24 octobre 2009
RAMA YADE, NICOLAS SARKOZY ET LA "CAUSE DES NOIRS" : L"ARROSEUR ARROSE ?
Elle s'était engagée en politique pour défendre les "Noirs"... Elle avait accusé lors des municipales à Colombes son adversaire politique socialiste de "racisme" à son égard, sans la moindre preuve, aujourd'hui, Mme Yade change radicalement de posture. Opportunisme, compréhension enfin des bienfaits de la lutte contre l'ethnicisation du politique?
PIERRE-ANDRÉ TAGUIEFF
"En visant à légitimer l'emploi polémique du mot racisme hors des limites préconstituées par l'anthropologie raciale, on légitime par présupposition le découpage racial de l'humanité, on autorise la différenciation du genre humain en races présumées naturelles (origine) et scientifiquement distinctes (fait, fonctionnement)".
La force du préjugé,
"essai sur le racisme et ses doubles".
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Étonnante, Rama Yade...
Aujourd'hui, elle déclare qu'elle ne veut pas "être une parachutée ethnique", envoyée dans le Val-d'Oise, suite aux propos d'une élue UMP expliquant qu'elle y fera "couleur locale"...
Et pourtant, le 30 janvier 2008, elle expliquait lors du dîner du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), son engagement auprès de Nicolas Sarkozy pour la seule défense de la cause des Noirs : "ne serait-ce que par intérêt, y'a Ségolène Royal y'a Nicolas Sarkozy", "Sarkozy avait 50% de chances". [...] "Qu'est-ce qu'on fait [...] c'est fini pour les noirs" ; "pourquoi moi je suis rentrée dans le gouvernement", "parce je voulais pas avoir souffert pendant toute la campagne électorale et qu'après y'ait tout le monde y'a pas moi"...
Rama Yade
envoyé par Bondy_Blog. -
C'est que Rama Yade, non seulement se rangeait derrière le mieux placé, mais aussi derrière celui qui était favorable à l'adoption du modèle communautariste des États-Unis avec statistiques ethniques et discrimination positive : Nicolas Sarkozy.
Ainsi l'auteur de Noirs de France, les nouveaux Neg’marrons, récit d’un rendez-vous manqué entre la République et les Afro-antillais déclarait sur Even.fr, en mai 2007 :

"Il serait criminel de ne rien essayer sous prétexte que la discrimination positive, ce n’est pas dans la tradition républicaine" ou encore, "en réalité, il n’y a rien de plus républicain que la discrimination positive puisqu’on l’applique déjà aux personnes handicapées dans les entreprises et aux femmes pour les élection".
Le problème c'est précisément que le modèle de la politique "ethnique" aux États-Unis ou ailleurs est celui qui veut qu'à électeurs noirs il y ait élus noirs, en instaurant des quotas par la loi.
Elle disait s'être engagée avant tout pour les "Noirs" mais refuse d'assumer cette position face au suffrage universel...
Pire encore, à Colombes, en campagne pour les élections municipales sur la liste de l'UMP, Mme Yade avait
accusé, lors d'une réunion publique, la gauche d'être raciste.
Prétextant d'une ancienne polémique à Aubervilliers, sur les sans-papiers, elle avait subitement agoni la gauche, dont elle se disait autrefois proche, au risque de la diffamation - non seulement du candidat socialiste Philippe Sarre mais aussi de l'ensemble de la gauche française. Au risque aussi, compte tenu de la politique menée par le gouvernement de droite sarkozyste dont elle est membre, du plus profond ridicule:
"Cette gauche qui dit défendre les modestes, les minorités et les immigrés, c'est cette gauche [...] qui s'en prend à moi parce que je suis noire."
Reportage sur les propos de Mme Yade accusant M. Sarre, candidat socialiste à la mairie de Colombes, d'être raciste. Ce dernier réclamait des excuses publiques, qu'il n'obtiendra évidemment jamais, et a déposé plainte depuis pour diffamation.
Rama Yade d'enfoncer le clou le même jour en ajoutant que la gauche n'aimait pas que les noirs réussissent...
Sur quoi donc Mme Yade étayait-t-elle ses accusations? Sur un différend qui l'avait opposé avec la maire communiste
d'Aubervilliers qui n'avait absolument rien à voir avec la "couleur de
sa peau"? Sur les politiques menées par la droite depuis 5 ans en
France? Sur la présidence Chirac qui a duré quant à elle 12 ans? Sur la
permanence des discriminations d'origine xénophobe, voire raciste? Mais
en quoi celles-ci seraient-elles imputables à la gauche?
Mme Yade feignait de parler du racisme, mais elle mentait, une fois de plus.
Cette jeune femme qui se vantait, avec une grotesque arrogance, malgré toute l'étendue de son inculture et de son incompétence au ministère des Affaires étrangères, d'être la plus diplômée de tout le gouvernement, ferait bien d'aller en bibliothèque relire l'histoire de ce que l'on a appelé l'"antiracisme".
La ligue des droits de l'homme était créée en 1898 en pleine Affaire Dreyfus; la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémtitisme apparaissait en 1927, pour lutter contre l'antisémitisme avant de mener, dans les années 30, le combat antifasciste; le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples apparaissait en 1949, proche du Parti communiste, et SOS racisme, proche du Parti socialiste, était fondé en 1984 pour lutter contre les discriminations subies par les enfants des dernières vagues d'immigration, africaine principalement.
Quoi qu'on en pense, ce mouvement est, depuis ses origines, représenté par des associations liées à la gauche, des républicains dreyfusards aux communistes et "anti-impérialistes". Leur credo fut certes philosophico-politique,
participant nettement du recul des idées racistes ou des préjugés
hérités des XIXe et premier XXe siècles. Mais leur point commun fut
aussi leur volonté de lutter contre les entorses à l'égalité républicaine par le droit, et non par la violence.
malek oussekine
envoyé par aliwada. -
Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, Malek Oussékine était frappé à mort par deux policiers de la brigade des voltigeurs motoportés à Paris, en marge des manifestations lycéennes et étudiantes contre la loi Devaquet du gouvernement RPR dirigé par Jacques Chirac. Le 8 décembre suivant, un million de personnes entamèrent une marche silencieuse à la mémoire de ce jeune Français d'origine algérienne, victime d'une "bavure" policière qui s'apparentait certainement à un "crime raciste", tant l'acharnement sur sa personne, alors qu'il était de santé très fragile, fut violent et gratuit.
Mme Yade semblait bien mal connaître l'histoire politique, même récente, de la France. Lorsque Jacques
Chirac était Premier ministre de François Mitterrand, avec pour
ministre de l'Intérieur Charles Pasqua, un million de Français avaient
manifesté en silence leur indignation et leur tristesse face à la mise
à mort, par deux policiers, d'un jeune Français d'origine algérienne,
Malek Oussékine, souffrant de déficiences rénales et sous
dialyse. Tout cela s'inscrivait dans un bras de fer entre les étudiants
et le gouvernement de droite, à propos de la loi Devaquet sur les
universités, finalement retirée.
La gauche, dans l'opposition, avait condamné fermement la politique policière brutale menée par Charles
Pasqua, lequel ne présenta jamais ses excuses à la famille du jeune Malek Oussékine. Robert Pandraud, ministre RPR délégué auprès du ministre de l'Intérieur chargé de la sécurité, déclara même à la presse:
"Si j'avais un enfant malade et sous dialyse, je ne le laisserai pas sortir la nuit"...
Le président de la République, le socialiste François Mitterrand, se rendit auprès de la famille pour lui faire part de ses condoléances.
Qui manifesta alors? Qui s'indigna à juste titre? Qui osa faire le lien entre l'origine magrhébine de la jeune victime et son tabassage à mort, sinon la gauche et en tête des cortèges, l'association SOS racisme, honnie par la droite?
Et si l'on pouvait parler de récupération politicienne, il y avait eu mort d'homme, crime gratuit commis par des policiers. Rien n'empêchait M. Charles Pasqua d'exprimer au minimum ses regrets, de comprendre la persistance des clichés racistes dans les rangs des forces de l'ordre et de prendre des mesures en conséquence. Il n'en fut rien, tel était le choix politique.
La tombe de Malek Oussékine, victime de la prégnance du racisme dans les rangs des forces de l'ordre et de l'indifférence de certains des plus hauts dirigeants du RPR à cette mort effroyable.
Que Mme Yade révise donc sa copie sur l'histoire de la gauche française. Laquelle n'a aucune leçon à recevoir d'une membre d'un gouvernement qui, sur les questions d'immigration et de modèle de société - tests ADN et statistiques raciales -, fait honte à nombre de républicains, de gauche mais aussi de droite.
La CGT, syndicat, de gauche, et oui Mme Yade, manifestant pour la régularisation des sans-papiers exploités en toute illégalité par des entreprises capitalistes, ici une chaîne de restauration...
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Aujourd'hui choquée qu'on parle d'elle en termes ethniques, au sujet d'une élection, Rama Yade semble avoir changé de point de vue sur la question...
Le modèle qu'elle encensait, c'est peut-être pour les autres, mais pas pour elle... Et la République qui ne reconnaissait selon elle pas les races par "cécité" ne lui déplaît plus tant que ça...
15 janvier 2009
PETITION DE LA LIGUE DES DROITS DE L'HOMME : "GAZA : REFUSONS TOUTE INSTRUMENTALISATION COMMUNAUTAIRE"
Plus qu'une soi-disant "importation du conflit israélo-palestinien" en France, les attaques de lieux de culte israélite, les agressions de citoyens de confession et de culture isréalites tout autant que celles de citoyens de culture magrhébine, les slogans haineux lors de manifestations lancées pour la paix au Proche-Orient : tous ces faits ne sont que des répétitions de ce qui se trame sur le territoire de la République française depuis la guerre du Golfe.
Répétitions d'actes d'individus dont "l'identité" s'est enfermée dans une "origine" extra-territoriale, fantasmatique pour grande part, décalée par rapport aux réalités vécues, le tout par un multiculturalisme longtemps encouragé par la gauche jospinienne voire par nombre d'"intellectuels" puis par l'Education nationale.
La limite du multiculturalisme est en fait bien le communautarisme...
La laïcité, la clarté devraient interdire aux journalistes de parler d'Israël comme de "l'Etat juif", mais plutôt comme ou bien de "l'Etat des Juifs" - tel que Herzl, fondateur du sionisme l'avait pensé - ou bien comme de l'"Etat hébreu", ce qui permet de bien comprendre que les Français de confession israélite n'ont pas être mis en cause pour la politique de tel ou tel gouvernement israélien, comme on ne saurait imputer à nos concitoyens de culture musulmane les agissement du Hamas.
Par ailleurs, le vocable "arabe", trop souvent péjoratif, parfois supposant que tous les "peuples" de culture musulmane seraient unis et solidaires de par le monde, doit être abandonné.
La France est dans une situation délicate, car elle comprend la première communauté israélite d'Europe, la première communauté d'origine magrhébine également.
Les chemins de l'intégration, de la citoyenneté et de la laïcité, le renoncement à "l'assignation à résidence identitaire" doivent être assumés. Le conflit du Moyen-Orient est avant tout (géo)politique, quoi qu'en disent les pseudo-religieux extrémistes des deux bords.
Le président de la République, qui a longtemps vu dans le communautarisme la solution aux problèmes d'intégration en France - n'avait-il pas revendiqué la nomination d'un "préfet musulman" (sic)?, ne voulait-il pas changer le Préambule de la Constitution pour autoriser les statistiques raciales et reconnaître la supériorité des "croyants" ?, n'a-t-il pas défendu, violant l'article Ier de la Constitution, "les racines chrétiennes de la France"?- ne s'est-il pas constamment opposé au principe de laïcité?-; Nicolas Sarkozy s'inquiète désormais des dégâts de ce phénomène. Il était temps...
L'appel de la Ligue des droits de l'Homme contre "toute instrumentalisation communautaire" des événements affreux du Proche-Orient, tombe donc à point nommé.
"Auteur de l'article : LDH
Gaza : refusons toute instrumentalisation communautaire
Déclaration à l’initiative de la Ligue des droits de l’Homme et de la Ligue de l’Enseignement
Le conflit israélo-palestinien est une fois encore entré dans une phase dramatique. Ce conflit n’est ni religieux ni « ethnique », mais bien politique et territorial : l’engrenage de la violence dont les populations civiles sont les premières victimes s’enracine dans l’aggravation, depuis des décennies, du sort insupportable fait au peuple palestinien. Rien ne peut justifier les attaques – d’où qu’elles viennent dirigées contre les civils. Mais chacun sait, au-delà de la condamnation nécessaire de tout crime de guerre, que la paix ne pourra advenir sans justice, cette paix par le droit hors de laquelle aucun des deux peuples ne pourra vivre un avenir humain.
Les 900 morts palestiniens des deux dernières semaines, dont de très nombreux civils, victimes des bombardements et de l’offensive de l’armée israélienne à Gaza, comme les 34 morts israéliens des cinq dernières années victimes de tirs de roquette du Hamas, ne peuvent que soulever une émotion légitime. En France, nous constatons que la sensibilité à cette actualité tragique s’exacerbe. Trois actes inacceptables ont été commis à l’encontre de synagogues à Toulouse et à Saint-Denis et contre une collégienne à Villiers-le-Bel. Ces actes sont heureusement des faits isolés. Mais la réaction des autorités politiques françaises qui s’en remettent aux instances religieuses pour prévenir la violence n’est ni admissible sur le terrain de la laïcité ni de nature à prévenir les dangers qu’elles invoquent. De même, l’organisation d’une manifestation communautaire de soutien à l’un des deux protagonistes du conflit, même si elle est restée isolée, renforce le risque que l’expression des indignations et des solidarités mette face à face des communautés dont les membres seraient collectivement assimilés à l’un des deux camps.
Cette transposition qui enfermerait la liberté de conscience et d’expression des individus concernés dans une assignation à résidence communautaire ou religieuse serait porteuse de graves dangers pour le vivre ensemble. Il n’est pas question de remettre en cause la capacité à s’indigner de ce qui se joue en Palestine, ni l’expression de telle instance communautaire dans le débat public qui n’a rien d’illégitime en elle-même, mais de refuser une logique de transposition dans la société française des conflits et des haines qui déchirent le Proche-Orient.
Sans alarmisme mais avec vigilance, les organisations soussignées, attachées au respect de l’égale liberté de chacun, refusent toute mise en scène d’un prétendu « conflit de civilisations » et rappellent qu’aucun individu ne peut être étiqueté, stigmatisé ou agressé en raison de ses origines ou de sa foi, et que les manifestations d’intolérance, de racisme et d’antisémitisme, loin de servir les causes que leurs auteurs disent soutenir, les salissent et mettent en danger la vie démocratique.
C’est dans cet esprit que les unes et les autres continueront à défendre le respect des droits de l’Homme, du droit international et du droit de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes et à vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues.
Premiers signataires : ACLEFEU, ALEFPA, Association des Libres Penseurs de France, Association du Manifeste des libertés, Cercle Gaston-Crémieux, CFDT, CGT, Collectif Avenir laïque, FSU, Ligue des droits de l’Homme, Ligue de l’Enseignement, Mouvement de la Paix, Parti communiste français, Parti de gauche, Parti socialiste, Solidarité Laïque, Unef, Union rationaliste, Union syndicale solidaires, Les Verts.
Paris, le 13 janvier 2009"
23 octobre 2008
APRES AUBRY A LILLE, BERTRAND DELANOE PRONE UN COMMUNAUTARISME POSITIF DANS SA MOTION LIBERALE-LIBERTAIRE
La ville de Paris est très riche. Elle est la capitale de la France, "République indivisible, laïque, démocratique et sociale"... Or, son maire socialiste, Bertrand Delanoë y bafoue le principe de laïcité, prétextant notamment la pénurie en termes de services publics - s'agissant de crèches confessionnelles par exemple.
Plus grave encore, il donne littéralement quitus au communautarisme dans sa motion pour prendre la tête de son parti, plaçant cette idéologie à la même "hauteur" que le principe de laïcité...
S'inscivant en cela dans la veine jospinienne d'une Martine Aubry, réservant les horaires d'un piscine publique municipale à des femmes de confession musulmane, s'asseyant de tout son séant sur les principes de mixité, d'égalité et de laïcité...
Où l'on voit que la gauche libérale-libertaire conflue idéologiquement avec le néo-libéralisme immoral et anti-républicain qu'est le sarkozysme...
JEAN JAURES
"Dans leurs écoles, [les congrégations] entretenaient la haine entre citoyens. Il ne faut plus que les enfants de la nation soient élevés en camps ennemis.
Ils doivent être élevés dans la même lumière, dans la même liberté, dans les écoles de la nation républicaine où ils apprendront à s'aimer les uns les autres."
"Discours de 1906" in
Discours et écrits.
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VERS UNE GAUCHE COMMUNAUTARISTE ET ANTI-LAIQUE ?
Nous avons vu comment le sarkozysme procédait pas à pas à la liquidation de la droite républicaine, et ce, notamment, sur la question de la laïcité, détruite en ses fondements par le chef de l'Etat.
Allons-nous assister, si Bertrand Delanoë devenait chef du Parti socialiste, 1er parti de gauche en France, à la
liquidation de la gauche républicaine.
Au vu de sa politique de subventionnement de crèches confessionnelles, ne respectant pas le contrat avec l'Etat et n'accueillant pas "tous" les enfants comme prévu, au vu de sa politique de "transformation" d'équipements publics, notamment un gymnase, en lieu de prière, on pourrait se poser la question. Cela ressemble d'ailleurs étrangement, nous le verrons, à la mise en oeuvre de la fameuse "laïcité positive" prônée par Nicolas Sarkozy et le pape Benoît XVI...
Nicolas Sarkozy prône une "laïcité positive" quand Bertrand Delanoë défendrait un "communautarisme positif"? Confluence idéologique libérale-libertaire, communautariste et anti-républicaine... Entre un homme de droite dure et un "socialiste".
Même si, comme l'a rappelé l'hebdomadaire Marianne, ces dérogations seraient dues, selon les lieutenants du maire, non pas à une conviction politique de Bertrand Delanoë, mais à une "pénurie" en la matière - chose étrange, la ville de Paris étant loin d'être démunie à tout point de vue -, la motion qu'il propose aux adhérents socialistes dans la perspective de la conquête de la tête du PS prouve tout le contraire.
En effet, dans un sous-chapitre de cette motion, Clarté, Courage, Créativité, on pourra lire, chose étonnante de la part d'un socialiste, que si "la laïcité est une condition de notre "vivre-ensemble" dans la République avec toutes nos différences [...]", "cela ne suffit pas à définir la laïcité (sic)"!
Et pourquoi donc?
"Car le communautarisme aussi "respecte" les différences, en les juxtaposant"...
Victor Hugo, ou encore et surtout Jean Jaurès, le Père fondateur du socialisme républicain, doivent se retourner dans leur tombe et tous les militants ou dirigeants socialistes devraient dénoncer ce quitus délivré à un phénomène social qui gangrène la société française, et Paris en particulier...
La violence à Paris
Vidéo envoyée par Ptite_Mule
Le XIXe arrondissment de Paris, multiculturel de par son histoire, exemple du creuset républicain, est aujourd'hui en proie à une "guerre" des bandes plus ou moins communautaire...
Il ne s'agit hélas pas d'une attitude isolée au sein de la gauche. Ainsi Martine Aubry avait-elle en 2003, instauré, dans une piscine municipale de Lille, des créneaux horaires réservés aux femmes musulmanes, déclenchant l'ire de l'opposition. Pour se justifier elle avait déclaré ni plus ni moins:
"Faisons un petit détour [de nos principes républicains] pour que ces femmes gagnent et acquièrent leur émancipation."
Loin d'être un débat annexe ou uniquement sociétal, cette question de la laïcité pose celle, plus grave et plus urgente que jamais face à une droite anti-républicaine, de l'existence ou non d'un socialisme démocratique et républicain en France.
Nicolas Sarkozy s'est nourri de la montée du communautarisme, tantôt en l'attisant parce qu'il l'admire comme un élément de la société états-unienne, tantôt le condamnant verbalement pour les besoins de son élection - grâce à la plume de son conseiller Henri Guaino. C'est d'ailleurs ainsi, entre autres, qu'il a pu écraser la gauche lors des élections présidentielles de 2007...
Un socialisme républicain, évidemment, assume l'héritage de la Révolution et de la
République laïque.
On peut d'ailleurs à ce sujet isoler la posture de Ségolène Royal, laquelle a, non seulement signé, aux côtés de François Bayrou et de Dominique de Villepin, "l'Appel pour une vigilance républicaine", lancé par Marianne, mais s'est aussi prononcée pour la création d'une "charte laïque dans les services publics". Il faut aussi noter que l'un de ses plus proches conseillers, le philosophe et député européen socialiste Vincent Peillon vient de commettre un livre intitulé La Révolution française n'est pas terminée.
Vigilance Républicaine
Vidéo envoyée par momo1253
Quand un front démocrate et républicain s'insurge contre la politique sarkozienne... Rare...
VERS UNE GAUCHE LIBERALE-LIBERTAIRE ET A-REPUBLICAINE ?
En vérité, si Bertrand Delanoë s'est récemment déclaré avec fierté, "socialiste ET libéral", c'est parce qu'il appartient à ce
courant que Michel Clouscard a décrit dans Critique du libéralisme libertaire, généalogie de la contre-révolution, à savoir le "libéralisme-libertaire".
Se désolant de l'oubli de Jean-Jacques Rousseau dans l'histoire de la pensée politique hexagonale, de la récupération de la Révolution et de Marx par Staline, Clouscard estimait qu'il fallait montrer "la reconstitution de la stratégie du libéralisme social libertaire", dévoué aux classes moyennes et tournant le dos aux pauvres et aux victimes du capitalisme, comme il fallait démasquer, au delà du clivage droite-gauche contemporain, "le couronnement idéologique du système, les fondements d'une pensée devenue commune aux libéraux, aux sociaux-démocrates, aux constestataires libertaires".
Dès les années 80, Clouscard estimait que, les médias aidant, l'élite intellectuelle mondaine dominant le champ "intellectuel", un "consensus de la contre-révolution libérale" pouvait s'imposer. "La boucle est bouclée", nous disait-il. Le quotidien Libération en est l'une des plus pernicieuses institutions de presse...
Concrètement, cela débouche sur "la nouvelle société permissive, celle du marché du désir, du consensus idéologique des nouvelles classes moyennes [où] les nouveaux rôles sociaux [sont] déterminés par le management et l'animation".
Bien avant l'heure, Clouscard avait saisi le phénomène dit "bobo" et sa gauche caviar, dont les racines sont selon lui très anciennes, avant de s'être massifié. Phénomène qui implique que l'"on est passé de la distinction par le procès de production à la disctinction par le procès de la consommation".
Eclairage de l'attitude de la gauche socialiste, notamment jospinienne, rejetant la lutte des classes mais surtout étant incapable de répondre aux ouvriers menacés de licenciement. Au plus grand bénéfice de la droite, désormais antirépublicaine...
L'Etat ne peut pas tout
Vidéo envoyée par aklineuropa
Lionel Jospin, mentor politique de Bertrand Delanoë déclarant lors de sa désastreuse campagne présidentielle de 2002 à des ouvriers licenciés qu'il ne pourra rien pour eux... Il avait dit également que son "programme n'était pas socialiste"...
Ségolène rencontre les syndicats Arcelor-Mittal
Vidéo envoyée par StarLuke
Ségolène Royal rencontrant des syndicalistes d'Arcelor-Mittal, menacés de licenciement pour cause de délocalisation, évoquant avec eux les possibilités de reprise et de conversion industrielles...
La déclinaison politique de ce "libéralisme libertaire", philosophiquement défini par Clouscard, se trouve aujourd'hui incarnée mieux que jamais par Bertrand Delanoë.
S'ayant autoproclamé "libéral ET socialiste", privilégiant les "libertés individuelles" plutôt que les solidarités collectives, se vantant dans son livre, De l'audace, d'être un "bon manager" et donc un bon socialiste, louant la "compétition" comme valeur intrinsèque, plutôt que la compétitivité, menant une politique anti-républicaine et communautariste dans la ville de Paris dont il est le maire, n'ayant que si peu visiter les usines de France : Bertrand Delanoë cristallise à la perfection les vues d'un Michel Clouscard.
Ségolène Royal - Dimanche+ (25 mai 2008)
Vidéo envoyée par jeremove
Ségolène Royal refuse catégoriquement la définition proposée par Bertrand Delanoë de "socialiste ET libéral"...
Ségolène Royal lui reprochait, à propos de son éloge du libéralisme, de "reprendre les mots de nos adversaires", elle pourrait en dire de même s'agissant d'une conception de la laïcité et du communautarisme qui aujourd'hui tourne définitivement le dos à l'héritage rousseauiste, révolutionnaire et républicain français. Parmi ces adversaires en question règne Nicolas Sarkozy, démolisseur implacable de la laïcité à la française...
Que les médias n'en parlent pas, excepté l'hebdomadaire Marianne, relève quasiment de l'évidence lorsque l'on mesure le niveau d'inculture et d'anglo-saxonnisation des concepts politiques en France... Il est urgent que les militants socialistes ouvrent les yeux...
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L'alliance objective, pour parler en termes marxistes, entre un Bertrand Delanoë prônant dans sa motion pour gagner la tête du 1er parti d'opposition à Nicolas Sarkozy un "communautarisme" positif car respectant les différences, et la politique comme la non-pensée de ce même Nicolas Sarkozy est patente sur la question de la laïcité.
Elle va de pair, nous avons essayé de le montrer, avec un libéral libertarisme qui a renoncé aux héritages des Lumières rousseausistes, de la révolution française comme de la République.
La consécration d'un tel "socialisme" serait l'équivalent, au moins sur quelques questions philosophiques, républicaines et même sociales, de la consécration de Nicolas Sarkozy et de la ruine subséquente de la droite républicaine.
Aux militants socialistes de faire leur choix. L'avènement d'une gauche a-républicaine en France serait pourtant d'un anachronisme flagrant.
La laïcité à la française face au déchaînement mondial des extrémismes religieux, l'indivisibilité de la République face aux communautarismes de toutes sortes, la prééminence des solidarités collectives garanties par l'Etat sur l'individualisme, la condamnation du management bancaire de ces dernières années par la crise financière mondiale : tous ces apports de la culture républicaine française sont regardés de près dans le monde entier.
Et alors que le président de la République s'apprête à poursuivre leur démantèlement, la gauche semblerait pour partie acquiescer ?
Il me faudra alors parler encore et encore de la liquidation de la gauche républicaine, comme je l'ai fait pour la droite républicaine. Je le ferai avec fermeté.
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Vous pouvez lire et signer en ligne:
-l'Appel "Pour une vigilance républicaine":
-Appel laïque: "Sauvegardons la laïcité de notre République":
http://www.appel-laique.org/index.php?option=com_joomlapetition&func=viewcategory&catid=1
11 juin 2008
LES LANGUES REGIONALES ENTRENT DANS LA CONSTITUTION AU RISQUE DE L'EXPLOSION DE LA REPUBLIQUE
L'Assemblée nationale a donc voté le 22 mai, à la quasi-unanimité, un amendement qui enterre le principe d'unité linguistique, non pas de la France, mais de la République. Dans une confusion entre Constitution et loi, entre République, Etat et nation, désormais coutumière, celui-ci prévoit que "les langues régionales appartiennent au patrimoine de la nation", ce que maintes lois et circulaires reconnaissent déjà. Le président UMP de la commission des lois a décidé d'inscrire cet amendement dans l'article 1 de la Constitution, devançant l'article 2 qui décrète que le français est la langue de la République.
Une victoire de plus des régionalistes, dans un contexte mondial où les Etats sont de plus en plus fragilisés par le développement des régionalismes. Les répercussions de cette décision sont imprévisibles et incalculables s'agissant de l'unité nationale d'une part, de la cohésion de la République une et indivisible d'autre part.
HELENE MERLIN- KAJMAN
"Pour Grégoire, pour Barère, la politique royale, qu'ils ne distinguaient pas du pouvoir féodal, avait consister à pluraliser les langues - les "idiomes féodaux" - pour "isoler les peuples", "séparer les pays", "diviser les intérêts", bref, freiner la libre circulation des opinions entre les sujets du royaume."
La langue française est-elle fasciste?,
Langue, pouvoir et enseignement
UN LOGOS COMMUN POUR UN VIVRE-ENSEMBLE COMMUN: LA SINGULARITE DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE
Quel est le rôle de la langue? Pourquoi la langue doit-elle être commune à une communauté d'hommes vivant ensemble? Pourquoi est-il impossible d'imaginer que chaque individu ait son propre langage individuel, qu'il ne partagerait à la rigueur qu'avec sa famille?
Tout simplement parce que les êtres humains, tous différents, ont néanmoins besoin, d'une part de s'approprier le
monde qu'ils découvrent à leur naissance, avec des mots, d'autre part, de communiquer avec d'autres, au-delà de leur famille, avec des mots qui soient compris de leurs voisins, de leurs pairs au sein du territoire dans lequel ils vivent et évoluent.
En outre, si l'on prétend, en France, vivre dans une seule et même communauté politique, il faut bien comprendre que la détention d'une langue commune est la condition sine qua non du partage d'un même monde commun, d'une même "chose publique", puis d'un "vivre-ensemble".
Le lien entre logos et politique a depuis longtemps été posé par les Grecs, comme un préalable
à la vie des citoyens dans la Cité. Le prestige accordé à la langue grecque et la différenciation avec les Barbares -ceux qui ne parlent pas cette langue- étaient étroitement liés.
Comme le rappelle Claude Mossé, dans La Grèce archaïque d'Homère à Eschyle, l'importance de la parole grecque était "l'indice d’une évolution annonçant cette “civilisation de la parole politique”, pour reprendre l’expression de P. Vidal-Naquet, que sera la civilisation grecque".
L'affichage public des lois, des tables de lois, dans une langue écrite compréhensible par tous les citoyens, en Grèce comme à Rome, participèrent dans un cas d'une révolution démocratique, dans l'autre de l'affrimation de la république.
En France, la Renaissance marque un tournant avec l'apparition du français, qui peu à peu prend le relais du latin. La monarchie et l'Etat tendent à s'affirmer avec majesté, sur les décombres du féodalisme médiéval.
Comme le rappelle fort opportunément Merlin-Kajman dans La langue est-elle fasciste?, c'est par l'ordonnance de Villers-Cotterêts, en 1539, que l'Etat monarchique décide qu'une langue commune sera choisie pour tous les actes administratifs, pour que ceux-ci soient compris par tous sur tout le territoire du royaume.
L'ordonnance de Villers-Cotterêts, en 1539, définissait une langue commune pour tous les actes administratifs: le français. Aujourd'hui, la Constitution en reconnaîtrait d'autres....
Contrairement à la légende noire inventée par les anarchistes, les postmodernes ou les militants régionalistes, il ne s'agissait absolument pas d'imposer le français à tous les ressortissants du royaume, il ne s'agissait pas non plus de liquider les patois ou idiomes régionaux alors bien vivants pour leur substituer une langue unique, mais de créer une sphère étato-juridico-publique, dotée d'une langue commune à tous.
En rien la sphère privée des habitants du royaume de France n'était menacée, en rien l'usage d'autres langues n'était interdit. Comme l'écrit Merlin-Kajman, "la promotion de la langue vulgaire [le français plutôt que le latin], au rang de langue publique accompagne la progression, au XVIe siècle, de l'idée de "public"".
En outre, la décision d'ériger au rang de langue publique le français était pensée comme un acte liant le peuple tout entier, à égalité -même si celle-ci demeurait une fiction politique- au roi, lui-même co-détenteur de la chose publique et du royaume. "Ecrire en français plutôt qu'en latin, affirme Merlin-Kajman, représente aux yeux des lettrés une action doublement menée en faveur du peuple; et par "peuple", il faut ici entendre l'entité juridico-politique comprenant tous les membres des trois ordres du royaume. D'une part, parce que c'est publier des savoirs dans sa langue, et donc les lui rendre accessibles. D'autre part parce que c'est ainsi le désigner comme le principal destinataire, concret et immédiat, du bien public, indépendamment des hiérarchies et communautés instituées ailleurs, à Rome par exemple".
D'après Merlin-Kajman, "l'emploi de la langue, ou plus précisément, sans doute, le nom- le nom espagnol, français ou béarnais- qui la désigne [...] se trouve ici doté d'un sens public, indépendamment de la valeur usuelle du langage, indépendamment de la compétence linguistique des locuteurs". Cet auteur de souligner "la valeur exclusivement politique, et non pas linguistique, que prend la langue, signe de souveraineté".
C'est en fait, à l'époque révolutionnaire puis de l'instauration en France d'une République, cette acception de la langue, comme langue commune de "citoyens" égaux qui sera retenue, même si les révolutionnaires prétendront faire table rase du passé monarchique. Ainsi, comme le précise Merlin Kajman, "Pour Grégoire, pour Barère, la politique royale, qu’ils ne distinguaient pas du pouvoir féodal, avait consisté à pluraliser les langues –les “idiomes féodaux”- pour “isoler les peuples”, “séparer les pays”, “diviser les intérêts”, bref, freiner la libre circulation des opinions entre les sujets du royaume".
L’établissement d’une langue commune, comme condition la liberté d’expression des opinions, était perçue par les révolutionnaires comme la mise à mort du féodalisme langagier entretenu selon eux à dessein par la monarchie.
Sans développer au-delà, c'est cette conception de la chose publique, lointain et précieux héritage, travaillée par la monarchie puis repensée de façon bien plus radicale par la Révolution, qui éclaire l'article 2 de notre Constitution, lequel stipule tout simplement que:
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"La langue de la République est le français."
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Il ne s'agit donc pas dans la Constitution d'interroger le parler des habitants de la France, mais, comme c'est la vocation de toute Constitution, de déterminer ce qui est le logos de la communauté politique républicaine, dans laquelle tous les citoyens doivent pouvoir s'exprimer et échanger leurs opinions en toute liberté.
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Or, c'est précisément toute cette philosophie politique, égalitaire en droit et devant la loi, qui est aujourd'hui
détruite avec l'introduction, non pas dans une loi, mais dans la Constitution, de la reconnaissance des langues régionales comme patrimoine de la nation, plaçant celles-ci devant le français, puisque l'amendement en question "complètera" l'article premier de la Constitution.
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Comment un tel revirement est-il possible en France, en 2008? En fait, l'amendement voté à l'Assemblée nationale tant par des députés de gauche que de droite, se nourrit d'une propagende anti-républicaine récurrente, identifiant le français à une langue impérialiste voire coloniale.
DERRIERE LES REVENDICATIONS LINGUISTICO-CULTURELLES DEJA RECONNUES, UNE LUTTE POLITIQUE ANTI-REPUBLICAINE
Certes la Révolution française puis la IIIe République s'étaient montrées inflexibles dans la prééminence du français. Mais depuis, les littératures régionales se sont épanouies et la République a largement fait preuve de tolérance à l'égard des idiomes régionaux.
Mais le lien entre politique et langue est en fait prégnant, les ennemis de l'Etat-nation, de la République française, les militants identitaires régionalistes, les chauvinistes régionaux ou encore les nostalgiques de la "France des terroirs" le savent parfaitement.
Pourtant, beaucoup, issus d'abord de groupuscules anarchistes, anti-impérialistes, pseudo-révolutionnaires, puis de la gauche libertaire et enfin des hérauts, de droite comme de gauche du multiculturalisme anglo-saxon, prétendent que la déchéance du français comme langue commune et co-partagée par les ressortissants de la République française, la reconnaissance pleine et entière -en fait jamais assez satisfaisante- des idiomes régionaux ou des patois ne relèveraient pas de positions politiques mais simplement de revendications culturelles.
Rien de plus faux.
En effet, toutes les mesures prises en faveur des langues régionales, dans certaines régions de
France, telles la Corse ou la Bretagne, loin de satisfaire les régionalistes chauvins, les ont toujours amenés à réclamer encore et encore plus de reconnaissance politique.
La créations d'écoles en breton ou en corse, le double affichage en français et en langue régionale des panneaux routiers a donné lieu à la destruction des panneaux en langue française.
Loin d'apaiser les rapports entre les extrémistes les plus radicaux, dont les terroristes, ces dérives libérales successives, ont débouché sur des relations toujours plus haineuses entre l'Etat et les régionalistes, lesquels veulent, en leur for intérieur, faire sécession avec le territoire de la République française.
L'adage selon lequel "l'aveu de faiblesse en politique est une faute grave" a depuis longtemps été confirmé dans le cas des langues régionales.
En effet différentes lois ont marqué le long cheminement vers la reconnaissance par la loi des langues régionales comme leur enseignement, subventionné par l'ensemble des Français.
La loi Haby, en 1975 stipule en son article 12 que "un enseignement des langues et des cultures régionales peut être dispensé tout au long de la scolarité".
François Miterrand, lors de sa campagne présidentielle en 1981, avait affirmé que "le temps est venu d'un statut des langues et cultures de France qui leur reconnaisse une existence réelle. Le temps est venu de leur ouvrir grandes les portes de l'école, de la radio et de la télévision permettant leur diffusion, de leur accorder toute la place qu'elles méritent dans la vie publique" (sic). La libéralisation des radios sera le ferment du développement et de la massification insidieuse du séparatisme régionaliste...
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L'encouragement des radios régionalistes ou de créneaux horaires en "langue régionale" est depuis longtemps un fait acquis. Les impôts subventionnant parfois leur existence.
En 1994, la loi Toubon relative à l'emploi du français, confirmait également cette position. Son article 21 précisait ainsi que "les dispositions de la présente loi s'appliquent sans préjudice de la législation et de la réglementation relatives aux langues régionales de France et ne s'opposent pas à leur usage".
Pour ce qui est précisément de l'enseignement des "langues régionales", la circulaire 95-086 du 7 avril 1995 réaffirmait "le souci de veiller à la préservation d'un élément essentiel du patrimoine national" et "l'engagement de l'Etat en faveur de cet enseignement".
Allant plus loin, la circulaire posait que chaque classe devait pouvoir procéder à l'apprentissage d'une "langue régionale": "Chaque enseignant, lorsque les activités de la classe s'y prêteront, fera découvrir à ses élèves les richesses du patrimoine culturel et linguistique, il les amènera à appréhender le fait régional non comme une opposition entre des particularismes locaux, mais comme une composante de la culture nationale". Et encore: "l'enseignement bilingue donne à la langue régionale, à côté de la langue française, une place reconnue dans la scolarité à l'école primaire [...]. L'enseignement bilingue sera organisé lorsque la demande des parents aura été exprimée et reconnue".
L'école bretonne....
Que demander de plus?
Loin d'apaiser les esprits, cette reconnaissance, d'abord par la loi, des idiomes régionaux a soufflé sur les braises de la haine et du repli de "communautés régionales" prétendant s'isoler de la seule communauté politique jusqu'ici reconnue, à savoir la République française.
L'Union européenne, insensible à la culture politique républicaine française, a d'ailleurs emboîté le pas à cette dangereuse involution. La tendance de nombre de pays européens à reconnaître en leur sein des "minorité linguistiques" a poussé l'Europe à demander à ses membres de signer en 1992 la "Charte des langues régionales ou minoritaires". Ce alors que la République, heureusement, ne reconnaît pas l'existence, comme c'est le cas dans les pays de l'Est, de "minorités".
Après quelques années d'hésitation et sous la pression de culture anglo-saxonne, la France a fini par signer cette Charte, le 7 mai 1999 à Budapest, sous la présidence de Jacques Chirac. Le Conseil Constitutionnel en a empêché la ratification, qui autoriserait notamment la publication des actes publics ou des décisions de justice en "langue régionale", ce qui reviendrait à anéantir la dimension politique de la langue, de la Constitution de la République comme son unité et son indivisibilité.
L'effondrement de la culture républicaine, l'éloignement de l'Union européenne des citoyens comme l'opacité de ses
décisions ont participé de la formation d'un consensus mou en faveur des langues régionales. Les quelques résistants, soucieux de l'unité de la République n'eurent pas gain de cause...
Et ce malgré les risques politiques de sécession, fondée sur des bases linguistiques, qui menacent des Etats comme la Belgique ou encore l'Espagne.
LES RISQUES DE LA GRANDE REGRESSION VERS LE NARCISSISME ET LA HAINE ETHNO-LINGUISTIQUES
Dans Qu'est-ce qu'une nation?, Ernest Renan, s'opposant au nationalisme ethno-linguistique allemand, avait participé à la fondation d'une pensée nationale politique et historique, alliant unité et diversité. Aussi pour lui: "Le Français n'est ni un Gaulois, ni un Franc, ni un Burgonde, il est ce qui sorti de la grande chaudière où, sous la présidence du roi de France ont fermenté ensemble les éléments les plus divers".
Le spectre de la guerre civile hantait évidemment Ernest Renan, autant que les rapports franco-allemands. Le souvenir tragique des guerres de religion demeurait encore pérenne.
Aujourd'hui, après l'effondrement du mur de Berlin et de l'URSS, alors que les idéologies révolutionnaires se sont essouflées, c'est l'identitaire qui prend le relais de la subversion et de l'échec de la pensée républicaine à avoir relevé le défi de la nouvelle donne mondiale.
La prévalence militaire et géopolitique des Etats-Unis d'Amérique s'est aussi accompagnée d'une ascendance claire
dans le domaine des idées et notamment dans le champ de la "science politique". Ainsi les thèmes de la reconnaissance, de la tolérance positive, du différentialisme, du multiculturalisme, du communautarien, du retour du religieux et autres fadaises, ont peu à peu irrigué l'Université française. Le procès en intolérance de la République française et de sa philosophie politique est devenu quasi-dominant, au nom de ces mêmes théories fumeuses et dangereuses.
En effet, les pays qui s'en revendiquaient le plus, reconnaissent aujourd'hui leur erreur. Ainsi des Etats-Unis, où les néoconservateurs ont finalement vu leurs idées arriver au pouvoir avec George W. Bush, précisément comme une revanche contre ce multiculturalisme dominant -ce qui n'aboutit d'ailleurs qu'à des catastrophes. La Hollande, terre d'élection de la tolérance, est en pleine crise depuis qu'elle constate que l'intégration de masse d'immigrés de confession musulmane requiert plus que des louanges à la gloire de la tolérance ou de la différence. Le Royaume-Uni constate aujourd'hui que son modèle multi-culturel touche à ses limites, les revendications des organisations musulmanes étant devenues exorbitantes et des attentats islamistes ayant été commis à Londres par des citoyens anglais de confession musulmane. Le Canada n'est pas en reste, l'introduction de la Charia dans sa législation familiale et civile, au nom du caractère multiculturel de l'Etat, ayant suscité des remous tels au sein des organisations féministes notamment, que cette disposition dut être abandonnée.
La Belgique, voisine de la France, vit quant à elle depuis des années, dans la crainte de l'explosion du pays entre les communautés francophones et néerlandophones. Destruction du pays qui semble maintenant à l'ordre du jour.
La Flandre indépendante sur RTBF !
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Quand les conflits linguistiques peuvent déboucher sur l'explosion politique d'un pays entier... Le cas de la Belgique.
La reconnaissance des "langues régionales" dans la Constitution de la République française va ainsi à rebours de l'histoire occidentale.
Sous des prétextes généreux, elle exacerbera ce qui n'est que chauvinisme, quête narcissique de l'identitaire, à laquelle la République ne répond plus. La haine des militants "régionalistes", qui s'appellent parfois "nationalistes", est d'ailleurs patente. Il suffit simplement d'engager la conversation avec un seul d'entre eux pour s'en rendre compte, ou encore de visiter leurs sites Internet, où les appels à la violence ou les insultes francophobes pullulent.
Des manifestations chinoises anti-française reprenaient en 2008 des slogans régionalistes et sécessionistes corses: Free Corsica...
En outre, une Constitution, avant l'élection de Nicolas Sarkozy -voire avant la président Chirac et le gouvernement Jospin- n'avait pas pour vocation de reprendre servilement à son compte les évolutions sociétales en cours, encouragées par la mondialisation et l'accélération de la consom-munication.
Jusque-là, une Constitution affirmait dans son Préambule les grands principes auxquels la communauté politique demeurait attachée depuis sa fondation, avant d'organiser les pouvoirs et les rapports du peuple "uni" volontairement avec l'Etat, dans son corps.
La fondation de notre République, qu'on le veuille on non, se trouve être 1789, et le français comme langue y demeure irrémédiablement liée -quoi qu'aient pu écrire les contre-révolutionnaires, notamment les "Vendéens".
La loi quant à elle, régissait précisément, dans le respect de cette même Constitution, votée directement par le peuple français,le quotidien. Et c'est ce qu'elle fit, malheureusement à mon sens, s'agissant des langues régionales, sous des pressions intra comme supranationales.
La constitutionnalisation des langues régionales fait s'écrouler toute la philosophie politique, non pas jacobine, comme le prétendent les régionalistes ou autres communautaristes, mais gréco-romaine, humaniste, révolutionnaire puis républicaine qui assurait la cohésion du pays comme sa singularité dans le monde.
En outre, elle déchire le lien entre langue commune et vie politique, dans un contexte de déclin généralisé du politique, ancien mais radicalement accéléré depuis l'accessions du populisme sarkozyste au sommet de l'Etat.
La reconnaissance dans le marbre de la Constitution des langues régionales, acte de fait l'existence de communautés
linguistiques séparées du reste de la communauté politique universellle sur le territoire de la République. L'égalité entre citoyens est brisée. Le vivre-ensemble menacé. L'ouverture à l'universel condamné par le repli sur des langues particularistes et peu utilisées ou par le recours à l'anglo-américain. Elle encourage la pire des choses, ce que Freud appelait, dans le contexte de la montée du nazisme, dans Le malaise dans la civilisation, "le narcissisme des petites différences".
Les théories régionalistes reprennent en effet à leur compte les mythes de la pureté ethno-linguistiques, celles-là mêmes qui alimentèrent les théories racistes. Lesquelles sont incompatibles avec l'établissement d'une civilisation républicaine fondée sur la citoyenneté égale et libre comme la prééminence de la chose publique sur tout particularisme de naissance... La naïveté avec laquelle la majorité libérale-libertaire de gauche comme de droite envisage ces mouvements est affligeante.
Les députés, de gauche comme de droite, qui ont donc voté cet amendement sont donc les fossoyeurs de la République, ce dont ils ou leurs successeurs ne se rendront compte que peut-être dans des décennies.
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Une fois de plus, on constate, comme l'écrivait, le 2 juin dans le Wall Street Journal, Guy Sorman, l'absence de cap d'un président post-moderne, étranger à toute conviction politique. Celui-ci d'expliquer le divorce de Nicolas Sarkozy avec le peuple français, après une élection remportée haut la main grâce à l'unité de la droite et aux voix du Front national, par "l'incapacité de Sarkozy à choisir [qui] reflète une personnalité post moderne détachée de toute conviction idéologique", comme en témoigne la fausse ouverture de son gouvernement.
Une chose est nénamoins certaine. C'est qu'idéologiquement parlant, Nicolas Sarkozy, "enfant de la télé" comme il se définit lui-même, est étranger aux principes fondamentaux de la République et fasciné par le modèle anglo-saxon, états-unien notamment.
C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre le basculement vers une nouvelle droite a- voire anti-républicaine.
Le cas de la constitutionnalisation des langues régionales, comme d'ailleurs celui de la laïcité, en témoigne amplement, rassemblant gauche librale-libertaire et nouvelle droite ultra-libérale.
Le problème est que langue, culture et politique demeurent originellement liées, comme le prouve la longue histoire de la démocratie, de la république et enfin de l'Etat.
A intégrer les idiomes régionaux dans la Constitution, censée régler les rapports entre un peuple "qui se sent peuple", comme le disait Marie-France Garaud, on valide ispo facto l'idéologie selon laquelle plusieurs communautés, voires plusieurs minorités co-existent politiquement sur le territoire d'une République dont le peuple est désuni.
Tous les exemples étrangers -de l'Espagne, déchirée entre Catalans, Castillans, Basques, à la Belgique au bord de l'explosion- montrent pourtant que les conflits et les revendications linguistiques s'entent dans des conceptions régionalistes identitaires absolutistes, qui tôt ou tard, mènent au déchirement de l'unité de l'Etat et du peuple qu'il est censé transcender.
Que la loi, comme c'est déjà le cas depuis des décennies, reconnaisse les "langues régionales", c'est un fait acquis. Mais de là à les constitutionnaliser comme "patrimoine de la nation", un pas irréversible est franchi.
On peut gager que les revendications séparationnistes ou indépendantises verront là un encouragement de plus, paradoxalement encouragé par une Union européenne qui a pourtant renoncé à se constituer en "régions", notamment depuis son élargissement.
La défaite de la pensée démocratique et républicaine en Europe est désormais actée par l'Assemblée nationale et le président de la République lui-même.
Le narcissime, estimait Freud, est le pire ennemi de la culture et de la civilisation. Il attise les pulsions les plus viles et les plus dangereuses.
Il est malheureux que ce grand témoin de la montée du nazisme ne soit pas relu par les conseillers de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine.
Alors que le vrai combat devrait être celui de la lutte contre l'illettrisme et pour l'égalité dans l'apprentissage du français, on cède aux revendication ethno-régionalistes les plus chauvines... En même temps que l'on saigne l'Education nationale en en retirant des milliers de postes.
Le futur nous dira si l'unité de la République sortira renforcée ou fragilisée par cette décision...
07 février 2008
RAMA YADE, SYMBOLE DU REGNE DE L'OPPORTUNISME ET DU CYNISME ANTI-REPUBLICAINS SOUS SARKOZY
Symbole de l'"ouverture-imposture" pratiquée par le "très-chrétien" président Nicolas Sarkozy, Rama Yade ne s'était pas cachée d'avoir rejoint le candidat qu'il était, non pas au nom de l'intérêt supposé général, mais pour une seule et unique raison: la défense de la "discrimination positive raciale". Mesure contraire à la Constitution de la Ve République comme à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 -dont elle a été paradoxalement nommée secrétaire d'Etat (sic). Comble de l'immoralisme ou de la vacuité politique au pouvoir aujourd'hui, on découvre que ce sont les sondages donnant gagnant l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, puis sa victoire, qui l'ont motivée à postuler à un poste dans son futur gouvernement, et aucunement un accord général sur son projet... Vide sidéral du sarkozysme et rupture avec les principes fondamentaux de la République comme de la philosophie politique française, telle est la marque de fabrique du nouveau pouvoir, inculte mais télégénique...
ALBERT CAMUS
"Rien n'étant vrai ni faux, bon ou mauvais,
la règle sera de se montrer le plus efficace,
c'est-à-dire le plus fort".
"L'homme révolté".
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LE NAUFRAGE DE L'ETHIQUE POLITIQUE DANS LE SARKOZYSME TOUT-PUISSANT:
Pour ceux qui en doutaient encore, la politique d'"ouverture" annoncée par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République n'est qu'un leurre, confinant à un déni médiatique de démocratie.
La nomination de personnalités dites "de gauche", tels Fadela Amara, au secrétariat d'Etat à la
Ville, Bernard Kouchner, aux Affaires étrangères et Rama Yade, au secrétariat d'Etat aux droits de l'homme, n'a rien changé, en termes politiques ou "philosophiques", osons le mot, aux orientations ultra-droitières et anti-républicaines de la présidence Sarkozy.
Ceux-ci ont mené la danse médiatique chacun à leur tour, en prétendant s'opposer à telle ou telle décision du gouvernement, tout en en restant des membres solidaires, conformément à la pratique de la Constitution de la Ve République:
Mme Amara après avoir qualifié de "dégueulasse" la politique d'immigration actuelle, s'est tue et est rentrée dans le rang
M. Kouchner, chantre d'une diplomatie des "droits de l'homme", après avoir fait campagne pour la candidate socialiste, Ségolène Royal, notamment contre l'instauration des franchises médicales, s'est avoué "résigné" à la visite triomphale du dictateur lybien Kadhafi
Mme Yade après avoir fait la une d'un quotidien de référence, avec une diatribe toute préparée contre la venue de ce dernier à Paris, s'est aussitôt "calmée" et n'a pas démissionné.
Le tout au bénéfice de la stratégie de destabilisation de la démocratie représentative et de la vie des partis politiques français menée par Nicolas Sarkozy.
Qu'illustrent cette impuissance et ces reniements sinon ce fait que dans le sarkozysme, pour paraphraser Camus, "rien
n'étant vrai ni faux, bon ou mauvais", la vacuité ou la confusion des idées politiques régnant, ces personnalités suivent leur propre intérêt de carrière, au plus près de l'"homme fort" et du pouvoir? Quoi d'autre qu'un mépris pour la "chose publique", pour l'"intérêt général" et le destin du pays? Aucune conviction politique ne les anime, en ce sens précis en tous cas.
La preuve en est que Mme Yade, invitée du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), militant pour la "cause" particulariste "noire", le 30 janvier dernier, avouait en substance à Axel Ardes et Chou Sin, rédacteurs du Bondyblog, que peu lui importait la confrontation des projets de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy, qui étaient et demeurent radicalement opposés pour la France. L'enjeu pour elle étant de rallier "le plus fort" dans les sondages, afin d'être présente au gouvernement.
Les différentes affiches électorales des différents candidats à l'élection présidentielle de 2007, autant de projets radicalement opposés pour la France... Ou la République démocratique aux urnes...
Dans ce raisonnement, peu importe, malgré quelques désaccords ici ou là, que le prochain élu soit de gauche ou de droite, soit ultra-libéral ou social-démocrate, qu'il mène une politique en faveur des classes déjà aisées ou régie par le souci d'une juste répartition des richesses. Peu importent les choix économiques et sociaux, la politique d'immigration, l'orientation de la politique étrangère et autres balivernes éculées...
Après la fin des idéologies, c'est donc à l'effondrement de la politique, à la dépolitisation, à la désocialisation des enjeux que nous convie Rama Yade... Non sans une conviction de substitution.
Le 30 janvier 2008, Rama Yade était présente au dîner du CRAN, elle parle ici de "nous les noirs" et explique son engagement auprès de Nicolas Sarkozy. A la fin, vous entendrez seulement sa voix nous disant "ne serait-ce que par intérêt, y'a Ségolène Royal y'a Nicolas Sarkozy", "Sarkozy avait 50% de chances". "Qu'est-ce qu'on fait [...] c'est fini pour les noirs"; "pourquoi moi je suis rentrée dans le gouvernement", "parce je voulais pas avoir souffert pendant toute la campagne électorale et qu'apèrs y'ait tout le monde y'a pas moi"... Faire avancer la cause des noirs dont elle prétend être le défenseur patenté, au-delà de tout intérêt général, tel était son seul but...
RAMA YADE, LA CAUSE DES NOIRS AVANT LA DEFENSE DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN:
Car le cas de Rama Yade bien plus intéressant que celui de ses collègues. A défaut de "solidarité gouvernementale", on peut parler à son égard d'une "affinité élective idéologique" de choc avec le président de la République. Elle partage avec lui une conviction forte qui ne s'inscrit effectivement pas dans celui du traditionnel clivage droite-gauche, mais dans celui d'un affrontement entre projet anti-républicain et projet républicain. Et le détricotage des fondamentaux républicains a été très tôt revendiqué par Nicolas Sarkozy. Symptomatique d'une France dont la culture politique s'est peu à peu effondrée.
En effet, comme elle l'avait déjà déclaré, son ralliement au candidat Nicolas
Sarkozy, pourtant élu sur un discours en partie calqué sur celui de Jean-Marie Le Pen, chef du parti d'extrême-droite du Front National, se fondait sur une seule et unique idée, anti-républicaine par principe, mais défendue par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine: la "discrimination positive raciale". Mesure censée en finir avec les discriminations sociales bien réelles que rencontrent nombre de citoyens français d'origine étrangère.
Le plus affligeant réside donc certainement dans le fait qu'elle ait été nommée secrétaire d'Etat
aux droits de l'homme quand ce qui a motivé son entrée au gouvernement était la "cause des noirs", comme elle le rappelle aux blogueurs de Bondy. Ainsi l'humanisme, la conception de l'homme, affranchi des déterminismes "raciaux" ou pseudo-religieux, sont-ils jetés aux orties.
La principale cible des défenseurs des "minorités" et du communautarisme, qui furent pendant longtemps de gauche, est d'ailleurs précisément la Déclaration de 1789, avec sa conception universaliste et citoyenne de l'être humain et du citoyen, prétendues "aveugles" aux différences et donc, par ricochet, racistes. L'homme, dans la vision communatariste comme sarkozienne, est "assigné à résidence ethnique", soit tout le contraire du message porté par la France républicaine -d'ailleurs trahi tant dans les colonies que sous Vichy.
La censure par le Conseil constitutionnel, le 15 novembre 2007, du projet d'instauration de statistiques raciales, pudiquement dénommées "ethniques" mais fondées sur la couleur de la peau, au nom de l'article Ier de la Constitution -stipulant que la République "indivisible [...] assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans disctinction d'origine, de race ou de religion"-, prouve le caractère anti-constitutionnel et anti-républicain de cette vision racialisée de la France, chère à Nicolas Sarkozy et à Rama Yade.
Le fronton du Conseil constitutionnel, dernier rempart contre les entorses continues à la Constitution, dont Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il en modifierait bientôt le préambule, annonce des plus inquiétantes...
Mais pour Mme Yade, on peut penser que la promotion de cette seule mesure prime sur le reste de la politique d'ensemble préparée et menée par la
présidence Sarkozy et son gouvernement. Politique-maketing, "démarchie", comme l'appelait l'économiste Hayek, fragmentation du collectif et défense des particularismes ethniques, voilà ce dont Mme Yade est le symbole. L'absence de culture républicaine de Nicolas Sarkozy faisant le reste, on peut penser qu'elle défendra "sa" cause comme elle l'entend.
D'ailleurs, la censure du Conseil constitutionnel sera contournée, comme l'a annoncé le président de la République lors de sa conférence de presse du 8 janvier 2008. Le préambule de la Constitution, qui contient la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, sera en effet modifié. La notion de "diversité" y sera inscrite, autorisant probablement la mesure d'une "diversité raciale" française, créant des "minorités" en fonction de la couleur de la peau. Ainsi sera posé un jalon pour la "discrimination positive" des dites "minorités ethniques", fragmentant le tissu social et civique en préparant le terrain à une communautarisation par la loi de la population française. La notion de peuple y perdant tout son sens, et avec elle celle de citoyenneté...
Comme le rappelle fermement Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, dans un papier pour Marianne, en date du 5 février 2008, intitulé "La
trahison de la République... par son président", la création d'un comité, dénué de toute légitimité démocratique, chargé de modifier le préambule de la Constitution, n'a rien à voir avec la commission Balladur, mise en place pour réaménager l'organisation des pouvoirs. Il s'agit ni plus ni moins que "de s'attaquer aux fondements de la République tout court, à travers une remise en cause des dispositions constitutionnelles de fond, et non plus des seules règles d'organisation". Pour les raisons évoquées plus haut, la juriste de poser qu'"inscrire le "respect de la diversité" dans le préambule de la Constitution revient à anéantir l'égalité "en droits" proclamée en 1789, et à substituer l'homme situé et déterminé à l'homme libre qui s'auto-détermine", grave régression du point de vue de notre civilisation républicaine fondée sur la dignité, la liberté et la perfectibilité des hommes, égaux devant la loi.
Le 8 novembre 2008, répondant à une question de la journaliste Memona Hintermann, farouche défenseuse de l'égalité républicaine, Nicolas Sarkozy annonçait la modification du préambule de la Constitution pour y introduire la notion vague de "diversité", dont le mot pourrait cacher en fait l'adoption du modèle états-unien -ou indien- de discrimination positive -raciale, ethnique ou tribale.
Puisque le "très-chrétien" Nicolas Sarkozy a récemment parlé de "politique de civilisation" sans qu'on n'en sache plus, une évolution assez claire se dessine: un projet de société dépolitisée et racialisée, où le citoyen sera supplanté par le consommateur et l'homo ethnicus, "croyant" de surcroît. Ce que confirme et condamne encore Anne-Marie Le Pourhiet, sur la forme comme sur le fond et d'un point de vue démocratique: "On a le droit de vouloir changer de civilisation, donc de constitution, en choisissant éventuellement le parti de la réaction, mais on ne peut bouleverser à ce point le contrat social d'un peuple sans qu'il y consente. Jamais, durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy n'a proposé aux Français l'abandon du modèle républicain qu'il n'a, au contraire, pas cessé de vanter. Il n'a donc pas été mandaté pour opérer ce bouleversement et une telle proposition nécessite assurément un référendum constituant".
Or, il est certain que M. Sarkozy ne procédera à aucune consultation populaire sur quelque réforme que ce soit, encore moins relative à un sujet aussi grave. Lequel suppose pourtant un débat national de grande ampleur avec le temps nécessaire au considérable travail de pédagogie qu'implique un tel séisme "civilisationnel". Le fait qu'il ait déjà rejeté le recours au référendum tant sur l'Europe, sur la laïcité que sur les institutions est de très mauvaise augure.
Parce qu'il s'agit bien là d'une rupture avec la civilisation républicaine et le "vivre-ensemble" patiemment, et non sans tragédies, bâtis depuis des siècles...Laissant place à un individualisme et à un chauvinisme chevronnés, à ce "narcissisme des petites différences", qu'il soit pseudo-religieux ou ethno-racial, évoqué en son temps par Freud dans Malaise dans la culture... Rama Yade en est le symbole éclatant, au sein du gouvernement en place...
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Les réponses, fournies par Rama Yade au Bondy Blog, confirment donc le caractère fallacieux de l'"ouverture", qui relève bien du débauchage de personnalités "iconoclastes" et ambitieuses -même si Mme Yade assure s'être "imposée" à Nicolas Sarkozy, il n'en demeure pas moins que c'est lui qui l'a nommée-, selon leur degré de popularité médiatique supposé.
S'il n'y a pas de "solidarité gouvernementale", comme le supposent les articles 20, 49 et 50 de la Constitution, c'est tout simplement parce que les ministres d'"ouverture", sans parler des autres, ne travaillent pas au nom de l'intérêt général du pays, défini pour 5 ans par le peuple lors de l'élection présidentielle du 6 mai 2007. Ils travaillent chacun pour leur "marché politique" propre, d'où les dissensions récurrentes au sein du gouvernement, sans même évoquer la grogne des parlementaires devant lesquel ce dernier est responsable.
Rien de politique là-dedans, si ce n'est un projet de déconstruction des principes philosophiques de la République, déposés dans le préambule de la Constitution.
Car s'agissant de Mme Rama Yade, à moins qu'elle ne désavoue ses propos, il est clair qu'elle travaille pour elle-même d'une part, et pour une cause bien précise d'autre part, celle d'une "minorité de gens de couleur". Catégorie inconstitutionnelle.
Au-delà de l'effondrement de l'éthique politique qui règne aujourd'hui à l'Elysée comme dans les ministères, avec la modification annoncée du préambule de la Constitution, nous allons assister à la méticuleuse destruction des grands principes philosophiques et politiques de la République.
Nommée par le président de la République, selon la pratique discrétionnaire en vigueur, Rama Yade peut compter sur son appui, comme cela a été le cas lors de la venue à Paris du dictateur lybien Kadhafi.
Au-delà, on peut supposer qu'elle peut aussi se réjouir d'une convergence de vue ou d'un aveuglement partagé avec Nicolas Sarkozy -"le plus fort", comme l'écrivait Camus-, s'agissant de l'abolition de la République "une et indivisible" au profit de la consécration juridique du communautarisme et de la "racialisation" de la société française, obtenues en catimini et dans le dos du peuple français.
Ira-ton vers une société divisée en communautés ethno-raciales où l'égalité des droits sera abolie à la faveur d'un système de distribution ou de privation de droits en fonction de la couleur de peau de nos concitoyens? La nuit du 4 août 1789, qui abolit les privilèges, sera-t-elle nulle et non avenue?
La société française deviendra-t-elle une société de plus en plus inégalitaire, où la solidarité nationale sera vidée de son sens mais dans laquelle des micro-élites "racialisées" seront encouragées et affichées pour cacher l'état général du pays et les souffrances sociales de pans entiers de la population -et notamment des personnes issues de l'immigration?
Il faudra suivre attentivement les travaux de cet énième comité discrétionnaire, dans son ambition de bafouer nos principes républicains fondateurs, de manière absolument antidémocratique...
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Vous pouvez signer la pétition en ligne de:
-SOS racisme: "Contre la statistique ethnique"
http://www.fichepasmonpote.com/
Rama Yade
Vidéo envoyée par Bondy_Blog
05 novembre 2007
LE RETOUR DE LA RACE DANS LA FRANCE DE M. SARKOZY: LE SCANDALE DES STATISTIQUES ETHNIQUES
Passé inaperçu, l'article 63 de la loi Hortefeux sur l'immigration, votée récemment avec le recours aux tests ADN dans le cadre du regroupement familial, introduit le droit à la collecte de statistiques raciales, dites "ethniques", mais en fait fondées sur la "couleur de la peau". Des Français, par le biais de cet amendement traitant de l'immigration, pourront être catégorisés en fonction de leur "race". Sous des prétextes angéliques: "mesurer la diversité" pour lutter contre les discriminations, on passe de la République -de la res publica- à la Race-publique -la rassa publica...
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"L'enregistrement des données ethniques affaiblit l'intégration en confortant le mouvement contraire de régression identitaire des communautés vers leurs origines.
[...]
Nous voici renvoyés à la surveillance généralisée de la France de Vichy, avec ses tickets de rationnement et le Secours national.
L'identitarisme, sous toutes ses manifestations, est bien, par essence, totalitaire."
"Le siècle de Monsieur Pétain".
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La France républicaine n'était pas une coquille vide avant l'élection de M. Sarkozy. ..Elle le devient.
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LES LIMITES DE LA "CHOSE PUBLIQUE":
Pluraliste, diverse parce démocratique, la République posait les principes fondamentaux autorisant et réglant en même temps des débats vifs et interminables sur tous les sujets affectant la vie de la Cité-France.
Les partis politiques, de La ligue communiste révolutionnaire au Front national, la gauche et la droite, les syndicats et la
"société civile", les asscociations, les médias, les chercheurs, les grévistes, les manifestants et pétitionnaires relayaient une pluralité de visions de la société et de la vie en commun, mais dans les limites définies par une Constitution, par des codes juridiques, par des lois et, bien entendu, par une Justice indépendante censée les garantir.
La protection de la vie privée était un impératif catégorique protégeant à la fois la dignité de la personne et la sphère publique.
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C'est ce socle commun, ce cadre, dont la violation était punie, qui est aujourd'hui détruit par le nouveau pouvoir sarkozien.
C'est ainsi que le débat démocratique cessait et s'interrompait lorsque étaient émis des propos racistes ou négationnistes ou encore une violation de la vie privée, condamnés par la loi.
Il en était déjà ainsi de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui prévoyait que:
"la diffamation commise [...] envers une personne ou un groupe de personnes à raison
de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée sera punie d'un an d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende ou de l'une de ces deux des peines seulement"...
C'est pourquoi la défense de l'officier israélite Alfred Dreyfus, accusé à tort d'espionnage, avait vu se rassembler, à la fin du XIXième siècle, les républicains, les pacifistes et la Ligue des droits de l'homme contre leurs ennemis traditionnels, l'armée, les ultranationalistes, les monarchistes et une partie du clergé notamment.
L'APPARTENANCE RACIALE EST UN MYTHE RACISTE, ANTIREPUBLICAIN, ANTIDEMOCRATIQUE ET ANTIPOLITIQUE:
D'autre part, pour rappel, la Constitution de la Vième République, intégrant en son préambule la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, pose en son article Ier que:
"La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances".
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L'introduction de statistiques raciales par la loi Hortefeux sur l'immigration est donc inconstitutionnelle.
En effet, même si le mot "race" est remplacé par le terme flou d'"ethnique", des questions comme "de quelle origine vous diriez-vous?", "de quelle couleur de peau vous diriez-vous?", posées pour "mesurer" la "diversité" de la population française, sont d'ordre racial et non ethnique.
De telles statistiques mettront à disposition de l'administration des données clairement inconstitutionnelles: l'"origine" mot pour mot et la "couleur de la peau" qui ne relèvent pas de l'ethnie mais de la conception raciste de la race.
La "chose publique" se voit donc parasitée par la chose raciale, la res publica par la "race publique", mettant en danger les libertés fondamentales et la sphère privée en même temps que l'espace public, social, sociétal et politique.
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LA RACE, OBJET STATISTIQUE DES REGIMES POLITIQUES ET JURIDIQUES RACISTES ET TOTALITAIRES:
Le propre des régimes totalitaires, nazi et soviétique, avait été d'abolir la séparation
entre sphère privée et sphère publique, en envahissant le domaine de la famille, de l'intimité, de l'individualité, endoctrinant les enfants et contrôlant les mariages, pratiquant l'eugénisme.
En ce qui concerne le nazisme et ses alliés, tel le régime de Vichy, il s'agissait de transformer la "race" en une affaire politique et juridique, avec les suites que l'on connaît. Le même type de confusion entre la "chose publique" et ce qu'il y a de plus intime, de plus arbitraire en l'homme, la couleur de la peau acquise par le hasard de la naissance, avait marqué la domination administrative des populations colonisées.
C'est ainsi que les recensements dans les colonies intégraient l'appartenance raciale ou religieuse, tout comme sous Vichy, en France métropolitaine, après l'abolition de la République, le recensement des israélites avait préparé leur dénationalisation, leur arrestation et leur déportation.
Des citoyens français se trouvaient privés de leur nationalité et réduits à leur seule "identité" pseudo raciale...
LES STATISTIQUES RACIALES: L'ECHEC REPUBLICAIN DES REGIMES POST-RACISTES:
Les régimes racistes, ségrégationnistes, aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud, étaient fondés sur cette même logique d'une prise en compte légale et juridique des données raciales.
La ségrégation raciale sur le territoire des Etats-Unis d'Amérique, avant l'obtention par les noirs des doits civiques
Mais après l'obtention par les noirs américains des droits civiques, les Etats-Unis décidèrent de continuer à prendre en compte le phénomène racial pour lutter contre le racisme et pour en finir avec les effets sociaux pervers et le retard immense subis par des pans entiers de la population du pays, accumulés durant des siècles. Et ce, au risque de rendre impossible la libération des individus de leur identité purement "raciale". Ce qui était précisément le "rêve" de Martin Luther King...
Motivée par de bonnes intentions, la politique de l'affirmative action, mise en place en 1965, visant à faciliter l'intégration des noirs au "système" américain, a eu pourtant les effets pervers qui découlent forcément de la confusion entre citoyenneté et appartenance raciale. Ils sont d'ailleurs aujourd'hui largement dénoncés, dès lors que l'inégalité entre populations noire et blanche demeure criante.
Recensement des israélites par le régime de Vichy durant l'Occupation nazie en France et reproduction du recensement ethno-racial de 2000 aux Etats-Unis d'Amérique
On pourrait citer quelques exemples de l'échec des politiques "raciales", que le pouvoir sarkozien ferait bien de prendre en compte, alors qu'il préconise aujourd'hui le recours à des statistiques "raciales" -et non "ethniques" comme ils le prétend-, fondées sur la déclaration de la couleur de la peau dans le cadre d'une société française déjà largement fissurée par le phénomène "identitaire":
-enfermement des populations dans leur identité narcissique "raciale":
-racialisation généralisée de la société, des discours politiques, de la culture, populaire et élitiste, de la société de consommation:
-séparation, psychologique, physique, géographique instituée et donc encouragée des populations en fonction de la couleur de la peau, culte du "ghetto" "racialement" homogène:
-développement de micro-élités raciales permettant d'éviter de poser la question générale de la discrimination économique et sociale:
-généralisation du chauvinisme et des racismes au sein des communautés elles-mêmes victimes du racisme:
-concurrence entre les communautés dites "raciales":
-sentiment revanchard des populations blanches ne pouvant bénéficier des politiques d'aides aux "minorités raciales", exploité par les mouvements d'extrême droite:
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LA FAILLITE INTELLECTUELLE FACE AUX ASSAUTS DU MODELE ETATS-UNIEN:
La globalization prend en France les visages des délocalisations, des conglomérats industriels et financiers mondiaux, de la domination dans la culture populaire -musicale, télévisuelle, cinématographique- et dans la technique, de la puissance de la civilisation des Etats-Unis d'Amérique.
Les conséquences en sont multiples et le modèle de société nord-américain est promu à travers tous les canaux ouverts par la société de masse de consommation et de communication. Mais cette promotion nous vend l'image idéale, notamment sur la question raciale, d'une société idyllique où des noirs gagnent de l'argent, sont heureux, vivent comme tous les Occidentaux dans l'opulence et les joies de la consommation et du divertissement. C'est ce mythe puissant qui est devenu le nouvel étalon universel.
Au mépris d'une réalité sociale bien plus contrastée dans laquelle la majorité des noirs est largement abandonnée à ses ghettos et à la misère sociale.
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Les télescopages se cristallisent entre cette "société idéalisée" et la situation sociale française réelle, toujours marquée par des discriminations, notamment xénophobes, mais traditionnellement sociales, lointain héritage d'une société aristocratique et monarchique et follement entichée de l'idée d'égalité tout à la fois.
La société de consommation et d'information de masse, la civilisation de l'image participent depuis des années de la "racialisation" des rapports sociaux, à l'école, dans la musique rap, dans les médias. Le narcissisme ambiant, nouvel avatar de l'individualisme, trouve là un boulevard aux satisfactions de ses exigences nombrilistes.
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La force de frappe des publications anglo-saxonnes en matière de recherche universitaire, l'effondrement du
de l'URSS et la caricature du marxisme, la décrédibilisation de toute référence à la révolution, le recul constant de l'histoire politique au profit d'une histoire sociétale, le procès de la République, de la laïcité mécomprise et de toute pensée universaliste, la repentance dans des champs historiens hyper-spécialisés, le développement et la traduction des études post-modernes, cultural studies, subaltern studies, ethnic studies, la fin des Humanités en Europe, la victoire du multiculturalisme dans tout le champ intellectuel et éducatif; toutes ces évolutions témoignent en fait d'une réalité: la pensée française, européenne, républicaine en tous cas, est en net recul face à un libertaro-libéralisme qui encourage une domination capitaliste désormais planétaire.
Créer des catégories "raciales" dans la population permet de diviser les victimes du néo-capitalisme mondialisé, d'"acheter à peu de frais la paix sociale". Les pseudo "progressistes" de tous poils, de gauche comme de droite, ne s'intéressent plus aux questions de justice sociale, encore moins d'intégration civique et citoyenne. Qu'ils le veuillent ou non, leur projet n'implique que le renforcement d'un système global injuste en y intégrant les dites "minorités raciales, religieuses, sexuelles" et j'en passe...
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Les petits élèves français ne connaissent plus les fondamentaux de la culture républicaine requise pour vivre en bonne entente et pour devenir des citoyens. Des années après, les meilleurs de ces élèves qui intègrent des grandes écoles françaises aujourd'hui mondialisées, cèdent souvent aux sirènes du comparatisme, avec comme nouvel étalon, l'idéal anglo-saxon accolé à une méconnaissance cruelle de l'histoire française et des principes républicains fondamentaux. Les télescopages peuvent donc se multiplier a volo:
-identification de la situation des immigrés d'Afrique du Nord et d'Afrique sub-saharienne, arrivés en France depuis les années 60, avec celle des noirs états-uniens, anciens esclaves, ségrégués juridiquement pendant des siècles et ce, depuis la fondation du pays
-identification naïve et spécieuse des "ghettos" états-uniens aux Zones à Urbaniser par Priorité (Z.UP.) françaises, dont les histoires et constitutions respectives sont radicalement différentes -pour les premiers, il s'agit de territoires délaissés par les classes moyennes ou aisées et abandonnés par l'Etat alors que pour les secondes, il s'agit au contraire d'un bâti contruit ex nihilo, précisément par la volonté politique de répondre aux diverses crises du logement de l'après-guerre...
-croyance dans l'immédiateté du phénomène d'intégration et méconnaissance du temps long et de la complexité pluri-factorielle de celui-ci
-mystification de la politique de l'affirmative action opposée à l'universalisme prétendu "aveugle" de la république française
-interprétation française erronée de la "discrimination positive", sur critères raciaux, comme une politique sociale égalitaire, alors qu'elle est précisément élitiste du point de vue social
-croyance démiurgique de nombreux chercheurs dans la transposition en France de modèles politiques radicalement différents, issus d'histoires singulières
-indifférence et remise en cause des principes républicains et juridiques au nom d'une efficacité sociale renouvelée
-confusion entre les sciences sociales et la science politique, entre citoyenneté et "identité", entre "religion" et politique, entre principes juridiques et constats sociologiques, le tout au détriment des savoirs juridiques fondamentaux.
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Alors qu'un minimum de culture historienne devrait nous alerter sur les dangers de l'utilisation scientifique puis administrative de la notion de "race" -les colonies, Vichy-, alors qu'une connaissance minimale des dérives présentes dans la société française -montée des revendications identitaires, communautaires, affrontements au grand jour entre "noirs" et "juifs" autoproclamés, création de ligues de défense juives ou de groupuscules radicaux noirs, montée de l'islamisme politique, mode des insultes racistes jusque dans les écoles maternelles-, alors qu'un regard sincère sur les conséquences perverses aux Etats-Unis de la politique de favorisation des "minorités raciales"; alors que toutes ces réalités devraient nous prémunir contre la voie de la "race-publique", c'est l'inverse qui se produit.
Tout se passe comme si M. Sarkozy, en laissant voter une loi sur l'immigration autorisant des statistiques raciales, donnait enfin raison aux organisations communautaristes et aux défenseurs patentés des dites "minorités", se revendiquant bien souvent de gauche...
La rupture avec la république se poursuit donc à grandes enjambées, sur
des sujets hautement sensibles.
N'oublions pas le souci des autorités républicaines françaises, après les horreurs de la Seconde guerre mondiale et les crimes de Vichy, de "déracialiser" les papiers d'identité administratifs. N'oublions pas que c'est pour cela que la Carte nationale d'identité ne peut pas mentionner en France ni la race, ni la religion, ni l'ADN...
Tout cela n'a rien à voir avec un prétendu "tabou" ou encore un "aveuglement" supposés. Il s'agit d'un choix de civilisation, et rien de moins.
A vouloir lutter contre les discriminations en en instaurant de nouvelles, en créant de nouveaux
privilèges -au sens des privilèges abolis lors de la Révolution française-, à ne pas résister aux mirages de la société de consommation et d'information de masse comme à la civilisation de l'image, à ne pas réaffirmer un principe de laïcité garantissant le strict respect de la sphère privée comme la neutralité du domaine public, la présidence Sarkozy entame une dérive grave, dont les retombées sociales n'apparaîtront peut-être que dans des années voire des décennies... Entre-temps nous serons passés de la "res publica", de la République, à la "race-publique".
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Vous pouvez signer la pétition en ligne de:
-SOS racisme: "Contre la statistique ethnique"
http://www.fichepasmonpote.com/
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Cliquez ici pour lire également:
LE TEMOIGNAGE PASSIONNANT DE MEMONA HINTERMANN
UNE COMMUNAUTARISTE SECRETAIRE D'ETAT AUX DROITS DE L'HOMME?
PAS D'ETHNIES EN REPUBLIQUE M. SARKOZY!
26 juin 2007
UNE COMMUNAUTARISTE SECRETAIRE D'ETAT AUX DROITS DE L'HOMME?
L’ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République française a donc, après les législatives, mis une touche finale au gouvernement d’ouverture et de parité qu’il appelait de ses vœux. Des élus, des femmes, des jeunes et des personnes reflétant la diversité, des gens de couleur, eût-on dit en d’autres temps, en font partie.
Parmi eux, Rama Yade, d’origine sénégalaise, a été nommée secrétaire d’Etat aux Affaires
étrangères et aux droits de l’homme. Nomination très médiatisée mais qui ne va pas sans poser des questions politiques graves.
En effet, M. Sarkozy avait martelé qu’il choisirait ministres et secrétaires d’Etat en fonction de leurs compétences et de leur victoire aux législatives. Mais, s’agissant, entre autres, de Mme Yade on peut de se demander ce qu’il en est, non pas de sa personne, mais de ses convictions, des principes politiques qui l’animent et de son adhésion ou non au pacte républicain.
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Mme Yade a récemment publié un ouvrage intitulé Noirs de France, les nouveaux Neg’marrons, récit d’un
rendez-vous manqué entre la République et les Afro-antillais.
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Elle a donné divers entretiens à ce sujet et a par ailleurs expliqué son ralliement à la candidature de M. Sarkozy au motif principal qu’il était le seul à défendre une idée proprement antirépublicaine, touchant à l’un des fondements de la culture politique française, antinomique de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 comme de la Constitution de la Vième République, et éminemment délicate pour qui connaît un tant soi peu l’histoire comme la réalité sociologique de la France.
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Il s’agit de la "discrimination positive", sur critères dits "ethniques", mais en réalité raciaux, traduction anachronique et viciée du concept d’affirmative action, mesure mise en œuvre par décret aux Etats-Unis d’Amérique.
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La nouvelle secrétaire d’Etat aux droits de l’homme estimait en mai 2007 que l’intégration républicaine ayant fait
faillite,
« Il serait criminel de ne rien essayer sous prétexte que la discrimination positive, ce n’est pas dans la tradition républicaine », et comble de la confusion des idées, qu’« en réalité, il n’y a rien de plus républicain que la discrimination positive puisqu’on l’applique déjà aux personnes handicapées dans les entreprises et aux femmes pour les élections »[1] !
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Précisément parce qu’elle sera chargée de représenter la France et sa culture politique à l’étranger comme de promouvoir les droits de l’homme et la philosophie politique qui les sous-tend, il convient donc peut-être de rappeler ici à Mme Yade ce qu’est l’affirmative action et, par-dessus tout en quoi -que cela plaise ou non- ce principe ne saurait être importé en France sans un changement de régime, de Constitution et sans l’abandon de toute référence à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, partie intégrante du Préambule de cette même Constitution.
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L’historien des Etats-Unis Jacques Portes nous explique que l’affirmative action résulte d’"une correction
historique" [2], propre et spécifique à l’histoire et au contexte politique, juridique et social états-uniens, hérité de la fondation même de ce pays.
En effet, "le principe édicté en 1965 s’applique aux Africains-Américains, pour remédier à leur retard historique dû à l’esclavage et à la ségrégation. [Il instaure] le principe des quotas"[3], lesquels sont originellement raciaux, dans un pays où les statistiques officielles font état de la race de ses ressortissants et dont l’histoire est marquée par l’esclavage comme par une ségrégation juridique raciale entre noirs et blancs.
De l'esclavage dans les champs de coton à la ségrégation dans les lieux publics: l'histoire tragique des noirs américains...
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Le contexte historique français est différent. Les "enfants
d’immigrés" ne sont pas des descendants d’esclaves français et, s’ils sont effectivement discriminés socialement, leurs droits civiques et leur égalité devant la loi, à partir du moment où ils ont la nationalité française, ne sont pas remis juridiquement en cause. D’autre part, Mme Yade connaît peut-être l’histoire du régime de Vichy et de cet Etat français qui mit fin à la IIIième République et, surtout, établit une distinction juridique entre citoyens français israélites et non israélites en instaurant, par la loi du 3 octobre 1940, un statut des juifs qui les excluait
tout d’abord de la fonction publique, grâce à un fichage minutieux. Préalable à leur déportation vers les camps de la mort. Enfin, peut-être connaît-elle les non-principes qui régissaient les colonies françaises et instauraient un régime de l’inégalité devant la loi des plus féroces, en contradiction notoire avec le droit ayant cours en métropole, l’exclusion des musulmans d’Algérie de la citoyenneté politique française en étant l’un des emblèmes les plus criants du fait que l’Algérie était un département français.
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Le contexte juridique et institutionnel français est lui-même bien différent de celui des Etats-Unis d’Amérique. Mme Yade ne l’a peut-être pas appris, à moins qu’elle n’en ait cure, mais la Constitution du 4 octobre 1958 pose, en son article 2, que :
« la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale » et qu’elle « elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
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Par ailleurs, il serait bon qu’elle relise sereinement la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 posant :
Article Premier. « Les hommes naissent libres et égaux en droits, les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ».
Article IV. « La loi est l’expression de la volonté générale, tous les citoyens ont droit de concourir personnellement ou par leurs représentants, à sa formation, elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités places et emplois publics, selon leur capacité, et sans aucune autre distinction que celles de leurs vertus et talents ».
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Ce sont précisément ces principes républicains qui furent abolis par Vichy, et qui ne furent jamais appliqués, malgré les promesses trompeuses, dans l’Empire français, que Mme Yade aimerait remettre en cause, au nom de la lutte contre l’exclusion des "enfants d’immigrés".
L'"Empire" multiculturel mais toujours inégalitaire et racialiste: un modèle pour la République sarkozyste?
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La question ultime est celle-ci : doit-on introduire la notion de "race" dans le droit français, dans les statistiques officielles et dans l’ensemble de la société pour en faire un marqueur juridique, démographique et sociologique concurrent de celui de la nationalité, de la citoyenneté politique et des conditions sociales ou de santé ?
La race est-elle ce concept idéal qui remédiera aux difficultés sociales rencontrées par certains
Français. Faut-il instaurer un droit spécifique en fonction de l’appartenance raciale, des privilèges liés à la couleur de la peau, quitte à revenir à nouveau sur la nuit du 4 août 1789, l'abolition des privilèges.
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Doit-on faire en sorte, comme aux Etats-Unis que "dans l’Université, dans les emplois fédéraux, les bénéficiaires de l’affirmative action disposent des ouvertures et des postes qui leur sont réservés, avec des conditions spéciales"[4], sans considération ni de leur mérite ni de leur talent ? Toutes mesures qui, si elles ont permis de voir émerger des classes moyennes noires, n'ont en rien résolu la "question sociale noire" dans son ensemble... Les discriminations en terme de niveau de vie, de santé et d'éducation frappant toujours grandement les noirs.
Les émeutes de Los Angeles de 1992, ou la persistance de la "question noire" après des décennies d'affirmative action...
Croire que de telles mesures remédieront à la délinquance de masse, à l’anomie des quartiers difficiles, à la pauvreté et au chômage, dissoudront les préjugés xénophobes et déboucheront miraculeusement sur une société apaisée et idyllique est d’une naïveté affligeante. C’est méconnaître aussi les critiques qui se sont toujours élevées, même aux Etats-Unis, où nous l’avons rappelé, la mesure était juridiquement justifiée, contre les dérives de l’affirmative action, bien après l’obtention des droits civiviques:
.racialisation des rapports sociaux
.différenciation raciale par le juridique
.chauvinisme ethno-racial qui a parfois sombré dans le racisme anti-blanc et dans l’antisémitisme –incarné notamment par le leader extrémiste Frarrakhan
Louis Farrakhan, leader de l'organisation Nation of Islam, ennemi autoproclamé des juifs, des homosexuels et des féministes...
.essentialisation de l’appartenance raciale
.séparation physique des populations et condamnation implicite des "mariages mixtes"
.sentiment d’une cohabitation subie et non dénuée de rancune ou de contentieux historiques
.sentiment de dévalorisation des personnes bénéficiaires des programmes d’affirmative action
.ressentiment des blancs contre les noirs
.phénomène de reverse discrimination traduisant le sentiment de discrimination des blancs
.instauration d’une concurrence entre populations
.perpétuation d’une culture raciale au sein même de la démocratie
.banalisation des insultes racistes dans le vocabulaire quotidien transformés en mots d’ordre identitaire
"L'homme blanc est le diable", mot d'ordre lors des émeutes des quartiers noirs de Los Angeles en 1992, après des violences policières racistes
.échec dans la résorption des problèmes sociaux des noirs malgré l’apparition d’une réelle classe moyenne et d’une élite fortunée noires –malheureusement l’égalité des droits n’entraînera jamais l’égalité sociale
Martin Luther King, symbole de la lutte des noirs pour les droits civiques
.déclin de l’humanisme…
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En 2000, le professeur de sociologie américain Paul Gilroy publia un essai qui sema le trouble aux Etats-Unis, notamment parmi les représentants des communautés noires, intitulé Against race, Imagining Political Culture Beyond the Color Line (Contre la race, Imaginer une culture politique au-delà de la frontière de la couleur). Après avoir pendant des années promu une identité africaine-américaine transatlantique, diasporique, Gilroy faisait une volte-face spectaculaire avec cet essai. Il estimait désormais que "le concept de race est entachée d’une logique héritée de la tradition esclavagiste reformulée positivement pour perpétuer la subordination de groupes humains et séparer blancs et noirs".
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Il s’en expliquait et illustrait son propos par moult exemples contemporains des dérives du "chauvinisme ethnique intégral" envahissant la culture de masse aux Etats-Unis, empêchant les noirs américains de devenir des citoyens à part entière.
Puff Daddy, le rappeur multi-millionnaire, symbole des dérives de la culture de masse noire, machiste, chauviniste et violente
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Espérons donc que Mme Yade aura étudié un peu plus la question d’ici à ce qu’elle soit en charge de son secrétariat d’Etat! Aussi qu’elle aura revu son droit et relu les textes qui fondent notre culture républicaine, qu’elle écarte aujourd'hui dédaigneusement et dans laquelle elle ne voit que des "mots creux" [5] alors que, comble de l’ironie, elle est censée, par la volonté du président Sarkozy, la promouvoir à l’étranger…
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S’il ne s’agit pas d’accabler Mme Yade ni de mettre en doute ses compétences, il est néanmoins impératif d’exiger du président de la République des explications sur ses choix qualitatifs.
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On connaissait l’inculture républicaine de M. Sarkozy. On connaissait son mépris ou son ignorance s’agissant du principe de laïcité – il s’était, il y a quelques temps, proposé de revenir sur la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905-, on connaissait également sa fascination naïve pour la société américaine et son mode de vie, mais on pouvait penser que son élection et sa prise de fonction présidentielle allaient le faire revenir sur quelques lubies dont la mise en oeuvre aurait des conséquences désastreuses pour le pays et le vivre-ensemble qui le caractérise.
Apparemment, ce n’est pas le cas…
[1]Propos recueillis par Thomas Yadan pour Evene.fr - Mai 2007.
[2] J. PORTES, Les Etats-Unis de 1900 à nos jours, Armand Collin, Prépas Histoire, Liège, 2002, p. 238.
[3] Idem, p. 238.
[4] Ibid., p. 238.
[5] Propos recueillis par Thomas Yadan pour Evene.fr - Mai 2007.
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Cliquez ici pour lire également:
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RELISEZ RENAN M. SARKOZY!:
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/2007/04/17/4655068.html
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PAS D'ETHNIES EN REPUBLIQUE M. SARKOZY!:
http://sarkonorepublic1.canalblog.com/archives/2007/04/17/4655034.html
17 avril 2007
RELISEZ RENAN M. SARKOZY!
Pas de prédestination ethnique en République, M. Sarkozy!
ERNEST RENAN
"Le Français n'est
ni un Gaulois,
ni un Franc,
ni un Burgonde.
Il est ce qui est sorti de
la grande chaudière où,
sous la présidence du roi de
France, ont fermenté ensemble
les éléments les plus divers."
Qu'est-ce qu'une nation?
.
Dire que M. Sarkozy tient des propos et envisage des politiques non républicaines prend tout son sens à deux égards.
I. Il est partisan d'une identification ethno-racialo-religieuse -on ne sait pas trop- des citoyens, ce qui va totalement à l'encontre des propos de Renan s'agissant de la France de son époque, mais aussi de toute la culture humaniste qui pose que l'être humain peut, par la culture, sortir des arbitraires que lui impose la nature. Renan voyait là un des fondements de ce que l'on appelle le "le vivre-ensemble".
Et oui, les Français sont de multiples couleurs, d'origines diverses, et ils devraient ETRE TOUS CITOYENS A PART ENTIERE! Lutter contre les discriminations, oui! Créer une discrimination raciale positive... C'est autre chose, hautement dangereuse!
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II. En posant la question de la prédestination génétique des suicidaires ou des pédophiles, il absolutise cette conception qui refuse à la culture, à l'éducation, à ce que les Allemands des Lumières ont appelé la "formation", toute possibilité de perfectionner l'homme, posture anti-rousseauiste qui pourrait avoir des conséquences politiques sociales et humaines gravissimes.
"La lectrice" de Fragonard", ou comment l'éducation et la culture façonnent femmes et hommes!
PAS D'ETHNIES EN REPUBLIQUE M. SARKOZY!
Un citoyen n'est le membre ni d'une race ni d'une ethnie M. Sarkozy.
HANNAH ARENDT
"Si, dans une communauté blanche, un Nègre
est considéré comme nègre et uniquement comme tel,
il perd, en même temps que son droit à l'égalité,
cette liberté d'action qui est spécifiquement humaine;
tous ses actes sont alors interprétés
comme les conséquences "nécessaires"
de certaines qualités "nègres";
il devient un spécimen d'une espèce animale appelée Homme".
Hannah Arendt
"L'impérialisme" in "Les origines du totalitarisme".
Et oui, fière d'être citoyenne des Etats-Unis, Hannah Arendt était aussi fine connaisseuse des problèmes de la race, qu'elle ne pouvait qu'opposer à la citoyenneté.
Traitant de l'Afrique du Sud, elle dénonça, il faut le savoir, les dérives de la racialisation de la société états-unienne après la victoire des droits civiques.
L'"affirmative action" la laissait de marbre, et le nationalisme ethnique violent de groupes tels que les Panthères Noires la scandalisait.
Les débats, M. Sarkozy, en ces Etats-Unis que vous prétendez être le seul à aimer en France, sont vifs sur ce sujet, aujourd'hui encore. Et la pérennisation de l'"affirmative action" est parfois montrée du doigt, même si tout le monde à peu près reconnaît qu'elle était nécessaire, après des siècles d'esclavage, de ségrégation officielle.
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Et l'on sait que si l'égalité de droit est normalement garantie pour les noirs aux Etats-Unis, les problèmes de racisme, de discrimination sociale mais aussi d'une pauvreté effroyable n'ont pas été résolus, malgré l'"affirmative action".





























































