09 mai 2009
SEGOLENE ROYAL DENONCE L'AFFAISSEMENT DE LA FONCTION PRESIDENTIELLE ET LA DIVISION DE LA FRANCE PAR NICOLAS SARKOZY
Ségolène Royal, seule opposante socialiste crédible depuis 2 ans à l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy, a rappelé à l'ordre ce dernier et heureusement taclé ses manquements diplomatiques, ses insultes, tant à l'égard des peuples et dirigeants étrangers qu'à l'égard du peuple français.
Les caciques socialistes décadents - dont Jack Lang est devenu l'épure -, comme les jeunes pseudo-loups n'existant que dans l'ombre de Mme Royal, ont soutenu Nicolas Sarkozy contre les intérêts de la France...
Ségolène Royal discours à la Maison de la Chimie
Vidéo envoyée par sandrinegarnaud
Leur non-acceptation d'un leadership dans leur pauvre parti explique certainement leurs prises de position antirépublicaines et antifrançaises.
Ils seront comptables, à continuer ainsi, de la réélection de M. Sarkozy ou d'un leader de sa droite extrémiste en 2012.
"L'action proprement politique [...] vise à produire et à imposer des représentations (mentales, verbales, graphiques ou théâtrales) du monde social qui soient capables d'agir sur ce monde en agissant sur la représentation que s'en font les agents.
Ou, plus précisément, à faire ou à défaire les groupes [...] - en produisant, en reproduisant ou en détruisant les représentations qui rendent visibles ces groupes pour eux-mêmes ou pour les autres."
Ce que parler veut dire.
Segolene Royal le 20 Avril 2009
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L'inexpérience de Sarkozy fait honte aux français
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Quand Nicolas Sarkozy insultait l'Allemagne et ses dirigeants :
Sarkozy greift Deutschland an
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Sarkozy tacle un ministre Allemand
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Sarko grossier
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Quand Nicolas Sarkozy dénigrait en un vocable raciste les Africains...
Discours raciste de sarko à dakar - 26 juillet 2007
Vidéo envoyée par henneji
... et que Ségolène Royal ne saurait tolérer :
Ségoléne Royal à Dakar polémique [news] Fr2 070409
Vidéo envoyée par ReadyHdFull
Lorsque l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, empruntant aux stéréotypes des colons français d'Algérie les plus islamophobes, insultait tous nos compatriotes de confession musulmane :
Sarko aime pas certains moutons,il préfére les siens
Vidéo envoyée par ubu_roi
François Fillon en guerre contre le monde musulman
Vidéo envoyée par Amago82
Quand M. Sarkozy, Président, manifeste sa haine du peuple français :
Karcher
Vidéo envoyée par Schumi93120
Sarkozy prêt à se battre contre un pêcheur
Vidéo envoyée par allcurious
Sarkozy au salon de l'agriculture
Vidéo envoyée par -kiki-
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"Le Président de la République veille au respect de la Constitution" (art. 5) laquelle stipule en son 1er article que "la France est une République indivisible".
Coutumier des violations en tout genre de notre Constitution, Nicolas Sarkozy, en campagne pour la magistrature suprême et, plus inquiétant, devenu président de la République, n'a cessé de diviser les Français, de dresser telle ou telle catégorie d'entre eux l'une contre l'autre - par le "pouvoir dominant des mots".
Avec l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, le pouvoir oppose ainsi les chômeurs aux travailleurs, les SDF à l'Humanité sédentaire, les personnes âgées au reste de la population, les familles entre elles, les Français de confession musulmane, comme le monde musulman en entier aux autres, les croyants aux non-croyants, les Africains et les Allemands aux Français, les "voyoucrates" aux "ploutocrates", francophones et tenants des langues régionalistes, les malades aux bien-portants, les communautés dites "ethniques" - en fait raciales -, les homosexuels aux hétérosexuels (sic), la gauche qui n'aime pas la France à la droite qui l'aimerait, la fonction publique aux travailleurs du secteur privé, grévistes et non-grévistes bien entendu, bénéficiaires du RSA et travailleurs pauvres, etc.
Si Valéry Giscard d'Estaing disait, amer, qu'on oublierait son septennat parce que nos sociétés sont sans mémoire, il est louable qu'une dirigeante politique, telle Ségolène Royal, nous la rafraîchisse aujourd'hui.
Quel pays laissera Nicolas Sarkozy à nos enfants, nul ne le sait... Un pays et un peuple divisés certes. Un pays sans voix déchiffrable et sans vision pour le monde.
Une République sans loi, une vie politique où règnent l'argent, les mensonges et la vulgarité, une société injuste et atomisée.
La presse a peu de mémoire ces temps-ci, à moins qu'elle ne soit complice d'un coupable oubli généralisé...
08 septembre 2008
POUR FRANCOIS FILLON, LA FRANCE ET SES ALLIES SONT EN GUERRE CONTRE "LE MONDE MUSULMAN"
Preuve supplémentaire de la réorientation de la politique étrangère française, ou plutôt de sa désorientation depuis l'arrivée à l'Elysée de Nicolas Sarkozy, les emprunts répétés de ses ministres au vocabulaire employé par George W. Bush lorsqu'il déclencha la seconde guerre d'Irak. Pour Bernard Kouchner les soldats français morts en Afghanistan auraient été sacrifiés "pour la liberté du monde"... Aujourd'hui pour le Premier ministre François Fillon qui toujours multiplié les dérapages verbaux, les taliban et autres islamistes ou chefs de guerre représentent le "monde musulman"...
MARTINEZ-GROS ET VALENSI
"Il est des confusions si fécondes qu'on se garde de les dissiper.
"islam" s'entend de la religion que Mahomet fonda sur le message
inaltérable, sur la parole dont Dieu lui fit la grâce de la dictée. [...]
En revanche, l'Islam (ici pourvu d'une majuscule) désigne le domaine,
vaste mais circonscrit dans l'espace et le temps
(quatorze siècles, le cinquième de l'humanité),
où s'est déployée l'aventure des musulmans."
Gabriel Martinez-Gros et Lucette Valensi,
L'Islam en dissidence,
genèse d'un affrontement.
François Fillon en guerre contre le monde musulman
Vidéo envoyée par Amago82
On connaissait ses sorties sur le détail des tests ADN, sur la gauche qui n'aime pas la France, désormais, pour François Fillon, comme il l'a déclaré le 1er septembre 2008 sur Europe 1: nous sommes en guerre contre le "monde musulman"... Emprunt au vocabulaire néoconservateur bushiste le plus primaire et déplacé qui soit, islamophobe au minimum... Confondant Islam et islam, musulmans et islamistes, habitants du "monde musulman" et croyants musulmans, dans la plus pure veine du verbiage sur le "choc des civilisations".
Emprunt qu'il avait déjà utilisé lors de son discours du 8 avril 2008 à l'Assemblée nationale, pour justifier l'envoi de troupes françaises supplémentaires sur le front afghan.
Mais peut-être le nouveau pouvoir veut-il faire la guerre au "cinquième de l'humanité", pour la "liberté du monde"?
03 septembre 2008
TROUPES FRANCAISES HORS D'AFGHANISTAN
Après la mort de dix soldats français, pris en embuscade en Afghanistan, preuve est faite que cette "guerre pour la liberté du monde", dixit les discours néoconservateurs de Nicolas Sarkozy, de François Fillon et de Bernard Kouchner, n'est qu'un effroyable guêpier.
Manifestons pour dire non à cette mascarade!
25 avril 2008
LA FRANCE DE SARKOZY, FILLE AINEE DES ETATS-UNIS NEOCONSERVATEURS DE BUSH EN AFGHANISTAN ET A L'OTAN
Envoi de troupes dans le bourbier afghan, réintégration pleine et entière dans le commandement de l'OTAN: la mise à mort de l'indépendance nationale et de la voix de la France dans le monde vient d'être décrétée par Nicolas Sarkozy. Contrairement à ses positions de campagne mais conformément aux premiers gestes de sa présidence, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine se rapproche des Etats-Unis de l'administration Bush et, surtout, valide, au nom de la France, ses thèses ineptes et nocives sur la lutte pour une pseudo expansion par les armes de la "démocratie". L'expérience multiséculaire de la France dans le monde, notamment arabo-musulman, sa vision, affirmée par le général de Gaulle, après la disparition de l'Empire français, d'un monde multipolaire pour éviter la politique du bloc contre bloc, prévalant pendant la Guerre froide, la lucidité du quai d'Orsay et de la présidence Chirac s'agissant du nouveau rôle que pouvait jouer la France après la chute du mur de Berlin, face à l'émergence de nouvelles puissances et face au risque d'un "choc des civilisations", le primat accordé à la diplomatie, au renseignement et à une vision politique des conflits mondiaux, non idéologique et non exclusivement militaire: tout cet héritage précieux est aujourd'hui jeté au caniveau par le président Sarkozy.
RICHARD NIXON
"[...] Nous souhaitons une Europe économique forte
avec une France politiquement indépendante. [...]
Tout cela est dans l'intérêt de la stabilité mondiale.
Après la Deuxième Guerre mondiale, nous étions seuls
à détenir la puissance. Cela a changé. Aujourd'hui,
d'autres pays ont remonté la pente et nous nous en félicitons."
Entretien entre le président de la République et le président des Etats-Unis,
à la Maison-Blanche, le mercredi 24 février 1970, de 10h35 à 12h15,
in Georges Pompidou de Eric Roussel
LA POLITIQUE D'INDEPENDANCE NATIONALE ENTERREE A LONDRES, DEVANT LE PARLEMENT BRITANNIQUE
C'est depuis Londres, le 18 juin 1940, que le général de Gaulle appelait, sur les ondes de la BBC, les Français à la résistance aux Allemands, à la poursuite la guerre et au refus de l'armistice.
Le 26 mars 2008, c'est depuis cette même ville, devant le Parlement britannique, en territoire étranger, que Nicolas Sarkozy, tout fanfaronnant, a confirmé officiellement l'envoi de soldats français supplémentaires au front en Afghanistan, pour soi-disant lutter contre les Talibans et Al Qaeda. C'est devant un Parlement britannique tout entier rassemblé, à savoir composé de députés élus mais aussi de Lords nommés pour certains à titre héréditaire, que le président de la République a choisi d'annoncer l'enterrement de 40 ans de politique étrangère française autonome et libre.
Sarko est très dangereux
Vidéo envoyée par Rive-gauche
Nicolas Sarkozy, président de la République et chef des armées, annonçait, le 26 mars 2008, devant le Parlement britannique l'accroissement du nombre de soldats français en Afghanistan, oubliant au préalable d'en informer la représentation nationale... française.
Ce faisant, c'est dans le plus complet mépris du Parlement français, et, ipso facto, du peuple français, que Nicolas Sarkozy a liquidé tout l'héritage diplomatique et géopolitique national, amorçant la mise en pratique d'une rupture philosophique consternante avec la position traditionnelle de la France dans le monde. L'Allemagne, censée être devenue notre "allié héréditaire", a, quant à elle, été balayée d'un revers de bouche de Nicolas Sarkozy, qui lui préfére clairement le Royaume-Uni - avec lequel la France aurait, d'après lui, "la même vision de l'avenir"...
Au passage, le président de la République revenait sur une de ses affirmations de campagne - une de plus - , à savoir le "retrait" des troupes françaises d'Afghanistan, pour lequel il s'était prononcé le 26 avril 2007, à quelques jours de l'échéance fatidique du second tour des élections présidentielles.
Nicolas Sarkozy et l'Afghanistan
Vidéo envoyée par Raoul3B
Nicolas Sarkozy a-t-il sciemment menti, à l'approche du second tour des élections présidentielles du 6 mai 2007, sur un sujet aussi sensible que l'engagement des toupes françaises en Afghanistan? S'agissait-il du souci bien compris de ne pas s'aliéner le vote de Français de droite attachés à l'héritage gaullien comme à l'indépendance nationale?
Devant le tollé suscité par l'annonce à l'étranger de la nouvelle politique militaire française, l'opposition a finalement obtenu un débat à l'Assemblée nationale, à l'occasion du dépôt d'une motion de censure à l'encontre du gouvernement, rejetée le 8 avril 2008 par la majorité présidentielle. Le débat a permis de dévoiler clairement la rupture de la droite sarkozienne, assumée par le Premier ministre, François Fillon, avec le gaullisme, dont l'héritage est désormais défendu par la gauche, le parti socialiste notamment et le député Nicolas Dupont-Aignan, membre malheureux de l'UMP.
La motion de censure est rejetée
Vidéo envoyée par Ptite_Mule
Le 8 avril 2008, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy a reproché à la gauche de se revendiquer de l'héritage gaullien et a décrété que la France s'inscrirait désormais pleinement dans "la guerre contre le terrorisme"...
LE MYTHE DE LA "RECONCILIATION" FRANCO-ETATS-UNIENNE ET LE DECLIN CONTINU DE L'EUROPE COMME DE LA FRANCE
Qu'on ne s'y trompe pas: la France est déjà présente en Afghanistan, en tant qu'alliée des Britanniques et des Etats-Uniens notamment, en tant que membre de l'OTAN bien entendu.
Mais désormais, les missions comme le positionnement de ses troupes changent de nature, contrairement à ce qu'affirment en choeur les affidés du président et ses conseillers diplomatiques. Il ne s'agit absolument pas d'une bénigne réconciliation, qui n'avait pas lieu d'être, mais d'une trahison brutale des principes défendus depuis des années par le Quai-d'Orsay. De la formation de l'armée afghane, du renseignement, de la sécurisation de zones à risques, de l'appui logistique à nos alliés, de l'aide à la reconstruction, de l'action humanitaire, nous passons à des opérations de guerre au front, nous rallions le mythe bushiste de la fameuse "guerre globale contre le terrorisme".
C'est là que se situe la rupture la plus désastreuse engagée par le chef des armées. Rupture que confirme l'annonce
quasi concomitante du retour complet de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN, le 3 avril 2008, lors du sommet de Bucarest.
Ainsi se trouve parachevé le processus visant à annuler la décision prise par le général de Gaulle en 1966, méprisée aujourd'hui par les sarkozystes, de retirer la France de ce commandement militaire intégré, afin d'assurer son indépendance, prise en étau avec l'Europe, entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Union soviétique. La possession de l'arme nucléaire était alors un argument de poids dans la vision gaullienne.
La droite sarkozyste puis le nouveau pouvoir ont largement contribué à diffuser le
mensonge selon lequel l'indépendance de la "voix de la France" et les éventuels désaccords pouvant surgir avec nos alliés - le dernier en date étant l'opposition à la calamiteuse guerre en Irak - équivalaient à une rupture de nos alliances, caricaturée comme étant la manifestation d'un "antiaméricanisme primaire". Soupçon largement répandu aux Etats-Unis d'Amérique depuis des décennies et admis comme un état de fait par l'administration Bush pour conspuer la présidence de Jacques Chirac et, au-delà, la France entière. Menterie reprise textuellement par François Fillon dans son discours du 8 avril 2008 contre la gauche!
Le mythe de l'épopée sarkozienne voudrait nous faire croire que la France, depuis son opposition à la guerre en
Irak en 2003, brouillée avec les Etats-Unis d'Amérique, affaiblie par ce désaccord, aurait eu besoin d'un "sauveur" prêt à renouer le fil soi-disant rompu de cette alliance et de cette "amitié". Or, les Etats-Unis et la France, après le déclenchement de la guerre en Irak avaient déjà repris leur collaboration, notamment militaire, notamment en Afghanistan, sous la présidence de Jacques Chirac lui-même, sans que la France eût à revenir sur sa décision de 2003.
Historiquement parlant, les argumentaires sarkozystes voudraient nous faire croire que la France était en guerre latente avec les Etats-Unis depuis 1966 et la mise en place par De Gaulle d'une politique étrangère autonome, en pleine Guerre froide.
Vision démentie par les faits et dont le président Nixon avait lui-même bien conscience, lorsqu'il discutait avec Georges Pompidou, successeur de De Gaulle, fermement attaché à maintenir le legs de son prédécesseur. Au-delà de tous les mensonges propagés ici ou là, au-delà des désaccords ponctuels, la France était demeurée, dans tous les moments difficiles, un allié de poids des Etats-Unis d'Amérique, sans jamais s'en faire la vassale.
Alors que l'URSS n'existe plus, alors que l'Europe - la France et l'Allemagne - aurait pu, dès 1989, jouer une
carte offensive face aux Etats-Unis dans leur tentative de demeurer les leaders exclusifs de "l'Occident", alors que l'émergence de nouvelles puissances mondiales - Chine, Inde etc. - justifierait une refonte et un renforcement du droit international et de l'ONU, alors que le terrorisme international a été incompris par la dernière administration états-unienne, la France, au lieu de jouer sa carte, rallie avec empressement l'OTAN tout en faisant mine d'encourager une hypothétique défense européenne, que son ancrage outre-atlantique, par Royaume-Uni interposé, condamne par avance à l'alignement.
Le tout sans parler de la colère des peuples occidentaux à l'égard des dirigeants qui les ont conduits en 2003 dans la guerre contre l'"Axe du Mal" de George W. Bush.
Manifestations de citoyens états-uniens pour le retrait des troupes d'Irak.
La question civilisationnelle sous-jacente, est bien celle-ci: les Etats-Unis représentent-ils à eux seuls l'Occident? L'Europe et la France doivent-elles être diluées dans une pseudo-alliance euro-états-unienne, qualifiée d'"occidentaliste"...
Le renoncement de la République française à son héritage occidental et à sa capacité à représenter un Occident ouvert aux autres civilisations, fondés non pas seulement sur la force militaire, la "diplomatie des marchands" ou encore le messianisme militaro-démocratique, mais aussi sur le logos: un tel renoncement est-il une fatalité? Voilà, à long terme, une question que les historiens trancheront... Si elle a encore quelque pertinence.
La décision de Nicolas Sarkozy et de ses conseillers, obnubilés par la puissance actuelle des Etats-Unis d'Amérique, étrangers au sens patriotique le plus élémentaire, plus mondialistes qu'européens, paraît aller à rebours du sens de l'histoire. Une fois encore, le court terme l'emporte sur une réflexion profonde qui éclairerait des pistes d'avenir.
L'OTAN, TREMPLIN DES NOUVEAUX CANICHES DE WASHINGTON ET D'UN OCCIDENTALISME VOUE A L'ECHEC
Aujourd'hui, le raisonnement apparemment "de bon sens" de Nicolas Sarkozy pose que la mission première de l'OTAN, à savoir faire contre-poids à l'expansion du communisme en Europe voire dans le monde, ayant pris fin, il serait "logique" que la France réintégrât pleinement le commandement militaire de l'OTAN. On pourrait penser exactement l'inverse.
Car l'OTAN n'a plus de carnet de bord clairement établi. Dominée par les intérêts, l'influence géopolitique et
philosophique états-unienne, elle s'est assigné très tôt une mission messianique souvent ressentie comme un miasme du colonialisme ou de l'impérialisme occidental. A savoir "lutter pour la démocratie" dans le monde quitte à se transformer en une hypothétique "gendarmerie mondiale" et, depuis le 11 septembre 2001, en un fer de lance de la "guerre globale contre le terrorisme".
Renouant nolens volens avec un discours pontifiant, d'une arrogance et d'une inncocence effroyables, hérité de la Guerre froide mais dans lequel le monde arabo-musulman, l'Islam ou l'islam, le terrorisme - selon qui parle - auraient remplacé l'URSS, les Etats-Unis de George W. Bush ont calibré leur interventionnisme selon une vision binaire du monde, bloc contre bloc, entre "monde libre", "démocratie" et "axe du Mal".
Comme l'expliquent Alain Frachon et Daniel Vernet dans L'Amérique messianique, Les
guerres des néo-conservateurs, ces derniers "ont eu leur heure de gloire sous les deux mandats de Ronald Reagan [donnant] le ton d'une politique musclée vis-à-vis de l'URSS". Mais ces mêmes néo-conservateurs "trouvent une deuxième jeunesse avec George W. Bush, après les attentats du 11 septembre 2001". Occasion de redécouvrir "le pouvoir des idées au moment où l'Europe annonce la mort des idéologies" et d'affirmer que "l'Amérique a une mission à accomplir, qu'elle est porteuse de valeurs universelles adaptées aux aspirations et aux besoins des peuples", de porter la conviction "que la promotion de la démocratie, fût-ce à la pointe des baïonnettes, est dans l'intérêt des Etats-Unis et de leur sécurité".
Le discours du Premier ministre de Nicolas Sarkozy a d'ailleurs clairement entériné cette vision d'une "Amérique dominant et modelant le monde entier selon ses propres idéaux", en justifiant par le concept douteux de "guerre contre le terrorisme" l'envoi de soldats français supplémentaires en Afghanistan,.
Il a déroulé la théorie de l'existence de blocs en guerre les uns contre les autres, matrice du fameux "choc des civilisations", que la France voulait jusqu'ici éviter à tout prix. Le 8 avril 2008, François Fillon, connu pour ses discours caricaturaux sur la gauche et ses dérapages verbaux à répétition, a donc cru bon d'asséner dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale:
"Mesdames et Messieurs les députés,
Nous sommes en Afghanistan parce que 11 septembre 2001
n'était pas seulement un signal sanguinaire adressé aux Etats-Unis.
C'est aussi un affront lancé à toute la communauté internationale.
Ce qui est arrivé à New-York aurait pu, et pourrait toujours, arriver à Paris (sic).
Il faut se souvenir de ce qu'est le terrorisme de masse, et il ne faut pas se leurrer
sur les objectifs meurtriers et méthodiques de ses auteurs.
Al-Qaïda hait et rejette tout ce qui n'obéit pas à ses desseins.
[...]
Cette motion de censure [contre la nouvelle politique étrangère de Nicolas Sarkozy]
est donc d'abord tournée vers ceux qui décidèrent avec courage et lucidité
d'engager la France dans un processus, certes difficile mais juste.
[...]
Al-Qaïda et les talibans n'ont que faire de ces formules [celles de la gauche affirmant qu'il ne
fallait pas "ajouter la guerre à la guerre"], qui, au demeurant, ont toujours
servi à la victoire des dictatures et à la défaite des démocraties."
Tout y est:
les attentats du 11 septembre 2001 ne doivent pas être compris dans leur complexité, au confluent des rapports entre les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite et le Moyen-Orient et d'un anti-américanisme haineux qui prend pour part sa source dans la politique menée par les Etats-Unis au Moyen-Orient ou encore dans le Golfe Persique
il faut comprendre le 11-Septembre non pas comme une tragédie nationale subie par les Etats-Unis, dont nous avons été et sommes solidaires, mais comme un évènement à l'échelle ipso facto "universelle", frappant selon Fillon la "communauté internationale" soit, en vérité, le "bloc occidental" et ses alliés, de fait opposé à un "autre bloc compact hostile"
les attentats multiples ayant frappé la France au cours des 30 dernières années n'avaient pourtant pas appelé une guerre parce qu'ils étaient compris comme une atteinte à l'intégrité nationale à laquelle l'OTAN devait demeurer étrangère, mais contre laquelle tous les moyens de "police" - renseignements, actions des services secrets - nationaux et alliés, tous les efforts diplomatiques - officiels ou officicieux - étaient mis en oeuvre
l'"exceptionnalisme américain", théorisé par les néoconservateurs, par contre, justifie qu'une attaque contre la nation états-unienne prenne la dimension d'une "guerre mondiale" (sic)
la France donc serait prise, bien qu'elle n'ait pas, pour l'instant, été frappée par Al Qaeda, dans un "processus" dont on ne connaît ni les buts militaires ni les limites - l'Afghanistan, le Pakistan? Tout refus d'intégrer ce mystérieux "processus", tout rejet de l'alignement sur l'interprétation en termes de guerre du terrorisme, constituent un manque de "courage" et de "lucidité" (sic).
la guerre en Afghanistan, toujours dans la bouche de François Fillon, doit être entendue comme une guerre des "démocraties" contre les "dictatures", à l'échelle planétaire, logique hasardeuse qui suppose que la France fasse la guerre à la moitié des pays de la Terre...
Pour comprendre l'inanité de la notion de "guerre globlale contre le terrorisme", appliquée à l'Afghanistan, par l'exécutif français lui-même, il faut prendre le temps d'écouter divers spécialistes, chacun dans leur domaine respectif, évoquer une situation éminemment complexe. Irréductible aux fumeuses théories de la "lutte pour l'expansion de la démocratie" ou de la "lutte du Bien contre le Mal".
La face cachée de l'Afghanistan
Vidéo envoyée par Homer-Dalort
Le 3 avril 2008, l'émission Ce soir ou jamais diffusée sur France 3, était consacrée à la situation afghane. L'inanité de l'application à celle-ci du concept de "guerre pour la civilisation" ou de "guerre globale contre le terrorisme" y était clairement mise en évidence...
L'Europe entière, qui n'en finit pas de se lamenter masochiquement sur son passé colonial, connaît pourtant bien les rengaines et les dangers drainés par tout messianisme civilisationnel expansionniste. Pas M. Sarkozy.
Voilà quelle vision du monde et option géostratégique majeure la France, en réintégrant le commandement de
l'OTAN, valide, renonçant à toute option différente. Le problème n'est pas tant quantitatif, logique ou de "bon sens", il ne s'agit pas de savoir si les Etats-Unis sont oui ou non nos alliés. Il s'agit avant tout de savoir si la France a encore une vision du monde, des rapports Nord-Sud, du dialogue entre les différents pôles émergents, une proposition de civilisation conforme à des principes et à des "valeurs" propres et différenciés mais aussi au droit international, une réponse intelligente face au défi du terrorisme mondialisé.
La vision manichéenne et messianique du monde et de l'"Occident" a pourtant déjà échoué en Irak, comme elle est en train d'échouer en Afghnanistan. Les pays qui s'y sont ralliés, le Royaume-Uni et l'Espagne, ont en outre été frappés par des attentats sanglants, que leurs auteurs ont justifié par la guerre en Irak.
Sont-ce là la place et l'avenir de la France? Pour Nicolas Sarkozy et ses ouailles: clairement " oui "...
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En d'autres temps, le pilotage par le président de la République - qui est le "chef des armées" (art. 15 de la Constitution) - de la politique militaire française depuis un pays étranger, en l'occurence l'annonce de l'envoi de soldats français au front afghan depuis Londres, aurait été vécu comme un scandale national. C'est avec effarement que les députés et sénateurs français ont vu Nicolas Sarkozy donner la primeur de sa nouvelle politique étrangère aux parlementaires britanniques puis lors du sommet de Bucarest.
De plus, le président a justifié le retour de la France au sein du commandement intégré de l'OTAN par la construction d'une improbable défense européenne. Comme l'a souligné le Premier secrétaire du parti socialiste le 8 avril 2008, à l'Assemblée nationale, en vérité, "nous allons donner un autre cours à la construction européenne qui ne sera qu'un pilier du monde occidental au lieu de constituer une capacité autonome de décision".
Les contraintes qu'imposera inévitablement à la France sa réintégration dans le commandement militaire de l'OTAN - largement dominé par les Etats-Unis - change de fait la nature du projet d'une défense européenne. Le rapprochement avec les Britanniques et leur politique, jusqu'ici calquée sur celle des Etats-Unis d'Amérique, vide en amont de son sens ce projet toujours repoussé.
Dans cette nouvelle défense européenne "occidentaliste", c'est-à-dire identique à celle des Etats-Unis d'Amérique, la France aura perdu tout le poids de la parole qu'elle conservait encore.
Parole et action qui, dans les régions les plus compliquées du monde, où sévissent des conflits cruciaux pour la paix du monde, avaient jusqu'ici prouvé, à long terme, leur pertinence - que l'on pense seulement à la nécessité de la cohabitation d'un Etat palestinien à côté de l'Etat d'Israël, dont la reconnaissance et la sécurité restaient les préalables, aujourd'hui reconnue par toutes les parties, affirmée par la France depuis des décennies et conspuée en son temps; que l'on songe aux conditions du déclenchement de la guerre en Irak en 2003 et à la façon dont elle a été conduite, jugées imprudentes par la France et l'Allemagne, et dont aujourd'hui tout le monde s'accorde à dire qu'elles ont conduit à un fiasco durable.
Insidieusement, nous assistons à un alignement idéologique catastrophique, à une identité de vue inédite entre la France, les Etats-Unis et leur allié européen britannique - comme si l'exécutif français n'avait plus de projet en matière étrangère -, alignement dont les effets se manifesteront très vite en Afghanistan. Et ce par la volonté présidentielle, celle de Nicolas Sarkozy et de son aéropage de conseillers atlantistes.
La confusion conceptuelle qui préside à la conduite de la politique militaro-diplomatique états-unienne imprégnera désormais la politique française suiviste. Les risques de brouillage entre l'ethnique, le religieux, le communautaire ne trouveront plus de contradicteur. En tout cas pas en France, où la politique de défense, de promotion et de renforcement des Etats reconnus par la commaunauté internationale, le souci du respect du droit international censé réguler à terme leurs relations, l'aide apportée dans de nombreux pays aux forces politiques laïques et de progrès, sont des positions mortes et enterrées.
La guerre civile ethno-religieuse qui sévit aujurd'hui en Irak, résulte pour part de l'application des stratégies états-uniennes à la gestion de ce pays après le renversement de Saddam Hussein. La dissolution de l'armée irakienne, le conflit sanguinaire entre chiites et sunnites, ne sont que des exemples parmi d'autres de l'ineptie des vues comme de la philosophie politique de l'administration Bush. Les gens votent, certes, mais ils s'entretuent avant tout. Les envolées lyrico-messianiques sur la démocratisation du Moyen-Orient ne résistent pas à la réalité politique complexe de la région. La démocratie sans Etat est un leurre.
En outre, le ralliement de la France, et plus largement de l'Europe, aux visions et visées stratégiques de Washington donnera de l'Occident l'image d'un seul bloc unifié, "en guerre globale pour la civilisation", laquelle, malheureusement, fait comme écho à la propagande islamiste qui instille l'idée qu'un camp de Croisés combattrait l'islam. La France, alignée, prend le risque gravissime de se laisser entraîner dans des conflits sans fin qui s'apparenteront bel et bien, nonobstant les dénégations de M. Sarkozy ou de M. Fillon, au fameux "clash des civilisations".
Enfin, le leadership de l'Occident est donc abandonné aux seuls Etats-Unis d'Amérique, ce que redoutaient en leur temps tant les présidents états-uniens que français: c'est le contenu évident, vu le rapport de force, de l'occidentalisme.
A long terme cette situation de domination unilatérale à l'Ouest provoquera l'aggravation du déclin de la France et de l'Europe, la dissolution de leurs concepts en politique étrangère ou en matière de diplomatie dans une OTAN semblant reléguer l'ONU à l'état d'une impuissante Société de protection des peuples. Face aux velléités russes ou chinoises, rien de moins inquiétant. L'extension des thèses néoconservatrices en matière étrangère - ce qui n'a rien à voir avec ces mêmes thèses dans le domaine de l'organisation interne de l'Etat, de la société et de la vie politique - ne présage rien de bon.
Quant à la France, elle risque gros pour son image, son "âme", ses soldats comme pour la sécurité de son territoire et de ses ressortissants. La fascination sarkozienne pour la puissance aura pour résultat l'enterrement de ce qui restait de puissance à la France...
28 janvier 2008
LA FRANCE GALLO-ROMAINE EST MORTE. VIVE LA FRANCE GALLO-AMERICAINE DE SARKOZY!
Pour qui a connu l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, ex-ministre de l'Intérieur, il n'y a rien eu de surprenant à voir Nicolas Sarkozy, une fois élu président, continuer à manifester un amour naîf et passionnel, un peu enfantin même tant il est carcicatural, pour les Etats-Unis d'Amérique de George W. Bush. L'amitié franco-états-unienne prend pour beaucoup la forme d'une "allégeance" mettant en danger notre pays. Malgré tout, Nicolas Sarkozy persiste et signe.
VERCINGETORIX
"Je suis brave, mais tu es plus brave encore,
et tu m'as vaincu".
à Jules César.
DE LA BRAVOURE DES "VAINCUS"...
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Vercingétorix avait fédéré la plupart des chefs gaulois pour chasser l’envahisseur romain, l’empereur Jules César. Après avoir mené fière bataille durant six ans contre ce dernier, il fut battu à Alésia en 52 avant J.-C., fait prisonnier puis exécuté à Rome.
On lui prête ces paroles, adressées à Jules César, au moment de sa reddition : "Je suis brave, mais tu es plus brave encore".
"La reddition de Vercingétorix" par Léon-Noël Royer: une défaite magnifiée dès le Second Empire...
Si le mythe de Vercingétorix a été largement critiqué, il n’en demeure pas moins que son courage dans la défaite demeurait emblématique dans les moments critiques de l’histoire de France.
Que l’on songe au mythe de Jeanne d’Arc, boutant les Anglais hors d’Orléans en mai 1429, à Gambetta, refusant la capitulation du Second Empire et quittant Paris, le 7 octobre 1870, en ballon, pour organiser la résistance à l’invasion prussienne depuis la province ou encore à l’appel du général de Gaulle du 18 juin 1940, refusant net l’armistice et l’occupation nazie, ces figures héroïques jusque dans la mort ou la défaite finale hantaient le narratif magnifié de l’histoire de France comme l'inconscient collectif.
Des héros panthéonisés, dans leurs victoires comme dans leurs défaites, à l'image de Vercingétorix
Pour en venir à la France contemporaine et notamment à la Ve République, on peut noter que c’est ce même souci qui tarauda le général de Gaulle. Conscient de ce que la France, prise en étau entre les Etats-Unis d’Amérique et l’Union soviétique, ce dernier avait compris qu'à défaut de pouvoir combattre à armes égales, la France se devait de demeurer non alignée, forte d’un logos, d’un message singulier et universel porté par sa politique étrangère. Bon an mal an, cette position avait été préservée, au-delà de toutes les vicissitudes historiques, par les présidents ayant succédé au fondateur de la Ve République.
Jacques Chirac, premier président de l’après-guerre froide, avait donc, dans une geste post-gaullienne réactualisée, comprit que la France devait désormais découvrir les moyens de porter, en s’appuyant sur le droit international, une vision multipolaire du monde, face aux dangers de l’unilatéralisme de l’administration Bush, lorsqu’elle avait déclenché la guerre d’Irak en 2003. Tout l’enjeu pour cette administration fut alors de réduire la position française à une manifestation d’américanophobie.
En 2003, la conseillère à la Sécurité de George W. Bush avait déclaré que la France devait être "punie" pour son opposition à la guerre en Irak, brillamment étayée à la tribune de l'ONU par le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin.
Quelles que soient les interprétations de l’opposition chiraquienne à l’invasion de l’Irak, c’est avec bravoure que le ministre des Affaires étrangères françaises, Dominique de Villepin, avait explicité l’opposition de la France à la politique menée par ses alliés états-uniens en Irak.
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... A L'ARROGANCE DES "CANICHES"
Qu’en est-il de cette bravoure aujourd’hui ? Qu’en est-il de l’indépendance de la politique étrangère française sous la présidence Sarkozy ? Personne n’en sait rien. Seules les images d’un président Sarkozy multipliant les preuves d’affection pour George W. Bush, évitant au Congrès des Etats-Unis d’Amérique de mentionner l’Irak constituent des signaux inquiétants. Sans parler de la multiplication des menaces islamistes à l’encontre de la personne du président de la République, du maire de Paris et tout récemment de la France elle-même, qui à elle seule devrait nous alerter gravement sur la perception à l’étranger de la rupture sarkozienne avec cette tradition d’indépendance nationale et de non allégeance à une puissance étrangère, en l’occurrence les Etats-Unis d’Amérique.
La "politique de civilisation" de Sarkozy demeure brumeuse. En tous cas, il est certain que le "village des irréductibles gaulois" imaginé par Uderzo et son héros, Astérix, devront laisser place à Mickey, que le président affectionne tout particulèrement...
Le grave problème est qu’aucun débat public n’a eu lieu sur ce sujet. Or, après une campagne sarkozienne à la présidentielle passant d’un atlantisme inquiétant à un néo-nationalisme de pacotille, l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine semble vouloir transformer feue la France gallo-romaine et républicaine en une France gallo-américaine labellisée "chrétienne" définitivement sortie de l’histoire universelle.
Trois faits illustrent cette désastreuse évolution :
le 12 janvier 2008 : Tony Blair était l'invité d’honneur de Nicolas Sarkozy, redevenu par un coup de baguette "magique" chef de parti politique, au conseil national de l’UMP.
Sarko & Fillon & Blair à fond dans les municipales
Vidéo envoyée par Ptite_Mule
Nicolas Sarkozy, président "de tous les Français" ou chef de campagne de l'UMP pour les municipales, insultant à nouveau la gauche devant un Tony Blair visiblement satisfait...
Le président de la République, censé représenter "tous les Français" et porter la voix de la
France en Europe et dans le monde, avait décidé de soutenir la candidature de l'ancien Premier ministre britannique, pro-états-unien et engagé dans la guerre d'Irak, anti-européen convaincu, à la future présidence de l'Union europénne, prévue par le traité de Lisbonne.
Edouard Balladur, mentor anti-chiraquien de Nicolas Sarkozy en politique et Valéry Giscard d'Estaing, ennemi héréditaire de Jacques Chirac, étaient eux-mêmes sortis de leur torpeur pour manifester leur hostilité à ce choix sarkozien!
Edouard Balladur s'était fendu d'une tribune dans Le Monde du 17 janvier 2008, lapidairement intitulée "Tony Blair ne
peut être président de l'Europe". Pour l'ancien Premier ministre, ce dernier n'est pas "issu d'un pays qui adhère pleinement aux progrès de l'Union européenne". Circonstance aggravante, sur le plan militaro-diplomatique, celui qu'on surnommait "le caniche de Bush", "s'est avec zèle toujours tenu aux côtés des Etats-Unis [...] dans la désastreuse affaire irakienne".
Quant à l'ancien président de la République, il avait expliqué au même moment à l'Assemblée nationale que Tony Blair ne devrait pas présider l'Europe. Une telle fonction devant être occupée par une personnalité qui "appartienne à un pays qui respecte tous les engagements européens", à savoir pas un Britannique, le Royaume-Uni n'ayant pas adopté l'euro et n'appartenant pas à l'espace Schengen.
Absence de vision pour l'Europe et bien sûr pour la France? Primat des considérations politiciennes internes -faire passer l'UMP pour une force politique ouverte à la gauche britannique- au détriment de l'intérêt général et de la souveraineté populaire? Maladresse de plus sur la scène diplomatique? Ou volonté confirmée d'arrimer l'Union européenne et, ipso facto, la France aux Etats-Unis d'Amérique, dans le dos du peuple? Acharnement à détruire la tradition diplomatique française et à détricoter toute la politique chiraquienne? Qui sait?
Dangereuse entreprise quoi qu'il en soit...
le 16 janvier on apprenait par la presse qu’un poste militaire français serait installé à Abou Dhabi, sur les rivages du Golfe… face à l’Iran, dans une des zones les plus sensibles du monde. Face à un pays dirigé par un fanatique, dans la ligne de mire inquiète de la communauté internationale, et en premier lieu des Etats-Unis d'Amérique.
Les soldats français à Abou Dhabi: une force supplétive de l'armée des Etats-Unis face à la République islamique iranienne?
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Cette annonce avait évidemment été interprétée par le régime iranien comme une preuve supplémentaire du ralliement de la France de Nicolas Sarkozy à la politique de George W. Bush dans la région. L'Iran pense être devenue la cible prioritaire de l'armée états-unienne et s'interroge donc, en cas de conflit, sur le rôle que pourrait jouer cette nouvelle base militaire française.
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Mais tout cela n'inquiète pas outre mesure l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine qui, comme il le fait depuis son arrivée à l'Elysée, pratique une diplomatie de "marchands d'armes" sans en mesurer ou en expliquer clairement les buts et éventuelles conséquences. Car en échange de l'installation des soldats français, des contrats juteux auraient été signés entre la France et les Emirats arabes unis. A quel prix à long terme, nul ne le sait...
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Une fois encore, l'image de la France à l'étranger, au Moyen et au Proche-Orient, s'en trouve brouillée. Sans même évoquer l'hostilité que le seul drapeau français commence à susciter dans cette région si "compliquée"...
la réorientation de la politique étrangère française attise la haine des islamistes. Même si, selon les
"spécialistes", ils ne doivent pas être pris au sérieux, les propos tenus par Fathia Mejjati, veuve d'un haut responsable d'Al Qaeda, dans un entretien au Parisien/Aujourd'hui en France, le 21 janvier 2008, sont symptomatiques d'une recrudescence de la haine antifrançaise dans les milieux islamistes.
Qu'y disait-elle? Qu'avec la présidence Sarkozy, "le sanctuaire français n'existe plus" et, qu'en conséquence, "la France sera punie" pour "son allégeance à l'Amérique". Annonçant de probables attentats dans l'Hexagone, directement liés à la politique étrangère sarkozienne.
Même si ces déclarations ont été immédiatement minimisées par les "spécialistes" du terrorisme, elles s'inscrivent dans un contexte de menaces directement dirigées contre Nicolas Sarkozy, président d'un pays désormais classé dans l'axe "américano-sioniste" par la mouvance islamiste terroriste.
L'absence de toute communication officielle sur ce sujet, le refus de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine de rendre des comptes et encore moins d'impulser un débat démocratique sur la possible réorientation de la politique étrangère de la France sont scandaleux.
Les attentats sanglants qui ont frappé les Espagnols et les Britanniques en réaction à l'engagement de leurs troupes dans la guerre en Irak sont pourtant des précédents qui devraient pousser le président Sarkozy ou ses conseillers à une prudence accrue. Mais là encore, aucune "transparence", silence radio.
Les attentats de Londres, le 7 juillet 2007, ont fait 56 morts et de nombreux blessés.
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Alors que l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président Sarkozy s'apprête à créer un "Conseil national de la sécurité" au plus près de l'Elysée, court-circuitant les ministères des Affaires étrangères et de la Défense notamment, on peut gager que la "transparence" en matière de politique étrangère ne sera pas de mise. La responsabilité des ministères concernés diparaîtra au profit d'une politique discrétionnaire menée directement par le président et ses "conseillers".
Le grand débat parlementaire et démocratique qui devrait s'imposer sur des sujets aussi graves que l'enterrement de la position traditionnelle de la France ou l'envoi de troupes à Abou Dhabi, dans un monde globalisé et dangereux, n'aura ainsi pas lieu. Les conseillers, dépourvus de légitimité démocratique pourront à la rigueur être entendus par des commissions parlementaires, et encore. Mais les ministres encore un peu plus rabaissés n'auront pas de comptes à rendre face aux élus du peuple sur des options qu'ils seront probablement les derniers à maîtriser. Une atteinte supplémentaire portée à la démocratie dans la "France gallo-américaine" de Nicolas Sarkozy...
Et la dérive atlantiste se poursuit toujours un peu plus, sans qu'on en comprenne ni les principes directeurs -même s'il ne s'agit pas de révéler des secrets d'Etat ou d'entraver les forces françaises qui luttent déà contre le terrorisme- ni l'intérêt ni les motivations, sinon idéologiques ou marchandes.
A la "bravoure" ou à "l'arrogance", tantôt saluées tantôt décriées, de la vieille France fait donc place un chauvinisme impuissant, de pacotille pseudo-chrétienne, qui masque mal un suivisme atlantiste caricatural et dangereux tant pour la France et pour l'Europe que pour tous les démocrates et militants de la laïcité ou des droits de l'homme dans des pays traditionnellement "amis".
Décidément, la France de Nicolas Sarkozy n'a semble-t-il plus rien à apporter au monde...
Sans parler de la question de la sécurité du territoire national, dont les experts persistent à dire qu'elle n'est pas en cause... Ce en quoi il faut espérer qu'ils ont raison.
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Cliquez ici pour lire également:
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LE MYTHE DE L’ANTI-AMERICANISME FRANÇAIS REPRIS PAR SARKOZY ET OFFERT A GEORGE W. BUSH
LA DISPARITION DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE, UN ENJEU DE CIVILISATION
SARKOZY ET LA HONTE DE LA FRANCE; DE GAULLE ET L'ORGUEIL DE LA FRANCE
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LA FRANCE "ARROGANTE" SELON SARKOZY, PUNIE PAR BUSH
10 décembre 2007
KADHAFI A PARIS: LA DIPLOMATIE DES "MARCHANDS" D'ARMES DE M. SARKOZY INSULTE ALLEMANDS, AFRICAINS, IRANIENS ET MUSULMANS...
Depuis l'accession au pouvoir de l'ancien avocat d'affaires et maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy, l'image -sans même évoquer la sécurité- de la France ne cesse de se détériorer sur la scène mondiale. En outre, les mensonges du candidat Sarkozy apparaissent en pleine lumière. Aux droits de l'homme et du citoyen, on préfère les droits du banquier et du vendeur d'armes, involution lourde conséquences pour ce qu'était la République française... Puissance moyenne, pratiquant realpolitik parfois brutale, mais porteuse d'un message "universel" politique...
ALEXANDRE DUMAS
"Si forte que soit la diplomatie des diplomates,
celle des marchands leur est toujours supérieure..."
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"Le Collier de la reine".
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L'arrivée en grande pompe, le 10 décembre 2007, à Paris du colonel Kadhafi, dictateur et terroriste en chef coupable de la mort de centaines d'hommes et de femmes, sera certainement célébrée par le journal télévisé de TF1, retransmise en direct sur LCI, avec maintes analyses hautement politiques sur le nombre de chameaux ou la taille de la tente bédouine qui prendront place dans le parc de l'Hôtel Marigny.
Peut-être glissera-t-on un mot furtif sur le fait que si la France et son président s'enorgueillissent encore des Droits de l'homme et du citoyen, cette visite d'Etat d'un des plus célèbres violateurs de ceux-ci peut éventuellement poser question.
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On ne dira certainement pas sur TF1, qu'ajoutées à des bourdes grossières à répétition, les palinodies présidentielles continues, s'agissant de "sa" politique étrangère atteignent ici les sommets de l'immoralité politique. Les critiques relatives à l'invitation lancée par l'ancien avocat d'affaires et maire de Neuilly-sur-Seine, M. Sarkozy au dictateur libyen, sont d'autant plus vives qu'elles mettent à jour l'écart permanent entre les paroles et les actes propre à notre actuel président. Si l'on sait qu'il n'écrit pas ses discours, qu'il pense en grande partie par cerveaux interposés, le problème est qu'il agit bien lui-même, et qu'avec lui il engage la France entière.
Au soir de sa victoire, tout frais sorti du palace le Fouquet's où il venait de festoyer en premier lieu avec ses amis patrons ou vedettes, l'ancien avocat d'affaires, défenseur patenté des PDG en délicatesse avec la loi, avait soudainement déclaré à la foule: "la France sera du côté des opprimés tout autour du monde, car c'est son histoire".
Discours Sarkozy Concorde 06.05.2007
Vidéo envoyée par PeteRock
Après trois heures passées au Fouquet's en compagnie des plus grosses fortunes de France, Nicolas Sarkozy se rend enfin à la Concorde pour saluer ses partisans et leur livrer un message poncifiant sur la France du côté des opprimés et autres promesses vides de sens et contre lesquelles sa politique toute entière est dirigée
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UN PRESIDENT SANS VISION POLITIQUE POUR LA FRANCE:
Qu'on se le dise M. Sarkozy veut "gouverner" à la place du gouvernement, violant plus ou moins tacitement l'article 20 de la Constitution. Mais il obtiendra satisfaction par une réforme des institutions, qu'il ne soumettra pas à référendum, lui permettant constitutionnellement de gouverner. Mais présidera-t-il? Car gouverner et présider sont deux choses différentes.
Le président de la République, chef des armées
Présider suppose avoir une hauteur de vue, une prudence, une constance solidement arrimée à une vision à long terme du pays et de sa place dans le monde, ce dont manifestement, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine est, malheureusement pour la France, dépourvu. Comme si la France n'avait plus de "boussole"....
La "prudence", une des vertus cardinales autrefois exigées des rois de France. Ici, l'allégorie de celle-ci sur le pourtour du tombeau du roi Louis XII et de Anne de Bretagne, à la basilique de Saint-Denis... Le miroir symbolisant la capacité de regarder en arrière, pour mieux affronter l'avenir. Vertu dont on ne saurait créditer hélas notre actuel président de la République... Qui certes n'est pas encore roi...
La différence la plus nette entre les deux missions, "gouverner" et "présider", apparaît, hors crise, dans ce que l'on appelle le domaine réservé des présidents de la République. Ainsi la Constitution stipule-t-elle que:
- article 5: Le Président de la République veille au respect de la Constitution. [...] Il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire et du respect des traités.
- article 14 : Le Président de la République accrédite les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires auprès des puissances étrangères ; les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires étrangers sont accrédités auprès de lui.
- article 15 : Le Président de la République est le chef des armées. Il préside les conseils et les comités supérieurs de la Défense Nationale.
- article 52 : Le Président de la République négocie et ratifie les traités. Il est informé de toute négociation tendant à la conclusion d'un accord international non soumis à ratification.
"Domaine réservé" à qui? A la personne du président de la République. Précisément. Les qualités humaines et l'intelligence, la perspicacité comme la faculté de comprendre le passé pour mieux s'engager dans l'avenir sont donc requises. Le monde étant complexe et fragile à la fois, on ne saurait exiger une hypothétique omniscience présidentielle. Des conseillers, traditionnellement discrets, parce qu'ils n'ont aucune légitimité démocratique, entourent et éclairent la personne du président.
Les présidents de la Ve République s'étaient tous, chacun à leur façon, et malgré les tristes réalités de la Realpolitik, notamment en Afrique, inscrits dans le cadre gaullien stipulant que présider suppose qu'on ait "une certaine idée de la France", manifestement, M. Sarkozy n'en a pas
On est par contre en droit d'exiger du locataire de l'Elysée, sur la scène internationale, de la mesure, la fidélité à nos principes fondamentaux, la connaissance des lignes jaunes qu'il est toujours hasardeux de franchir lorsque l'on représente un pays à l'étranger, la conscience des conséquences que fait courir au peuple la parole présidentielle qui engage la "nation".
Or, on ne peut que constater, dans ce domaine, la vacuité qui caractérise les gestes spontanés et les démarches hâtives de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy. Ses qualités personnelles sont-elles ici en question? On peut se le demander. Sous la plume de Bernard-Henry Lévy, qui le connaît personnellement, on lit ce passage inquiétant, dans Ce grand cadavre à la renverse: "je m'avise aussi de ce trait qu'il a toujours eu, dont le temps ne le guérit pas non plus [...]. Tout dire, ne rien garder; un sujet qui laisserait tout sortir, réellement tout, ce qui lui transite par le cerveau [...]". Et de conclure, c'est le "seul être que je connaisse qui soit, à ce point, dénué de for intérieur...".
Yasmina Reza, chroniqueuse patentée et attentive, à sa façon, de la campagne présidentielle menée par
l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, va étrangement dans le même sens. "L'observant à la mairie de Palavas-les-Flots écouter celui qui introduit son allocution, écrit-elle, j'ai l'impression de voir un petit garçon, debout, mains croisées, écoutant gentiment"! Une agitation perpétuelle trahie par sa boulimie de chocolats et de bonbons qu'il engouffre, par ses tics d'agacement de la jambe qui provoque sans cesse l'affolement de sa chaussure à pompons [...]" . Mme Reza d'ajouter: "Quand je dis dans son entourage qu'il a l'air d'un enfant, on me regarde avec stupeur". C'est peut-être que dans cet entourage, il n'y a que des enfants ou pus précisément, des adultes infantiles?
Plus inquiétante relativement à notre sujet, cette conversation entre Nicolas Sarkozy et Henri Guaino, relative à la France, lors de la préparation du discours de la déclaration officielle de sa candidature, en date du 14 janvier 2007: "Henri: "Pour moi, la grande idée, c'est le travail". Nicolas: "Oui! Oui! Le fil conducteur c'est le travail!"".
Et Nicolas Sarkozy d'ajouter en substance que l'avenir de la France, c'est le travail...
Alors, on peut être en désaccord complet avec la perspective mitterrandienne de "l'Europe comme avenir de la France", avec celle de Chirac d'une France défenseur du "dialogue des cultures et du droit international pour un monde multi-polaire", on ne peut nier que les deux s'incrivaient encore dans le cadre gaullien de la France, "puissance moyenne mais grand logos", soucieuse de son indépendance nationale et porteuse d'un grand message transcendant les rapports de force militaires ou économiques, faisant plus ou moins consensus dans le pays.
Le "travail" comme avenir de la France, la production et la consommation, la guerre économique et la croisade pour la croissance, telles semblent être les convictions économistes, d'une pauvreté et d'une banalité absolues, d'un point de vue historique et politique, qui sont les piliers de l'affaiblissement de la voix politique humaniste de la République française dans le monde.
La France est en train de perdre son vieux statut de "nation politique" pour devenir une "nation de boutiquiers" comme une autre.
LES MENSONGES DE CAMPAGNE A LA LUMIERE DES FAUX PAS DE LA PRESIDENCE SARKOZY: APRES LA CHINE, POUTINE:
Discoussarkodtsdelhomme
Vidéo envoyée par di81
Le 28 février 2007, le candidat Sarkozy annonçait sa volonté de rupture avec la realpolitik bafouant les droits de l'homme dans le monde, attirant à lui nombre des figures pseudo-intellectuelles de la gauche humanitariste et antitotalitaire, tel André Glucksman. Une fois encore, devenu président, il fait le contraire de ce qu'il a promis. S'acoquinant bien mieux que Chirac avec le Bush de la guerre en Irak et de la francophobie, avec Poutine, Kadhafi, la Chine etc.
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M. Sarkozy avait promis que sa présidence marquerait un tournant dans la politique étrangère française, en finissant avec le cynisme passé. Il avait fustigé les "poignées de main amicales" de Jacques Chirac avec Vladimir Poutine. La démocratie, la "bonne gouvernance", les droits de l'homme et la liberté de la presse constitueraient les clefs de voûte de l'action de la France de la "rupture" dans le monde.
Et pourtant, le dimanche 25 novembre, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président Sarkozy
entamait une visite d'Etat -la plus haute du point de vue protocolaire- en Chine. Alors que pendant la campagne présidentielle, la question de la Chine et de son mépris pour les droits de l'homme avait servi de "missile" polémique aux partisans UMP de Nicolas Sarkozy contre Ségolène Royal, voilà que plus personne ne s'offusquait du fait qu'au dernier moment, la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Mme Rama Yade était, par la volonté présidentielle, exclue du voyage d'Etat... Silence radio.
A cela, on ajoutera que l'accession du candidat très "droits-de-l'hommiste" Nicolas Sarkozy à l'Elysée n'a rien changé à l'hostilité de la France à l’embargo des ventes d’armes à la Chine, en vigueur depuis le massacre de Tian'anmen en 1989, tout comme à une réception du dalaï-lama.
Un étudiant face à une horde de chars, symbole des massacres de Tian'anmen en 1989
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Puis, M. Sarkozy, brusquement converti au "despotisme poutinien" -ou, à tout le moins, à une pratique du pouvoir sujette à caution-, dégainait le téléphone de la République française, le 2 décembre au soir, pour féliciter "chaleureusement" Vladimir Poutine, pour la victoire de son parti aux législatives.
Mais quelle mouche l'avait donc piqué? Croyait-il s'adresser en privé à un ami comme un autre, qui viendrait de remporter une belle mise à la bourse? Oubliait-il qu'il engageait ainsi la France? Qu'il mêlait la voix du pays à celle du président iranien islamiste, antisémite et prônant la destruction d'Israël? Et que, de par les contraintes européennes, il embarrassait l'Union européenne, qu'il avait prétendu avec arrogance avoir remis sur les rails avec la fable du mini-traité? Avait-il endossé son pallium de maire de Neuilly-sur-Seine, d'avocat d'affaires et laissé à terre l'habit présidentiel?
Quoi qu'il en soit, ces félicitations sarkoziennes, après une campagne russe marquée par des actes de terrorisation de
l'opposition, par l'emprisonnement de l'opposant Garry Kasparov, mondialement connu, par des manquements manifestes aux règles élémentaires du scrutin démocratique, ont choqué toute l'Europe et jusqu'aux Etats-Unis eux-mêmes.
Ainsi la Maison-Blanche, par la voix du porte-parole du Conseil national de sécurité, Gordon Johndroe, déclarait dès les résultats que "les premières informations en provenance de Russie incluent des accusations de violations électorales", exhortant en conséquence, le pouvoir russe à "enquêter sur ces affirmations".
Le même jour, la chancelière allemande, Angela Merkel, estimait à la radio qu'"on ne peut transposer à cent pour cet à la Russie le chemin démocratique emprunté par l'Allemagne". Elle tranchait sans barguigner: "la Russie n'était pas une démocratie et n'est pas une démocratie". Point de congratulations possibles donc.
Un porte-parole du président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, lâchait quant à lui ce commentaire sibyllin relatif à l'attitude française: "Aucun appel téléphonique [de la part de la Commsission européenne] n'est au programme à ma connaissance"...
Le quai d'Orsay, un lieu écrasé par l'hyper-présidence infantile de M. Sarkozy
Bref, pour sauver l'honneur, le ministère des Affaires étrangères laissait Pascale Andréani tenter de réparer la casse en clamant dans le désert qu'il fallait que Moscou fasse "toute la lumière" sur les fraudes présumées... Mais qui connaît le ministère des Affaires étrangères dans ce régime politique français inédit?
FI DU TEMPS LONG DU POLITIQUE, FI DES GRANDS PRINCIPES, LE "BUSINESS"AVANT TOUT:
Toutes ces bourdes et imprudences, qui discréditent la France, s’expliquent certainement par cette absence de culture politique propre à M. Sarkozy.
Le discrédit politique de la France, dont on ne pourra évaluer la gravité qu’à long terme, disparaît face à l’amoncellement de contrats économiques exhibé par le président de la République après chaque voyage. Mais tout cela n’a rien d’original, si ce n’est qu’au passage les promesses de campagne de M. Sarkozy sont abandonnées. Et que de rupture, il n’est plus question.
La bourse et le CAC 40, alpha et omega de la non-pensée politique sarkozyienne...
Du voyage en Chine on retiendra les signatures de contrats pour des entreprises françaises à hauteur de 10 milliards d’Euros :
Areva : vente de deux réacteurs de 3e génération EPR
EADS : commande d’Airbus
Sans compter les espoirs d’Alstom, d’EADS ou encore de Suez.
D’Algérie, Nicolas Sarkozy revient avec des contrats au profit de Total, de Gaz de France et d’Alstom notamment, à hauteur de près de 5 milliards d’euros.
Nicolas Sarkozy saluant chaleureseument le colonel Kadhafi, le 8 décembre 2007, lors d'un sommet Euro-Afrique pendant lequel le dictateur lybien s'était livré à une justification du terrorisme international
Quant à la visite prochaine du colonel Kadhafi, certains se demandent si l’accueil d’un dirigeant encourageant à mots couverts le terrorisme international, dictateur impénitent et responsable de multiples attentats visant des Occidentaux, n’est pas le prix à payer de la très médiatique libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien. La question d’une rançon demeurant une hypothèse non confirmée. Au-delà, les promesses de ventes d’armes françaises, d’équipements civils et autres, pour un montant de 10 milliards d’euros, sont au cœur des préoccupations du président de la République.
Les avions français Rafale, jusque là invendables à l'étranger, seront vendus à notre "ami" lybien
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Finalement, c’est la chancelière allemande qui endosse la "diplomatie des valeurs" abandonnée par la France, expliquant très franchement à ses détracteurs : "C’est à moi seule de décider qui je reçois… En politique étrangère, nous n’avons pas droit à la contradiction entre nos valeurs et nos intérêts économiques". Visant implicitement l’affection nouvelle de M. Sarkozy pour M. Poutine.
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LA FASCINATION NAÏVE POUR LES "HOMMES FORTS", POUR LES GAGNEURS, MÊME STUPIDES OU DESPOTES:
Comment expliquer ce piétinement assumé de principes dits autrefois "universels" sur l’autel d’amitiés présidentielles plus que douteuses?
Avec un Bush au bilan calamiteux, en fin de course et dont les partisans manifestent une fancophobie maladive,
l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine avait concocté un pique-nique lors de ses premières vacances en tant que chef d’Etat, à l’été 2007. Si l’on s’accorde sur le simple fait qu’un président ne s’appartient plus totalement à lui-même et qu’en tant que mandataire du peuple, ses moindres gestes auront une portée symbolique le dépassant, on peut s’inquiéter d’un tel empressement à s’afficher comme l’ami d’un chef d’Etat aussi détesté de par le monde et dont la politique, pas la personne, avait été vivement et justement combattue par la France de Jacques Chirac. L’omission du mot Irak dans le discours prononcé par M. Sarkozy le 7 novembre 2007, devant le Congrès des Etats-Unis d’Amérique, ajoute à la confusion qui prévaut en matière diplomatique dans notre pays.
Manifestations de citoyens états-uniens pour arrêter la guerre en Irak, qui dure depuis 2003 et endeuille des milliers de familles... Guerre dont M. Sarkozy ne dit pas un seul mot lors de son allocuation au Congrès des Etats-unis d'Amérique le 7 novembre 2007, silence pesant et troublant...
Le soutien très chaleureux et empressé apporté par la France à M. Poutine, au terme d’une élection législative –et non présidentielle- que ce dernier pilota de main despotique, dans le mépris des règles démocratiques élémentaires, pose également question.
Vladimir Poutine, ancien du KGB, qu'on aurait tort de sous-estimer, encore plus de mépriser, mais de là à le congratuler chaleureusement après des élections truquées... Il y a un pas que seul un écervelé saurait franchir.... Et nous ne pensons pas ici au président iranien
Quant à l’accueil d’Etat et au tapis rouges qui sera déployé pour la tente du colonel Kadhafi, qui persiste à plus ou moins justifier le terrorisme international, ils pourraient nous laisser pantois.
Mouammar Kadhafi, l'ami du président, et de son ex-épouse, Cécilia, accessoirement grand argentier du terrorisme international
Mais ce qui caractérise ces trois hommes fort différents, outre leur mépris pour les principes juridiques et démocratiques européens et français, c’est qu’aux yeux d’un chef d’Etat fasciné par les réussites financières et les gagneurs, sans s’interroger jamais ou si peu sur les moyens employés, ils semblent être de "grands hommes". Cette notion hégélienne vieille de plus d’un siècle reparaît par la fenêtre d’un monde "ensauvagé", où règne le droit du plus fort, où le lent et labeur de la civilisation se fissure à la vitesse du TGV.
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On ne saura probablement jamais si M. Sarkozy aura pris le temps une fois dans sa vie de lire Hegel et de comprendre
comment sa pensée fut instrumentalisée ultérieurement par des dirigeants politiques despotiques. Mais ses embrassades décomplexées avec des Poutine, des Bush ou des Kadhafi s’éclairent d’un jour inquiétant quand on relit La raison dans l’Histoire. Si les "grands hommes" du XXIe siècle ne sont peut-être tous que des chefs militaires, ils en partagent une même conception des relations internationales : la compétition, la guerre commerciale, la conquête de marchés etc.
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Fi des principes humanistes comme du sort du monde et des peuples qui essayent d’y cohabiter.
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Ainsi celui que l’on considère comme l’un des pères de la philosophie de l’histoire écrivait-il : "Ce sont maintenant les grands hommes historiques qui saisissent cet universel supérieur et font de lui leur but ; ce sont eux qui réalisent ce but qui correspond au concept supérieur de l’Esprit. C’est pourquoi on doit les nommer des héros. […] Leur justification […] c’est l’Esprit caché, encore souterrain, qui n’est pas encore parvenu à une existence actuelle, mais qui frappe contre le monde actuel […]".
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Quel est donc l’esprit caché qui, tout en frappant "le monde actuel", préside aujourd'hui à la politique étrangère française, difficile à dire. L'argent, le commerce, les ventes d’armes, la volonté de s'aliéner les peuples "opprimés" pour faire la mendicité aux plus "puissants" ?
La diplomatie française, un vulgaire business plan?
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L’incohérence, les effets d’annonce brutaux, les retournements de veste hasardeux renvoient l’image d’une France déboussolée, privée en fait de concepts clairs à proposer au monde, n’émettant plus aucun message politique –hormis les actes isolés de sauvetage d’otages qui doivent être mis en œuvre et le sont fort heureusement.
DES GAFFES ET DES INURES DE DESTRUCTION MASSIVE CONTRE NOTRE CREDIBILITE : LA FRANCE RIDICULISEE ET JUSTEMENT CONSPUEE :
Cette fonction présidentielle, l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine, dépourvu de "for intérieur" et encore plus de toute espèce d’"idée de la France", avait déjà prouvé au cours de sa campagne qu’il serait incapable de l’assumer. Les censures, les pressions venues du parti de l’UMP et de ses relais médicatico-financiers aidant, les Français furent privés de ces avant-goûts plus qu’amers de ce qu’allait être le pouvoir Sarkozy.
- L'ALLEMAGNE
Pendant la campagne présidentielle, l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine avait scandalisé la presse allemande en opposant artificieusement la France des droits de l’homme à l’Allemagne de la Solution finale, le tout pour justifier son refus de repentance –qui soit dit en passant, n’a rien à voir avec l’Allemagne puis qu’il s’agit avant tout d'une question posée au nom des pays qui appartenaient à l’Empire colonial français.
Sarkozy greift Deutschland an
Vidéo envoyée par rachelmini
M. Sarkozy, ses propos de campagne, passés sous silence, sur la France et l'Allemagne...
Passe d’armes déplorable sur la dette le 9 juillet 2007 avec le ministre allemand des Finances, Peer Streinbrück, à Bruxelles. Nicolas Sarkozy avait cru bon d’imposer sa présence lors d’un conseil interministériel, ajoutant encore à la confusion des fonctions présidentielle –irresponsable- et ministérielle –co-responsable devant le Parlement et les représentants élus du peuple. Il imitait ce faisant l’attitude incivique de Silvio Berlusconi. Peer Steinbrück, soulignant le creusement de la dette française induite par le "paquet fiscal", offrant 15 milliards d’euros à la minorité des plus favorisés, critiqua la "politique française des cadeaux fiscaux" destinée à un électorat privilégié. Le président de la République française de se cabrer et de refuser qu'un "simple ministre" osât s'adresser à lui sur ce ton. D’aller jusqu’à réclamer à Angela Merkel des excuses publiques.
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Plus tard, Nicolas Sarkozy commettra la bourde de traiter le nouvel ambassadeur allemand en France d’"hypocrite" pour lui reprocher l’image déplorable qu’il inspire à l’opinion allemande.
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En septembre 2007, c’est la chancelière elle-même Mme Merkel qui avait eu droit à une insulte en Conseil des ministres : c’est une "femme de l’Est", donc dépourvue de "proximité affective avec la France"…
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Les relations franco-allemandes avaient pris, depuis de Gaulle et Adeanauer, une dimension historique et politique cruciale. On ne sait plus trop à quel niveau de bassesse l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine les fera tomber…
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Aujourd’hui, c’est la création d’une Union méditerranéenne, sous l’égide de la France, en concurrence avec l’Union européenne, qui inquiète l’Allemagne. Le 6 décembre 2007, le président de la République était donc rappelé à l’ordre par Angela Merkel : "Nous n'avons pas de côte sur la Méditerranée mais cela ne signifie pas que nous ne nous y intéressons pas. [...] La Méditerranée, c'est une préoccupation pour tous les Européens", a-t-elle dit avant de mettre en garde la France : "Si, à côté de l'Union européenne, les Etats riverains de la Méditerranée devaient constituer une deuxième union totalement différente, j'ai dit que cela risquait de constituer une épreuve difficile pour l'Europe".
Les relations franco-allemandes, autrefois clef de voûte de la construction européenne et priorité de la politique étrangère française ne peuvent que sortir affaiblies de toutes ces initiatives instinctuelles, précipitées, sans même revenir sur les insultes proférées à l’égard des mandataires du peuple allemand.
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Faire la paix, panser les plaies, dépasser les rancoeurs historiques, maintenir le cap malgré les contentieux économiques, De Gaulle et Adenauer, Mitterrand et Kohl, Chirac et Schröder...
- L'AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Discours raciste de sarko à dakar - 26 juillet 2007
Vidéo envoyée par henneji
M. Sarkozy avait promis d’en finir avec le néocolonialisme, dont on accuse la politique française en Afrique. De là à insulter "l’homme africain", il y a un pas que personne, au XXIe siècle, n’aurait osé franchir depuis la tête d’un pays comme le nôtre : M. Sarkozy l’a fait en déclarant à Dakar, dans une allocution à la jeunesse, le 26 juillet 2007: "Le paysan africain, qui depuis des millénaires vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles".
Piroguiers congolais à l'époque de la colonisation belge, ces hommes-là et leurs enfants epuvent-ils être insultés comme ils le sont par M. Sarkozy?
La France, autrefois respectée à l’ONU, dont la parole portait à travers le monde entier, est désormais complètement ridiculisée.
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Ainsi Doudou Diène, rapporteur spécial de l’ONU sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie,
accusait, devant les Nations unies, le président Sarkozy de "légitimer le racisme".
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Le 22 novembre 2007, il précisait sa pensée dans un entretien à Libération, affirmant que le "discours à Dakar s’inscrit dans ce que je dénonce, dans mon rapport à l’ONU, comme une dynamique de légitimation scientifique et intellectuelle du racisme par les élites. [...] Le discours de Dakar relève expressis verbis des discours racistes des XVIIIe, XIXe et XXe siècles. A l’époque, une abondance de textes légitimaient la colonisation en la présentant comme une entreprise de civilisation pour apporter les lumières à l’homme africain. Sarkozy reprend presque les mêmes arguments". Son discours, reprenant la vieille litanie sur "l’infériorité intellectuelle des Africains", précisait-il, avait "profondément blessé en Afrique", ce que tout être sensé peut comprendre aisément.
Le jeudi 6 novembre, le président sénégalais Abdoulaye Wade revenait sur ce discours émaillé de propos "inacceptables". Il ajoutait, soulignant l’irresponsabilité sarkozienne : "Je suis un peu limité parce que je suis un chef d’Etat, il y a des choses que je ne peux pas dire d’un Etat ou d’un chef d’Etat" mais "Sarkozy vient d’arriver au pouvoir, il a beaucoup à apprendre". Certains en France glosaient doctement sur le caractère tardif de la réaction présidentielle sénégalaise, mais on peut craindre que celui-ci s’expliquât par la prudence vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale mais aussi par la nécessité pour M. Wade de relayer le mécontentement virulent des opinions publiques africaines.
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Le 6 novembre 2007, c’est dans un esprit similaire, mêlé d’irresponsabilité et de mépris pour les réalités internationales,
que M. Sarkozy avait affiché, s’agissant des Français de l’Arche de Zoé arrêtés, détenus et jugés au Tchad, après avoir tenté d’enlever, non sans complicités tchadiennes, des enfants vers l’Hexagone, sa volonté d’aller "chercher tous ceux qui restent, quoi qu’il aient fait". Il déclenchait ainsi un tollé au Tchad et au-delà, décrédibilisait encore une fois la France, manifestant un autoritarisme désuet, impuissant et provoquant des manifestations hostiles d’une vigueur inouïe.
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Quand on connaît le goût pour le droit de nombreux Africains, et ce même si les régimes africains au pouvoir sont souvent hors la loi, quand on admet, il faut le reconnaître et tous les professeurs de droit comparé le savent, la capacité qu’ils ont à utiliser toutes les ressources juridiques à leur disposition dès qu’ils le peuvent, on se demande comment se fait-il qu’aucun conseiller de M. Sarkozy n’ait pu prémunir les Français d'une déclaration aussi navrante que nocive.
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Le sommet France-Afrique de la Baule, sous la houlette du président de la République française François Mitterrand, impliquant des avancées significatives en termes de démocratie dans les pays aidés par la France... Ingérence pour les uns, inutile pour les autres, néocolonial pour d'autres encore, à l'époque, les insultes n'étaient pas dans la bouche de l'Elysée...
L’Afrique, depuis des siècles a maille à partir avec l’Europe et la France. Les décolonisations menées par de Gaulle impliquaient que des liens ténus, parfois trop ténus, fussent préservés dans l’intérêt de la France, mais aussi, çà et là, dans celui des pays africains eux-mêmes.
Qu’on se le dise, le continent africain se tourne dorénavant vers d’autres cieux, que ce soit économiquement ou politiquement, et cela continuera, au détriment d’une petite France recroquevillée sur son anachronique "identité nationale", garantie par M. Brice Hortefeux.
- LE MONDE ARABO-MUSULMAN
La popularité de Jacques Chirac dans le monde arabo-musulman s’était construite, non pas seulement sur des critères commerciaux ou sur un chiffre de ventes d’armes, mais sur une ligne politique, qu’on la déplore ou qu’on s’en satisfasse, aidant les Palestiniens tout en exigeant la sécurité pour Israël, maintenant des liens politiques même difficiles avec le Maghreb, et au final, s’opposant à la guerre états-unienne en Irak en 2003. La dimension culturelle de ces relations n’est pas non plus à négliger.
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La campagne présidentielle et, l’on pourrait dire avec le New York Times, la courte carrière politique de l’ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy, se sont fondées sur la méfiance à l’égard des immigrés et, à son paroxysme, sur des injures inqualifiables à l’égard des citoyens français de confession musulmane. Son instrumentalisation brutale mais habile du thème, certes révulsant, de la "repentance" fut trop brutale elle-aussi.
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On peut penser que la France n’en aura pas fini de subir les contre-coups. Mais l’enjeu, à court terme, comme toujours, était pour M. Sarkozy de ramener à lui les électeurs du Front national de Jean-Marie Le Pen, mission accomplie d’ailleurs.
Sarko aime pas certains moutons,il préfére les siens
Vidéo envoyée par ubu_roi
Le candidat Nicolas Sarkozy, insultant en direct, sur une chaîne de grande audience, les musulmans de France, leur prêtant les pratiques que leur imputait le discours colonial au temps de l'"Algérie française"
Croire que tout cela a pu échapper aux dirigeants politiques arabo-musulmans, comme aux opinions publiques maghrébines, serait d’une naïveté irresponsable.
Les démonstrations grotesques d’affection à l’égard de George W. Bush, ultra-médiatisées, l’aval in fine, donné à l’intervention en Irak, alimentent les craintes de l’ensemble des pays ou des peuples amis de la France d’un alignement de la politique étrangère française sur les credo périmés des néoconservateurs états-uniens. C'est un fait.
Plus grave encore, la montée sur ses ergots du ministre, dit d’"ouverture", des Affaires étrangères nommé par M. Sarkozy, Bernard Kouchner déclarant que la "France devait se préparer au pire", c’est-à-dire "à la guerre" contre l’Iran, a stupéfait jusqu’à la Maison-Blanche elle-même. Le monde arabo-musulman, jusque là attentif aux symboles émis par la République française, redoublera d’inquiétude et de défiance.
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Vidéo envoyée par lefigaro
Le 16 octobre 2007, le ministre des Affaires étrangères nommé par M. Sarkozy annonce que la France doit se préparer à la guerre contre l'Iran, sur la radio et la télévision françaises... Au plus grand étonnement des Etats-Unis eux-mêmes!
A la veille du voyage d’Etat du président français en Algérie, Mohamed Cherif Abbés, ministre algérien des
Combattants pour l’Indépendance, déclarait dans ce contexte, fin novembre 2007, au quotidien El Khabar, que Nicolas Sarkozy devait son élection au "lobby juif" hexagonal. Il allait plus loin, manifestant à haute voix un antisémitisme latent dans une partie du monde arabo-musulman, estimant que "les origines du président français", juives évidemment, étaient en cause. Plus précis dans l’ignominie, il ajoutait que la constitution d’un gouvernement d’ouverture, terme fallacieux dont excipe M. Sarkozy, n’était que "le résultat d’un mouvement qui reflète l’avis des véritables architectes de l’arrivée [du maire de Neuilly-sur-Seine] au pouvoir, le lobby juif qui a le monopole de l’industrie en France".
Propos inacceptables, que l’ONU se devrait bien de condamner comme elle condamne les dérapages sarkozyens sur l’Afrique, mais qui, loin d’être anodins, reflètent la défiance durablement installée entre les deux rives de la Méditerranée et au-delà.
Là encore, les temporisations des chefs d’Etat français et algérien ne peuvent être jugées satisfaisantes. Mais le débat sur la colonisation, caricatural dans la bouche du candidat Sarkozy, s’est peut-être heureusement pacifié à l’issue du voyage du président Sarkozy. Il faut l’espérer en tous cas.
Car la France a tout à perdre à s’aliéner Maghreb et Machrek dans des périodes de turbulences internationales mettant en danger la vie des peuples occidentaux. Dans une France où la population d’origine maghrébine et un nombre important de citoyens de confession musulmane doivent à tout prix devenir des citoyens de la République française comme les autres, la mesure devrait être de mise.
Le terrorisme islamiste est un vrai danger, requérant fermeté mais aussi prudence de la part des dirigentas occidentaux
A tout le moins, on pourrait exiger un peu plus de cohérence et moins de violence, le projet flou d’Union méditerranéenne ne satisfaisant que peu de monde, et certainement pas l’Allemagne… Les liens multi-séculaires avec le Liban ne doivent pas non plus être remisés aux oubliettes d’une histoire pourtant féconde.
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Prémonitoire, Alexandre Dumas, qui repose aujourd'hui au Panthéon, évoquait déjà le triomphe de la "diplomatie des marchands"... Hillary Clinton, candidate démocrate à la Maison-Blanche, a fustigé "la diplomatie de cow-boy", pratiquée par le président George W. Bush, dans le mépris de l'ONU et la haine de la France, qu'il fallait "punir" lorsqu'elle s'était opposée à la guerre en Irak. Notre président ferait bien d'y réfléchir.
La France de Nicolas Sarkozy, archaïque et déclassée à tous points de vue, n'est en fait plus présidée. Aucune vision claire du pays comme du monde ne conduit la politique étrangère française, réduite au commerce et à un réalisme que la chancelière allemande partage, mais qu'elle sait combiner avec l'affirmation des principes démocratiques et humanistes élémentaires.
Les cris d'orfraie de mauvaise foi de la secrétaire d'Etat française aux droits de l'homme, Mme Rama Yade, n'y changeront rien. La "résignation" pitoyable du pseudo ministre des Affaires étrangères, M. Bernard Kouchner non plus.
De plus, la tragi-comédie de "ministres", constitutionnellement solidaires de la politique gouvernementale, mais "désolidaires" à la télévision ou à la radio, dégrade profondément la vie politique française.
Les débats sur des sujets aussi sensibles n'ont pas à se dérouler au sein du gouvernement ni sur les plateaux de télévision, mais au sein du Parlement, où siègent les représentants élus du peuple français.
Cette stratégie de confiscation du débat public par le gouvernement est une véritable atteinte à la Constitution comme à la démocratie. La volonté de vouloir écraser les oppositions gaulliste, centriste, libérale, socialiste, communiste, verte, radicale, républicaine et citoyenne, en fait toute l'opposition républicaine et humaniste présente à l'Assemblée nationale ou au Sénat, est intolérable. Les grands médias devraient s'en aviser.
Le refus de tout référendum, sur des questions comme l'Europe, la fusion des postes de président et de premier ministre -qui constitue un quasi coup d'Etat constitutionel-, l'indépendance de la presse et des médias audiovisuels ou encore la réorientation éventuelle de la politique étrangère, est du même ordre.
En outre, une grave dérive se produit sous nos yeux, lorsqu'un président de la République n'assume plus les discours qu'il signe et prononce au nom de la France. Les controverses après la prise de conscience de la dimension néo-coloniale d'une partie du discours de Dakar ont fait monter au créneau Henri Guaino, conseiller spécial du président et auteur autoproclamé de cette allocution. Jamais dans l'histoire de la République un président n'a chargé ses conseillers de défendre une déclaration officielle. Ceux-ci n'ont aucune légitimité démocratique, il ne faudrait pas l'oublier. Ils n'ont pas vocation à dédouaner la responsabilité politique et historique du chef de l'Etat.
M. Sarkozy est donc le seul et unique responsable de l'intégralité du discours de Dakar, qui se trouve sur le site de la présidence de la République et dont la signature au bas est bien: "Nicolas Sarkozy". Voilà une nouvelle dérive sur laquelle les médias ne se sont pas encore attardés, et qui est pourtant extrêmement préoccupante. M. Guaino n'a aucun mandat pour porter la voix de la France, aucun. Le gouvernement ou le régime des conseillers est d'un autre âge que celui de la démocratie...
Il est donc clair aujourd'hui que M. Sarkozy n'avait pas, et n'a pas acquis depuis son accession à l'Elysée, la carrure d'un chef d'Etat. Sur le plan intérieur, il ne "conduit" la France à rien d'autre -et encore- qu'au "travail" et à la consommation. Sur le plan mondial, à part courtiser les "puissants" et mépriser les "faibles", entre deux sauvetages louables d'otages, rien de consistant.
Que les Allemands insultés, les défenseurs des droits de l'homme emprisonnés, les "opprimés" que M. Sarkozy s'était promis de défendre, que les Africains et tous les amis de la France se le disent, il n'y a aucun consensus sur la politique étrangère actuelle du pays. Tout simplement parce qu'elle n'existe plus. Il y a en fait vacance de la France sur la scène géopolitique mondiale... Peut-être un jour reviendra-t-elle...
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03 décembre 2007
REPONSE AU "TIME MAGAZINE" ET A DONALD MORRISON: NON! LA CULTURE FRANCAISE N'EST PAS MORTE
Le magazine hebdomadaire états-unien, le Time Magazine, fait sa Une cette semaine, en Europe, avec ce titre: "La mort de la culture française".
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L'auteur de la charge, Donald Morrison commence par une sentence étrange, affirmant que la France, "le pays de Proust, Monet, Piaf et Truffaut a perdu son statut de superpuissance culturelle", comme si puissance et culture étaient intrinsèquement liées? Ce lien qui justifie tout le reste de l'article reflète pourtant bien la méconnaissance de ce qu'est la culture, liée à l'amour du monde et non à la volonté de dominer la planète. Parler d'une culture en termes de "superpuissance" est inepte mais assez inquiétant de la part d'un "penseur". Cela témoigne d'une grave faillite intellectuelle et d'un envahissement du vocabulaire géopolitico-militaire dans l'esprit de nombreux états-uniens et occidentaux... D'autre part, si la langue française, pour des raisons historiques n'ayant rien à voir avec sa "qualité" recule, il est faux de dire que la culture française est morte. Même aux Etats-Unis, nous essaierons de le montrer, elle est omniprésente, au niveau de la culture dite "populaire" ou "de masse", au plan universitaire et philosophique et, enfin, dans le champ politique.
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"Le peuple qui a les meilleures écoles
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est le premier peuple, s'il ne l'est
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pas aujourd'hui, il le sera demain".
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Credo de l'école laîque, gratuite et obligatoire de Jules Ferry.
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L'UNIVERSEL CULTUREL FRANCAIS CONTRE L'UNIFORMISATION ETATS-UNIENNE : LA CULTURE COMME AMOUR DU MONDE OU COMME ARME DE DOMINATION DU MONDE ?
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M. Donald Morrison explique donc "la mort de la culture française" par le fait que la France aurait perdu son statut de "superpuissance culturelle".
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Une telle corrélation suppose une définition quasi guerrière de la "culture", courante aux Etats-Unis d'Amérique, où l'on considère la diffusion des symboles et du "mode de vie nord américain" comme une partie d'explication de leur hégémonie mondiale.
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C'est ce que l'on appelle la "soft power", qui permet, en sus des moyens militaires,
économiques et financiers, d'imposer une domination planétaire unilatérale.
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Via le cinéma, la musique, les romans médiocres d'un Stephen King ou d'une Mary Higgins Clark, le show-business, les fast-foods, le monopole sur la littérature manageriale et le vocabulaire technologique - web, e-mail, play, record etc. -, les dessins animés formatant l'imaginaire des enfants, les jeux vidéos, les séries télévisées, fidélisant les adultes du monde entier - sur le modèle du patato coach - : par tous ces biais on impose des visions du monde et des modèles de société en même temps qu'on divertit ou qu'on abrutit les masses.
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Disneyworld, culture ou divertissement?
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Comme les Etats-Unis sont un pays à échelle continentale, comme ils prétendent être les leaders de l'aire géopolitique occidentale, comme l'anglais, leur langue, est devenu la langue hégémonique, la quantité de la production économico-marchande et, en l'occurence, dite "culturelle", est évidemment impossible à concurrencer à l'échelle d'un petit pays comme la France.
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Mais le problème de Donald Morrison, peut-être lié à sa propre inculture, c'est qu'avec une telle perspective, il confond "culture" et commerce, marchandises "culturelles", "produits culturels", way of life - "mode de vie" allant de l'alimentation à l'idéal de la maison, de la voiture et de la machine à laver à sèche-linge intégré - avec la culture.
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Le divertissement au service du chauvinisme états-unien... Est-cela la "culture"?
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Son âge et l'époque historique dont il a été le témoin, à savoir la Guerre froide, qui s'était jouée aussi sur un conflit des modèles de société états-unien et soviétique, expliquent peut-être mieux cette définition d'une pauvreté affligeante de la "culture" comme arme de puissance commerciale, business voire militaire...
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L'Europe, définitivement déclassée par les deux guerres mondiales et la perte de ses empires coloniaux, prise en tenailles durant cette Guerre froide entre les Etats-Unis d'Amérique et l'U.R.S.S., a commencé à s'"américaniser" massivement avec le plan Marshall, quand la valorisation du way of life nord-américain était la condition de la reconstruction des économies européennes.
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Le plan Marshall, une aide économique conditionnée à la glorification du mode de vie états-unien
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Le fameux accord Blum-Byrnes, signé le 28 mai 1946 par Léon Blum et Jean Monnet,
annulait 2 milliards de dollars de la dette française vis-à-vis des Etats-Unis. Mais les prêts consentis par l'administration Truman seront assortis d'une condition "culturelle" décisive dans le déclin ultérieur du cinéma français et, au-delà, européen : à savoir l'obligation d'ouverture de toutes les salles de cinéma aux films états-uniens, afin de diffuser massivement l'american way of life, au profit de Hollywood.
Le western avec son chauvinisme tout particulier fera sa grande entrée dans l'inconscient euroépen. Les cow-boys seront adulés et les Indiens d'Amérique se verront attribués pour longtemps le rôle des "méchants" et des "barbares"..
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Plus tard viendra le tour de Rambo, dans des films d'une violence et d'une vulgarité inégalées, dont le message subliminal sera évidemment antisoviétique. Belle référence "culturelle" pour la jeunesse du monde entier! Anti-éducative par excellence, véhiculant les anti-valeurs du droit du plus fort, du struggle for life, de la légitimité du meurtre etc., mais aisément exportables puisqu'elles se fondent sur les instincs les plus bestiaux de l'être humain - que la civilisation, dixit Freud ou Elias notamment, avait tenté de tempérer.
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Hollywood, capitale mondiale de la "culture" ou du divertissement, de l'entairtenment?
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UNE DEFINITION APPAUVRIE ET MARCHANDE DE LA "CULTURE" CONTRE UNE CULTURE COMMUNE-DOMAINE DE LA "CHOSE PUBLIQUE"
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Ignorant toute cette histoire et tout ce long processus de "lavage des cerveaux", sous couvert de "production culturelle", M. Morrison participe allègrement de la dépréciation de la définition du concept de culture, dénoncée en son
temps par le philosophe états-unien Léo Strauss.
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Dans Nihilisme et politique, ce dernier s’offusquait de ce que, "en vertu d’un changement qui a eu lieu au XIXe siècle, il devint possible de parler de culture au pluriel (les cultures)". Mettant en cause "des anthropologues comme Ruth Benedict", il dénonçait le fait que, "en anthropologie et dans certaines parties de la sociologie, le mot “culture” est toujours, bien entendu, employé au pluriel, et de telle manière que vous avez une culture des banlieues, une culture des bandes de jeunes, non délinquants et même délinquants". Ce galvaudage de la notion de “culture” touchait jusqu'à la philosophie. Avec une pointe d'humour il avait eu cette formule célèbre:
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"Quelqu'un peut aujourd'hui facilement dire que sa philosophie consiste à prendre deux oeufs durs au petit déjeuner".
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M. Morrison partagerait-il donc cette conviction selon laquelle la qualité de la "culture" anglo-saxonne se mesure au nombre de CD de musique rap américaine achetés, au nombre de hamburgers et de hot-dogs consommés au petit déjeuner en Europe, en France et à travers le monde? Bravo. C'est là la plus belle illustration de la déperdition de la culture, confondue avec la consommation de masse. Fi de Shakespeare...
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Un autre penseur états-unien, Hannah Arendt, dans La crise de la culture, nous offre elle heureusement une autre conception de la "culture", certainement plus proche de la culture républicaine française, aux antipodes de la guerre économique qui s'arme des "produits culturels".
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Elle jugeait ainsi que la société de masse du XXe siècle "ne veut pas la culture, mais les loisirs (entertainment)", rappelant que "les articles offerts par l’industrie des loisirs sont bel et bien consommés par la société comme tous les autres objets de consommation [servant] le processus vital de la société", lui étant utiles, correspondant à “ses” besoins.
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A rebours de cette conception marchande de la "culture", le lien condamné par Donald Morrison entre l'Etat républicain français et la culture, permet de préserver celle-ci.
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Issue de l'Antiquité romaine, ignorée par la société de consommation, cette conception impliquait pour Arendt que "nous comprenons par culture l’attitude, ou mieux, le mode de relation prescrit par les civilisations avec les moins utiles, les plus mondaines (worldly) des choses : les œuvres des artistes, poètes, musiciens, philosophes etc." C'est-à-dire un rapport non marchand, désintéressé, à but non lucratif et visant non pas à abaisser mais à élever l'esprit des hommes pour qu'ils puissent partager un monde commun.
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Une maison de la jeunesse et de la culture "pour tous", comme tant d'autres en France, ou la volonté de promouvoir et de partager l'accès du plus grand nombre à la culture
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"La culture, mot et concept, est d’origine romaine, estimait Hannah Arendt. " Le mot “culture” dérive de colere – cultiver, demeurer, prendre soin, entretenir, préserver - et renvoie primitivement au commerce de l’homme avec la nature, au sens de culture et d’entretien de la nature en vue de la rendre propre à l’habitation humaine. En tant que tel, il indique une attitude de tendre souci".
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Le succès planétaire des grands architectes français contemporains témoigne de la continuité de cette approche de la culture. Christian de Portzamparc ou Jean Nouvel président à des projets architecturaux de toute beauté aux quatre coins du monde.
De l'agri-culture à la culture, le doux entretien de la nature en vue de bâtir un monde commun, ici le jardin à la française du château de La Motte-Tilly, monument historique légué à l'Etat par sa dernière propriétaire, à la stricte condition de son ouverture au public. Dont les visites n'égalent évidemment pas celles du château de la Belle au bois dormant de Disneyland, ouvert à tous ceux qui sont prêts à payer l'entrée pour se divertir, payer à nouveau à l'intérieur, manger des bonbons et des pop-corns... Le tout au profit économique du groupe Disney.
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Mais M. Morrison est-il seulement capable de comprendre la culture hors des rapports économiques de puissance et de compétition? Manifestement non. Il nous assène sentencieusement cette banalité selon laquelle la culture française ne pourrait plus s'exporter parce qu'elle serait trop dirigiste et subventionnée, c'est-à-dire, préservée du marché global en tant que partie intégrante de la "chose publique", de la République, patrimoine commun.
Façade du ministère de la Culture à Paris, conspué ou adoré, il est censé incarner le caractère public de la Culture, dont l'ouverture du Musée du Louvre lors de la Révolution française est l'un des jalons essentiels. Un ministère que le candidat Sarkozy avait songé un temps à supprimer !
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Sait-il que le cinéma français a été sauvé en partie grâce à un système subtil de subventions, assumé en partie par la télévision et non par le seul Etat? Sait-il que des systèmes de financement européens permettent à des films du monde entier d'être visionnés par nous, petits occidentaux privilégiés et autres Français, selon M. Morrison, "nombrilistes"? Comprend-il que ces soutiens permettent à un cinéma malmené dans des pays islamistes ou en guerre de survivre et à leurs peuples de résister aux dictatures qui les écrasent? Comprend-il l'enjeu civilisationnel de la diversité des cultures dans un monde que la politique états-unienne des récentes années a considérablement destabilisé? Certainement non.
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Catherine Deneuve avec Martin Scorsese, lors du festival international du film à Marakech, au Maroc
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LES CULTURES COMME AMOURS SINGULIERS ET OUVERTURES SUR LE MONDE CONTRE LA PROMOTION SUR LE MARCHE GLOBALISE DE "L'ANIMAL HUMAIN" UNIVERSEL
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Il est presque risible de lire que le problème de la politique culturelle en France serait son "nombrilisme", sa fermeture aux "non-blancs" et que son avenir résiderait dans le "métissage". M. Morrison méconnaît-il les départements égyptien, mésopotamien ou des arts africains du Musée du Louvre, l'Institut du monde arabe ou encore le musée du quai Branly? S'est-il renseigné sur le projet de construction d'une antenne du musée du Louvre dans les Emirats arabes?
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Ou parle-t-il des quotas de présence des "minorités raciales" - selon le jargon états-unien- dans les séries télévisées franaçaises? Ce n'est pas la même chose. Quelle leçon croit-il nous délivrer?
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Le musée du quai Branly, symbole de l'ouverture, dans le cadre de la République française, aux cultures extra-européennes et à la réalité factuelle de la diversité des cultures dans le monde, aux antipodes de l'uniformisation "techno-civilisationnelle" à la sauce états-unienne
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Le propos de Donald Morrison n'est donc pas à la hauteur de l'ambition affichée par le titre: "la mort de la culture française". La nullité de son approche du concept même de culture entâche tout le reste de sa pseudo démonstration. L'universalité de l'American way of life repose d'abord sur une définition minimale et uniforme de l'homme comme consommateur, de telle ou telle race, professant une foi et une religiosité naïve à visée thérapeutique, sur la diffusion de millions d'images, de sons et de signes encourageant les instincts les plus primaires de l'animal humain: la violence, le sexe, le sentimentalisme ; le tout au service du triptyque cyclique de la société de consommation de masse : travaillez-consommez-divertissez-vous pour recommencer à nouveau.
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La "santé" d'une culture ne se mesure pas à l'aune des profits dégagés par ses "produits marchands" dérivés, ni par son exportabilité. Il s'agit d'abord d'un phénomène qualitatif et non quantitatif, reposant sur l'amour du monde et la volonté de "vivre ensemble" propres à chaque communauté humaine. La langue en est d'ailleurs la condition première. Penser que la culture française devrait suivre le "modèle états-unien" pour se vendre mieux, ce serait là véritablement décréter sa mort. C'est pourquoi ce sont des partenariats public-privé qui sont privilégiés en France et non pas une simple privatisation ou une indexation aux demandes instinctuelles du marché de la consommation.
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Quand la vulgarité et la bêtise envahissent Hollywood....
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On pourrait ajouter que décréter la mort d'une culture évoque malheureusement ce propos nazi bien connu: "quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver"... Précepte que Donald Morrison applique sans vergogne à la culture, française bien entendu.
LA SCENE MUSCICALE ET ARTITISTIQUE FRANCAISE A REVOLUTIONNE LA CULTURE DE MASSE AUX ETATS-UNIS ET DANS LE MONDE ENTIER
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Mais si malgré tout l'on (dé)raisonne comme M. Morrison, si l'on doit confondre culture et show business, on se rend compte du fait que ce journaliste ignore tout de la vitalité de la scène muscicale française, au niveau planétaire. Tout en jugeant que la "culture" française ne s'exporte plus, il déclare naïvement que ses secteurs les plus "vibrants" sont aujourd'hui le hip-hop et le rap... Secteur certes très rentable et parfois de qualité, mais qui, par définition, ne s'exportera jamais aux Etats-Unis et ce, pour deux raisons. Musicalement parlant, le rap français n'apporte rien de neuf et n'est bien souvent qu'un décalque du rap états-unien. S'agissant des paroles, même lorsqu'elles relèvent à la poésie - ce qui est de moins en moins le cas -, le fait qu'elles soient en français limite évidemment leur champ d'exportation aux pays francophones. Des pays comme les Etats-Unis d'Amérique, mises à part leurs élites, demeurent fermés aux langues étrangères qui ne se parlent pas dans leur pays - ainsi l'espagnol est-il couramment parlé du fait de la présence massive des latinos et non d'une soudaine affection pour la culture hispanique, pour Cervantès, Borges ou Goya.
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Musicalement parlant, c'est la french touch qui fait vibrer les boîtes de nuit du monde entier. Fille
enntre autres de Jean-Michel Jarre, elle est composée de DJ créatifs et novateurs qui ont diffusé la musique électronique via la dance, la techno ou encore la house. Laurent Garnier, Stéphane Pompougnac, Bob Sinclair, Martin Solveig, un groupe comme Daft Punk ont chamboulé le monde de la musique. Et imposé de nouveaux sons, de nouveaux métissages, de nouvelles techniques, mêlant instruments électroniques, acoutisques et vocalises. Faisant le lien entre musique purement électronique et mélodies chantées. Mais M. Morrison n'est peut-être pas qualifié pour parler de choses qu'il ne connaît pas. Peut-être ne fréquente-t-il plus les boîtes de nuit.
Bob Sinclair et David Guetta, DJ mondialement connus, exprimant une sensibilité française plus que vivante, triomphante!
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Allons plus loin encore en nous fourvoyant dans l'approche matérialiste de M. Morrison. Cette femme états-unienne que l'on appelle la "reine de la pop", qui a vendu le plus de disques au monde, qui squatte le livre des records et les hits-parades depuis maintenenant 25 ans, à savoir Madonna ; cette femme a bâti son plan de carrière à l'échelle mondiale en faisant constamment appel à la création européenne et française. Symbole par excellence de la self-made-woman, artiste mais redoutable femme d'affaires, elle ne s'est pourtant pas "faite" toute seule!
Jean-Paul Gaultier et Christian Lacroix, deux grands couturiers français fétiches de Madonna
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C'est habillée par Jean-Paul Gaultier qu'elle révolutionne en 1990 le concert pop-rock en y introduisant la haute-couture, les ballets de danse et la comédie musicale. Prenant déjà de cours ses concurrents états-uniens, notamment Michael Jackson. En 2004, c'est le couturier Christian Lacroix qui la pare de costumes splendides pour une nouvelle tournée mondiale triomphante. Les critiques, même aux Etats-Unis, saluent la qualité artistique de ses shows, la rentabilité est à chaque fois au rendez-vous.
La chanteuse états-unienne Madonna, habillée par Jean-Paul Gaultier en 1990 et par Christian Lacroix en 2004, lors de deux de ses nombreuses tournées mondiales, alliant haute-couture, ballets néo-versaillais et concert pop-rock...
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Ayant fondé une grande partie de son succès sur son image, Madonna a constamment fait appel à des photographes français comme Jean-Baptiste Mondino ou Patrick Demarchelier.
Jean-Baptiste Mondino, photographe et réalisateur de clips vidéos et Patrick Demarchelier, portraitiste de la star
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Le premier a donné dès 1987 à ses clips vidéo une dimension véritablement cinématographique. Son clip Justify my love, fut tourné en noir et blanc, en 1990, dans un palace parisien. Au-delà de son caractère scandaleux pour les puritains états-uniens, il atteint une qualité esthétique rarement égalée dans le monde de la musique pop.
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Su un plan musical, on peut même penser que la star aurait pu se ringardiser ou disparaître de l'avant-garde si elle n'avait fait appel, en 2000, à Mirwais, producteur français révolutionnaire, audacieux, mêlant sons acoustiques et électros, mis au service d'une voix saisie de manière originale. Le succès fut encore une fois mondial.
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Il est d'ailleurs intéressant de noter que le philosophe français Jean Baudrillard, a dirigé un essai collectif consacré à cette même Madonna! Ceci nous mène directement au champ de la philosophie et des sciences humaines états-uniennes postmodernes, largement dominantes au niveau planétaire et filles pour partie de la pensée française contemporaine.
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CE QUE LA "PENSEE" POSTMODERNE ETATS-UNIENNE DOMINANTE DOIT A LA PHILOSOPHIE FRANCAISE
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La French theory, qui désigne un ensemble de penseurs français de référence, caution théorique pour la "philosophie" et les sciences humaines postmodernes états-uniennes
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Donald Morrison ne s'en rend peut-être pas compte, mais quand il parle de "métissage" de la
culture, il rend en quelque sorte hommage à l'oeuvre de Claude Lévi-Strauss, qui, dès 1952, dans Race et histoire, posait les fondements de la diversité culturelle. En outre, la pensée postmoderne états-unienne a découvert dans ce qu'elle appelle la French theory ses "lettres de noblesse". Ainsi en est-il des subaltern studies, des cultural studies, des gender studies, du postféminisme, toutes théories qui ont vu en Simone de Beauvoir, Franz Fanon, Jacques Derrida, Michel Foucault, Emmanuel Lévinas, Jean-François Lyotard et d'autres des cautions philosophiques enfin consistantes.
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Pour le meilleur et pour le pire d'ailleurs... C'est là qu'ils trouvèrent les justifications théoriques de leur volonté de déconstruire les concepts d'"universalité" et d'Etat, pour mieux enterrer Karl Marx et la pensée sociale. Pour mettre l'accent sur le multiculturalisme, les communautés particulières, sur l'"identité", sur les "minorités", sur les "cultures raciales" etc.
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Mais M. Morrison ne semble pas connaître l'histoire de sa propre culture philosophique anglo-saxonne - celle évoquée ci-haut et non pas l'ensemble de la pensée anglo-saxonne! - aujourd'hui exportable partout, car souvent vide de tout contenu ou fondée sur des concepts pauvres mais formulés en termes mathématiques. Il ne veut certainement pas reconnaître la dette de celle-ci envers la pensée française, admise pourtant par tous.
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La République face à ses minorités, essai de Esther Benbassa, archétypique de cette pensée française antirépublicaine qui se présente comme novatrice alors qu'elle n'est en fait qu'un pâle décalque de la pensée états-unienne sur les "minorités" appliqué au contexte français.... Avec ce désir secret d'adopter le modèle de société nord-américain, racialisé et communautarisé
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C'est là tout le paradoxe de la pensée antirépublicaine en France, effet boomerang du retour de la pensée postmoderne hexagonale revisitée par des universitaires états-uniens. Ces effets politiques sont d'ailleurs assez désastreux, ce qui nous mène à une dernière remarque à l'intention de M. Morrison, relative à la pertinence, déniée mais bien réelle, de la pensée républicaine face aux défis planétaires qui se profilent à l'horizon.
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LA CULTURE POLITIQUE ET REPUBLICAINE FRANCAISE PORTE UN PROJET D'AVENIR HONORABLE POUR LE MONDE CONTEMPORAIN
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S'agissant de la culture politique républicaine, dont la France n'a sûrement pas le monopole,
mais dont ses derniers dirigeants politiques se sentaient encore les héritiers, contrairement à M. Sarkozy, on se contentera ici simplement de donner quelques exemples de son actualité et de sa capacité à parer aux menaces d'aujourd'hui comme de demain. Et ce, dans le monde entier. L'erreur historique commise par George W. Bush, quand il déclencha la guerre en Irak, et la clairvoyance de la position française, qui s'y opposa, en sont la démonstration la plus récente et la plus claire. Mais évoquons aussi quelques concepts républicains que l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République française, fasciné par l'American way of life, devrait se mettre à défendre, au lieu de les détruire un à un:
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la laïcité, comme séparation des ordres "religieux" et politique, constitue à long terme la seule réponse politique à la montée en puissance des communautarismes ethno-religieux et de l'islamisme, lequel est l'exemple le plus parfait de la fusion entre "religion" et politique. Des pays comme Israël souffrent depuis des années de leurs extrémistes religieux comme de l'entrée en politique de rabbins ultranationalistes. Pensons aux colonies "juives" des territoires palestiniens ou à l'assassinat du premier ministre Rabin par un extrémiste juif. Le Royaume-Uni, après des années de "tolérance" vis-à-vis des islamistes, a connu des attentats sanglants sur son territoire. Il fait face aujourd'hui à des revendications telles de la part des chefs de la communauté musulmane que son modèle de société multi-"religieuse" est décrié par la population anglaise. La part jouée par le messianisme pseudo-religieux dans le déclenchement de la désastreuse guerre en Irak fait aujourd'hui question aux Etats-unis d'Amérique.
La "burka" médicale introduite dans l'hôpital en Grande-Bretagne, au nom du "respect" des patients musulmans....
l'Etat est à nouveau reconnu comme un acteur majeur des politiques sociales et de santé, les services publics sont réhabilités. La nomination du social-démocrate français Dominque Strauss-Khann à la tête du Fonds monétaire international (FMI) symbolise la prise de conscience des grandes institutions internationales de la nécessité d'en finir avec le dogme de "l'Etat faible", imposé aux pays en voie de développement. Les "réajustements structurels" ont en effet ruiné des pays déjà pauvres et les ont empêchés de se développer, notamment de bâtir des services publics d'instruction, avec tous les dégâts qui en ont découlé. Les premiers ministres britanniques qui ont succédé à Margaret Thatcher ont crée des centaines de milliers d'emplois et ont décidé d'investir des sommes considérables dans la reconstruction des systèmes éducatifs, hospitaliers comme dans le domaine de la sécurité. Aux Etats-Unis, le concept d'un système de santé solidaire trace son sillon, et Hillary Clinton, candidate à la Maison-Blanche y est sensible. Plus fondamentalement, la destruction de l'Etat belge à laquelle on assiste, avec tristesse et inquiétude, démontre que l'encouragement des "chauvinismes linguistico-ethniques" est terriblement néfaste.
La question de l'absence de couverture maladie universelle aux Etats-Unis d'Amérique, pays le plus "riche" du monde a inspiré le documentariste Michal Moore, mais aussi Hillary Clinton!
le droit, national ou international, est de retour pour pallier aux dérèglements de la globalization financière sauvage, pour éviter des catastrophes comme la guerre en Irak, déclenchée dans le mépris le plus complet de l'ONU et pour faire échec à la diplomatie sauvage comme au "choc des civilisations". Pour parer également, et l'enjeu est de taille, à la lente destruction de notre planète Terre.
L'ONU, le droit international, la diplomatie avant la guerre, un enjeu pour la paix dans le monde! Le dialogue des cultures également!
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Que se passe-t-il donc dans la tête de tels journalistes et de telles rédactions, comme celle du Time pour oser annoncer "la mort de la culture française"? Quel est l'intérêt d'une telle violence sémantique? Comment expliquer une telle pauvreté dans l'approche de leur sujet, une telle confusion entre culture et "way of life" ou "business"? La culture doit-elle être une arme de guerre et en quoi la France devrait-elle être la cible de prédilection d'un journaliste franc-tireur qui, manifestement, ne connaît pas son sujet?
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M. Morrison devrait savoir qu'en France, on parle de "rayonnement culturel" et non de "super-puissance culturelle", nuance qui relève en vérité du fossé qui sépare parfois encore le monde anglo-saxon du monde gréco-latin...
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Comment peut-on dénoncer le "nombrilisme" français et se féliciter du fait que les anglo-saxons se recroquevillent aujourd'hui sur la seule "culture" anglo-saxonne? Tout cela serait risible si la domination techno-communicationnelle états-unienne n'avait pas aussi de graves conséquences, tant au niveau français qu'au niveau mondial.
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On pourrait même être méchant en rappelant à de tels gens que les anglo-saxons ont longtemps été considérés comme les héritiers des "barbares", tandis que l'Europe continentale se voyait comme la fille de Rome et donc, ipso facto, de LA civilisation. Que la laideur de la société de masse de consommation, que le mauvais goût "culinaire" ou "vestimentaire" sont aussi les marques de fabrique -hamburgers, jogging et baskets- du monde anglo-saxon... Mais ce n'est pas l'état d'esprit des Français, qui contrairement au mythe, jamais démenti par M. Sarkozy, ne sont ni anti-américains ni anti-anglais.
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Mais le plus tragique réside peut-être dans ce fait que culture, Etat et peuple sont complètement déconnectés dans cette vision étriquée de la culture, considérée comme une marchandise ou une arme de guerre commerciale. Les chiffres de vente des romans français sont ainsi l'indcateur quantitatif retenu pour décréter la mort de toute une culture!
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La francophobie relayée par une partie des élites anglo-saxonnes est connue. Mais peut-être celle-ci s'amuse à cracher sur la France au détriment des peuples anglo-saxons eux-mêmes, qui sont certainement aussi sensibles que tous les autres à la beauté, à la contemplation de la beauté, au principe d'une culture partagée ou encore à certains concepts de la culture républicaine française et européenne comme celui de la Santé solidaire?
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Le point positif dans tout cela pourrait venir de ce que cette couverture proclamant la mort de la culture française devrait nous alerter sur la destruction, elle bien réelle, de notre langue, de notre culture et de nos principes républicains, menée par la présidence Sarkozy. Cet ancien maire de Neuilly-sur-Seine, grand ami de Bush s'autoproclamant "Sarko l'Américain"... Encore faudrait-il que les Français prennent conscience de ce mépris, co-partagé par M. Sarkozy et cette élite spécifique anglo-saxonne, pour notre héritage républicain. Mépris qui aura des conséquences culturelles, sociales et humaines désastreuses.
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Vous pouvez signer la pétition en ligne:
-Contre le protocole de Londres:
http://www.lapetition.be/sign_petition.php?petid=217
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Cliquez ici pour lire également:
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LE MYTHE DE L’ANTI-AMERICANISME FRANÇAIS REPRIS PAR SARKOZY ET OFFERT A GEORGE W. BUSH
QUAND LE GOUVERNEMENT NOMME PAR M. SARKOZY DECLARE LA GUERRE AU FRANÇAIS
LA DISPARITION DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE, UN ENJEU DE CIVILISATION
SARKOZY ET LA HONTE DE LA FRANCE; DE GAULLE ET L'ORGUEIL DE LA FRANCE
LA FRANCE "ARROGANTE" SELON SARKOZY, PUNIE PAR BUSH
M. SARKOZY... PRESIDENT D'UNE REPUBLIQUE QU'IL N'AIME PAS!
15 novembre 2007
LE MYTHE DE L'ANTI-AMERICANISME FRANCAIS REPRIS PAR SARKOZY ET OFFERT A GEORGE W. BUSH
L'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République, M. Sarkozy, a réussi à maquiller sa dilection pour Bush et sa fascination enfantine pour les Etats-Unis d'Amérique en "réconciliation". Mais cette attitude repose sur un mensonge grave pour l'indépendance de la France, diffusé par les néoconservateurs états-uniens viscéralement francophobes, et repris tel quel par M. Sarkozy. Cette menterie s'énonce en une phrase: "l'opposition de l'ancien président Chirac à la guerre en Irak était motivée par "l'anti-américanisme primaire" des Français"...
"En Iralie et en Allemagne,
les Français sont la raison
de tous les malheurs, la cible
de toutes les balles"
"Le cousin Pons".
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En 1847 paraissait Le cousin Pons de Honoré de Balzac. Comme toujours chez cet auteur, des réflexions politiques s'immiscent au fil du roman "social", nous délivrant un aperçu vivant de la France, de l'Europe mais aussi du monde de son époque.
La réflexion de Balzac, sur l'impopularité de la France et des Français en Italie et en Allemagne, témoigne des difficultés et des critiques que rencontre inévitablement tout pays perçu comme politiquement, militairement ou culturellement hégémonique. C'était le cas de la France post-napoléonienne de la seconde moitié du XIXième siècle.
Et c'est le cas aujourd'hui des Etats-Unis d'Amérique d'après la Seconde guerre mondiale et surtout d'après l'effondrement de l'U.R.S.S.
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L'impopularité planétaire des Etats-Unis d'Amérique ne saurait s'expliquer seulement par la bêtise ou le fanatisme des peuples qui leur sont hostiles.
Brûler le drapeau des Etats-Unis d'Amérique, un acte d'opposition à la politique de l'administration au pouvoir, une manifestation d'hostilité à l'hégémonie de la "première puissance du monde" ou une illustration de l'"antiaméricanisme"? La frontière est ténue...
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Il y a d'abord ce fait que toute "première puissance mondiale" a toujours été, est, et sera encore forcément l'objet d'une attention scrupuleuse, d'attentes, de déceptions comme d'espoirs, d'amour ou de haine, de fascination comme de répulsion. Il en fut ainsi de Rome, de la France comme de l'Angleterre, de l'U.R.S.S. Il en est ainsi aujourd'hui des Etats-Unis d'Amérique.
Et il en sera de même pour la puissance qui parviendra à cette première place.
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D'autre part, lorsqu'une administration comme celle de George W. Bush, mène une politique messianique d'envergure mondiale, quitte à engager ses troupes et à faire la guerre, comme elle l'a faite en Irak, en 2003, sur des motifs fallacieux, celle-ci doit inévitablement s'attendre à des réactions passionnées dès lors qu'elle engage l'ensemble des Etats-Unis d'Amérique.
Les troupes françaises de Napoléon, envahissant l'Espagne et bien d'autres pays, semèrent les germes d'une haine antifrançaise tenace mais aussi d'une montée des nationalismes dans les pays occupés. La politique de la France napoléonienne se faisait au détriment des voisins de la France. Ces sentiments et ces réactions, souvent mêlés d'une admiration, d'une jalousie et même de ralliements, sont normales. Et l'on ne saurait blâmer les peuples soumis à une hégémonie militaire, politique ou même culturelle de réagir à celle-ci. Le cas des colonies européennes est à ce titre encore plus probant.
Le grand peintre espagnol Fransico Goya a immortalisé la fusillade de prisonniers espagnols par des soldats français, en représailles à une révolte contre la politique napoléonienne en Espagne
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Le 14 février 2003, le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, tint un discours argumenté, raisonné et à bien des égards précurseur, dans lequel il exposait les motifs de l'opposition de la France à la guerre envisagée par le président George W. Bush contre l'Irak. Il rappelait que les raisons avancées par l'administration républicaine des Etats-Unis d'Amérique -présence en Irak d'armes de destruction massive, lien établi entre Saddam Hussein et les attentats du 11 septembre 2001- demeuraient infondées.
Dominique de Villepin déclarait à l'O.N.U.:
"N'oublions pas qu'après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. Et ne nous voilons pas la face : cela sera long et difficile, car il faudra préserver l'unité de l'Iraq, rétablir de manière durable la stabilité dans un pays et une région durement affectés par l'intrusion de la force. Face à de telles perspectives, il y a l'alternative offerte par les inspections, qui permet d'avancer de jour en jour dans la voie d'un désarmement efficace et pacifique de l'Iraq. Au bout du compte, ce choix là n'est-il pas le plus sûr et le plus rapide ?"
[…]
"Dans ce contexte, l'usage de la force ne se justifie pas aujourd'hui. Il y a une alternative à la guerre : désarmer l'Iraq par les inspections. De plus, un recours prématuré à l'option militaire serait lourd de conséquences."
[…]
"Dans ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix".
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A la suite du général de Gaulle, allié indéfectible mais critique des Etats-Unis d'Amérique, dont le président Nixon avait même reconnu la justesse de ses conseils s'agissant de la guerre du Viêt Nam, le président Chirac avait décidé de prévenir les nord-américains contre eux-mêmes.
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Le 18 mars 2003, le président de la République, Jacques Chirac, adressait donc un message télévisé aux Français expliquant une position de principes, son attachement non pas seulement à la paix, mais aussi à la diplomatie, au droit international et in fine à une conception multilatérale des relations internationales justifiant son opposition à la guerre en Irak:
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Saddam - Chirac 2 Bush ultimatum
Vidéo envoyée par xenoo
Le président de la République, Jacques Chirac, expliquant aux Français les raisons de principe, géopolitiques, juridiques et philosophiques le poussant à s'opposer à la guerre menée par les Etats-Unis contre l'Irak, le 18 mars 2003
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Malgré toutes les précautions requises, malgré une exposition claire, politique, géopolitique, juridique et philosophique de la position française, la haine antifrançaise allait enflammer les Etats-Unis d'Amérique. En France même, les partisans de cette guerre, au lieu d'expliciter rationnellement leur faveur pour cette guerre, allaient traquer une intention cachée, un supposé atavisme psychologique et des sentiments purement subjectifs enfouis au quai d'Orsay comme à l'Elysée, à savoir ce fameux et traditionnel '"anti-américanisme français". Le tout pour mieux dénigrer la position française...
L'opposition française à la guerre en Irak suscita aux Etats-Unis d'Amérique une violente campagne, un déchaînement de haine contre la France et ses symboles, étonnants par leur virulence et leur vulgarité, du boycottage des produits et notamment du vin français à la ridicule rebaptisation des frites -french fries- en Freedom fries , ce qui n'a guère de sens pour les Français eux-mêmes
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Alors que les événements consécutifs à cette guerre d'Irak ont donné raison aux réserves françaises, alors que les mensonges de l'administration républicaine états-unienne sont désormais connus, il paraît impensable au président George W. Bush d'accorder aujourd'hui le moindre crédit à la position française.
Mais, plus grave encore, Nicolas Sarkozy, plusieurs fois ministre de Jacques Chirac, n'a jamais condamné fermement cette guerre et a laissé faire, voire encouragé, la propagation du mythe de l'"anti-américanisme primaire français" comme moteur de la politique étrangère française, peut-être pour mieux se démarquer de Jacques Chirac.
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Pourtant, Jacques Chirac a été le président le plus "américanophile" de la Vième République. Il s'est toujours vanté
d'avoir fait une partie de ses études aux Etats-Unis d'Amérique, il parle un anglais quasiment parfait, il a envisagé, dès son élection, le retour de Paris dans le comité militaire de l'OTAN, il a été le premier chef d'Etat à se rendre sur les décombres des attentats du 11 septembre 2001 à New York et il a, malgré la crise irakienne, mené un rapprochement avec les Etats-Unis sur des sujets comme le Liban ou la Syrie.
Mais on ne peut rien contre la haine. Aucun argument raisonnable ne peut tarir ce sentiment irrationnel...
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C'est donc sur ce terreau, le mensonge de l'"anti-américanisme primaire et traditionnel" de la France post-gaullienne et,
évidemment, chiraquienne, comme explication de l'opposition à guerre en Irak, que, devenu président, M. Sarkozy a décidé de se présenter comme "Sarko l'Américain".
L'amoureux d'Elvis Presley, de la discrimination positive et du culte du travail et de la consommation comme éthique-vitrine des Etats-Unis...
A la haine antifrançaise, M. Sarkozy ne peut qu'opposer un "amour" et une "fascination" naïve pour les Etats-Unis. Il ne peut que multiplier les démonstrations d'amitié pour le principal artisan de la dégradation de la situation moyen-orientale, promoteur d'une francophobie inouïe, à savoir George W. Bush...
C'est au prix de ce mensonge grave de conséquences, d'un réajustement inquiétant de la politique étrangère française, de gesticulations pro-Bush dangereuses pour l'image de la France -dont les premières vacances présidentielles dans une villa états-unienne pour milliardaires, une "dégustation" de hamburgers avec la famille Bush et des footings arborant le tee-shirt de la police de New-York-, c'est à ce prix que M. Sarkozy aura obtenu les applaudissements du Congrès des Etats-Unis d'Amérique, le 7 novembre 2007.
Déclarant en substance que la "hâche de guerre" est enterrée, que la "brouille" est dépassée, il peut ainsi se présenter comme le "petit père" de la soi-disant "réconciliation" franco-états-unienne...
Tapis rouge à la Maison-Blanche pour accueillir "Sarko l'américain" en novembre 2007...
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Devant le Congrès nord-américain, même si M. Sarkozy a évoqué une amitié laissant place aux divergences, il n'aura pas prononcé une seule fois le mot "Irak", alors que l'histoire donne amplement raison à l'opposition française à l'invasion de ce pays. Alors qu'il s'agit là précisément d'une divergence fondamentale.
L'atlantisme fanatique et souvent ridicule manifesté par le ministre, le maire de Neuilly-sur-Seine, le candidat et le président Sarkozy ont cautionné l'idée que les motifs juridiques, géopolitiques et philosophiques de la position française n'étaient qu'une nouvelle illustration de l'"anti-américanisme primaire" des Français. M. Sarkozy peut donc prendre les "habits" du grand "réconciliateur"... Les propos guerriers du ministre des Affaires étrangères, M. Kouchner, à l'encontre de l'Iran, semblent confirmer le basculement de l'indépendance vers le suivisme atlantiste...
Qu'en sera-t-il alors de la marge de manoeuvre de la France? Tout désaccord futur avec les Etats-Unis d'Amérique n'apparaîtra-t-il pas aux yeux des habitants de ce pays comme un "divorce", une trahison, un "retournement de veste" de "Sarko l'américain"? L'espace pour une distance critique vis-à-vis de l'un de nos alliés n'est-il pas perdu?
La voix comme l'image de la France ne sont-elles pas durablement écornées dans le monde, et notamment dans les pays arabo-musulmans? Les islamistes et leurs affidés ne trouveront-ils pas là un argument de plus -certes immonde mais à leurs yeux légitime- pour mettre la France dans le même sac que les Etats-Unis ou le Royaume-Uni?
Quoi qu'il en soit, le grand vainqueur de toute cette tartufferie est bien George W. Bush, exonéré de toutes ses erreurs. N'était-ce pas à lui, dont la faillite est désormais admise, de faire un pas vers la France?
La triste vérité, c'est que la France est la grande perdante, et avec elle, la possibilité d'un positionnement indépendant et original de l'Europe face à l'hégémonie états-unienne, l'espoir de l'émergence d'un monde multi-polaire régi par le droit et non par la force...
Si le déclenchement de la guerre en Irak reposait sur un mensonge, la pseudo-réconciliation sarkozienne repose elle-aussi sur une menterie...
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23 octobre 2007
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Atlantisme maladroit, rupture avec la position de Jacques Chirac contre la catastrophique guerre en Irak menée par l'administration Bush, menaces de guerre avec l'Iran par le nouveau ministre des Affaires étrangères, propos germanophobes divers et variés et mépris affiché envers l'Allemagne, mots d'une brutalité toute coloniale sur l'"homme africain" et, aujourd'hui, des tests ADN instaurant un contrôle et un tri sélectif policier pseudo-scientifique pour les immigrants dans le cadre du regroupement familial: l'image et la voix de la France dans le monde vont s'affaiblissant...
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"La France, hier soldat de Dieu,
aujourd'hui soldat de l'Humanité
sera toujours le soldat de l'Idéal".
le 11 novembre 1918.
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LES TESTS ADN, MESURE VYCHISTE SELON LE NEW YORK TIMES:
Selon le Figaro du 22 octobre 2007, c'est d'outre-Atlantique qu'une condamnation sans
appel de la politique d'immigration voulue par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République, M. Sarkozy, est tombée. Un édito du New York Times, à juste titre intitulé "Bigoterie pseudo-scientifique en France" qualifiait, le 21 octobre 2007, la dernière loi sur l'immigration du gouvernement Fillon, et surtout son amendement ADN, de "loi hideuse".
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L'auteur de se fendre d'un rappel historique banal mais terrifiant à l'adresse de M. Sarkozy: "des notions
pseudo-scientifiques de lignée pure ont été introduites avec des conséquences tragiques, sous l’occupation par les Nazis et leurs collaborateurs de Vichy". Cette filiation avec Vichy, que se refuse à admettre la "nouvelle droite" au pouvoir, est ici clairement établie. M. Sarkozy, nous rappelle le New York Times, a bâti sa victoire électorale en reprenant tel quel le discours raciste sur l'immigration de Jean-Marie Le Pen.
Il a, depuis, instauré un ministère de l'identité nationale et de l'immigration, décidé de remplacer une "immigration subie" par une "immigration choisie". Il cautionne désormais l'introduction de la filiation par le sang et de son contrôle par des tests ADN dans une énième loi sur l'immigration.
Comment dans ce contexte, ne pas faire preuve d'un minimum de mémoire historienne? Comment ne pas voir l'affinité du principe d'un fichage ADN banalisé avec la mise en place des fichiers juifs par Vichy? Si cette mémoire semble faire défaut au nouveau pouvoir, ce n'est manifestement pas le cas à New-York.
Le contrôle policier, fondé sur des fichiers administratifs à catégories pseudo-scientifiques discriminantes, première étape d'une politique d'exclusion et, s'agissant des juifs sous l'Occupation, de la déportation et de l'extermination
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Le journaliste du New York Times de trancher sentencieusement mais très justement:
"Nicolas Sarkozy veut être considéré comme un homme d'Etat. Qu'il agisse en tant que tel".
Si les conseillers tout-puissants du président veulent bien prendre en compte sérieusement cet édito, il tombe à point nommé. Parce que la France est en train de se brouiller avec le monde arabo-musulman, l'Allemagne et l'Afrique. Son image dans le monde n'a de cesse de se dégrader à l'étranger depuis l'élection de M. Sarkozy.
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LA GUERRE PLUTOT QUE LA DIPLOMATIE, SARKOZY PLUS BUSHISTE QUE BUSH:
M. Sarkozy, prompt à rompre avec l'héritage de la diplomatie gaullienne, s'est fait de
façon outrancière, l'ami de Georges Bush. Son incapacité à critiquer sur le fond la guerre en Irak, les propos guerriers de son ministre des Affaire étrangères, M. Kouchner, tenus à l'encontre de l'Iran, le 16 octobre 2007, la signature du protocole de Londres qui signifie un recul de la langue française dans le domaine de la science: toutes ces évolutions sont les preuves d'une méconnaissance ou d'un abandon volontaire de la philosophie et des principes qui orientaient jusque là la diplomatie française:
-défense de l'indépendance de la France et de son rayonnement culturel, non alignement sur une grande puissance
-multilatéralisme, volonté de porter la voix des pays pauvres et aide au développement
-soutien réaliste aux Etats existants pour éviter les guerres civiles, ethno-religieuses notamment
-aide aux Palestiniens dans le respect de la sécurité d'Israël et tissage de relations de proximité avec le monde arabo-musulman afin d'éviter tout risque de "choc des civilisations"
-diplomatie fondée sur la raison et le réalisme plutôt que sur une idéologie, sur le dialogue et les négociations plutôt que sur la force etc.
Koucher sur rtl vidéo_0001
Vidéo envoyée par lefigaro
Le 16 octobre 2007, le ministre des Affaires étrangères nommé par M. Sarkozy annonce que la France doit se préparer à la guerre contre l'Iran, sur la radio et la télévision françaises... Au plus grand étonnement des Etats-Unis eux-mêmes!
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Dans le contexte mondial contemporain, marqué par la montée de la haine de l'Occident identifié à
l'hégémonie militaire et techno-culturelle des Etats-Unis d'Amérique, par la puissance d'un terrorisme islamiste globalisé et par la croissance des inégalités, l'abandon par la France de tous ses principes traditionnels semble être de mauvais augure.
De toute façon, la voix de la France est brouillée et son impopularité grandissante dans le monde.
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LA BROUILLE AVEC L'ALLEMAGNE ET L'INSULTE FAITE A ANGELA MERKEL:
Non content de s'afficher depuis des années comme l'ami de l'administration Bush, au risque
d'exposer le pays à une haine grandissante dans le monde arabo-musulman, non content d'avoir insulté l'Allemagne pendant sa campagne, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine avait qualifié, en septembre 2007, en plein conseil des ministres, la chancelière allemande de "femme de l'Est". Ses conseillers aggravaient son cas en précisant qu'"une femme de l'Est n'a pas spontanément de proximité affective avec la France, contrairement aux Rhénans". Affirmation méprisante, teintée d'un déterminisme géographique frôlant le racisme.
Le tout dans un constexte européen tendu du fait du déficit record de la France, de l'arrogance d'un Sarkozy s'attribuant la libération des infirmières bulgares etc.
Tout cela au risque de faire exploser ce qu'on appelle le "couple francà-allemand", moteur de l'Europe pacifiée et fruit des longs efforts initiés par de Gaulle et Adenauer pour enterrer la hâche de guerre sanglante des "ennemis héréditaires"...
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QUAND M. SARKOZY INSULTE LES AFRICAINS:
Discours raciste de sarko à dakar - 26 juillet 2007
Vidéo envoyée par henneji
Le 26 juillet 2007, M. Sarkozy avait tenu un discours à l'université de Dakar, véhiculant les pires des stéréotypes
colonialistes racistes.
N'allait-il pas jusqu'à parler de "la souffrance de l'homme noir"? Notion étrange, sauf à parler également de "l'homme blanc" ou de "l'homme jaune", dans la tradition racialiste naïve et redoutable à la fois des deux derniers siècles.
N'allait-il pas jusqu'à déclarer: "Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez rentré dans l'histoire. Le paysan africain [...] ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles". Vision anachronique, ethnocentriste et historiquement fallacieuse.
Pire encore, le président de la République française de trancher lapidairement: "jamais l'homme [noir] ne s'élance vers l'avenir.
Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin"! 
Quelle méconnaissance de l'Afrique, de la mobilité et des dynamiques d'un continent dont l'histoire a été et demeure si complexe! Quelle vision archaïque et méprisante de peuples dont la France se ferait l'honneur de les considérer enfin comme ses partenaires égaux... Alors que les entreprises françaises continuent à bénéficier d'implantations pérennes comme d'un pré carré militaire hérité de la colonisation en Afrique...
Travaux forcés dans la Côte d'Ivoire, colonie française, ici la construction d'une route
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Un monument aux morts de la guerre 14-18, morts non pas pour la patrie, mais pour "la liberté du monde", aux Ormes-sur-Voulzie
A la suite du Clemenceau de la fin de la Première guerre mondiale, on peut donc se demander de qui la France de M. Sarkozy est-elle aujourd'hui le soldat! "De Dieu", elle avait été, "de l'Humanité" elle était, "de l'Idéal" elle aurait dû toujours demeurer...
Or pour le New York Times, la France de M. Sarkozy se fait l'héritière de Vichy, s'agissant de l'Allemagne, elle renoue avec une germanophobie très inquiétante, à propos de l'Afrique, elle remet en scelle les stéréotypes racistes qui ont en partie marqué le colonialisme, enfin, pour le monde, et par la voix de Bernard Kouchner, elle s'aligne sur un soit-disant atlantisme qui n'est en fait qu'une vision néo-conservatrice de la géopolitique, déjà périmée, aux Etats-Unis mêmes...
Non content d'avoir enterré de Gaulle dans son propre camp politique, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président scelle la mort de toute la singularité de la voix de cette moyenne puissance qu'était devenue la France et qu'évoquait Clemenceau en son temps... Affaiblie par la perte de son empire et ses défaites lors des guerres mondiales, la France s'était dotée d'un "grand logos", d'un message autour de principes clairs, défendant, au moins rhétoriquement, le multilatéralisme et le message des droits de l'homme... C'en est fini.
Et une France privée de parole, raillée ou brouillée avec ses traditionnels alliés et amis, défigurée par une politique contestée de par le monde, n'a plus grand-chose à apporter au monde. Si ce n'est à continuer de vendre des armes ou du nucléaire...
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Vous pouvez signer les pétitions en ligne de:
-Sauvons la recherche: "Non au contrôle génétique de l'immigration"
http://petition.etuc.org/spip.php?article3
-Charlie-Hebdo et SOS racisme: "Touche pas à mon ADN"
http://www.touchepasamonadn.com/
Ainsi que la pétition internationale en ligne du:
-Collectif d'historiens: "Non au ministère de l'Immigration et de l'identité nationale"
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Cliquez ici pour lire également:
LES TESTS ADN OU LA DEFIGURATION DE LA FRANCE
QUAND LE GOUVERNEMENT NOMME PAR M. SARKOZY DECLARE LA GUERRE AU FRANCAIS
LA DISPARITION DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE, UN ENJEU DE CIVILISATION
ETES-VOUS ANTI-ALLEMAND M. SARKOZY?
SARKOZY ET LA HONTE DE LA FRANCE; DE GAULLE ET L'ORGUEIL DE LA FRANCE
LA FRANCE "ARROGANTE" SELON SARKOZY, PUNIE PAR BUSH
14 octobre 2007
LES TESTS ADN OU LA DEFIGURATION DE DE LA FRANCE
Si les tests ADN préconisés par l'amendement Mariani de la nouvelle loi sur l'immigration du gouvernement Fillon, dont Mme Amara et M. Kouchner font partie et sont solidaires, si ces tests ADN réservés à des immigrés ne sont pas retirés, il en sera fini de la tradition d'accueil de la France, du lien historique qui lie ce pays aux Droits de l'homme et du citoyen, et qu'il avait donnés à l'Humanité. La voix de la France dans le monde sera durablement affaiblie. Ses pays amis se détourneront d'elles. Sa tradition républicaine, son héritage humaniste, chrétien, catholique, gréco-romain, philosophique et son ouverture au monde, sa culture cosmopolite seront morts sous la présidence de M. Sarkozy.
ALEXANDRE DUMAS
"Que demande-t-on à un jeune homme
à Paris? De parler à peu près sa langue,
d'être habillé convenablement, d'être beau
joueur et de payer en or. Il va sans dire
qu'on est moins difficile encore pour
un étranger que pour un Parisien."
Le Comte de Monte-Cristo
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L'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République M. Sarkozy, normalement voix de la France
dans le monde et garant des institutions comme de la Constitution -laquelle comprend dans son prémabule la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789-, ne s'est toujours pas prononcé pour ou contre la suppression de l'amendement Mariani. Disposition comprise dans la nouvelle loi sur l'immigration ouvrant la possibilité d'un tri sélectif des immigrés, fondé sur leur patrimoine génétique, sur leur ADN.
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Nous avons déjà vu auparavant que le nouveau pouvoir bafouait la Constitution de la Vième République dans les domaines de la justice, de la distribution et de l'équilibre des pouvoirs, du rôle des partis politiques, du fonctionnement des institutions démocratiques etc.
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Nous avons vu aussi que M. Sarkozy, sous couvert de rassembler "toutes les droites" et de capter les voix des électeurs
du Front national, il avait en fait inauguré une profonde rupture entre la droite et la culture politique républicaine. Après avoir repris le discours de Jean-Marie Le Pen, chef d'un parti jusque là tenu hors du "cercle républicain", M. Sarkozy préside à des projets gouvernementaux et à des lois qui mettent en oeuvre sa vision raciste et xénophobe du monde.
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Créant un "ministère de l'immigration et de l'identité nationale" dans la droite ligne du régime
antirépublicain de Vichy, fustigeant "l'immigration subie" dans la la vieille tradition du nationalisme intégral de l'extrême-droite française, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, M. Sarkozy, s'il ne s'exprimait pas sur ces tests ADN, porterait la lourde responsabilité d'avoir, comme d'autres avant lui, défiguré la France aux yeux du monde. Après avoir bafoué les institutions, la Constitution, on déchirerait les droits de l'homme? On tournerait ce faisant le dos à l'ouverture propre à la culture et à l'art français!
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Car la France, sa littérature comme sa peinture en témoignent emblématiquement est aussi un pays d'accueil, car Paris, sa capitale est une des
villes les plus cosmopolites d'Europe, car le droit du sol, constamment discuté, est tout de même l'honneur de la France et a permis de produire une communauté humaine plurielle, réunie autour de principes fondateurs communs. Parce que cette capacité d'accueil a fait naître une littérature riche, ouverte à toutes les cultures, curieuse et marquée du sceau de la diversité. Au XIXième siècle, Alexandre Dumas, lui-même métis, a décrit Paris, Marseille ouverte sur l'Orient et cette France accueillante... Aurait-il pu imaginer Vichy, et, aujourd'hui, les tests ADN?
Pourrait-il même écrire, lui qui avait connu en son temps déjà la xénophobie de certains, dans ce pays qui perd son honneur quand ses dirigeants basculent dans le racisme, veulent mettre la science au service de la police et mettent en oeuvre des politiques inhumaines?
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Même s'il est de notoriété publique que la culture n'intéresse pas l'ancien avocat d'affaires,
maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République, M. Sarkozy, on s'autorisera à lui conseiller de commencer à lire et de là, à penser. De débuter pourquoi pas, avec Alexandre Dumas et son "Comte de Monte-Cristo", lequel explique quelque part à une esclave grecque le principe du droit du sol, en des mots très simples:
"-Haydée, reprit le comte,
tu sais que nous sommes
en France, et par conséquent,
que tu es libre".
On écrira plus chose pareille dans la France de M. Sarkozy... Comme en tant d'autres périodes de notre histoire...
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Vous pouvez signer les pétitions en ligne de:
-Sauvons la recherche: "Non au contrôle génétique de l'immigration"
http://petition.etuc.org/spip.php?article3
-Charlie-Hebdo et SOS racisme: "Touche pas à mon ADN"
http://www.touchepasamonadn.com/
Ainsi que la pétition internationale en ligne du:
-Collectif d'historiens: "Non au ministère de l'Immigration et de l'identité nationale"
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