10 juin 2008
SEGOLENE ROYAL POUR UNE CHARTE LAIQUE DANS LES SERVICES PUBLICS, ELLE DENONCE LE REVISIONNISME DE NICOLAS SARKOZY SUR LA LAICITE
Alors que le président de la République, Nicolas Sarkozy a envoyé une lettre de mission à Simone Veil, pour réviser le Préambule de la Constitution et pour y intégrer "la diversité des religions" ou encore "la dignité des croyants", il est impératif que tous les échelons de l'administration publique de la République réagissent. Alors qu'un mariage a récemment été annulé par un Tribunal, lequel rend ses jugements au nom du peuple français, pour cause de "non-virginité", sous des motifs évidemment religieux -le mari étant musulman et prétendant imposer à sa femme des coutumes qu'il juge rédhibitoires-, Ségolène Royal, ancienne candidate à l'élection présidentielle de 2007, opposante à Nicolas Sarkozy, s'est prononcé pour une "charte laïque dans les services publics".
CONDORCET
"Les opinions religieuses ne peuvent faire partie de l'instruction
commune, puisque, devant être le choix d'une conscience indépendante,
aucune autorité n'a le droit de préférer l'une à l'autre;
et il en résulte la nécessité de rendre l'enseignement
de la morale rigoureusement indépendant de ces opinions."
Cinq Mémoires sur l'instruction publique,
cité par Henri Pena-Ruiz in La laïcité
Ségolène Royal participait le 9 juin à un débat organisé à Rennes par l'hebdomadaire Marianne autour du thème "La laïcité à la française est-elle en danger?". 600 personnes étaient présentes lors de ce débat public qui faisait suite à l'appel lancé par Marianne, le 14 février dernier, et signé par l'ex-candidate à l'élection présidentielle, Pierre Lefranc, ancien directeur de cabinet du général de Gaulle, François Bayrou ou encore Dominique de Villepin: "Pour une vigilance républicaine".
NICOLAS SARKOZY, DIEU ET LA LAICITE OUVERTE: "UNE CONCEPTION REVISIONNISTE DE LA LAICITE"
Ségolène Royal est revenue sur le contexte de fragilisation de la laïcité crée par Nicolas Sarkozy, suite à ses
déclaration répétées, à Saint-Jean de Latran ou en Arabie Saoudite, sur l'importance de Dieu, la différence entre l'instituteur et le curé ou le pasteur ou encore l'apport des croyants à la République et la nécessité de favoriser l'action des religieux dans les banlieues.
"Le chef de l'Etat réécrit à sa manière l'histoire de notre laïcité. Ce ne sont pas des écarts de langage: ces propos expriment une conception révisionniste de la laïcité qui n'est pas acceptable", a-t-elle estimé.
Vidéo envoyée par inet
Nicolas Sarkozy prône une "laîcité positive", comme si la laïcité, garante du pacte social et républicain comme de la paix civile était négative. Ici, la ministre de l'Intérieur défend cette position présidentielle en répondant à un député inquiet de la dérive bushiste des discours de Nicolas Sarkozy, le 15 janvier 2008, à l'Asemblée nationale.
LE DEBAT SUR LA LAICITE REOUVERT: SEGOLENE ROYAL FAVORABLE A UNE CHARTE LAIQUE DANS LES SERVICES PUBLICS
La récente annulation d'un mariage par le Tribunal de Lille, pour cause de non-virginité de l'épouse, a relancé le débat sur la laïcité et inquiété notamment les organisations féministes.
Ségolène Royal "a estimé qu'"une charte laïque dans la fonction publique serait très utile afin de ne pas laisser les agents démunis, sans règles applicables partout de façon homogène".
LE DANGERS DU COMMUNAUTARISME DANS LES HOPITAUX, A L'ECOLE ET DANS LES PISCINES MUNICIPALES
"Elle a notamment évoqué des situations "inadmissibles" dans les hôpitaux, où certains hommes refusent que leurs épouses soient soignées par des hommes, invoquant des motifs religieux, ou encore dans les piscines municipales où des horaires sont aménagés pour éviter la mixité."
Burka médicale dans les hôpitaux publics anglais... Au nom du multiculturalisme...
"Quand il y a des horaires aménagés dans les piscines, ça ne doit jamais être pour des critères religieux", a-t-elle martelé en dénonçant les municipalités, "y compris socialistes, qui ont cédé".
On se rappelera d'ailleurs que Martine Aubry, conforme à la gauche libertaire et "tolérante" qui a multiplié les critiques contre les principes républicains, avait elle-même défendu en 2003 l'instauration de ces horaires réservées aux femmes musulmanes, à la piscine de Lille-Sud...
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Dans le contexte actuel de montée en puissance des fondamentalismes ou des extrémismes pseudo-religieux, le président de la République laïque a choisi l'option multiculturaliste et multireligieuse anglo-saxonne, via le concept flou de "laïcité positive", plutôt que la laïcité qu'il est censé garantir.
Si la tête de l'Etat a Dieu en tête, il est grand temps que les élus du peuple comme les associations ou tout simplement les citoyens prennent à bras le corps cette question.
C'est toute la philosophie des Lumières, toute notre philosophie politique républicaine qui doivent être réaffirmées pour faire barrage au danger de l'obscurantisme.
La République doit rester une et indivisible, laïque et sociale, sans quoi, la France connaîtra les même déchaînements d'extrémistes que d'autres pays comme les Etats-Unis d'Amérique, la Hollande, Israël ou encore la Grande-Bretagne.
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Vous pouvez lire et signer en ligne:
-l'Appel "Pour une vigilance républicaine":
-Appel laïque: "Sauvegardons la laïcité de notre République":
http://www.appel-laique.org/index.php?option=com_joomlapetition&func=viewcategory&catid=1
08 juin 2008
LE MANIFESTE DES MENTEUSES, PETITION POUR DIRE NON A LA RECONNAISSANCE DES COUTUMES RELIGIEUSES PAR LE DROIT FRANCAIS
"Le manifeste des menteuses
Un tribunal de Lille a pris la décision d’annuler un mariage parce que la mariée avait menti sur sa virginité.
A cette minute, nous avons honte d’être citoyennes d’un pays dont la justice bafoue le droit des femmes.
Ce jugement nous atterre et nous révolte : il est inacceptable.
La virginité serait une qualité substantielle de la femme qu’on épouse. Des milliers de femmes sont aujourd’hui menacées par le caractère discriminatoire de ce jugement.
Si notre loi permet cela, alors il faut changer la loi.
Femmes de France, nous déclarons être citoyennes et menteuses.
Il est plus que temps que notre pays respecte le droit des femmes.
Le code civil ne doit pas être l’instrument du recul de l’égalité homme / femme.
Nous demandons que le code civil soit modifié en conséquence.
Nous n’acceptons pas cette régression du statut de la femme.
Nous n’acceptons pas cette atteinte à notre intégrité.
Nous n’acceptons pas l’obscurantisme.
Nous n’acceptons pas la rupture d’égalité.
Nous n’acceptons pas cette trahison.
Signer le Manifeste
Signataires du Manifeste : 2095 signataires
Marie-Louise Gourdon
commissaire du Festival du Livre de Mouans-Sartoux (06)
Malika Mokeddem, écrivaine
Annie Ernaux, écrivaine
Fatima Besnaci-Lancou, écrivaine, éditrice
Irène Frain, écrivaine
Lola Lafon, écrivaine, musicienne
Nahal Tajadod, écrivaine
Susie Morgenstern, auteure jeunesse
Virginie Langlois, écrivaine
Valentine Goby, écrivaine
Anne-Marie Garat, écrivaine
Mélody Vissio, rédactrice en chef de Fem’Infos
Camille Blouin, éditrice
Marie-Jeanne Mavic
chargée de mission départementale (06) aux droits des femmes et à l'égalité
Zineb Doulfikar-Tear, présidente (06) de Ni Putes Ni Soumises
Jasmine Cavenel, Conseillère municipale de Cagnes-sur-Mer
Joëlle Halter
chargée de mission départementale (84) au Droits des Femmes et à l'Egalité
Jeanne Bénameur, écrivaine
Dominique Peignoux,
Vice-Présidente de Regard de Femme, antenne Ile-de-France
Marie-Desmeures, éditrice
Blandine Longre, traductrice et critique littéraire
Karine Lambert, Maîtresse de Conférences en histoire, Université de Nice
Raymonde Coudert, Ingénieure, Université Paris Diderot"
07 février 2008
APPEL LAIQUE, PETITION SAUVEGARDONS LA LAICITE DE NOTRE REPUBLIQUE
Opiumiser le peuple, s'opiumiser soi-même parce qu'on n'est dépourvu de toute culture politique, de toute vision pour la France et pour le monde, si ce n'est une fascination naïve pour le monde anglo-saxon, peut-être née de l'addiction aux séries télévisées nord-américaines, telles sont peut être les raisons personnelles qui poussent depuis plus d'un mois le "très-chrétien" président de la République, Nicolas Sarkozy, à détruire les fondements mêmes de celle-ci, dont la "colonne du temple républicain", dixit, Jacques Chirac, à savoir la laïcité... Le problème est qu'avec M. Sarkozy, se prenant pour le souverain, il entraîne sur une pente nocive toute la société française et engage dangereusement l'image et la position de la France dans le monde...
MONTESQUIEU
"Dans les Etats despotiques, où il n'y a point de lois fondamentales,
il n'y a pas non plus de dépôt des lois. D'où vient que la religion a
ordinairement tant de force; c'est qu'elle forme une espèce de dépôt
de permanence: et, si ce n'est pas la religion, ce sont les
coutumes qu'on y vénère"
"De l'esprit des lois,
Livre II, chapitre IV".
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La ministre de l'Intérieur, Mme Alliot-Marie, ancienne chiraquienne convertie au sarkozysme, a entériné le 8 janvier 2008, les divers propos antirépublicains, tenus à Saint-Jean de Latran, par le "très-chrétien" président Nicolas Sarkozy. Notamment sur les instituteurs jugés inférieurs aux curés et aux pasteurs, sur la morale civique, toujours insuffisante si elle n'est pas adossée à une espérance religieuse. Annonçant clairement la remise en cause, sous couvert d'adaptation, de la loi de 1905, ainsi qu'un assouplissement de la loi relative aux sectes...
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"Les organisations et personnalités signataires rappellent solennellement que, selon l’article 1er
de la Constitution, la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Ces quatre termes indissociables définissent des principes qui s’imposent à tous, au premier rang desquels le Président de la République. Or, les déclarations récentes de Monsieur Sarkozy, mêlant ses convictions personnelles et sa fonction présidentielle, portent atteinte à la laïcité de la République.
La mise en cause de ce principe constitutionnel indispensable à la paix civile est inacceptable. Depuis 1905, grâce à la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat, la République assure à chaque citoyen la liberté de conscience, garantit sa liberté de croire ou de ne pas croire et de pratiquer le culte de son choix, de n’en pratiquer aucun ou de pouvoir en changer. Elle permet ainsi de vivre ensemble, dans le respect de chacun, quelles que soient ses origines, ses choix philosophiques ou ses convictions religieuses.
Dans notre République et notre société multiculturelle, la diversité doit être richesse et non source de conflit. Pour cela, la laïcité, assurant l’égalité en droit des citoyens dans le respect des lois de la République, permet à la fois l’expression du pluralisme des convictions et la recherche de valeurs communes pour construire une communauté de destin.
Dans un monde aujourd’hui global et de plus en plus complexe, où se multiplient les voies d’accès à l’information et aux connaissances, et où explose la médiatisation des événements et de la pluralité des représentations du monde, seule la laïcité permet l’émancipation de tous en favorisant le libre accès au savoir et à la culture et le discernement de chacun pour un libre choix de vie, par une démarche rationnelle et critique faisant toute leur place au doute, à l’imagination et à la créativité.
Le 20 décembre 2007, en territoire étranger, à Saint-Jean de Latran, Nicolas Sarkozy bafouait l'article Ier de la Constitution et osait cette insulte à l'égard des éminents serviteurs de l'Etat et de la chose publique que sont les instituteurs: "Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance". On comprendra en tous cas que l'éducation civique de l'actuel président a été un échec marquant pour lui...
C’est pourquoi, les organisations et personnalités signataires s’opposeront à toute tentative qui mettrait, de fait, en cause la laïcité par une modification du contenu de la loi de 1905. A l’heure où nos concitoyens éprouvent des difficultés et des inquiétudes croissantes, elles les appellent à promouvoir la laïcité comme une exigence partagée avec la ferme volonté de bâtir ensemble une société où la justice sociale assurera, quotidiennement, pour toutes et pour tous, la liberté, l’égalité et la fraternité".
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Vous pouvez signer la pétition en ligne de:
-Appel laïque: "Sauvegardons la laïcité de notre République":
http://www.appel-laique.org/index.php?option=com_joomlapetition&func=viewcategory&catid=1
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Cliquez ici pour lire également:
THATCHER-SARKOZY MEME COMBAT : LIQUIDER L’HERITAGE DE LA REVOLUTION FRANCAISE
SARKOZY ABOLIT LA REPUBLIQUE LAIQUE
UNE OBSCURANTISTE AU MINISTERE DU LOGEMENT ? L’AFFAIRE BOUTIN
LA LAICITE N’EST PAS A VENDRE M. SARKOZY !
SARKOZY ET LA PENSEE CONTRE-REVOLUTIONNAIRE
LE PREFET MUSULMAN DE M. SARKOZY
07 janvier 2008
LA CHRISTIANISATION DE L'HISTOIRE DE FRANCE, LE REVISIONNISME HISTORIQUE ANTI-REPUBLICAIN DE SARKOZY
Le 20 décembre 2007, le "très-chrétien" président Nicolas Sarkozy s’est livré à un
discours pseudo-historique et à une relecture quasi révisionniste des relations passées de la France avec la papauté, en la basilique de Saint-Jean de Latran. Car ces relations furent avant tout politiques et émaillées de conflits violents allant de la gifle à l’emprisonnement, à cent mille lieues du roman à l’eau de rose servi par l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine à son auditoire et au pape Benoît XVI.
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Le pape a longtemps été perçu, et c’est bien normal, comme l’héritier, non pas seulement de Saint-Pierre –pour les chrétiens-, mais aussi de la légitimité impériale romaine, toute politique. S’inscrire dans la lignée des empereurs romains, voire reconstituer l’Empire romain, fut l’obsession constante des souverains français, au-delà de la seule christianisation, qui fut l’œuvre des moines. Et ce même si l’empereur Constantin s’était converti lui-même au christianisme en 312.
L'ancien maire 'très chrétien" de Neuilly-sur-Seine de réciter: "en acceptant le titre d’honneur de chanoine de cette basilique […] qui s’est transmis depuis lors à presque tous les chefs d’Etat français, j’assume pleinement le passé de la France et ce lien si particulier qui a si longtemps uni notre nation à l’Eglise.
C’est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l’Eglise. Les faits sont là. En faisant de Clovis le premier souverain chrétien, cet événement a eu des conséquences importantes sur le destin de la France […]. A de multiples reprises ensuite, tout au long de son histoire, les souverains français ont eu l’occasion de manifester la profondeur de l’attachement qui les liait à l’Eglise et aux successeurs de Pierre".
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Le baptême de Clovis, à la fin du Ve siècle, ici par Rigo. Acte de foi ou stratégie politique géniale?
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En disant cela, le président de la République laïque n'assume absolument pas "pleinement le passé de la France". Bien au contraire, il le révise à sa façon et en occulte des pans entiers. Si l’on s’en tient à cette seule présentation que Nicolas Sarkozy nous assène en affirmant : "les faits sont là", il convient de préciser quelque peu les choses et de revenir effectivement aux faits :
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CLOVIS, UNE CONVERSION AU CHRISTIANISME, MAIS POUR DES RAISONS POLITIQUES
"C’est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l’Eglise", nous dit-il. Ce qui est d'ailleurs faux, car il faut attendre Pépin le Bref pour voir apparaître cette notion. Mais revenons à Clovis.
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Comme le rappelle l’historienne Claude Gauvard, dans La France au Moyen-Age, du Ve au XVe siècle, "les deux hommes qui ont le plus marqué l’histoire politique du Haut moyen Age, Clovis à la fin du Ve siècle et Charlemagne à la fin du VIIIe siècle, se présentent comme les héritiers de la civilisation romaine. L’un et l’autre revendiquent le nom d’"auguste" dans leur titulature; par ailleurs, Clovis obtient d’être nommé consul, et Charlemagne empereur". L’enjeu est donc éminemment politique, inscrit dans la culture politique et administrative héritée par l’Empire romain, et non par les Evangiles.
Toujours selon Claude Gauvard, on ne peut prendre les seules sources historiques catholiques pour argent comptant.
Au-delà de la profession de foi de Clovis lui-même, en guerre contre les Alamans, juste avant son baptême, "on a vu qu’il poursuit une politique menée par son père […] qui le porte, par une sorte de tradition familiale, à se lier aux évêques gallo-romains". Il faut ici rappeler que les évêques, dans le contexte de la désagrégation de l’Empire romain, sont d’abord les "héritier[s] de la culture romaine", à la tête d’une civitas. Leur pouvoir politique est donc immense, et l’enjeu de les rallier de haute importance.
D’autre part, aux antipodes du message de Jésus de Nazareth, l’historienne mentionne la possible fascination de Clovis pour "le faste liturgique de la religion catholique". Il ne s’agit donc pas de piété mais d’une quête de reconnaissance politique.
Enfin, son second mariage avec la princesse burgonde, catholique, Clotilde, censé couronner "une paix entre les Francs et les Burgondes", voire "clore un pacte de non-agression des Francs et des Burgondes contre les Wisigoths", peuple hérétique à l’époque du point de vue de l’Eglise, est également un acte politique.
Enfin à cette époque, la France est divisée en différentes régions autonomes et en guerre quasi constante. Bien d’autres protagonistes se convertiront au christianisme, sans que les peuples n’abandonnent pour autant le paganisme.
Claude Gauvard de conclure, "il ne faut pas se tromper sur la portée de ces conversions : elles ont un sens politique sans impliquer une christianisation immédiate en profondeur".
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PEPIN LE BREF SACRE ROI DES FRANCS: L'AIDE MILITAIRE AU PAPE EN ECHANGE D'UNE LEGITIMITE SPIRITUELLE:
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Le "très-chrétien" Nicolas Sarkozy d’ajouter dans la même allocution, à propos de l’attachement des souverains français au pape, en tant qu’héritier de Saint-Pierre: "ce fut le cas –de la conquête par Pépin le Bref, des premiers Etats pontificaux ou de la création auprès du Pape de notre première représentation diplomatique" :
Or, ce sont encore des motifs politiques et guerriers qui présidèrent à l’octroi au pape, par Pépin le Bref, à la fin du VIIIe siècle, de l’exarcat de Ravenne et d’un protectorat franc autour de Rome, à savoir des premiers territoires sous le pouvoir temporel du pape.
Cette cession n’était pas gratuite et n’était pas motivée par la seule foi chrétienne de Pépin le Bref. En effet, ce dernier avait répondu à l’appel du pape Etienne II, brouillé avec l’empereur byzantin Basileus et menacé par les Lombards qui avaient pris Ravenne en 751. Pépin le Bref, pour avoir combattu ces derniers obtint la couronne du pape, ce qui lui permettait de déposer les Mérovingiens et de fonder une nouvelle dynastie royale, les Carolingiens. Scellant une alliance avec la papauté, il reproduisait le geste impérial d’allégeance de Constantin au pape Sylvestre Ier.
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Echange de bons procédés, le pape Etienne II sacrait Pépin en l’abbaye royale de Saint-Denis, faisant de lui un roi oint, un crystos, le décrétant roi des Francs et Patricius Romanorum. C’est à l’issue de ce pacte tout politique et des victoires de Pépin sur les Lombards que les territoires pontificaux étaient concédés à la papauté.
Au final, tandis que le pape gagnait un territoire le mettant enfin à l’abri des menaces d’agression, Pépin le Bref gagnait
la légitimité spirituelle pour fonder la royauté carolingienne, mettant fin à la dynastie mérovingienne et posait les fondements de la monarchie de droit divin. Génie hautement politique.
Commençant sa carrière politique comme simple maire du palais de Neustrie puis d’Austrasie, il la terminait roi des Francs "par la grâce de Dieu", Pépin III.
Manifestant une incroyable et volontaire cécité sur des pans entiers de l’histoire des relations de pouvoir tumultueuses entre la monarchie française et les différents papes, le "très-chrétien" président de la République laïque (sic) déclarait sans sourciller : "tout au long de son histoire, les souverains français ont eu l’occasion de manifester la profondeur de l’attachement qui les liait à l’Eglise et aux successeurs de Pierre".
Sans entrer dans les détails et sans revenir non plus sur tous les conflits que pouvait susciter l’existence d’un souverain pontife à l’autorité universelle et de rois et empereurs monopolisant le pouvoir temporel, on se rappellera de la querelle des Investitures, qui opposa la papauté au Saint-Empire romain germanique entre 1075 et 1122. A cette époque, la position officielle de l’Eglise romaine était que seul le pape peut déposer ou absoudre les évêques. Il qualifiait le gouvernement du roi de France, Philippe Ier, de "vénal en ce qui concerne les choses de Dieu".
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On aimerait aujourd'hui que le pape Benoît XVI formule la même opinion sur la présidence Sarkozy, tant cette observation est d'actualité. Mais il est certain que le Vatican n'y a aujourd'hui pas intérêt.
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L'ATTENTAT D'ANAGNI, QUAND LE ROI DE FRANCE FAISAIT GIFLER LE PAPE
L’attentat d’Anagni, en septembre 1303, marque le point d’orgue d’une période de tensions entre le roi de France Philippe IV et le pape Boniface VIII.
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Le roi, désireux de renflouer les caisses de l’Etat, décida de s’en prendre notamment à l’Eglise, au clergé de France, exempts de tout impôt. Ce que le pape ne pouvait souffrir. En 1300, par la bulle Unam Sanctam, il affirmait la supériorité du pouvoir spirituel –le sien- sur le pouvoir temporel –celui du roi de France. Philippe le Bel joua alors le peuple et le clergé du royaume contre Rome, falsifiant à son profit la bulle papale, réunissant un concile des évêques de France pour condamner le pape, ainsi que des assemblées de nobles et de bourgeois.
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Menacé d’excommunication, la menace d’interdit sur le royaume de France exacerbant les tensions, Philippe IV envoya alors son conseiller Guillaume de Nogaret avec une escorte dans le but "peu catholique" d’arrêter le pape et de le faire juger. C’est accompagné d’un noble romain, Sciarra Colonna que Nogaret débusqua Boniface VIII dans son refuge d’Anagni. La légende veut que le pape, se sentant en danger ait déclaré : "Voici ma tête, voici ma tiare : je mourrai, mais je mourrai pape". C’est à ce moment précis que Sciarra, sous les yeux de Nogaret, infligea une gifle à sa sainteté papale. Laquelle décédera un mois plus tard, apparemment traumatisée par un tel affront.
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Sciarra, en compagnie de Nogaret, envoyé du roi de France, gifle de son gant de fer le pape Boniface VIII à Anagni en 1303
Le pouvoir civil, défendu par les légistes de Philippe le Bel remportait une bataille décisive sur le pouvoir spirituel, anéantissant ses velléités temporelles. Le pape suivant sera Clément V, d’origine française et à la botte du roi, installé en Avignon. Rome se voyait détrônée au profit d’une ville du Sud de la France, rupture inédite depuis Saint-Pierre. La gifle appliquée au successeur de Saint-Pierre au nom du roi de France, "empereur en son royaume", deviendra une image d’Epinal de l’histoire politique de la France.
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L'impressionnante façade du colossal palais des papes, en Avignon, un siège de la papauté en France!
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LE SILENCE DE M. SARKOZY SUR LA REVOLUTION FRANCAISE
Mais une fois encore, l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine semble méconnaître cette histoire ou plus grave, vouloir la
travestir selon les desiderata de ses conseillers. La Révolution française, pierre angulaire, jusqu’à l’élection de Nicolas Sarkozy le 6 mai 2007, de la République française, comme l’était pour la civilisation romaine la fondation de la Ville, n’est pas même mentionnée dans son allocution… Silence pesant, mais qui s’inscrit d’une part dans la tradition de la pensée contre-révolutionnaire, monarchiste et antirépublicaine, d’autre part dans la vision anti-révolutionnaire burkienne anglo-saxonne, dont Mme Thatcher, qui revendiquait un profond mépris pour 1789, fut l’une des plus dignes héritières et dont les cultural studies sont fortement imprégnées.
La Révolution française menaça la papauté et même la Chrétienté dans ses fondements. La violence des attaques contre les représentants de l’Eglise, dont, parmi eux, les membres du haut clergé et les chanoines faisaient partie des privilégiés et vivaient en seigneurs sur de vastes territoires, ne devrait pas nous faire oublier que la Révolution française portait en elle le projet d’établissement d’une civilisation politique laïque, dont la République française était, jusqu’à l’élection de Nicolas Sarkozy, pour partie l’héritière.
.4 août 1789 : abolition des privilèges, dont ceux du clergé
.26 août 1789 : vote par l’Assemblée de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen
.24 septembre 1789 : admission des protestants aux emplois publics
.2 novembre 1789 : mise à disposition de la nation des biens de l’Eglise
.13 février 1790 : abolition des vœux monastiques et suppression des ordres réguliers
.12 juillet 1790 : vote de la Constitution civile du clergé
12 septembre 1791 : annexion du comtat Venaissin et d’Avignon, propriétés de la papauté
.29 novembre 1791 : décret obligeant les prêtres à prêter serment à la Constitution
.16 mai 1792 : décret sur la déportation des prêtres réfractaires
.20 septembre 1792 : l’état civil est enlevé à l’Eglise et confié aux autorités municipales, le divorce institué
.21 septembre 1792 : abolition de la royauté
.21 janvier 1793 : exécution du roi Louis XVI
.14 octobre 1793 : viol des tombes des rois et reines de France à Saint-Denis
.10 novembre 1793 : fête de la Raison
.24 novembre 1793 : adoption du calendrier révolutionnaire et abandon du calendrier grégorien
.8 juin 1794 : fête de l’Etre suprême
.21 février 1795 : décret établissant la liberté des cultes et la séparation de l’Eglise et de l’Etat
Hannah Arendt, prémonitoire, avait compris que si la Révolution française avait réussi à fonder un
nouveau régime stable, la face du monde en aurait été changée.
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L’abandon du calendrier "chrétien" et l’adoption du calendrier révolutionnaire, ou républicain auraient marqué une nouvelle ère. Mais en rétablissant le calendrier grégorien, avec ses fêtes chrétiennes, le 1er janvier 1806, on banalisait le caractère fondateur de la Révolution française et on ouvrait une brèche à tous les nostalgiques de l’Ancien régime comme à tous les ennemis de la république puis de la laïcité. "On pourrait marquer le point où l’époque moderne a renoncé à ses premières tentatives d’établir une nouvelle philosophie politique pour sa redécouverte du séculier, écrivait Hannah Arendt dans La crise de la culture, en rappelant le moment où le premier calendrier révolutionnaire français fut abandonné, après une décennie, et où la Révolution fut réintégrée, pour ainsi dire, dans le processus historique avec sa double extension vers l’infini".
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Le calendrier républicain, censé inaugurer une nouvelle ère de l'Humanité, remplaçant l'ère "chrétienne", séculière et politique
En un mot, la Révolution dans cette perspective pouvait devenir, du point de vue des historiens comme des antirépublicains de tous poils, un "détail de l’histoire". Sauf si le pouvoir politique en réaffirmait constamment la dimension fondatrice.
Ce n'est plus aujourd’hui le cas avec la présidence de la République laïque du "très-chrétien" Nicolas
Sarkozy. Celui-ci nie le caractère fondateur de la Révolution française, socle pourtant commun à la majorité de l’échiquier politique français et notamment du RPR, le Rassemblement pour la République, fondé par Jacques Chirac.
Ainsi peut-il invoquer une histoire pseudo-chrétienne de la France et bafouer les principes de la République, constitutionnellement "laïque", dont il est pourtant censé être le garant. A se demander si celui-ci ne fait pas preuve d'incompétence, dérogeant à l'article 5 de la Constitution qui stipule que "le Président de la République veille au respect de la Constitution". La nouvelle droite sarkozienne, loin de seulement rallier électoralement les droites extrêmes ou antirépublicaines, en adopte aujourd’hui les principes et la vision de la France et du monde.
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DES PAPES JETES EN PRISON PAR LA FRANCE
Pour finir, on se rappellera que, du 12 au 15 février 1798, les troupes françaises entraient dans Rome et y fondaient la République romaine, proclamée sur l’ancien forum, lieu de rassemblement du populus, réminiscence de la Rome antique !
Pie VI, héritier de Saint-Pierre, comme dirait notre président, s’enfuyait piteusement de la Ville.
Rattrapé, il était fait prisonnier par la France et finissait ses jours à Valence, le 29 août 1799.
Quant à son successeur, Pie VII, on ne peut pas dire qu’il fut mieux traité par Napoléon Ier, qu’il avait pourtant sacré à notre-Dame en 1804. En 1809, après que la France eut spolié et annexé les Etats pontificaux qu’il avait rétablis, l’empereur fit emprisonner ce pape, qui ne serait libéré qu’en 1814…
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L'autorité temporelle de l'empereur des Français manifestait alors sa prééminence absolue sur l'autorité spirituelle de l'Eglise et anéantissait son pouvoir temporel.
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Le 2 décembre 1804, Napoléon se sacre lui-même empereur, ainsi que son épouse Joséphine. Le pape convoqué contre son gré à Notre-Dame de Paris, assiste en simple spectateur aux couronnements, dont le geste lui est effectivement confisqué par Napoléon. La couronne de lauriers dont l'empereur a ceint sa tête, divers symboles mis en avant durant le sacre renvoient directement à la Rome impériale. Voilà ce qui ressort du tableau de Jacques-Louis David, véritable manifeste politique.
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LES DANGERS DE LA DEPOLITISATION ET DE LA RECHRISTIANISATION DE L'HISTOIRE DE FRANCE: LA DESTRUCTION DE LA REPUBLIQUE ET LA PORTE OUVERTE AUX FANATISMES
Cette révision religieuse de l’histoire de France, dans la bouche du président de la République française, dont on ne rappellera jamais assez qu’elle est selon l’article Ier de la Constitution, "laïque, démocratique et sociale", au cœur de la
papauté, est extrêmement grave. En occultant la réalité des faits, elle confine à une forme de révisionnisme typique de la postmodernité, qui souhaite en finir avec l’histoire politique. Comme le dit Lyotard, dans La condition postmoderne, nous vivons désormais dans un contexte de "décomposition des grands Récits" dont en France, le narratif historique officiel de la IIIième République est la première victime, où "chacun est renvoyé à soi". L’éviction du contexte politique de la christianisation de la France s’inscrit donc dans le lent déclin de l’histoire politique. La concurrence des histoires particulières, ici l’histoire réduite à une vision étroitement "chrétienne", est ainsi encouragée, au détriment de la constitution d’une mémoire commune, laïque, prélude nécessaire à un vivre-ensemble pacifié dans une République plurielle.
Malheureusement, cette falsification de l’histoire politique du pays n’est qu’un jalon dans l’édification d’une nouvelle société, conforme à la vision sarkozienne du monde, antirépublicaine.
Car une fois cette réécriture confessionnelle de l’histoire martelée au sommet de l’Etat, c’est à la confessionnalisation et
à la communautarisation de la société et même de la République que l’on assistera. Une fois l’histoire commune détruite, chaque individu, chaque "communauté", ethnique, sexuelle, pseudo-religieuse, se trouve encouragée à revendiquer une relecture égoïste et intolérante du passé. Les conséquences politiques désastreuses de cette évolution où se confondent histoire, culture, "communions humaines" -dites “religions”- s’expriment peut-être de manière paroxysmique en Israël, où plus de cinquante ans seulement après la fondation de l’Etat, en 1948, la décrédibilisation des mythes fondateurs laïcs qui avaient motivé, mais aussi contenu, la geste des sionistes laisse le champ libre à la version pseudo religieuse de l’histoire du peuple juif. Comme le dit Friling, dans Critique du post-sionisme, réponse aux "nouveaux historiens", "quand la mémoire collective –et surtout le tissu de principes lui donnant sa signification- est mise en question ou se fracasse en mille éclats, l’identité elle aussi se fend ou s’effrite et réciproquement". A la mise à bas de la mémoire collective sioniste, laïque, certes biblique mais laïcisée, aurait fait ainsi suite la multiplication des mémoires partielles, partisanes, et notamment pseudo religieuses et extrémistes.
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En Israël, la remise en cause des mythes fondateurs sionistes, de fait majoritairement politiques et laïques, a débouché sur une vision dominante uniquement "religieuse" de l'Etat et de la société israélienne. La figure exemplaire du "travailleur juif", du "soldat paysan", du "nouvel homme" émancipé, notamment de l'obscurantisme religieux typique de la Diapora, a laissé la place à la figure du "colon nationaliste-religieux", fanatiquement attaché à une interprétation littéraliste de la Torah, le conduisant à coloniser des territoires entiers appartenant au futur Etat arabe palestinien, au mépris des réalités politiques. Le tout du seul fait que ces terres sont mentionnées dans l'Ancien Testament!
Cela au risque d’un éclatement de la nation et de la société israéliennes. Friling rappelle ainsi que "si les souvenirs collectifs sont des sortes de narratifs et “la mémoire communautaire”, une sorte de supra-narratif qui forme les narratifs particuliers et leur fixe une place dans le débat public et dans le cadre des idéologies en vogue dans les conceptions post-modernes –et à leur suite de nombreuses vues post-sionistes- démolissent ces structures pseudo-uniques". La survalorisation des mémoires partielles participe donc de l’affaissement de la mémoire stato-nationale. Elle stimule évidemment les revendications politiques des fanatiques religieux.
Cette évolution est "prêchée" depuis des années par nombre de penseurs anglo-saxons, qui prônent un pseudo-retour du
"religieux", alors que les fanatismes de toutes obédiences menacent la paix du monde comme la cohésion de toutes les sociétés contemporaines.
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Le "très-chrétien" ancien maire de Neuilly-sur-Seine, endosse ainsi une vision du monde aux antipodes du projet républicain où chacun, indépendamment de son appartenance ou de sa non-appartenance confesionnelle, doit pouvoir inscrire son destin. Elle met à bas la devise républicaine et notamment le projet d’une République fraternelle, fondée sur une conception humaniste et citoyenne des hommes. Tout comme elle rend impossible une vision du monde fondée sur la pluralité des Etats, des cultures et des civilisations, et non sur le choc d'aires "ethno-religieuses".
Témoin Weigel, qui expliquait, dans un article de l'ouvrage collectif intitulé, Le réenchantement du monde, que "le XXe siècle [a] été avant tout une époque de grandes idées politiques enfermées dans des conflits mortels", grandes idées issues des Lumières et de la Révolution française.
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La théorie politique, de plus en plus influencée par ces sciences humaines “culturalisées”, favorise la mise en exergue d’une vision de plus en plus “religieuse” de l’histoire universelle comme des problèmes politiques mondiaux. Après les tragédies du siècle dernier, "il se pourrait bien, écrivait toujours Wiegel, que le monde –ou du moins l’Occident- soit en train de se libérer de cent années de passion politique comme principal domaine d’expression de l’énergie et de la créativité humaines, et comme déterminant premier de l’histoire", ajoutant, "pour ma part, je l’espère".
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Dans la sortie du politique et la rentrée dans le "religieux" résideraient le salut de l'Humanité! Vision gravissime qui emboîte le pas à tous les fanatismes pseudo-religieux qui menacent actuellement le monde.
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George W. Bush, priant en public, chef de la "Croisade" contre l'"Axe du Mal" et son ennemi juré, Ben Laden, terroriste islamiste voulant réinstituer l'Oumma originaire, régime de la confusion du politique et du religieux
D'après M. Sarkozy, "les racines de la France sont essentiellement chrétiennes", comme il l’a dit à Latran, le 20 décembre 2007. La Révolution française est ainsi écartée, l’humanisme gréco-latin, l’apport de la Renaissance, des Lumières et les conquêtes de la République sont jetés à la poubelle.
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La laïcité est solennellement condamnée : "je sais que l’interprétation de la loi de 1905 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie, reconnaissons-le […], une reconstruction rétrospective du passé" (sic). "La laïcité, nous dit le président de la République, n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes".
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Le président de la République, Nicolas Sarkozy, bafoue les principes constitutionnels dont il est le garant, depuis le palais de l'Elysée et se couche devant les ambitions politiques du pape Benoît XVI, concotées au Vatican. De surcroît en territoire étranger! Une première dans l'histoire de la République française!
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On croirait lire un discours du pape lui-même! Après avoir condamné les Lumières comme source des idéologies meurtrières du second XXe siècle, après avoir dénié à la morale civique toute capacité de répondre aux attentes spirituelles des citoyens, le nouveau président d’affirmer que "l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent". "Opiumiser" le peuple: tel est son intérêt.
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A une communauté politique de citoyens, Nicolas Sarkozy veut substituer une communauté de croyants...La remise en cause de la séparation des Eglises et de l’Etat, seul rempart contre le fanatisme pseudo-religieux, qu’il se revendique juif, chrétien ou musulman, est au programme de M. Sarkozy. Une "laïcité positive" sera donc mise en place, encourageant l’immixtion du religieux dans le politique…
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La morale civique, laïque, inconcevable pour le président Sarkozy, inférieure par principe à la morale religieuse... Cet homme est-il le président de la République laïque française ou travaille-t-il pour la papauté?
Relecture confessionnelle de l’histoire de France, oubli volontaire des sources de la civilisation républicaine –Athènes, Rome, la Renaissance, les Lumières, la Révolution française- président à la constitution d’une société pseudo-religieuse, où la religion n’est qu’un instrument de revendication identitaire, indépendamment de la foi de chacun, qui doit demeurer privée, et du message spirituel de chaque religion, devant lequel l’Etat doit rester neutre tout en le respectant.
Répétons-le encore, à confessionnaliser la politique et à politiser la religion, on abîme à la fois la politique et la religion, et l’on encourage la fragmentation du corps social.
La preuve en est d’ailleurs que M. Sarkozy, tout en menant une politique et des réformes aux antipodes du message de Jésus de Nazareth et de la culture chrétienne –culte de l’argent, traque des étrangers, non-respect de la dignité humaine (pensons aux tests ADN)-, prétend vouloir réaffirmer politiquement l’importance des racines chrétiennes de la France.
L’échec des sociétés multi-religieuses, la montée en puissance des fanatismes et les dangers
qu’ils font peser sur la paix civile, comme mondiale, devraient pousser le chef de l’Etat à se réapproprier le message républicain et à porter haut le principe de la laïcité.
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M. Sarkozy a choisi de faire le contraire, au risque d’exposer la France et les Français à toutes les menaces qui découlent de la théorie du "choc des civilisations" partagée tant par les chefs du terrorisme islamiste que par l’administration Bush.
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L’ancien maire de Neuilly-sur-Seine, en maquillant l’histoire de France à des fins politiciennes, prononce ispo facto l’abolition de la République, en territoire étranger, telle qu’elle avait toujours été défendue par ses prédécesseurs. Aux historiens sérieux de réagir et aux citoyens de prendre conscience de cette involution extrêmement dangereuse. Aux constitutionnalistes de s'interroger sur une telle légèreté.
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Plusieurs questions devraient à ce jour être posées au locataire "très chrétien" de l'Elysée:
l'article Ier de la Constitution, qui stipule que "la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale" est-il aboli?
la loi de 1905 est-elle caduque?
la Révolution française et la Déclaration des droits de l'homme demeurent-elles, oui ou non, le socle fondateur de la République française comme de notre démocratie?
qu'en sera-t-il des citoyens français de confession non catholique, non chrétienne ou sans confession dans la nouvelle France "majoritairement catholique"?
est-ce au président de la République de réécrire l'histoire du pays?
un président de la République peut-il légalement, en territoire étranger, en l'occurrence le Vatican, nier les principes fondateurs de la République et contrevenir à l'esprit et à la lettre de la Constitution dont il est, selon l'article 5, "le garant"?
ce président va-t-il continuer à se coucher devant les chefs d'Etat étrangers -chinois, russe, libyen, Bush et aujourd'hui le pape- en piétinant les principes fondamentaux de la République, actés par le peuple français en 1958?
M. Sarkozy parle-t-il à l'étranger en son nom propre -au nom de sa prétendue "foi catholique"- ou au nom de la France?
Quoi qu'il en soit, M. Sarkozy prend aujourd'hui l'effroyable responsabilité de la confusion entre civilisation, culture, histoire, mémoire, culte, foi et confession, au risque




















