Alors que dans les beaux quartiers, on continue à se demander, entre deux petits fours, si François Hollande, et avec lui le PS, est socialiste, social-démocrate ou encore social-libéral, Ségolène Royal, en bonne héritière de Jaurès et de Mitterrand, continue à prôner un "socialisme radical de transformation".

Sa prestation dans l'émission de France 5, C Politique, le 2 juin 2013, l'aura encore une fois démontré :

  • de déplorer que Pierre Moscovici, ministre de l'Economie et des Finances, ait renoncé à encadrer les revenus abusivement élevés des grands patrons : "on fait confiance au Medef? c'est nouveau ça !", s'indigne-t-elle

Recours à la loi pour encadrer les salaires des patrons du pivé

  • d'en appeler, comme elle le fait depuis des années pour sauver nos retraites, à la taxation des revenus du capital pour financer la branche Famille de la Sécurité sociale
  • de réclamer la tant attendue réforme globale fiscale intégrant progressivité et justice
  • de se désoler du non-investissment du gouvernement dans la voiture électrique et, ipso facto, de l'abandon par la France aux continents ou pays émergents des marchés stratégiques qu'ouvre la mutation éco-industrielle... Faudra pas pleurer après !


Ségolène Royal invitée de "C politique" par segolene-royal

 

 Il faut dire que le creusement sans fin et sans fond des écarts des revenus insupporte depuis des dizaines d'années Ségolène Royal. Les pseudo conciliations, négociations, accords et cie pour limiter les salaires ou revenus démentiels du haut patronat, elle n'y a jamais cru...

On limite par la loi, disait-elle dès 1995, avant de se faire agonir par Frédéric Mitterrand, toute la droite et la gauche caviard avec lui ; donc on légifère ou on ferme sa gueule et on ne fait rien.

 Et en 1996, dans son ouvrage-programme, La vérité d'une femme, la vice-Présidente de la Banque Publique d'Investissement tonnait :

La vérité d'une femme de Ségolène Royal

"Disons-le une fois pour toutes : il faut sortir du discours bénisseur et mystificateur sur l'entreprise citoyenne. L'entreprise a toujours eu pour objet de rentabiliser ses investissements. Elle n'a aucun objet civique, ni dans ses statuts ni dans sa pratique. Cette conception a servi - et sert toujours - de prétexte à l'obtention de subventions publiques. Pour quelle efficacité sociale"?

Pan pour les sociaux-libéraux ou pseudo-sociaux-démocrates bon teint !

Quant aux salaires du haut patronat :

"Les très gros salaires semblent réservés à un "noyau dur" de dirigeants qui s'auto-recrutent pour occuper des postes équivalents, quant à leur garantie, à ceux des hauts fonctionnaires, mais rémunérés dix à vingt fois plus. [...] Selon quel principe, selon quelle légitimité? N'est-il pas scandaleux que les patrons de compagnie d'eau se supayent alors que n'existe pour le consommateur aucune transparence sur le prix de l'eau? [...] Résistance, partage, refus de la violence."

Allez Mosco, allez M. le Président, on ose ! On fait un effort de plus?

La crise est trop grave, trop radicale, trop globale... Trop se goinfrent sur la tête de ceux qui crèvent la faim...

Le Cousin Pons de Honoré de Balzac

C'est Balzac, dans Le cousin Pons, pas vraiment ma génération, qui écrivait que:

"Partout, et en toute chose, éclate à paris l'inégalité des conditions, dans ce pays ivre d'égalité. Cette immuable force des choses se trahit jusque dans les effets de la Mort. Dans les familles riches, un parent, un ami, les gens d'affaires évitent ces affreux détails à ceux qui pleurent ; mais en ceci comme dans la répartition des impôts, le peuple, les prolétaires sans aide, souffrent tout le poids de la douleur"...

Tout était dit. Et ben moi, "ivre d'égalité", je tente de le rester même si c'est dur... Ivre d'un peu-beaucoup de justice, je le suis plus que jamais ! Surtout quand la gauche est aux commandes et par-dessus le surtout quand la crise qui m'accompagne depuis que je suis scolarisé déglingue tout sur son passage !