Leçons républicaines à l'attention de M. Sarkozy

"La République pour ceux qui l'ont oubliée et pour M. Sarkozy". Ou comment la nouvelle droite met en DANGER notre héritage COMMUN: la République. [Ce blog n'engage que mes SEULES opinions personnelles, au titre de la liberté d'expression.]

19 mai 2008

SARKOZY VEUT ABOLIR LE DROIT DE GREVE COMME THATCHER EN SON TEMPS

La réaction inattendue du président de la République, le 15 mai 2008, en direct, à la grève des enseignants et des fonctionnaires doit être considérée comme une déclaration de guerre officielle de Nicolas Sarkozy au droit de grève.

CONSTITUTION DE LA Ve REPUBLIQUE

"-art. 6. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts

par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix.

-art. 7. Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent."

Constitution de la Ve République,

Préambule, Constitution de la IVe République.


Vidéo envoyée par sarkozyfrance2007

Le 15 mai, en pleine grève, le président de la République choisit de court-circuiter le mouvement, de stigmatiser les enseignants et de créer un droit nouveau qui permettrait de contourner le droit de grève

Comment vider de sa substance le droit constitutionnel de grève sans risquer d'attenter à la Constitution? Tel est l'effort de Nicolas Sarkozy et du ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, pour maintenir les suppressions de postes d'enseignement ou d'encadrement comme les changements dans les programmes scolaires.

La création d'un "service minimum" d'accueil des élèves, en cas de grève des enseignants, qui verrait les enfants "gardés" par des personnels municipaux non formés, non qualifiés pour une telle mission, a pour but d'empêcher toutes les grèves mais contient aussi de multiples risques pour les élèves - sécurité, stabilité, incompréhension, rupture avec leur institueurs etc.

Un_pr_sident_antigr_ve

L'ancien maire de Neuilly-sur-Seine depuis toujours allergique à la grève....

Dans la logique sarkozienne, dresser les parents contre les enseignants a vocation à conquérir l'opinion publique, "la veuve et l'orphelin", en soulageant évidemment les parents dont les enfants ne seraient pas accueillis à l'école. L'ancien maire de Neuilly-sur-Seine a donc sorti l'artillerie lourde, en opposant de façon provocatrice au droit de grève un "droit d'accueil" des élèves par les municipalités. L'obligation par la loi pour les grévistes d'annoncer 48 heures à l'avance leur action va dans le même sens.

La condamnation par le président de la République de la grève des enseignants a évidemment provoqué une réaction d'ampleur : une manifestation a rassemblé près de 40 000 d'entre eux, le dimanche 18 juin 2008.

Gr_ve_des_enseignants_dimanche_18_mai_2008

La grève : bête noire du président Nicolas Sarkozy... L'abandon des personnels de l'Education nationale par le sommet de l'Etat...

"Droit d'accueil-écran de fumée" qui permet de camoufler les dégâts provoqués par la politique du pouvoir en place, laquelle, à long terme, provoquera des désastres incommensurables avec les conséquences de telle ou telle grève:

  • suppression de milliers de postes dans l'Education nationale

  • énièmes changements dans les programmes scolaires

  • non revalorisation du métier d'enseignant, gravement sous-payé

  • déséquilibre des arbitrages budgétaires entre l'école privée et l'école publique etc.

Cette stratégie de conquête de l'"opinion" contre les salariés n'est pas propre à Nicolas Sarkozy. Ce fut celle de Margaret Thatcher dans les années 1980, au Royaume-Uni. Il s'agissait évidemment pour elle de tuer les syndicats mais aussi de faire taire toutes les revendications sociales des travailleurs, du privé ou du public.

M_moires_de_Margaret_ThatcherDans 10 Downing steet, Mémoires, Mme Thatcher rappelait qu'en 1982:

"A l'avenir, les employeurs pourraient licencier les participants à une grève ou à tout autre conflit social, sans courir le risque que le licenciement soit déclaré inéquitable, pourvu que tous ceux qui prendraient part à la grève soient licenciés."

"La définition du conflit syndical serait soumise à un certain nombre de restrictions [...]."

"Dans les "services essentiels" [éducation, santé etc.], l'introduction du vote de la grève aiderait nettement à réduire les risques."

"Nous estimions que le grand public jugerait cela raisonnable."

Lors de son entretien télévisé du 24 avril 2008, Nicolas Sarkozy avait d'ailleurs paraphrasé Margaret Intervention_de_Nicolas_Sarkozy_le_24_avril_2008Thatcher, pour annoncer la poursuite, quoi qu'il arrive, de ses réformes antisociales et antirépublicaines. Quand la Dame de fer disait "There is no alternative", le président de la République dit "il n'y a pas d'autre politique possible". Opposant aux lycéens manifestants une fin de non-recevoir...

La rupture avec le pacte social et républicain, - la destruction de la fonction publique étant le but ultime - entamée dès les débuts de sa présidence, déjà engagée sur les fronts de la solidarité nationale, des Familles, des retraites, de la Santé, de la Justice, va désormais fragiliser durablement le service public de l'Education, insultant gravement l'avenir de la jeunesse et donc de la nation. Le déclassement de la jeunesse française, dans un contexte mondial où l'économie de la connaissance nécessite d'orienter plus que jamais des fonds publics considérables dans l'instruction, la connaissance et la recherche risque de toucher la France de plein fouet.

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Les méthodes thatchériennes datent d'il y a plus de 20 ans. Elles ont transformé une société en véritable jungle sociale où les inégalités atteignent des records parce que la croissance, certes forte, n'est pas équitablement redistribuée. La violence sociale qui en résulte a un coût immense.

C'est donc, sous couvert d'une fausse modernité réformatrice, vers ce type de société que Nicolas Sarkozy, son gouvernement et la majorité UMP veulent conduire la France... Une ploutocratie accouchant de sa voyoucratie. En toute connaissance de cause... Au bénéfice des plus riches, bien entendu, au détriment de la cohésion nationale, évidemment...

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13 janvier 2008

THATCHER-SARKOZY, MEME COMBAT: LIQUIDER L'HERITAGE DE LA REVOLUTION FRANCAISE

Le détricotage de la République française s'est brutalement accéléré avec le discours de Nicolas Sarkozy tenu à Latran, le 20 décembre 2007. L'article Ier de la Constitution, qui pose que "la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale", lequel devrait être le point de ralliement de tous les citoyens et de toutes les forces politiques opposées à la dérive sarkozienne, est en train d'être vidé de son sens.

Finalament, par un curieux retournement de l'histoire, c'est une sorte de contre-révolution postmoderne, teintée de thatchérisme et d'un vague "néoconservatisme à la française" qui s'installe à l'Elysée et s'apprête, culturellement ou civilisationnellement, à liquider l'héritage de la Révolution française.

JACQUES GODECHOT

"De toutes les doctrines contre-révolutionnaires [...],

celle de Burke fut la seule à jouir d'une grande popularité.

[...]

Les Réflexions de Burke arrêtèrent le mouvement

révolutionnaire qui se propageait rapidement en

Angleterre, elles le freinèrent aux Etats-Unis et

en Allemagne [...]. Ainsi les doctrines contre-révolutionnaires

eurent-elles une influence à longue échéance, et non à court terme".

La_contre_r_volutionJacques Godechot

"La contre-révolution, 1789-1804".

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L'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy, avait promis, lors de sa campagne S_gol_ne_Royal___Charl_ty_le_1er_mai_2007présidentielle, la "rupture". Son adversaire de gauche, Ségolène Royal avait, dans l'indifférence médiatique généralisée, qualifié cette "rupture" de "fracture républicaine", lors de son dernier meeting au stade Charléty. C'est précisément ce à quoi nous assistons.

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Car loin de la volonté sarkozienne de "liquider l'héritage de mai 68", c'est en fait la liquidation de 1789 et de tout l'héritage républicain qui est mise en oeuvre aujourd'hui par le "très-chrétien" président Nicolas Sarkozy.

Georges_WLe renoncement de la France à son message universel, inspiré par la Déclaration des droits Le_pape_Beno_t_XVIde l'homme et du citoyen de 1789 -qu'on l'approuve ou qu'on le réprouve- est un fait, tant sur la scène mondiale qu'en France même. A cette France-là M. Sarkozy oppose la "fille aînée de l'Eglise"...

L'alignement sur les visions bushienne et papale des relations internationales, le reformatage à "l'anglo-saxonne" de la société française en sont les preuves tangibles -qu'on y voit modernité ou régression. Même s'il s'en défend, et alors qu'il a cru bon d'instituer un "ministère de l'identité nationale", après avoir mené une campagne "néo-nationaliste", inspirée par certaines des thématiques du Front national, Nicolas Sarkozy est, s'agissant de l'héritage de la Révolution française, de la République laïque comme de la vision de la société, un digne héritier, non pas tant des nationalistes français, que de Margaret Thatcher elle-même.

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En 1989, la République française célébrait avec faste, mais aussi pédagogie, le bicentenaire de sa Révolution fondatrice.

Chute_du_mur_de_Berlin_en_1989La même année, le mur de Berlin s'écroulait. L'Angleterre comme les Etats-Unis y voyaient le signe tant attendu de l'enterrement de la Révolution russe et de la victoire du libéralisme, non pas seulement politique, mais avant tout économique. La notion même de révolution s'en verrait définitivement dévaluée.

C'est avec sarcasme que Margaret Thatcher vint donc commenter en France, les célébrations voulues par le présidentM_moires_de_Margaret_Thatcher Mitterrand du bicentenaire la Révolution française. Elle manifestait son mépris constant et tout britannique pour 1789 et la Déclaration des droits de l'homme, événements responsables sinon coupables, d'après elle, de la Révolution russe de 1917, de la création de l'U.R.S.S. puis des crimes de Staline.

Terreur révolutionnaire et totalitarisme s'équivalaient, sans plus de nuance. Syllogisme sophistique, hâtif et simpliste, mais très efficace, exposé par Mme Thatcher dans ses Mémoires, 10, Downing Street.

  • Il s'agit d'abord pour cete dernière de dénoncer l'ineptie philosophique des principes universels proclamés par la Révolution, dont Edmund Burke fut effectivement un fin critique, à l'époque des faits:

"Pour moi, qui appartiens à un courant dont le père, Edmund Burke, fut le premier grand critique perspicace de la Révolution, les événements de 1789 représentent une perpétuelle illusion de la politique".

R_flexions_sur_la_r_volution_de_France_de_Edmund_Burke       Edmund_Burke

Edmund Burke, témoin horrifié de la Révolution française et premier critique intelligent et cohérent de l'événement, a posé les jalons d'un courant de pensée extrêmement influent dans le monde anglo-saxon, aujourd'hui endossé par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy. A la "Raison" comme aux droits naturels, posés comme origines de la Révolution française comme de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, Burke opposa le premier la "tradition", à l'universalité des droits de l'homme et du citoyen, il opposait le "droit des Anglais".

Le_serment_du_jeu_de_Paume_par_DavidCe qui est curieux, mais récurrent dans l'esprit des contre-révolutionnaires de tous pays et dans celui de Mme Thatcher, c'est un mélange de morgue, de mépris et de curiosité, de fascination pour l'histoire de France. Car cette dernière reconnaît tout de même que: "la Révolution française est l'un des quelques véritables tournants dans l'histoire des idées politiques". Si ineptes qu'avaient été les idées portées par les révolutionnaires, elles avaient eu un impact universel...

  • Il faut ensuite pointer du doigt, comme nous l'avons dit, la parenté de 1789 avec 1917, deux révolutions marquées par l'utopie et l'abstraction idéaliste, vouées par essence même à l'échec et à la terreur. A ces aberrations historiques s'opposerait l'esprit britannique, tout pragmatique et réaliste, efficace et bien plus humain -quand on connaît l'histoire moderne anglaise, la violence des guerres civiles puis plus tard l'étendue des massacres coloniaux et les conséquences désastreuses de leur décolonisation -Israël-Palestine, Inde-Pakistan etc.-, on ne comprend pas bien comment le Royaume-Uni pourrait être immunisé contre la violence politique:

"La Révolution française était une tentative utopique de renverser l'ordre traditionnel [...] au nom d'idées abstraites, formulées par des intellectuels vaniteux, qui échoua, non par hasard, mais par la faiblesse et la méchanceté de ses acteurs -dans les purges, le meurtre de masse et la guerre".

"Sous bien des aspects, elle anticipait la bien plus terrible révolution bolchévique de 1917".

La_prise_de_la_Bastille__le_14_juillet_1789  La_R_volution_russe_de_1917 Staline__image_de_propagande

1789 = 1917 = le régime stalinien: telle est l'équation simpliste et contre-révolutionnaire martelée par certains penseurs anglo-saxons et même certains penseurs français, dont Mme Thatcher avait été une des militantes les plus ardentes et que Nicolas Sarkozy endosse aujourd'hui au nom de la République française, pourtant issue de la Révolution...

Nicolas Sarkozy partage aujourd'hui ce diagnostique. Aussi a-t-il déclaré devant un parterre de cardinaux à Latran:

"Depuis le siècle des Lumières, l’Europe a expérimenté tant d’idéologies. Elle a mis successivement ses espoirs dans l’émancipation des individus, dans la démocratie, dans le progrès technique, dans l’amélioration des conditions économiques et sociales, dans la morale laïque. Elle s’est fourvoyée gravement dans le communisme et dans le nazisme. Aucune de ses différentes perspectives –que je ne mets évidemment pas sur le même plan- n’a été en mesure de combler le besoin profond des hommes et des femmes de trouver un sens à l’existence".

Pour toutes ces raisons, le fait qu'en 1989, l'ensemble de l'échiquier politique français, l'extrême droite mise à part, se reconnaissait dans le moment fondateur de la Révolution française, était incompréhensible et condamnable. Tout le monde entonnait l'hymne national, La Marseillaise et se référait à la conception républicaine de la souveraineté du peuple, au grand étonnement de Mme Thatcher, qui ne voyait dans tout cela que l'expression d'un gauchisme attardé et dangereux.

La_Marseillaise

Rien sur l'héritage de l'Athènes démocratique comme de la Rome républicaine qui inspiraient aussi la geste et DDHles mesures engagées par les révolutionnaires français. Aucune compréhension du ralliement d'une partie du clergé aux idéaux révolutionnaires. Aucune intuition sur la parenté entre le message de la doctrine de Jésus de Nazareth et les principes édictés, en termes laïques, par la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Rien sur les suites de la Révolution française, sur la lenteur et les raisons du ralliement d'une droite française extrêmement diverse et divisée à la République. Rien enfin sur les raisons de la victoire de l'option républicaine.

  • Pour Mme Thatcher, la droite française, dont le RPR -Rassemblement pour la République- n'aurait pas dû se rallier à cette civilisation immonde. Il suffit encore de lire la "Dame de Logo_du_RPR__bonnet_phrygien_et_croix_de_Lorrainefer", pour comprendre tout cela:

"La plupart -sinon la totalité- des Français [...] ont désormais [accepté la Révolution française] comme la base de leur Etat, de sorte que même les plus conservateurs d'entre eux semblaient chanter la Marseillaise avec enthousiasme".

  • Le caractère séculier de la Révolution française, et, bien évidemment, la laïcité, sont incompréhensibles. Penser la dignité humaine sans référence au Dieu "judéo-chrétien" est proprement impensable pour le cerveau de Mme Thatcher:

"Les droits de l'homme n'ont pas commencé avec la Révolution française. [...] Ils trouvent leur origine dans le judaïsme et le christianisme".

MLà encore, la vision sarkozienne du monde, ou du moins celle de ses "conseillers-Mme_Thatchercerveaux-interposés", s'accorde aujourd'hui sur cette relecture confessionnelle et discriminatoire, anti-universaliste puisqu'elle survalorise, apparemment les catholiques, et à coup sûr tous les "croyants", avec celle de Mme Thatcher:

"La laïcité ne saurait être la négation du passé. La laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire, elle n’aurait pas dû".

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"La morale laïque risque toujours de s’épuiser quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini".

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Tout cela se fonde, dans le discours de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, sur une "anthropologie" naïve de l'homme, qui pose que seule la "religion" peut donner un sens à l'existence humaine, l'accès à une transcendance etc.:

"Le fait spirituel, c’est la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance. Le fait religieux, c’est la tendance des religieux à cette aspiration fondamentale qui existe depuis que l’homme a conscience de sa destinée".


Pour Nicolas Sarkozy, les défenseurs des droits de l'homme que sont les cardinaux et le clergé doivent être encouragés partout où ils agissent, même si ceux-ci défendent avant tout la foi catholique:

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"Ce que je veux vous dire ce soir, en tant que Président de la République, c’est l’importance que j’attache à ce que vous faites […] votre contribution à l’action caritative, à la défense des droits de l’homme".

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Soldats_de_l_ONU_pour_le_maintien_de_la_paix_et_le_respect_des_droits_de_l_homme       Les_missionnaires_de_la_charit__visit_s_par_le_pape

Les soldats de l'ONU, risquant leur vie pour le maintien de la paix et la défense des droits de l'homme et les missionnaires de la Charité, religieuses catholiques visitées par le pape: même combat?

Fernandel_incarnant_la_figure_r_publicaine_et_populaire_de_l_instituteurOn peut aujourd'hui dire que la vision thatchérienne de la France a gagné et s'est cristallisée dans la nouvelle droite sarkozienne. Le nouveau président de la République, non content de détricoter tout l'héritage républicain, a ainsi solennement condamné la Révolution française et la laïcité, lors de son voyage au Vatican, en décembre 2007. Il a, au passage, insulté les instituteurs, anciens "hussards de la République" et acteurs majeurs de l'école "gratuite, laïque et obligatoire", auxquels il préfère les religieux:

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"Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue inter-religieux, dans les universités, je vous soutiendrai".

"Dans la transmission des valeurs et l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance".

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L_instit_s_rie_culte_valorisant_le_r_le_de_l_instituteur_dans_la_soci_t__fran_aise    Pause_caf___s_rie_culte_des_ann_es_80_mettant_en_sc_ne_une_assistante_sociale   Des_cur_s

Dans les années 1980 et 1990, la société française se reconnaissait encore dans des figures exemplaires, jouant un rôle de premier plan dans la cohésion sociale: l'instituteur idéalisé dans la série-culte "L'instit" ou encore l'assistance sociale dévouée dans "Pause café". Aujourd'hui, ce sont les "religieux" qui devraient les remplacer...

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Une page se tourne donc dans l'histoire de la République française. Le président Nicolas Sarkozy n'est plus le garant de la Constitution, qui stipule en son article Ier, que la "France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale". La nation française n'est plus pensée en termes d'abord politiques, mais en termes "confessionels". La citoyenneté se voit concurrencée par l'appartenance confessionnelle.

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Le "très-chrétien" président Sarkozy rompt ainsi avec ses prédecesseurs, de de Gaulle à Chirac, qui avaient toujours porté haut l'héritage politique de la Révolution française comme de la République, héritage fragile et critiqué depuis l'origine par les contre-révolutionnaires, les monarchistes ou encore l'extrême droite française.

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Par rapport à la vocation de la France dans le monde, on peut considérer que M. Sarkozy renonce à la singularité française dans le monde, à son message universel, pour s'aligner sur un modèle "anglo-saxon", tel que le thatchérisme l'avait promu avec force dans le cadre de la Guerre froide finissante. Qu'il s'agisse de la morale, de l'action sociale comme des fondements philosophiques de la société humaine: seule la "religion" compte. Au détriment d'ailleurs de l'Etat. Ainsi les "religieux" seront-ils encouragés à agir en banlieue, là où les services publics de l'Etat sont fragilisés.

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La thèse dangereuse du "retour salvateur" des "religions" devient celle de la France de Nicolas Sarkozy, au risque de faire entrer le pays dans le dangereux "choc des civilisations". Thèse à laquelle la politique étrangère chiraquienne, néo-gaullienne, avait toujours opposé la vision d'un monde multi-polaire, régi par le droit international, dans le souci constant du respect de la "diversité culturelle" universelle, comme de la différenciation nécessaire entre Etats, nations et communautés "religieuses".

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Si les conséquences d'un tel revirement, opéré en territoire étranger, à savoir au Vatican, ne sont pas encore palpables, elles ne sauraient tarder à se manifester. Quoi qu'il en soit, l'image de la France ne peut qu'en ressortir brouillée sur la scène mondiale, notamment auprès de nos traditionnels alliés... A quel prix? Seul l'avenir nous le dira.

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Car on ne se fait pas, en France, l'exécuteur testamentaire de la "philosophie politique" thatchérienne et l'admirateur béat de George W. Bush, sans en payer un prix...

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Cliquez ici pour lire également:

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LA CHIRSTIANISATION DE L’HISTOIRE DE FRANCE, LE REVISIONNISME HISTORIQUE ANTI-REPUBLICAIN DE M. SARKOZY 

SARKOZY ABOLIT LA REPUBLIQUE LAIQUE

SARKOZY PRESIDENT ANTI-REPUBLICAIN MAIS ABSOLUMENT PAS CATHOLIQUE : LA GRANDE HYPOCRISIE PSEUDO-RELIGIEUSE

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THATCHER-SARKOZY : LA STRATEGIE DU "REALISME" ECONOMISTE CONTRE LA REALITE SOCIALE ET HUMAINE

SARKOZY ET LA PENSEE CONTRE-REVOLUTIONNAIRE

LE PREFET MUSULMAN DE M. SARKOZY

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LA DROITE DE SARKOZY, SYNTHESE OU RUPTURE REPUBLICAINE?

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25 novembre 2007

THATCHER-SARKOZY: LA STRATEGIE DU "REALISME" ECONOMISTE CONTRE LA REALITE SOCIALE ET HUMAINE

M. Sarkozy ou la victoire de la logique économiste sur les cheminots français, 2007



Mme Thatcher et les mineurs anglais, ou la victoire de la logique économiste sur les luttes sociales, 1984

Posté par Citoyen r j à 23:08 - SARKOZYSME ET THATCHERISME, L'AXE "INTELLECTUEL" - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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