Il y a peu, Laurent Joffrin assortissait la Une de Libération, du 23 novembre 2009, sur la désertion des militants du PS, après le Congrès de Reims, d'un édito pitoyable, digne d'une chronique de Jean-Michel Apathie.

Relayant des banalités telles que "les militants en ont marre de la guerre des chefs" mais plus grave, osant péremptoirement asséner :

"Qu’est-ce qui sépare Martine Aubry, Bertrand Delanoë, François Hollande, Ségolène Royal ou Dominique Strauss-Kahn ? L’ambition.

Une ambition ouverte ou tacite, déclarée ou silencieuse, mais toujours féroce.

Et pour le reste ? Rien."

Il suffit pourtant de lire, M. Joffrin.

Du social-démocrate néo-socialiste et un zest de ségolénisme dans le texte, histoire de comparer, avant de critiquer, en bon journaliste et éditorialiste que vous êtes...

Tenez : juste ces extraits pour vous pousser à une lecture attentive :

Jacques Delors, en décembre 2001, préfaçait le livre de Anthony Giddens et Tony Blair, intitulé La troisième voie,La_troisi_me_voie_de_Anthony_Gidy_Giddens_et_Tony_Blair Le renouveau de la social-démocratie.

De résumer l'idéologie dominant le PS avant et depuis la catastrophe de 2002 :

"Au total, je reste attaché à un modèle de société fondé sur un équilibre entre le jeu du marché, l'action correctrice et à long terme de l'Etat [ et la contractualisation avec les partenaires sociaux]."

"Mettre en rapport l'économie et la morale est une exigence centrale de la troisème voie, qui s'apparente à celle de l'école du libéralisme éthique, qui s'est développée à partir de la fin du XIXe siècle."

Ségolène Royal avait dénoncé quant à elle, dans Le ras-le-bol des bébés zappeurs dès 1989, le marché de la télévision, comme miroir d'un capitalisme que seuls la loi et l'Etat voire le peuple pouvaient contrer en amont, et non corriger, une fois le mal commis :

Le_ras_le_bol_des_b_b_s_zappeurs_de_S_gol_ne_Royal"La violence gratuite et racoleuse ainsi que l'exploitation humiliante de l'image des femmes ne sauraient, à elles seules, constituer un programme, même pour une chaîne commerciale.

Alors vous, les marchands d'images, qui vous échinez à gommer votre rôle ou vos responsabilités et dont la morale se mesure à l'Audimat, prenez conscience que la télévision n'est ni un chantier de travaux publics ni une distribution d'eau potable, pas plus qu'un supplément en couleurs au Figaro, mais un outil de communication social, bref un outil culturel. Réalisez une bonne fois que les bébés zappeurs d'aujourd'hui qui consomment, les yeux dans le vague, vos images bradées seront demain des citoyens [...] !."

[...]

"La pression des marchands d'images est telle qu'on a plus le droit d'être choqué."

et dans La vérité d'une femme en 1996, elle avait déjà enterré l'idée d'une moralisation du capitalisme, dont elleLa_v_rit__d_une_femme_de_S_gol_ne_Royal dénonçait avec rage la violence, le savez-vous M. Joffrin? :

"La même idéologie [de lutte pour la survie] sous-tend le dessin animé japonais le plus vendu et le plus regardé, Dragoon Ball; qui entraîne un chiffre d'affaires considérable sur les produits dérivés.

La manifestation de la force physique en est le seul objectif, et sans aucune raison [...]. Le tout sans aucun humour.

C'est l'apologie de la violence brute, de la violence comme seul moyen de triompher (le faible ne gagne jamais, pas même par la ruse).

L'individualisme y est absolu et se conjugue avec la fascination pour la mort, la laideur, la souffrance infligée.

[...]

Pas un arbre, pas une fleur. Le monde proposé est bétonné, métallisé, déshumanisé. Un monde totalitaire. Et cela plaît. A la folie.

[...]

Cette idéologie, lentement et profondément instillée dès le plus jeune âge, est-elle anodine? Les enfants font-ils d'eux-mêmes la part des choses? Si l'on était certain qu'une parole d'adulte vienne relativiser l'impact de l'image, cela rassurerait. Mais on sait bien que la télévision est devenue la première gardienne de la solitude des jeunes, et qu'ils s'y abreuvent de la culture matérialiste et brutale qui imprègne toute la société."

[...]

"Disons-le une fois pour toutes : il faut sortir du discours bénisseur et mystificateur sur l'entreprise citoyenne. L'entreprise n'a aucun objectif civique, ni dans ses statuts ni dans sa pratique."

"L'entreprise citoyenne reste au mieux un mythe, au pire une tromperie ou un leurre.

Le capitalisme a mondialement imposé son désordre; la rentabilité du capital, la compétitivité n'ont jamais si fortement qu'aujourd'hui dominé les motivations."

"Le rôle de la politique est d'identifier les rapports de force et les oppositions d'intérêts irréductibles, et de choisir entre eux. Tout ne se fera pas par le consensus : il faut savoir affronter les privilèges."

Si_la_gauche_veut_des_id_es_de_S_gol_ne_Royal_et_Alain_TouraineEn 2008, dans Si la gauche veut des idées, l'avez-vous lu M. Joffrin, c'était avant votre édito ravageur et réducteur, Ségolène Royal, dialoguant avec Alain Touraine, appelait de ses voeux l'érection d'un Etat préventif : tout le contraire de M. Delors et de l'idéologie sociale-démocrate, prônant un Etat "correcteur" :

"Je le redis ici, oui le politique doit prendre ses responsabilités, parfois en allant à contre-courant de l'opinion dominante."

[...]

"Au commencement de la gauche, il y a la révolte. La révolte contre l'injustice, contre la domination, contre l'exploitation et l'aliénation.  [...] Au XXe siècle, les services publics et l'Etat-providence se sont développés par des règles uniformes et générales venant corriger après coup les difficultés ou les drames que chacun pouvait rencontrer dans sa vie. Au nom de la haute idée de l'Etat que je me fais, au nom d'une volonté de lutte contre les inégalités et en faveur de l'épanouissement personnel, j'estime [qu'] il faut se mettre en tête que la lutte contre les inégalités se fait à la racine, avant même que les injustices ne verrouillent les destins. Cette idée d'un Etat préventif, avant plutôt qu'après, on peut la décliner dans bien des domaines."

Alors aucune différence au sein du parti socialiste, M. Joffrin? Entre ceux qui veulent laisser "jouer le marché" et "corriger" après-coup avec l'aide d'un consensus patronat-travailleurs, et ceux qui estiment que l'Etat, en amont, doit, notamment par la loi et au plus près des gens, détruire les ferments des inégalités à venir?

Pourtant, très concrètement, cela donne le "Pass-contraception" pour prévenir les grossesses non voulues et dévastatrices socialement et humainement, la sociale-écologie versus l'impôt-écolo-taxe-carbone et une nouvelles conception de l'impôt, des débats participatifs sur la sécurité, en amont, un référendum d'initiative populaire sur les retraites, pour encadrer toute réforme de principes clairs et légitimes, etc.

Une révolution sociale, économique et démocratique... Non, M. Joffrin?

Pauvre presse, donnant raison à La Bruyère : "le sublime du nouvelliste est le raisonnement creux sur la politique"...

Lorsqu'elle s'attaqua vigoureusement et avec courage et radicalité au "clan Sarkozy", M. Joffrin n'eut de cesse de la railler...

Le sarkozysme est pourtant bel et bien une ploutocratie violant les principes élémentaires et même constitutionnelles de notre République, financée par nos impôts.

MONTESQUIEU

"La corruption de chaque gouvernement commence toujours par celle des principes.

[...]

Le principe de la démocratie se corrompt, non seulement lorsque l'on perd l'esprit d'égalité [...].

Quand une république est corrompue, on ne peut remédier à aucun des maux qui naissent, qu'en ôtant la corruption et en rappelant les principes."

De_l_Esprit_des_lois_de_MontesquieuMontesquieu

"De la corruption", Livre VIII

in De l'Esprit des Lois

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SEGOLENE ROYAL

"Nous avons gagné le droit à l'épanouissement individuel - c'est heureux [mais difficile]. Dans ce mouvement qui a porté la victoire de l'idée individuelle et démocratique s'est aussi développé ce que Marcel Gauchet appelle "la démocratie contre elle-même", c'est-à-dire la difficulté à se gouverner collectivement, à avoir prise sur le destin collectif."

"Plus on est libre de faire ce que l'on veut, plus les repères sont indispensables. C'est pourquoi je tiens l'ordre juste qui se conjugue avec le désir d'avenir de chacun et le progrès pour tous, comme les trois piliers d'un projet cohérent. C'est le désordre social, économique et écologique qui est aujourd'hui oppressif ; les règles concernant les droits et les devoirs doivent être reposées.".

Si_la_gauche_veut_des_id_es_de_S_gol_ne_Royal_et_Aliain_TouraineSégolène Royal,

Si la gauche veut des idées,

dialogues avec Alain Touraine

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SEGOLENE ROYAL

"Il faut rebâtir un humanisme vivant qui permette aux gens de tenir debout, ensemble. D'ailleurs, la quête actuelle du spirituel, cette recherche venant de nombreux horizons, est déjà positive en ce qu'elle témoigne d'une exigence par laquelle l'esprit s'élève."

La_v_rit__d_une_femme_de_S_gol_ne_RoyalSégolène Royal,

La vérité d'une femme

Hélas pour lui, contrairement à ce qu'assénait M. Joffrin, le ségolénisme est bien différent du flou et du vide idéologiques, soi-disant sociaux-démocrates, régnant au palais de Solférino.

Il s'agit bien de tout ce qui a fait horreur aux archontes socialistes, Lionel Jospin le premier.

Ce fut la réorientation démocratique, républicaine et participative de la doctrine social-libérale-libertaire-démocrate choisie depuis des années par Solférino, causant trois défaites aux Présidentielles...

Ségolène Royal ne parlait pas des "couches populaires" mais du "peuple", pas de "sentiment d'insécurité" mais d'"une société capitaliste produisant des délinquants en masse", depuis des années.

Le tout au détriment d'une jeunsesse des quartiers à laquelle il fallait redonner de l'espoir, mais aussi parfois des repères, tant la culture de la violence s'était insinuée en France, sans qu'aucune réponse politique de gauche n'intervînt jamais... Pour le plus grand bénéfice de Jean-Marie Le Pen puis de Nicolas Sarkozy...

Ce que les socialistes d'élite n'ont jamais compris, depuis 30 ans, c'est que les couches populaires sont victimes d'une violence sourde, encouragée par la barbarie néocapitaliste et de société de masse de consom-munication. Préférant abandonner cette question à la droite et donc une partie de la jeunesse à la prison, et donc à la rage, à la radicalisation - post-religieuse islamiste notamment, quitte à condamner publiquement une femme politique de 1er plan, en campagne en 2006 pour résolver les difficultés rencontrées par ce même peuple de France...

Elle prônait une "République du respect", "fraternelle" et une "démocratie participative" quand les économistes de profession dominaient encore le parti socialiste, avec leurs certitudes en fait inefficaces, comme l'a montrée entre autres la dernière crise.

Mère de famille et femme politique émancipée, elle dénonça toujours la destruction des solidarités de toutes sortes, osant évoquer aussi les nouvelles formes d'organtisation familiales, non pas traditionnelles, étant favorable au mariage des homosexuels, mais en perpétuelle recomposition.


Ségolène Royal et l'homosexualité
envoyé par thelovebi. - L'info video en direct.

Dans les quartiers populaires, ce que n'ont jamais compris certaines bonnes âmes libertaires, la fragilisation des cellules familiales étant le première étape vers des parcours de vie cahotiques pour trop de jeunes... Eriger un nouveau pacte intergénérationnel est un enjeu ségoléniste crucial dans la solidification du vivre-ensemble, tout l'inverse de la politique néolibérale, atomisant les individus, nettoyant les familles au kärcher ultra-libéral...

Elle voulait un Etat fort mais décentralisé, avec des nationalisations partielles quand Dominique Strauss-Kahn avait commencé de privatiser EDF et que Aubry se disait "sociale-démocrate", c'est-à-dire acceptant le libéralisme, la loi du marché, en se passant de l'Etat pour laisser "syndicats ouvriers" et "patronat" trouver un consensus...

Ségolène Royal était loin de cajoler ainsi les milieux patronaux...

En fait, Aubry fut d'un autoritarisme blessant lorsqu'elle imposa les 35 heures dans les hôpitaux, sans que Strauss-Kahn ne lui donnât les moyens d'embaucher plus de personnels...

Elle parlait même laïcité, quand Lionel Jospin n'avait rien fait pour combattre le voile iranien à l'école de la République, quand Martine Aubry ouvrait une piscine à des horaires réservés aux femmes, à la demande de post-religieux qu'elle semble fréquenter avec assiduité et bienveillance, puis, plus tard, lorsque Delanoë écrira noir sur blanc, dans sa motion pour le congrès de Reims, que "le communautarisme est positif"...¨

PS incompréhensible sur la question...

Ségolène Royal voulait rassembler les citoyens de la République française tout en déclarant sa flamme pour la "France métissée", alors que Lionel Jospin avait oeuvré, provoquant la démission de son ministre de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, à l'indépendance de la Corse, renforçant ainsi le sentiment d'abandon de nos compatriotes et, ecourageant, en même temps, les régio-nationalistes fanatiques, dont les patois ont été constitutionnalisés par Nicolas Sarkozy.

Elle osait aller voir les ouvriers et vanter le modèle participatif des SCOP, le micro-crédit quand, en 2002, Lionel Jospin leur avait déclaré que "l'Etat ne pouvait pas tout"...

Cauchemardesque fut le chant de la Marseillaise entonné avec Ségolène Royal, durant la campagne présidentielle, pour la gauche post-nationale. Alors que Mme Royal est une européenne convaincue, à condition d'une articulation intelligente entre l'Etat-nation, le peuple et l'Europe sociale et politique...

Et pourtant, 2 ans plus tard, les députés de la gauche entonnaient ma Marseillaise à leur tour dans l'Hémicycle, contre la politique sarkozienne.

Ségolène Royal eut même un jour l'impudence de dire à M. Fillon que la gauche aussi pouvait aimer la France !

Pire encore le cri du coeur : "Aimons-nous les uns les autres", que Jaurès lançait lui à l'attention des élèves de l'école laïque qu'il promouvait...

Que Laurent Joffrin, patron d'un journal de pseudo-gauche, soi-disant de "référence", méconnaisse à ce point ces différences, c'est assez pitoyable... En fait. Ses lecteurs se raréfiant bien heureusement pour sa pensée et malheureusement pour le personnel du quotidien.

Alors, que Ségolène Royal évoque la corruption du "système Sarkozy", d'ailleurs évidente, alors, qu'elle en appelle à la "chose publique", privatisée par des milliardaires, en citant Montesquieu, ne devrait étonner personne. A commencer par les plumes qui prétendent la connaître...


Ségolène Royal : "le système Sarkozy est corrompu"
envoyé par segolene-royal. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Montesquieu tombe de surcroît à propos. En effet, M. Sarkozy, comme il a tué puis craché sur la tombe d'Hippocrate, de Rousseau, de Condorcet, de Robespierre et des acteurs de 1789, de Renan, de Jaurès, de de Gaulle, de François Mitterrand, a depuis longtemps mis en cause tout l'héritage républicain et juridique du fondateur de la théorie de la "séparation" ou de l'"aménagement des pouvoirs", garantissant l'indépendance de la Justice.

Il a violé la Constitution ou son esprit à de multiples reprises :

  • M. Sarkozy est resté chef d'un parti, l'UMP, en en supprimant la présidence, quand il a accédé à l'Elysée, corrompant ainsi la fonction présidentielle impartiale, c'est-à-dire le service de tous les Français et incluant le parti dans l'Etat, fonctionnement fasciste ou pré-totalitaire par excellence.

  • L'ouverture-imposture a corrompu la solidarité gouvernentale tout en faisant croire aux Français que l'opposition de gauche était à l'intérieur de son gouvernement. Corruption de la vie démocratique.

Corrompus les articles 20, 49 et 50 de la Constitution :

 article 20: "[Le gouvernement] est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50. 

· article 49: Le Premier Ministre, après délibération du Conseil des Ministres, engage devant l'Assemblée Nationale la responsabilité du Gouvernement sur son programme ou éventuellement sur une déclaration de politique générale.

· article 50: Lorsque l'Assemblée Nationale adopte une motion de censure ou lorsqu'elle désapprouve le programme ou une déclaration de politique générale du Gouvernement, le Premier Ministre doit remettre au Président de la République la démission du Gouvernement. 

· L'Assemblée Nationale met en cause la responsabilité du Gouvernement par le vote d'une motion de censure. Une telle motion n'est recevable que si elle est signée par un dixième au moins des membres de l'Assemblée Nationale. Le vote ne peut avoir lieu que quarante-huit heures après son dépôt. Seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure qui ne peut être adoptée qu'à la majorité des membres composant l'Assemblée. Sauf dans le cas prévu à l'alinéa ci-dessous, un député ne peut être signataire de plus de trois motions de censure au cours d'une même session ordinaire et de plus d'une au cours d'une même session extraordinaire.

· Le Premier Ministre peut, après délibération du Conseil des Ministres, engager la responsabilité du Gouvernement devant l'Assemblée Nationale sur le vote d'un texte. Dans ce cas, ce texte est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l'alinéa précédent"."

  • Il a pondu des lois rétro-actives corruptrices du principe de non-rétro-activité des lois inscrit à l'article 8 de notre Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, qui fait partie du bloc constitutionnel :

"Nul ne peut être puni qu'en vertu d'une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée".

  • Il a tenté de reconnaître la race et d'en faire un instrument de comptage de la population et, sans doute, de surveillance.

Corrompant l'article 1er de la Constitution qui stipule que la République ne reconnaît pas les races :

"La France est une république indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances".

  • M. Sarkozy, ayant vu la Vierge ou le Veau d'Or, a déclaré, en territoire étranger, que la France était la fille aînée de l'Eglise, alors qu'il est tenu, toujours selon la Constitution, d'être le garant du caractère laïque de la République. Insultant au passage les instituteurs..

Montesquieu écrivit d'ailleurs dans De l'esprit des lois, Livre II, chapitreI IV, à ce sujet :

"Dans les Etats despotiques, où il n'y a point de lois fondamentales, il n'y a pas non plus de dépôt des lois.

D'où vient que la religion a ordinairement tant de force; c'est qu'elle forme une espèce de dépôt de permanence: et, si ce n'est pas la religion, ce sont lescoutumes qu'on y vénère."

Héritage corrompu de Montesquieu et du droit en vigueur, droit constitutionnel de surcroît, sans compter le droit européen que M. Sarkozy semble méconnaître :

Corrompue la loi constitutionnelle du 3 juin 1958 posant en son Article unique que :

"4°- L'autorité judiciaire doit demeurer indépendante pour être à même d'assurer le respect des libertés essentielles".

Corrompu l'article 64 de notre Constitution :

"Le Président de la République est garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire".

En défaisant les préfets ici ou là, les commissaires de police, selon le bon vouloir ou plaisir du roi, en privatisant les services de la sûreté publique pour ses déplacements de campagne électorale, au service d'un parti politique (sic), l'UMP, Nicolas Sarkozy a corrompu la fonction de juge de paix.

Corrompu l'article 12 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen :

"La garantie des droits de l'homme et du ctioyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxqels elle est confiée."

En exonérant les grandes fortunes d'impôts avec son bouclier fiscal, Nicolas Sarkozy a corrompu le sens de l'impôt pour tous, l'héritage de la Résistance, de l'Etat-Providence et même de la Révolution française. Il a détourné les impôts que nous payons tous au profit d'une ploutocratie voyoucrate.

Corrompus les article 12 et 13 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen :

"art. XII. La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique; cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

art. XIII. Pour l'entretien de la force publique, et pour les dépenses d'administration, une contribution commune est indispensable; elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés."

Et il en va de même sur des sujets aussi sensibles que l'autonomie de la presse et des médias, la santé ou le droit constitutionnel de grève du peuple français... Ou encore du remplacement des ministres responsables devant le Parlement par des conseillers occultes et non élus, du rôle du Premier ministre évidemment...

En nous imposant la médiatisation de son divorce, le chef de l'Etat avait violé l'espace public, la chose publique, pendant une grève, pour effacer celle-ci et la remplacer par ses frasques intimes...

Le pire était à prévoir...

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Le système Sarkozy est évidemment corrompu. Les dernières affaires, la fraude fiscale orchestrée par le gouvernement solidaire, d'une proche du Président, le simple fait que le ministre du Budget était au même moment trésorier d'un parti politique, celui que dirige encore Nicolas Sarkozy suffit à lui tout seul.

Ses multiples et répétées violations de la Constitution et de son esprit - n'a-t-il pas annoncé le renforcement de la présence militaire en Afghanistan depuis un Parlement non démocratique, en territoire étranger, à Londres? -, en témoignent et justifient que Ségolène Royal, socialiste et républicaine ait signé l'Appel pour une vigilance républicaine.

Martine Aubry l'a-t-elle signé? Nul ne le sait...

Ségolène Royal, dont une certaine gauche a tenté de la tuer politiquement, et le veut encore, a bien compris l'alliance objective entre celle-ci et le sarkozysme, - apparue sur des sujets comme la retraite, la burqa ou encore la taxe carbone - qui corrompt tous nos principes républicains et démocratiques élémentaires.

Le ségolénisme identique à l'aubrysme ou au jospinisme, au strauss-kahnisme?

Pauvre Laurent Joffrin, qui n'a donc rien compris à l'histoire, en marche toujours, de la gauche en France.

Comme le rappelle Michel Winnock, dans son histoire du Socialisme en France et en Europe :Le_socialisme_en_France_et_en_Europe_de_Michel_Winock

"jusqu'en 1789, le socialisme - dans ses ébauches - avait été rêvé. Or, c'est au cours de la Révolution française que le socialisme d'imagination va devenir un socialisme d'action".

Après des années de social-libéralisme-libertaire jospinien, de peur d'utiliser ou même de se référer au seul mot de révolution, pour mieux s'affirmer "réformiste à la Blair", après tant d'années de négation de l'insécurité, de mépris pour le peuple, les ouvriers au profit de la mythique classe moyenne  - s'épanouissant dans le bien-être individuel, le care défendu aujourd'hui par Martine Aubry - ou encore après des années de remise en cause de négation de l'unité de la République, l'on comprend que les socialistes de façade avaient servi les plats au démagogue Sarkozy...

Une dernière corruption sarkozyste de l'esprit démocratique de notre République, corruption du parallélisme juridique des formes, doit être ici mentionnée.

Parce qu'elle touche à la souveraineté du peuple et au référendum.

En effet, le 29 mai 2005, le peuple français avait dit non par référendum au Projet de Traité Pour une Constitution européenne. Seuls Ségolène Royal et François Bayrou s'étaient engagés, conformément à notre tradition juridique à consulter à nouveau le peuple sur le sujet, car "ce que la loi fait, seule une loi peut le défaire".

Nicolas Sarkozy, une fois à l'Elysée, passera outre ce principe fondamental du droit et fera voter par son Parlement croupion le même texte, plus compliqué. C'est dire le mépris pour le peuple et la corruption de la notion même de démocratie que recèle le sytème Sarkozy...

Aujourd'hui, en républicaine et démocrate, Ségolène Royal en appelle à l'organisation d'un référendum d'initiative populaire, prévu par l'article 11 de la Consitution modifiée, sur la réforme des retraites.

Etrangement, Mme Aubry, sans évoquer M. Strauss-Khan, ne semble pas prête à agir en ce sens, même si la première a prétendu tout faire pour faire reculer la réforme sarkozienne enterrant l'âge légal de la retraite à 60 ans, après avoir dit le contraire... Conviction à 10 vitesses...

Là réside toute la typicité d'un socialisme jaurésien, laïc, démocratique, populaire, participatif, préventif, républicain, écologico-économique,

reconnaissant la réalité nationale mais tourné vers l'Europe et le monde, l'universel...

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Ayant pris acte depuis longtemps de la fin des partis politiques aussi...

Cettte typicité, c'est le ségolénisme.

Nicolas Sarkozy et sa clique corrompue peuvent dormir tranquille, l'opposition institutionnelle, et principe contre principe, du parti socialiste ne semble pas prête à ferrailler avec lui comme l'ose Ségolène Royal.

Non décidément, M. Joffrin, vous n'avez rien compris aux nouvelles compositions de la gauche française...

En attendant, vous pouvez signer la pétition pour l'organisation d'un référendum d'initiative populaire en cliquant ci-dessous :

P_tition_pour_un_r_f_rendum_d_initiative_populaire_sur_les_retraites