25 avril 2008
LA FRANCE DE SARKOZY, FILLE AINEE DES ETATS-UNIS NEOCONSERVATEURS DE BUSH EN AFGHANISTAN ET A L'OTAN
Envoi de troupes dans le bourbier afghan, réintégration pleine et entière dans le commandement de l'OTAN: la mise à mort de l'indépendance nationale et de la voix de la France dans le monde vient d'être décrétée par Nicolas Sarkozy. Contrairement à ses positions de campagne mais conformément aux premiers gestes de sa présidence, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine se rapproche des Etats-Unis de l'administration Bush et, surtout, valide, au nom de la France, ses thèses ineptes et nocives sur la lutte pour une pseudo expansion par les armes de la "démocratie". L'expérience multiséculaire de la France dans le monde, notamment arabo-musulman, sa vision, affirmée par le général de Gaulle, après la disparition de l'Empire français, d'un monde multipolaire pour éviter la politique du bloc contre bloc, prévalant pendant la Guerre froide, la lucidité du quai d'Orsay et de la présidence Chirac s'agissant du nouveau rôle que pouvait jouer la France après la chute du mur de Berlin, face à l'émergence de nouvelles puissances et face au risque d'un "choc des civilisations", le primat accordé à la diplomatie, au renseignement et à une vision politique des conflits mondiaux, non idéologique et non exclusivement militaire: tout cet héritage précieux est aujourd'hui jeté au caniveau par le président Sarkozy.
RICHARD NIXON
"[...] Nous souhaitons une Europe économique forte
avec une France politiquement indépendante. [...]
Tout cela est dans l'intérêt de la stabilité mondiale.
Après la Deuxième Guerre mondiale, nous étions seuls
à détenir la puissance. Cela a changé. Aujourd'hui,
d'autres pays ont remonté la pente et nous nous en félicitons."
Entretien entre le président de la République et le président des Etats-Unis,
à la Maison-Blanche, le mercredi 24 février 1970, de 10h35 à 12h15,
in Georges Pompidou de Eric Roussel.
LA POLITIQUE D'INDEPENDANCE NATIONALE ENTERREE A LONDRES, DEVANT LE PARLEMENT BRITANNIQUE
C'est depuis Londres, le 18 juin 1940, que le général de Gaulle appelait, sur les ondes de la BBC, les Français à la résistance aux Allemands, à la poursuite la guerre et au refus de l'armistice.
Le 26 mars 2008, c'est depuis cette même ville, devant le Parlement britannique, en territoire étranger, que Nicolas Sarkozy, tout fanfaronnant, a confirmé officiellement l'envoi de soldats français supplémentaires au front en Afghanistan, pour soi-disant lutter contre les Talibans et Al Qaeda. C'est devant un Parlement britannique tout entier rassemblé, à savoir composé de députés élus mais aussi de Lords nommés pour certains à titre héréditaire, que le président de la République a choisi d'annoncer l'enterrement de 40 ans de politique étrangère française autonome et libre.
Vidéo envoyée par Rive-gauche
Nicolas Sarkozy, président de la République et chef des armées, annonçait, le 26 mars 2008, devant le Parlement britannique l'accroissement du nombre de soldats français en Afghanistan, oubliant au préalable d'en informer la représentation nationale... française.
Ce faisant, c'est dans le plus complet mépris du Parlement français, et, ipso facto, du peuple français, que Nicolas Sarkozy a liquidé tout l'héritage diplomatique et géopolitique national, amorçant la mise en pratique d'une rupture philosophique consternante avec la position traditionnelle de la France dans le monde. L'Allemagne, censée être devenue notre "allié héréditaire", a, quant à elle, été balayée d'un revers de bouche de Nicolas Sarkozy, qui lui préfére clairement le Royaume-Uni - avec lequel la France aurait, d'après lui, "la même vision de l'avenir"...
Au passage, le président de la République revenait sur une de ses affirmations de campagne - une de plus - , à savoir le "retrait" des troupes françaises d'Afghanistan, pour lequel il s'était prononcé le 26 avril 2007, à quelques jours de l'échéance fatidique du second tour des élections présidentielles.
Vidéo envoyée par Raoul3B
Nicolas Sarkozy a-t-il sciemment menti, à l'approche du second tour des élections présidentielles du 6 mai 2007, sur un sujet aussi sensible que l'engagement des toupes françaises en Afghanistan? S'agissait-il du souci bien compris de ne pas s'aliéner le vote de Français de droite attachés à l'héritage gaullien comme à l'indépendance nationale?
Devant le tollé suscité par l'annonce à l'étranger de la nouvelle politique militaire française, l'opposition a finalement obtenu un débat à l'Assemblée nationale, à l'occasion du dépôt d'une motion de censure à l'encontre du gouvernement, rejetée le 8 avril 2008 par la majorité présidentielle. Le débat a permis de dévoiler clairement la rupture de la droite sarkozienne, assumée par le Premier ministre, François Fillon, avec le gaullisme, dont l'héritage est désormais défendu par la gauche, le parti socialiste notamment et le député Nicolas Dupont-Aignan, membre malheureux de l'UMP.
Vidéo envoyée par Ptite_Mule
Le 8 avril 2008, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy a reproché à la gauche de se revendiquer de l'héritage gaullien et a décrété que la France s'inscrirait désormais pleinement dans "la guerre contre le terrorisme"...
LE MYTHE DE LA "RECONCILIATION" FRANCO-ETATS-UNIENNE ET LE DECLIN CONTINU DE L'EUROPE COMME DE LA FRANCE
Qu'on ne s'y trompe pas: la France est déjà présente en Afghanistan, en tant qu'alliée des Britanniques et des Etats-Uniens notamment, en tant que membre de l'OTAN bien entendu.
Mais désormais, les missions comme le positionnement de ses troupes changent de nature, contrairement à ce qu'affirment en choeur les affidés du président et ses conseillers diplomatiques. Il ne s'agit absolument pas d'une bénigne réconciliation, qui n'avait pas lieu d'être, mais d'une trahison brutale des principes défendus depuis des années par le Quai-d'Orsay. De la formation de l'armée afghane, du renseignement, de la sécurisation de zones à risques, de l'appui logistique à nos alliés, de l'aide à la reconstruction, de l'action humanitaire, nous passons à des opérations de guerre au front, nous rallions le mythe bushiste de la fameuse "guerre globale contre le terrorisme".
C'est là que se situe la rupture la plus désastreuse engagée par le chef des armées. Rupture que confirme l'annonce
quasi concomitante du retour complet de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN, le 3 avril 2008, lors du sommet de Bucarest.
Ainsi se trouve parachevé le processus visant à annuler la décision prise par le général de Gaulle en 1966, méprisée aujourd'hui par les sarkozystes, de retirer la France de ce commandement militaire intégré, afin d'assurer son indépendance, prise en étau avec l'Europe, entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Union soviétique. La possession de l'arme nucléaire était alors un argument de poids dans la vision gaullienne.
La droite sarkozyste puis le nouveau pouvoir ont largement contribué à diffuser le
mensonge selon lequel l'indépendance de la "voix de la France" et les éventuels désaccords pouvant surgir avec nos alliés - le dernier en date étant l'opposition à la calamiteuse guerre en Irak - équivalaient à une rupture de nos alliances, caricaturée comme étant la manifestation d'un "antiaméricanisme primaire". Soupçon largement répandu aux Etats-Unis d'Amérique depuis des décennies et admis comme un état de fait par l'administration Bush pour conspuer la présidence de Jacques Chirac et, au-delà, la France entière. Menterie reprise textuellement par François Fillon dans son discours du 8 avril 2008 contre la gauche!
Le mythe de l'épopée sarkozienne voudrait nous faire croire que la France, depuis son opposition à la guerre en
Irak en 2003, brouillée avec les Etats-Unis d'Amérique, affaiblie par ce désaccord, aurait eu besoin d'un "sauveur" prêt à renouer le fil soi-disant rompu de cette alliance et de cette "amitié". Or, les Etats-Unis et la France, après le déclenchement de la guerre en Irak avaient déjà repris leur collaboration, notamment militaire, notamment en Afghanistan, sous la présidence de Jacques Chirac lui-même, sans que la France eût à revenir sur sa décision de 2003.
Historiquement parlant, les argumentaires sarkozystes voudraient nous faire croire que la France était en guerre latente avec les Etats-Unis depuis 1966 et la mise en place par De Gaulle d'une politique étrangère autonome, en pleine Guerre froide.
Vision démentie par les faits et dont le président Nixon avait lui-même bien conscience, lorsqu'il discutait avec Georges Pompidou, successeur de De Gaulle, fermement attaché à maintenir le legs de son prédécesseur. Au-delà de tous les mensonges propagés ici ou là, au-delà des désaccords ponctuels, la France était demeurée, dans tous les moments difficiles, un allié de poids des Etats-Unis d'Amérique, sans jamais s'en faire la vassale.
Alors que l'URSS n'existe plus, alors que l'Europe - la France et l'Allemagne - aurait pu, dès 1989, jouer une
carte offensive face aux Etats-Unis dans leur tentative de demeurer les leaders exclusifs de "l'Occident", alors que l'émergence de nouvelles puissances mondiales - Chine, Inde etc. - justifierait une refonte et un renforcement du droit international et de l'ONU, alors que le terrorisme international a été incompris par la dernière administration états-unienne, la France, au lieu de jouer sa carte, rallie avec empressement l'OTAN tout en faisant mine d'encourager une hypothétique défense européenne, que son ancrage outre-atlantique, par Royaume-Uni interposé, condamne par avance à l'alignement.
Le tout sans parler de la colère des peuples occidentaux à l'égard des dirigeants qui les ont conduits en 2003 dans la guerre contre l'"Axe du Mal" de George W. Bush.
Manifestations de citoyens états-uniens pour le retrait des troupes d'Irak.
La question civilisationnelle sous-jacente, est bien celle-ci: les Etats-Unis représentent-ils à eux seuls l'Occident? L'Europe et la France doivent-elles être diluées dans une pseudo-alliance euro-états-unienne, qualifiée d'"occidentaliste"...
Le renoncement de la République française à son héritage occidental et à sa capacité à représenter un Occident ouvert aux autres civilisations, fondés non pas seulement sur la force militaire, la "diplomatie des marchands" ou encore le messianisme militaro-démocratique, mais aussi sur le logos: un tel renoncement est-il une fatalité? Voilà, à long terme, une question que les historiens trancheront... Si elle a encore quelque pertinence.
La décision de Nicolas Sarkozy et de ses conseillers, obnubilés par la puissance actuelle des Etats-Unis d'Amérique, étrangers au sens patriotique le plus élémentaire, plus mondialistes qu'européens, paraît aller à rebours du sens de l'histoire. Une fois encore, le court terme l'emporte sur une réflexion profonde qui éclairerait des pistes d'avenir.
L'OTAN, TREMPLIN DES NOUVEAUX CANICHES DE WASHINGTON ET D'UN OCCIDENTALISME VOUE A L'ECHEC
Aujourd'hui, le raisonnement apparemment "de bon sens" de Nicolas Sarkozy pose que la mission première de l'OTAN, à savoir faire contre-poids à l'expansion du communisme en Europe voire dans le monde, ayant pris fin, il serait "logique" que la France réintégrât pleinement le commandement militaire de l'OTAN. On pourrait penser exactement l'inverse.
Car l'OTAN n'a plus de carnet de bord clairement établi. Dominée par les intérêts, l'influence géopolitique et
philosophique états-unienne, elle s'est assigné très tôt une mission messianique souvent ressentie comme un miasme du colonialisme ou de l'impérialisme occidental. A savoir "lutter pour la démocratie" dans le monde quitte à se transformer en une hypothétique "gendarmerie mondiale" et, depuis le 11 septembre 2001, en un fer de lance de la "guerre globale contre le terrorisme".
Renouant nolens volens avec un discours pontifiant, d'une arrogance et d'une inncocence effroyables, hérité de la Guerre froide mais dans lequel le monde arabo-musulman, l'Islam ou l'islam, le terrorisme - selon qui parle - auraient remplacé l'URSS, les Etats-Unis de George W. Bush ont calibré leur interventionnisme selon une vision binaire du monde, bloc contre bloc, entre "monde libre", "démocratie" et "axe du Mal".
Comme l'expliquent Alain Frachon et Daniel Vernet dans L'Amérique messianique, Les
guerres des néo-conservateurs, ces derniers "ont eu leur heure de gloire sous les deux mandats de Ronald Reagan [donnant] le ton d'une politique musclée vis-à-vis de l'URSS". Mais ces mêmes néo-conservateurs "trouvent une deuxième jeunesse avec George W. Bush, après les attentats du 11 septembre 2001". Occasion de redécouvrir "le pouvoir des idées au moment où l'Europe annonce la mort des idéologies" et d'affirmer que "l'Amérique a une mission à accomplir, qu'elle est porteuse de valeurs universelles adaptées aux aspirations et aux besoins des peuples", de porter la conviction "que la promotion de la démocratie, fût-ce à la pointe des baïonnettes, est dans l'intérêt des Etats-Unis et de leur sécurité".
Le discours du Premier ministre de Nicolas Sarkozy a d'ailleurs clairement entériné cette vision d'une "Amérique dominant et modelant le monde entier selon ses propres idéaux", en justifiant par le concept douteux de "guerre contre le terrorisme" l'envoi de soldats français supplémentaires en Afghanistan,.
Il a déroulé la théorie de l'existence de blocs en guerre les uns contre les autres, matrice du fameux "choc des civilisations", que la France voulait jusqu'ici éviter à tout prix. Le 8 avril 2008, François Fillon, connu pour ses discours caricaturaux sur la gauche et ses dérapages verbaux à répétition, a donc cru bon d'asséner dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale:
"Mesdames et Messieurs les députés,
Nous sommes en Afghanistan parce que 11 septembre 2001
n'était pas seulement un signal sanguinaire adressé aux Etats-Unis.
C'est aussi un affront lancé à toute la communauté internationale.
Ce qui est arrivé à New-York aurait pu, et pourrait toujours, arriver à Paris (sic).
Il faut se souvenir de ce qu'est le terrorisme de masse, et il ne faut pas se leurrer
sur les objectifs meurtriers et méthodiques de ses auteurs.
Al-Qaïda hait et rejette tout ce qui n'obéit pas à ses desseins.
[...]
Cette motion de censure [contre la nouvelle politique étrangère de Nicolas Sarkozy]
est donc d'abord tournée vers ceux qui décidèrent avec courage et lucidité
d'engager la France dans un processus, certes difficile mais juste.
[...]
Al-Qaïda et les talibans n'ont que faire de ces formules [celles de la gauche affirmant qu'il ne
fallait pas "ajouter la guerre à la guerre"], qui, au demeurant, ont toujours
servi à la victoire des dictatures et à la défaite des démocraties."
Tout y est:
les attentats du 11 septembre 2001 ne doivent pas être compris dans leur complexité, au confluent des rapports entre les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite et le Moyen-Orient et d'un anti-américanisme haineux qui prend pour part sa source dans la politique menée par les Etats-Unis au Moyen-Orient ou encore dans le Golfe Persique
il faut comprendre le 11-Septembre non pas comme une tragédie nationale subie par les Etats-Unis, dont nous avons été et sommes solidaires, mais comme un évènement à l'échelle ipso facto "universelle", frappant selon Fillon la "communauté internationale" soit, en vérité, le "bloc occidental" et ses alliés, de fait opposé à un "autre bloc compact hostile"
les attentats multiples ayant frappé la France au cours des 30 dernières années n'avaient pourtant pas appelé une guerre parce qu'ils étaient compris comme une atteinte à l'intégrité nationale à laquelle l'OTAN devait demeurer étrangère, mais contre laquelle tous les moyens de "police" - renseignements, actions des services secrets - nationaux et alliés, tous les efforts diplomatiques - officiels ou officicieux - étaient mis en oeuvre
l'"exceptionnalisme américain", théorisé par les néoconservateurs, par contre, justifie qu'une attaque contre la nation états-unienne prenne la dimension d'une "guerre mondiale" (sic)
la France donc serait prise, bien qu'elle n'ait pas, pour l'instant, été frappée par Al Qaeda, dans un "processus" dont on ne connaît ni les buts militaires ni les limites - l'Afghanistan, le Pakistan? Tout refus d'intégrer ce mystérieux "processus", tout rejet de l'alignement sur l'interprétation en termes de guerre du terrorisme, constituent un manque de "courage" et de "lucidité" (sic).
la guerre en Afghanistan, toujours dans la bouche de François Fillon, doit être entendue comme une guerre des "démocraties" contre les "dictatures", à l'échelle planétaire, logique hasardeuse qui suppose que la France fasse la guerre à la moitié des pays de la Terre...
Pour comprendre l'inanité de la notion de "guerre globlale contre le terrorisme", appliquée à l'Afghanistan, par l'exécutif français lui-même, il faut prendre le temps d'écouter divers spécialistes, chacun dans leur domaine respectif, évoquer une situation éminemment complexe. Irréductible aux fumeuses théories de la "lutte pour l'expansion de la démocratie" ou de la "lutte du Bien contre le Mal".
Vidéo envoyée par Homer-Dalort
Le 3 avril 2008, l'émission Ce soir ou jamais diffusée sur France 3, était consacrée à la situation afghane. L'inanité de l'application à celle-ci du concept de "guerre pour la civilisation" ou de "guerre globale contre le terrorisme" y était clairement mise en évidence...
L'Europe entière, qui n'en finit pas de se lamenter masochiquement sur son passé colonial, connaît pourtant bien les rengaines et les dangers drainés par tout messianisme civilisationnel expansionniste. Pas M. Sarkozy.
Voilà quelle vision du monde et option géostratégique majeure la France, en réintégrant le commandement de
l'OTAN, valide, renonçant à toute option différente. Le problème n'est pas tant quantitatif, logique ou de "bon sens", il ne s'agit pas de savoir si les Etats-Unis sont oui ou non nos alliés. Il s'agit avant tout de savoir si la France a encore une vision du monde, des rapports Nord-Sud, du dialogue entre les différents pôles émergents, une proposition de civilisation conforme à des principes et à des "valeurs" propres et différenciés mais aussi au droit international, une réponse intelligente face au défi du terrorisme mondialisé.
La vision manichéenne et messianique du monde et de l'"Occident" a pourtant déjà échoué en Irak, comme elle est en train d'échouer en Afghnanistan. Les pays qui s'y sont ralliés, le Royaume-Uni et l'Espagne, ont en outre été frappés par des attentats sanglants, que leurs auteurs ont justifié par la guerre en Irak.
Sont-ce là la place et l'avenir de la France? Pour Nicolas Sarkozy et ses ouailles: clairement " oui "...
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En d'autres temps, le pilotage par le président de la République - qui est le "chef des armées" (art. 15 de la Constitution) - de la politique militaire française depuis un pays étranger, en l'occurence l'annonce de l'envoi de soldats français au front afghan depuis Londres, aurait été vécu comme un scandale national. C'est avec effarement que les députés et sénateurs français ont vu Nicolas Sarkozy donner la primeur de sa nouvelle politique étrangère aux parlementaires britanniques puis lors du sommet de Bucarest.
De plus, le président a justifié le retour de la France au sein du commandement intégré de l'OTAN par la construction d'une improbable défense européenne. Comme l'a souligné le Premier secrétaire du parti socialiste le 8 avril 2008, à l'Assemblée nationale, en vérité, "nous allons donner un autre cours à la construction européenne qui ne sera qu'un pilier du monde occidental au lieu de constituer une capacité autonome de décision".
Les contraintes qu'imposera inévitablement à la France sa réintégration dans le commandement militaire de l'OTAN - largement dominé par les Etats-Unis - change de fait la nature du projet d'une défense européenne. Le rapprochement avec les Britanniques et leur politique, jusqu'ici calquée sur celle des Etats-Unis d'Amérique, vide en amont de son sens ce projet toujours repoussé.
Dans cette nouvelle défense européenne "occidentaliste", c'est-à-dire identique à celle des Etats-Unis d'Amérique, la France aura perdu tout le poids de la parole qu'elle conservait encore.
Parole et action qui, dans les régions les plus compliquées du monde, où sévissent des conflits cruciaux pour la paix du monde, avaient jusqu'ici prouvé, à long terme, leur pertinence - que l'on pense seulement à la nécessité de la cohabitation d'un Etat palestinien à côté de l'Etat d'Israël, dont la reconnaissance et la sécurité restaient les préalables, aujourd'hui reconnue par toutes les parties, affirmée par la France depuis des décennies et conspuée en son temps; que l'on songe aux conditions du déclenchement de la guerre en Irak en 2003 et à la façon dont elle a été conduite, jugées imprudentes par la France et l'Allemagne, et dont aujourd'hui tout le monde s'accorde à dire qu'elles ont conduit à un fiasco durable.
Insidieusement, nous assistons à un alignement idéologique catastrophique, à une identité de vue inédite entre la France, les Etats-Unis et leur allié européen britannique - comme si l'exécutif français n'avait plus de projet en matière étrangère -, alignement dont les effets se manifesteront très vite en Afghanistan. Et ce par la volonté présidentielle, celle de Nicolas Sarkozy et de son aéropage de conseillers atlantistes.
La confusion conceptuelle qui préside à la conduite de la politique militaro-diplomatique états-unienne imprégnera désormais la politique française suiviste. Les risques de brouillage entre l'ethnique, le religieux, le communautaire ne trouveront plus de contradicteur. En tout cas pas en France, où la politique de défense, de promotion et de renforcement des Etats reconnus par la commaunauté internationale, le souci du respect du droit international censé réguler à terme leurs relations, l'aide apportée dans de nombreux pays aux forces politiques laïques et de progrès, sont des positions mortes et enterrées.
La guerre civile ethno-religieuse qui sévit aujurd'hui en Irak, résulte pour part de l'application des stratégies états-uniennes à la gestion de ce pays après le renversement de Saddam Hussein. La dissolution de l'armée irakienne, le conflit sanguinaire entre chiites et sunnites, ne sont que des exemples parmi d'autres de l'ineptie des vues comme de la philosophie politique de l'administration Bush. Les gens votent, certes, mais ils s'entretuent avant tout. Les envolées lyrico-messianiques sur la démocratisation du Moyen-Orient ne résistent pas à la réalité politique complexe de la région. La démocratie sans Etat est un leurre.
En outre, le ralliement de la France, et plus largement de l'Europe, aux visions et visées stratégiques de Washington donnera de l'Occident l'image d'un seul bloc unifié, "en guerre globale pour la civilisation", laquelle, malheureusement, fait comme écho à la propagande islamiste qui instille l'idée qu'un camp de Croisés combattrait l'islam. La France, alignée, prend le risque gravissime de se laisser entraîner dans des conflits sans fin qui s'apparenteront bel et bien, nonobstant les dénégations de M. Sarkozy ou de M. Fillon, au fameux "clash des civilisations".
Enfin, le leadership de l'Occident est donc abandonné aux seuls Etats-Unis d'Amérique, ce que redoutaient en leur temps tant les présidents états-uniens que français: c'est le contenu évident, vu le rapport de force, de l'occidentalisme.
A long terme cette situation de domination unilatérale à l'Ouest provoquera l'aggravation du déclin de la France et de l'Europe, la dissolution de leurs concepts en politique étrangère ou en matière de diplomatie dans une OTAN semblant reléguer l'ONU à l'état d'une impuissante Société de protection des peuples. Face aux velléités russes ou chinoises, rien de moins inquiétant. L'extension des thèses néoconservatrices en matière étrangère - ce qui n'a rien à voir avec ces mêmes thèses dans le domaine de l'organisation interne de l'Etat, de la société et de la vie politique - ne présage rien de bon.
Quant à la France, elle risque gros pour son image, son "âme", ses soldats comme pour la sécurité de son territoire et de ses ressortissants. La fascination sarkozienne pour la puissance aura pour résultat l'enterrement de ce qui restait de puissance à la France...
28 janvier 2008
LA FRANCE GALLO-ROMAINE EST MORTE. VIVE LA FRANCE GALLO-AMERICAINE DE SARKOZY!
Pour qui a connu l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, l'ancien ministre de l'Intérieur, il n'y a rien eu de surprenant à voir Nicolas Sarkozy, une fois élu président, continuer à manifester un amour naîf et passionnel, un peu enfantin même tant il est carcicatural, pour les Etats-Unis d'Amérique de George W. Bush. L'amitié franco-états-unienne prend pour beaucoup la forme d'une "allégeance" mettant en danger notre pays. Malgré tout, Nicolas Sarkozy persiste et signe.
VERCINGETORIX
"Je suis brave, mais tu es plus brave encore,
et tu m'as vaincu".
à Jules César.
DE LA BRAVOURE DES "VAINCUS"...
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Vercingétorix avait fédéré la plupart des chefs gaulois pour chasser l’envahisseur romain, l’empereur Jules César. Après avoir mené fière bataille durant six ans contre ce dernier, il fut battu à Alésia en 52 avant J.-C., fait prisonnier puis exécuté à Rome.
On lui prête ces paroles, adressées à Jules César, au moment de sa reddition : "Je suis brave, mais tu es plus brave encore".
"La reddition de Vercingétorix" par Léon-Noël Royer: une défaite magnifiée dès le Second Empire...
Si le mythe de Vercingétorix a été largement critiqué, il n’en demeure pas moins que son courage dans la défaite demeurait emblématique dans les moments critiques de l’histoire de France.
Que l’on songe au mythe de Jeanne d’Arc, boutant les Anglais hors d’Orléans en mai 1429, à Gambetta, refusant la capitulation du Second Empire et quittant Paris, le 7 octobre 1870, en ballon, pour organiser la résistance à l’invasion prussienne depuis la province ou encore à l’appel du général de Gaulle du 18 juin 1940, refusant net l’armistice et l’occupation nazie, ces figures héroïques jusque dans la mort ou la défaite finale hantaient le narratif magnifié de l’histoire de France comme l'inconscient collectif.
Des héros panthéonisés, dans leurs victoires comme dans leurs défaites, à l'image de Vercingétorix
Pour en venir à la France contemporaine et notamment à la Ve République, on peut noter que c’est ce même souci qui tarauda le général de Gaulle. Conscient de ce que la France, prise en étau entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Union soviétique, ce dernier avait compris qu'à défaut de pouvoir combattre à armes égales, la France se devait de demeurer non alignée, forte d’un logos, d’un message singulier et universel porté par sa politique étrangère. Bon an mal an, cette position avait été préservée, au-delà de toutes les vicissitudes historiques, par les présidents ayant succédé au fondateur de la Ve République.
Jacques Chirac, premier président de l’après-guerre froide, avait donc, dans une geste post-gaullienne réactualisée, comprit que la France devait désormais découvrir les moyens de porter, en s’appuyant sur le droit international, une vision multipolaire du monde, face aux dangers de l’unilatéralisme de l’administration Bush, lorsqu’elle avait déclenché la guerre d’Irak en 2003. Tout l’enjeu pour cette administration fut alors de réduire la position française à une manifestation d’américanophobie.
En 2003, la conseillère à la Sécurité de George W. Bush avait déclaré que la France devait être "punie" pour son opposition à la guerre en Irak, brillamment étayée à la tribune de l'ONU par le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin.
Quelles que soient les interprétations de l’opposition chiraquienne à l’invasion de l’Irak, c’est avec bravoure que le ministre des Affaires étrangères françaises, Dominique de Villepin, avait explicité l’opposition de la France à la politique menée par ses alliés états-uniens en Irak.
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... A L'ARROGANCE DES "CANICHES"
Qu’en est-il de cette bravoure aujourd’hui ? Qu’en est-il de l’indépendance de la politique étrangère française sous la présidence Sarkozy ? Personne n’en sait rien. Seules les images d’un président Sarkozy multipliant les preuves d’affection pour George W. Bush, évitant au Congrès des Etats-Unis d’Amérique de mentionner l’Irak constituent des signaux inquiétants. Sans parler de la multiplication des menaces islamistes à l’encontre de la personne du président de la République, du maire de Paris et tout récemment de la France elle-même, qui à elle seule devrait nous alerter gravement sur la perception à l’étranger de la rupture sarkozienne avec cette tradition d’indépendance nationale et de non allégeance à une puissance étrangère, en l’occurrence les Etats-Unis d’Amérique.
La "politique de civilisation" de Sarkozy demeure brumeuse. En tous cas, il est certain que le "village des irréductibles gaulois" imaginé par Uderzo et son héros, Astérix, devront laisser place à Mickey, que le président affectionne tout particulèrement...
Le grave problème est qu’aucun débat public n’a eu lieu sur ce sujet. Or, après une campagne sarkozienne à la présidentielle passant d’un atlantisme inquiétant à un néo-nationalisme de pacotille, l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine semble vouloir transformer feue la France gallo-romaine et républicaine en une France gallo-américaine labellisée "chrétienne" définitivement sortie de l’histoire universelle.
Trois faits illustrent cette désastreuse évolution :
le 12 janvier 2008 : Tony Blair était l'invité d’honneur de Nicolas Sarkozy, redevenu par un coup de baguette "magique" chef de parti politique, au conseil national de l’UMP.
Nicolas Sarkozy, président "de tous les Français" ou chef de campagne de l'UMP pour les municipales, insultant à nouveau la gauche devant un Tony Blair visiblement satisfait...
Le président de la République, censé représenter "tous les Français" et porter la voix de la
France en Europe et dans le monde, avait décidé de soutenir la candidature de l'ancien Premier ministre britannique, pro-états-unien et engagé dans la guerre d'Irak, anti-européen convaincu, à la future présidence de l'Union europénne, prévue par le traité de Lisbonne.
Edouard Balladur, mentor anti-chiraquien de Nicolas Sarkozy en politique et Valéry Giscard d'Estaing, ennemi héréditaire de Jacques Chirac, étaient eux-mêmes sortis de leur torpeur pour manifester leur hostilité à ce choix sarkozien!
Edouard Balladur s'était fendu d'une tribune dans Le Monde du 17 janvier 2008, lapidairement intitulée "Tony Blair ne
peut être président de l'Europe". Pour l'ancien Premier ministre, ce dernier n'est pas "issu d'un pays qui adhère pleinement aux progrès de l'Union européenne". Circonstance aggravante, sur le plan militaro-diplomatique, celui qu'on surnommait "le caniche de Bush", "s'est avec zèle toujours tenu aux côtés des Etats-Unis [...] dans la désastreuse affaire irakienne".
Quant à l'ancien président de la République, il avait expliqué au même moment à l'Assemblée nationale que Tony Blair ne devrait pas présider l'Europe. Une telle fonction devant être occupée par une personnalité qui "appartienne à un pays qui respecte tous les engagements européens", à savoir pas un Britannique, le Royaume-Uni n'ayant pas adopté l'euro et n'appartenant pas à l'espace Schengen.
Absence de vision pour l'Europe et bien sûr pour la France? Primat des considérations politiciennes internes -faire passer l'UMP pour une force politique ouverte à la gauche britannique- au détriment de l'intérêt général et de la souveraineté populaire? Maladresse de plus sur la scène diplomatique? Ou volonté confirmée d'arrimer l'Union européenne et, ipso facto, la France aux Etats-Unis d'Amérique, dans le dos du peuple? Acharnement à détruire la tradition diplomatique française et à détricoter toute la politique chiraquienne? Qui sait?
Dangereuse entreprise quoi qu'il en soit...
le 16 janvier on apprenait par la presse qu’un poste militaire français serait installé à Abou Dhabi, sur les rivages du Golfe… face à l’Iran, dans une des zones les plus sensibles du monde. Face à un pays dirigé par un fanatique, dans la ligne de mire inquiète de la communauté internationale, et en premier lieu des Etats-Unis d'Amérique.
Les soldats français à Abou Dhabi: une force supplétive de l'armée des Etats-Unis face à la République islamique iranienne?
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Cette annonce avait évidemment été interprétée par le régime iranien comme une preuve supplémentaire du ralliement de la France de Nicolas Sarkozy à la politique de George W. Bush dans la région. L'Iran pense être devenue la cible prioritaire de l'armée états-unienne et s'interroge donc, en cas de conflit, sur le rôle que pourrait jouer cette nouvelle base militaire française.
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Mais tout cela n'inquiète pas outre mesure l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine qui, comme il le fait depuis son arrivée à l'Elysée, pratique une diplomatie de "marchands d'armes" sans en mesurer ou en expliquer clairement les buts et éventuelles conséquences. Car en échange de l'installation des soldats français, des contrats juteux auraient été signés entre la France et les Emirats arabes unis. A quel prix à long terme, nul ne le sait...
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Une fois encore, l'image de la France à l'étranger, au Moyen et au Proche-Orient, s'en trouve brouillée. Sans même évoquer l'hostilité que le seul drapeau français commence à susciter dans cette région si "compliquée"...
la réorientation de la politique étrangère française attise la haine des islamistes. Même si, selon les
"spécialistes", ils ne doivent pas être pris au sérieux, les propos tenus par Fathia Mejjati, veuve d'un haut responsable d'Al Qaeda, dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France, le 21 janvier 2008, sont symptomatiques d'une recrudescence de la haine antifrançaise dans les milieux islamistes.
Qu'y disait-elle? Qu'avec la présidence Sarkozy, "le sanctuaire français n'existe plus" et, qu'en conséquence, "la France sera punie" pour "son allégeance à l'Amérique". Annonçant de probables attentats dans l'Hexagone, directement liés à la politique étrangère sarkozienne.
Même si ces déclarations ont été immédiatement minimisées par les "spécialistes" du terrorisme, elles s'inscrivent dans un contexte de menaces directement dirigées contre Nicolas Sarkozy, président d'un pays désormais classé dans l'axe "américano-sioniste" par la mouvance islamiste terroriste.
L'absence de toute communication officielle sur ce sujet, le refus de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine de rendre des comptes et encore moins d'impulser un débat démocratique sur la possible réorientation de la politique étrangère de la France sont scandaleux.
Les attentats sanglants qui ont frappé les Espagnols et les Britanniques en réaction à l'engagement de leurs troupes dans la guerre en Irak sont pourtant des précédents qui devraient pousser le président Sarkozy ou ses conseillers à une prudence accrue. Mais là encore, aucune "transparence", silence radio.
Les attentats de Londres, le 7 juillet 2007, ont fait 56 morts et de nombreux blessés.
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Alors que l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président Sarkozy s'apprête à créer un "Conseil national de la sécurité" au plus près de l'Elysée, court-circuitant les ministères des Affaires étrangères et de la Défense notamment, on peut gager que la "transparence" en matière de politique étrangère ne sera pas de mise. La responsabilité des ministères concernés diparaîtra au profit d'une politique discrétionnaire menée directement par le président et ses "conseillers".
Le grand débat parlementaire et démocratique qui devrait s'imposer sur des sujets aussi graves que l'enterrement de la position traditionnelle de la France ou l'envoi de troupes à Abou Dhabi, dans un monde globalisé et dangereux, n'aura ainsi pas lieu. Les conseillers, dépourvus de légitimité démocratique pourront à la rigueur être entendus par des commissions parlementaires, et encore. Mais les ministres encore un peu plus rabaissés n'auront pas de comptes à rendre face aux élus du peuple sur des options qu'ils seront probablement les derniers à maîtriser. Une atteinte supplémentaire portée à la démocratie dans la "France gallo-américaine" de Nicolas Sarkozy...
Et la dérive atlantiste se poursuit toujours un peu plus, sans qu'on en comprenne ni les principes directeurs -même s'il ne s'agit pas de révéler des secrets d'Etat ou d'entraver les forces françaises qui luttent déà contre le terrorisme- ni l'intérêt ni les motivations, sinon idéologiques ou marchandes.
A la "bravoure" ou à "l'arrogance", tantôt saluées tantôt décriées, de la vieille France fait donc place un chauvinisme impuissant, de pacotille pseudo-chrétienne, qui masque mal un suivisme atlantiste caricatural et dangereux tant pour la France et pour l'Europe que pour tous les démocrates et militants de la laïcité ou des droits de l'homme dans des pays traditionnellement "amis".
Décidément, la France de Nicolas Sarkozy n'a semble-t-il plus rien à apporter au monde...
Sans parler de la question de la sécurité du territoire national, dont les experts persistent à dire qu'elle n'est pas en cause... Ce en quoi il faut espérer qu'ils ont raison.
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LE MYTHE DE L’ANTI-AMERICANISME FRANÇAIS REPRIS PAR SARKOZY ET OFFERT A GEORGE W. BUSH
LA DISPARITION DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE, UN ENJEU DE CIVILISATION
SARKOZY ET LA HONTE DE LA FRANCE; DE GAULLE ET L'ORGUEIL DE LA FRANCE
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LA FRANCE "ARROGANTE" SELON SARKOZY, PUNIE PAR BUSH
10 décembre 2007
KADHAFI A PARIS: LA DIPLOMATIE DES "MARCHANDS" D'ARMES DE M. SARKOZY MEPRISE LES DROITS DE L'HOMME D'UNE FRANCE SANS PRESIDENCE
Depuis l'accession au pouvoir de l'ancien avocat d'affaires et maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy, l'image -sans même évoquer la sécurité- de la France ne cesse de se détériorer sur la scène mondiale. En outre, les mensonges du candidat Sarkozy apparaissent en pleine lumière. Aux droits de l'homme et du citoyen, on préfère les droits du banquier et du vendeur d'armes, involution lourde conséquences pour ce qu'était la République française... Puissance moyenne, pratiquant realpolitik parfois brutale, mais porteuse d'un message "universel" politique...
ALEXANDRE DUMAS
"Si forte que soit la diplomatie des diplomates,
celle des marchands leur est toujours supérieure...".
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"Le Collier de la reine".
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L'arrivée en grande pompe, le 10 décembre 2007, à Paris du colonel Kadhafi, dictateur et terroriste en chef coupable de la mort de centaines d'hommes et de femmes, sera certainement célébrée par le journal télévisé de TF1, retransmise en direct sur LCI, avec maintes analyses hautement politiques sur le nombre de chameaux ou la taille de la tente bédouine qui prendront place dans le parc de l'Hôtel Marigny.
Peut-être glissera-t-on un mot furtif sur le fait que si la France et son président s'enorgueillissent encore des Droits de l'homme et du citoyen, cette visite d'Etat d'un des plus célèbres violateurs de ceux-ci peut éventuellement poser question.
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On ne dira certainement pas sur TF1, qu'ajoutées à des bourdes grossières à répétition, les palinodies présidentielles continues, s'agissant de "sa" politique étrangère atteignent ici les sommets de l'immoralité politique. Les critiques relatives à l'invitation lancée par l'ancien avocat d'affaires et maire de Neuilly-sur-Seine, M. Sarkozy au dictateur libyen, sont d'autant plus vives qu'elles mettent à jour l'écart permanent entre les paroles et les actes propre à notre actuel président. Si l'on sait qu'il n'écrit pas ses discours, qu'il pense en grande partie par cerveaux interposés, le problème est qu'il agit bien lui-même, et qu'avec lui il engage la France entière.
Au soir de sa victoire, tout frais sorti du palace le Fouquet's où il venait de festoyer en premier lieu avec ses amis patrons ou vedettes, l'ancien avocat d'affaires, défenseur patenté des PDG en délicatesse avec la loi, avait soudainement déclaré à la foule: "la France sera du côté des opprimés tout autour du monde, car c'est son histoire".
Après trois heures passées au Fouquet's en compagnie des plus grosses fortunes de France, Nicolas Sarkozy se rend enfin à la Concorde pour saluer ses partisans et leur livrer un message poncifiant sur la France du côté des opprimés et autres promesses vides de sens et contre lesquelles sa politique toute entière est dirigée
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UN PRESIDENT SANS VISION POLITIQUE POUR LA FRANCE:
Qu'on se le dise M. Sarkozy veut "gouverner" à la place du gouvernement, violant plus ou moins tacitement l'article 20 de la Constitution. Mais il obtiendra satisfaction par une réforme des institutions, qu'il ne soumettra pas à référendum, lui permettant constitutionnellement de gouverner. Mais présidera-t-il? Car gouverner et présider sont deux choses différentes.
Le président de la République, chef des armées
Présider suppose avoir une hauteur de vue, une prudence, une constance solidement arrimée à une vision à long terme du pays et de sa place dans le monde, ce dont manifestement, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine est, malheureusement pour la France, dépourvu. Comme si la France n'avait plus de "boussole"....
La "prudence", une des vertus cardinales autrefois exigées des rois de France. Ici, l'allégorie de celle-ci sur le pourtour du tombeau du roi Louis XII et de Anne de Bretagne, à la basilique de Saint-Denis... Le miroir symbolisant la capacité de regarder en arrière, pour mieux affronter l'avenir. Vertu dont on ne saurait créditer hélas notre actuel président de la République... Qui certes n'est pas encore roi...
La différence la plus nette entre les deux missions, "gouverner" et "présider", apparaît, hors crise, dans ce que l'on appelle le domaine réservé des présidents de la République. Ainsi la Constitution stipule-t-elle que:
- article 5: Le Président de la République veille au respect de la Constitution. [...] Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités.
- article 14 : Le Président de la République accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères ; les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires étrangers sont accrédités auprès de lui.
- article 15 : Le Président de la République est le chef des armées. Il préside les conseils et les comités supérieurs de la Défense Nationale.
- article 52 : Le Président de la République négocie et ratifie les traités. Il est informé de toute négociation tendant à la conclusion d'un accord international non soumis à ratification.
"Domaine réservé" à qui? A la personne du président de la République. Précisément. Les qualités humaines et l'intelligence, la perspicacité comme la faculté de comprendre le passé pour mieux s'engager dans l'avenir sont donc requises. Le monde étant complexe et fragile à la fois, on ne saurait exiger une hypothétique omniscience présidentielle. Des conseillers, traditionnellement discrets, parce qu'ils n'ont aucune légitimité démocratique, entourent et éclairent la personne du président.
Les présidents de la Ve République s'étaient tous, chacun à leur façon, et malgré les tristes réalités de la Realpolitik, notamment en Afrique, inscrits dans le cadre gaullien stipulant que présider suppose qu'on ait "une certaine idée de la France", manifestement, M. Sarkozy n'en a pas
On est par contre en droit d'exiger du locataire de l'Elysée, sur la scène internationale, de la mesure, la fidélité à nos principes fondamentaux, la connaissance des lignes jaunes qu'il est toujours hasardeux de franchir lorsque l'on représente un pays à l'étranger, la conscience des conséquences que fait courir au peuple la parole présidentielle qui engage la "nation".
Or, on ne peut que constater, dans ce domaine, la vacuité qui caractérise les gestes spontanés et les démarches hâtives de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy. Ses qualités personnelles sont-elles ici en question? On peut se le demander. Sous la plume de Bernard-Henry Lévy, qui le connaît personnellement, on lit ce passage inquiétant, dans Ce grand cadavre à la renverse: "je m'avise aussi de ce trait qu'il a toujours eu, dont le temps ne le guérit pas non plus [...]. Tout dire, ne rien garder; un sujet qui laisserait tout sortir, réellement tout, ce qui lui transite par le cerveau [...]". Et de conclure, c'est le "seul être que je connaisse qui soit, à ce point, dénué de for intérieur...".
Yasmina Reza, chroniqueuse patentée et attentive, à sa façon, de la campagne présidentielle menée par
l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, va étrangement dans le même sens. "L'observant à la mairie de Palavas-les-Flots écouter celui qui introduit son allocution, écrit-elle, j'ai l'impression de voir un petit garçon, debout, mains croisées, écoutant gentiment"! Une agitation perpétuelle trahie par sa boulimie de chocolats et de bonbons qu'il engouffre, par ses tics d'agacement de la jambe qui provoque sans cesse l'affolement de sa chaussure à pompons [...]" . Mme Reza d'ajouter: "Quand je dis dans son entourage qu'il a l'air d'un enfant, on me regarde avec stupeur". C'est peut-être que dans cet entourage, il n'y a que des enfants ou pus précisément, des adultes infantiles?
Plus inquiétante relativement à notre sujet, cette conversation entre Nicolas Sarkozy et Henri Guaino, relative à la France, lors de la préparation du discours de la déclaration officielle de sa candidature, en date du 14 janvier 2007: "Henri: "Pour moi, la grande idée, c'est le travail". Nicolas: "Oui! Oui! Le fil conducteur c'est le travail!"".
Et Nicolas Sarkozy d'ajouter en substance que l'avenir de la France, c'est le travail...
Alors, on peut être en désaccord complet avec la perspective mitterrandienne de "l'Europe comme avenir de la France", avec celle de Chirac d'une France défenseur du "dialogue des cultures et du droit international pour un monde multi-polaire", on ne peut nier que les deux s'incrivaient encore dans le cadre gaullien de la France, "puissance moyenne mais grand logos", soucieuse de son indépendance nationale et porteuse d'un grand message transcendant les rapports de force militaires ou économiques, faisant plus ou moins consensus dans le pays.
Le "travail" comme avenir de la France, la production et la consommation, la guerre économique et la croisade pour la croissance, telles semblent être les convictions économistes, d'une pauvreté et d'une banalité absolues, d'un point de vue historique et politique, qui sont les piliers de l'affaiblissement de la voix politique humaniste de la République française dans le monde.
La France est en train de perdre son vieux statut de "nation politique" pour devenir une "nation de boutiquiers" comme une autre.
LES MENSONGES DE CAMPAGNE A LA LUMIERE DES FAUX PAS DE LA PRESIDENCE SARKOZY: APRES LA CHINE, POUTINE:
Le 28 février 2007, le candidat Sarkozy annonçait sa volonté de rupture avec la realpolitik bafouant les droits de l'homme dans le monde, attirant à lui nombre des figures pseudo-intellectuelles de la gauche humanitariste et antitotalitaire, tel André Glucksman. Une fois encore, devenu président, il fait le contraire de ce qu'il a promis. S'acoquinant bien mieux que Chirac avec le Bush de la guerre en Irak et de la francophobie, avec Poutine, Kadhafi, la Chine etc.
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M. Sarkozy avait promis que sa présidence marquerait un tournant dans la politique étrangère française, en finissant avec le cynisme passé. Il avait fustigé les "poignées de main amicales" de Jacques Chirac avec Vladimir Poutine. La démocratie, la "bonne gouvernance", les droits de l'homme et la liberté de la presse constitueraient les clefs de voûte de l'action de la France de la "rupture" dans le monde.
Et pourtant, le dimanche 25 novembre, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président Sarkozy
entamait une visite d'Etat -la plus haute du point de vue protocolaire- en Chine. Alors que pendant la campagne présidentielle, la question de la Chine et de son mépris pour les droits de l'homme avait servi de "missile" polémique aux partisans UMP de Nicolas Sarkozy contre Ségolène Royal, voilà que plus personne ne s'offusquait du fait qu'au dernier moment, la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Mme Rama Yade était, par la volonté présidentielle, exclue du voyage d'Etat... Silence radio.
A cela, on ajoutera que l'accession du candidat très "droits-de-l'hommiste" Nicolas Sarkozy à l'Elysée n'a rien changé à l'hostilité de la France à l’embargo des ventes d’armes à la Chine, en vigueur depuis le massacre de Tian'anmen en 1989, tout comme à une réception du dalaï-lama.
Un étudiant face à une horde de chars, symbole des massacres de Tian'anmen en 1989
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Puis, M. Sarkozy, brusquement converti au "despotisme poutinien" -ou, à tout le moins, à une pratique du pouvoir sujette à caution-, dégainait le téléphone de la République française, le 2 décembre au soir, pour féliciter "chaleureusement" Vladimir Poutine, pour la victoire de son parti aux législatives.
Mais quelle mouche l'avait donc piqué? Croyait-il s'adresser en privé à un ami comme un autre, qui viendrait de remporter une belle mise à la bourse? Oubliait-il qu'il engageait ainsi la France? Qu'il mêlait la voix du pays à celle du président iranien islamiste, antisémite et prônant la destruction d'Israël? Et que, de par les contraintes européennes, il embarrassait l'Union européenne, qu'il avait prétendu avec arrogance avoir remis sur les rails avec la fable du mini-traité? Avait-il endossé son pallium de maire de Neuilly-sur-Seine, d'avocat d'affaires et laissé à terre l'habit présidentiel?
Quoi qu'il en soit, ces félicitations sarkoziennes, après une campagne russe marquée par des actes de terrorisation de
l'opposition, par l'emprisonnement de l'opposant Garry Kasparov, mondialement connu, par des manquements manifestes aux règles élémentaires du scrutin démocratique, ont choqué toute l'Europe et jusqu'aux Etats-Unis eux-mêmes.
Ainsi la Maison-Blanche, par la voix du porte-parole du Conseil national de sécurité, Gordon Johndroe, déclarait dès les résultats que "les premières informations en provenance de Russie incluent des accusations de violations électorales", exhortant en conséquence, le pouvoir russe à "enquêter sur ces affirmations".
Le même jour, la chancelière allemande, Angela Merkel, estimait à la radio qu'"on ne peut transposer à cent pour cet à la Russie le chemin démocratique emprunté par l'Allemagne". Elle tranchait sans barguigner: "la Russie n'était pas une démocratie et n'est pas une démocratie". Point de congratulations possibles donc.
Un porte-parole du président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, lâchait quant à lui ce commentaire sibyllin relatif à l'attitude française: "Aucun appel téléphonique [de la part de la Commsission européenne] n'est au programme à ma connaissance"...
Le quai d'Orsay, un lieu écrasé par l'hyper-présidence infantile de M. Sarkozy
Bref, pour sauver l'honneur, le ministère des Affaires étrangères laissait Pascale Andréani tenter de réparer la casse en clamant dans le désert qu'il fallait que Moscou fasse "toute la lumière" sur les fraudes présumées... Mais qui connaît le ministère des Affaires étrangères dans ce régime politique français inédit?
FI DU TEMPS LONG DU POLITIQUE, FI DES GRANDS PRINCIPES, LE "BUSINESS"AVANT TOUT:
Toutes ces bourdes et imprudences, qui discréditent la France, s’expliquent certainement par cette absence de culture politique propre à M. Sarkozy.
Le discrédit politique de la France, dont on ne pourra évaluer la gravité qu’à long terme, disparaît face à l’amoncellement de contrats économiques exhibé par le président de la République après chaque voyage. Mais tout cela n’a rien d’original, si ce n’est qu’au passage les promesses de campagne de M. Sarkozy sont abandonnées. Et que de rupture, il n’est plus question.
























