fou?

Pour rappel, à l'été 2007, missionnée par l'ancien avocat d'affaires, maire de Neuilly-sur-Seine et président de la République, Nicolas Sarkozy, elle justifiait. devant des patrons puis à l'Assemblée nationale, les cadeaux fiscaux de 15 milliards d'euros accordés à une minorité fortunée -dans le cadre d'une loi censée favoriser le pouvoir d'achat (sic). Voilà la "philosophie" de Mme Lagarde, en deux phrases, qu'il faut bien relire à l'aune de l'affaire de la Société Générale:

  • "désinhiber la France, réhabiliter le succès et son corollaire, l’argent".

  • "Il n’y rien de honteux à vouloir gagner plus d’argent. Cessons d’être aussi pudiques".

Que fallait-il entendre par l'épithète "pudiques" s'agissant des relations à l'argent? Du latin pudos, "pudeur" signifie, selon le Larousse: "retenue qui empêche de dire ou de faire ce qui peut blesser la décence". La question est donc de savoir si le fonctionnement actuel des banques, l'absence de clarification entre leurs différentes missions, entre la part d'économie réelle -qui touche tous les clients, des plus modestes aux plus fortunés- et la part croissante de l'économie fiduciaire -qui concerne notamment les traders et les actionnaires-, et enfin si les failles intrinsèques à cet énorme montage à l'échelle mondiale que constitue le capitalisme financier dérégulé n'ont pas quelque chose d'"indécent" pour cette femme qui a en charge l'économie du pays.

D_gradation_du_moral_des_m_nages

5 milliards d'euros évaporés quand le moral des ménages françcais n'a jamais été aussi bas depuis 1987, quand le prix des denrées de première nécessité s'envole, quand la presse étale les frasques de milliardaires du président de la République et de certains des ministres, n'y a-il là rien d'indécent?

Des affaires comme celle de la Société Générale, si les pouvoirs publics et les institutions bancaires concernées n'y réfléchissent pas, il y en aura d'autres. Au lieu de prêcher la "réhabilitation de l'argent", Mme Lagarde ferait bien d'inviter tout ce petit monde à une réflexion critique sur les riques que fait peser sur nos sociétés un capitalisme financier sans foi ni loi.

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Pour paraphraser Alexandre Dumas, on pourrait dire qu'aujourd'hui ce "capitalisme chagrin annonce certainement de grands malheurs pour le monde". La crise de l'immobilier aux Etats-Unis a déjà mis à la rue quantité de familles, dans l'incapacité de rembourser leurs crédits. Mondialisation financière oblige, toutes les places boursières ont été contaminées par les conséquences de la crise des subprimes.

On ne demandera pas au pouvoir en place de renverser le capitalisme, soit... Mais à l'immoralité de tout ce système, désormais largement déconnecté de la réalité humaine, sauf quand il y retourne pour la détruire, il serait temps que le politique réponde. Que le souci de la "chose publique" prime enfin sur les intérêts particuliers de telle ou telle banque irresponsable. Il y a des gens qui veulent vivre sous un toit et d'autres qui les en empêchent à force de courir après le profit.

Hélas, la difficulté pour la France, c'est qu'elle est dirigée par d'anciens avocats d'affaires, tel ce président Sarkozy, qui fraîchement élu, jubilait en disant aux grands patrons "sortez votre Rolex"... Ou encore par des ultra-libéraux sans scrupules, telle cette ministre de l'Economie, Mme Lagarde, qui confond la gestion d'une banque avec celle d'un pays...

Faudra-t-il attendre qu'une "comète" s'abatte brutalement sur nos têtes? Et encore, si tel était le cas, lequels s'en sortiraient? Toujours les mêmes assurément.

En attendant, un peu de pudeur, ne vous en déplaise, Madame Lagarde...

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Cliquez ici pour lire également:

L'ARGENT-ROI DES RAPPEURS, PLEBISCITE PAR LA MINISTRE ULTRALIBERALE DE L'ECONOMIE

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SARKOZY, PRESIDENT DES PATRONS, DES VEDETTES ET DU BOX-OFFICE : "LA NUIT DU FOUQUET’S" DE ARIANE CHEMIN ET JUDITH PERRIGNON

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DE GAULLE FUSTIGEAIT LES "POSSEDANTS", M. SARKOZY, AMI DES FRAUDEURS PRESUMES D’EADS, CAJOLE LES PLUS PUISSANTS D’ENTRE EUX

GARE A LA TYRANNIE DU TOUT-ECONOMIQUE, M. SARKOZY

SARKOZY A MALTE SUR LE TOURNAGE DES "BRONZES A L'ELYSEE"

DE LA MAIRIE DE NEUILLY AU PALAIS DE L'ELYSEE

L'HOMME N'EST PAS UN LOUP POUR L'HOMME

LA REPUBLIQUE CONTRE LES EMPREREURS D'ARGENT

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NI L'ARGENT NI LE GAIN NE FONT L'HUMANITE, M. SARKOZY

Posté par Citoyen r j à 15:26 - ULTRA-LIBERALISME ET IMMORALISME POLITIQUE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 octobre 2007

LES "PEOPLE" AU POUVOIR SOUS LA PRESIDENCE SARKOZY... LE CAS DE RACHIDA DATI

Le président Sarkozy, ancien maire de Neuilly-sur-Seine, "ville-ghetto" pour les plus fortunés, ancien avocat d'affaires, dont le propre frère est connu à Wall Street pour ses frasques et son train de vie dément, ami des vedettes et des plus gros patrons, a fait basculer le sommet de l'Etat républicain dans le monde de la jet-set, des "pipoles" et des plus riches... Sur le fond comme sur la forme, à l'Elysée comme au gouvernement, la dignité des fonctions politiques s'en trouve largement entamée...

ARISTOTEAristote

                      "La communauté formée par la cité

                   a pour fin les belles actions,

                         et non pas seulement la vie en société.

                        Et c'est pourquoi tous ceux qui sont

susceptibles d'apporter le plus à la

     communauté ainsi conçue ont une part

  plus grande à prendre dans la vie de

   la cité que ceux qui [...] l'emportent

   en richesse mais le cèdent en vertu".

La_PolitiqueAristote,

"La Politique".

                                                                                _______

LA SEPARATION DU POLITIQUE ET DU SHOW-BUSINESS, UN ENJEU DE LAICITE:

Le politique, depuis l'Antiquité grecque est centré sur la vie de la Cité, et, Nicolas_Sarkozy_et_Johny_Hallydaydepuis la Rome antique sur le primat de la "chose publique" et de l'Etat, des magistrats et du peuple.

Le "monde des artistes" et le "star system", depuis la Vienne finissante et Hollywood, forment le monde fermé et aliéné des "génies", des "personnalités", des stars et des vedettes, focalisé sur l'image de leurs émois, de leur vie privée, intime, affective voire sexuelle.

La confusion des deux ordres, de la politique comme souci de la "chose publique", et du show-business, mis en scène par la société de consommation de l'image, symbolisant l'argent et l'opulence inaccessibles au peuple, est devenue la marque de fabrique et de vente de la présidence Sarkozy.

Des_dollars

Sur fond de collusion avec le grand patronat mondialisé, il faut analyser ce phénomène politiquement, sans se contenter de déplorer la vulgarité envahissant et abaissant les fonctions d'Etat les plus hautes. Car il s'agit évidemment de la victoire d'un nouvel idéal, tournant autour de l'étalement des signes extérieurs de richesse, de l'affichage au Forum de la vie privée, du règne de l'image dans une civilisation où l'écrit, la raison et le politique reculent à grands pas.

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LA PRESIDENCE SARKOZY SOUS LE SIGNE DU SHOW-BUSINESS:

Nicolas_Sarkozy_en_vedette_am_ricaineOn pourrait évoquer ici le séjour à Malte de Nicolas Sarkozy, juste avant sa prise de fonction, sur le yacht prêté par unCaricature_du_couple_pr_sidentiel_pipolis_ ami multimillionnaire, la composition d'un gouvernement selon des critères médiatiques, un "gouvernement de Mickey" estimait le journaliste Eric Zemmour, les affinités électives du nouveau président avec des grands patrons peu srupuleux de la chose publique, les premières vacances présidentielles aux Etats-Unis d'Amérique, dans une villa pour milliardaires, la mise en scène du divorce des Sarkozy et bien d'autres péripéties.

Le tout inspirant volontiers et à juste titre les caricaturistes de tous poils!

              Le_jogging_de_la_chanteuse_am_ricaine_Madonna               Le_jogging_du_pr_sident_de_la_R_publique_fran_aise

Le jogging ou le footing, preuves par l'image du culte du corps et de la force physique, de la vitalité et du dynamisme, pratiqués en public par les stars américaines, telle Madonna, et désormais par le président de la République française, Nicolas Sarkozy... 

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Certains trouveront qu'il est plutôt rafraîchissant d'observer des responsables politiques, des femmes et des hommes d'Etat afficher cette désinvolture et ce "naturel" dans les magazines d'ordinaire destinés aux vedettes et toujours voués à vendre plus de papier, à faire plus de profit. Confondant la fonction et la personne, le "corps mystique" ou plutôt "symbolique" du "corps physique", ils se réjouiront de ce que les dirigeants politiques se targuent d'avoir une "vie privée", comme tout un chacun...

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LES LIMITES DE LA "PIPOLISATION" DU POLITIQUE, LE CAS RACHIDA DATI:

Rachida_et_NicolasPourtant, les limites de cette vision confusionnelle des choses apparaissent clairement Paris__grand_escalier_du_Palais_de_justice__8_septembre_2006avec le cas Rachida Dati, actuel ministre de la Justice. Première femme issue de l'immigration maghrébine à occuper ce poste, elle y fut nommée par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, non pas pour ses compétences ou son cursus, mais pour l'image qu'elle véhiculait.

A ce propos, l'hebdomadaire L'Express affirme, en cet automne 2007, que Rachida Dati aurait menti sur ses diplômes, précisément sur celui qui lui avait permis d'intégrer sur dossier l'Ecole normale de la magistrature.

Or, il se trouve que la fonction qu'elle occupe aujourd'hui est l'une des plus symboliques, l'une des plus lourdes et l'une des plus solennelles de tout gouvernement de la République. Elle exige évidemment de son dépositaire une exemplarité et une probité sans failles.

La Justice, dans le domaine pénal, a maille à partir avec la prison, la détention, impliquant des décisions qui influeront sur la vie d'êtres humains. Il s'agit parfois de la misère humaine la plus terrifiante. La privation de liberté est une décision gravissime et les conditions de la détention ont à voir avec la dignité humaine et les droits de l'homme. Le témoignage suppose une haute conception de la sincérité et de la vérité... Le jugement une impartialité et une sagesse maximales...

Prisonnier_fran_ais   Prison_en_france  Prison_fran_aise

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C'est là tout le problème: Mme Dati ne semble pas disposée à incarner ces principes. La presse nous avait d'abord conté l'histoire convenue d'une pauvre gamine de Rachida_Dati__couveture_du_Nouvel_Observateurbanlieue provinciale, arrivant aux plus hautes responsabilités. C'était au moment de sa nomination.

Mais alors que Rachida Dati était entrée en fonction, que ses réformes étaient mises en branle, celle-ci choisissait de se montrer aux côtés du président, dans les tribunes des stades lors de matches de rugby, au gala de l'anniversaire de Christian Dior, dans les pages people de Paris-Match ou encore dans une émission populaire mettant en scène son intimité, familiale notamment.

Rachida_Dati_au_soixanti_me_anniversaire_de_Christian_Dior_en_2007Une femme "parvenue", amie intime de Cécilia Sarkozy, à l'aise dans le milieu des grosses fortunes et des "nouveaux riches" chère à cette dernière, se pavanant en robe de soirée Christian Dior, étalant aux yeux de tous un comportement et des fréquentations peu compatibles avec l'exercice et surtout la représentation du ministère de la Justice et du service public de la Justice, dont l'égalité d'accès est l'un des fondements... Cette image-là venait télescoper la garde des Sceaux qu'elle était devenue.

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Philippe_BilgerSur cette question, qui s'ajoute à des déclarations d'une maladresse inégalée de la ministre, à All_gorie_de_la_Justicedes réformes selon nous contraires à l'esprit du droit français voire à la séparation des pouvoirs, le couperet est tombé récemment des mains de Philippe Bilger, avocat général près la cour d'appel de Paris.

Dans une lettre ouverte, adressée à Rachida Dati, le 4 octobre 2007, postée sur son blog, ce magistrat, pourtant en accord avec le fond de la politique menée, fustige le comportement de celle-ci, lui rappelant les devoirs qui s'attachent à sa charge:

"Il est manifeste que si vous administrez le service public de la justice, si, d'une certaine manière, vous nous gouvernez, vous nous représentez aussi".

DiamantsPhilippe Bilger la met donc en garde contre la tentation de l'argent et des paillettes qui vaManifestations_d_avocats_contre_la_r_forme_de_Rachida_Dati à l'encontre de tous les principes régissant l'activité des magistrats et des juges:

"Vos apparitions sur la scène mondaine médiatisée. Il y a quelques jours, j'ai parcouru Point de vue et je vous ai vue. Pour ne rien vous cacher, mon premier sentiment fut d'étonnement. [...] Bernard Arnault donnait un dîner historique pour les 60 ans de Dior. Apparemment, la fête fut superbe et vous portiez une très belle robe longue".

Dénonçant aussi "cette immense part de mondanité et de publicité qui vous voit conviée en qualité de garde des Sceaux et offre une illustration de votre personnalité dans laquelle nous sommes évidemment partie prenante".

People_jet_set_2Philippe Bilger de fustiger "une vision clinquante, superficielle et ostensible [de votre vie La_balance_de_la_Justicemondaine médiatisée]" pour rappeler à la ministre que "votre fonction rend sans doute plus éclatant le hiatus entre le sérieux, la rigueur de la fonction et la futilité de ces manifestations où tout coule et se montre en surabondance".

Après ces rappels, après l'évocation du fossé existant entre la réalité de la Justice en oeuvre au service de tous avec la vie rêvée des jet-setters parisiens, cette question, d'une haute gravité:

"Les contentieux de luxe et les instances de pauvreté, cet immense et contrasté paysage judiciaire n'est-il pas, avec son intensité dramatique, trop lourd pour pouvoir supporter un garde des Sceaux qui s'adonnerait, sous notre regard de professionnels et de citoyens, à des incursions festives sans commune mesure avec la grandeur de sa charge et l'honneur de son métier?".

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Frasques_d_un_milliardaireMais Philippe Bilger ne s'arrête pas aux faits et interroge les principes qui se cachent derrière, faisant retour sur la D_tennu_menott_conception même de la Cité dont tout garde des Sceaux a le devoir de garantir la cohérence, l'ordre et la justice.

La séparation "laïque" entre le politique d'une part et l'économique d'autre part doit être préservée. Lointain écho à la disctinction émise il y a des siècles par Aristote lui-même, entre ceux qui servent la communauté faisant Cité, avec "vertu" et en menant de "belles actions" et ceux qui n'ont en tête que la "vie en société", désireux de l'emporter par "les richesses" accumulées.

Bilger d'enjoindre Rachida Dati de prendre ses distances avec une jet-set coupée du peuple au nom duquel et pour lequel la justice doit être rendue:

"Certes vous avez été magistrat mais vous connaissez et admirez les entrepreneurs, vous raffolez sans doute de l'esprit d'entreprise". [...] Reconnaissez qu'il y a dans le luxe massif quelque chose qui gêne, que la vulgarité suinte même des gens de distinction quand on a l'impression qu'ils ignorent ou méprisent ce qui se passe de l'autre côté de la rue, de la vie".

Limousine               Pauvret__en_France

Situation inouïe, cocace ou tragique c'est selon, un magistrat bien intentionné, met respectueusement en garde son ministre face aux "pièges qu'induisent les fascinations de la modernité, du luxe et de la modernité"...

C'est peu dire de l'opinion que celui-ci s'est forgée de Rachida Dati...

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Comment combattre une telle dérive? La difficulté vient de ce que, comme "l'exception française" est mise à mort par l'adoption sarkozienne des pseudo-valeurs de la société de masse des travailleurs-consommateurs, l'exception politique de la Cité aristotélicienne est abolie par le primat mondial accordé à l'économique et à la finance.

De nouveaux idéaux envahissent la psyché contemporaine, en faisant appel aux instincts les plus vils de l'humanité: l'image narcissique de soi, l'étalage du luxe, le besoin de possession, la consommation sans fin... Et les plus pauvres, les plus démunis, si ces pseudo-valeurs s'imposaient définitivement, n'auraient plus qu'à rêver et à être fascinés par leurs représentants, cette nouvelle espèce d'hommes et de femmes, omniprésents depuis des décennies dans les télévisions, au cinéma ou encore dans la publicité.

Dallas__l_argent_roi_r_v__des_masses Dynastie_ou_les__mois_des_milliardaires_r_v_s_par_les_masses Amour__gloire_et_beaut___faire_r_ver_les_masses

"Dallas", "Dynastie", "Amour, gloire et beauté": des séries diffusées mondialement, avec l'objectif avoué de montrer à tous que "même les milliardaires ont la vie dure", "des sentiments", "des déboires sentimentaux", des difficultés... Faire rêver les masses, leur octroyer une part télévisuelle quotidienne de "fric" et de paillettes, tout en leur offrant le miroir de leurs propres "épreuves" sentimentales et pseudo-existentielles...

La laïcité, comprise comme séparation des ordres, ici économico-financier et politique, est donc frappée de plein fouet. Le mot même de "liberté" est perverti et identifié à la liberté de consommer et de travailler pour-pouvoir-consommer.

Résister à cela, garder une distance critique -au sens premier du terme- face à la marche du monde impliquerait que nos responsables politiques aient un minimum de culture proprement politique. Qu'au moins quelques-uns des fondamentaux de notre héritage gréco-romain et humaniste aient une signification pour eux, en leur for intérieur.

Ce n'est manifestement pas le cas. Le phénomène Rachida Dati, garde des Sceaux "people", n'est en fait qu'un appendice de cette faillite générale de la pensée politique française et bien au-delà. Forte du soutien "affectif" du président Sarkozy, lui-même inculte et fier de l'être, dont la carrière politique a démarré dans la ville-ghetto pour riches qu'est Neuilly-sur-Seine, dont la formation est celle d'un avocat d'affaires, Mme Dati peut participer pleinement de cette faillite.

Mieux même, partie de peu ou de rien, d'origine sociale défavorisée et maghrébine, Rachida Dati boucle la boucle. Elle cristallise à elle seule l'alliance relevée par Hannah Arendt entre "la foule et le capital", à l'époque du capitalisme triomphant du XIXe siècle finissant, cette fascination des bourgeois d'argent pour le caniveau, et réciproquement. "Parvenue", elle est l'illustration de la victoire totale, jusque parmi les immigrés et les défavorisés, des idéaux anti-politiques et amoraux de la société des faux-semblants, de l'accumulation et de l'étalage des richesses...

Vidéo envoyée par hakim93200

La "vie rêvée" des masses ou le lavage des cerveaux à l'échelle planétaire et durant des décennies, ici la série-culte Dynastie

Le détricotage de toute la culture politique européenne, de cette tradition souvent malmenée et pervertie, mais à laquelle on demeurait attachés notamment en France, et dont Aristote avait été l'une des pièces maîtresses, a de beaux jours devant lui... Sous la présidence Sarkozy en tout cas...

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Cliquez ici pour lire également:

LE NAUFRAGE DE LA DROITE REPUBLICAINE DANS LE SARKOZYSME

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NI L'ARGENT NI LE GAIN NE FONT L'HUMANITE, M. SARKOZY

L'ARGENT-ROI DES RAPPEURS, PLEBISCITE PAR LA MINISTRE ULTRA-LIBERALE DE L'ECONOMIE

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SARKOZY A MALTE SUR LE TOURNAGE DES "BRONZES A L"ELYSEE"

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LA REPUBLIQUE CONTRE LES EMPEREURS D'ARGENT

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17 septembre 2007

Mme DATI INVENTE LE PRINCIPE DE LA "DEPENDANCE DE LA JUSTICE"

Typique de l'ultralibéralisme, le mépris pour le droit -social évidemment mais, de façon moins évidente, constitutionnel- règne désormais au plus haut niveau de l'Etat et même au ministère de la Justice... Les inquiétudes, manifestées par de nombreux magistrats mais aussi par l'organe constitutionnel qu'est le Conseil supérieur de la magistrature, relatives au non-respect du principe républicain et constitutionnel de "séparation des pouvoirs" et d'indépendance de l'autorité judiciaire paraissent de plus en plus fondées...

MONTESQUIEUStatue_de_Montesquieu___Bordeaux

              "Tout serait perdu, si le même homme,

                    ou le même corps des principaux,

                    ou des nobles, ou du peuple, exerçaient

                       ces trois pourvoirs: celui de faire des lois,

celui d'exécuter les résolutions publiques,

et celui de juger les crimes ou

les différends des particuliers".

De_l_esprit_des_lois_de_MontesquieuMontesquieu,

De l'esprit des lois, Livre XI, chapitre VI.

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La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Mme Rachida Dati avait récemment fait adopter par le Parlement un projet de loi contre la récidive des mineurs qui instaurait une peine-plancher et limitait de fait le pouvoir d'appréciation des juges en autorisant le principe de l'automacité des peines, sur le modèle de la justice de certains états américains. Un vice-procureur de la République de Nancy avait été convoqué et tancé le 29 août 2007 par la ministre pour avoir usé de son droit à la liberté de parole en audience -tradition jusque là incontestée- et critiqué cette loi. Les magistrats ont donc dû rappeler à Mme Dati l'adage qui veut que "la plume est serve, la parole est libre"... Mais peut-être la ministre ne le connaissait-elle pas? Un magistrat, Mme Dati, a donc, jusqu'ici, dans le cadre d'un Etat de droit républicain, le droit de commenter la loi mais certes le devoir de l'appliquer.

La multiplication des démissions ou congédiements au cabinet de la ministre ne nous intéresseront pas ici, même Rachida_Dati__Garde_des_Sceauxs'ils semblent être révélateurs d'un certain malaise à la Chancellerie. C'est plutôt cette déclaration, délirante dans la bouche d'un Garde des Sceaux, prononcée par elle le 3 septembre 2007 sur la télévision française, qui doit nous aleter:

" [...] La légitimité suprême, c'est celle des Français qui ont élu Nicolas Sarkozy pour restaurer l'autorité. Les magistrats rendent la justice au nom de cette légitimité suprême".

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Cette affirmation est extrêment grave. Elle contrevient d'abord au principe acquis de la "séparation des pouvoirs", exécutif, législatif et judiciaire, dont on attribue la paternité au mieux, l'intuition au minimum à Montesquieu, et, ce faisant, à toute la philosophie des Lumières ayant inspiré l'équilibre des pouvoirs au sein de la République et de la démocratie françaises.

Palais_de_Justice_de_Domfront

Façade du palais de Justice de la République -et non du Président (sic), de Domfront

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Costumes_avocat_et_magistratAucun magistrat ne rend la justice "au nom" de la "légitimité suprême" de quelque Président que ce soit, mais au nom du peuple français, il n'existe pas de "procureur du président" comme il existait des "procureurs du roi", mais des procureurs de la République... Une telle confusion met donc en plus en péril l'émancipation de la Justice de la tutelle du pouvoir politique ainsi que le principe consitutionnel de "l'indépendance de l'autorité judiciaire" qui en est le produit historique. En troisième lieu, le remplacement du terme peuple par la formule "les Français qui ont élu Nicolas Sarkozy" frise le ridicule dans la bouche d'un ministre.

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Si Mme Dati n'a jamais lu Montesquieu, qui était soucieux de ce que "pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir" (Livre XI, chapitre IV), espérons qu'elle se penchera d'abord sur la Loi constitutionnelle du 3 juin 1958 qui pose en son Article unique que:

"4° -L'autorité judiciaire doit demeurer indépendante pour être à même d'assurer le respect des libertés essentielles telles qu'elles sont définies dans le préambule de la Constitution de 1946 et par la Déclaration des droits de l'homme à laquelle il se réfère [...]".

Constitution_lac_r_e

De là, peut-être pourra-t-elle relire la Constitution du 4 octobre 1958 qui décrète en son Titre VII, De l'autorité judiciaire, Art. 64, que :

"-Le président de la République est garant de l'indépendance judiciaire".

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La dérive étant gravissime, le Conseil supérieur de la magistrature -qui assiste le Président de la République en tant que "garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire (art. 64 de la Constitution)- a donc demandé audience le 7 septembre 2007 Justiceauprès de la ministre "pour faire le point" sur d'une part la question de la liberté de parole des magistrats et certainement d'autre part pour obtenir des éclaircissements sur la vision de l'organisation des pouvoirs qui est celle de la Garde des Sceaux mais aussi probablement du Président Sarkozy, garant constitutionnellement désigné de "l'indépendance de l'autorité judiciaire".

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"C'est une conception totalement monarchiste de la séparation des pouvoirs" a déploré laurent Bedouet, secrétaire général de l'Union syndicale de la magistrature. Mais encore, la réflexion, au regard de l'histoire de France, est modérée. Car la monarchie dut s'affronter durant des siècles au pouvoir des Parlements, et si notre Garde des R_volutionnaire_en_1792Sceaux actuelle connaissait les origines de la Révolution française, elle saurait qu'y figurent la haute idée que se faisaient les Parlements d'eux-mêmes et leurs multiples conflits avec Louis XV puis Louis XVI. On concèdera cependant à Mme Dati que la Justice royale et le rôle des Parlements royaux avaient peu à voir avec la Justice de la République. Néanmoins, comme le rappelle l'historien Georges Soria dans sa Grande histoire de la Révolution française, "depuis 1756, [les Parlements] se considéraient comme "les anges tutélaires des peuples", et [qu'] ils s'intitulaient volontiers "tuteurs des rois", "pères de l'Etat"". C'est pourquoi le roi recourait, pour faire passer en force des édits contestés au "lit de justice", cérémonie à laquelle on n'a pas encore vu un président de la République se prêter...

Lit_de_justice_tenu_par_Louis_XV_par_Dumesnil_Louis_Michel

Lit de justice de Louis XV en 1715

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En inventant le principe de "dépendance de la Justice", Mme Dati ne promeut donc pas même une vision monarchiste de l'Etat mais, osons le mot, une conception tyrannique de la Justice, concentrée avec les autres pouvoirs, dans les mains d'un "même homme", pour reprendre l'inquiétude de Montesquieu.

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Vous pouvez lire l'appel en ligne du:

-Syndicat de la Magistrature: "Contre le projet de loi sur les "peines-planchers et les mineurs récidivistes":

http://www.syndicat-magistrature.org/spip.php?article520

Posté par Citoyen r j à 17:58 - ULTRA-LIBERALISME ET IMMORALISME POLITIQUE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 août 2007

LE BLOG DE FADELA AMARA : STADE SUPREME DE LA POLITIQUE-MARKETING -"démarchie"

Le blog de la Secrétaire d'Etat à la banlieue de M. Sarkozy, Mme Amara, témoigne emblématiquement de la stratégie politique de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine: la société est divisée en "communautés-marchés" et la politique ne doit plus consister dans le service de la "chose publique" mais dans la satisfaction, même virtuelle, de chacun de ces "marchés". A Mme Amara celui des dits "jeunes de banlieue"...

LEO STRAUSSL_o_Strauss

                               "Tandis que le noyau de la démocratie

                    libérale est

l'individu doté de conscience, le noyau de

            l'égalitarisme permissif est l'individu

avec ses besoins pressants [...].

[Le concept de culture] désignait "la" culture de l'esprit humain. [...]

Que veut donc dire aujourd'hui le mot culture?

En anthropologie et dans certaines parties

de la sociologie, le mot "culture" est toujours,

bien entendu, employé au pluriel, et de telle

manière que vous avez une culture des banlieues,

une culture des bandes de jeunes, non

délinquants et même délinquants".

Nihilisme_et_politiqueLéo Strauss,

"La crise de notre temps"

in "Nihilisme et politique".

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