28 avril 2008
VALERIE PECRESSE, MINISTRE DE NICOLAS SARKOZY, INSULTE LES SENIORS EN QUALIFIANT LE VIEILLISSEMENT DE LA POPULATION DE FLEAU
La liquidation des solidarités nationales et du pacte social républicain passe évidemment par les cases Santé, Justice, Familles. Franchises médicales, privatisation à terme de la Sécurité sociale, fermetures d'hôpitaux et de tribunaux, diminution des allocations familiales sont inscrites dans la logique même du programme sarkozien. Mais celui-ci achoppe aussi sur un problème, que nous résumerons crûment: "Que faire de ces vieux qui coûtent si cher à l'Etat, vivent si longtemps mais votent toujours?". La disparition de la retraite par répartition serait l'idéal mais, en attendant, on se contentera de faire stagner le montant des petites retraites, de mettre les personnes âgées au travail, d'allonger toujours plus le nombre d'années de cotisations pour repousser le plus loin possible l'âge réel de la retraite... Le "vieux" inactif -qu'une "politique de civilisation" devrait respecter- de symbole de sagesse et objet de respect, est devenu un boulet, envisagé en termes comptables...
REGIS DEBRAY
"Que ce soit hier pour les familles et les soeurs de charité,
aujourd'hui pour l'Etat et les collectivités territoriales,
"le malheureux digne de pitié" a toujours été une charge.
Qu'il soit devenu une obscénité est le fait nouveau."
Le plan vermeil,
Modeste proposition.
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Lors de la campagne pour les présidentielles de 2007, Nicolas Sarkozy avait promis une augmentation de 25 %
des petites retraites. Palinodie de plus: l'augmentation ne fut, pour 2008, que de 1,1 %... Pourtant, toutes les études sur le dernier scrutin montrent que le candidat Sarkozy avait largement bénéficié du vote des personnes âgées, dont la part dans la population française est de plus en plus importante.
Il est pourtant clair que la politique sarkozienne n'a que faire des "séniors", de leur bien-être ou encore de leur pouvoir d'achat. Ceux-ci ne sont perçus qu'à travers le prisme de la réduction du monde à l'économie néolibérale et à la société de consommation et de travail qu'elle est censée stimuler.
Dans ce cadre-là, l'antique respect dû aux "aînés", aux Anciens, à nos prédécesseurs, n'a aucune place.
Faire stagner les petites retraites, encourager l'allongement de la durée de cotisation des salariés pour pouvoir quitter le monde du travail, la volonté de faire travailler les séniors, retarder, par des voies détournées, l'âge légal de la retraite, la remise en cause de la retraite par répartition - qui permet aux travailleurs de jouir, grâce aux solidarités nationales, après des années de labeur, d'un temps de répit avant de quitter ce monde -: toutes ces mesures se fondent sur l'idée que les retraités coûtent trop cher à la solidarité nationale et que, au nom des "impératifs économiques", des restrictions budgétaires - en l'ocurrence aggravées par la politique fiscale favorable à la rente et aux grandes fortunes de Nicolas Sarkozy -, les retraités sont devenus un fardeau.
Manifestations de retraités le 29 mars 2008
Comme l'écrivait en 2004 Régis Debray, dans Le plan vermeil, Modeste proposition, "Autant, en période de croissance forte, les vieux peuvent représenter un potentiel de consommation intéressant, grâce notamment aux systèmes d'aide et de protection, autant, quand la croissance ne dépasse pas un poussif de 2 %, ils signifient retard au décollage, dette publique aggravée (déjà proche du milliard d'euros), perte de contrôle des dépenses, frein au développement technologique et à l'innovation, et au final baisse du niveau de vie".
De variable d'ajustement économique en période de forte croissance, les Anciens deviennent donc un fardeau quand la croissance - comme aujourd'hui - est en berne...
La vue, comme dans certains pays développés, de femmes et d'hommes âgés de 70 ans travaillant dans des fast-foods pour pouvoir manger, n'est plus un tabou en France...Après 5 ans de pouvoir sarkozien, on peut même penser que les familles, hormis les plus riches évidemment, seront gravement destabilisées par cette remise en cause du statut de retraité, tant symbolique que réel, par cette amputation du dernier maillon de la chaîne familiale formé par les "grands-parents".
Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche nommée par
Nicolas Sarkozy, est allée plus loin que tous les discours sur le fardeau que constitueraient les "vieux" dans les sociétés contemporaines, lors de l'émission Ripostes sur France 5, le 27 avril 2008.
Au milieu d'une tirade élogieuse sur les réformes voulues par le président et engagées par le gouvernement, Mme Pécresse a lâché, à la 14e minute de l'émission:
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"toute notre politique c'est pour lutter contre un fléau qui va arriver
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c'est celui du vieillissement de la population"...
En quelques mots, la ministre sarkozienne résumait limpidement le mépris qui frappe tous les "improductifs", tous
ceux qui "ne travaillent pas plus pour gagner plus" (selon le slogan de campagne du candidat de Nicolas Sarkozy), dans une société complètement dépolitisée, déshumanisée, uniquement vouée au travail et à la consommation du travail - ce qui n'est d'ailleurs qu'une facette de l'ensemble, car, en vérité, les rentiers, les spéculateurs et les grandes fortunes sont, eux, les nouveaux privilégiés qui échappent à cette condition -grâce à l'appui d'un gouvernement qui ne fait que les favoriser, au détriment des "masses", de la majorité de la population
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Une fois de plus, c'est l'immensité de l'immoralité politique du sarkozysme qui point dans le propos de Mme Pécresse.
L'instrumentalisation des personnes âgées, tantôt consommateurs courtisés tantôt fardeau pour l'économie et ce qu'il reste des solidarités nationales, une telle instrumentalisation est inscrite dans l'idéal d'une société qui ne se voue qu'à transformer la communauté humaine en une immense entreprise-centre commercial, de laquelle les "imporductifs" doivent être exclus.
A ce stade, les retraités perdent toute leur humanité et toute leur dignité. Les "vieux" sont devenus un "fléau".
Quand on pense que Nicolas Sarkozy prétendait défendre le retour aux "valeurs", notamment familiales, il est assez effarant de voir combien sa politique précarise tant la jeunesse que les Anciens...
SARKOZY A BERCY ET ROYAL A CHARLETY, IL Y A UN AN : LES DERNIERS MEETINGS AVANT L'ELECTION PRESIDENTIELLE
Vidéo envoyée par Carobio2007
Nicolas Sarkozy, candidat de toute la droite, discours lors du meeting de Bercy, le 29 avril 2007
Vidéo envoyée par da93
Ségolène Royal, candidate de toute la gauche, discours lors du meeting de Charléty, le 1er mai 2007
25 avril 2008
LA FRANCE DE SARKOZY, FILLE AINEE DES ETATS-UNIS NEOCONSERVATEURS DE BUSH EN AFGHANISTAN ET A L'OTAN
Envoi de troupes dans le bourbier afghan, réintégration pleine et entière dans le commandement de l'OTAN: la mise à mort de l'indépendance nationale et de la voix de la France dans le monde vient d'être décrétée par Nicolas Sarkozy. Contrairement à ses positions de campagne mais conformément aux premiers gestes de sa présidence, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine se rapproche des Etats-Unis de l'administration Bush et, surtout, valide, au nom de la France, ses thèses ineptes et nocives sur la lutte pour une pseudo expansion par les armes de la "démocratie". L'expérience multiséculaire de la France dans le monde, notamment arabo-musulman, sa vision, affirmée par le général de Gaulle, après la disparition de l'Empire français, d'un monde multipolaire pour éviter la politique du bloc contre bloc, prévalant pendant la Guerre froide, la lucidité du quai d'Orsay et de la présidence Chirac s'agissant du nouveau rôle que pouvait jouer la France après la chute du mur de Berlin, face à l'émergence de nouvelles puissances et face au risque d'un "choc des civilisations", le primat accordé à la diplomatie, au renseignement et à une vision politique des conflits mondiaux, non idéologique et non exclusivement militaire: tout cet héritage précieux est aujourd'hui jeté au caniveau par le président Sarkozy.
RICHARD NIXON
"[...] Nous souhaitons une Europe économique forte
avec une France politiquement indépendante. [...]
Tout cela est dans l'intérêt de la stabilité mondiale.
Après la Deuxième Guerre mondiale, nous étions seuls
à détenir la puissance. Cela a changé. Aujourd'hui,
d'autres pays ont remonté la pente et nous nous en félicitons."
Entretien entre le président de la République et le président des Etats-Unis,
à la Maison-Blanche, le mercredi 24 février 1970, de 10h35 à 12h15,
in Georges Pompidou de Eric Roussel.
LA POLITIQUE D'INDEPENDANCE NATIONALE ENTERREE A LONDRES, DEVANT LE PARLEMENT BRITANNIQUE
C'est depuis Londres, le 18 juin 1940, que le général de Gaulle appelait, sur les ondes de la BBC, les Français à la résistance aux Allemands, à la poursuite la guerre et au refus de l'armistice.
Le 26 mars 2008, c'est depuis cette même ville, devant le Parlement britannique, en territoire étranger, que Nicolas Sarkozy, tout fanfaronnant, a confirmé officiellement l'envoi de soldats français supplémentaires au front en Afghanistan, pour soi-disant lutter contre les Talibans et Al Qaeda. C'est devant un Parlement britannique tout entier rassemblé, à savoir composé de députés élus mais aussi de Lords nommés pour certains à titre héréditaire, que le président de la République a choisi d'annoncer l'enterrement de 40 ans de politique étrangère française autonome et libre.
Vidéo envoyée par Rive-gauche
Nicolas Sarkozy, président de la République et chef des armées, annonçait, le 26 mars 2008, devant le Parlement britannique l'accroissement du nombre de soldats français en Afghanistan, oubliant au préalable d'en informer la représentation nationale... française.
Ce faisant, c'est dans le plus complet mépris du Parlement français, et, ipso facto, du peuple français, que Nicolas Sarkozy a liquidé tout l'héritage diplomatique et géopolitique national, amorçant la mise en pratique d'une rupture philosophique consternante avec la position traditionnelle de la France dans le monde. L'Allemagne, censée être devenue notre "allié héréditaire", a, quant à elle, été balayée d'un revers de bouche de Nicolas Sarkozy, qui lui préfére clairement le Royaume-Uni - avec lequel la France aurait, d'après lui, "la même vision de l'avenir"...
Au passage, le président de la République revenait sur une de ses affirmations de campagne - une de plus - , à savoir le "retrait" des troupes françaises d'Afghanistan, pour lequel il s'était prononcé le 26 avril 2007, à quelques jours de l'échéance fatidique du second tour des élections présidentielles.
Vidéo envoyée par Raoul3B
Nicolas Sarkozy a-t-il sciemment menti, à l'approche du second tour des élections présidentielles du 6 mai 2007, sur un sujet aussi sensible que l'engagement des toupes françaises en Afghanistan? S'agissait-il du souci bien compris de ne pas s'aliéner le vote de Français de droite attachés à l'héritage gaullien comme à l'indépendance nationale?
Devant le tollé suscité par l'annonce à l'étranger de la nouvelle politique militaire française, l'opposition a finalement obtenu un débat à l'Assemblée nationale, à l'occasion du dépôt d'une motion de censure à l'encontre du gouvernement, rejetée le 8 avril 2008 par la majorité présidentielle. Le débat a permis de dévoiler clairement la rupture de la droite sarkozienne, assumée par le Premier ministre, François Fillon, avec le gaullisme, dont l'héritage est désormais défendu par la gauche, le parti socialiste notamment et le député Nicolas Dupont-Aignan, membre malheureux de l'UMP.
Vidéo envoyée par Ptite_Mule
Le 8 avril 2008, le Premier ministre de Nicolas Sarkozy a reproché à la gauche de se revendiquer de l'héritage gaullien et a décrété que la France s'inscrirait désormais pleinement dans "la guerre contre le terrorisme"...
LE MYTHE DE LA "RECONCILIATION" FRANCO-ETATS-UNIENNE ET LE DECLIN CONTINU DE L'EUROPE COMME DE LA FRANCE
Qu'on ne s'y trompe pas: la France est déjà présente en Afghanistan, en tant qu'alliée des Britanniques et des Etats-Uniens notamment, en tant que membre de l'OTAN bien entendu.
Mais désormais, les missions comme le positionnement de ses troupes changent de nature, contrairement à ce qu'affirment en choeur les affidés du président et ses conseillers diplomatiques. Il ne s'agit absolument pas d'une bénigne réconciliation, qui n'avait pas lieu d'être, mais d'une trahison brutale des principes défendus depuis des années par le Quai-d'Orsay. De la formation de l'armée afghane, du renseignement, de la sécurisation de zones à risques, de l'appui logistique à nos alliés, de l'aide à la reconstruction, de l'action humanitaire, nous passons à des opérations de guerre au front, nous rallions le mythe bushiste de la fameuse "guerre globale contre le terrorisme".
C'est là que se situe la rupture la plus désastreuse engagée par le chef des armées. Rupture que confirme l'annonce
quasi concomitante du retour complet de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN, le 3 avril 2008, lors du sommet de Bucarest.
Ainsi se trouve parachevé le processus visant à annuler la décision prise par le général de Gaulle en 1966, méprisée aujourd'hui par les sarkozystes, de retirer la France de ce commandement militaire intégré, afin d'assurer son indépendance, prise en étau avec l'Europe, entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Union soviétique. La possession de l'arme nucléaire était alors un argument de poids dans la vision gaullienne.
La droite sarkozyste puis le nouveau pouvoir ont largement contribué à diffuser le
mensonge selon lequel l'indépendance de la "voix de la France" et les éventuels désaccords pouvant surgir avec nos alliés - le dernier en date étant l'opposition à la calamiteuse guerre en Irak - équivalaient à une rupture de nos alliances, caricaturée comme étant la manifestation d'un "antiaméricanisme primaire". Soupçon largement répandu aux Etats-Unis d'Amérique depuis des décennies et admis comme un état de fait par l'administration Bush pour conspuer la présidence de Jacques Chirac et, au-delà, la France entière. Menterie reprise textuellement par François Fillon dans son discours du 8 avril 2008 contre la gauche!
Le mythe de l'épopée sarkozienne voudrait nous faire croire que la France, depuis son opposition à la guerre en
Irak en 2003, brouillée avec les Etats-Unis d'Amérique, affaiblie par ce désaccord, aurait eu besoin d'un "sauveur" prêt à renouer le fil soi-disant rompu de cette alliance et de cette "amitié". Or, les Etats-Unis et la France, après le déclenchement de la guerre en Irak avaient déjà repris leur collaboration, notamment militaire, notamment en Afghanistan, sous la présidence de Jacques Chirac lui-même, sans que la France eût à revenir sur sa décision de 2003.
Historiquement parlant, les argumentaires sarkozystes voudraient nous faire croire que la France était en guerre latente avec les Etats-Unis depuis 1966 et la mise en place par De Gaulle d'une politique étrangère autonome, en pleine Guerre froide.
Vision démentie par les faits et dont le président Nixon avait lui-même bien conscience, lorsqu'il discutait avec Georges Pompidou, successeur de De Gaulle, fermement attaché à maintenir le legs de son prédécesseur. Au-delà de tous les mensonges propagés ici ou là, au-delà des désaccords ponctuels, la France était demeurée, dans tous les moments difficiles, un allié de poids des Etats-Unis d'Amérique, sans jamais s'en faire la vassale.
Alors que l'URSS n'existe plus, alors que l'Europe - la France et l'Allemagne - aurait pu, dès 1989, jouer une
carte offensive face aux Etats-Unis dans leur tentative de demeurer les leaders exclusifs de "l'Occident", alors que l'émergence de nouvelles puissances mondiales - Chine, Inde etc. - justifierait une refonte et un renforcement du droit international et de l'ONU, alors que le terrorisme international a été incompris par la dernière administration états-unienne, la France, au lieu de jouer sa carte, rallie avec empressement l'OTAN tout en faisant mine d'encourager une hypothétique défense européenne, que son ancrage outre-atlantique, par Royaume-Uni interposé, condamne par avance à l'alignement.
Le tout sans parler de la colère des peuples occidentaux à l'égard des dirigeants qui les ont conduits en 2003 dans la guerre contre l'"Axe du Mal" de George W. Bush.
Manifestations de citoyens états-uniens pour le retrait des troupes d'Irak.
La question civilisationnelle sous-jacente, est bien celle-ci: les Etats-Unis représentent-ils à eux seuls l'Occident? L'Europe et la France doivent-elles être diluées dans une pseudo-alliance euro-états-unienne, qualifiée d'"occidentaliste"...
Le renoncement de la République française à son héritage occidental et à sa capacité à représenter un Occident ouvert aux autres civilisations, fondés non pas seulement sur la force militaire, la "diplomatie des marchands" ou encore le messianisme militaro-démocratique, mais aussi sur le logos: un tel renoncement est-il une fatalité? Voilà, à long terme, une question que les historiens trancheront... Si elle a encore quelque pertinence.
La décision de Nicolas Sarkozy et de ses conseillers, obnubilés par la puissance actuelle des Etats-Unis d'Amérique, étrangers au sens patriotique le plus élémentaire, plus mondialistes qu'européens, paraît aller à rebours du sens de l'histoire. Une fois encore, le court terme l'emporte sur une réflexion profonde qui éclairerait des pistes d'avenir.
L'OTAN, TREMPLIN DES NOUVEAUX CANICHES DE WASHINGTON ET D'UN OCCIDENTALISME VOUE A L'ECHEC
Aujourd'hui, le raisonnement apparemment "de bon sens" de Nicolas Sarkozy pose que la mission première de l'OTAN, à savoir faire contre-poids à l'expansion du communisme en Europe voire dans le monde, ayant pris fin, il serait "logique" que la France réintégrât pleinement le commandement militaire de l'OTAN. On pourrait penser exactement l'inverse.
Car l'OTAN n'a plus de carnet de bord clairement établi. Dominée par les intérêts, l'influence géopolitique et
philosophique états-unienne, elle s'est assigné très tôt une mission messianique souvent ressentie comme un miasme du colonialisme ou de l'impérialisme occidental. A savoir "lutter pour la démocratie" dans le monde quitte à se transformer en une hypothétique "gendarmerie mondiale" et, depuis le 11 septembre 2001, en un fer de lance de la "guerre globale contre le terrorisme".
Renouant nolens volens avec un discours pontifiant, d'une arrogance et d'une inncocence effroyables, hérité de la Guerre froide mais dans lequel le monde arabo-musulman, l'Islam ou l'islam, le terrorisme - selon qui parle - auraient remplacé l'URSS, les Etats-Unis de George W. Bush ont calibré leur interventionnisme selon une vision binaire du monde, bloc contre bloc, entre "monde libre", "démocratie" et "axe du Mal".
Comme l'expliquent Alain Frachon et Daniel Vernet dans L'Amérique messianique, Les
guerres des néo-conservateurs, ces derniers "ont eu leur heure de gloire sous les deux mandats de Ronald Reagan [donnant] le ton d'une politique musclée vis-à-vis de l'URSS". Mais ces mêmes néo-conservateurs "trouvent une deuxième jeunesse avec George W. Bush, après les attentats du 11 septembre 2001". Occasion de redécouvrir "le pouvoir des idées au moment où l'Europe annonce la mort des idéologies" et d'affirmer que "l'Amérique a une mission à accomplir, qu'elle est porteuse de valeurs universelles adaptées aux aspirations et aux besoins des peuples", de porter la conviction "que la promotion de la démocratie, fût-ce à la pointe des baïonnettes, est dans l'intérêt des Etats-Unis et de leur sécurité".
Le discours du Premier ministre de Nicolas Sarkozy a d'ailleurs clairement entériné cette vision d'une "Amérique dominant et modelant le monde entier selon ses propres idéaux", en justifiant par le concept douteux de "guerre contre le terrorisme" l'envoi de soldats français supplémentaires en Afghanistan,.
Il a déroulé la théorie de l'existence de blocs en guerre les uns contre les autres, matrice du fameux "choc des civilisations", que la France voulait jusqu'ici éviter à tout prix. Le 8 avril 2008, François Fillon, connu pour ses discours caricaturaux sur la gauche et ses dérapages verbaux à répétition, a donc cru bon d'asséner dans l'enceinte même de l'Assemblée nationale:
"Mesdames et Messieurs les députés,
Nous sommes en Afghanistan parce que 11 septembre 2001
n'était pas seulement un signal sanguinaire adressé aux Etats-Unis.
C'est aussi un affront lancé à toute la communauté internationale.
Ce qui est arrivé à New-York aurait pu, et pourrait toujours, arriver à Paris (sic).
Il faut se souvenir de ce qu'est le terrorisme de masse, et il ne faut pas se leurrer
sur les objectifs meurtriers et méthodiques de ses auteurs.
Al-Qaïda hait et rejette tout ce qui n'obéit pas à ses desseins.
[...]
Cette motion de censure [contre la nouvelle politique étrangère de Nicolas Sarkozy]
est donc d'abord tournée vers ceux qui décidèrent avec courage et lucidité
d'engager la France dans un processus, certes difficile mais juste.
[...]
Al-Qaïda et les talibans n'ont que faire de ces formules [celles de la gauche affirmant qu'il ne
fallait pas "ajouter la guerre à la guerre"], qui, au demeurant, ont toujours
servi à la victoire des dictatures et à la défaite des démocraties."
Tout y est:
les attentats du 11 septembre 2001 ne doivent pas être compris dans leur complexité, au confluent des rapports entre les Etats-Unis, l'Arabie Saoudite et le Moyen-Orient et d'un anti-américanisme haineux qui prend pour part sa source dans la politique menée par les Etats-Unis au Moyen-Orient ou encore dans le Golfe Persique
il faut comprendre le 11-Septembre non pas comme une tragédie nationale subie par les Etats-Unis, dont nous avons été et sommes solidaires, mais comme un évènement à l'échelle ipso facto "universelle", frappant selon Fillon la "communauté internationale" soit, en vérité, le "bloc occidental" et ses alliés, de fait opposé à un "autre bloc compact hostile"
les attentats multiples ayant frappé la France au cours des 30 dernières années n'avaient pourtant pas appelé une guerre parce qu'ils étaient compris comme une atteinte à l'intégrité nationale à laquelle l'OTAN devait demeurer étrangère, mais contre laquelle tous les moyens de "police" - renseignements, actions des services secrets - nationaux et alliés, tous les efforts diplomatiques - officiels ou officicieux - étaient mis en oeuvre
l'"exceptionnalisme américain", théorisé par les néoconservateurs, par contre, justifie qu'une attaque contre la nation états-unienne prenne la dimension d'une "guerre mondiale" (sic)
la France donc serait prise, bien qu'elle n'ait pas, pour l'instant, été frappée par Al Qaeda, dans un "processus" dont on ne connaît ni les buts militaires ni les limites - l'Afghanistan, le Pakistan? Tout refus d'intégrer ce mystérieux "processus", tout rejet de l'alignement sur l'interprétation en termes de guerre du terrorisme, constituent un manque de "courage" et de "lucidité" (sic).
la guerre en Afghanistan, toujours dans la bouche de François Fillon, doit être entendue comme une guerre des "démocraties" contre les "dictatures", à l'échelle planétaire, logique hasardeuse qui suppose que la France fasse la guerre à la moitié des pays de la Terre...
Pour comprendre l'inanité de la notion de "guerre globlale contre le terrorisme", appliquée à l'Afghanistan, par l'exécutif français lui-même, il faut prendre le temps d'écouter divers spécialistes, chacun dans leur domaine respectif, évoquer une situation éminemment complexe. Irréductible aux fumeuses théories de la "lutte pour l'expansion de la démocratie" ou de la "lutte du Bien contre le Mal".
Vidéo envoyée par Homer-Dalort
Le 3 avril 2008, l'émission Ce soir ou jamais diffusée sur France 3, était consacrée à la situation afghane. L'inanité de l'application à celle-ci du concept de "guerre pour la civilisation" ou de "guerre globale contre le terrorisme" y était clairement mise en évidence...
L'Europe entière, qui n'en finit pas de se lamenter masochiquement sur son passé colonial, connaît pourtant bien les rengaines et les dangers drainés par tout messianisme civilisationnel expansionniste. Pas M. Sarkozy.
Voilà quelle vision du monde et option géostratégique majeure la France, en réintégrant le commandement de
l'OTAN, valide, renonçant à toute option différente. Le problème n'est pas tant quantitatif, logique ou de "bon sens", il ne s'agit pas de savoir si les Etats-Unis sont oui ou non nos alliés. Il s'agit avant tout de savoir si la France a encore une vision du monde, des rapports Nord-Sud, du dialogue entre les différents pôles émergents, une proposition de civilisation conforme à des principes et à des "valeurs" propres et différenciés mais aussi au droit international, une réponse intelligente face au défi du terrorisme mondialisé.
La vision manichéenne et messianique du monde et de l'"Occident" a pourtant déjà échoué en Irak, comme elle est en train d'échouer en Afghnanistan. Les pays qui s'y sont ralliés, le Royaume-Uni et l'Espagne, ont en outre été frappés par des attentats sanglants, que leurs auteurs ont justifié par la guerre en Irak.
Sont-ce là la place et l'avenir de la France? Pour Nicolas Sarkozy et ses ouailles: clairement " oui "...
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En d'autres temps, le pilotage par le président de la République - qui est le "chef des armées" (art. 15 de la Constitution) - de la politique militaire française depuis un pays étranger, en l'occurence l'annonce de l'envoi de soldats français au front afghan depuis Londres, aurait été vécu comme un scandale national. C'est avec effarement que les députés et sénateurs français ont vu Nicolas Sarkozy donner la primeur de sa nouvelle politique étrangère aux parlementaires britanniques puis lors du sommet de Bucarest.
De plus, le président a justifié le retour de la France au sein du commandement intégré de l'OTAN par la construction d'une improbable défense européenne. Comme l'a souligné le Premier secrétaire du parti socialiste le 8 avril 2008, à l'Assemblée nationale, en vérité, "nous allons donner un autre cours à la construction européenne qui ne sera qu'un pilier du monde occidental au lieu de constituer une capacité autonome de décision".
Les contraintes qu'imposera inévitablement à la France sa réintégration dans le commandement militaire de l'OTAN - largement dominé par les Etats-Unis - change de fait la nature du projet d'une défense européenne. Le rapprochement avec les Britanniques et leur politique, jusqu'ici calquée sur celle des Etats-Unis d'Amérique, vide en amont de son sens ce projet toujours repoussé.
Dans cette nouvelle défense européenne "occidentaliste", c'est-à-dire identique à celle des Etats-Unis d'Amérique, la France aura perdu tout le poids de la parole qu'elle conservait encore.
Parole et action qui, dans les régions les plus compliquées du monde, où sévissent des conflits cruciaux pour la paix du monde, avaient jusqu'ici prouvé, à long terme, leur pertinence - que l'on pense seulement à la nécessité de la cohabitation d'un Etat palestinien à côté de l'Etat d'Israël, dont la reconnaissance et la sécurité restaient les préalables, aujourd'hui reconnue par toutes les parties, affirmée par la France depuis des décennies et conspuée en son temps; que l'on songe aux conditions du déclenchement de la guerre en Irak en 2003 et à la façon dont elle a été conduite, jugées imprudentes par la France et l'Allemagne, et dont aujourd'hui tout le monde s'accorde à dire qu'elles ont conduit à un fiasco durable.
Insidieusement, nous assistons à un alignement idéologique catastrophique, à une identité de vue inédite entre la France, les Etats-Unis et leur allié européen britannique - comme si l'exécutif français n'avait plus de projet en matière étrangère -, alignement dont les effets se manifesteront très vite en Afghanistan. Et ce par la volonté présidentielle, celle de Nicolas Sarkozy et de son aéropage de conseillers atlantistes.
La confusion conceptuelle qui préside à la conduite de la politique militaro-diplomatique états-unienne imprégnera désormais la politique française suiviste. Les risques de brouillage entre l'ethnique, le religieux, le communautaire ne trouveront plus de contradicteur. En tout cas pas en France, où la politique de défense, de promotion et de renforcement des Etats reconnus par la commaunauté internationale, le souci du respect du droit international censé réguler à terme leurs relations, l'aide apportée dans de nombreux pays aux forces politiques laïques et de progrès, sont des positions mortes et enterrées.
La guerre civile ethno-religieuse qui sévit aujurd'hui en Irak, résulte pour part de l'application des stratégies états-uniennes à la gestion de ce pays après le renversement de Saddam Hussein. La dissolution de l'armée irakienne, le conflit sanguinaire entre chiites et sunnites, ne sont que des exemples parmi d'autres de l'ineptie des vues comme de la philosophie politique de l'administration Bush. Les gens votent, certes, mais ils s'entretuent avant tout. Les envolées lyrico-messianiques sur la démocratisation du Moyen-Orient ne résistent pas à la réalité politique complexe de la région. La démocratie sans Etat est un leurre.
En outre, le ralliement de la France, et plus largement de l'Europe, aux visions et visées stratégiques de Washington donnera de l'Occident l'image d'un seul bloc unifié, "en guerre globale pour la civilisation", laquelle, malheureusement, fait comme écho à la propagande islamiste qui instille l'idée qu'un camp de Croisés combattrait l'islam. La France, alignée, prend le risque gravissime de se laisser entraîner dans des conflits sans fin qui s'apparenteront bel et bien, nonobstant les dénégations de M. Sarkozy ou de M. Fillon, au fameux "clash des civilisations".
Enfin, le leadership de l'Occident est donc abandonné aux seuls Etats-Unis d'Amérique, ce que redoutaient en leur temps tant les présidents états-uniens que français: c'est le contenu évident, vu le rapport de force, de l'occidentalisme.
A long terme cette situation de domination unilatérale à l'Ouest provoquera l'aggravation du déclin de la France et de l'Europe, la dissolution de leurs concepts en politique étrangère ou en matière de diplomatie dans une OTAN semblant reléguer l'ONU à l'état d'une impuissante Société de protection des peuples. Face aux velléités russes ou chinoises, rien de moins inquiétant. L'extension des thèses néoconservatrices en matière étrangère - ce qui n'a rien à voir avec ces mêmes thèses dans le domaine de l'organisation interne de l'Etat, de la société et de la vie politique - ne présage rien de bon.
Quant à la France, elle risque gros pour son image, son "âme", ses soldats comme pour la sécurité de son territoire et de ses ressortissants. La fascination sarkozienne pour la puissance aura pour résultat l'enterrement de ce qui restait de puissance à la France...
MESSAGE DE NICOLAS SARKOZY AUX LYCEENS EN GREVE: FIN DE NON-RECEVOIR
En substance, le président de la République, Nicolas Sarkozy a opposé, lors de son entretien télévisé du 24 avril 2008, une fin de non-recevoir aux revendications des lycéens - en grève depuis des semaines dans la France entière - , tout comme aux inquiétudes des parents d'élèves, de leurs parents et des personnels de l'Education nationale.
Les manifestations lycéennes pour le maintien des postes dans l'Education nationale secouent la France entière: l'Elysée reste sourd.
Les 11 000 suppressions de postes - ou non renouvellement - auront bien lieu:.
Vidéo envoyée par ZappeurLePost
Malgré la surdité gouvernementale et élyséenne, le mouvement s'élargira aux écoles primaires puisque cinq fédérations de l''éducation appellent à faire grève le 15 mai 2008, pour protester contre la politique de restriction budgétaire et la politique éducative du gouvernement.
24 avril 2008
LE CONCOURS DES CANICHES DE BUSH EST OUVERT: BERLUSCONI OU SARKOZY?
Avec la victoire en Italie, les 13 et 14 avril 2008, de Silvio Berlusconi, allié des Etats-Unis dans la guerre en Irak, avec l'annonce récente du président de la République française, Nicolas Sarkozy, de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'OTAN et de l'envoi de soldats français au front afghan de la "guerre contre le terrorisme", l'Europe idéale de George W. Bush prend corps, alors que celui-ci s'apprête, hélas pour eux, à quitter la Maison-Blanche.
Le concours des caniches est donc ouvert, mais personne ne sait qui, de Hillary Clinton, de John Mc Cain ou de Barack Obama, en sera le maître...
19 avril 2008
NICOLAS SARKOZY NETTOIE LES FAMILLES AU KARCHER ULTRA-LIBERAL
Alors que la presse recense les soi-disant "couacs" à répétition du gouvernement nommé par Nicolas Sarkozy au sujet de la politique dite "familiale", la cohérence fondamentale du programme Sarkozy apparaît nettement. Ses conséquences en matière familiale s'inscrivent dans une politique de destruction des solidarités nationales au profit d'une politique du tout-économique désastreuse dans tous les domaines: réduction des allocations familiales - à défaut de leur suppression pure et simple - , volonté de supprimer toutes les aides directes ou indirectes assumées jusque-là par l'Etat: carte de réduction dans les transports, redevance télévision imposée aux personnes âgées, étiolement continu du pouvoir d'achat des ménages, taxes sur la Santé, remise en cause du remboursement des soins optiques ou dentaires, - qui prénaliseront notamment les enfants, relèvement du plafond des revenus pour l'accès au logement social etc. La triste vérité est que la favorisation des couches les plus riches du pays et des rentiers, le culte du travail et de la consommation de masse comme seuls domaines d'épanouissement de la vie humaine ne peuvent qu'entraîner l'abandon de la politique familiale qui, depuis des générations, permet à la France d'afficher une démographie plus ou moins élevée. Laquelle permet aussi d'assurer les moyens futurs d'une politique de redistribution des richesses et de maintien des solidairtés inter-générationnalles. Ces politiques pénaliseront évidemment les familles nombreuses, et, majoritairement, les familles populaires...
HANNAH ARENDT
" La société de masse détruit non seulement le domaine public mais aussi
le privé:
elle prive les hommes non seulement de leur place dans le monde
mais encore de leur foyer où ils se sentaient jadis protégés du monde,
et où, au moins, même les exclus du monde pouvaient se consoler
dans la chaleur du foyer et la réalité restreinte de la vie familiale."
Condition de l'homme moderne.
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La droite traditionnelle est en train de perdre une nouvelle bataille face au sarkozysme triomphant.
L'immoralisme économique qui y préside n'a pas de limites et, par définition, détruit toutes les "valeurs".
La famille, longtemps perçue, à tort, comme l'apanage de la droite, est, dans la perspective idéologique et politique sarkozyste, un obstacle comme un autre à l'encouragement de l'individualisme consumériste, tout comme à celui de la rente et de la finance, directement liées au marché et à la bourse.
DE LA DISSOLUTION DU FOYER ET DE LA PROPRIETE PRIVEE DANS L'ECONOMIE FINANCIARISEE...
La propriété privée, que les ultra-libéraux, telle Margaret Thatcher en son temps,
prétendaient fallacieusement défendre, "tous les Britanniques doivent devenir propriétaires" - slogan repris in extenso par Nicolas Sarkozy - , a déjà été détruite par leur politique.
La facilitation des prêts aux primo-propriétaires, loin de "démocratiser" la propriété privée, la fragilise encore un peu plus en l'exposant au risque des fluctuations des taux d'intérêts, désormais plus ou moins liés à la conjoncture financière mondiale.
Comme le soulignait Hannah Arendt, l'existence de la propriété privée, lieu sacro-saint protégé du
marché, de la société comme de l'intervention de l'Etat, posait un problème dès l'origine au système capitaliste et à sa société marchande de travailleurs-consommateurs. Dans Condition de l'homme moderne, paru en France en 1961, Arendt d'expliquer que l'expropriation du paysannat fut le moteur de l'expansion capitaliste, potentiellement illimitée. "L'expropriation consistant à priver certains groupes de leur place dans le monde et à les exposer aux exigences de la vie, a crée à la fois l'accumulation originelle de la richesse et la possibilité de transformer cette richesse en capital", d'où la misère qui frappa le paysannat transormé en nouvelle classe urbaine laborieuse.
L'établissement d'une société de travailleurs-consommateurs, pour laquelle le seul but de la vie humaine serait de travailler-pour-pouvoir-se-maintenir-en-vie - traduit par le slogan-phare de la campagne de Nicolas Sarkozy, " travailler plus pour gagner plus " - " le caractère de processus qui distingue le travail, la contrainte, l'impitoyable poussée qu'exerce constamment sur le travail le processus vital, rencontre un obstacle dans l'acquisition de la propriété".
Une famille modeste pleinement propriétaire est en effet une aberration pour une société dont l'idéal est le travail et la consommation ad vitam aeternum, pour se loger, pour se nourrir, pour déféquer puis travailler à nouveau pour continuer à habiter un lieu sur cette Terre, y manger à nouveau etc. jusqu'à ce que mort s'ensuive. Celle-ci ne serait-elle pas tentée par l'" oisiveté "? Que rapporterait-elle à la société financiarisée?
Inventer une propriété fictive, fiduciaire, livrée aux aléas du marché, était donc pour cette société un défi à relever.
C'est
pourquoi "la transformation des biens immeubles en biens meubles [...] aboutit à priver de signification la distinction entre propriété et richesse, [il faudra être riche pour être propriétaire], entre les fungibiles et les consumptibiles du droit romain, tout ce qui est tangible, fungibiles, étant devenu objet de consommation". La propriété a perdu sa valeur d'usage privé, qui était déterminée par son emplacement, pour prendre une valeur exclusivement sociale déterminée par sa perpétuelle mutabilité, la fluctuation des échanges ne pouvant être fixée temporairement que par rapport à un dénominateur commun, l'argent".
Lieu prétendu de la sécurité et de l'épanouissement de la vie familiale ou du foyer, on pourrait
même dire que l'antique propriété privée, la plus modeste chaumière, n'existent plus, comme l'a montré aux Etats-Unis la crise des subprimes, ces prêts hypothécaires à intérêts exorbitants et à durée illimitée qui entraînent l'expulsion de leur logement de familles entières, incapables d'honorer le remboursement de leurs prêts, transformés en "dettes".
En fait, dans ce système financiarisé, une famille n'est propriétaire que virtuellement, par procuration, à condition de pouvoir rembourser des prêts de plus en plus élevés, pour le plus grand profit des banques prêteuses et au risque pour les familles de tout perdre pour se retrouver à la rue. Le retour des taudis et des bidonvilles est pour demain, au sein des économies soi-disant les plus "riches" d'Occident...
Les tentes ou pourquoi pas le "reour aux cavernes", avenir de l'humanité des exclus?
... A LA DISCLOCATION DES FAMILLES
Dans ce contexte, raréfier et rendre l'accès au logement social locatif de plus en plus difficle est une politique sarkozienne catastrophique de plus. Laquelle affectera directement les familles moyennes.
Après la destruction du foyer, via la mise sur le marché de la propriété privée par prêts interposés, le
démantèlement de la famille est une nécessité pour la droite ultra-libérale, nonobstant toutes les coquecigrues de Nadine Morano, secrétaire d'Etat en charge de la Famille.
Dans cette logique étriquée, inhumaine, antisociale et du court terme, la famille en tant que telle, devient improductive, non rentable voire coûteuse en regard du budget de l'Etat, gravement creusé par la politique économique inique et inefficace menée conformément au programme de Nicolas Sarkozy.
La nécessité de la dislocation de la famille apparaît enfin clairement, puisque la "famille de facture bourgeoise" n'est plus une garantie pour l'ordre social établi. Transformer chacun des membres de la famille en un consommateur ou un travailleur potentiel, au premier chef les enfants et les "adolescents" et en dernier lieu les grands-parents, est le but non avoué d'une part du bras armé de la société de masse de consom-munication: la publicité et d'autre part de la politique de remise en cause des retraires.
L'érection des enfants au grade de consommateurs est ainsi la cause de multiples conflits intra-familiaux, phénomène très concret que la simple observation des disputes entre enfants et parents dans ce rituel que sont devenues "les courses" vient confirmer. L'effondrement de l'autorité parentale, censée mettre à l'abri des tentations sans limites de la société de consommation, en est l'une des conséquences les plus gravissimes dans un pays auquel son président a promis une "politique de civilisation" ou encore la "restauration de l'autorité parentale".
La suppression des allocations familiales serait l'idéal à atteindre, si les risques d'anomie qu'une telle mesure
impliquerait n'étaient pas si grands. Quoi qu'il arrive, à court terme, les familles nombreuses modestes n'ayant pas les moyens d'épargner, elles continueront à consommer, selon la logique froide des hérauts de l'ultra-libéralisme.
L'autre conséquence d'une politique anti-familiale serait d'accélérer la démolition du système de solidarité nationale français, une diminution de la natalité entraînant à long terme l'assèchement des caisses de retraites comme de toutes les rentrées d'argent que permet une authentique politique familiale. La privatisation de tous les système d'aides, la mort annoncée de la retraire par répartition apparaîtraient alors comme la seule solution.
S'agissant des personnes âgées, on retiendra de la politique sarkozienne qu'il s'agit, d'abord de faire stagner leurs
retraites - avec une revalorisation de seulement 1,1 % pour janvier 2008, trahison d'une promesse de campagne d'augmentation de 25 % - doublée d'une volonté de les faire travailler le plus tard possible, en repoussant toujours plus l'âge légal de la retraite ou en trouvant les moyens de les faire travailler encore - toujours au nom du sacro-saint "gagner plus ".
Le 29 mars 2008, des milliers de retraités ont manifesté dans toute la France pour défendre l'âge légal de la retraite à 60 ans et pour rappeler à Nicolas Sarkozy sa promesse de campagne d'augementation de 25 % des petites retraites. Jobards de l'actuel président de la République, ils avaient, selon les analyses électorales, massivement voté pour lui...
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Fin janvier 2008, Ségolène Royal, ex-candidate socialiste à la présidentielle, dénonçait la politique sarkozienne en matière d'éducation et revenait également sur la trahison du président de sa promesse de campagne de revaloriser de 25 % les petites retraites.
La tendance à la recomposition des familles grâce au rôle accru et renouvelé des grands-parents est donc brutalement mise à mal. La nouvelle cellule familiale s'en trouvant encore fragilisée.
En attendant, dans une conjoncture plus que mauvaise, où les familles, les foyers ou les ménages modestes - peu importe le nombre d'individus concernés - subissent de plein fouet la hausse des prix, la cohérence de la politique sarkozienne affleure à travers les diverses pistes étudiées pour soi-disant assainir la dépense publique:
suppression de la carte de réduction pour les transports des familles nombreuses annoncée le ... par Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, concerne plus de 3 millions de personnes
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relèvement du plafond des ressources de 10 % pour l'accession au parc locatif social et diminution des aides au logement (APL) qui soulagent nombre de Français ou leur permettent tout simplement de se loger et de ne pas basculer dans la rue:
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déremboursement des soins dentaires et optiques par l'Assurance maladie, lesquels concernent 1 Français sur 2 et notamment les jeunes enfants, annoncée par Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports et et de la Vie associative, "mère" des franchises médicales, première étape de la privatisation de la Sécurité sociale, le 13 avril 2008:
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diminution drastique des allocations familiales: dans un projet de décret, au 1er mai 2008, on apprenait que "l'âge à partir duquel les enfants ouvrent droit à la majoration des allocations familiales est fixé à quatorze ans", au lieu de onze ans jusqu'à présent. Plus de 4,5 millions de familles de deux enfants ou plus sont concernées car elles perdront entre le onzième et le quatorzième anniversaire près de 600 euros.
Sur ce sujet, on notera d'ailleurs que c'est un discret décret qui a tranché.
Pourtant, le 7 novembre 2007, l'actuel ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité, Xavier Bertrand avait promis l'inverse, dans l'enceinte de l'Assemblée nationale:
"Si on dit la vérité [...] rien, rien ne sera changé pour les familles qui touchent aujourd'hui cette allocation familiale dès 11 ans."
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Les affirmations d'un ministre de la République, devant la représentation parlementaire, sur le maintien tel quel voire l'amélioration des allocations familiales, sont aujourd'hui discrètement enterrées par décret... Immoralité politique, quand tu nous tiens!
Le problème de ce gouvernement n'est pas tant la cohérence ou la solidarité gouvernementale,
principes battus en brèche dès l'annonce de l'"ouverture-imposture", mais l'immoralisme discursif et la lâcheté politique. Pourquoi ne pas assumer le caractère thatchérien d'une politique qui, rigueur ou pas rigueur, crise économique mondiale ou non, était contenue dans le programme du candidat Nicolas Sarkozy.
Margaret Thatcher, dans ses Mémoires, 10 Downing Street: écrivit ces quelques lignes, qui ont le mérite d'être claires:
"Nous visions une nouvelle politique de l'aide sociale: rompre la dépendance visà-vis de l'Etat et encourager l'autonomie, utiliser au mieux les ressources des organisations bénévoles comme l'Armée du Salut."
Les bénévoles appelés à calfeutrer les brèches entamées dans les politiques sociales?
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Le débat lancinant ces dernières années sur le "modèle social français" est donc clos. Il est au mieux dans le coma jusqu'en 2012, au pire définitivement mort et enterré, principes et politiques compris.
Les débats fumeux sur la cacophonie communicationnelle du gouvernement cache mal la cohérence d'une politique de démolition de l'ensemble du pacte social républicain. L'art. 1er de la Constitution, qui pose que "la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale" tombera-t-il bientôt en désuétude?
Les discours compassionnels de tel ou tel ministre, la glorification par Nicolas Sarkozy ou Rachida Dati des dites "victimes" dissimulent assez mal l'escroquerie fondamentale et originelle d'une vision ultra-libérale du monde et des communautés humaines, dévoyant et aveulissant tous les principes élémentaires d'humanité.
Philosophiquement parlant, la contradiction entre le libéralisme économique et la civilisation républicaine est patent dès l'origine.
Nous avons vu que la droite ultra-libérale avait consciencieusement aboli la propriété privée tout en prétendant, au nom du conservatisme dont elle se prévalait, la "démocratiser".
Aujourd'hui en France, la politique sarkozienne s'attaque aux familles, feu pré carré d'une certaine droite, et ce par tous les côtés. Tout en injuriant le passé, elle insulte désormais l'avenir, le tout pour réparer de grossières erreurs de gestion économique - le paquet fiscal notamment. Car à s'attaquer aux familles, des enfants aux personnes âgées, on prépare un avenir des plus sombres pour nos successeurs. La politique de démantèlement de l'école de la République va d'ailleurs dans ce sens.
Autorité, parentalité, solidarité, civilisation, culture, éducation, propriété, service public: autant de coquilles vides d'un discours qui cache mal la réalité d'une politique anti-sociale à rebours de l'histoire... Inauguration d'une société où les plus riches s'encanailleront sur le dos voûté, non seulement des plus pauvres, mais aussi des classes moyennes paupérisées...
16 avril 2008
JEAN-MICHEL APATHIE ET SES RAISONNEMENTS CREUX SUR LA POLITIQUE...
Dans une société de masse de consom-munication, les médias fondés sur l'image et le son, la radio, la télévision et bien entendu Internet, qui permet la fusion des deux, sont devenus de vrais lieux de pouvoir. C'est là que, depuis longtemps, l'opinion, pour partie, trouve arguments et contre-arguments à telle ou telle vision du monde plus qu'à la lecture de la presse. La politique, en France, n'échappe pas, bien au contraire, à cette nouvelle donne. Ce qui semble plus récent est le mélange des genres télévisuels, qui pose, dans une nation politique comme la nôtre, de graves problèmes. Car c'est sur les plateaux d'émissions télévisées de divertissement, entre deux entretiens avec telle ou telle star, vedette du monde des arts ou des sports, qu'officient un certain nombre de journalistes politiques. Le peu de temps qui leur est imparti, entre deux sujets non politiques, pour "analyser la situation du pays", loin d'affaiblir leur influence, semble la grandir. L'audience est d'autant plus large que les émissions sont populaires et divertissantes. La brièveté de leur temps de parole leur permet d'envoyer des messages courts, qui, au milieu de discussions futiles, apparaissent, sous couvert de leur "expertise", de leur "intelligence" et de leur "sérieux" supposés, comme autant d'oracles, de leçons de morale publique plus pontifiantes les uns que les autres. La capacité critique des spectateurs, loin de s'en trouver augmentée, s'en trouve bien plutôt anesthésiée... Le cas de Jean-Michel Apathie, officiant sur Canal plus, dans l'émission Le Grand journal, est à cet égard édifiant. Le lot de bêtises qu'il délivre chaque semaine ne trouve que rarement contradicteurs... Les animateurs de l'émission boivent trop souvent ses paroles, même les plus sottes, comme du petit lait...
JEAN DE LA BRUYERE
" Le sublime du nouvelliste est le raisonnement creux sur la politique."
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Les Caractères,
"Des ouvrages de l'esprit".
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QUAND JEAN-MICHEL APATHIE DEFEND ARLETTE CHABOT ET LA CONNIVENCE POLITICO-MEDIATIQUE... AU DETRIMENT DE LA DEMOCRATIE
14 avril 2008, Canal plus, le Grand journal: alors que le thème de la première partie de
l'émission porte en partie sur la place des femmes en politique, arrive le temps de l'oracle. Jean-Michel Apathie se livre à sa "chronique" ou à son "commentaire politique", entre deux séquences d'humour, d'ailleurs très incisives...
Au milieu d'un discours assez convenu sur le "machisme" ambiant dans la vie politique
française, Apathie-le-donneur-de-leçons de nous glisser, comme par hasard, un message bien pesé, pour laver la directrice de l'information de France 2, Arlette Chabot, des soupçons pesant sur elle de connivence avec l'UMP, parti de Nicolas Sarkozy.
Prétendant ouvrir un débat sur le reproche fait aux femmes politiques de faire la bise, éventuellement à des hommes politiques d'un autre bord - en l'occurence l'actuelle secrétaire d'Etat en charge de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet avec José Bosé, figure emblématique de l'écologie et de l'altermondialisme - M. Apathie de taxer de "bêtise" les téléspectateurs de France 2 qui avaient reproché à Arlette Chabot, journaliste du service public, sa bise, en direct, sur son plateau de télévision, à Jean-François Copé, un des caciques de l'UMP.
Vidéo envoyée par w00style
Le 19 octobre 2006, à l'issue de son émission politique, A vous de juger, Arlette Chabot, organisatrice en chef des débats politiques impartiaux de France 2, faisait la bise en direct de Jean-François Copé, le très ambitieux maire UMP de Meaux, ancien ministre sous Jacques Chirac et porte-parole du gouvernement Raffarin.
Verbatim: "Kosciusko-Morizet connaît Bové depuis 10 ans donc quand ils se voient ils se font la bise […] ce qui est normal et ordinaire."
"Mais je me souviens qu’Arlette Chabot […] a eu beaucoup de problèmes quand terminant une émission à la télévision Mots Croisés elle fait une bise à Jean-François Copé et les téléspectateurs de France Télévision se sont déchaînés pendant des semaines: cette bise est indigne. Comme quoi vous savez la bêtise elle est un peu partout hein."
Par un de ces raccourcis hasardeux dont il est coutumier, M. Apathie mettait dans le même panier une responsable politique et une journaliste. L'argument, comme trop souvent, est spécieux car:
Arlette Chabot n'est pas une responsable politique - en tous cas pas pour l'instant - mais une journaliste
le fait que des personnalités politiques de différents bords parlent ensemble de sujets auxquels ils tiennent, au-delà de leurs divergences, n'a rien à voir avec le journalisme
le journalisme politique, de surcroît sur le service public de l'audiovisuel, suppose une éthique faite de neutralité, d'impartialité avec un traitement à égalité de toutes les tendances politiques et de leurs représentants
l'amitié entre hommes, femmes politiques et journalistes doit rester de l'ordre de la vie privée et n'a pas à polluer ou biaiser le débat démocratique.
S'agissant de Mme Chabot, il faut se rappeler qu'elle était commise à l'organisation et à la présentation du débat














