Leçons républicaines à l'attention de M. Sarkozy

"La République pour ceux qui l'ont oubliée et pour M. Sarkozy". Ou comment la nouvelle droite met en DANGER notre héritage COMMUN: la République. [Ce blog n'engage que mes SEULES opinions personnelles, au titre de la liberté d'expression.]

11 juin 2008

LES LANGUES REGIONALES ENTRENT DANS LA CONSTITUTION AU RISQUE DE L'EXPLOSION DE LA REPUBLIQUE

L'Assemblée nationale a donc voté le 22 mai, à la quasi-unanimité, un amendement qui enterre le principe d'unité linguistique, non pas de la France, mais de la République. Dans une confusion entre Constitution et loi, entre République, Etat et nation, désormais coutumière, celui-ci prévoit que "les langues régionales appartiennent au patrimoine de la nation", ce que maintes lois et circulaires reconnaissent déjà. Le président UMP de la commission des lois a décidé d'inscrire cet amendement dans l'article 1 de la Constitution, devançant l'article 2 qui décrète que le français est la langue de la République.

Une victoire de plus des régionalistes, dans un contexte mondial où les Etats sont de plus en plus fragilisés par le développement des régionalismes. Les répercussions de cette décision sont imprévisibles et incalculables s'agissant de l'unité nationale d'une part, de la cohésion de la République une et indivisible d'autre part.

HELENE MERLIN- KAJMAN

"Pour Grégoire, pour Barère, la politique royale, qu'ils ne distinguaient

pas du pouvoir féodal, avait consisté à pluraliser les langues - les

"idiomes féodaux" - pour "isoler les peuples", "séparer les pays",

"diviser les intérêts", bref, freiner la libre circulation des opinions entre

les sujets du royaume."

La_langue_est_elle_fascisteHélène Merlin-Kajman,

La langue française est-elle fasciste?,

Langue, pouvoir et enseignement

UN LOGOS COMMUN POUR UN VIVRE-ENSEMBLE COMMUN: LA SINGULARITE DE LA REPUBLIQUE FRANCAISE

Quel est le rôle de la langue? Pourquoi la langue doit-elle être commune à une communauté d'hommes vivant ensemble? Pourquoi est-il impossible d'imaginer que chaque individu ait son propre langage individuel, qu'il ne partagerait à la rigueur qu'avec sa famille?

Tout simplement parce que les êtres humains, tous différents, ont néanmoins besoin, d'une part de s'approprier le Environs_de_Montalieu__figure_de_Marianne__ao_t_2004monde qu'ils découvrent à leur naissance, avec des mots, d'autre part, de communiquer avec d'autres, au-delà de leur famille, avec des mots qui soient compris de leurs voisins, de leurs pairs au sein du territoire dans lequel ils vivent et évoluent.

En outre, si l'on prétend, en France, vivre dans une seule et même communauté politique, il faut bien comprendre que la détention d'une langue commune est la condition sine qua non du partage d'un même monde commun, d'une même "chose publique", puis d'un "vivre-ensemble".

Envvirons_de_Montalieu__inscription_latine__ao_t_2004Le lien entre logos et politique a depuis longtemps été posé par les Grecs, comme un préalable Loi_des_XII_tablesà la vie des citoyens dans la Cité. Le prestige accordé à la langue grecque et la différenciation avec les Barbares -ceux qui ne parlent pas cette langue- étaient étroitement liés.

Comme le rappelle Claude Mossé, dans La Grèce archaïque d'Homère à Eschyle, l'importance de la parole grecque était "l'indice d’une évolution annonçant cette “civilisation de la parole politique”, pour reprendre l’expression de P. Vidal-Naquet, que sera la civilisation grecque".

L'affichage public des lois, des tables de lois, dans une langue écrite compréhensible par tous les citoyens, en Grèce comme à Rome, participèrent dans un cas d'une révolution démocratique, dans l'autre de l'affrimation de la république.

En France, la Renaissance marque un tournant avec l'apparition du français, qui peu à peu prend le relais du latin. La monarchie et l'Etat tendent à s'affirmer avec majesté, sur les décombres du féodalisme médiéval.

Comme le rappelle fort opportunément Merlin-Kajman dans La langue est-elle fasciste?, c'est par l'ordonnance de Villers-Cotterêts, en 1539, que l'Etat monarchique décide qu'une langue commune sera choisie pour tous les actes administratifs, pour que ceux-ci soient compris par tous sur tout le territoire du royaume.

Ordonnance_de_Villers_Cotter_ts

L'ordonnance de Villers-Cotterêts, en 1539, définissait une langue commune pour tous les actes administratifs: le français. Aujourd'hui, la Constitution en reconnaîtrait d'autres....

Contrairement à la légende noire inventée par les anarchistes, les postmodernes ou les militants régionalistes, il ne s'agissait absolument pas d'imposer le français à tous les ressortissants du royaume, il ne s'agissait pas non plus de liquider les patois ou idiomes régionaux alors bien vivants pour leur substituer une langue unique, mais de créer une sphère étato-juridico-publique, dotée d'une langue commune à tous.

En rien la sphère privée des habitants du royaume de France n'était menacée, en rien l'usage d'autres langues n'était interdit. Comme l'écrit Merlin-Kajman, "la promotion de la langue vulgaire [le français plutôt que le latin], au rang de langue publique accompagne la progression, au XVIe siècle, de l'idée de "public"".

En outre, la décision d'ériger au rang de langue publique le français était pensée comme un acte liant le peuple tout entier, à égalité -même si celle-ci demeurait une fiction politique- au roi, lui-même co-détenteur de la chose publique et du royaume. "Ecrire en français plutôt qu'en latin, affirme Merlin-Kajman, représente aux yeux des lettrés une action doublement menée en faveur du peuple; et par "peuple", il faut ici entendre l'entité juridico-politique comprenant tous les membres des trois ordres du royaume. D'une part, parce que c'est publier des savoirs dans sa langue, et donc les lui rendre accessibles. D'autre part parce que c'est ainsi le désigner comme le principal destinataire, concret et immédiat, du bien public, indépendamment des hiérarchies et communautés instituées ailleurs, à Rome par exemple".

D'après Merlin-Kajman, "l'emploi de la langue, ou plus précisément, sans doute, le nom- le nom espagnol, français ou béarnais- qui la désigne [...] se trouve ici doté d'un sens public, indépendamment de la valeur usuelle du langage, indépendamment de la compétence linguistique des locuteurs". Cet auteur de souligner "la valeur exclusivement politique, et non pas linguistique, que prend la langue, signe de souveraineté".

D_claration_des_droits_de_l_homme_et_du_citoyen_de_1789C'est en fait, à l'époque révolutionnaire puis de l'instauration en France d'une République, cette acception de la langue, comme langue commune de "citoyens" égaux qui sera retenue, même si les révolutionnaires prétendront faire table rase du passé monarchique. Ainsi, comme le précise Merlin Kajman, "Pour Grégoire, pour Barère, la politique royale, qu’ils ne distinguaient pas du pouvoir féodal, avait consisté à pluraliser les langues –les “idiomes féodaux”- pour “isoler les peuples”, “séparer les pays”, “diviser les intérêts”, bref, freiner la libre circulation des opinions entre les sujets du royaume".

L’établissement d’une langue commune, comme condition la liberté d’expression des opinions, était perçue par les révolutionnaires comme la mise à mort du féodalisme langagier entretenu selon eux à dessein par la monarchie.

Sans développer au-delà, c'est cette conception de la chose publique, lointain et précieux héritage, travaillée par la monarchie puis repensée de façon bien plus radicale par la Révolution, qui éclaire l'article 2 de notre Constitution, lequel stipule tout simplement que:

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"La langue de la République est le français."

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Constitution_1958Il ne s'agit donc pas dans la Constitution d'interroger le parler des habitants de la France, mais, comme c'est la vocation de toute Constitution, de déterminer ce qui est le logos de la communauté politique républicaine, dans laquelle tous les citoyens doivent pouvoir s'exprimer et échanger leurs opinions en toute liberté.

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Or, c'est précisément toute cette philosophie politique, égalitaire en droit et devant la loi, qui est aujourd'hui Constitution_1958détruite avec l'introduction, non pas dans une loi, mais dans la Constitution, de la reconnaissance des langues régionales comme patrimoine de la nation, plaçant celles-ci devant le français, puisque l'amendement en question "complètera" l'article premier de la Constitution.

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Comment un tel revirement est-il possible en France, en 2008? En fait, l'amendement voté à l'Assemblée nationale tant par des députés de gauche que de droite, se nourrit d'une propagende anti-républicaine récurrente, identifiant le français à une langue impérialiste voire coloniale.

DERRIERE LES REVENDICATIONS LINGUISTICO-CULTURELLES DEJA RECONNUES, UNE LUTTE POLITIQUE ANTI-REPUBLICAINE

Certes la Révolution française puis la IIIe République s'étaient montrées inflexibles dans la prééminence du français. Mais depuis, les littératures régionales se sont épanouies et la République a largement fait preuve de tolérance à l'égard des idiomes régionaux.

Mais le lien entre politique et langue est en fait prégnant, les ennemis de l'Etat-nation, de la République française, les militants identitaires régionalistes, les chauvinistes régionaux ou encore les nostalgiques de la "France des terroirs" le savent parfaitement.

Pourtant, beaucoup, issus d'abord de groupuscules anarchistes, anti-impérialistes, pseudo-révolutionnaires, puis de la gauche libertaire et enfin des hérauts, de droite comme de gauche du multiculturalisme anglo-saxon, prétendent que la déchéance du français comme langue commune et co-partagée par les ressortissants de la République française, la reconnaissance pleine et entière -en fait jamais assez satisfaisante- des idiomes régionaux ou des patois ne relèveraient pas de positions politiques mais simplement de revendications culturelles.

Rien de plus faux.

Panneaux_fran_ais_corses_tagu_sEn effet, toutes les mesures prises en faveur des langues régionales, dans certaines régions de Toilettes_en_bretonFrance, telles la Corse ou la Bretagne, loin de satisfaire les régionalistes chauvins, les ont toujours amenés à réclamer encore et encore plus de reconnaissance politique.

La créations d'écoles en breton ou en corse, le double affichage en français et en langue régionale des panneaux routiers a donné lieu à la destruction des panneaux en langue française.

Loin d'apaiser les rapports entre les extrémistes les plus radicaux, dont les terroristes, ces dérives libérales successives, ont débouché sur des relations toujours plus haineuses entre l'Etat et les régionalistes, lesquels veulent, en leur for intérieur, faire sécession avec le territoire de la République française.

L'adage selon lequel "l'aveu de faiblesse en politique est une faute grave" a depuis longtemps été confirmé dans le cas des langues régionales.

En effet différentes lois ont marqué le long cheminement vers la reconnaissance par la loi des langues régionales comme leur enseignement, subventionné par l'ensemble des Français.

La loi Haby, en 1975 stipule en son article 12 que "un enseignement des langues et des cultures régionales peut être dispensé tout au long de la scolarité".

Fran_ois_MitterrandFrançois Miterrand, lors de sa campagne présidentielle en 1981, avait affirmé que "le temps est venu d'un statut des langues et cultures de France qui leur reconnaisse une existence réelle. Le temps est venu de leur ouvrir grandes les portes de l'école, de la radio et de la télévision permettant leur diffusion, de leur accorder toute la place qu'elles méritent dans la vie publique" (sic). La libéralisation des radios sera le ferment du développement et de la massification insidieuse du séparatisme régionaliste...

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Logo_frequenza_mora

L'encouragement des radios régionalistes ou de créneaux horaires en "langue régionale" est depuis longtemps un fait acquis. Les impôts subventionnant parfois leur existence.

En 1994, la loi Toubon relative à l'emploi du français, confirmait également cette position. Son article 21 précisait ainsi que "les dispositions de la présente loi s'appliquent sans préjudice de la législation et de la réglementation relatives aux langues régionales de France et ne s'opposent pas à leur usage".

Pour ce qui est précisément de l'enseignement des "langues régionales", la circulaire 95-086 du 7 avril 1995 réaffirmait "le souci de veiller à la préservation d'un élément essentiel du patrimoine national" et "l'engagement de l'Etat en faveur de cet enseignement".

Allant plus loin, la circulaire posait que chaque classe devait pouvoir procéder à l'apprentissage d'une "langue régionale": "Chaque enseignant, lorsque les activités de la classe s'y prêteront, fera découvrir à ses élèves les richesses du patrimoine culturel et linguistique, il les amènera à appréhender le fait régional non comme une opposition entre des particularismes locaux, mais comme une composante de la culture nationale". Et encore: "l'enseignement bilingue donne à la langue régionale, à côté de la langue française, une place reconnue dans la scolarité à l'école primaire [...]. L'enseignement bilingue sera organisé lorsque la demande des parents aura été exprimée et reconnue".

L__cole_bretonne

L'école bretonne....

Que demander de plus?

Loin d'apaiser les esprits, cette reconnaissance, d'abord par la loi, des idiomes régionaux a soufflé sur les braises de la haine et du repli de "communautés régionales" prétendant s'isoler de la seule communauté politique jusqu'ici reconnue, à savoir la République française.

Drapeau_europ_enL'Union européenne, insensible à la culture politique républicaine française, a d'ailleurs emboîté le pas à cette dangereuse involution. La tendance de nombre de pays européens à reconnaître en leur sein des "minorité linguistiques" a poussé l'Europe à demander à ses membres de signer en 1992 la "Charte des langues régionales ou minoritaires". Ce alors que la République, heureusement, ne reconnaît pas l'existence, comme c'est le cas dans les pays de l'Est, de "minorités".

Après quelques années d'hésitation et sous la pression de culture anglo-saxonne, la France a fini par signer cette Charte, le 7 mai 1999 à Budapest, sous la présidence de Jacques Chirac. Le Conseil Constitutionnel en a empêché la ratification, qui autoriserait notamment la publication des actes publics ou des décisions de justice en "langue régionale", ce qui reviendrait à anéantir la dimension politique de la langue, de la Constitution de la République comme son unité et son indivisibilité.

L'effondrement de la culture républicaine, l'éloignement de l'Union européenne des citoyens comme l'opacité de ses Non___la_charte_europ_enne_des_langues_r_gionales_et_minoritairesdécisions ont participé de la formation d'un consensus mou en faveur des langues régionales. Les quelques résistants, soucieux de l'unité de la République n'eurent pas gain de cause...

Et ce malgré les risques politiques de sécession, fondée sur des bases linguistiques, qui menacent des Etats comme la Belgique ou encore l'Espagne.

LES RISQUES DE LA GRANDE REGRESSION VERS LE NARCISSISME ET LA HAINE ETHNO-LINGUISTIQUES

Qu_est_ce_qu_une_nation_de_Ernest_RenanDans Qu'est-ce qu'une nation?, Ernest Renan, s'opposant au nationalisme ethno-linguistique allemand, avait participé à la fondation d'une pensée nationale politique et historique, alliant unité et diversité. Aussi pour lui: "Le Français n'est ni un Gaulois, ni un Franc, ni un Burgonde, il est ce qui sorti de la grande chaudière où, sous la présidence du roi de France ont fermenté ensemble les éléments les plus divers".

Le spectre de la guerre civile hantait évidemment Ernest Renan, autant que les rapports franco-allemands. Le souvenir tragique des guerres de religion demeurait encore pérenne.

Aujourd'hui, après l'effondrement du mur de Berlin et de l'URSS, alors que les idéologies révolutionnaires se sont essouflées, c'est l'identitaire qui prend le relais de la subversion et de l'échec de la pensée républicaine à avoir relevé le défi de la nouvelle donne mondiale.

La prévalence militaire et géopolitique des Etats-Unis d'Amérique s'est aussi accompagnée d'une ascendance claireTaylor_chef_de_file_des_multiculturalistes dans le domaine des idées et notamment dans le champ de la "science politique". Ainsi les thèmes de la reconnaissance, de la tolérance positive, du différentialisme, du multiculturalisme, du communautarien, du retour du religieux et autres fadaises, ont peu à peu irrigué l'Université française. Le procès en intolérance de la République française et de sa philosophie politique est devenu quasi-dominant, au nom de ces mêmes théories fumeuses et dangereuses.

En effet, les pays qui s'en revendiquaient le plus, reconnaissent aujourd'hui leur erreur. Ainsi des Etats-Unis, où les néoconservateurs ont finalement vu leurs idées arriver au pouvoir avec George W. Bush, précisément comme une revanche contre ce multiculturalisme dominant -ce qui n'aboutit d'ailleurs qu'à des catastrophes. La Hollande, terre d'élection de la tolérance, est en pleine crise depuis qu'elle constate que l'intégration de masse d'immigrés de confession musulmane requiert plus que des louanges à la gloire de la tolérance ou de la différence. Le Royaume-Uni constate aujourd'hui que son modèle multi-culturel touche à ses limites, les revendications des organisations musulmanes étant devenues exorbitantes et des attentats islamistes ayant été commis à Londres par des citoyens anglais de confession musulmane. Le Canada n'est pas en reste, l'introduction de la Charia dans sa législation familiale et civile, au nom du caractère multiculturel de l'Etat, ayant suscité des remous tels au sein des organisations féministes notamment, que cette disposition dut être abandonnée.

La Belgique, voisine de la France, vit quant à elle depuis des années, dans la crainte de l'explosion du pays entre les communautés francophones et néerlandophones. Destruction du pays qui semble maintenant à l'ordre du jour.

La Flandre indépendante sur RTBF !
Vidéo envoyée par INFOCOM-Net

Quand les conflits linguistiques peuvent déboucher sur l'explosion politique d'un pays entier... Le cas de la Belgique.

La reconnaissance des "langues régionales" dans la Constitution de la République française va ainsi à rebours de l'histoire occidentale.

Sous des prétextes généreux, elle exacerbera ce qui n'est que chauvinisme, quête narcissique de l'identitaire, à laquelle la République ne répond plus. La haine des militants "régionalistes", qui s'appellent parfois "nationalistes", est d'ailleurs patente. Il suffit simplement d'engager la conversation avec un seul d'entre eux pour s'en rendre compte, ou encore de visiter leurs sites Internet, où les appels à la violence ou les insultes francophobes pullulent.

Manifestations_chinoises_en_2008_demandant_la_lib_ration_de_la_Corse

Des manifestations chinoises anti-française reprenaient en 2008 des slogans régionalistes et sécessionistes corses: Free Corsica...

En outre, une Constitution, avant l'élection de Nicolas Sarkozy -voire avant la président Chirac et le gouvernement Jospin- n'avait pas pour vocation de reprendre servilement à son compte les évolutions sociétales en cours, encouragées par la mondialisation et l'accélération de la consom-munication.

Jusque-là, une Constitution affirmait dans son Préambule les grands principes auxquels la communauté politique demeurait attachée depuis sa fondation, avant d'organiser les pouvoirs et les rapports du peuple "uni" volontairement avec l'Etat, dans son corps.

La_libert__guidant_le_peuple_de_Eug_ne_DelacroixLa fondation de notre République, qu'on le veuille on non, se trouve être 1789, et le français comme langue y demeure irrémédiablement liée -quoi qu'aient pu écrire les contre-révolutionnaires, notamment les "Vendéens".

La loi quant à elle, régissait précisément, dans le respect de cette même Constitution, votée directement par le peuple français,le quotidien. Et c'est ce qu'elle fit, malheureusement à mon sens, s'agissant des langues régionales, sous des pressions intra comme supranationales.

La constitutionnalisation des langues régionales fait s'écrouler toute la philosophie politique, non pas jacobine, comme le prétendent les régionalistes ou autres communautaristes, mais gréco-romaine, humaniste, révolutionnaire puis républicaine qui assurait la cohésion du pays comme sa singularité dans le monde.

En outre, elle déchire le lien entre langue commune et vie politique, dans un contexte de déclin généralisé du politique, ancien mais radicalement accéléré depuis l'accessions du populisme sarkozyste au sommet de l'Etat.

La reconnaissance dans le marbre de la Constitution des langues régionales, acte de fait l'existence de communautésLe_malaise_dans_la_culture_de_Sigmund_Freud linguistiques séparées du reste de la communauté politique universellle sur le territoire de la République. L'égalité entre citoyens est brisée. Le vivre-ensemble menacé. L'ouverture à l'universel condamné par le repli sur des langues particularistes et peu utilisées ou par le recours à l'anglo-américain. Elle encourage la pire des choses, ce que Freud appelait, dans le contexte de la montée du nazisme, dans Le malaise dans la civilisation, "le narcissisme des petites différences".

Les théories régionalistes reprennent en effet à leur compte les mythes de la pureté ethno-linguistiques, celles-là mêmes qui alimentèrent les théories racistes. Lesquelles sont incompatibles avec l'établissement d'une civilisation républicaine fondée sur la citoyenneté égale et libre comme la prééminence de la chose publique sur tout particularisme de naissance... La naïveté avec laquelle la majorité libérale-libertaire de gauche comme de droite envisage ces mouvements est affligeante.

Les députés, de gauche comme de droite, qui ont donc voté cet amendement sont donc les fossoyeurs de la République, ce dont ils ou leurs successeurs ne se rendront compte que peut-être dans des décennies.

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Une fois de plus, on constate, comme l'écrivait, le 2 juin dans le Wall Street Journal, Guy Sorman, l'absence de cap d'un président post-moderne, étranger à toute conviction politique. Celui-ci d'expliquer le divorce de Nicolas Sarkozy avec le peuple français, après une élection remportée haut la main grâce à l'unité de la droite et aux voix du Front national, par "l'incapacité de Sarkozy à choisir [qui] reflète une personnalité post moderne détachée de toute conviction idéologique", comme en témoigne la fausse ouverture de son gouvernement.

Une chose est nénamoins certaine. C'est qu'idéologiquement parlant, Nicolas Sarkozy, "enfant de la télé" comme il se définit lui-même, est étranger aux principes fondamentaux de la République et fasciné par le modèle anglo-saxon, états-unien notamment.

C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre le basculement vers une nouvelle droite a- voire anti-républicaine.

Le cas de la constitutionnalisation des langues régionales, comme d'ailleurs celui de la laïcité, en témoigne amplement, rassemblant gauche librale-libertaire et nouvelle droite ultra-libérale.

Le problème est que langue, culture et politique demeurent originellement liées, comme le prouve la longue histoire de la démocratie, de la république et enfin de l'Etat.

A intégrer les idiomes régionaux dans la Constitution, censée régler les rapports entre un peuple "qui se sent peuple", comme le disait Marie-France Garaud, on valide ispo facto l'idéologie selon laquelle plusieurs communautés, voires plusieurs minorités co-existent politiquement sur le territoire d'une République dont le peuple est désuni.

Tous les exemples étrangers -de l'Espagne, déchirée entre Catalans, Castillans, Basques, à la Belgique au bord de l'explosion- montrent pourtant que les conflits et les revendications linguistiques s'entent dans des conceptions régionalistes identitaires absolutistes, qui tôt ou tard, mènent au déchirement de l'unité de l'Etat et du peuple qu'il est censé transcender.

Que la loi, comme c'est déjà le cas depuis des décennies, reconnaisse les "langues régionales", c'est un fait acquis. Mais de là à les constitutionnaliser comme "patrimoine de la nation", un pas irréversible est franchi.

On peut gager que les revendications séparationnistes ou indépendantises verront là un encouragement de plus, paradoxalement encouragé par une Union européenne qui a pourtant renoncé à se constituer en "régions", notamment depuis son élargissement.

La défaite de la pensée démocratique et républicaine en Europe est désormais actée par l'Assemblée nationale et le président de la République lui-même.

Le narcissime, estimait Freud, est le pire ennemi de la culture et de la civilisation. Il attise les pulsions les plus viles et les plus dangereuses.

Il est malheureux que ce grand témoin de la montée du nazisme ne soit pas relu par les conseillers de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine.

Alors que le vrai combat devrait être celui de la lutte contre l'illettrisme et pour l'égalité dans l'apprentissage du français, on cède aux revendication ethno-régionalistes les plus chauvines... En même temps que l'on saigne l'Education nationale en en retirant des milliers de postes.

Le futur nous dira si l'unité de la République sortira renforcée ou fragilisée par cette décision...

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07 février 2008

RAMA YADE, SYMBOLE DU REGNE DE L'OPPORTUNISME ET DU CYNISME ANTI-REPUBLICAINS SOUS SARKOZY

Symbole de l'"ouverture-imposture" pratiquée par le "très-chrétien" président Nicolas Sarkozy, Rama Yade ne s'était pas cachée d'avoir rejoint le candidat qu'il était, non pas au nom de l'intérêt supposé général, mais pour une seule et unique raison: la défense de la "discrimination positive raciale". Mesure contraire à la Constitution de la Ve République comme à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 -dont elle a été paradoxalement nommée secrétaire d'Etat (sic). Comble de l'immoralisme ou de la vacuité politique au pouvoir aujourd'hui, on découvre que ce sont les sondages donnant gagnant l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, puis sa victoire, qui l'ont motivée à postuler à un poste dans son futur gouvernement, et aucunement un accord général sur son projet... Vide sidéral du sarkozysme et rupture avec les principes fondamentaux de la République comme de la philosophie politique française, telle est la marque de fabrique du nouveau pouvoir, inculte mais télégénique...

ALBERT CAMUS

"Rien n'étant vrai ni faux, bon ou mauvais,

la règle sera de se montrer le plus efficace,

c'est-à-dire le plus fort".

L_homme_r_volt__de_Albert_CamusAlbert Camus,

"L'homme révolté".

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LE NAUFRAGE DE L'ETHIQUE POLITIQUE DANS LE SARKOZYSME TOUT-PUISSANT:

Pour ceux qui en doutaient encore, la politique d'"ouverture" annoncée par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président de la République n'est qu'un leurre, confinant à un déni médiatique de démocratie.

Nicolas_Sarkozy__Bernard_Kouchner_et_Rama_YadeLa nomination de personnalités dites "de gauche", tels Fadela Amara, au secrétariat d'Etat à la Blog_de_Fadela_AmaraVille, Bernard Kouchner, aux Affaires étrangères et Rama Yade, au secrétariat d'Etat aux droits de l'homme, n'a rien changé, en termes politiques ou "philosophiques", osons le mot, aux orientations ultra-droitières et anti-républicaines de la présidence Sarkozy.

Ceux-ci ont mené la danse médiatique chacun à leur tour, en prétendant s'opposer à telle ou telle décision du gouvernement, tout en en restant des membres solidaires, conformément à la pratique de la Constitution de la Ve République:

  • Mme Amara après avoir qualifié de "dégueulasse" la politique d'immigration actuelle, s'est tue et est rentrée dans le rang

  • M. Kouchner, chantre d'une diplomatie des "droits de l'homme", après avoir fait campagne pour la candidate socialiste, Ségolène Royal, notamment contre l'instauration des franchises médicales, s'est avoué "résigné" à la visite triomphale du dictateur lybien Kadhafi

  • Mme Yade après avoir fait la une d'un quotidien de référence, avec une diatribe toute préparée contre la venue de ce dernier à Paris, s'est aussitôt "calmée" et n'a pas démissionné.

Nicolas_Sarkozy_et_Mouammar_Kadhafi

Le tout au bénéfice de la stratégie de destabilisation de la démocratie représentative et de la vie des partis politiques français menée par Nicolas Sarkozy.

Qu'illustrent cette impuissance et ces reniements sinon ce fait que dans le sarkozysme, pour paraphraser Camus, "rien Ministres_sans_fronti_re_politiquen'étant vrai ni faux, bon ou mauvais", la vacuité ou la confusion des idées politiques régnant, ces personnalités suivent leur propre intérêt de carrière, au plus près de l'"homme fort" et du pouvoir? Quoi d'autre qu'un mépris pour la "chose publique", pour l'"intérêt général" et le destin du pays? Aucune conviction politique ne les anime, en ce sens précis en tous cas.

La preuve en est que Mme Yade, invitée du Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), militant pour la "cause" particulariste "noire", le 30 janvier dernier, avouait en substance à Axel Ardes et Chou Sin, rédacteurs du Bondyblog, que peu lui importait la confrontation des projets de Ségolène Royal et de Nicolas Sarkozy, qui étaient et demeurent radicalement opposés pour la France. L'enjeu pour elle étant de rallier "le plus fort" dans les sondages, afin d'être présente au gouvernement.

Affiches_des_candidats___l__lection_pr_sidentielle_de_2007

Les différentes affiches électorales des différents candidats à l'élection présidentielle de 2007, autant de projets radicalement opposés pour la France... Ou la République démocratique aux urnes...

Dans ce raisonnement, peu importe, malgré quelques désaccords ici ou là, que le prochain élu soit de gauche ou de droite, soit ultra-libéral ou social-démocrate, qu'il mène une politique en faveur des classes déjà aisées ou régie par le souci d'une juste répartition des richesses. Peu importent les choix économiques et sociaux, la politique d'immigration, l'orientation de la politique étrangère et autres balivernes éculées...

Après la fin des idéologies, c'est donc à l'effondrement de la politique, à la dépolitisation, à la désocialisation des enjeux que nous convie Rama Yade... Non sans une conviction de substitution.

Le 30 janvier 2008, Rama Yade était présente au dîner du CRAN, elle parle ici de "nous les noirs" et explique son engagement auprès de Nicolas Sarkozy. A la fin, vous entendrez seulement sa voix nous disant "ne serait-ce que par intérêt, y'a Ségolène Royal y'a Nicolas Sarkozy", "Sarkozy avait 50% de chances". "Qu'est-ce qu'on fait [...] c'est fini pour les noirs"; "pourquoi moi je suis rentrée dans le gouvernement", "parce je voulais pas avoir souffert pendant toute la campagne électorale et qu'apèrs y'ait tout le monde y'a pas moi"... Faire avancer la cause des noirs dont elle prétend être le défenseur patenté, au-delà de tout intérêt général, tel était son seul but...

RAMA YADE,  LA CAUSE DES NOIRS AVANT LA DEFENSE DES DROITS DE L'HOMME ET DU CITOYEN:

Rama_Yade___l_UMPCar le cas de Rama Yade bien plus intéressant que celui de ses collègues. A défaut de "solidarité gouvernementale", on peut parler à son égard d'une "affinité élective idéologique" de choc avec le président de la République. Elle partage avec lui une conviction forte qui ne s'inscrit effectivement pas dans celui du traditionnel clivage droite-gauche, mais dans celui d'un affrontement entre projet anti-républicain et projet républicain. Et le détricotage des fondamentaux républicains a été très tôt revendiqué par Nicolas Sarkozy. Symptomatique d'une France dont la culture politique s'est peu à peu effondrée.

En effet, comme elle l'avait déjà déclaré, son ralliement au candidat Nicolas Slogans_FNSarkozy, pourtant élu sur un discours en partie calqué sur celui de Jean-Marie Le Pen, chef du parti d'extrême-droite du Front National, se fondait sur une seule et unique idée, anti-républicaine par principe, mais défendue par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine: la "discrimination positive raciale". Mesure censée en finir avec les discriminations sociales bien réelles que rencontrent nombre de citoyens français d'origine étrangère.

D_claration_des_droits_de_l_homme_et_du_citoyen_de_1789Le plus affligeant réside donc certainement dans le fait qu'elle ait été nommée secrétaire d'EtatCode_noir aux droits de l'homme quand ce qui a motivé son entrée au gouvernement était la "cause des noirs", comme elle le rappelle aux blogueurs de Bondy. Ainsi l'humanisme, la conception de l'homme, affranchi des déterminismes "raciaux" ou pseudo-religieux, sont-ils jetés aux orties.

La principale cible des défenseurs des "minorités" et du communautarisme, qui furent pendant longtemps de gauche, est d'ailleurs précisément la Déclaration de 1789, avec sa conception universaliste et citoyenne de l'être humain et du citoyen, prétendues "aveugles" aux différences et donc, par ricochet, racistes. L'homme, dans la vision communatariste comme sarkozienne, est "assigné à résidence ethnique", soit tout le contraire du message porté par la France républicaine -d'ailleurs trahi tant dans les colonies que sous Vichy.

La censure par le Conseil constitutionnel, le 15 novembre 2007, du projet d'instauration de statistiques raciales, pudiquement dénommées "ethniques" mais fondées sur la couleur de la peau, au nom de l'article Ier de la Constitution -stipulant que la République "indivisible [...] assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans disctinction d'origine, de race ou de religion"-, prouve le caractère anti-constitutionnel et anti-républicain de cette vision racialisée de la France, chère à Nicolas Sarkozy et à Rama Yade.

Fronton_du_Conseil_constitutionnel

Le fronton du Conseil constitutionnel, dernier rempart contre les entorses continues à la Constitution, dont Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il en modifierait bientôt le préambule, annonce des plus inquiétantes...

Mais pour Mme Yade, on peut penser que la promotion de cette seule mesure prime sur le reste de la politique d'ensemble préparée et menée par laNoirs_de_France présidence Sarkozy et son gouvernement. Politique-maketing, "démarchie", comme l'appelait l'économiste Hayek, fragmentation du collectif et défense des particularismes ethniques, voilà ce dont Mme Yade est le symbole. L'absence de culture républicaine de Nicolas Sarkozy faisant le reste, on peut penser qu'elle défendra "sa" cause comme elle l'entend.

D'ailleurs, la censure du Conseil constitutionnel sera contournée, comme l'a annoncé le président de la République lors de sa conférence de presse du 8 janvier 2008. Le préambule de la Constitution, qui contient la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen,  sera en effet modifié. La notion de "diversité" y sera inscrite, autorisant probablement la mesure d'une "diversité raciale" française, créant des "minorités" en fonction de la couleur de la peau. Ainsi sera posé un jalon pour la "discrimination positive" des dites "minorités ethniques", fragmentant le tissu social et civique en préparant le terrain à une communautarisation par la loi de la population française. La notion de peuple y perdant tout son sens, et avec elle celle de citoyenneté...

Anne_Marie_Le_Pourhiet_par_Agn_s_JaninComme le rappelle fermement Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, dans un papier pour Marianne, en date du 5 février 2008, intitulé "LaLa_Constitution_de_la_Ve_R_publique_d_chir_e trahison de la République... par son président", la création d'un comité, dénué de toute légitimité démocratique, chargé de modifier le préambule de la Constitution, n'a rien à voir avec la commission Balladur, mise en place pour réaménager l'organisation des pouvoirs. Il s'agit ni plus ni moins que "de s'attaquer aux fondements de la République tout court, à travers une remise en cause des dispositions constitutionnelles de fond, et non plus des seules règles d'organisation". Pour les raisons évoquées plus haut, la juriste de poser qu'"inscrire le "respect de la diversité" dans le préambule de la Constitution revient à anéantir l'égalité "en droits" proclamée en 1789, et à substituer l'homme situé et déterminé à l'homme libre qui s'auto-détermine", grave régression du point de vue de notre civilisation républicaine fondée sur la dignité, la liberté et la perfectibilité des hommes, égaux devant la loi.

Le 8 novembre 2008, répondant à une question de la journaliste Memona Hintermann, farouche défenseuse de l'égalité républicaine, Nicolas Sarkozy annonçait la modification du préambule de la Constitution pour y introduire la notion vague de "diversité", dont le mot pourrait cacher en fait l'adoption du modèle états-unien -ou indien- de discrimination positive -raciale, ethnique ou tribale.

GhettoPuisque le "très-chrétien" Nicolas Sarkozy a récemment parlé de "politique de civilisation" sans qu'on n'en sache plus, une évolution assez claire se dessine: un projet de société dépolitisée et racialisée, où le citoyen sera supplanté par le consommateur et l'homo ethnicus, "croyant" de surcroît. Ce que confirme et condamne encore Anne-Marie Le Pourhiet, sur la forme comme sur le fond et d'un point de vue démocratique: "On a le droit de vouloir changer de civilisation, donc de constitution, en choisissant éventuellement le parti de la réaction, mais on ne peut bouleverser à ce point le contrat social d'un peuple sans qu'il y consente. Jamais, durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy n'a proposé aux Français l'abandon du modèle républicain qu'il n'a, au contraire, pas cessé de vanter. Il n'a donc pas été mandaté pour opérer ce bouleversement et une telle proposition nécessite assurément un référendum constituant".

Or, il est certain que M. Sarkozy ne procédera à aucune consultation populaire sur quelque réforme que ce soit, encore moins relative à un sujet aussi grave. Lequel suppose pourtant un débat national de grande ampleur avec le temps nécessaire au considérable travail de pédagogie qu'implique un tel séisme "civilisationnel". Le fait qu'il ait déjà rejeté le recours au référendum tant sur l'Europe, sur la laïcité que sur les institutions est de très mauvaise augure.

R_f_rendum_d_mocratique

Parce qu'il s'agit bien là d'une rupture avec la civilisation républicaine et le "vivre-ensemble" patiemment, et non sans tragédies, bâtis depuis des siècles...Laissant place à un individualisme et à un chauvinisme chevronnés, à ce "narcissisme des petites différences", qu'il soit pseudo-religieux ou ethno-racial, évoqué en son temps par Freud dans Malaise dans la culture... Rama Yade en est le symbole éclatant, au sein du gouvernement en place...

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Les réponses, fournies par Rama Yade au Bondy Blog, confirment donc le caractère fallacieux de l'"ouverture", qui relève bien du débauchage de personnalités "iconoclastes" et ambitieuses -même si Mme Yade assure s'être "imposée" à Nicolas Sarkozy, il n'en demeure pas moins que c'est lui qui l'a nommée-, selon leur degré de popularité médiatique supposé.

S'il n'y a pas de "solidarité gouvernementale", comme le supposent les articles 20, 49 et 50 de la Constitution, c'est tout simplement parce que les ministres d'"ouverture", sans parler des autres, ne travaillent pas au nom de l'intérêt général du pays, défini pour 5 ans par le peuple lors de l'élection présidentielle du 6 mai 2007. Ils travaillent chacun pour leur "marché politique" propre, d'où les dissensions récurrentes au sein du gouvernement, sans même évoquer la grogne des parlementaires devant lesquel ce dernier est responsable.

Rien de politique là-dedans, si ce n'est un projet de déconstruction des principes philosophiques de la République, déposés dans le préambule de la Constitution.

Car s'agissant de Mme Rama Yade, à moins qu'elle ne désavoue ses propos, il est clair qu'elle travaille pour elle-même d'une part, et pour une cause bien précise d'autre part, celle d'une "minorité de gens de couleur". Catégorie inconstitutionnelle.

Au-delà de l'effondrement de l'éthique politique qui règne aujourd'hui à l'Elysée comme dans les ministères, avec la modification annoncée du préambule de la Constitution, nous allons assister à la méticuleuse destruction des grands principes philosophiques et politiques de la République.

Nommée par le président de la République, selon la pratique discrétionnaire en vigueur, Rama Yade peut compter sur son appui, comme cela a été le cas lors de la venue à Paris du dictateur lybien Kadhafi.

Au-delà, on peut supposer qu'elle peut aussi se réjouir d'une convergence de vue ou d'un aveuglement partagé avec Nicolas Sarkozy -"le plus fort", comme l'écrivait Camus-, s'agissant de l'abolition de la République "une et indivisible" au profit de la consécration juridique du communautarisme et de la "racialisation" de la société française, obtenues en catimini et dans le dos du peuple français.

Ira-ton vers une société divisée en communautés ethno-raciales où l'égalité des droits sera abolie à la faveur d'un système de distribution ou de privation de droits en fonction de la couleur de peau de nos concitoyens? La nuit du 4 août 1789, qui abolit les privilèges, sera-t-elle nulle et non avenue?

La société française deviendra-t-elle une société de plus en plus inégalitaire, où la solidarité nationale sera vidée de son sens mais dans laquelle des micro-élites "racialisées" seront encouragées et affichées pour cacher l'état général du pays et les souffrances sociales de pans entiers de la population -et notamment des personnes issues de l'immigration?

Il faudra suivre attentivement les travaux de cet énième comité discrétionnaire, dans son ambition de bafouer nos principes républicains fondateurs, de manière absolument antidémocratique...

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Vous pouvez signer la pétition en ligne de:

-SOS racisme: "Contre la statistique ethnique"

http://www.fichepasmonpote.com/

Posté par Citoyen r j à 13:04 - DE LA REPUBLIQUE A LA RACE-PUBLIQUE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 novembre 2007

LE RETOUR DE LA RACE DANS LA FRANCE DE M. SARKOZY: LE SCANDALE DES STATISTIQUES ETHNIQUES

Passé inaperçu, l'article 63 de la loi Hortefeux sur l'immigration, votée récemment avec le recours aux tests ADN dans le cadre du regroupement familial, introduit le droit à la collecte de statistiques raciales, dites "ethniques", mais en fait fondées sur la "couleur de la peau". Des Français, par le biais de cet amendement traitant de l'immigration, pourront être catégorisés en fonction de leur "race". Sous des prétextes angéliques: "mesurer la diversité" pour lutter contre les discriminations, on passe de la République -de la res publica- à la Race-publique -la rassa publica...

ALAIN GERARD-SLAMAAlain_G_rard_Slama

.

            "L'enregistrement des données ethniques

                 affaiblit l'intégration

en confortant le mouvement contraire

de régression identitaire

des communautés vers leurs origines.

[...]

Nous voici renvoyés à la surveillance généralisée de la France de Vichy,

avec ses tickets de rationnement et le Secours national.

L'identitarisme, sous ses manifestations, est bien, par essence, totalitaire".

Le_si_cle_de_Monsieur_P_tainAlain Gérard-Slama,

"Le siècle de Monsieur Pétain".

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La France républicaine n'était pas une coquille vide avant l'élection de M. Sarkozy. ..Elle le devient.

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LES LIMITES DE LA "CHOSE PUBLIQUE":

Pluraliste, diverse parce démocratique, la République posait les principes fondamentaux autorisant et réglant en même temps des débats vifs et interminables sur tous les sujets affectant la vie de la Cité-France.

Les partis politiques, de La ligue communiste révolutionnaire au Front national, la gauche et la droite, les syndicats et la DDH"société civile", les asscociations, les médias, les chercheurs, les grévistes, les manifestants et pétitionnaires relayaient une pluralité de visions de la société et de la vie en commun, mais dans les limites définies par une Constitution, par des codes juridiques, par des lois et, bien entendu, par une Justice indépendante censée les garantir.

La protection de la vie privée était un impératif catégorique protégeant à la fois la dignité de la personne et la sphère publique.

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C'est ce socle commun, ce cadre, dont la violation était punie, qui est aujourd'hui détruit par le nouveau pouvoir sarkozien.

C'est ainsi que le débat démocratique cessait et s'interrompait lorsque étaient émis des propos racistes ou négationnistes ou encore une violation de la vie privée, condamnés par la loi.

Il en était déjà ainsi de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui prévoyait que:

J_accuse_de_Zola"la diffamation commise [...] envers une personne ou un groupe de personnes à raisonAlfred_Dreyfus de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée sera punie d'un an d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende ou de l'une de ces deux des peines seulement"... 

C'est pourquoi la défense de l'officier israélite Alfred Dreyfus, accusé à tort d'espionnage, avait vu se rassembler, à la fin du XIXième siècle, les républicains, les pacifistes et la Ligue des droits de l'homme contre leurs ennemis traditionnels, l'armée, les ultranationalistes, les monarchistes et une partie du clergé notamment.

L'APPARTENANCE RACIALE EST UN MYTHE RACISTE, ANTIREPUBLICAIN, ANTIDEMOCRATIQUE ET ANTIPOLITIQUE:

Constitution_1958D'autre part, pour rappel, la Constitution de la Vième République, intégrant en son préambule la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, pose en son article Ier que:

"La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances".

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L'introduction de statistiques raciales par la loi Hortefeux sur l'immigration est donc inconstitutionnelle.

En effet, même si le mot "race" est remplacé par le terme flou d'"ethnique", des questions comme "de quelle origine vous diriez-vous?", "de quelle couleur de peau vous diriez-vous?", posées pour "mesurer" la "diversité" de la population française, sont d'ordre racial et non ethnique.

De telles statistiques mettront à disposition de l'administration des données clairement inconstitutionnelles: l'"origine" mot pour mot et la "couleur de la peau" qui ne relèvent pas de l'ethnie mais de la conception raciste de la race.

La "chose publique" se voit donc parasitée par la chose raciale, la res publica par la "race publique", mettant en danger les libertés fondamentales et la sphère privée en même temps que l'espace public, social, sociétal et politique.

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LA RACE, OBJET STATISTIQUE DES REGIMES POLITIQUES ET JURIDIQUES RACISTES ET TOTALITAIRES:

Affiche_de_P_tainLe propre des régimes totalitaires, nazi et soviétique, avait été d'abolir la séparation Code_noirentre sphère privée et sphère publique, en envahissant le domaine de la  famille, de l'intimité, de l'individualité, endoctrinant les enfants et contrôlant les mariages, pratiquant l'eugénisme.

En ce qui concerne le nazisme et ses alliés, tel le régime de Vichy, il s'agissait de transformer la "race" en une affaire politique et juridique, avec les suites que l'on connaît. Le même type de confusion entre la "chose publique" et ce qu'il y a de plus intime, de plus arbitraire en l'homme, la couleur de la peau acquise par le hasard de la naissance, avait marqué la domination administrative des populations colonisées.

C'est ainsi que les recensements dans les colonies intégraient l'appartenance raciale ou religieuse, tout comme sous Vichy, en France métropolitaine, après l'abolition de la République, le recensement des israélites avait préparé leur dénationalisation, leur arrestation et leur déportation.

Des citoyens français se trouvaient privés de leur nationalité et réduits à leur seule "identité" pseudo raciale...

LES STATISTIQUES RACIALES: L'ECHEC REPUBLICAIN DES REGIMES POST-RACISTES:

Les régimes racistes, ségrégationnistes, aux Etats-Unis ou en Afrique du Sud, étaient fondés sur cette même logique d'une prise en compte légale et juridique des données raciales.

S_grag_ation_aux_Etats_Unis_d_Am_rique

La ségrégation raciale sur le territoire des Etats-Unis d'Amérique, avant l'obtention par les noirs des doits civiques

Martin_Luther_King_d_fenseur_des_droits_civiquesMais après l'obtention par les noirs américains des droits civiques, les Etats-Unis décidèrent de continuer à prendre en compte le phénomène racial pour lutter contre le racisme et pour en finir avec les effets sociaux pervers et le retard immense subis par des pans entiers de la population du pays, accumulés durant des siècles. Et ce, au risque de rendre impossible la libération des individus de leur identité purement "raciale". Ce qui était précisément le "rêve" de Martin Luther King...

Motivée par de bonnes intentions, la politique de l'affirmative action, mise en place en 1965, visant à faciliter l'intégration des noirs au "système" américain, a eu pourtant les effets pervers qui découlent forcément de la confusion entre citoyenneté et appartenance raciale. Ils sont d'ailleurs aujourd'hui largement dénoncés, dès lors que l'inégalité entre populations noire et blanche demeure criante.

vichy  Recensement_racial_aux_Etats_Unis_en_2000

Recensement des israélites par le régime de Vichy durant l'Occupation nazie en France et reproduction du recensement ethno-racial de 2000 aux Etats-Unis d'Amérique

On pourrait citer quelques exemples de l'échec des politiques "raciales", que le pouvoir sarkozien ferait bien de prendre en compte, alors qu'il préconise aujourd'hui le recours à des statistiques "raciales" -et non "ethniques" comme ils le prétend-, fondées sur la déclaration de la couleur de la peau dans le cadre d'une société française déjà largement fissurée par le phénomène "identitaire":

-enfermement des populations dans leur identité narcissique "raciale":

Black_is_beautiful   Juifs_radicaux___Paris  Yazid_Je_suis_l_arabe

-racialisation généralisée de la société, des discours politiques, de la culture, populaire et élitiste, de la société de consommation:

Affiche_de_l_empire_colonial_fran_ais      Drapeau_isra_lien_lors_d_une_manifestation_contre_l_antis_mitisme       Le_mythe_du_melting_pot

-séparation, psychologique, physique, géographique instituée et donc encouragée des populations en fonction de la couleur de la peau, culte du "ghetto" "racialement" homogène:

Le_mythe_positif_du_ghetto   Logo_de_musique_dite_noire

-développement de micro-élités raciales permettant d'éviter de poser la question générale de la discrimination économique et sociale:

The_Crosby_showPauvret__noire

-généralisation du chauvinisme et des racismes au sein des communautés elles-mêmes victimes du racisme:

Logo_de_la_Ligue_de_d_fense_juive           Mouvement_identitaire_radical_en_France

-concurrence entre les communautés dites "raciales":

Tribu_ka_groupuscule_noir_antis_miteLe_sionisme_est_un_racisme

-sentiment revanchard des populations blanches ne pouvant bénéficier des politiques d'aides aux "minorités raciales", exploité par les mouvements d'extrême droite:

D_nonciation_du_racisme_anti_blanc_par_les_jeunesses_d_extr_me_droite

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LA FAILLITE INTELLECTUELLE FACE AUX ASSAUTS DU MODELE ETATS-UNIEN:

La globalization prend en France les visages des délocalisations, des conglomérats industriels et financiers mondiaux, de la domination dans la culture populaire -musicale, télévisuelle, cinématographique- et dans la technique, de la puissance de la civilisation des Etats-Unis d'Amérique.

Statue_de_la_libert_Les conséquences en sont multiples et le modèle de société nord-américain est promu à travers tous les canaux ouverts par la société de masse de consommation et de communication. Mais cette promotion nous vend l'image idéale, notamment sur la question raciale, d'une société idyllique où des noirs gagnent de l'argent, sont heureux, vivent comme tous les Occidentaux dans l'opulence et les joies de la consommation et du divertissement. C'est ce mythe puissant qui est devenu le nouvel étalon universel.

Au mépris d'une réalité sociale bien plus contrastée dans laquelle la majorité des noirs est largement abandonnée à ses ghettos et à la misère sociale.

Ghetto_pauvre_noir

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Les télescopages se cristallisent entre cette "société idéalisée" et la situation sociale française réelle, toujours marquée par des discriminations, notamment xénophobes, mais traditionnellement sociales, lointain héritage d'une société aristocratique et monarchique et follement entichée de l'idée d'égalité tout à la fois.

La société de consommation et d'information de masse, la civilisation de l'image participent depuis des années de la "racialisation" des rapports sociaux, à l'école, dans la musique rap, dans les médias. Le narcissisme ambiant, nouvel avatar de l'individualisme, trouve là un boulevard aux satisfactions de ses exigences nombrilistes.

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Drapeau_URSSLa force de frappe des publications anglo-saxonnes en matière de recherche universitaire, l'effondrement du Drapeau_des_Etats_Unis_d_Am_riquede l'URSS et la caricature du marxisme, la décrédibilisation de toute référence à la révolution, le recul constant de l'histoire politique au profit d'une histoire sociétale, le procès de la République, de la laïcité mécomprise et de toute pensée universaliste, la repentance dans des champs historiens hyper-spécialisés, le développement et la traduction des études post-modernes, cultural studies, subaltern studies, ethnic studies, la fin des Humanités en Europe, la victoire du multiculturalisme dans tout le champ intellectuel et éducatif; toutes ces évolutions témoignent en fait d'une réalité: la pensée française, européenne, républicaine en tous cas, est en net recul face à un libertaro-libéralisme qui encourage une domination capitaliste désormais planétaire.

Pyramide_du_syst_me_capitaliste

Créer des catégories "raciales" dans la population permet de diviser les victimes du néo-capitalisme mondialisé, d'"acheter à peu de frais la paix sociale". Les pseudo "progressistes" de tous poils, de gauche comme de droite, ne s'intéressent plus aux questions de justice sociale, encore moins d'intégration civique et citoyenne. Qu'ils le veuillent ou non, leur projet n'implique que le renforcement d'un système global injuste en y intégrant les dites "minorités raciales, religieuses, sexuelles" et j'en passe...

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Devise_de_la_R_publique___l__coleLes petits élèves français ne connaissent plus les fondamentaux de la culture républicaine requise pour vivre en bonne entente et pour devenir des citoyens. Des années après, les meilleurs de ces élèves qui intègrent des grandes écoles françaises aujourd'hui mondialisées, cèdent souvent aux sirènes du comparatisme, avec comme nouvel étalon, l'idéal anglo-saxon accolé à une méconnaissance cruelle de l'histoire française et des principes républicains fondamentaux. Les télescopages peuvent donc se multiplier a volo:

-identification de la situation des immigrés d'Afrique du Nord et d'Afrique sub-saharienne, arrivés en France depuis les années 60, avec celle des noirs états-uniens, anciens esclaves, ségrégués juridiquement pendant des siècles et ce, depuis la fondation du pays

-identification naïve et spécieuse des "ghettos" états-uniens aux Zones à Urbaniser par Priorité (Z.UP.) françaises, dont les histoires et constitutions respectives sont radicalement différentes -pour les premiers, il s'agit de territoires délaissés par les classes moyennes ou aisées et abandonnés par l'Etat alors que pour les secondes, il s'agit au contraire d'un bâti contruit ex nihilo, précisément par la volonté politique de répondre aux diverses crises du logement de l'après-guerre...

-croyance dans l'immédiateté du phénomène d'intégration et méconnaissance du temps long et de la complexité pluri-factorielle de celui-ci

-mystification de la politique de l'affirmative action opposée à l'universalisme prétendu "aveugle" de la république française

-interprétation française erronée de la "discrimination positive", sur critères raciaux, comme une politique sociale égalitaire, alors qu'elle est précisément élitiste du point de vue social

-croyance démiurgique de nombreux chercheurs dans la transposition en France de modèles politiques radicalement différents, issus d'histoires singulières

-indifférence et remise en cause des principes républicains et juridiques au nom d'une efficacité sociale renouvelée

-confusion entre les sciences sociales et la science politique, entre citoyenneté et "identité", entre "religion" et politique, entre principes juridiques et constats sociologiques, le tout au détriment des savoirs juridiques fondamentaux.

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Alors qu'un minimum de culture historienne devrait nous alerter sur les dangers de l'utilisation scientifique puis administrative de la notion de "race" -les colonies, Vichy-, alors qu'une connaissance minimale des dérives présentes dans la société française -montée des revendications identitaires, communautaires, affrontements au grand jour entre "noirs" et "juifs" autoproclamés, création de ligues de défense juives ou de groupuscules radicaux noirs, montée de l'islamisme politique, mode des insultes racistes jusque dans les écoles maternelles