Leçons républicaines à l'attention de M. Sarkozy

"La République pour ceux qui l'ont oubliée et pour M. Sarkozy". Ou comment la nouvelle droite met en danger notre héritage commun : la République. [Ce blog n'engage que mes seules opinions personnelles, au titre de la liberté d'expression.]

02 novembre 2009

PRIVATISATION DE LA POSTE, UNE CARTE POSTALE POUR L'ELYSEE (CGT)

"Après avoir arrêté le décompte à plus de 2,3 millions de votants, le comité national contre la privatisation de La Poste pour un débat public et un référendum sur le service public postal a écrit au président de la République pour lui présenter les résultats et lui demander de prendre la mesure d’une mobilisation historique, révélatrice de l’opposition que provoque le projet de changement de statut de La Poste.

Un_r_f_rendum_pour_La_Poste

Une demande restée sans réponse du président, ce qui constitue une marque de mépris vis-à-vis d’un exercice de citoyenneté qui a su trouver sa légitimité et sa crédibilité. Le comité national a donc décidé de continuer à construire la mobilisation sur cette question essentielle du service public postal, en créant les conditions pour amplifier la dynamique créée par la votation du 3 octobre.
La mobilisation contre la privatisation de La Poste continue avec l’interpellation des sénateurs qui se prononceront sur le sujet du 2 au 6 novembre 2009.
Le comité national décide de lancer une campagne de carte pétition à adresser au Président de la République.

 

Cette carte postale exige :

 

  • le respect de la votation du 3 octobre,
  • le retrait du projet de loi de l’ordre du jour du Sénat et de l’Assemblée Nationale,
  • l’ouverture du débat public,
  • la tenue d’un référendum sur l’avenir du service public postal.

Source : www.cgt.fr/spip.php?article36577

 

Rappelons au président de la république qu’il est au service de ceux qui l’ont élu, et non pas l’inverse :

 

Contre la privatisation de La Poste j'écris au président de la république

 

Auto-produire la carte postale ci-dessous
et l’envoyer au président de la république.

 

Contre la privatisation de La Poste j'écris au président de la république

TÉLÉCHARGER la carte postale
(A l’envers – 1500×1000 pix. – 191 Ko)

 

Vous trouverez l’adresse postale du président de la république sur la page www.elysee.fr/ecrire (ou ici pour les techno-paranos qui ne veulent pas laisser leur IP sur les ordinateurs de l’Elysée).

 

Pour écrire au président de la république, pas besoin de timbre.Le courrier au président de la république est dispensé d’affranchissement (c’est explicitement indiqué sur la page d’elysee.fr), vous n’avez donc pas besoin de mettre un timbre, raison de plus pour ne pas vous priver.

 

Merci de ne pas abuser du service public qu’est (encore pour l’instant…) La Poste et de n’envoyer qu’une
Vous pouvez aussi soutenir La Poste en timbrant votre carte.
carte postale par personne.

 

Si vous craignez une garde à vue de routine ou un licenciement pour délit d’opinion vous pouvez parfaitement vous dispenser de signer la carte : c’est équivalent à ne pas signer un bulletin de vote.

 

En plus d’envoyer votre carte postale, vous pouvez contribuer à ce que d’autres en envoient. Amorcez l’avalanche en copiant-collant le message ci-dessous :

   Contre la privatisation de la poste, votez à L’Elysée.
Rappelons au président de la république Nicolas Sarkozy
qu’il est au service de ceux qui l’ont élu, et non pas l’inverse
http://tinyurl.com/servicepubliclaposte
Merci de diffuser cet appel à vos contacts et dans tous

les blogs, forums etc. relatifs au sujet.


 

Pas d’imprimante ?
Recopier le texte sur une carte postale (ou sur papier libre mis sous enveloppe) et poster selon les instructions ci-dessus."

12 octobre 2009

NON A LA MONARCHIE ELECTIVE, SIGNEZ LA PETITION CONTRE LA NOMINATION DE JEAN SARKOZY A LA TETE DE LA DEFENSE

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, comme d'ailleurs toute notre Constitution, est régulièrement piétinée par le pouvoir en place. La "nomination-élection" de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD, qui est chargé comme établissement public de l'aménagement du plus grand quartier d'affaires français : La Défense, n'est justifiée ni par son expérience, ni par son modeste rôle politique actuel, ni par son "cursus" - comme on dirait à Rome..

DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN DE 1789

article 1er : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune."D_claration_des_droits_de_l_homme_et_du_citoyen_de_1789


Refuser le principe de l'hérédité des compétences, refuser de voir promu à des fonctions pour lesquelles le jeune fils du président de la République, 23 ans et conseiller général des Hauts-de-Seine, est illégitime, c'est réaffirmer que l'intérêt public - l'"utilité commune" - doit demeurer le seul critère de nomination des serviteurs de l'État comme des grands services publics.


Lisez et signez la pétition contre la mainmise du clan Sarkozy sur la France en cliquant ici :

Jean Sarkozy, renoncez à postuler au poste de président de l'EPAD (La Défense)

Comme l'a résumé lapidairement Ségolène Royal, en plaçant son fils à la tête du quartier d'affaires de La Défense, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy, renforce encore un peu plus ses liens incestueux avec la finance, le haut patronat et les grands médias, auxquels il doit déjà sa victoire de 2007. Le nerf de l'a-politique : l'argent-roi.

                                       


A coup sûr, il prépare ainsi le terrain pour sa campagne de 2012 en positionnant en un lieu-clef du pouvoir son propre rejeton... Une nouvelle "nuit du Fouquet's" pourrait alors avoir lieu sous l'Arche de La Défense, avec tout le gratin patronal du CAC 40, grassement enrichi depuis 2007...

Quid de l'intérêt public comme de la récompense des talents...

Quid aussi de cette promesse non tenue du candidat Sarkozy en 2007, menterie parmi tant d'autres : "Je veux une République irréprochable":



Je veux une République irréprochable
envoyé par ump. -

23 mai 2009

PETITION POUR L'INSCRIPTION DES SERVICES PUBLICS DANS NOTRE CONSTITUTION

Pour_les_services_publics_inscrits_dans_la_ConstitutionServices_publics

Pour accéder à la pétition et la signer, cliquez sur l'image.

_____

Cliquez ici pour lire :

LA MORT DE LA FONCTION PUBLIQUE OU LA GRANDE "INVOLUTION CULTURELLE" DE M. SARKOZY

Posté par Citoyen r j à 07:12 - LA CHOSE PUBLIQUE EN DANGER - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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08 avril 2009

LES ELEMENTS TOTALITAIRES DU SARKOZYSME : L'OIGNON COMME IMAGE DU POUVOIR TOTAL 1.2

Tout a été dit ou presque sur le mode d'exercice du pouvoir par Nicolas Sarkozy et son clan... "Monarchie élective" (Laurent Joffrin), "omniprésidence", "hyperprésidence" (François Hollande), "fracture républicaine", "mainmise du clan Sarkozy sur la France", "régime du mépris généralisé", "une déchirure sociale", "une conception révisionniste de l'histoire de la laïcité qui n'est pas acceptable" (Ségolène Royal), "danger pour les institutions républicaines" (Marianne et son Appel pour une vigilance républicaine signé par l'ancien directeur de cabinet du général de Gaulle, François Bayrou, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Chevènement et Ségolène Royal),...

Appel pour une vigilance républicaine
Vidéo envoyée par Rive-gauche

..."pouvoir personnel", "monocratisme avancé" (Robert Badinter) "téléprésidence" etc.

Mais l'histoire des idées politiques recèle d'autres précédents bien pires que tous ces qualificatifs pour essayer de comprendre le sarkozysme au pouvoir. Et Hannah Arendt, analyste originale et pionnière des mouvements et régimes totalitaires, nous aidera ici à voir comment Nicolas Sarkozy met en péril la démocratie, le régime républicain et la notion même de loi. La pensée de Raymond Aron, ayant abordé la question totalitaire, nous guidera également.

Une Une récente du Nouvel Observateur, fort éclairante, nous proposait de nous présenter le "vrai gouvernement" au pouvoir, composé de personnalités "discrètes", "de visiteurs du soir", de conseillers du "Prince", de divers patrons et même de sa propre épouse, laissant entendre que le gouvernement responsable devant le Parlement n'est que de pacotille.

Le_vrai_gouvernement_de_la_France__Nouvel_Observateur

Dérive très grave alors que le pouvoir - mais quel pouvoir? Ici réside tout le problème - se durcit et multiplie les actes de violence à l'égard d'immigrés, d'enfants dans leurs propres écoles, de journalistes ou encore, verbalement et socialement, à l'égard des sans domicile de France...

A chaque fois revient une question lancinante : qui donne les ordres?

Impossible de répondre à cette question tant la gouvernance Sarkozy est opaque et multiplie les effets d'annonce pour brouiller les pistes...

Si la république, au sens le plus ancien du terme, suppose l'application de lois écrites et connues par tous les citoyens, le sarkoyzysme pratique le contraire, en toute irresponsabilité...

Difficile pour une opposition, qui s'autodétruit déjà, de s'attaquer à des "autorités invisibles".

Où siège l'autorité légale et où réside l'autorité légitime? Au gouvernement? Au Parlement? Dans les bureaux des conseillers du Président? A l'UMP? Les pistes sont brouillées et cela ne va pas sans rappeler la structure en oignon de l'Etat totalitaire décrit en son temps, et toute proportion gardée, par Hannah Arendt.

HANNAH ARENDT

"L'image adéquate du gouvernement et de l'organisation totalitaires me paraît être la structure de l'oignon, au centre duquel, dans une sorte d'espace vide, est situé le chef [...]."

"La cohérente et perpétuelle division entre l'autorité secrète réelle et la prétendue représentation publique faisait du siège effectif du pouvoir par définition un mystère, et ce à un tel degré que même les membres de la clique dirigeante ne pouvaient jamais savoir avec une absolue certitude quelle était leur propre position dans la hiérarchie secrète du pouvoir."

Le_syt_me_totalitaire_de_Hannah_ArendtLa_crise_de_la_culture_de_Hannah_ArendtHannah Arendt,

"Qu'est-ce que l'autorité? in

La crise de la culture.et

Le système totalitaire

.

LE REGIME SARKOZYSTE N'EST NI UN REGIME NEO-MONARCHIQUE NI UN REGIME AUTORITAIRE.

Un des points de désaccords majeurs entre Hannah Arendt et Leo Strauss tient au sens à donner aux régimes nazi et Hannah_Arendt__penseur_de_la_R_publiqueL_o_Strausssoviétique. Pour ce dernier, le régimes totalitaire est l'héritier de la tyrannie, cette question qui "traverse toute l'oeuvre de Strauss", nous dit Olivier Sedeyn. Et dont seul le retour à la philosophie classique antique pourrait nous prémunir.

Pour Arendt, il s'agit au contraire d'un système de gouvernement absolument nouveau, ni autoritaire ni tyrannique, dont quelques-unes des caractéristiques nous intéresseront ici. Il s'agira d'abord de différencier radicalement les régimes autoritaires et tyranniques des régimes totalitaires. Au prisme de l'actualité française...

Si certaines des attaques de l'opposition ou des forces sociales du pays contre le régime sarkozyste semblent ne pas atteindre leur cible, c'est précisément parce l'Elysée, Matignon - et le gouvernement - et l'Assemblée nationale, par un mépris total de la Constitution puis par sa soi-disant réforme - acquise grâce au socialiste Jack Lang - ne jouent plus leurs rôles respectifs.

La source de l'autorité, le peuple représenté à l'Assemblée, est piétinée. Le Premier ministre a été fusillé par le président de la République, qui prend sa place.

Les ministres - collectivement responsables devant la représentation élue - sont sans cesse télescopés par les conseillers politiquement irresponsables de l'Elysée et mis devant le fait accompli, voire démentis par le chef de l'Etat lui-même...

Autant dans un régime autoritaire, personnel, on saura à qui s'opposer.

Autant dans un régime à structure "totalitaire", les pistes seront brouillées de telle façon que la vie politique, l'opposition démocratique comprise, seront réduites a quia.

Il faut d'abord voir très simplement, et grâce à des exemples imagés par Arendt en son temps, en quoi le régime sarkozyste n'est ni seulement autoritaire, ni seulement néo-monarchique, ni potentiellement tyrannique, mais regorgeant d'affinintés avec le gouvernement totalitaire.

Le_r_gime__pyramidal_de_la_monarchieAinsi, nous dit-elle, dans La crise de la culture: "comme image du gouvernement autoritaire, je propose la figure de la pyramide".

Le régime des monarchies chrétiennes en est le parangon, avec certes des hiérarchies intermédiaires puissantes, mais avec à son sommet l'autorité divine, acaparée en France par la monarchie de droit divin, et, avec à sa base, une égalité fictive de tous les hommes devant Dieu.

Dans ce dispositif, le roi sera le seul visé par les révolutionnaires français. La tête des "deux corps du roi", de la pyramide monarchique, sera donc décapitée... Et nous savons tous pourtant que l'assimilation de Louis XVI au tyran était partiellement fausse, les Parlements royaux ayant commencé la Révolution et une partie du clergé rejoint le Tiers-Etat, avant le "peuple".

Ex_cution_du_roi_Louis_XVI_le_21_janvier_1793_place_de_la_R_volution___Paris

Le tyran, stricto sensu, demeure lui "seul contre tous" et "les "tous" qu'il oppresse sont "égaux, c'est-à-dire également dépourvus de pouvoir". Depuis Platon, la figure du tyran est donc celle d'un être quasi-inhumain, au-dessus de tous et dominant une société humaine dépourvue de hiérarchies d'autorité, d'"égaux" fictifs.

Staline__le_tyran_et_les_foules__galitairesTyrannie

Pour toutes ces raisons, pyramide pleine - la monarchie avec ses trois ordres, ses Parlements et ses lois fondamentales du royaume -; ou pyramide vide - la tyrannie avec un chef et à ses pieds une communauté d'obéissants tous à égalité -; ces deux pyramides ne sauraient rendre compte du régime totalitaire.

Bulbe_oignon

"Par opposition à ces deux régimes, autoritaire et tyrannique, écrit Arendt, l'image adéquate du gouvernement et de l'organisation totalitaires me paraît être la structure de l'oignon, au centre duquel, dans une sorte d'espace vide, est situé le chef; quoi qu'il fasse - qu'il intègre le corps politique comme dans une hiérarchie autoritaire, ou qu'il opprime ses sujets, comme un tyran-, il le fait de l'intérieur et non de l'extérieur ou du dessus."

          Structure_en_pelure_d_un_oignon

Les trois pouvoirs ne s'opposent pas - législatif, exécutif, judiciaire - mais fusionnent. Ils sont autant de couches de l'oignon du pouvoir, qui demeure en son centre.

Les partis politiques - dont le rôle est reconnu constitutionnellement - n'ont plus aucune crédibilité puisque, opposition comprise, ils donnent l'image d'être potentiellement eux-aussi des couches de l'oignon - tel est le sens ultime de l'"ouverture" sarkozienne.

Les médias sous contrôle

Dans cette organisation, les médias de masse ne sont plus qu'une couche de plus de l'oignon totalitaire, à destination du "peuple" ou des consommateurs, totalement soumis au pouvoir du Chef, au noyau de l'oignon.

Raymon_AronRaymond Aron dans Démocratie et totalitarisme, explique d'ailleurs que l'un des éléments constituant le "phénomène totalitaire" est le contrôle des moyens de propagande :

"Pour répandre [la vérité officielle de l'Etat issue du parti], l'Etat se réserve un double monopole, le monopole de force et celui des moyens de persuasion. L'ensemble des moyens de communication, radio, télévision, presse, est dirigé, commandé par l'Etat et ceux qui le représentent."

Concrètement, outre l'omniprésence télévisuelle du président Sarkozy et la minoration de l'opposition face à celui-ci, on aura vu fleurir, à défaut de mesures politiques, des "spots gouvernementaux officiels" censés montrer aux masses que le pouvoir s'occupe, en pleine crise économico-sociale, du pouvoir d'achat... Propagande en l'absence d'encouragement véritable de ce même pouvoir d'achat.

Et ce même en période d'échec radical de la politique antiéconomique de l'Elysée et de ses conseillers.

Clip du Gouvernement sur le pouvoir d'achat
Vidéo envoyée par Emediat

Le "quatrième pouvoir" - les médias - est lui-même peu à peu intégré à l'assemblage, tantôt menacé ou appâté...

Comme le résume lapidairement Joseph Macé-Scaron, journaliste de droite, de ce Figaro sarkophile : il a été démissionné parce qu'il refusait de "tailler des pipes à M. Nicolas Sarkozy" !

Ex Directeur Fig-Mag Dénonce Sarkozy
Vidéo envoyée par RichardTrois

La volonté de Nicolas Sarkozy de nommer lui-même le président de l'audiovisuel public, notamment des chaînes de télévision publique, a clairement parlé aux Français.

La volonté présidentielle d'"avoir la mainmise" sur tous les médias, ayant déjà des médias de masse privés, telle TF1, à sa botte, s'affiche donc ici clairement...

Les médias de masse se trouveraient menacés d'être agrégés à l'ensemble des couches de l'oignon totalitaire, directement contrôlés par son noyau.

La France de Sarko : Retour à l’ORTF
Vidéo envoyée par Rive-gauche

En outre, nous allons le voir, Nicolas Sarkozy, sans abolir la Constitution, la conserve comme façade, de même que l'illusion démocratique ou l'indépendance de l'Autorité judiciaire.

Les ministres existent et perçoivent leurs émoluments, mais sont en fait privés de pouvoir.

Toutes ces couches sont autant de pelures d'un oignon, lesquelles une fois arrachées, dévoilent où siège réellement le pouvoir : au palais de l'Elysée, parmi les conseillers à la présidence.

Là peut donc bien s'imposer un déchiffrage fin mais jamais envisagé, que de nombreux actes, faits, paroles, décisions politiques émanant de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy attestent, témoignages de ce qu'est devenu le régime sarkozyste, sur les ruines de la République française.

UNE CONSTITUTION DE FACADE

Comme l'écrivait Hannah Arendt :

"Troublante fut la manière dont les régimes totalitaires traitèrent la question constitutionnelle. Durant leurs premières années d'exercice du pouvoir, les nazis firent pleuvoir une avalanche de lois et de décrets, mais ne se soucièrent jamais d'abolir officiellement la Constitution de Weimar."

Et Raymond Aron toujours, dans Démocratie et totalitarisme, rappelait lui aussi cette différence D_mocratie_et_totalistarisme_de_Raymond_Aronmajeure entre le phénomène totalitaire et le régime républicain et démocratique, qualifié de "constitutionnel-pluraliste" de cette façon :

"Une autre forme, probablement plus importante, de la constitutionnalité, est la subordination des décisions gouvernementales à des règles."

Or, en France, beaucoup d'observateurs politologiques, des plus radicaux aux plus modérés, observent aujourd'hui, et ce depuis l'élection de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine à la présidence de la République, un changement de régime.

Il aura fallu une révision minable de la Constitution, l'été dernier, pour alerter quelques observateurs.

Pour autant, nous avions déjà changé de "république", et ce bien avant le vote du Congrès. Seul le Premier ministre a été constitutionnellement fusillé à Versailles, mais les conséquences sur le bon fonctionnement des institutions et la séparation des pouvoirs, sur la continuité de l'Etat sont assez préoccupantes.

Le Président gouverne désormais sans aucune responsabilité politique, seul le gouvernement pouvant être renversé par une motion de censure votée aux 3/5° des députés.

Le Président peut désormais pénétrer dans l'enceinte du Parlement, y asséner un discours sans encourir la moindre critique - aucun débat n'étant alors autorisé - ni aucun risque politique - l'impeachment n'existant pas dans nos institutions... Bien entendu, le président de la République, conformément à la Constitution, a tout pouvoir pour dissoudre l'Assemblée nationale (art. 12).

Nicolas_Sarkozy_et_Jack_Lang

Si le Premier ministre avait été éliminé du jeu dès la redéfinition sarkozienne de sa fonction comme simple "collaborateur", en contradiction crue avec la Constitution, celle-ci aura ensuite été modifiée selon le bon plaisir de Nicolas Sarkozy, aidé de son mignon "socialiste" de Jack Lang...

En vérité, lorsque Nicolas Sarkozy redéfinit la fonction de son Premier ministre, François Fillon, comme "collaborateur" et prit sa place comme celle de tous les ministres, il avait déjà violé in concreto la Constitution.

Constitution_d_chir_eEt la révision de la Constitution décidant que le Président gouvernait aussi bien que le Premier ministre, ne fit qu'avaliser in abstracto une pratique dangereusement anticonstitutionnelle.

C'est ce que Aron, étudiant le régime nazi et des décisions politiques bien plus graves, appelait dans Démocratie et totalitarisme, "l'arbitraire de l'acte avec la comédie de la loi (rétroactive)".

Le penseur de définir ainsi ce phénomène totalitaire : "dans un régime autoritaire une décision prise par les gouvernants devient automatiquement une loi". Ainsi, lorsque "Hitler a fait exécuter [des] pseudo-conspirateurs [...] après coup, une loi a été votée selon laquelle les exécutions sommaires étaient conformes à la loi"...

D'autre part et ce faisant, l'Etat impartial, dont le locataire de l'Elysée était jusqu'ici le garant a été aboli en France par Nicolas Sarkozy. En effet, menant la politique choisie par 50 + 1 % des voix du peuple, le Président s'assoit ipso facto sur les millions de citoyens n'ayant pas voté pour lui.

Pour citer à nouveau Raymond Aron, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine a mis en place un "Etat partisan'", propre du gouvernement totalitaire...

Supplantant le Premier ministre, il devient à sa place le chef de la majorité conduisant la politique du pays mais ne garantissant ni plus la continuité du régime républicain, ni l'intérêt commun souverain, au dedans - unité de la République et cohésion sociale, au-dehors - indépendance nationale.

La Constitution a donc ici été clairement dénaturée, sans être abolie... Comme l'a rappelé Robert Badinter. Estimant que le régime virait à une forme de "monocratisme avancé".

Robert Badinter invité de RTL (16 juillet 2008)
Vidéo envoyée par rtl-fr

Mais les violations de la Constitution par le chef de l'Etat lui-même ont déjà été multiples depuis le début de son bail locatif au palais de l'Elysée.

Par sa seule pratique du pouvoir, par son verbe - spontané ou issu des écrits de ses conseillers - Nicolas Sarkozy s'est déjà essuyé les mocassins à talonnettes sur la Constitution, et ce à de multiples reprises, sans changer un iota au texte sacré...

La laïcité de la République française

Selon la Constitution et son article 5, qui existe toujours sur le papier: "le président de la République veille au respect de la Constitution"... Soit...

Cependant, outre les invalidations du Conseil constitutionnel - notamment d'une loi rétroactive sur les prêts immobiliers ou encore des projets de loi sur le contrôle ADN de l'immigration -, Nicolas Sarkozy a violé, en territoire étranger, à Rome ou plutôt au Vatican, l'article 1er de cette même Constitution, stipulant assez simplement que "La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale"...

Le Pape Sarkozy atteinte à la laîcité
Vidéo envoyée par inet

Laïcité positive
Vidéo envoyée par prochoix

Sarkozy, la Religion dans une République Laique !?!
Vidéo envoyée par alizoh8

Voulant aller plus loin encore dans l'adaptation rétroactive de la Constitution à son bon vouloir et à ses "convictions" anglo-saxonnes, Nicolas Sarkozy alla jusqu'à tenter une révision du Préambule de la Constitution, texte hautement sacré dès lors qu'il contient les grands principes philosophico-politiques que doit respecter la République - dont la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.

Il s'agissait d'y inscrire "la dignité des croyants" - faisant des non-croyants des citoyens de seconde zone - ainsi que la notion de "diversité" - raciale? confessionnelle? -, rompant avec la "devise" républicaine commençant par l'égalité !

Heureusement, au final, le comité Veil, chargé de cette mission périlleuse, répondit par une fin de non-revevoir aux voeux présidentiels...

L'indépendance de la Justice

Balance_de_la_JusticeDans le domaine de la Justice, Nicolas Sarkozy est allé plus loin encore dans la violation de la Constitution. Car il a, à de multiples reprises, remis en cause le principe de son indépendance, héritage des Lumières et notamment de Montesquieu.

Le président de la République s'assoit donc ici sur l'article 64 de la Constitution qui précise qu'il "est le garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire"...

Cette violation du principe d'indépendance de la Justice et du rôle impartial des juges a d'abord été assumée par Rachida Dati, s'agissant des récidivistes. La mise en place, sur un modèle états-unien, des peines-planchers, abolit en effet l'indépendance et l'appréciation au cas par cas des juges : des peines automatiques définies par le pouvoir législatif s'appliquant désormais automatiquement - ce qui remet en cause la distinction entre le législatif et le judiciaire.

Comme l'explique très bien Serge Portelli, une fois les peines-planchers appliquées, nous changeons de République :

Portelli Peine plancher
Vidéo envoyée par AMIOSIS

Rachida_Dati_en_couverture_de_Paris_MatchRachida Dati, dont l'arrivée tapageuse au ministère de la Justice provoqua nombre de remous et deBelle_amie_de_Micha_l_Darmon_et_Yves_Derai démissions, alla même jusqu'à affirmer à la télévision que la Justice était rendue au nom de "la légitimité suprême [...] celle des Français qui ont élu Nicolas Sarkozy pour restaurer l'autorité. Les magistrats rendent la justice au nom de cette légitimité"...

Mme Dati inventait ainsi le principe de la dépendance de la Justice, propre aux régimes totalitaires....

L'article 64 était violé en direct par la Garde des Sceaux, les magistrats intimés de rendre la Justice, non plus au nom de la République et du peuple français, mais au nom du Chef !

Etait bafouée ce faisant la Loi constitutionnelle du 3 juin 1958 posant en son Article unique que :

"4°- L'autorité judiciaire doit demeurer indépendante pour être à même d'assurer le respect des libertés essentielles".

Les peines-planchers furent votées par le Parlement présidentiel-croupion, malgré quelques rectifications émises par le Conseil constitutionnel.

Cependant, le pire restait à venir : la rétention de sûreté, visant à maintenir enfermés des individus à vie après l'effectuation de leur peine, prononcée par la Justice au nom du peuple français. Considérés comme "extrêmement dangereux", condamnés à 15 ans de prison pour meurtre, assassinat, viol sur mineur, torture ou encore acte de barbarie, ils doivent être maintenus enfermés, potentiellement à vie, sans nouveau jugement mais à la discrétion d'une "commission" experte, composée de juges et de psychiatres...

La gravité de la mesure n'effraya pas tant que cela le Conseil constitutionnel. Celui-ci s'attacha à censurer une partie de la loi prévoyant, en violation de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, partie intégrante du Préambule de la Constitution, que la loi s'appliquerait aux prisonniers jugés et enfermés avant la promulgation de cette loi. En effet, le talisman de 1789 pose la non-rétroactivité des lois en son article 8 :

"Nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée".

Patrick Klugman - 18 raisons_0001
Vidéo envoyée par Re-So

La clémence du Conseil constitutionnel fut immédiatement récompensée à sa façon par le Chef de l'Etat.

En effet, celui-ci se lança dans une tentative gravissime de passage en force, inédite et absolument anticonstitutionnelle, contre le Conseil des Sages, en saisissant la Cour de cassation... Laquelle respecta la décision du Conseil constitutionnel...

Le professeur de Droit constitutionnel, Dominique Rousseau rappelle avec brio qu'il s'agit là d'un grave manquement du Président aux devoirs de sa charge, comme d'un bafouement du principe civilisationnel de "non-rétroactivité de la loi".

Non rétroactivité de la loi : Enjeux de civilisation
Vidéo envoyée par PolEtTique

Rétention de sûreté : Sarko veut il contourner la loi ?
Vidéo envoyée par 18-35

La destruction de l'indépendance de la Justice ne pouvant s'arrêter là, Nicolas Sarkozy annonça, en pleine crise économico-sociale, la suppression du juge d'instruction, indépendant du pouvoir pour mener les enquêtes les plus graves, pour le remplacer par le Procureur de la République, magistrat qui n'est pas une Autorité judiciaire indépendante et impartiale mais qui est liée hiérarchiquement au pouvoir, au ministère de la Justice.

La mise en place du principe de la dépendance de la Justice se poursuit. Les affaires judiciaires pouvant embarrasser le gouvernement pourraient ainsi être enterrées... Comme l'explique à merveille, mais calmement, Jean-Pierre Mignard, proche de Ségolène Royal :

La réforme de la justice
Vidéo envoyée par segolene-royal

Eva Joly, elle-même juge d'instruction dans l'affaire Elf, manifeste son inquiétude quant aux propositions de Nicolas Sarkozy...

"Les enquêtes seront confiées à un parquet qui lui est soumis [aux ordres]. C'est revenir au Second Empire, aux procureurs généraux... Il s'agit d'empêcher les enquêtes qui gêneront le pouvoir.

Eva Joly chez Souchier (10.01.09)
Vidéo envoyée par Tiotevalisse

La mise au pas de la police

"art. 12: La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique: cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée".

En tant qu'ancien ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy déposa un bilan désastreux s'agissant du rétablissement de la paix civile et sociale en France. C'est ainsi sous son ministériat que se déroulèrent, en 2005, les plus graves émeutes dans l'ensemble des banlieues hexagonales.

Un couvre-feu, hérité de la guerre d'Algérie, avait même dû être mis en place, une partie de la jeunesse de France sur-réagissant aux insultes médiatisées du tout-puissant ministre de l'Intérieur, qui avait déclamé vouloir "nettoyer les banlieues au kärcher".

Karcher
Vidéo envoyée par Schumi93120

Cette attitude violente du ministre d'Etat lui garantira par avance, pour les présidentielles de 2007, nombre de voix de l'extrême-droite lepéniste comme de personnes âgées terrorisées par la montée des violences et des atteintes aux personnes, en banlieue comme ailleurs.

En 2003, le chef de la police toulousaine  avait quant à lui été "mis au placard" par le ministre tout-puissant, après avoir été humilié, non pas pour incompétence, bien au contraire, mais pour des raisons médiatiques et purement politiciennes Pour afficher une pseudo-désaccord idéologique sur le rôle des policiers et prôner la fermeté dont ils n'auraient plus assez fait preuve.

Sarkozy tance le chef de la police toulousaine
Vidéo envoyée par rue89

C'est que Jean-Pierre Havrin avait été un précurseur de la mise en place par la gauche de la "police de proximité", abolie puis rétablie par le gouvernement de ce même Nicolas Sarkozy.

Et lorsqu'il deviendra président de la République, et garant, au titre de l'article 5 de la Constitution, celui-ci détournera les missions de la police de la République pour la mettre à sa botte, comme s'il s'agissait de sa police secrète personnelle. Limogeant selon son bon plaisir de hauts responsables, instrumentalisant de façon disproportionnée gendarmerie et police pour assurer de façon démesurée sa sécurité lors de ses déplacements hors du palais de l'Elysée, comme ici dans l'Ain, fin février 2009.

Etat de siège dans l'Ain : Sarkozy visite Plastic-Omnium...
Vidéo envoyée par Napakatbra

"Nettoyer le terrain", éliminer toute trace de manifestation citoyenne lors des visites présidentielles deviendront, outre la traque aux sans-papiers, une "nouvelle mission de la police personnelle" d'un M. Sarkozy hyperprotégé proportionnellement à son hyper-impopularité - dont témoigna l'épisode du "Cass'toi pauv'con"...

Plus grave encore, le Président de la République mutera personnellement directeurs de la police et jusqu'aux préfets pour "convenance personnelle", d'abord en Corse, en réaction à une occupation par des manifestants nationalistes de la villa de son ami Christian Clavier...

L'affaire Christian Clavier
Vidéo envoyée par Ptite_Mule

... ou encore dans la Manche, un peu plus tard, mécontent d'avoir croisé, à Saint-Lô, d'inoffensifs manifestants...

Sarko fait payer sa visite à St-Lô
Vidéo envoyée par Ptite_Mule

Outre la mise en dépendance de la police et du corps préfectoral, au service constitutionnel des citoyens et non du Président, c'est au droit de manifester - à Saint-Lô - que Nicolas Sarkozy s'en prenait ainsi...

Comme le rappelaient Arendt et Aron, l'utilisation massive de la police à des fins "terroristes" comme sa mise à disposition du parti unique ou du Chef, sont des caractéristiques des régimes totalitaires. La police "secrète" y est missionnée alors contre le peuple et les "citoyens", au profit du pouvoir total...

Si l'on reprend l'image arendtienne de l'oignon pour décrire le gouvernement totalitaire, la police est alors située tout près du noyau, à savoir du Chef et du pouvoir réel, tandis que la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, partie intégrante de la Constitution, ainsi que les libertés publiques, ne sont plus qu'une des pelures apparentes de l'oignon, à destination de l'extérieur ou de l'étranger, impotentes en fait.

Répression des manifestations, privatisation au profit du chef de l'Etat, traque des immigrés et test ADN, surveillance - notamment au moyen de fichiers sur la vie privée, tel EDVIGE, de "présumés individus dangereux" - : la police de la République est aujourd'hui mise au service, notamment, de l'étouffement de la vie civique, au détriment du rôle que lui imposait la Constitution : la garantie des "droits des citoyens".

Logo_de_la_police_nationale_de_la_R_publique

La politique sarkozienne "sociale" présente la même dérive.

Le droit constitutionnel de grève

La politique inique, en terme de redistribution de nos maigres richesses, notamment via une politique globale fiscale des plus injustes, la volonté de Nicolas Sarkozy de détruire le service public - indissociable de tout régime républicain depuis son antique invention à Rome -, devinrent, une fois la crise états-unienne puis mondiale affectant la France, les leviers d'un mécontentement social national.

Moult grèves allaient naître. Et, de toute façon, même avant la crise, la volonté de Nicolas Sarkozy de détruire le droit de grève, pourtant constitutionnel, se devait de s'affirmer, notamment via des relais méditiatiques de masse...

Constitutionnel, le droit de grève? Eh bien oui.

Car dans le préambule de notre Constitution en vigueur, votée par le peuple en 1958, il est écrit que :

"-art. 6. Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts

par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix.

-art. 7. Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le réglementent."

Et pourtant, tout en liquidant l'Education nationale, par la suppression notamment des emplois d'aide aux enfants handicapés ou en difficulté, et de 13000 postes, Nicolas Sarkozy décidait de détruire en son principe le droit constitutionnel de grève des enseignants, fragilisés dans leur activité coutumière. Ce, par l'instauration d'un "service minimum" assuré par des personnels municipaux qui garderaient les élèves pendant les grèves, nonobstant la dangerosité d'une telle mesure.

Ainsi les parents d'élèves étaient opposés aux enseignants protestant pour un meilleur service public de l'Education nationale...

Les grèves seraient désormais nulles et non avenues, télescopées par un "service d'accueil" par des personnels non qualifiés pendant ce même exercice du droit constitutionnel...

Une fois encore, la "Constitution de façade" est maintenue, le droit de grève pérennisé, in abstracto, mais violé in concreto.

Service Minimum d'Accueil 15-05-08
Vidéo envoyée par sarkozyfrance2007

Une façon de rayer de la réalité socio-politique ce fameux droit de grève...

La CGT contre le service minimum 1
Vidéo envoyée par rue89

Devant les cadres de l'UMP, en tant que "chef de parti" et non pas comme ce Président de tous les Français qu'il est incapable de devenir enfin, Nicolas Sarkozy manifesta un mépris effroyable pour le droit constitutionnel de grève et tout un pan des forces vives de la nation, notamment menacées par sa politique et, en second lieu, par son inaction face à la crise économique inouïe.

Sarkozy & Grève, du mépris qui insulte les Français
Vidéo envoyée par alizoh8

L'indivisibilité de la République française

L'article 1er de notre Constitution, rappelons-le, stipule que "la France est une République indivisible"... Et pourtant, tout le vocable sarkozien de campagne puis de Président, s'attacha à diviser les Français.

Travailleurs et chômeurs, grévistes et non-grévistes, fonctionnaires et salariés du privé, jeunes et personnes âgées, riches et pauvres, Français de confession religieuse et laïcs, croyants et non-croyants, communautés différentes, malades et valides etc.

A cet égard la volonté présidentielle de créer des statistiques raciales, dites ethniques, en violation avec la Constitution, rappelant même les fichages instaurés sous Vichy, fut un signe des plus inquiétants. En rupture aussi avec toute la pensée réublicaine humaniste... C'est que le communautarisme devait, dans l'esprit de Nicolas Sarkozy, s'imposer désormais en France...

Quant à l'article 2 de notre "Constitution de façade", elle faisait du français "la langue de la République", le logos commun...

Eh bien tel n'est plus le cas, Nicolas Sarkozy ayant décidé de constitutionnaliser les idiomes régionaux... Au plus grand bonheur des extrémistes régionalistes et des sécessionnistes en tout genre... Et au risque de l'explosion de la République française, sur le modèle belge.

La Flandre indépendante sur RTBF !
Vidéo envoyée par INFOCOM-Net

Idem sur le plan social...

Comme l'avait rappelé la principale opposante à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, en juin 2008, la "rupture" promise par le candidat Sarkozy est en fait devenue "une déchirure" sociale "du pays".

La République était en effet constitutionnellement une "République [...] sociale", concrètement réalisée via le "modèle social français" et les mécanismes de solidarité nationale - à travers l'impôt, les services publics universels, les allocations allouées aux plus démunis etc. Or, ce fameux caractère social de la République française était le garant de la cohésion nationale et à terme de l'indivisibilité de la République, aujourd'hui détruit par le Président Sarkozy.

Ségolène Royal - Interview sur la contribution
Vidéo envoyée par sandrinegarnaud

Ce délitement du lien social et de l'"indivisibilité de la République" apparut crûment fin février 2009, lorsque, gravement fragilisés par la crise, la vie chère et une économie néo-coloniale monopolistique, les Français ultra-marins en grève ou manifestants furent abandonnés par l'Etat.

Aucun ministre, si ce n'est un secrétaire d'Etat démenti par l'Elysée et rappelé à Paris aussitôt débarqué, évidemment pas même le président de la République, pourtant "garant de l'unité nationale" ou encore le Premier ministre ne firent le déplacement en Guadeloupe, où les tensions sociales étaient telles qu'il y avait eu mort d'homme.

Et lorsque la socialiste Ségolène Royal décida de s'y rendre et d'écouter les revendications locales, ravivant à sa façon l'indivisibilité de la République, alors que l'Etat semblait lâcher les départements d'Outre-mer, Nicolas Sarkozy n'eut qu'un mot de mépris pour elle !

UN PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE CHEF DE PARTI ET UN PARTI CHEF DE LA FRANCE

"On a souvent noté aussi que les rapports entre les deux sources d'autorités, Etat et parti, sont ceux d'une autorité apparente et d'une autorité réelle, de sorte que l'appareil gouvernemental est généralement décrit comme la façade dénuée de tout pouvoir qui dissimule et protège le pouvoir réel exercé par le parti."

Un des plus éminents thuriféraires du sarkozysme, l'ancien conseiller de François Mitterrand, Max Gallo, a déclaré, sans langue de bois, que le Président était devenu un chef de parti - et qu'il fallait s'en satisfaire - , alors que toutes les républiques précédentes, et la nôtre, avaient entériné le fait que le président de la République se devait d'être "au-dessus des partis", garant de ce que l'on nomme l'"Etat impartial", le Premier ministre étant jusque là lui le chef de la majorité élue au Parlement....

Or, sans que personne ne sourcille, Nicolas Sarkozy a quitté la présidence de son parti, crée par Jacques Chirac ets a, immédiatement, supprimé la présidence de ce parti.

En vérité, l'instauration d'une "direction collégiale" du 1er parti de droite ne signifie rien d'autre que ce fait grave : le président de la République demeure le chef de l'UMP, de son parti et ne sera plus jamais le Président de tous les Français comme l'avaient été le général de Gaulle, Georges Pompidou, plus encore Valéry Giscard d'Estaing - privé de majorité à l'Assemblée - ou encore François Mitterrand et Jacques Chirac, lesquels demeurèrent "président de la France" même avec une Assemblée et un gouvernement d'opposition...

SARKOZY Quitte la Présidence de l'UMP-2
Vidéo envoyée par Canal-Historique-06

Aussi choquante fut la précipitation médiacratique avec laquelle Nicolas Sarkozy décida début 2008 de mener la campagne locale des élections municipales, au nom de son parti, l'UMP, volant le statut de chef de la majorité à son Premier ministre, sortant de son rôle de Président de tous les Français.

Son opposante à la présidentielle, la socialiste Ségolène Royal, décida donc de le prendre au mot, et de s'opposer de front et victorieusement, à sa personne, faisant campagne auprès de tous les candidats de gauche aux municipales... La nullité du bilan présidentiel après seulement quelques mois, la mise au jour par Mme Royal de ses mensonges de campagne, signèrent l'échec de la droite aux municipales de 2008.

En vérité, il n'était pas du ressort de Nicolas Sarkozy de mener médiatiquement et politiquement une telle élection. Le Président aurait dû rester "impartial", au nom de l'intérêt commun des ressortissants de la République française. Son échec fut cinglant...

JT France 2 - 12 janvier 2008
Vidéo envoyée par segolene-royal

"Monsieur-Nicolas Sarkozy-sans-gêne", s'asseyant toujours confortablement sur le livre de la Constitution, recevait en grande pompe, devant "son" parti un ancien chef d'Etat étranger, à savoir M. Tony Blair. Il ne le recevait pas au palais de l'Elysée, en tant que Président, mais bien en tant que leader du parti majoritaire de droite, en campagne pour les élections municipales !

L'incapacité de Nicolas Sarkozy à incarner la France, en son entier, comme à endosser l'habit présidentiel de l'impartialité sont donc claires, nettes, cyniquement assumées, dans un climat d'inculture juridique encouragée...

Logo_de_l_UMP__parti_pr_sidentielLe primat du "parti" sur le pays, propre aux régimes idéologiquement, si ce n'est politiquement, totalitaires, s'affichait alors ostensiblement...

L'autorité apparente de l'Etat était relayée par des médias et des journalistes politiques au mieux incultes, au pire complices, mais l'autorité réelle du parti de la nouvelle droite sur la France s'affirmait encore et toujours.

Cette volonté de lier la présidence de la République à un parti politique - l'UMP - majoritaire est même flagrante dans la stratégie communicationnelle de Nicolas Sarkozy.

Si l'on compare le site Internet du candidat de la droite à la fonction suprême avec le nouveau site de la présidence de la République, redessiné pour Nicolas Sarkozy, cette affinité est claire.

Sarkozy

Site_de_Nicolas_Sarkozy__pr_sident_de_la_R_publique

Coloris "bleu-droite", omniprésence du portrait de Nicolas Sarkozy, vidéos en ligne déclenchées automatiquement etc. : en fait le site du candidat du parti n'a pas changé lorsque celui-ci est devenu président de la République...

A contrario, le site de Jacques Chirac -un temps conservé par son successeur - était d'une neutralité partitique symbolisée d'abord par un fond blanc et le primat des symboles unitaires de la République et de l'Union européenne.

Site_Internet_de_la_pr_sidence_de_la_R_publique_p_riode_Chirac

Celui de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine fait clairement penser qu'un seul parti est au pouvoir, qu'un gouvernement issu de ce parti mais accueillant des "personnalités de gauche" gouverne la France et, qu'ipso facto, n'existe plus en France qu'une seule mouvance politique, à l'abri de toute opposition...

Un parti unique réel et une pluralité de partis de façade?

La pratique partiale de la présidence Sarkozy vient confirmer ces analyses de type communicationnelles, nous l'avons vu...

UN GOUVERNEMENT DE FACADE

"Mieux connu à l'étranger fut le sort du vieux ministère des Affaires étrangères allemand de la Wilhelmstrasse. Les nazis épargnèrent presque tout son personnel et ne le supprimèrent évidemment jamais, malgré le maintien simultané du bureau des Affaires étrangères du parti qui datait d'avant la prise du pouvoir."

"Pour les nazis, le dédoublement des services était une question de principe et non un simple expédient pour fournir des emplois aux membres du parti."

"La seule règle sûre, dans un Etat totalitaire, est que plus les organes de gouvernement sont visibles, moins le pouvoir dont ils sont investis est grand; que moins est connue l'existence d'une institution, plus celle-ci finira par s'avérer puissante."

La compostion d'un gouvernement, qui se devait, sous l'autorité du Premier ministre, de conduire la politique de la nation, était très attendue après l'élection de Nicolas Sarkozy.

Personne ne fut déçu, en tout cas, pas selon les sondages d'opinion. Des hommes et des femmes, notamment issus de la diversité, à savoir d'origine extra-européenne, se voyaient promus aux plus hautes fonctions, et ce, sans considération pour leur curriculum vitae. Ainsi de Rachida Dati nommée Garde des Sceaux. Quelques grincements de voix perlèrent malgré tout, à droite notamment.

En effet, ce gouvernement aurait caché la promotion de personnalités médiatiques, à valeur télégénique ajoutée, mais dépourvues et de compétences et donc de pouvoir. Le tout résidant au palais de l'Elysée...

Mais surtout, l'ouverture-imposture menée par Nicolas Sarkozy, à savoir l'appel à des personnalités médiatiques de gauche, dont certaines, tel Bernard Kouchner, avaient fait campagne contre lui et pour la victoire de la socialiste Ségolène Royal, n'allait en rien déboucher sur une "politique d'ouverture". Mais sur l'intégration au sein même d'un gouvernement non solidaire de personnes dénuées de pouvoir et acculées à appliquer un programme politique de droite dure...

L'opposition, à savoir principalement, les socialistes et la gauche, étaient virtuellement, fictivement aux côtés du Président : Fadela Amara, issue de la gauche féministe et laïque, pestant inutilement sur les plateaux de télévision contre l'imposition de tests ADN aux immigrés légaux :

LA POLEMIQUE DE FADELA AMARA.
Vidéo envoyée par jamservant1

Rama Yade, qui choisit, non pas une option idéologique mais le futur gagnant des élections au vu des sondages - pour défendre la "cause des Noirs" -, déclamant sur les ondes son opposition à la venue en grande pompe du dictateur libyen Kadhafi :

Rama Yade
Vidéo envoyée par sarkonnexion

ou encore Bernard Kouchner, avouant piteusement son malaise relatif à cette venue : toutes ces personnes manifestèrent une désapprobation dans les médias mais demeurèrent solidaires du gouvernement et du Président et ne démissionnèrent pas. Comme l'écrivait Arendt, dans ce régime, plus les ministres sont "visibles", moins ils ont de pouvoir par rapport aux "autorités secrètes".

Kadhafi jusqu'à la lie
Vidéo envoyée par RollingPat

Faisant croire aux citoyens que toutes les sensibilités étaient incluses, totalement, par le nouveau Président, alors que leurs pleurnicheries médiatiques n'avaient aucun, mais absolument aucun effet politique.

Le malaise le plus palpable fut révélé par la chaîne France 24. Bernard Kouchner y était invité et le reportage le présentant mentionnait le peu de pouvoir qu'il détenait pour conduire les Affaires étrangères de la France face au conseiller de Nicolas Sarkozy : Jean-David Lévitte. La colère noire du ministre, puis la "démission" obtenue par lui du journaliste l'ayant offensé, témoignent amplement de ce fait : le gouvernement n'est que de façade.

Bernard kouchner enerver sur France 24
Vidéo envoyée par hakan67100

En vérité, les décisions se prennent ailleurs, loin de la responsabilité qu'un gouvernement doit assumer, au risque d'être renversé, devant le Parlement : à savoir chez les conseillers de l'Elysée... Et pas seulement s'agissant du ministère hautement sensible des Affaires étrangères.

Le projet de création d'un conseil national de la Sécurité au sein même du palais présidentiel est à cet égard époustouflant ! Les ministres des Affaires étrangères, de la Défense ou encore de l'Intérieur, se voyant dépouillés de leurs prérogatives par un "conseil" politiquement irresponsable et hors d'atteinte du Parlement, donc du peuple...

Dans le même sens, les décisions du Président de la République sont assénées telles des oukases, sans même que les ministres concernés, n'en aient été informé : ainsi de la suppression de la publicité sur la télévision publique, que la ministre de la Culture et de la Communication apprit comme tous les Français le 8 janvier 2008, lors d'une conférence de presse élyséenne !

D'où également ces déplacements inopportuns et houleux de Nicolas Sarkozy, par exemple en Bretagneauprès des pêcheurs, en lieu et place de son ministre de l'Agriculture et de la Pêche !

Sarkozy prêt à se battre contre un pêcheur
Vidéo envoyée par allcurious

D'où encore les couacs à répétition dans la gestion gouvernementale des affaires courantes du pays, les démentis des ministres par l'Elysée - Président ou conseillers, par Matignon ou par d'autres ministres en fait non solidaires des autres, contrairement à ce que stipule la Constitution...

Couacs et cacophonie à droite
Vidéo envoyée par Rive-gauche

En fait, il n'y a plus de gouvernement responsable en France... D'où la difficulté pour l'opposition de faire son travail, seule l'ex-candidate socialiste à la présidentielle pouvant légitimement s'attaquer frontalement au Président élu... S'opposer à des ministres sans pouvoir étant chose malaisée !

UNE OPPOSITION SANS OBJET ET UN PARLEMENT ECRABOUILLE

"La continuelle concurrence entre les services, dont non seulement les fonctions se chevauchent, mais dont les tâches sont identiques, ne laisse à l'opposition ou au sabotage pratiquement aucune chance de se traduire en actes."

Le mépris du Parlement et de la démocratie sont intrinsèques au sarkozysme, le Président lui-même n'aurait jamais goûté les débats parlementaires.

La croyance dans "l'homme fort", soulignée par la conseillère élyséenne Emmanuelle Mignon, est de mise et est mise en application, faisant appel, en période de crise, à de vieilles traditions autoritaires hexagonales...

Le problème étant évidemment que la gauche, vaincue lors de la présidentielle de 2007, et prompte à dézinguer sa candidate, pourtant combative et médiatico-compatible, n'a que le Parlement, faute de leader incontesté, pour s'exprimer...

La volonté de maintenir un Parlement "de façade", au sein duquel prévalent, depuis la fondation gaullienne de la Ve République, les textes préparés par le gouvernement et aujourd'hui par les conseillers du "Chef", est aujourd'hui presque ridicule.

En effet, le lieu d'expression traditionnel de l'opposition, à défaut des médias, est aujourd'hui en passe de devenir la chambre du parti présidentiel : l'UMP. En effet, la volonté de priver l'opposition du droit d'amendement, permettant le débat politique, signifie son abaissement le plus cruel...

D'où la redécouverte récente par les députés socialistes des vertus républicaines de La Marseillaise...

1 Crise politique Article 13
Vidéo envoyée par GroupeSRC

LA REPUBLIQUE PRIVATISEE DES CONSEILLERS

"La cohérente et perpétuelle division entre l'autorité secrète réelle et la prétendue représentation publique faisait du siège effectif du pouvoir par définition un mystère, et ce à un tel degré que même les membres de la clique dirigeante ne pouvaient jamais savoir avec une absolue certitude quelle était leur propre position dans la hiérarchie secrète du pouvoir."

"Le pouvoir réel est commence où le secret commence."

"Un conseiller n'existe pas. On ne doit jamais pouvoir lier une idée à un conseiller. Ou cette idée est prise enMarie_France_Garaud_par_Tina_Merandon compte par la personne qu'il conseille ou elle n'est pas prise en compte et elle n'existe pas".

Telle est la déclaration, faite en pleine "sarkozie" de la conseillère spéciale de Georges Pompidou avant d'être, avec Pierre Juillet, la mentor de Jacques Chirac.

Pour cette juriste de formation, qui aimait le pouvoir, mais selon Jean-Pierre Soisson, dans l'ombre, un conseiller n'avait aucune légitimité démocratique. Non élu, nommé, irresponsable par essence, le conseiller a pour adage : "hors de question d'avoir le moindre contact avec la presse"....

La responsabilité politique, avec les risques encourus, relève normalement des femmes et des hommes politiques mandatés par le peuple et, en premier lieu, du président de la République, du gouvernement et des ministres...

Or, Nicolas Sarkozy a changé les règles en privatisant la république et en donnant une légitimité médiacratique et, dans notre société de masse de consom-munication, politique, à ses amis conseillers.

L'exemple le plus scandaleux de cette privatisation apparut dès le début du mandat de Nicolas Sarkozy avec le nauséabond discours néo-colonial de Dakar.

Discours raciste de sarko à dakar - 26 juillet 2007
Vidéo envoyée par henneji

Ce discours insultant comme jamais les Africains, le Président le prononça au nom de la France et le signa de sa signature présidentielle.

Pourtant, une fois le scandale déclenché, il refusa d'en assumer la responsabilité politique - qui l'aurait conduit à prononcer des excuses officielles.

Il fit tout pour que l'on rendît responsable le conseiller qui avait rédigé cette diatribe anti-africaine : M. Henri Guaino.

Ce qui lui permit d'échapper à la polémique.

Ainsi, lorsque le très moralisateur "philosophe", Bernard-Henri Lévy fustigea le discours "raciste" de Dakar, il exonéra la responsabilité présidentielle pour mieux accuser Henri Guaino de "racisme", et préserver Nicolas Sarkozy de tout soupçon...

Dès lors, en terre étrangère comme en France, le Président devenait politiquement irresponsable, pouvant dire tout et n'importe quoi... Grave dérive antirépublicaine.

BHL traite Guaino de raciste !
Vidéo envoyée par Ben-Yehuda

07 avril 2009

LES ELEMENTS TOTALITAIRES DU SARKOZYSME : L'OIGNON COMME IMAGE DU POUVOIR TOTAL 2.2

Ce mode de gouvernement enclenché est toujours en place aujourd'hui, et ce sur tous les sujets. Les conseillers du Président, tel le très médiatique Henri Guaino - n'hésitant pas à s'exhiber avec sa famille dans Paris-Match -, ou encore le Secrétaire général de l'Elysée, outrepassant ses fonctions administratives, Claude Guéant, s'amusant à annoncer des projets de loi, voire à contredire au nom du Président, les ministres pourtant seuls responsables devant la représentation élue.

Henri Guaino, tancé par un député socialiste sur son comportement antidémocratique, théorisait pour se défendre, la fausse idée selon laquelle sa liberté d'expression serait la même que celle de tout citoyen, mélangeant son statut professionnel et ses droits civiques...

L’avocat de Sarko : réponse à Pierre Moscovici
Vidéo envoyée par Marianne2fr

La confusion des autorités, propre, selon Arendt, aux régimes totalitaires, le pouvoir réel dévolu aux "autorités secrètes" - que sont précisément les conseillers nommés et non élus - sont donc devenus, dans l'indifférence générale, des modes de gouvernement "légitimes" sous Nicolas Sarkozy...

En Une du Monde, le 28 février 2009, le conflit entre le "gouvernement de façade" et les "autorités secrètes", entre la couche apparente de l'oignon et le noyau du pouvoir, fut enfin mentionné.

Un ministre de gémir : "Il faut reconstituer un gouvernement, un vrai [gouvernant donc effectivement et en assumant la responsabilité, et non de façade], et placer un écran entre le président et les événements". Grave exhortation, témoignant de la dérive du pouvoir présidentiel.

Le grand quotidien du soir de décrire le conflit entre les sources d'autorité : "M. Sarkozy malmène ses ministres, les fait recadrer par Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée : la ministre des finances, Christine Lagarde, en a fait les frais à l'automne 2007, puis ce fut le tour, fin 2008, de la secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, Rama Yade"...

En fait Le Monde pointait là l'impotence de "la prétendue représentation publique", pour reprendre les termes de Arendt, supplantée par l'autorité secrète mais médiatisée de conseillers nommés par le "Prince", démocratiquement irresponsables.

Mais le problème est très profond, le Président étant lui-même, bien que très puissant, irresponsable politiquement...

Les ministres, dans ce montage, sont réduits à "pelure d'oignon", le noyau du pouvoir réel étant préempté par le palais de l'Elysée.

UN PRESIDENT OMNI-IMPOTENT MAIS IRRESPONSABLE, UN CHEF AU-DESSUS DES LOIS

"En définitive, c'est le Führer qui donne toutes les impulsions, même s'il laisse agir ses lieutenants, et a finalament raison. [...] Le Fürhrerprinzip tient en peu de mots : "Le Chef a toujours raison"".

Le_Troisi_me_Reich_de_Fran_ois_Georges_DreyfusFrançois-Georges Dreyfus,

Le Troisième Reich

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Emmanuelle Mignon, conseillère récemment limogée de Nicolas Sarkozy nous avait prévenus... Plume et cervelle de la Emmanuelle_Mignoncampagne victorieuse de ce dernier, Mme Mignon résumait ainsi le politique : "la politique, ce sont des idées, un homme politique, c'est un homme qui a une vision, un idéal" (sic). Foin de la démocratie, du collectif, du débat d'idées : la vieille idée hégélienne du "grand homme" ressurgissait ici dans toute sa pauvreté politique justement.

Car s'agissant du sarkozysme, comme courant "idéologique", il ne s'agissait ni plus ni moins que de l'incorporation forcée par le Chef, l'échéance présidentielle approchant, de tous les courants de feue la droite républicaine.

L'oignon les réduirait peu à peu à n'être plus que, de temps à autre, des opposants de l'intérieur de cette nouvelle droite totale, avalant jusqu'aux principes fondateurs de la République qu'elle devrait servir...

Le sarkozysme? "C'est une synthèse, nous dit-elle, toujours en un langage hégélien inquiétant, entre les différents courants de la droite, qui nous débarrasse, enfin je l'espère, des vieilles querelles entre les centristes, les gaullistes, les libéraux, les souverainistes etc.". Emmanuelle Mignon aurait pu ajouter les nationalistes et les xénophobes du Front national.

Quoi qu'il en soit, il ne s'agit ni plus ni moins que de l'écrasement des idées politiques sous la botte du Chef infaillible. L'absence de pensée politique était, pensait Hannah Arendt, une des clefs de la compréhension de "la banalité du mal"...

Dans notre société postmoderne, la confusion des idées, des principes politiques conduit évidemment à leur anéantissement, tant à gauche qu'à droite...

On aurait pu croire que cette vision ne vaudrait que pour la conquête du pouvoir. Or, le sarkozysme ainsi défini, bon an mal pour la France, survivra tel quel à son arrivée à l'Elysée...

L'infaillibilité du candidat devenant omni-impotence du Président... Peut-on présider seul une république démocratique? Nicolas Sarkozy pense que c'est possible...

Ainsi de la réécriture ex post facto de la Constitution pour l'adapter au comportement présidentiel, des violantions multiples du texte lui-même ou encore de la nomination du président de l'audiovisuel public par le Président lui-même, et ce avant même qu'une loi n'entérine rétroactivement - principe traditionnellement prohibé - cette volonté orale...

Réintroduction furtive du Fürhrerprinzip ou de la conception hitlérienne de la loi : "la loi est ce qui est bon pour les Allemands (sic)... 

Manifestation des salariés de l'audiovisuel public à Paris
Vidéo envoyée par rue89

Dans le cadre de notre société de masse de consom-munication, les médias sont devenus une nouvelle arène pipolitique, aux conséquences politiques décisives.

L'omniprésence du Président "total" - politicien, privé, intime - dans cet espace sociétal public sera donc une stratégie délibérée de Nicolas Sarkozy, en connivence avec certains journalistes affidés.

Il sera donc procédé à l'étalement de sa vie privée et à la violation de l'espace démocratique et politique de la République.

Nicolas Sarkozy s'exprime au sujet d'un potentiel mariage
Vidéo envoyée par NIPSEN

Le tout permettant d'occuper "les masses" - face apparente de l'oignon - tandis que les réformes antirépublicaines et antisociales s'accumulaient et commençaient à détruire l'unité républicaine comme la cohésion sociale - noyau caché du pouvoir réel.

Autre manifestation de l'omnipotence et de la solitude du Chef, noyau de l'oignon : l'annonce le 26 mars 2008, en territoire étranger, devant le Parlement antidémocratique de Grande-Bretagne de l'engagement de troupes françaises supplémentaires dans le front de la guerre en Afghanistan.

Le Parlement français apprendra la nouvelle par la presse, le peuple également...

Sarko est très dangereux
Vidéo envoyée par Rive-gauche

Violation de toute la tradition républicaine et de tous les échelons hiérarchiques de la République démocratique... Mésinterprétation outrancière du statut de "chef des armées" du président de la République.

Là encore, il apparaissait que la diplomatie française et les ministères compétents, le Parlement ne sont plus que de façade, sur un sujet aussi gravissime que la guerre...

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Contrairement à la stratégie politique affichée, Nicolas Sarkozy, en campagne puis président de la République, n'a jamais procédé à la synthèse des droites mais à l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle droite anti-républicaine. Cela est patent sur quasiment tous les sujets centraux et tous les fondamentaux qui faisaient le régime posé par notre Constitution.

Sous couvert d'un discours patriotique ou nationaliste de façade, Nicolas Sarkozy a constamment desservi les intérêts du pays à l'étranger, insultant l'Allemagne, l'Afrique, le monde musulman; méprisant l'Europe.

Servant les intérêts de la papauté. Engageant le pays dans un suivisme diplomatique et guerrier bushiste, réintégrant sans réelle contrepartie le commandement intégré de l'OTAN...

A ce titre, on ne saurait le comparer à Louis XIV ou à tout autre monarque absolu, auxquels s'imposaient les lois fondamentales du royaume, dont la préservation du royaume ou son extension, son inaliénabilité.

Or Nicolas Sarkozy, nous l'avons vu, s'approprie tout en les piétinant les symboles, les fonctions et la réalité d'une République dont il n'est pourtant que le serviteur temporaire. Les violations multiples de la loi fondamentale démocratiquement établie en 1958, la Constitution, démontrent les limites de la comparaison.

De même les prétendues affinités avec Napoléon Bonaparte sont nulles et non avenues tant le droit était crucial pour celui qui légua à l'Europe, un modèle d'administration de l'Etat, le code civil ainsi qu'un retour au droit romain, patriote convaincu puis impérialiste.

De même des liens incestueux de Nicolas Sarkozy avec le grand patronat, évoquant tant l'instrumentalisation hitlérienne des grands industriels allemands que l'étatisation soviétique du champ économique, sont loin de la culture anglophobe napoléonienne, loin de la culture gaullienne également...

D'autre part, le contexte de la société de masse de consom-munication, favorisant l'atomisation des individus, l'isolement des plus riches et la déréliction des plus pauvres est inédit bien que pressenti dans la genèse des régimes totalitaires - quoi qu'en disent les historiens n'ayant pas vécu la période.

Comme l'avait pressenti Hannah Arendt, il est tout à fait possible "qu'en l'absence de toute terreur" apparente, le totalitarisme renaisse. Moult éléments devraient alerter les observateurs de la politique française...

Enfin, la volonté de "changer l'homme", ou du moins le Français, quitte à embaucher des psychiatres, à préconiser une "politique de civilisation", à gendarmer la culture, à réviser notre histoire ou encore à contrôler les médias de masse de communication, cette ambition est archétypique du régime totalitaire, et non pas ni de la monarchie, ni de l'empire, ni de la tyrannie.

Raymond Aron à ce propos citait cet exemple : "J'ai connu un Français qui avait été retenu prisonnier en Corée du Nord pendant quelques années et qui avait passé par l'épreuve de la rééeucation". Et si la France était devenue une prison, cybernétique, notamment?

Faire du citoyen un entrepreneur-travailleur-consommateur, à l'image de son "Président-PDG", comme le préconisait la Commission Attali, en est l'illustration la plus frappante.

Quelle résistance opposer à un tel rouleau compresseur, alors qu'il est encore sous-estimé et que la comédie de la démocratie suit son cours? La vigilance républicaine, comme l'ont souhaitée Dominique de Villepin, Ségolène Royal et François Bayrou? Croire encore en la surivance d'une culture républicaine? En un retour à l'humanisme?

Attendre des émeutes populaires, telles que celles qui ont embrasé la Grèce?

Seul l'avenir nous le dira...

En attendant, il serait temps d'éplucher l'oignon empoisonné - dont les dernières peaux sont la réforme Balladur des collectivités locales ou encore la proposition de Yazig Sabeg d'introduire des statistiques raciales -, éplucher l'oignon avant que de le gober jusqu'à en étouffer mortellement...

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05 mars 2009

L'HOPITAL PUBLIC EN GREVE CONTRE LA LOI SARKOZYSTE-BACHELOT LE 5 MARS 2009

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04 mars 2009

UNIVERSITES EN GREVE LE 5 MARS 2009

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15 février 2009

PETITION POUR LA DEMISSION DE XAVIER DARCOS MINISTRE NOMME PAR NICOLAS SARKOZY A L'EDUCATION NATIONALE

À Xavier Darcos,
Citoyen, futur ancien Ministre de la République

Monsieur,

Le 12 février, sur la radio RMC, vous avez déclaré ceci :

Il n’y a « aucune raison aujourd’hui objectivement [de repousser la réforme de la formation et du recrutement des enseignants à 2011, comme le demande le bureau de la Conférence des Présidents d’Universités]. D’ailleurs, on me dit "les universités ne voudront pas préparer les étudiants à cela" ; vous savez, moi je recrute 14 000 personnes ; on va les trouver les gens pour passer nos concours. Et aujourd’hui, un professeur sur deux qui est recruté par moi , n’est déjà pas passé par des systèmes de formation des maîtres. Il a tout simplement une licence ou une maîtrise, et il se présente à nos concours et il les a. Donc moi je n’ai pas absolument besoin d’entrer dans des discussions sibyllines avec les préparateurs à mes concours. Je suis recruteur . Je définis les concours dont j’ai besoin . Je garantis la formation professionnelle des personnels que je recruterai . Après, chacun nous suit, ou pas. »

Ces propos sont inadmissibles.

Votre indifférence proclamée envers les demandes formulées par le bureau de la Conférence des Présidents des Universités, par la Coordination Nationale des Universités, par des conseils d’administration, des étudiants, des enseignants et des enseignants-chercheurs, des associations d’universitaires, des syndicats, des parents d’élèves est inadmissible.

Le cynisme avec lequel vous avouez ouvertement que peu vous importe qu’il y ait ou non au sein du service public des préparations aux concours de recrutement des enseignants du service public est inadmissible.

Cette porte grande ouverte aux préparations par des organismes privés à ces mêmes concours est inadmissible.

Surtout, il est inadmissible que vous prétendiez être le recruteur, inadmissible que vous asséniez neuf fois en quelques phrases l’idée que c’est vous qui recrutez, vous qui définissez, vous qui avez besoin, et que ces concours sont les vôtres.

Monsieur, ces propos sont ceux d’un chef d’entreprise. Ils relèvent d’une logique qui est celle du privé. Mais vous n’êtes pas chef d’entreprise, l’école n’est pas une société par actions dont vous seriez le président-directeur général. Vous êtes vous-même au service du recruteur et de l’employeur, qui ne coïncide pas avec votre personne, aussi remarquable puisse-t-elle être : le recruteur et l’employeur, c’est l’Éducation Nationale, c’est l’école de la République, c’est l’école de tous les citoyens, de tous les contribuables, de tous les électeurs, de tous les parents d’élèves, de tous les habitants de ce pays. Vous n’êtes pas doté des pleins pouvoirs. Vous êtes au service des citoyens de ce pays, vous êtes au service de la France.

Monsieur, ces propos vous disqualifient et vous déshonorent. Ils revèlent une confiscation de la res publica, de la chose publique, par un individu. Ils révèlent que vous vous considérez comme le dépositaire unique de la légitimité, dans un domaine qui relève de la volonté populaire. Ils révèlent que vous confondez votre position actuelle de Ministre avec un pouvoir que personne n’a le droit de vous contester, un pouvoir absolu. Vos propos rappellent, Monsieur, le basculement de la démocratie vers une personnalisation tyrannique du pouvoir dont l’histoire a donné maints exemples. Ils sont inacceptables pour tout républicain authentique, de Jules Ferry au Général de Gaulle.

Vous ne tenez votre légitimité de Ministre, Monsieur, que de l’expression de la volonté populaire. La volonté populaire ne vous a pas donné mandat de détruire au nom de la république un système fondé sur les valeurs de la république.

Nous vous accusons, Monsieur, d’indignité républicaine. L’école n’est pas votre propriété. Par vos propos, vous vous êtes montré inapte à assumer vos responsabilités républicaines et le mandat qui vous a été confié par le peuple français. Vous avez révélé que vous méprisiez et ne compreniez pas l’essence même de votre fonction de Ministre.

En tant que citoyens, électeurs, contribuables, parents d’élèves, habitants de ce pays, nous ne reconnaissons plus la légitimité morale et républicaine de la position que vous occupez.

Nous exigeons votre démission.

Signez la pétition ici:

http://www.shesp.lautre.net/spip.php?article43

11 décembre 2008

SAUVONS LES 20% DE LOGEMENTS SOCIAUX, SIGNEZ LA PETITION

S_gol_ne_Royal_opposante_socialiste___Nicolas_Sarkozy

"Ségolène Royal a signé la pétition "Sauvons les 20% de logements sociaux", lancée par les élus socialistes Louis Besson, ancien ministre du logement, Thierry Repentin, sénateur, Jean-Yves Le Bouillonnec, Député.

Face à la crise du logement et à l'impératif républicain de mixité sociale, les communes doivent plus que jamais respecter l'obligation de construire au moins 20% de logements sociaux sur leur territoire.

La volonté du gouvernement de diminuer les pénalités dues par celles n'atteignant pas le seuil de 20% est inadmissible. Loin de diminuer ces pénalités, Ségolène Royal propose au contraire de les renforcer.

Parce que la France a besoin de 800 000 logements sociaux, parce que la mixité sociale est une valeur fondamentale de notre République, elle appelle le plus grand nombre de personnes à signer cette pétition."

Signer la pétition ici

Posté par Citoyen r j à 18:01 - LA CHOSE PUBLIQUE EN DANGER - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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19 novembre 2008

GREVE DEMAIN DANS L'EDUCATION NATIONALE

Gr_ve_des_enseignants_et_de_l_Education_nationale

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