Leçons républicaines à l'attention de M. Sarkozy

"La République pour ceux qui l'ont oubliée et pour M. Sarkozy". Ou comment la nouvelle droite met en danger notre héritage commun : la République. [Ce blog n'engage que mes seules opinions personnelles, au titre de la liberté d'expression.]

17 octobre 2009

NON AU RETOUR DES PRIVILEGES : LE BOUCLIER FISCAL, NON AUX TAXES SUR LE PEUPLE, POUR UNE PENSEE REPUBLICAINE DE L'ECONOMIE

Atomiser pour dominer, tel pourrait être le principe suivi par le sarkozysme au pouvoir.

"Diviser pour régner" : voici l'axiome guidant Nicolas Sarkozy au pouvoir. Et ce avec la co-participation enthousiaste de nombre de ceux qui, par leur histoire politique, devraient logiquement s'opposer à lui.

Ainsi nous avons vu que le pouvoir opposait depuis 2007 les chômeurs aux travailleurs, les SDF à l'Humanité sédentaire, les personnes âgées au reste de la population, les familles entre elles, les Français de confession musulmane, comme le monde musulman en entier, aux "autres", les croyants aux non-croyants, les Africains et les Allemands aux Français, les "voyoucrates" aux "ploutocrates", francophones et tenants des langues régionalistes, les malades aux bien-portants, les communautés dites "ethniques" - en fait raciales -, les homosexuels aux hétérosexuels (sic), la gauche qui n'aime pas la France à la droite qui l'aimerait, la fonction publique aux travailleurs du secteur privé, grévistes et non-grévistes bien entendu, bénéficiaires du RSA et travailleurs pauvres, etc.

Le dernier exemple en date de ces deux caractéristiques marquant le nouveau pouvoir est celui de la taxe carbone, dont l'ancien Premier ministre, dit "socialiste" et sako-compatible, M. Michel Rocard, choisi par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, a fait la promotion.

Participant ainsi un peu plus de deux phénomènes : la confusion postmoderne droite-gauche ; l'ouverture-imposture et en l'occurrence l'opposition entre l'écologie dite politique et toute politique sociale.

Principale victime : le peuple français contributeur - dont 15 milliards d'euros sont déjà chaque année consacrés au "paquet fiscal", alors que l'injustice fiscale est au cœur de la politique anti-économique sarkozienne.

Dégâts collatéraux : l'image brouillée des socialistes, du socialisme et des écologistes et de l'écologie.

Triomphateur : Nicolas Sarkozy et sa clique de privilégiés abrités sous le bouclier fiscal...

Penser naïvement le nouvel impôt carbone dans le contexte fiscal inique et immoral dans lequel il s'inscrit, ne pas commencer par abattre cette iniquité principielle, tel est le pêché politique de M. Rocard et de certains écologistes. Fondé sur le mythe stupide et nocif de la "moralisation" du capitalisme...

ROBESPIERRE

"Dans tout pays où la nature fournit avec prodigalité aux besoins des hommes, la disette ne peut être imputée qu'aux vices de l'administration ou des lois elles-mêmes ; les mauvaises lois et la mauvaise administration ont leur source dans les faux principes et dans les mauvaises mœurs.

[...]

"J'ai vu un ministre impudent dont il n'était pas permis de soupçonner la vertu, exiger les adorations de la France en la ruinant, et du sein de ces criminelles intrigues, la tyrannie sortir armée de la loi martiale pour se baigner légalement dans le sang des citoyens affamés."

Discours_et_Rapports___la_Convention_de_RobespierreRobespierre,

"Sur les subsistances"

in Discours et rapports à la Convention

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SEGOLENE ROYAL

"Disons-le une fois pour toutes : il faut sortir du discours bénisseur et mystificateur sur l'entreprise citoyenne. L'entreprise n'a aucun objectif civique, ni dans ses statuts ni dans sa pratique."

"L'entreprise citoyenne reste au mieux un mythe, au pire une tromperie ou un leurre. Le capitalisme a mondialement imposé son désordre; la rentabilité du capital, la compétitivité n'ont jamais si fortement qu'aujourd'hui dominé les motivations."

"Le rôle de la politique est d'identifier les rapports de force et les oppositions d'intérêts irréductibles, et de choisir entre eux. Tout ne se fera pas par le consensus : il faut savoir affronter les privilèges."

La_v_rit__d_une_femme_de_S_gol_ne_RoyalSégolène Royal,

La vérité d'une femme


NON AUX TAXES POUR REMBOURSER LE BOUCLIER FISCAL, NON AUX CORVÉES POUR DÉDOUANER LES PRIVILÉGIÉS

Le retour des privilèges...

Les "belles âmes" tolérantes, ouvertes aux différences - ethniques, sexuelles, culturelles - ont soit perdu à gauche soit se sont ralliées à la nouvelle droite sarkozienne.

En fait le vrai clivage entre gauche et droite, et même au-delà entre républicains et ploutocrates anti-étatiques, de ce point de vue, ultralibéraux, revient en force sous la forme du combat politique entre ceux qui souhaitent un partage équitable des richesses de notre pays d'un côté, et de l'autre ceux qui souhaitent encourager les inégalités, les approfondir, en engraissant les rentiers quitte à détruire l'économie et à appauvrir l'ensemble du marché du travail.

C'est ce second choix qui a été fait dès son entrée en fonction par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République, Nicolas Sarkozy.

Bien avant la crise internationale, due notamment aux subprimes que ce dernier voulait importer en France, le paquet fiscal, le soi-disant encouragement aux heures supplémentaires - le "travailler plus pour gagner plus" - ainsi que l'exonération d'impôts des quelques contribuables les plus fortunés ruinaient l'État et donc l'ensemble du peuple français - 15 milliards chaque année -, empêchaient toute marge budgétaire pour lancer une véritable politique éducative et industrielle en pointe et couvraient d'argent les foyers les plus riches...

Loin d'encourager l'emploi on disait amen aux rentiers. L'on réhabilitait, selon Mme Lagarde, l'argent.

Nicolas Sarkozy? Une crise économique à lui tout seul...

La politique fiscale - de répartition des richesses - de Nicolas Sarkozy - devait être inique ou ne pas être. On rappellera aux "belles âmes sarkozystes" ce principe républicain fondateur, mais aujourd'hui bafoué, touchant à l'impôt et la fin des privilèges, inscrit dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, en son article 13 :

"Pour l'entretien d'une force publique, et pour les dépenses de l'administration, une contribution commune est indispensable ; elle doit être également répartie entre les citoyens en raison de leurs facultés."


... remboursé par les corvées populaires

Les choix politiques des "grandes administrations ménagères" que sont devenus les États-nations-sociétaux sont  donc  surdéterminés par les choix idéologico-politiques de définition d'un budget, de gestion et d'orientation des impôts.

Ici réside la principale marge de manœuvre in concretum du pouvoir en place, et donc de la différence entre droite et gauche.

Or, depuis 2007, on aura, en France sarkozienne, creuser les déficits au bénéfice des plus fortunés, exonérés en partie d'impôts grâce au bouclier fiscal, lui-même inscrit dans le désastreux paquet fiscal, coûtant aux Français la bagatelle de 15 milliards par an....

De même la "gestion" de la crise bancaire aura-t-elle été néfaste tant aux PME qu'aux particuliers, les banques étant renflouées à coup milliards d'euros prêtés par le contribuable, sans que les règles de la finance folle ne soient réévaluées, sans que l'État ne rentre au capital des banques pour les mieux contrôler, sans que les rémunérations scandaleusement élevées des trader et autres dirigeants ne soient remises en question par la puissance publique.

Cette absence d'État n'est pas naturelle, loin de là. Elle est voulue et, nous le verrons, commandée par l'idéologie ultralibérale de la nouvelles droite. Comme le disait Robespierre devant la Convention : "la disette ne peut être imputée qu'aux vices de l'administration ou des lois elles-mêmes".

Banques renflouées, peuple français floué...

En second lieu, on détruira l'ensemble du service public de la République, la fragilisant gravement, pour mieux économiser et renflouer les déficits crées au bénéfice de la finance et du haut patronat.

Le cynisme étant de mise avec le sarkozysme, c'est par de nouveaux impôts indirects, les plus injustes, les plus iniques, les plus illégitimes car touchant les classes moyennes et populaires déjà privées d'un bon fonctionnement des services publics, que l'on poursuivra le colmatage maladroit du déficit béant des comptes publics, sans toucher aux privilèges du bouclier fiscal.

La_politique_fiscale_de_Nicolas_Sarkozy

Ségolène Royal, opposante socialiste à Nicolas Sarkozy de le rappeler récemment : 20 impôts nouveaux auront ainsi été mis en place. Jésus de Nazareth multiplia les pains, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine multiplie les taxes... :

  1.         La Taxe Carbone : 4 milliards d’€      
  2.         La Taxe pour le RSA (entre 1 et 2 milliards)      
  3.         Taxe sur les assurances et les mutuelles (1 milliard)      
  4.         Taxe sur l'intéressement et la participation (400 millions)      
  5.         Taxe sur les stock-options (250 millions)      
  6.         Franchises médicales (850 millions)      
  7.         Hausse des cotisations retraite (150 millions)      
  8.         Taxe sur la publicité des chaînes privées (incalculable)      
  9.         Taxe sur les compagnies pétrolières (150 millions)      
  10.         Taxe pour financer la prime à la cuve (100 millions)      
  11.         Taxe sur les ordinateurs (50 millions)      
  12.         Taxe pour copie privée des disques durs externes et clés USB (167 millions)      
  13.         Taxe sur le poisson (80 millions)      
  14.         Taxe sur les huiles motrices (44 € par tonne de lubrifiant)      
  15.         Taxe sur les imprimés publicitaires (incalculables)      
  16.         Hausse de la redevance télévision (20 millions) Contribution exceptionnelle (exceptionnellement    reconduite chaque année depuis... 1991) sur les ventes en gros de produits pharmaceutiques (50 millions)      

  17.         Taxe sur la téléphonie et Internet (80 millions minimum)      
  18.         Taxe sur les grosses cylindrées (malus auto annualisé : 160 € par an par auto)      
  19.         Chèque transport (pas de plan de financement pour l'instant)

Total:  10 milliards d’Euros soit les deux tiers du bouclier fiscal... Le déficit cette année sera de 116 milliards d’euros.


Ségolène Royal fait la liste des nouvelles taxes
envoyé par segolene-royal. - L'actualité du moment en vidéo.

Bref, alors que Nicolas Sarkozy prétendait relancer l'économie en favorisant des rentiers, des spéculateurs ou des "accapareurs", comme aurait dit Robespierre, il bâtit un système anti-keynésien aboutissant au règne décomplexé de l'argent chez les plus fortunés, au freinage des embauches dû aux heures supplémentaires défiscalisées, à un déficit tellement profond qu'aucune politique d'aide aux PME ou de transition industrielle n'est plus possible, avec un retour simultané des privilèges et des corvées...

Dans une sorte de nuit du 4 août 1789 renversée... Un complet renversement des principes républicains.

L_abolition_sarkozienne_de_la_nuit_du_4_ao_t__le_retour_des_privil_ges

Comment tout cela est-il possible en France?

L'exemple de la taxe carbone, nouvel impôt inique frappant les classes moyennes et populaires, indifférent pour les classes aisées, nous en fournit un bout d'explication intéressant.

Il ne s'agit plus de faire appel à l'État pour résister au marché mais de "moraliser", en l'occurrence d'"écologiser" le (néo)capitalisme, après l'avoir fait triomphé. Tel est le moyen de faire passer la pilule, avec l'aide inestimable des écologistes de gauche, d'un ancien Premier ministre socialiste, Michel Rocard et d'autres encore.

Or, comme nous le verrons avec Robespierre"sans doute si tous les hommes étaient justes et vertueux ; si jamais la cupidité n'était tentée de dévorer la substance du peuple ; si, dociles à la voix de la raison et de la nature, tous les riches se regardaient comme les économes de la société, ou comme les frères du pauvre, on pourrait ne reconnaître d'autre loi que la liberté la plus illimitée ; mais si l'est vrai que l'avarice peut spéculer sur la misère [...] pourquoi la loi ne réprimerait-elle pas ces abus?".

On ne moralise pas le capitalisme, on le réfrène voire on l'étouffe par la loi, seulement par la loi et sa force de coercition afférente.

CONTRE LE MYTHE DE LA "MORALISATION" DU CAPITALISME : L'EXEMPLE DE L'IMPÔT CARBONE

Quand l'écologie devient anti-sociale

C'est dans ce contexte d'injustice et d'incurie économique que Michel Rocard, ancien ministre dit "socialiste" de François Mitterrand, et surtout collaborateur sur divers sujets de Nicolas Sarkozy, applaudi par les Verts et par le Parti Socialiste de Martine Aubry, a été chargé par l'Élysée de concocter un nouvel impôt carbone, une taxe censée lutter, en en augmentant le coût, contre la consommation d'énergies polluantes et, ipso facto, la France étant la lumière du monde, contre le réchauffement climatique.

Une taxe "morale", dirait-on, puisque sans rien changer à l'injustice sociale et économique généralisées, en l'aggravant même, elle viendrait par miracle écologiser la politique sarkozienne. Le problème demeurant  qu'indistinctement, elle touchera les gens n'ayant pas les moyens de "rouler propre"...

En outre, "l'invention" d'une énième taxe par un ancien ministre d'un Président socialiste suppose d'abord l'absolution par Michel Rocard du contexte fiscal actuel, donc de l'injustice antirépublicaine comme fondement de l'impôt.

Alain_Jupp___Michel_Rocard_et_Nicolas_Sarkozy


Car la question écologique aujourd'hui en France, n'en déplaise à certaines belles âmes, est évidemment subsumée par la politique droitière anti-économique, d'orientation des impôts des Français vers la rente de quelques richissimes concitoyens - c'est le bouclier fiscal - ou vers le gaspillage en travail supplémentaire garantissant la stagnation de la croissance - c'est le paquet fiscal et les heures supplémentaires, économiquement inefficaces, socialement nocives et philosophiquement proches du caniveau.

Par ailleurs, l'écologie ne peut pas être alliée à l'économie dès lors qu'aucune politique de réindustrialisation "verte"- ou pas d'ailleurs - ne peut être conduite par un État "en faillite", selon notre Premier ministre, ou par une société civile assommée par la crise et les nouveaux impôts.

Aucun cap économique, aucune "vision présidentielle", comme dirait Marie-France Garaud, autre qu'un travail qui s'est mu en chômage de masse, n'ont été proposés au peuple souverain.

Marie_France_Garaud

Nicolas Sarkozy aura donc réussi la prouesse d'opposer préoccupation écologique à justice sociale, avec l'aval, en réalité, de politiciens croyant naïvement en la "moralisation" du néo-capitalisme.

Puisque tout le monde parle de morale, rappelons-nous toujours, et avec Robespierre l"'Incorruptible", que morale républicaine et logique capitaliste sont incompatibles, irréductibles l'une à l'autre, dialectiquement - c'est la croyance périmée de la social-démocratie - ou pas, opposées.

Maximilien_de_Bonaparte

Pour Robespierre, "comme l'essence de la République ou de la démocratie est l'égalité, il s'ensuit que l'amour de la patrie embrasse nécessairement l'amour de l'égalité" et "il est vrai encore que ce sentiment publique sublime suppose la préférence de l'intérêt public à tous les intérêts particuliers ; d'où il résulte que l'amour de la patrie suppose encore ou produit toutes les vertus".

Cette primauté de la morale publique sur les intérêts particuliers est définitivement effondrée en France.

La morale néocapitaliste, ou plutôt sa logique implacable, pose que chaque individualité, isolée, doit consommer, détruire, consommer à nouveau, détruire encore, de sa naissance à sa mort, voire après sa mort avec les "assurances-vie".

De même pour les capitaux voués à se produire et à se reproduire peu importe de quelle façon. Le tout enté en une anthropologie de l'homme dont Hannah Arendt estimait qu'elle comporte un "trait que la vie humaine avait de commun avec la vie animale" dès lors que "l'impulsion à travailler-pour-pouvoir-se-maintenir-en-vie n'est pas extérieure à la vie mais incluse dans le processus vital qui nous contraint à travailler tout comme il nous oblige à manger", et surtout à ne pas "politiquer"...

Hannah_Arendt

Les Rocard et autres Verts sarko-compatibles

Comment expliquer que Michel Rocard, étiqueté socialiste ou encore les Verts, concurrençant le PS sur sa gauche depuis la tentative de meurtre politique de Ségolène Royal au congrès de Reims, applaudissent une taxe venant réguler a posteriori un capitalisme taxant les plus faibles et polluant par nature?

C'est que ceux-ci ont peut-être un problème avec toute vision révolutionnaire et républicaine du partage des "prodigalités" ou des richesses du pays, dès l'origine.

"Social-démocrate" - réalité absente depuis toujours en France-, Michel Rocard a commencé comme régionaliste fort peu attaché à la République et à son unité. Fils de la bourgeoisie savante, il s'engage courageusement en politique tout en montant les marches de la haute fonction publique.

A 23 ans, il trouve opportun de prendre le pseudonyme d'un hérétique protestant, Michel Servet, tendance antijacobine et régionaliste qui le conduira à défendre jusqu'aux ennemis de l'État-nation et aux "régio-nationalistes" du Front de Libération de la Bretagne. Ceux-là même qui commettront l'attentat de Versailles en 1978. Et de proclamer : "je sens profondément que ce mouvement centralisateur, commencé par Philippe le Bel, doit s'arrêter", s'agissant de l'unité centralisée de la République.

Arm_e_r_volutionnaire_bretonne

Économiquement, c'est en ennemi des nationalisations mitterrandiennes qu'il se fera "social-démocrate", croyant naïvement que syndicats et patronat pourraient un jour s'entendre sans l'État, sans le peuple dans des compromis qui demeurèrent toujours introuvables...

Compromis valant souvent compromission, Ségolène Royal écrivait à ce sujet : "le rôle de la politique est d'identifier les rapports de force et les oppositions d'intérêts irréductibles, et de choisir entre eux. Tout ne se fera pas par le consensus : il faut savoir affronter les privilèges [...]".

On comprendra donc mieux sa foi béate en une moralisation du capitalisme, via la taxe carbone aujourd'hui. Accepter le néocapitalisme tel quel puis l'amender frileusement a posteriori sans le remettre en cause dans ses fondements.

Michel Rocard fit œuvre socialiste, notamment en mettant en place sous Mitterrand le RMI. Mais il ne fut jamais qu'un économiste génial dont l'engagement originel fut, doit-on le rappeler ici, antirépublicain, et, de ce point de vue, libéral et tout à fait sarko-compatible.

S'agissant du mouvement écologiste, tout est plus complexe. Il va de la gauche, de l'anarchisme, de la droite à l'apolitisme le plus complet. Son importance présente relève tant de la fin des idéologies de droite que du postmodernisme ambiant, qui sépare les causes particulières les unes des autres, en l'occurrence le souci de la Terre et des hommes du monde du travail et de la répartition des richesses, que de l'état actuel de la planète.

Les_Verts

Mais le parti politique des Verts, aujourd'hui à gauche, est comme Michel Rocard tombé dans le panneau de l'impôt indirect, de la corvée carbone... Tout attaché à "sa" cause : diminuer les effets de la consommation d'énergie fossile, l'écologie politique en oubliera que le régime fiscal sarkozien demeurerait inique de part en part... Et que sa nouvelle taxe écologique carbone n'échapperait pas à la règle... Frappant classes moyennes et populaires, faisant rire les plus aisés et les plus pollueurs, elle serait forcément une "corvée" de plus pour les ménages.

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(Ademe)

Cette absence de vision globale, de pensée républicaine aux principes forts et universels - s'agissant au moins de la France - est assez effarante venant de personnalités dites de gauche... Comment peut-on applaudir à des impôts indirects, les plus injustes, vaguement différenciés, quand le problème récurrent en France est celui de définir des impôts réellement progressifs?

C'est pourquoi la relecture de Robespierre et notamment de ses discours "à chaud" sur l'économie et la libre circulation des marchandises est tellement importante. Car on ne moralise pas un capitalisme amoral par principe... C'est à l'origine même de cet alliage mensonger qu'il faut s'attaquer, et la morale se trouve être inappropriée et faible à souhait - sauf dans les discours sophistiques de l'ancien  maire de Neuilly-sur-Seine...

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Le roi Louis XVI voulut améliorer la situation de son bon peuple, mais sans jamais avoir l'audace d'abolir les privilèges...

Michel Rocard et les Verts croient pouvoir travailler avec Nicolas Sarkozy, créer un nouvel impôt indirect pour sauver la planète, ils disent oui ce faisant au retour des privilèges et se détournent d'un peuple assommé par le retour des corvées, corvéable à souhait...

On dit oui au capitalisme pro-rentiers le plus amoral et on prétend le moraliser...

Voilà comment Robespierre, lors de la Révolution, expliquait la famine, dans un pays aussi riche que le sien :

Hardie la personnalité politique qui oserait rétorquer en premier lieu que notre civilisation est d'abord républicaine et, en second lieu, que celle-ci est née en-dehors du capitalisme, bien avant lui et que le néo-capitalisme, le capitalisme politique, est tout à fait récent.

Comprendre cette primauté perdue de la république et du politique sur l'économique exige d'une part l'existence d'un personnel politique lui-même acquis à notre socle commun républicain et démocratique - ce qui est de moins en moins évident -, d'autre part la connaissance du point de vue de révolutionnaires puis de républicains convaincus sur ce que l'on appelait alors "la libre circulation" des subsistances.

Quant à la gauche et aux Verts, aux écologistes de gauche, ils devraient combattre pour que soit enfin abolie cette notion naturaliste de "croissance".

A l'heure où les pays émergents concurrenceront mortellement la vieille Europe sur ce terrain, il serait temps d'abandonner toute tentative d'amender a posteriori un néocapitalisme autonome.

Il serait temps de replacer la richesse humaine de chacun, les nouvelles technologies nous y autorisent, en amont du capitalisme.

Abandonner la croissance pour la "créa-sens"... Laquelle, sans rompre avec la marche du monde mais en cultivant l'économie participative, comprendrait, autoriserait et respecterait toutes les dimensions de l'humanité des hommes. Leur inventivité, le respect de leur rythme, la qualité de leur vie, leur inventivité, leur singularité et leur pluralité, leur cadre de vie : le pays, le continent, la planète. Pourquoi pas? La réorientation du capitalisme, en attendant son effondrement, ne peut se faire qu'en amont, jamais en aval.

Parce que sa morale est incompatible avec la moindre imagination d'un nouvel humanisme.

Encore faudrait-il, aujourd'hui, commencer par rembourser le bouclier fiscal au contribuable, comme l'aide publique à des banques avides de gain. Redonner une marge de manœuvre à un État impartial et imaginatif...

Comme l'écrivait Ségolène Royal, mitterrandienne peu encline au rocardisme, dans La vérité d'une femme, dès 1996, : "l'entreprise citoyenne reste au mieux un mythe, au pire une tromperie ou un leurre. Le capitalisme a mondialement imposé son désordre; la rentabilité du capital, la compétitivité n'ont jamais si fortement qu'aujourd'hui dominé les motivations".

Et plus radicale encore: "disons-le une fois pour toutes : il faut sortir du discours bénisseur et mystificateur sur l'entreprise citoyenne. L'entreprise n'a aucun objectif civique, ni dans ses statuts ni dans sa pratique. Cette conception idéalisée a servi - et sert toujours - de prétexte à l'obtention de subventions publiques."

Le sens de l'État, de l'intérêt public et commun, la res publica sont et demeureront antinomiques des privilèges - priva lex.

Dans la France de Sarkozy, insidieusement réapparaissent les privilèges et les corvées - ces impôts royaux abolis pourtant depuis longtemps tant ils écrasaient le peuple.

On n'écologisera pas, on ne moralisera pas le "capitalisme" sans la force de la loi. Car, comme le clamait du haut de la tribune Robespierre en son temps : "la disette ne peut être imputée qu'aux vices de l'administration et des lois elles-mêmes".

L'économie devrait pourvoir au partage au moins équitable des richesses de la France, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine semble combattre cet axiome républicain.

En attendant, que ces complices dits de gauche révisent leur "pensée économique", qu'ils relisent Robespierre et son "Discours sur les subsistances" avant d'aller applaudir Nicolas Sarkozy.

"Le fléau du peuple, la source de la disette, ce sont les obstacles mis à la circulation, sous le prétexte de la rendre illimitée. La subsistance publique circule-t-elle, lorsque des spéculateurs avides la retiennent entassée dans leurs greniers? Circule-t-elle, lorsqu'elle est accumulée dans les mains d'un petit nombre de millionnaires qui l'enlèvent au commerce pour la rendre plus précieuse et plus rare, qui calculent froidement combien de familles doivent périr avant que la denrée ait atteint le temps fixé par leur atroce avarice?".

Et de s'en prendre violemment aux moralisateurs qui affament le peuple :

"un ministre impudent dont il n'était pas permis de soupçonner la vertu, exiger les adorations de la France en la ruinant, et du sein de ces criminelles intrigues, la tyrannie sortir armée de la loi martiale pour se baigner légalement dans le sang des citoyens affamés".

Cela ne vous évoque-t-il pas la France d'aujourd'hui : celle où les hyperprivilèges engraissent les privilégiés et où classes moyennes et populaires paient et s'appauvrissent pour eux, avec l'aide d'un pouvoir se prétendant plus vertueux que la vertu - écologique notamment?

On ne passe pas de la pommade au néocapitalisme contrairement à ce que croient les sociaux-démocrates ou encore les Verts. On légifère, on le contraint quand il dessert le peuple.

Surtout parce que l'économie financiarisée et sa déclinaison dans la société de masse de consom-munication dominent l'Occident et la France, quasi naturellement.

Parce que la moindre critique à l'égard du néocapitalisme de la part d'un responsable politique se verra répondre par l'intervieweur que "notre civilisation, c'est le capitalisme", que c'est "le meilleur système au monde à ce jour", et autres fadaises.

11 décembre 2008

LES SDF SONT LIBRES DE RESTER DES SDF EN FRANCE DIT NICOLAS SARKOZY : LE PROBLEME N'EXISTE DONC PLUS...

Les Français découvrent chaque jour, dans les grandes villes du pays, dans les bois, à la lisière des villages, l'ampleur du phénomène des sans-logis. Chaque semaine, la presse et les médias recensent les morts de froid de ceux qui ont tout perdu, dans une civilisation où avoir un toit demeure un impératif, considérés comme des êtres humains. C'est que les associations qui leur viennent en aide sont débordées depuis longtemps et que l'Etat se refuse à voir en face le problème et à le traiter de façon conséquente.

Il y a 2 ans, le démagogue Nicolas Sarkozy promettait, en campagne pour la prise de l'Elysée, la disparition du problème des sans-domicile-fixe. Aujourd'hui, alors que leur nombre augmente, le président de la République a prononcé un discours d'une immoralité effroyable qui banalise mais aussi fait disparaître rhétoriquement les sans-abris : ceux-ci sont libres de rester dans la rue, leur "choix" est preuve de leur "dignité"...

THEODOR W. ADORNO

"La misère subsiste. Comme avant.

La supprimer complètement tu ne peux,

Mais tu vas la rendre invisible."

Minima_Moralia_R_flexions_sur_la_vie_mutil_e_de_Theodor_Wcité par Theodor W. Adorno,

in Minima Moralia,

Réflexions sur la vie mutilée

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RETOUR SUR UNE PROMESSE DE CAMPAGNE DE DEMAGOGUE

"Je veux, si je suis élu président de la République,

que d'ici à 2 ans, plus personne ne soit obligé de

dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid."

Sarkozy - Encore un mensonge
Vidéo envoyée par Btoux_1979

"Si on n'est plus choqués, quand quelqu'un n'a pas un toit

lorsqu'il fait froid et qu'il obligé de dormir dehors, c'est tout l'équilibre de la

société où vous voulez que vos enfants vivent en paix qui s'en trouvera remis en cause."

Si l'on n'était pas en campagne présidentielle lors de la tenue de ce discours, on ne pourrait qu'applaudir des deux mains une telle promesse et, surtout, cette idée que les sans-domicile en danger de mort ne sont pas en dehors de notre société, mais que leur destin est un enjeu pour "tout l'équilibre de la société"?

Même la gauche ne pouvait tenir alors un tel discours volontariste et humaniste au point d'en être idéaliste.

440622Car il eût fallu changer toute les logiques d'une société de masse qui prétend inclure tout le monde et fait disparaître brutalement ceux qu'elle exclut... Parce que, comme le disait sa rivale de 2007, la socialiste Ségolène Royal, dans une société : "tout se tient". Propos qu'il reprendra rhétoriquement à son compte une fois élu.

Hélas, nous étions en pleine campagne électorale, de surcroît nationale et présidentielle... Or, comme l'a formulé un jourMarie_France_Garaud Marie-France Garaud, ancienne conseillère spéciale du Président Georges Pompidou puis de Jacques Chirac :

"Vous savez ce qu'on a dit des programmes. Les programmes

ne sont jamais que les cimetières futurs des espérances déçues."

Un démagogue en campagne, en sus ancien maire de la ville la plus riche de France, Neuilly-sur-Seine, ne connaît pas ce genre de préceptes.

Il promettra la lune et Jupiter sans sourciller...

Seulement tôt ou tard, la réalité rattrape les démagogues, leurs promesses incantatoires et, surtout, leur présentation mensongère de la réalité, transformée par eux et leur propagande.

C'est le cas aujourd'hui en France où le nombre de sans-logis, plus d'un an après l'élection de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, a augmenté et où, l'hiver approchant, on ne compte plus les morts dans les rues...

Augustin Legrand le Buzz RADIO
Vidéo envoyée par lesenfantsdedonquichotte

La réalité, c'est bien le problème du démagogue... Toujours la dissimuler par une logorrhée et des effets d'annonce grandiloquents, ou comment, par les discours, dissimuler les faits bruts, comment, par les mots, faire disparaître les choses...

Nicolas Sarkozy n'aura donc aucune difficulté à maquiller ses anciennes promesses de campagne, notamment celle de refuser de laisser mourir les sans-domicile dans les rues et, pire encore, puisqu'il l'avait affirmé que le:

"droit à l'hébergement est une obligation humaine".

En langage marxien, on évoquera évidemment ces "droits abstraits" qui ne veulent rien dire, et l'on aura raison le cas échéant.

SDF : 2 témoignages
Vidéo envoyée par Tiotevalisse

Puisque demeurent les sans-logis sur les trottoirs, puisque les morts s'accumulent nuitamment, puisque les conditions "réelles", "matérielles", de l'hébergement n'ouvrent pas ce droit proclamé par Nicolas Sarozy à l'accès de ceux-ci, on trouvera une parade rhétorique : décréter que le problème insoluble n'existe pas. Les conditions d'hébergement étant catastrophiques, les viols, vols, violences et maladies pullulant dans des centres surchargés, les sans-domicile de France se refusent parfois à s'y rendre - notamment les femmes - ou en sont d'office exclus du fait du manque de place.

Mais Nicolas Sarkozy connaît-il cette réalité?

Resto du coeur
Vidéo envoyée par segolene-royal

Après avoir passé Noël dernier aux côtés d'hébergés d'urgence en décembre 2007, Ségolène Royal continue d'occuper le terrain des "exclus", ici récemment aux Restos du coeur...

Non. Alors, il a décidé de contre-attaquer. Le président de la République a récemment décidé d'une chose : faire disparaître, par la "magie noire" des mots, les sans-domicile-fixe de France.

LES SDF DE FRANCE SONT LIBRES DE LE RESTER, LIBRES ILS NE SONT PLUS DES SDF, DONC IL N'Y A PLUS DE SDF EN FRANCE...

Le dévoiement de la notion de liberté par les libéraux est connue dans le monde anglo-saxon depuis longtemps, il règne même encore en maître sous sa déclinaison capitaliste et entrepreneuriale.

Avec Nicolas Sarkozy, cette déformation de la liberté et de tous nos concepts traditionnels ont fait leur nid au plus haut sommet de l'Etat, relayée par des médias de masse sous la forme catastrophique du "bon sens". Il avait même osé annoncer l'amorce d'une "politique de civilisation"... Comme le dit la citation du poète par Adorno, "La misère subsiste. Comme avant, La supprimer complètement tu ne peux, Mais tu vas la rendre invisible"...

Si la Secrétaire d'Etat aux droits de l'homme (sic), Rama Yade, avait soutenu, durant les dernières élections municipales, l'utilisation d'un spray répulsif pour chasser les sans-abris des villes, cette proposition avait provoqué un tel tollé qu'il fallut l'abandonner ou à tout le moins de plus trop l'évoquer. Alors le Président, à défaut d'éliminer physiquement le phénomène, le camouflera avec cette syllogistique sophistique qu'on lui connaît bien.

Rama Yade justifie l'utilisation du Malodore à Argenteuil
Vidéo envoyée par Colombes2008

C'est ce qui a été fait par le président de la République à propos des personnes vivant dans la rue, dans un discours odieux, aux vertus émitives, tenu à Meaux, le 28 novembre 2008:

Sarkozy sur le placement des SDF [news] F3 281108
Vidéo envoyée par peanutsie

SARKOZY ET LA HONTE AU COEUR...
Vidéo envoyée par lesenfantsdedonquichotte

Les sans-domicile-fixe, qui sont, comme les pauvres avaient été le miroir de la société industrielle selon Raymond Aron, le miroir de notre société injuste et néolibérale, seraient donc, une fois nourris, soignés, douchés et une fois que leur aua été proposée une chambre (sic), ces SDF pouponnés devront, au nom de la liberté individuelle, retourner dans la rue...

Où vit donc cet homme à la tête de notre Etat en déliquescence, pour nous asséner de pareils mensonges?

De quelle nourriture parle-t-il? A quels soins pense-t-il? Où voit-il des douches pour tous les sans-abris de France? Depuis quand les centre d'hébergement d'urgence sont-ils dotés de "chambres" individuelles avec baignoire, comme les hôtels de luxe?

Tentes_des_sans_logis_du_canal_Saint_Martin___Paris

Mensonge, propagande, méconnaissance ou négation de la réalité qui est toute différente, nous l'avons vu...

C'est après ces mensonges que le président de la République de soi-disant "tous les Français" et même des étrangers résidant sur son territoire, peut déclarer sans vergogne que, pour un SDF, "reprendre la rue [...] c'est le respect de la dignité de la personne, c'est le respect de la liberté"...

Même Margaret Thatcher, dans son mépris pour les pauvres, qui expliquait que l'Etat ne pouvait rien pour eux et que les organisations confessionnelles caritatives étaient responsables de leur sort, ne pouvait tenir de telles paroles...

C'est qu'en France, nous l'avons déjà écrit, la République, dont la pierre angulaire demeurait la Révolution française, même pour la droite républicaine, un tel discours, un tel résonnement ne pourraient passer sans dévoyer justement les principes républicains, notamment celui de solidarité.

Le problème est que Nicolas Sarkozy est le liquidateur d'une part des principes républicains, d'autre part de la droite républicaine elle-même, cornaqué par les tenants d'une droite ulta-libérale et d'une droite anti-républicaine voire néo-pétainiste.

La dévalorisation des principes républicains par le premier président post-moderne de la République française est à l'oeuvre. Rester à mourir dans la rue devient une histoire de "liberté", de "libre-arbitre", de "dignité" même! Subversion totale de tout ce qui fit une certaine grandeur du modèle humaniste et social français...

La_R_publique_sarkozyste

A terme, faudra-t-il comprendre que les SDF veulent la mort? L'humanisme républicain, l'humanisme même de toutes les religions du monde sont bafoués par cet ancien maire de Neuilly-sur-Seine.

De nous expliquer qu'un sans-abris, "dans des conditions abominables", ne peut décider "de sa vie ou de sa mort" parce qu'il ne peut plus être "lucide" mais qu'il a pourtant la "liberté" d'aller mourir en hiver dans la rue?

Si la persone n'est plus lucide, comme il le dit, alors tel un malade psychiatrique, elle doit être, de force, reprise en main, par la collectivité, si celle-ci croit encore en un minimum d'humanisme et de perfectionnement de l'être humain.

Les SDF existent en France, ils parsèment tels des "fleurs du Mal", telle notre mauvaise conscience, nos trottoirs et les abords de nos centres commerciaux ou tout simplement nos bouches d'aération prodiguant un peu de chaleur. Il suffit de quitter un moment le palais de l'Elysée pour s'en rendre compte.

SDF

Alors jusqu'à quand Nicolas Sarkozy pourra-t-il bonimenter sur ce sujet alors que la crise économico-financiaro-sociale condamne, contre leur volonté, des femmes et des hommes, travailleurs de plus en plus,  mais peu importe, à vivre sous tente, sur bouche d'aération ou dans la rue?

La rue, avec ses agressions, ses viols, ses vols, son alcoolisme pour oublier, ses meurtres, ses règlements de compte, n'a rien à faire avec la dignité ou la liberté humaines. Elle est subie.

N'attendons rien de M. Sarkozy, qui compte sur la charité qui est depuis longtemps dépassée par les événements. Mais un sursaut humaniste est-il possible de la part d'une société française morcelée, angoisssée et apeurée depuis l'élection du démagogue Nicolas Sarkozy?

Reprenons les propos de Ségolène Royal : "dans une société, tout se tient", et l'on ne peut pas octroyer des milliards à quelques-uns et instaurer le darwinisme social pour les autres, pour les familles modestes, pour les personnes âgées, pour les chômeurs, pour les délinquants bien sûr, pour les serviteurs de l'Etat et de la chose publique : les fonctionnaires - tous nettoyés au kärcher ultralibéral - l'euthanasie au nom de la liberté...

Tout cela est à vomir... Il s'agit de la France de Monsieur Sarkozy...

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Nicolas Sarkozy aura tout dit, tout promis.

Tel un démagogue, il aura séduit les couches populaires abandonnées par la gauche depuis les années Jospin-Aubry, il aura promis la lune, Jupiter et Mars, un nouvel Eden jusqu'aux plus pauvres d'entre les pauvres...

Hélas, ses seules "réussites" en politique concernent les plus riches de France, les rentiers et spéculateurs, ceux qui en ont tellement qu'ils ont des haut-le-coeur quand un semblant d'humanité les affecte.

La misère, vu la politique inique menée par Nicolas Sarkozy et les retombées de la crise mondiale, ne fera que prospérer.

Le plus grave est d'intrumentaliser des princpes nobles et actés par la République pour justifier la "cruauté sociale", dixit Ségolène Royal, qui découle de la crise...

Seul, face à une opposition plus que jamais morcelée et tournée sur son nombril empli de privilèges acquis, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine nous promet, à nous, humanistes et républicains, le pire.

Jusqu'à quand?

09 novembre 2008

NON AU TRAVAIL LE DIMANCHE ET JUSQU'A 70 ANS

Non_au_travail_le_dimanche

27 septembre 2008

NICOLAS SARKOZY, UNE CRISE ECONOMIQUE ET FINANCIERE A LUI TOUT SEUL: 40 000 CHOMEURS EN PLUS EN FRANCE

Elu sur sa soi-disant compétence, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine n'est en fait pas à la hauteur de la fonction de président de la République. En économie, sa politique est complètement incohérente et entérine le déclin de la France. Vendeur de tapis, il eût pu l'être, mais pas plus... Hier à Toulon, il a prétendu vouloir moraliser le capitalisme et en finir avec le capitalisme financier, alors que, candidat, il prônait des subprimes à la française, à savoir de faire hypothéquer leur logement par les ménages les moins aisés pour accéder au crédit... Il fait évidemment marche arrière aujourd'hui, mais s'agissant du capitalisme financier, que ne fait-il en France, depuis un an? Tout le contraire.

EMILE DE GIRARDIN

"Gouverner, c'est prévoir."

Emile_de_GirardinEmile de Girardin.

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Alors que Nicolas Sarkozy accuse tour à tour ses prédécesseurs - de Mitterrand à Chirac - et la crise internationale de tous les maux, il serait bon de rappeler quelques vérités:

  • ce Président, comme l'a rappelé récemment Vincent Peillon, voulait créer des subprimes à la française, c'est-à-dire proposer aux Français d'hypothéquer leurs maisons pour emprunter, ce qui est cause de la crise actuelle. Ainsi déclarait-il en octobre 2006 puis en avril 2007 aux revues Banque, Cotémômes et à la Revue Immobilière :

"Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d'Europe. Or, une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C'est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages.

[...]

Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement.

[...]

Il faut réformer le crédit hypothécaire. Si le recours à l’hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué. Ceci profiterait alors directement à tous ceux dont les revenus fluctuent, comme les intérimaires et de nombreux indépendants."

Peillon: "Sarkozy est un démagogue"
Vidéo envoyée par Desirs-dAvenir-Vaulx

  • son "travailler plus pour gagner plus" devait inévitablement créer du chômage car les entreprises préfèrent payer des heures sup' défiscalisées qu'embaucher: au mois d'août 2008, l'ANPE annonce 40.000 chômeurs supplémentaires...

Augementation du Chômage en Aout !
Vidéo envoyée par Hugues2

  • pire son "travailler plus pour gagner plus" reposait sur une erreur consternante: "le travail n'est pas un gâteau qu'on se partage", donc chacun pour soi. Résultat: ce sont ceux qui ont besoin de plus d'argent en raison de la faiblesse de leurs revenus qui y font appel, au lieu de se former ou de progresser dans leur entreprise. Ceci a été démontré par un économiste allemand, on aboutit alors à une précarisation généralisée du monde du travail en France....

19% de français privé d'un emploi décent !
Vidéo envoyée par ieniengzap

  • les TPE et PME ont été sacrifiées au profit des grandes entreprises qui délocalisent ou emploient à l'étranger, notamment par le paquet fiscal qui, à coup de 15 milliards d'euros par an, vide les caisses de l'EtatPas de choc de croissance évidemment. Or, ce sont les PME qui créent le plus d'emplois et ce sont elles qui pourraient enfin muscler une économie française sans cesse fragilisée. Elles créaient de la vraie croissance et de l'exportation...

  • L'Etat n'a plus de marge de manoeuvre, notamment du fait du paquet fiscal, alors que dans les années à venir, il devra intervenir nécessairement, comme le montre l'exemple états-unien. 

1 SMIC par jour pour les 1000 français les + aisés
Vidéo envoyée par RichardTrois

Sarko et les fonctionnaires
Vidéo envoyée par Rive-gauche

  • La traque aux chômeurs et l'idée de les obliger à accepter sous peine de privation d'allocation, une 3e "offre d'emploi raisonnable" va favoriser le travail au rabais et la déqualification.

  • La destruction de l'école promet une sous-qualification des jeunes dans quelques années.

  • la multiplication des taxes et les franchises médicales, censées reflouer les caisses de l'Etat vidées par ce Monsieur depuis des années, vont d'une part encore plus freiner la consommation et donc la croissance et d'autre part dégrader la santé de milliers de Français dont les soins coûteront des millions d'euros à la collectivité... D'ailleurs la stagnation des petites retraites, contrairement à ses promesses de campagne, va dans le même sens anti-économique...

  • une dernière loi, qui prétend favoriser l'intéressement du travailleur aux profits de son employeur, permet de ne pas augmenter les salaires et de flexibiliser la politique salariale. En période de récession, on peut gager que les intéressements seront minables...

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Bref, humainement, éthiquement, philosophiquement, économiquement, du point de vue du bon sens, cette présidence est une incohérence économique et financière à elle-seule. Vous y ajoutez la crise internationale, vous mixez et vous avez la société française d'aujourd'hui... Consternant.... A se demander si la France n'est pas en voie de tiers-mondisation...

19 avril 2008

NICOLAS SARKOZY NETTOIE LES FAMILLES (TRANSPORTS, ECOLES, LOGEMENT, SANTE) AU KARCHER ULTRA-LIBERAL

Alors que la presse recense les soi-disant "couacs" à répétition du gouvernement nommé par Nicolas Sarkozy au sujet de la politique dite "familiale", la cohérence fondamentale du programme Sarkozy apparaît nettement. Ses conséquences en matière familiale s'inscrivent dans une politique de destruction des solidarités nationales au profit d'une politique du tout-économique désastreuse dans tous les domaines: réduction des allocations familiales - à défaut de leur suppression pure et simple - , volonté de supprimer toutes les aides directes ou indirectes assumées jusque-là par l'Etat: carte de réduction dans les transports, redevance télévision imposée aux personnes âgées, étiolement continu du pouvoir d'achat des ménages, taxes sur la Santé, remise en cause du remboursement des soins optiques ou dentaires, - qui prénaliseront notamment les enfants, relèvement du plafond des revenus pour l'accès au logement social etc. La triste vérité est que la favorisation des couches les plus riches du pays et des rentiers, le culte du travail et de la consommation de masse comme seuls domaines d'épanouissement de la vie humaine ne peuvent qu'entraîner l'abandon de la politique familiale qui, depuis des générations, permet à la France d'afficher une démographie plus ou moins élevée. Laquelle permet aussi d'assurer les moyens futurs d'une politique de redistribution des richesses et de maintien des solidairtés inter-générationnalles. Ces politiques pénaliseront évidemment les familles nombreuses, et, majoritairement, les familles populaires...

HANNAH ARENDT

" La société de masse détruit non seulement le domaine public mais aussi

le privé:

elle prive les hommes non seulement de leur place dans le monde

mais encore de leur foyer où ils se sentaient jadis protégés du monde,

et où, au moins, même les exclus du monde pouvaient se consoler

dans la chaleur du foyer et la réalité restreinte de la vie familiale."

Condition_de_l_homme_moderne_de_l_homme_moderneHannah Arendt,

Condition de l'homme moderne.

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La droite traditionnelle est en train de perdre une nouvelle bataille face au sarkozysme triomphant. La_famille_id_aleL'immoralisme économique qui y préside n'a pas de limites et, par définition, détruit toutes les "valeurs".

La famille, longtemps perçue, à tort, comme l'apanage de la droite, est, dans la perspective idéologique et politique sarkozyste, un obstacle comme un autre à l'encouragement de l'individualisme consumériste, tout comme à celui de la rente et de la finance, directement liées au marché et à la bourse.

DE LA DISSOLUTION DU FOYER ET DE LA PROPRIETE PRIVEE DANS L'ECONOMIE FINANCIARISEE...

Margaret_Thatcher_et_son_mythe_de_la_propri_t__pour_tousLa propriété privée, que les ultra-libéraux, telle Margaret Thatcher en son temps, Boursicotageprétendaient fallacieusement défendre, "tous les Britanniques doivent devenir propriétaires" - slogan repris in extenso par Nicolas Sarkozy - , a déjà été détruite par leur politique.

La facilitation des prêts aux primo-propriétaires, loin de "démocratiser" la propriété privée, la fragilise encore un peu plus en l'exposant au risque des fluctuations des taux d'intérêts, désormais plus ou moins liés à la conjoncture financière mondiale.

Comme le soulignait Hannah Arendt, l'existence de la propriété privée, lieu sacro-saint protégé du Hannah_Arendt__penseur_de_la_R_publiquemarché, de la société comme de l'intervention de l'Etat, posait un problème dès l'origine au système capitaliste et à sa société marchande de travailleurs-consommateurs. Dans Condition de l'homme moderne, paru en France en 1961, Arendt d'expliquer que l'expropriation du paysannat fut le moteur de l'expansion capitaliste, potentiellement illimitée. "L'expropriation consistant à priver certains groupes de leur place dans le monde et à les exposer aux exigences de la vie, a crée à la fois l'accumulation originelle de la richesse et la possibilité de transformer cette richesse en capital", d'où la misère qui frappa le paysannat transormé en nouvelle classe urbaine laborieuse.

L'établissement d'une société de travailleurs-consommateurs, pour laquelle le seul but de la vie humaine serait de travailler-pour-pouvoir-se-maintenir-en-vie - traduit par le slogan-phare de la campagne de Nicolas Sarkozy, " travailler plus pour gagner plus " -  " le caractère de processus qui distingue le travail, la contrainte, l'impitoyable poussée qu'exerce constamment sur le travail le processus vital, rencontre un obstacle dans l'acquisition de la propriété".

Propri_t__priv_eUne famille modeste pleinement propriétaire est en effet une aberration pour une société dont l'idéal est le travail et la consommation ad vitam aeternum, pour se loger, pour se nourrir, pour déféquer puis travailler à nouveau pour continuer à habiter un lieu sur cette Terre, y manger à nouveau etc. jusqu'à ce que mort s'ensuive. Celle-ci ne serait-elle pas tentée par l'" oisiveté "? Que rapporterait-elle à la société financiarisée?

Inventer une propriété fictive, fiduciaire, livrée aux aléas du marché, était donc pour cette société un défi à relever.

C'est La_maison_marchandis_e_et_financiaris_epourquoi "la transformation des biens immeubles en biens meubles [...] aboutit à priver de signification la distinction entre propriété et richesse, [il faudra être riche pour être propriétaire], entre les fungibiles et les consumptibiles du droit romain, tout ce qui est tangible, fungibiles, étant devenu objet de consommation". La propriété a perdu sa valeur d'usage privé, qui était déterminée par son emplacement, pour prendre une valeur exclusivement sociale déterminée par sa perpétuelle mutabilité, la fluctuation des échanges ne pouvant être fixée temporairement que par rapport à un dénominateur commun, l'argent".

Maisons_vendues_suite___la_crise_des_subprimesLieu prétendu de la sécurité et de l'épanouissement de la vie familiale ou du foyer, on pourrait Taudis_aux_Etats_Unismême dire que l'antique propriété privée, la plus modeste chaumière, n'existent plus, comme l'a montré aux Etats-Unis la crise des subprimes, ces prêts hypothécaires à intérêts exorbitants et à durée illimitée qui entraînent l'expulsion de leur logement de familles entières, incapables d'honorer le remboursement de leurs prêts, transformés en "dettes".

En fait, dans ce système financiarisé, une famille n'est propriétaire que virtuellement, par procuration, à condition de pouvoir rembourser des prêts de plus en plus élevés, pour le plus grand profit des banques prêteuses et au risque pour les familles de tout perdre pour se retrouver à la rue. Le retour des taudis et des bidonvilles est pour demain, au sein des économies soi-disant les plus "riches" d'Occident...

Tentes_de_SDF_au_canal_Saint_Martin___Paris

Les tentes ou pourquoi pas le "reour aux cavernes", avenir de l'humanité des exclus?

... A LA DISCLOCATION DES FAMILLES

Dans ce contexte, raréfier et rendre l'accès au logement social locatif de plus en plus difficle est une politique sarkozienne catastrophique de plus. Laquelle affectera directement les familles moyennes.

Après la destruction du foyer, via la mise sur le marché de la propriété privée par prêts interposés, le Nadine_Morano__secr_taire_d_Etat_en_charge_de_la_Familledémantèlement de la famille est une nécessité pour la droite ultra-libérale, nonobstant toutes les coquecigrues de Nadine Morano, secrétaire d'Etat en charge de la Famille.

Dans cette logique étriquée, inhumaine, antisociale et du court terme, la famille en tant que telle, devient improductive, non rentable voire coûteuse en regard du budget de l'Etat, gravement creusé par la politique économique inique et inefficace menée conformément au programme de Nicolas Sarkozy.

La nécessité de la dislocation de la famille apparaît enfin clairement, puisque la "famille de facture bourgeoise" n'est plus une garantie pour l'ordre social établi. Transformer chacun des membres de la famille en un consommateur ou un travailleur potentiel, au premier chef les enfants et les "adolescents" et en dernier lieu les grands-parents, est le but non avoué d'une part du bras armé de la société de masse de consom-munication: la publicité et d'autre part de la politique de remise en cause des retraires.

B_b__consommateurL'érection des enfants au grade de consommateurs est ainsi la cause de multiples conflits intra-familiaux, phénomène très concret que la simple observation des disputes entre enfants et parents dans ce rituel que sont devenues "les courses" vient confirmer. L'effondrement de l'autorité parentale, censée mettre à l'abri des tentations sans limites de la société de consommation, en est l'une des conséquences les plus gravissimes dans un pays auquel son président a promis une "politique de civilisation" ou encore la "restauration de l'autorité parentale".

La suppression des allocations familiales serait l'idéal à atteindre, si les risques d'anomie qu'une telle mesure Allocations_familialesimpliquerait n'étaient pas si grands. Quoi qu'il arrive, à court terme, les familles nombreuses modestes n'ayant pas les moyens d'épargner, elles continueront à consommer, selon la logique froide des hérauts de l'ultra-libéralisme.

Carte_de_r_duction_familles_nombreuses_SNCFL'autre conséquence d'une politique anti-familiale serait d'accélérer la démolition du système de solidarité nationale français, une diminution de la natalité entraînant à long terme l'assèchement des caisses de retraites comme de toutes les rentrées d'argent que permet une authentique politique familiale. La privatisation de tous les système d'aides, la mort annoncée de la retraire par répartition apparaîtraient alors comme la seule solution.

Couple_de_personnes__g_sS'agissant des personnes âgées, on retiendra de la politique sarkozienne qu'il s'agit, d'abord de faire stagner leurs La_retraire_des_salari_s_et_la_s_curit__socialeretraites - avec une revalorisation de seulement 1,1 % pour janvier 2008, trahison d'une promesse de campagne d'augmentation de 25 % - doublée d'une volonté de les faire travailler le plus tard possible, en repoussant toujours plus l'âge légal de la retraite ou en trouvant les moyens de les faire travailler encore - toujours au nom du sacro-saint "gagner plus ".

Manifestations_pour_les_retraites_le_29_mars_2008

Le 29 mars 2008, des milliers de retraités ont manifesté dans toute la France pour défendre l'âge légal de la retraite à 60 ans et pour rappeler à Nicolas Sarkozy sa promesse de campagne d'augementation de 25 % des petites retraites. Jobards de l'actuel président de la République, ils avaient, selon les analyses électorales, massivement voté pour lui...

Ségolène : la politique improvisée de Sarko
Vidéo envoyée par Ptite_Mule

Fin janvier 2008, Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à la présidentielle, dénonçait la politique sarkozienne en matière d'éducation et revenait également sur la trahison du président de sa promesse de campagne de revaloriser de 25 % les petites retraites.

La tendance à la recomposition des familles grâce au rôle accru et renouvelé des grands-parents est donc brutalement mise à mal. La nouvelle cellule familiale s'en trouvant encore fragilisée.

En attendant, dans une conjoncture plus que mauvaise, où les familles, les foyers ou les ménages modestes - peu importe le nombre d'individus concernés - subissent de plein fouet la hausse des prix, la cohérence de la politique sarkozienne affleure à travers les diverses pistes étudiées pour soi-disant assainir la dépense publique:

  • suppression de la carte de réduction pour les transports des familles nombreuses annoncée le ... par Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, concerne plus de 3 millions de personnes

Carte famille nombreuse : la polémique
Vidéo envoyée par Ptite_Mule

  • relèvement du plafond des ressources de 10 % pour l'accession au parc locatif social et diminution des aides au logement (APL) qui soulagent nombre de Français ou leur permettent tout simplement de se loger et de ne pas basculer dans la rue:

Reforme-ou-rigueur-pour-le-logement-social
Vidéo envoyée par impots-utiles

  • déremboursement des soins dentaires et optiques par l'Assurance maladie, lesquels concernent 1 Français sur 2 et notamment les jeunes enfants, annoncée par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports et et de la Vie associative, "mère" des franchises médicales, première étape de la privatisation de la Sécurité sociale, le 13 avril 2008:

R. Bachelot : pression sur les lunettes
Vidéo envoyée par Ptite_Mule

  • diminution drastique des allocations familiales: dans un projet de décret, au 1er mai 2008, on apprenait que "l'âge à partir duquel les enfants ouvrent droit à la majoration des allocations familiales est fixé à quatorze ans", au lieu de onze ans jusqu'à présent. Plus de 4,5 millions de familles de deux enfants ou plus sont concernées car elles perdront entre le onzième et le quatorzième anniversaire près de 600 euros.

Sur ce sujet, on notera d'ailleurs que c'est un discret décret qui a tranché.

Pourtant, le 7 novembre 2007, l'actuel ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité, Xavier Bertrand avait promis l'inverse, dans l'enceinte de l'Assemblée nationale:

"Si on dit la vérité [...] rien, rien ne sera changé pour les familles qui touchent aujourd'hui cette allocation familiale dès 11 ans."

Question d'actualité au gouvernement du 7 novembre 07
Vidéo envoyée par herveferon

Les affirmations d'un ministre de la République, devant la représentation parlementaire, sur le maintien tel quel voire l'amélioration des allocations familiales, sont aujourd'hui discrètement enterrées par décret... Immoralité politique, quand tu nous tiens!

Thatcher_pour_la_FranceLe problème de ce gouvernement n'est pas tant la cohérence ou la solidarité gouvernementale, M_moires_de_Margaret_Thatcherprincipes battus en brèche dès l'annonce de l'"ouverture-imposture", mais l'immoralisme discursif et la lâcheté politique. Pourquoi ne pas assumer le caractère thatchérien d'une politique qui, rigueur ou pas rigueur, crise économique mondiale ou non, était contenue dans le programme du candidat Nicolas Sarkozy.

Margaret Thatcher, dans ses Mémoires, 10 Downing Street: écrivit ces quelques lignes, qui ont le mérite d'être claires:

"Nous visions une nouvelle politique de l'aide sociale: rompre la dépendance visà-vis de l'Etat et encourager l'autonomie, utiliser au mieux les ressources des organisations bénévoles comme l'Armée du Salut."

Assurance_maladieArm_e_du_Salut

Les bénévoles appelés à calfeutrer les brèches entamées dans les politiques sociales?

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Le débat lancinant ces dernières années sur le "modèle social français" est donc clos. Il est au mieux dans le coma jusqu'en 2012, au pire définitivement mort et enterré, principes et politiques compris.

Les débats fumeux sur la cacophonie communicationnelle du gouvernement cache mal la cohérence d'une politique de démolition de l'ensemble du pacte social républicain. L'art. 1er de la Constitution, qui pose que "la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale" tombera-t-il bientôt en désuétude?

Les discours compassionnels de tel ou tel ministre, la glorification par Nicolas Sarkozy ou Rachida Dati des dites "victimes" dissimulent assez mal l'escroquerie fondamentale et originelle d'une vision ultra-libérale du monde et des communautés humaines, dévoyant et aveulissant tous les principes élémentaires d'humanité.

Philosophiquement parlant, la contradiction entre le libéralisme économique et la civilisation républicaine est patent dès l'origine.

Nous avons vu que la droite ultra-libérale avait consciencieusement aboli la propriété privée tout en prétendant, au nom du conservatisme dont elle se prévalait, la "démocratiser".

Aujourd'hui en France, la politique sarkozienne s'attaque aux familles, feu pré carré d'une certaine droite, et ce par tous les côtés. Tout en injuriant le passé, elle insulte désormais l'avenir, le tout pour réparer de grossières erreurs de gestion économique - le paquet fiscal notamment. Car à s'attaquer aux familles, des enfants aux personnes âgées, on prépare un avenir des plus sombres pour nos successeurs. La politique de démantèlement de l'école de la République va d'ailleurs dans ce sens.

Autorité, parentalité, solidarité, civilisation, culture, éducation, propriété, service public: autant de coquilles vides d'un discours qui cache mal la réalité d'une politique anti-sociale à rebours de l'histoire... Inauguration d'une société où les plus riches s'encanailleront sur le dos voûté, non seulement des plus pauvres, mais aussi des classes moyennes paupérisées...

31 janvier 2008

LE SCANDALE DE LA SOCIETE GENERALE ET L'ARGENT-FOU REHABILITE PAR Mme LAGARDE

5 milliards d'euros évaporés en toute discrétion à la Société Générale, alors que le pouvoir d'achat et le moral des ménages français ne cessent de se détériorer, alors que le prix des denrées alimentaires continue à augmenter, qu'une récession états-unienne voire mondiale menace... Est-ce cela la "réhabilitation de l'argent" prônée par la ministre ultra-libérale de l'Economie et des Finances de Nicolas Sarkozy, Christine Lagarde?

ALEXANDRE DUMAS

"Un capitaliste chagrin est comme les comètes,

il présage toujours quelque grand malheur au monde".

Le_comte_de_Monte_CristoAlexandre Dumas,

"Le comte de Monte-Cristo".

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Le 24 janvier 2008, la France découvrait ébahie que 5 milliards d'euros pouvaient s'évaporer depuis le bureau d'un trader de la plusPublicit__pour_la_Soci_t__G_n_rale grande banque française, la Société générale, sans que la direction de celle-ci ne s'en aperçoive.

Le boursicouteur en question, Jérome Kiervel, qui aurait donc engagé des transactions à perte, au détriment des actionnaires, n'est pourtant évidemment qu'un des symptômes d'un système bancaire, boursier et financier d'une irresponsabilité et d'une désinvolture inouïes.

L'affaire révèle en outre l'immoralité et l'inconscience propres au monde de "l'argent pour l'argent". Le courtier aujourd'hui poursuivi par la Justice explique qu'il n'avait qu'une idée en tête: "faire gagner de l'argent à sa banque". Il aurait, selon Le Monde, dit aux policiers: "J'ai vite été entraîné dans une spirale au sein de laquelle je me suis trouvé sans pouvoir m'en sortir". La spirale du "risquer plus pour gagner plus"...

Des_traders

Le monde des traders... Univers impitoyable de l'argent pour l'argent...

Car l'incriminé n'est pas le seul en cause. Un membre du Conseil d'administration de la Société Générale aurait vendu pour plus de 120 millions d'euros juste avant que le scandale n'éclate au grand jour. Ce qui s'apparenterait à un "délit d'initiés"...

Chute_en_boursePreuve qu'il s'agit bien d'un problème global de défaillance des systèmes de contrôles et de surveillance des transactions, toléré lorsque les profits sont au rendez-vous, les économistes Elie Cohen ou Marc Touati estiment que la thèse de la responsabilité d'une seule personne ne tient vraisemblablement pas.

Le premier d'expliquer que dissimuler "des pertes devenues rapidement colossales [...] semble un peu gros", le second que "tous les gens qui travaillent dans des banques savent que, quand les pertes atteignent un certain niveau, on coupe les positions" et que "des pertes peuvent atteindre 100-200 milliards d'euros", mais que "5 milliards, c'est impossible".

En outre, les précédents ne manquent pas, telle la faillite de la banque britannique Barings, en 1995, imputée elle aussi à l'époque à un seul mot.

Il ne s'agit pas des "dérives du capitalisme financier" ni de la folie d'un trader déséquilibré maisPouvoir_d_achat simplement de son miroir inversé. Tout est permis quand on spécule et qu'on gagne des milliards, tout devient embarrassant quand on en perd. C'est la loi du marché qui prime, comme l'ont voulu les libéraux depuis des années en Europe, en réduisant à néant le rôle des autorités publiques.

La confusion entre les deux missions d'une banque: recueillir les dépôts des particuliers et développer des activités boursières, avec les prises de risque que cela comprend, est désormais dénoncée comme un problème éthique inhérent au capitalisme financier.

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Christine_LagardeAu-delà, un soupçon a pesé un temps sur la "grande argentière" de l'entreprise sarkozienne France, la ministre de l'Economie et des Finances, Christine Lagarde, élue "plus mauvaise ministre de l'Economie de la zone Euro" par le Financial Times, fin 2007.

Selon la radio Europe 1, cette dernière aurait été informée dès le 20 janvier de l'affaire, en même temps que le gouverneur de la Banque de France et le président de l'Autorité des marchés financiers mais n'en aurait rien dit, ni au Président ni au Premier ministre. Démenti formel de l'intéressée, connue, hélas pour elle, pour ses gaffes à répétition comme pour l'inefficacité des mesures qu'elle a mises en place, dont le désastreux paquet fiscal.

Que pense celle-ci de cet argent-fou?

Pour rappel, à l'été 2007, missionnée par l'ancien avocat d'affaires, maire de Neuilly-sur-Seine et président de la République, Nicolas Sarkozy, elle justifiait. devant des patrons puis à l'Assemblée nationale, les cadeaux fiscaux de 15 milliards d'euros accordés à une minorité fortunée -dans le cadre d'une loi censée favoriser le pouvoir d'achat (sic). Voilà la "philosophie" de Mme Lagarde, en deux phrases, qu'il faut bien relire à l'aune de l'affaire de la Société Générale:

  • "désinhiber la France, réhabiliter le succès et son corollaire, l’argent".

  • "Il n’y rien de honteux à vouloir gagner plus d’argent. Cessons d’être aussi pudiques".

Que fallait-il entendre par l'épithète "pudiques" s'agissant des relations à l'argent? Du latin pudos, "pudeur" signifie, selon le Larousse: "retenue qui empêche de dire ou de faire ce qui peut blesser la décence". La question est donc de savoir si le fonctionnement actuel des banques, l'absence de clarification entre leurs différentes missions, entre la part d'économie réelle -qui touche tous les clients, des plus modestes aux plus fortunés- et la part croissante de l'économie fiduciaire -qui concerne notamment les traders et les actionnaires-, et enfin si les failles intrinsèques à cet énorme montage à l'échelle mondiale que constitue le capitalisme financier dérégulé n'ont pas quelque chose d'"indécent" pour cette femme qui a en charge l'économie du pays.

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5 milliards d'euros évaporés quand le moral des ménages françcais n'a jamais été aussi bas depuis 1987, quand le prix des denrées de première nécessité s'envole, quand la presse étale les frasques de milliardaires du président de la République et de certains des ministres, n'y a-il là rien d'indécent?

Des affaires comme celle de la Société Générale, si les pouvoirs publics et les institutions bancaires concernées n'y réfléchissent pas, il y en aura d'autres. Au lieu de prêcher la "réhabilitation de l'argent", Mme Lagarde ferait bien d'inviter tout ce petit monde à une réflexion critique sur les riques que fait peser sur nos sociétés un capitalisme financier sans foi ni loi.

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Pour paraphraser Alexandre Dumas, on pourrait dire qu'aujourd'hui ce "capitalisme chagrin annonce certainement de grands malheurs pour le monde". La crise de l'immobilier aux Etats-Unis a déjà mis à la rue quantité de familles, dans l'incapacité de rembourser leurs crédits. Mondialisation financière oblige, toutes les places boursières ont été contaminées par les conséquences de la crise des subprimes.

On ne demandera pas au pouvoir en place de renverser le capitalisme, soit... Mais à l'immoralité de tout ce système, désormais largement déconnecté de la réalité humaine, sauf quand il y retourne pour la détruire, il serait temps que le politique réponde. Que le souci de la "chose publique" prime enfin sur les intérêts particuliers de telle ou telle banque irresponsable. Il y a des gens qui veulent vivre sous un toit et d'autres qui les en empêchent à force de courir après le profit.

Hélas, la difficulté pour la France, c'est qu'elle est dirigée par d'anciens avocats d'affaires, tel ce président Sarkozy, qui fraîchement élu, jubilait en disant aux grands patrons "sortez votre Rolex"... Ou encore par des ultra-libéraux sans scrupules, telle cette ministre de l'Economie, Mme Lagarde, qui confond la gestion d'une banque avec celle d'un pays...

Faudra-t-il attendre qu'une "comète" s'abatte brutalement sur nos têtes? Et encore, si tel était le cas, lequels s'en sortiraient? Toujours les mêmes assurément.

En attendant, un peu de pudeur, ne vous en déplaise, Madame Lagarde...

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DE GAULLE FUSTIGEAIT LES "POSSEDANTS", M. SARKOZY, AMI DES FRAUDEURS PRESUMES D’EADS, CAJOLE LES PLUS PUISSANTS D’ENTRE EUX

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DE LA MAIRIE DE NEUILLY AU PALAIS DE L'ELYSEE

L'HOMME N'EST PAS UN LOUP POUR L'HOMME

LA REPUBLIQUE CONTRE LES EMPREREURS D'ARGENT

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NI L'ARGENT NI LE GAIN NE FONT L'HUMANITE, M. SARKOZY

27 octobre 2007

LES "PEOPLE" AU POUVOIR SOUS LA PRESIDENCE SARKOZY... LE CAS DE RACHIDA DATI

Le président Sarkozy, ancien maire de Neuilly-sur-Seine, "ville-ghetto" pour les plus fortunés, ancien avocat d'affaires, dont le propre frère est connu à Wall Street pour ses frasques et son train de vie dément, ami des vedettes et des plus gros patrons, a fait basculer le sommet de l'Etat républicain dans le monde de la jet-set, des "pipoles" et des plus riches... Sur le fond comme sur la forme, à l'Elysée comme au gouvernement, la dignité des fonctions politiques s'en trouve largement entamée...

ARISTOTEAristote

                      "La communauté formée par la cité

                   a pour fin les belles actions,

                         et non pas seulement la vie en société.

                        Et c'est pourquoi tous ceux qui sont

susceptibles d'apporter le plus à la

     communauté ainsi conçue ont une part

  plus grande à prendre dans la vie de

   la cité que ceux qui [...] l'emportent

   en richesse mais le cèdent en vertu".

La_PolitiqueAristote,

"La Politique".

                                                                                _______

LA SEPARATION DU POLITIQUE ET DU SHOW-BUSINESS, UN ENJEU DE LAICITE:

Le politique, depuis l'Antiquité grecque est centré sur la vie de la Cité, et, Nicolas_Sarkozy_et_Johny_Hallydaydepuis la Rome antique sur le primat de la "chose publique" et de l'Etat, des magistrats et du peuple.

Le "monde des artistes" et le "star system", depuis la Vienne finissante et Hollywood, forment le monde fermé et aliéné des "génies", des "personnalités", des stars et des vedettes, focalisé sur l'image de leurs émois, de leur vie privée, intime, affective voire sexuelle.

La confusion des deux ordres, de la politique comme souci de la "chose publique", et du show-business, mis en scène par la société de consommation de l'image, symbolisant l'argent et l'opulence inaccessibles au peuple, est devenue la marque de fabrique et de vente de la présidence Sarkozy.

Des_dollars

Sur fond de collusion avec le grand patronat mondialisé, il faut analyser ce phénomène politiquement, sans se contenter de déplorer la vulgarité envahissant et abaissant les fonctions d'Etat les plus hautes. Car il s'agit évidemment de la victoire d'un nouvel idéal, tournant autour de l'étalement des signes extérieurs de richesse, de l'affichage au Forum de la vie privée, du règne de l'image dans une civilisation où l'écrit, la raison et le politique reculent à grands pas.

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LA PRESIDENCE SARKOZY SOUS LE SIGNE DU SHOW-BUSINESS:

Nicolas_Sarkozy_en_vedette_am_ricaineOn pourrait évoquer ici le séjour à Malte de Nicolas Sarkozy, juste avant sa prise de fonction, sur le yacht prêté par unCaricature_du_couple_pr_sidentiel_pipolis_ ami multimillionnaire, la composition d'un gouvernement selon des critères médiatiques, un "gouvernement de Mickey" estimait le journaliste Eric Zemmour, les affinités électives du nouveau président avec des grands patrons peu srupuleux de la chose publique, les premières vacances présidentielles aux Etats-Unis d'Amérique, dans une villa pour milliardaires, la mise en scène du divorce des Sarkozy et bien d'autres péripéties.

Le tout inspirant volontiers et à juste titre les caricaturistes de tous poils!

              Le_jogging_de_la_chanteuse_am_ricaine_Madonna               Le_jogging_du_pr_sident_de_la_R_publique_fran_aise

Le jogging ou le footing, preuves par l'image du culte du corps et de la force physique, de la vitalité et du dynamisme, pratiqués en public par les stars américaines, telle Madonna, et désormais par le président de la République française, Nicolas Sarkozy... 

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Certains trouveront qu'il est plutôt rafraîchissant d'observer des responsables politiques, des femmes et des hommes d'Etat afficher cette désinvolture et ce "naturel" dans les magazines d'ordinaire destinés aux vedettes et toujours voués à vendre plus de papier, à faire plus de profit. Confondant la fonction et la personne, le "corps mystique" ou plutôt "symbolique" du "corps physique", ils se réjouiront de ce que les dirigeants politiques se targuent d'avoir une "vie privée", comme tout un chacun...

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LES LIMITES DE LA "PIPOLISATION" DU POLITIQUE, LE CAS RACHIDA DATI:

Rachida_et_NicolasPourtant, les limites de cette vision confusionnelle des choses apparaissent clairement Paris__grand_escalier_du_Palais_de_justice__8_septembre_2006avec le cas Rachida Dati, actuel ministre de la Justice. Première femme issue de l'immigration maghrébine à occuper ce poste, elle y fut nommée par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, non pas pour ses compétences ou son cursus, mais pour l'image qu'elle véhiculait.

A ce propos, l'hebdomadaire L'Express affirme, en cet automne 2007, que Rachida Dati aurait menti sur ses diplômes, précisément sur celui qui lui avait permis d'intégrer sur dossier l'Ecole normale de la magistrature.

Or, il se trouve que la fonction qu'elle occupe aujourd'hui est l'une des plus symboliques, l'une des plus lourdes et l'une des plus solennelles de tout gouvernement de la République. Elle exige évidemment de son dépositaire une exemplarité et une probité sans failles.

La Justice, dans le domaine pénal, a maille à partir avec la prison, la détention, impliquant des décisions qui influeront sur la vie d'êtres humains. Il s'agit parfois de la misère humaine la plus terrifiante. La privation de liberté est une décision gravissime et les conditions de la détention ont à voir avec la dignité humaine et les droits de l'homme. Le témoignage suppose une haute conception de la sincérité et de la vérité... Le jugement une impartialité et une sagesse maximales...

Prisonnier_fran_ais   Prison_en_france  Prison_fran_aise

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C'est là tout le problème: Mme Dati ne semble pas disposée à incarner ces principes. La presse nous avait d'abord conté l'histoire convenue d'une pauvre gamine de Rachida_Dati__couveture_du_Nouvel_Observateurbanlieue provinciale, arrivant aux plus hautes responsabilités. C'était au moment de sa nomination.

Mais alors que Rachida Dati était entrée en fonction, que ses réformes étaient mises en branle, celle-ci choisissait de se montrer aux côtés du président, dans les tribunes des stades lors de matches de rugby, au gala de l'anniversaire de Christian Dior, dans les pages people de Paris-Match ou encore dans une émission populaire mettant en scène son intimité, familiale notamment.

Rachida_Dati_au_soixanti_me_anniversaire_de_Christian_Dior_en_2007Une femme "parvenue", amie intime de Cécilia Sarkozy, à l'aise dans le milieu des grosses fortunes et des "nouveaux riches" chère à cette dernière, se pavanant en robe de soirée Christian Dior, étalant aux yeux de tous un comportement et des fréquentations peu compatibles avec l'exercice et surtout la représentation du ministère de la Justice et du service public de la Justice, dont l'égalité d'accès est l'un des fondements... Cette image-là venait télescoper la garde des Sceaux qu'elle était devenue.

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Philippe_BilgerSur cette question, qui s'ajoute à des déclarations d'une maladresse inégalée de la ministre, à All_gorie_de_la_Justicedes réformes selon nous contraires à l'esprit du droit français voire à la séparation des pouvoirs, le couperet est tombé récemment des mains de Philippe Bilger, avocat général près la cour d'appel de Paris.

Dans une lettre ouverte, adressée à Rachida Dati, le 4 octobre 2007, postée sur son blog, ce magistrat, pourtant en accord avec le fond de la politique menée, fustige le comportement de celle-ci, lui rappelant les devoirs qui s'attachent à sa charge:

"Il est manifeste que si vous administrez le service public de la justice, si, d'une certaine manière, vous nous gouvernez, vous nous représentez aussi".

DiamantsPhilippe Bilger la met donc en garde contre la tentation de l'argent et des paillettes qui vaManifestations_d_avocats_contre_la_r_forme_de_Rachida_Dati à l'encontre de tous les principes régissant l'activité des magistrats et des juges:

"Vos apparitions sur la scène mondaine médiatisée. Il y a quelques jours, j'ai parcouru Point de vue et je vous ai vue. Pour ne rien vous cacher, mon premier sentiment fut d'étonnement. [...] Bernard Arnault donnait un dîner historique pour les 60 ans de Dior. Apparemment, la fête fut superbe et vous portiez une très belle robe longue".

Dénonçant aussi "cette immense part de mondanité et de publicité qui vous voit conviée en qualité de garde des Sceaux et offre une illustration de votre personnalité dans laquelle nous sommes évidemment partie prenante".

People_jet_set_2Philippe Bilger de fustiger "une vision clinquante, superficielle et ostensible [de votre vie La_balance_de_la_Justicemondaine médiatisée]" pour rappeler à la ministre que "votre fonction rend sans doute plus éclatant le hiatus entre le sérieux, la rigueur de la fonction et la futilité de ces manifestations où tout coule et se montre en surabondance".

Après ces rappels, après l'évocation du fossé existant entre la réalité de la Justice en oeuvre au service de tous avec la vie rêvée des jet-setters parisiens, cette question, d'une haute gravité:

"Les contentieux de luxe et les instances de pauvreté, cet immense et contrasté paysage judiciaire n'est-il pas, avec son intensité dramatique, trop lourd pour pouvoir supporter un garde des Sceaux qui s'adonnerait, sous notre regard de professionnels et de citoyens, à des incursions festives sans commune mesure avec la grandeur de sa charge et l'honneur de son métier?".

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Frasques_d_un_milliardaireMais Philippe Bilger ne s'arrête pas aux faits et interroge les principes qui se cachent derrière, faisant retour sur la D_tennu_menott_conception même de la Cité dont tout garde des Sceaux a le devoir de garantir la cohérence, l'ordre et la justice.

La séparation "laïque" entre le politique d'une part et l'économique d'autre part doit être préservée. Lointain écho à la disctinction émise il y a des siècles par Aristote lui-même, entre ceux qui servent la communauté faisant Cité, avec "vertu" et en menant de "belles actions" et ceux qui n'ont en tête que la "vie en société", désireux de l'emporter par "les richesses" accumulées.

Bilger d'enjoindre Rachida Dati de prendre ses distances avec une jet-set coupée du peuple au nom duquel et pour lequel la justice doit être rendue:

"Certes vous avez été magistrat mais vous connaissez et admirez les entrepreneurs, vous raffolez sans doute de l'esprit d'entreprise". [...] Reconnaissez qu'il y a dans le luxe massif quelque chose qui gêne, que la vulgarité suinte même des gens de distinction quand on a l'impression qu'ils ignorent ou méprisent ce qui se passe de l'autre côté de la rue, de la vie".

Limousine               Pauvret__en_France

Situation inouïe, cocace ou tragique c'est selon, un magistrat bien intentionné, met respectueusement en garde son ministre face aux "pièges qu'induisent les fascinations de la modernité, du luxe et de la modernité"...

C'est peu dire de l'opinion que celui-ci s'est forgée de Rachida Dati...

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Comment combattre une telle dérive? La difficulté vient de ce que, comme "l'exception française" est mise à mort par l'adoption sarkozienne des pseudo-valeurs de la société de masse des travailleurs-consommateurs, l'exception politique de la Cité aristotélicienne est abolie par le primat mondial accordé à l'économique et à la finance.

De nouveaux idéaux envahissent la psyché contemporaine, en faisant appel aux instincts les plus vils de l'humanité: l'image narcissique de soi, l'étalage du luxe, le besoin de possession, la consommation sans fin... Et les plus pauvres, les plus démunis, si ces pseudo-valeurs s'imposaient définitivement, n'auraient plus qu'à rêver et à être fascinés par leurs représentants, cette nouvelle espèce d'hommes et de femmes, omniprésents depuis des décennies dans les télévisions, au cinéma ou encore dans la publicité.

Dallas__l_argent_roi_r_v__des_masses Dynastie_ou_les__mois_des_milliardaires_r_v_s_par_les_masses Amour__gloire_et_beaut___faire_r_ver_les_masses

"Dallas", "Dynastie", "Amour, gloire et beauté": des séries diffusées mondialement, avec l'objectif avoué de montrer à tous que "même les milliardaires ont la vie dure", "des sentiments", "des déboires sentimentaux", des difficultés... Faire rêver les masses, leur octroyer une part télévisuelle quotidienne de "fric" et de paillettes, tout en leur offrant le miroir de leurs propres "épreuves" sentimentales et pseudo-existentielles...

La laïcité, comprise comme séparation des ordres, ici économico-financier et politique, est donc frappée de plein fouet. Le mot même de "liberté" est perverti et identifié à la liberté de consommer et de travailler pour-pouvoir-consommer.

Résister à cela, garder une distance critique -au sens premier du terme- face à la marche du monde impliquerait que nos responsables politiques aient un minimum de culture proprement politique. Qu'au moins quelques-uns des fondamentaux de notre héritage gréco-romain et humaniste aient une signification pour eux, en leur for intérieur.

Ce n'est manifestement pas le cas. Le phénomène Rachida Dati, garde des Sceaux "people", n'est en fait qu'un appendice de cette faillite générale de la pensée politique française et bien au-delà. Forte du soutien "affectif" du président Sarkozy, lui-même inculte et fier de l'être, dont la carrière politique a démarré dans la ville-ghetto pour riches qu'est Neuilly-sur-Seine, dont la formation est celle d'un avocat d'affaires, Mme Dati peut participer pleinement de cette faillite.

Mieux même, partie de peu ou de rien, d'origine sociale défavorisée et maghrébine, Rachida Dati boucle la boucle. Elle cristallise à elle seule l'alliance relevée par Hannah Arendt entre "la foule et le capital", à l'époque du capitalisme triomphant du XIXe siècle finissant, cette fascination des bourgeois d'argent pour le caniveau, et réciproquement. "Parvenue", elle est l'illustration de la victoire totale, jusque parmi les immigrés et les défavorisés, des idéaux anti-politiques et amoraux de la société des faux-semblants, de l'accumulation et de l'étalage des richesses...

Dynastie
Vidéo envoyée par GREG1205

La "vie rêvée" des masses ou le lavage des cerveaux à l'échelle planétaire et durant des décennies, ici la série-culte Dynastie

Le détricotage de toute la culture politique européenne, de cette tradition souvent malmenée et pervertie, mais à laquelle on demeurait attachés notamment en France, et dont Aristote avait été l'une des pièces maîtresses, a de beaux jours devant lui... Sous la présidence Sarkozy en tout cas...

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17 septembre 2007

Mme DATI INVENTE LE PRINCIPE DE LA "DEPENDANCE DE LA JUSTICE" : LES PEINES-PLANCHERS

Typique de l'ultralibéralisme, le mépris pour le droit -social évidemment mais, de façon moins évidente, constitutionnel- règne désormais au plus haut niveau de l'Etat et même au ministère de la Justice... Les inquiétudes, manifestées par de nombreux magistrats mais aussi par l'organe constitutionnel qu'est le Conseil supérieur de la magistrature, relatives au non-respect du principe républicain et constitutionnel de "séparation des pouvoirs" et d'indépendance de l'autorité judiciaire paraissent de plus en plus fondées...

MONTESQUIEUStatue_de_Montesquieu___Bordeaux

              "Tout serait perdu, si le même homme ou le même corps des principaux, ou des nobles, ou du peuple, exerçaient ces trois pouvoirs : celui de faire des lois, celui d'exécuter les résolutions publiques et celui de juger les crimes ou les différends des particuliers."      

De_l_esprit_des_lois_de_MontesquieuMontesquieu,

De l'esprit des lois, Livre XI, chapitre VI.

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La ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Mme Rachida Dati avait récemment fait adopter par le Parlement un projet de loi contre la récidive des mineurs qui instaurait une peine-plancher et limitait de fait le pouvoir d'appréciation des juges en autorisant le principe de l'automacité des peines, sur le modèle de la justice de certains états américains.

La violation du principe constitutionnel d'indépendance de l'Autorité judiciaire comme du rôle impartial des juges était patente...

Portelli Peine plancher
Vidéo envoyée par AMIOSIS

En outre, un vice-procureur de la République de Nancy avait été convoqué et tancé le 29 août 2007 par la ministre pour avoir usé de son droit à la liberté de parole en audience -tradition jusque là incontestée- et critiqué cette loi.

Les magistrats ont donc dû rappeler à Mme Dati l'adage qui veut que "la plume est serve, la parole est libre"... Mais peut-être la ministre ne le connaissait-elle pas? Un magistrat, Mme Dati, a donc, jusqu'ici, dans le cadre d'un Etat de droit républicain, le droit de commenter la loi mais certes le devoir de l'appliquer.

La multiplication des démissions ou congédiements au cabinet de la ministre ne nous intéresseront pas ici, même Rachida_Dati__Garde_des_Sceauxs'ils semblent être révélateurs d'un certain malaise à la Chancellerie. C'est plutôt cette déclaration, délirante dans la bouche d'un Garde des Sceaux, prononcée par elle le 3 septembre 2007 sur la télévision française, qui doit nous aleter:

" [...] La légitimité suprême, c'est celle des Français qui ont élu Nicolas Sarkozy pour restaurer l'autorité. Les magistrats rendent la justice au nom de cette légitimité suprême".

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Cette affirmation est extrêment grave. Elle contrevient d'abord au principe acquis de la "séparation des pouvoirs", exécutif, législatif et judiciaire, dont on attribue la paternité au mieux, l'intuition au minimum à Montesquieu, et, ce faisant, à toute la philosophie des Lumières ayant inspiré l'équilibre des pouvoirs au sein de la République et de la démocratie françaises.

Palais_de_Justice_de_Domfront

Façade du palais de Justice de la République -et non du Président (sic), de Domfront

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Costumes_avocat_et_magistratAucun magistrat ne rend la justice "au nom" de la "légitimité suprême" de quelque Président que ce soit, mais au nom du peuple français, il n'existe pas de "procureur du président" comme il existait des "procureurs du roi", mais des procureurs de la République...

Une telle confusion met donc en plus en péril l'émancipation de la Justice de la tutelle du pouvoir politique ainsi que le principe consitutionnel de "l'indépendance de l'autorité judiciaire" qui en est le produit historique. En troisième lieu, le remplacement du terme peuple par la formule "les Français qui ont élu Nicolas Sarkozy" frise le ridicule dans la bouche d'un ministre.

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Si Mme Dati n'a jamais lu Montesquieu, qui était soucieux de ce que "pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir" (Livre XI, chapitre IV), espérons qu'elle se penchera d'abord sur la Loi constitutionnelle du 3 juin 1958 qui pose en son Article unique que:

"4° -L'autorité judiciaire doit demeurer indépendante pour être à même d'assurer le respect des libertés essentielles telles qu'elles sont définies dans le préambule de la Constitution de 1946 et par la Déclaration des droits de l'homme à laquelle il se réfère [...]".

Constitution_lac_r_e

De là, peut-être pourra-t-elle relire la Constitution du 4 octobre 1958 qui décrète en son Titre VII, De l'autorité judiciaire, Art. 64, que :

"-Le président de la République est garant de l'indépendance judiciaire".

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La dérive étant gravissime, le Conseil supérieur de la magistrature -qui assiste le Président de la République en tant que "garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire (art. 64 de la Constitution)- a donc demandé audience le 7 septembre 2007 Justiceauprès de la ministre "pour faire le point" sur d'une part la question de la liberté de parole des magistrats et certainement d'autre part pour obtenir des éclaircissements sur la vision de l'organisation des pouvoirs qui est celle de la Garde des Sceaux? mais aussi probablement du Président Sarkozy, garant constitutionnellement désigné de "l'indépendance de l'autorité judiciaire".

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"C'est une conception totalement monarchiste de la séparation des pouvoirs" a déploré Laurent Bedouet, secrétaire général de l'Union syndicale de la magistrature. Mais encore, la réflexion, au regard de l'histoire de France, est modérée.

Car la monarchie dut s'affronter durant des siècles au pouvoir des Parlements, et si notre Garde des R_volutionnaire_en_1792Sceaux actuelle connaissait les origines de la Révolution française, elle saurait qu'y figurent la haute idée que se faisaient les Parlements d'eux-mêmes et leurs multiples conflits avec Louis XV puis Louis XVI.

On concèdera cependant à Mme Dati que la Justice royale et le rôle des Parlements royaux avaient peu à voir avec la Justice de la République. Néanmoins, comme le rappelle l'historien Georges Soria dans sa Grande histoire de la Révolution française, "depuis 1756, [les Parlements] se considéraient comme "les anges tutélaires des peuples", et [qu'] ils s'intitulaient volontiers "tuteurs des rois", "pères de l'Etat"".

C'est pourquoi le roi recourait, pour faire passer en force des édits contestés au "lit de justice", cérémonie à laquelle on n'a pas encore vu un président de la République se prêter...

Lit_de_justice_tenu_par_Louis_XV_par_Dumesnil_Louis_Michel

Lit de justice de Louis XV en 1715

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En inventant le principe de "dépendance de la Justice", Mme Dati ne promeut donc pas même une vision monarchiste de l'Etat mais, osons le mot, une conception tyrannique de la Justice, concentrée avec les autres pouvoirs, dans les mains d'un "même homme", pour reprendre l'inquiétude de Montesquieu.

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Vous pouvez lire l'appel en ligne du:

-Syndicat de la Magistrature: "Contre le projet de loi sur les "peines-planchers et les mineurs récidivistes":

http://www.syndicat-magistrature.org/spip.php?article520

02 août 2007

LE BLOG DE FADELA AMARA : STADE SUPREME DE LA POLITIQUE-MARKETING -"démarchie"

Le blog de la Secrétaire d'Etat à la banlieue de M. Sarkozy, Mme Amara, témoigne emblématiquement de la stratégie politique de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine: la société est divisée en "communautés-marchés" et la politique ne doit plus consister dans le service de la "chose publique" mais dans la satisfaction, même virtuelle, de chacun de ces "marchés". A Mme Amara celui des dits "jeunes de banlieue"...

LEO STRAUSSL_o_Strauss

                               "Tandis que le noyau de la démocratie

                    libérale est

l'individu doté de conscience, le noyau de

            l'égalitarisme permissif est l'individu

avec ses besoins pressants [...].

[Le concept de culture] désignait "la" culture de l'esprit humain. [...]

Que veut donc dire aujourd'hui le mot culture?

En anthropologie et dans certaines parties

de la sociologie, le mot "culture" est toujours,

bien entendu, employé au pluriel, et de telle

manière que vous avez une culture des banlieues,

une culture des bandes de jeunes, non

délinquants et même délinquants".

Nihilisme_et_politiqueLéo Strauss,

"La crise de notre temps"

in "Nihilisme et politique".

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Mme Amara, récemment nommée secrétaire d’Etat chargée de la politique de la Ville par l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel Président Sarkozy, vient d’ouvrir un blog sur le réseau de la radio "rap/hip Fadela_Amarahop" Skyrock -"1er sur le rap"- intitulé, "Pour ma ville", adapté et réservé aux seuls dénommés "jeunes des banlieues", à côté d’un blog plus officiel, destiné à la population normale (sic !). Pâle copie de la tant décriée méthode participative à la Royal, cette démarche pose quelques questions graves sur notre société, notre culture et même notre civilisation.

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skyrockLe choix du réseau Skyrock doit nous interpeller car cette radio véhicule depuis des années, à travers un rap ultra-commercial, tous les stéréotypes des banlieues dites difficiles, d'une supposée culture hip hop, d'une révolte permanente et prétendument partagée par tous. Le tout dans l’ignorance d’une part de la diversité qui marque la Ville et les banlieues, d’autre part dans l’oubli du fait que ces quartiers sont partie intégrante du territoire de la République et que leurs habitants doivent être considérés comme des citoyens à part entière et égale.Au risque d'identifier tous les jeunes de banlieue aux fanatiques d'un rap vulgaire et commercial, parfois machiste, homophobe et xénophobe... Il ne faudrait pas oublier que le réseau des blogs de Skyrock a été un vecteur efficace de propagation des violences qui ont secoué la France en 2005.... offrant aux incendiaires et aux casseurs un moyen de communication inouï!

Emeutes_2005_Toulouse

Les trop fameuses émeutes de 2005, ayant débouché sur un couvre-feu inédit depuis la guerre d'Algérie!

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La question sous-jacente pourrait être posée comme suit: les "jeunes de banlieue" constituent-ils une population séparée, et, en conséquence, doivent-ils être l'objet d'une communication politique différenciée et d'une politique effective spécifique? Ou, au contraire tout ne doit-il pas être fait pour qu'ils soient enfin considérés comme des Français à part entière? Ce qui exigerait bien entendu des efforts immenses et une politique du long terme à l'inverse de celle qui est menée aujourd'hui...

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Blog_de_Fadela_Amara

Le fameux blog, dont voici le lien: http://pourmaville.skyrock.com/1.html

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En outre, le contenu même du blog, comme le ton utilisé par Mme Amara –tutoiement et langage pseudo-populaire- concordent étrangement avec ceux qu’emploient les grandes firmes publicitaires afin d’appâter des clients potentiels. Il faut leur plaire, leur ressembler, parler leur langage etc. Si l’on comprend l’efficacité de cesghetto méthodes marketing dans le domaine marchand, on peut craindre que politiquement celles-ci ne participent encore plus de la ghettoïsation des quartiers populaires. Le populisme de la publicité de masse accède ainsi au niveau le plus haut de l’Etat. Et de l’Etat-spectacle on tombe tranquillement dans le caniveau de l’Etat-marketing. Comme si l’image seule pouvait remplacer une réelle politique –à savoir celle de notre hyper-président.

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DDHSi l’utilisation de la toile peut être politiquement enrichissante, elle devrait toujours être régie par le souci du primat de la "chose publique", par celui de l’unité de la République et de ses territoires, enfin par l’élévation du débat et non par son adaptation aux besoins et aux demandes débridées d’une population stigmatisée –même subrepticement-, ici les dits "jeunes de banlieue".

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L’absence dans ce blog, destiné à la jeunesse supposée des banlieues, de toute pédagogie civique relative à la nature de la mission de la Secrétaire d’Etat et à ses moyens d’action, l’absence de toute définition de ce qu’est la politique de la Ville, les confusions entre ville, quartier, banlieue, équipements collectifs et commerciaux, l’usage de la langue orale, la confusion entre citoyens et simples résidents –on ne vote qu’à 18 ans !- font de cet outil une caricature d’exercice démocratique d’une démagogie inégalée.

Uz_s__cour_de_l_H_tel_de_Ville__juillet_2005

La cour de l'Hôtel de Ville d'Uzès, dans le Gard, siège du pouvoir municipal et l'un des

lieux clefs de la mise en oeuvre des politiques de la Ville, totalement absents du blog de la Secrétaire d'Etat

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Enfin, beaucoup des commentaires déposés sur ce blog par ses visiteurs sont édifiants :

            

-extrême jeunesse du public et brouillage générationnel

-textes truffés de fautes d’orthographes non corrigées et publiés telles quelles alors que l'illettrisme et l'analphabétisme sont des fléaux sociaux!

-demandes plus ludiques les unes que les autres à cent mille lieues de toute politique de la ville

-confusion sur la nature du blog et de son auteur –Mme Amara jouant le tutoiement, l’amitié et allant jusqu’à demander aux bloggeurs d’imaginer leur "quartier rêvé"

-alimentation du mythe de la télocratie –le pouvoir politique peut réaliser tous vos désirs etc.

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Jugez-en par vous-mêmes, cliquez sur : http://pourmaville.skyrock.com/1.html...

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De tout cela ne peut que découler une vision complètement folle de la politique de la Ville et un abaissementAppel_du_18_juin supplémentaire de la politique en général. Comme le disait en son temps Léo Strauss, la crise de la démocratie libérale, mais nous pourrions ajouter, l’enterrement de la République, commence lorsque prévalent les "besoins pressants" de l’individu, pente dont le blog de Mme Amara fournit un exemple effrayant. De même la culture politique se délite dès lors qu’on considère que les populations vivent séparément, parlent leur langage propre et partagent une culture fermée sur elle-même, ce dont témoigne on ne peut plus l’entreprise ridicule et irresponsable de la nouvelle Secrétaire d’Etat à la politique de la Ville…

"A tous les Français"....

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europe1_pub_1

Une nouvelle classe politique, enfin "adaptée" aux "réalités" de notre société...? Non ceci n'était qu'une publicité!

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Où s’arrêteront donc la démagogie et la dépolitisation de la République française ? Telle pourrait être la question à poser à notre actuel chef de l’Etat…

            

11 juillet 2007

L'ARGENT-ROI DE CERTAINS RAPPEURS, PLEBISCITE PAR LA MINISTRE ULTRA-LIBERALE DE L'ECONOMIE : CHRISTINE LAGARDE

Votre ministre de l’Economie, M. Sarkozy, appelle les rappeurs à la rescousse pour glorifier l’amour du fric. Tel est le rétablissement de la morale que vous avez appelé de vos voeux ? Tel est l'argument pour gratifier les classes les plus riches de ce pays de cadeaux fiscaux et de diverses mesures qui coûteront 15 milliards d'euros à la nation entière?

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STOMY BUGSY

« Tuer c'est comme porter

des chaussures serrées,

au début ça fait mal

après on est habitué.
Toujours en déplacement
Pas d'trace de paiement,

j'ai toujours préféré les billets à 3 chiffres
Avec la tête d'un coincé,

plutôt qu'un chéquier ».

Stomy_BugsyStomy Bugsy,

"Gangster d’amour".

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L’ancien maire de Neuilly-sur-Seine a gagné les présidentielles en partie sur une thématique violemment martelée: le “rétablissement des valeurs”.

Mais la triste vérité est que les valeurs ultralibérales sont incompatibles avec les principes humanistes qui fondent ce qu’on appelait la "Civilisation".

Opposer à la violence la parole, à la "loi de la jungle" le droit, à la "loi du plus fort" la solidarité, à l’anarchie la République et la démocratie, en définitive à la nature la culture. Tel est le long cheminement d’un humanisme fragile et toujours menacé, remis aujourd’hui en cause par le culte de l’argent qui marchandise tout -la femme notamment-, un individualisme et un narcissisme forcenés et une fascination perverse pour la violence et le sexe, toutes pseudo-valeurs inhérentes à la société de masse de consommation.

Lil_Kim

Lil Kim, rappeuse états-unienne, revendiquant son

statut de "salope" avide de sexe et de fric facile...

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devise_r_publiqueUn certain rap et une part de la sous-culture des gangs aux Etats-Unis comme des bandes de cités, composées selon M. Sarkozy de "racailles" qu’il faudrait "nettoyer au karcher", sont le miroir d'une société de masse de consommation qui a tourné le dos à cette civilisation qui tente de mettre les hommes et le citoyen au cœur du monde et de la politique. Leur fascination pour les mafias qui tuent pour de l'argent et leur caïds qui peuvent "s'acheter des meufs" est récurrente dans leurs paroles comme dans leurs clips vidéos.

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Aujourd’hui, c’est la ministre de l’Economie de M. Sarkozy, Mme Lagarde qui se vante, en tant qu’ultralibéraleChristine_Lagarde de partager ces mêmes valeurs anti-humanistes, immorales, qui abreuvent et aliènent une jeunesse tentée par la délinquance et la violence, comme seuls moyens de "s’en sortir".

Sans sourciller Mme Lagarde a ainsi osé déclarer le 8 juillet 2007, à Aix-en-Provence, qu'il fallait "disséquer les paroles des rappeurs français" pour comprendre l’objectif de sa politique qui sera de "réhabiliter l’argent" ( ?).

dollarsCette femme d’affaires fascinée par le grand capital états-unien, méconnaissant sans doute les ravages sociaux du développement du culte de la violence et de l’argent pour l’argent dans les "cités", a poursuivi sur la même voie lors de la présentation, à l’Assemblée nationale, le 10 juillet 2007, de son projet sur "le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat". Lequel consacrera 15 milliards d'euros annuels dont un "paquet fiscal" contenant des exonérations d'impôts offertes aux foyers les plus riches de France.

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D'expliquer qu’elle partageait le message des "chanteurs de R’n’B ou de rap qu’écoutent nos jeunes" et "dont les paroles sont symptomatiques du goût des jeunes pour la réussite et la victoire individuelle".

            

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50_cent         50_cent_2

Titre du film du rappeur états-unien 50 cent, "Réussir/ Devenir riche, ou mourir": tout un programme....

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Sont-ce là les "valeurs" que la nouvelle droite de M. Sarkozy compte promouvoir ? Qu’en est-il de la "chose publique", de la citoyenneté, de la fameuse devise de notre République.

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Hannah Arendt, a, dans L'Impérialisme, décrit l’immoralité politique de la bourgeoisie capitaliste et souligné son affinité avec les "bas-fonds" dans leur culte de l'argent, de la réussite égoïste comme dans leur commun mépris pour la "chose publique" et les insitutions "démocratiques". Aussi écrivait-elle:

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L_imp_rialisme

"Avant d’être sujets d’un monarque ou citoyens d’une république, les membres de la bourgeoisie étaient essentiellement des particuliers. Ce caractère essentiellement privé, allié au souci primordial de s’enrichir, avait crée un ensemble de modèles de comportement qui s’expriment dans tous ces proverbes -“le succès sourit au succès”, “la raison du plus fort est toujours la meilleure”, “qui veut la fin veut les moyens”, etc.- qui naissent fatalement de l’expérience d’une société de concurrence."

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Si Mme Lagarde partage ces points de vue sur le monde et les hommes, qu'elle quitte le gouvernement, les salons d'affaires luxueux et les palais dorés d'une République qu'elle méprise pour rejoindre un "gang de cités", histoire de vivre en lieu et temps réels ce qu'est "la loi du plus fort" et la pauvreté dans les quartiers déshérités de France... Ou qu'elle se lance dans le rap, pourquoi pas dans une reprise de la chanson "Gangster d'amour" dont les paroles lui conviendraient certainement. Plutôt que de tenir des discours d'une irresponsabilité navrante.

EmeuteBanlieue      Cit__HLM

Images de la réalité des banlieues, où la vie n'est pas si facile que veut bien

le dire Mme Lagarde, et pour cause, c'est un monde qu'elle ne fréquente peut-être

pas souvent...

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A chacun de bien comprendre quelle morale antipolitique est en train de s'imposer au sommet de l'Etat, au mépris de toute culture républicaine et humaniste... De bien saisir aussi que le projet de loi présenté par Mme Lagarde, coûtant près de 15 milliards au budget de l'Etat, sera favorable aux plus riches, au détriment des plus pauvres.

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