Alors que les primaires socialistes, ouvertes à tous les citoyens français, aux jeunes et aux étrangers socialistes, en vue de désigner le candidat le plus à même, certes de gagner en 2012, mais aussi de proposer enfin une politique à la hauteur des défis de la France de demain, alors que les primaires approchent, les différences entre les candidats officiels ou non demeurent obscures pour trop de Français !

Et pourtant, sur un sujet aussi crucial que celui de la réforme de la mondialisation, qui affecte les économies mondiales, européennes - pensons à la Grèce, au Portugal ou à l'Espagne mais aussi à la France ! -, le clivage entre les "sociaux-libéraux" Martine Aubry et François Hollande d'une part, la socialiste jaurésienne et mitterrandienne Ségolène Royal d'autre part, est nette.

AURELIE TOUVE, co-Présidente d'ATTAC

"Il y a beaucoup d’hypocrisie et peu de remise en cause des idées libérales.

A ce titre, l’élection de Christine Lagarde serait même une régression. Elle fait partie d’un gouvernement qui a mené des politiques de régressions sociales, et est soupçonnée de collusion avec de très riches amis comme Bernard Tapie. Aucune chance pour qu’elle entreprenne de vrais changements." 

Entretien du 10 juin 2011,

20 minutes

SEGOLENE ROYAL

"Il y a vingt ans, certaines convictions en économie étaient devenues des dogmes. Beaucoup pensaient que la libéralisation du commerce et des marchés financiers suffirait à créer les conditions d'une augmentation générale et équitablement répartie du niveau de vie. [...] Fort de cette certitude, le FMI a même contraint certains pays à ouvrir leurs marchés aux flux financiers de court terme qui sont, par définition, très destabilisants pour les économies locales. Or - et la crise des subprimes en est l'illustration la plus récente - force est de constater que les marchés mondiaux ont été très instables ces dernières années."

 

Si la gauche veut des idées de Ségolène Royal et Alain TouraineSégolène Royal,

Si la gauche veut des idées

  

 

 

 

MARTINE AUBRY

"[La nomination de Christine Lagarde à la tête du FMI] serait une très bonne chose pour notre pays et pour l'Europe."

Martine Aubry,

 

France 2, 22 mai 2011

 

 

Deux candidats demeurent en lice pour remplacer DSK à la tête du FMI, acteur majeur d'une mondialisation à la dérive.

L'une est française, et bien connue des Français. Ministre de l'Economie, des Finances et de la Réforme de l'Etat (sic), elle a mené à bien le bouclier fiscal qui sera supprimé, tant il est devenu le symbole de l'enrichissement inique de rentiers par le fisc, sur le dos des contribuables eux-mêmes. Tant il pourrait être nocif pour la campange du candidat-Président Sarkozy.

Son portrait avait été brossé dès sa nomination par I-télé, Mme Lagarde, avocate d'affaires, était le symbole de la financiarisation de l'économie qui a mené aux désatres de la dernière crise...


Bercy à l'américaine - (20/06/07) par zeloise 

FMI Aubry

Elle avait entre autres appelé les Français à cesser d'être "intellectuels", évoqué les "Trente Fainéantes" (sic) ayant succédé aux Trentes Glorieuse et déclaré vouloir "réhabiliter l'argent".

Au vu de l'enlisement de notre politique économique comme de l'accroissement sans précédent des inégalités et de la misère en France sous son ministère, on pourra juger de ses compétences comme du goût de ses recettes libérales.

En outre, sa nomination enverrait le signe aux pays émergents que la mondialisation ne les intègre toujours pas à leur juste place.

C'est pour ces multiples raisons que l'appui sans réserve de la patronne du parti socialiste français à Mme Lagarde pour la fonction de DG du FMI, l'acquiesment mou de l'ex-patron du même parti, M. Hollande, sont plus que douteux politiquement. Pas d'analyse de la réforme nécessaire de la mondialisation néo-libérale qui a fait tant de dégâts? Consensus mou pour maintenir un Européen à un poste de haute volée?


Ségolène Royal invitée politique d'Europe1 Soir. par segolene-royal

Ségolène Royal, quant à elle, soutient Agustín Carstens, le candidat mexicain, rappelant au passage que Mme Lagarde pourrait être impliquée dans une énième "affaire Tapie" ce qui, le cas échéant, souillerait une fois encore l'image de la France.

D'autre part, l'ex-candidate à la Présidentielle milite pour une réforme radicale des institutions mondiales, à commencer par le FMI dont elle estime que la politique de rigueur est néfaste. Et qu'il faudrait entre autres définir des "biens publics mondiaux", adopter des politiques de relance, décentralisées, au plus près des territoires pour éviter les détournements d'argent.

Obama, Lula, Forum social, 10 leçons convergentes de Ségolène RoyalEnfin, elle estime, notamment dans son ouvrage Obama, Lula, Forum social, 10 leçons convergentes que la direction d'institutions mondiales telles que le FMI doit enfin être ouverte aux pays émergents.

2 femmes de gauche, 2 visions différentes de la mondialisation qui nous "impacte" tous les jours? Un François Hollande, dont la mollesse intellectuelle à la tête du PS pendant la débâcle de 2002 et en grande partie responsable de l'échec de 2007, demeure intacte...

Ce désaccord est lourd de sens et en dit long sur le positionnement "à gauche" de 3 potentiels candidats aux primaires socialistes ouvertes à tous les Français... Un beau sujet de fond pour ce moment politique ! Pour le coup Martine Aubry comme François Hollande devront expliquer en quoi ils sont d'accord avec Nicolas Sarkozy sur la nomination de Mme Lagarde ! Ou assumer clairement un centrisme libéral en rupture avec le socialisme français.

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Une fois n'est pas coutume, l'alliance objective entre pseudo-sociaux-démocrates en fait libéraux et sarkozysme, comme l'a montré le refus de Mme Aubry d'exiger un référendum d'initiative populaire sur les retraites ou encore l'accord de Dominique Strauss-Kahn pour la destruction de la liberté de jouir de ses droits à la retraite à 60 ans,

DSK FMI

une fois encore, mais ici à l'échelle d'une mondialisation qui plonge les peuples dans le cahos, cet accord tacite entre des dirigeants d'appareils politiciens oligarchiques risque de nuire au peuple, à notre économie ainsi qu'à notre vie politique, en favorisant une Marine Le Pen prompte à dénoncer les "mondialistes"...