Sous couvert de redonner du pouvoir au Parlement, la réforme des institutions telle que l'a voulu le comité Balladur, en permettant au président de la République de se rendre au sein du Parlement, n'a qu'un seul but: instaurer un faux présidentialisme sans contre-pouvoir.

Dans un régime présidentiel, le président de la République peut être désavoué par les représentants du peuple. Or, dans la réforme voulue par Nicolas Sarkozy, aucun débat ne sera autorité, aucun vote ne sera possible après un discours du détenteur de la magistrature suprême.

Cette dérive est profondément inquiétante. Elle est rédhibitoire et condamne toutes les autres mesures prônée par le comité. Seul le gouvernement est co-responsable devant le Parlement, et seul, il peut y être renversé par une motion de censure.

Le président de la République n'a donc pas à mettre les pieds dans les chambres du pouvoir législatif, d'autant plus qu'il a le pouvoir de dissoudre l'Assemblée nationale. La monarchie comme l'Empire ont été abolis. Nicolas Sarkozy ne saurait les rétablir pour conformer la République française à sa pratique jusque là inconstitutionnelle du pouvoir.

MARIE-FRANCE GARAUD

"Mitterrand a détruit la Ve République par orgueil,

Valéry Giscard d'Estaing par vanité

et Jacques Chirac par inadvertance."

Marie_France_GaraudMarie-France Graraud

le 16 mai 2006 sur France 2.

Qu'on soit d'accord ou pas avec l'appréciation radicale de Mme Garaud, la question du rapport de Nicolas Sarkozy à la Constitution et à notre République doit interroger l'ensemble de la classe politique.

Les historiens, si cette réforme est votée, avec le concours de députés et de sénateurs des oppositions, trancheront pour déterminer ce qui a motivé l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine dans sa destruction définitive du subtil équilibre du régime semi-présidentiel-semi-parlementaire qu'est la Ve République.

Les gaullistes au Parlement, qui pourraient se référer logiquement au propos de Marie-France Garaud, devront voter en conscience...

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