Depuis des mois, le débat public en France, sur des sujets majeurs -tests ADN, statistiques raciales, réception en grandes pompes du dictateur libyen- semblent se dérouler, sans que personne ne s'en offusque, dans le huis clos du Conseil des ministres, au palais de l'Elysée. Puis illico presto dans les grands médias... Au risque extrêmement grave, en ces temps de médiatisation et de personnalisation outrancières de la vie politique, de faire croire aux Français qu'il n'existe pas d'opposition politique en France.

Et c'est bien là tout le but de la fausse "ouverture" entamée par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy, dès la composition de son premier gouvernement. Pratique antidémocratique qu'il a annoncé vouloir poursuivre pour 2008, lors de ses voeux à la nation.

Il serait donc temps d'ouvrir les yeux et de condamner ouvertement ce qui est n'est en rien une "ouverture" mais un véritable déni constitutionnel et démocratique, un hold-up mené par le seul président sur le Parlement, les partis politiques et autres acteurs de la vie démocratique et sociale... Pour mieux liquider les fondamentaux de notre culture républicaine... 

CHARLES DE GAULLE 

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"Si je n'avais pas tendu la main aux communistes [...], nous n'aurions pas relevé nos ruines comme nous l'avons fait". 

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C__tait_de_GaulleCharles de Gaulle, 

cité par Alain Peyreffite, 

in C'était de Gaulle 

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LES FAUSSES POLEMIQUES INTRA-GOUVERNEMENTALES, EFFETS MEDIATIQUES GARANTIS, CONSEQUENCES POLITIQUES NULLES: 

DES MINISTRES MARIONNETTES... 

Charlie_Habdo_ADNLe 9 octobre 2007, Fadela Amara, secrétaire d'Etat "d'ouverture" à la Ville du gouvernement Fillon, nommée Fadela_Amara_solidaire_des_tests_ADNpar M. Sarkozy, créait une  pseudo polémique en qualifiant de "dégueulasse" [...] le fait que le gouvernement dont elle est un des membres solidaires, "instrumentalise l'immigration", dans sa dernière loi sur "l'immigration choisie". Elle vitupérait, s'agissant d'un des amendements à celle-ci, introduisant le tri sélectif des postulants au regroupement familial par l'usage des tests ADN: "l'ADN, je ne suis pas d'accord parce qu'on touche à quelque chose qui n'est pas bon pour le pays". 

Conséquence "télé": un matraquage médiatique et des débats sans fin sur l'emploi d'un mot argotique dans la bouche d'une secrétaire d'Etat. Un rendez-vous avec le premier ministre... Mme Amara se ravisait et demeurait solidaire du gouvernement... 

Résultat politique: aucun, zéro. 

Test_adn_buccalLes tests ADN ne seront pas retirés par le président de la République, comme le lui demandait un front Fran_ois_Bayrou__Fran_ois_Hollande__Laurent_Fabius__au_meeting_antiADN__le_14_octobre_2007républicain regroupant des députés et sénateurs UMP, Nouveau Centre, MoDem, PS, PC, PRG, Mouvement républicain et citoyen, d'extrême gauche, des vedettes -comme Carla Bruni, actuelle "fiancée de Nicolas Sarkozy-, des responsables associatifs et les instances religieuses, de grands acteurs et artistes et même le New York times, qui osait, dans un édito d'une rare véhémence, établir un lien entre Vichy et cette mesure attentatoire à la dignité humaine... 

In fine, le Conseil constitutionnel validait cette nouvelle pratique, certes plus encadrée que ne le préconisait l'amendement d'origine. Les tests ADN pourront être pratiqués au service du tri sélectif d'une partie des immigrés. 

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Puis, face à la perspective de la réception en grandes pompes du dictateur libyen, Mouammar Kadhafi, chantre etBernard_Kouchner_partisan_fervent_de_S_gol_ne_Royal financier historique du terrorisme international, le ministre "d'ouverture" des Affaires étrangères, ancien socialiste et droit-de-l'hommiste Bernard Kouchner, s'avouait pitoyablement "résigné" sur France Inter, le 10 décembre 2007. Celui-ci avait fait campagne, faut-il le rappeler, pour la candidate socialiste adversaire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, Ségolène Royal. 

Conséquence "télé": l'image d'un ministre qui ne renierait pas ses convictions tout en les mettant sous le boisseau pour se coucher devant la volonté présidentielle: drôle de schizophrénie... 

Résultat politique: aucun, zéro. 

Rama_Yade_la_tr_s_m_diatique__solidaire_de_la_venue_du_colonel_KadhafiMme Rama Yade, secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, "d'ouverture" elle-aussi, faisait la une du quotidien Le Parisien en y manifestant dans des termes très salés, son opposition à la venue du dictateur dans feu le pays des droits de l'homme. "Le colonel Kadhafi doit comprendre, osait-elle clamer, que notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits". Comminatoire, elle ajoutait que "la France ne doit pas recevoir le baiser de la mort", le jour d'un anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme. 

Conséquence "télé": tempête médiatique dans un verre gorgé d'eau couleur sang, journaux et télévision se faisant les relais d'une nouvelle polémique intra-gouvernementale d'une virulence toute sémantique. Félicitations naïves d'une partie de l'opposition de gauche, un sondage montrant que les Français partageaient le fond de sa diatribe, un rendez-vous à l'Elysée et Mme Yade changeait d'avis et se montrait bien plus circonspecte... 

Résultat politique: aucun, zéro. 

Le colonel Kadhafi est bel et bien venu essuyer ses pieds, non pas sur le "paillasson" qu'est devenue la France de Sarkozy, mais sur les tapis rouges déroulés en son honneur. Il aura même eu le bonheur d'être introduit en l'Assemblée nationale... Cinq jours d'humiliation pour la France des droits de l'homme, privée de vocation politique et de sa séculaire "diplomatie des valeurs", désormais apanage de nos amis allemands. 

Nicolas_Sarkozy_et_Mouammar_Kadhafi

Le voyage triomphal de Mouammar Kadhafi dans la France de Sarkozy 

...MARIONNETTES DE L'HYPER-PSEUDO-PRESIDENT 

Alors à quoi bon ces mots, ces tapages médiatiques, ces cris d'orfraie et ces jérémiades de ministres ou de secrétaires d'Etat plus ou moins issus de la gauche et en désaccord apparent sur des sujets fondamentaux de la politique actuelle de la France? 

A en croire Le Figaro du 14 décembre 2007, ces "couacs" gouvernementaux, ces désaccords brutaux et médiatiquement explosifs, profiteraient en fait à une seule et même personne, l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président, Nicolas Sarkozy.

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L'hyper-président ultra-incompétent, en intégrant des personnalités people ou des figures, à valeur médiatique ajoutée, dites "de gauche" à son gouvernement, pour mener une politique d'ultra-droite antirépublicaine, a réussi un pari: faire gober aux Français, aidé par l'incompétence du journalisme politique français et la soumission des grands médias, que l'opposition siégeait au gouvernement, et donc qu'il n'y avait plus d'opposition en France... Grave dérive antiparlementaire et antidémocratique... 

Celui-là même qui a nommé ces personnalités, dénuées de toute légitimité démocratique, au gouvernement. Le titre de l'article du Figaro, plus que son contenu, résumait bien la situation: "Rama Yade, la star rebelle du gouvernement"... Tout un programme, savamment orchestré. 

Logo_du_Figaro

Quelle peut donc être la fonction de ces colères très télégéniques?

A défaut de pouvoir sonder les âmes et les cœurs, le fait que ces personnalités ne démissionnent pas, restent en place et persistent à cautionner -tout en faisant semblant de la critiquer- la politique menée par le président Sarkozy, contre leur "for intérieur" et leurs convictions, sur des sujets hautement sensibles, nous permet de penser que l'"ouverture" a pour finalité une confiscation de la vie démocratique et du débat public du pays, au profit du seul président... 

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UNE CONFISCATION DU DEBAT DEMOCRATIQUE ET PUBLIC AU SEIN DU PALAIS DE L'ELYSEE ET DE SES RELAIS AUDIOVISUELS: 

Tout cela peut paraître grotesque ou immoral. Mais ces gesticulations ministérielles amplifient un phénomène désastreux aux niveaux politiques et démocratiques.

TF1La "télécratie", le déplacement de la vie publique vers les unes des journaux ou les plateaux Mde télévision, est le résultat de toutes ces prises de parole politiquement nulles et non avenues, au détriment de la représentation nationale, composée des élus du peuple au suffrage universel.

La démocratie se déplace et se dégrade en glissant du Parlement et des territoires vers les "mass media" de masse.

Tout cela participe ainsi de la "virtualisation" de la vraie politique, qui se joue sur le terrain bien concret des communes, des départements, des régions, de l'Assemblée nationale et du Sénat... La politique incarnée par des actes et des paroles en cohérence et non pas seulement par des slogans télévisuels ou des "coups médiatiques". 

Nicolas_Sarkozy__Bernard_Kouchner_et_Rama_YadeLe problème, qu'il convient de souligner ici, est qu'un ministre ou un secrétaire d'Etat, pris individuellement, n'a aucune légitimité démocratique, aucune légitimité populaire. Il n'est ni un élu ni un représentant du peuple. Il est en place, pour mettre en oeuvre la politique normalement conduite par le Premier ministre, sous l'autorité du président de la République. 

Ces personnes ne tirent en fait leur fragile légitimité que du bon vouloir du président de la République, de leur nomination entièrement discrétionnaire, à partir du moment où la fonction de premier ministre est écrasée, par le président. Leur destin ministériel est en fait suspendu à la décision présidentielle.

Carla_Bruni__top_model_et_fianc_e_de_Nicoals_Sarkozy__future_ministre_d_ouvertureAinsi le locataire de l'Elysée, pourrait, s'il le souhaitait et si ceux-là l'acceptaient, nommer Olivier_Besancenot__militant_anticapitaliste__futur_ministre_d_ouverturele premier mannequin venu à un poste de ministre de l'identité nationale, par exemple. Il pourrait nommer un militant anticapitaliste au ministère de l'Economie et des Finances. Rien, aucune instance démocratique ne l'en empêche à partir du moment où le premier ministre n'a plus d'existence politique réelle.

C'est ce que M. Sarkozy a très bien compris, en nommant des personnalités connues pour leur incompétence mais aussi pour leur télégénie remarquables et, bien entendu, pour leur soumission au "chef".

En appelant à la table du Conseil des ministres des personnalités de gauche, comme il l'a fait, M. Sarkozy n'a en rien mis en place une "politique d'ouverture". Il n'a fait qu'exercer ses prérogatives constitutionnelles: 

· article 8 : "Le Président de la République nomme le Premier Ministre. Il met fin à ses fonctions sur la présentation par celui-ci de la démission du Gouvernement.

Sur la proposition du Premier Ministre, il nomme les autres membres du Gouvernement et met fin à leurs fonctions". 

Si on ne peut reprocher ni empêcher le président de nommer qui bon lui semble, on ne peut pas, par contre, tolérerAll_gorie_de_la_Justice qu'il laisse ces personnalités monopoliser le débat médiatico-public, ni exprimer, dans une caricature de démocratie ou de débats d'opinions, leurs désaccords sur des sujets aussi graves que les droits de l'homme, l'immigration ou encore la conduite de la politique étrangère dans le pays.

Et ce, parce que la Constitution, si elle n'interdit pas à un ministre de s'exprimer librement, pose la responsabilité et la solidarité de l'ensemble du gouvernement, face au Parlement, et donc, au peuple. Si les ministres ont des comptes à rendre devant le peuple représenté, c'est en tant que membres solidaires d'une même équipe gouvernementale, dont ils assument, toutes, je dis bien toutes les mesures. 

UNE ATTEINTE GRAVE AUX PRINCIPES CONSTITUTIONNELS DE SOLIDARITE ET DE CO-RESPONSABILITE MINISTERIELLE ET GOUVERNEMENTALE: 

Le_gouvernement_solidaire_et_responsable_devant_le_Parlement_du_peuple

Un gouvernement est une équipe collective et solidaire nommée pour mettre en oeuvre les grandes orientations d'une seule et même politique, celles qu'a présentées le président de la République au peuple français. Si le Parlement le renverse, il est démis en bloc. Il ne s'agit donc pas d'un amas d'individualités faisant leur cuisine et leur publicité chacun dans leur coin, travaillant à son compte et non pour les Français. 

La_Constitution_de_la_Ve_R_publique_d_chir_eLa réalité légale, prévue par la Constitution, qu'aucun journaliste politique n'ose rappeler fermement -où ceux-ci sont-ils formés, on se le demande!- n'est pas la réalité de la politique-spectacle ou du cirque à paillettes. C'est cette réalité qui explique que les "coups de gueule" des ministres n'aient aucun poids politique et, plus grave pour les Français, ne changent rien à la politique désastreuse menée par l'actuel gouvernement.

La politique n'est ni une petite cuisine individualiste, ni un concours de "grandes gueules". Un ministre, tant qu'il ne démissionne pas, "appartient", au sens politique du mot, à un gouvernement. 

La Constitution, que beaucoup de ces personnalités au pouvoir semblent mépriser, à l'image du président Sarkozy, est de toute façon claire s'agissant de la responsabilité collective du gouvernement: 

· article 20: "[Le gouvernement] est responsable devant le Parlement dans les conditions et suivant les procédures prévues aux articles 49 et 50. 

· article 49: Le Premier Ministre, après délibération du Conseil des Ministres, engage devant l'Assemblée Nationale la responsabilité du Gouvernement sur son programme ou éventuellement sur une déclaration de politique générale.

· article 50: Lorsque l'Assemblée Nationale adopte une motion de censure ou lorsqu'elle désapprouve le programme ou une déclaration de politique générale du Gouvernement, le Premier Ministre doit remettre au Président de la République la démission du Gouvernement. 

· L'Assemblée Nationale met en cause la responsabilité du Gouvernement par le vote d'une motion de censure. Une telle motion n'est recevable que si elle est signée par un dixième au moins des membres de l'Assemblée Nationale. Le vote ne peut avoir lieu que quarante-huit heures après son dépôt. Seuls sont recensés les votes favorables à la motion de censure qui ne peut être adoptée qu'à la majorité des membres composant l'Assemblée. Sauf dans le cas prévu à l'alinéa ci-dessous, un député ne peut être signataire de plus de trois motions de censure au cours d'une même session ordinaire et de plus d'une au cours d'une même session extraordinaire.

· Le Premier Ministre peut, après délibération du Conseil des Ministres, engager la responsabilité du Gouvernement devant l'Assemblée Nationale sur le vote d'un texte. Dans ce cas, ce texte est considéré comme adopté, sauf si une motion de censure, déposée dans les vingt-quatre heures qui suivent, est votée dans les conditions prévues à l'alinéa précédent".

Bien entendu, un président de la République, digne de ce nom, respecte et prend en compte les résultats de l'élection présidentielle dans le choix de ses nominations. Suivant le fait démocratique majoritaire, il met en fonction des personnes compétentes et convaincues de la nécessité de la mise en oeuvre du projet présidentiel.

Jean_Marie_Le_PenM. Sarkozy, disposant d'une avance honorable sur son adversaire socialiste, Mme Royal, puis d'une majorité La_gauche_battue_au_second_tour_des_pr_sidentielles_de_2007législative à sa botte, a pourtant fait le contraire. Il a nommé "n'importe qui", non pas sur une base politique, celle annoncée et tranchée par le pays, mais sur une base médiatique et purement politicienne, purement stratégique. L'ouverture n'ayant à aucun moment été soumise clairement au choix des Français durant sa campagne, marquée à droite et même à l'  extrême droite. 

N'en déplaise à Fadela Amara, Bernard Kouchner ou encore Rama Yade, ils ne sont que les exécutants des orientations politiques choisies par le peuple français lors des élections au suffrage universel -présidentielle en premier lieu, législative dans une moindre mesure, sauf en cas de cohabitation.

Ils ne sont pas des petits présidents ou des petits premiers ministres en puissance, passant leur temps à abreuver les médias et les Français de leurs états d'âme. Ils n'ont pas à faire croire qu'ils influencent l'orientation politique du pays sous prétexte qu'ils sont reçus sur les plateaux de télévision ou font la une des quotidiens.

Le siège de la démocratie représentative n'est pas et ne peut pas être le gouvernement, qui mène une seule et même politique. Un ministre n'est qu'un des rouages d'une seule et même machine d'exécution. Le gouvernement n'est pas une assemblée démocratique. 

Conseil_des_ministres_du_gouvernement_Fillon

Le débat démocratique doit absolument se dérouler au sein du Parlement, de l'Assemblée nationale et du Sénat, ainsi que dans la société civile et même, dans les conditions prévues par la loi, dans la rue. 

H_micycle_de_l_Assembl_e_nationale

Les médias dominants, en jouant le jeu de la confiscation par le président du débat public, participent d'une grave dérive. Alors que la politique menée ne prend absolument pas en compte les orientations éventuellement contraires à celles du président, ils nous font croire que la pluralité n'est pas à l'Assemblée, qu'il n'y a pas d'opposition, que les députés ne font pas leur travail tandis que tout se passerait autour de Nicolas Sarkozy, à la table élyséenne du Conseil des ministres. 

Rachida_Dati_au_soixanti_me_anniversaire_de_Christian_Dior_en_2007L'hyper-personnalisation de la politique, la confusion des idées -le président voulant faire passer son Une_ministre_de_la_Justice_amoureuse_de_l_argent__des_bijoux_et_des_robes_de_luxegouvernement pour un gouvernement ni de droite ni de gauche ni du centre ou de tout à la fois-, le mépris pour les partis politiques, pourtant reconnus par la Constitution comme des acteurs de la démocratie, la médiatisation outrancière et vulgaire des ministres -notamment de Rachida Dati-, la focalisation des médias sur les faits et gestes de ces personnalités nommées nuisent gravement au politique et à la démocratie représentative, laquelle repose sur la légitimité de l'élection et non de la nomination. 

Votez_toutours__je_ferai_le_reste__affiche_de_mai_68Une fois de plus, les principes constitutionnels sont bafoués en France, au profit d'un président ainsi tout-puissant, qui prétend être le chef de la majorité UMP comme de l'opposition du centre et de la gauche, au moins en apparence. Il y a donc déni de démocratie implicite et piétinement manifeste de la Constitution qui régit cette même démocratie. 

Voilà la triste réalité de cette fausse "ouverture", qui n'est rien d'autre qu'une stratégie d'internalisation du débat démocratique au sein de gouvernement, de privation de visibilité du Parlement et des partis politiques, le tout étant possible parce que le président a les moyens de nommer qui il veut et parce que l'éthique politique, qui suppose responsabilité collective et sens de l'intérêt général, s'est effondrée en France.

Le président n'agit pas comme président mais comme candidat perpétuel à sa propre succession, l'écrasement continu de l'opposition en étant l'une des conditions. 

S_gol_ne_Royal_et_Fran_ois_Bayrou__opposants___Nicolas_Sarkozy

Depuis le 6 mai dernier, l'enjeu pour l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, Nicolas Sarkozy est de faire taire toute voix s'opposant à sa politique anti-républicaine. Il s'agit d'opposer un faux "consensualisme" médiatico-sondagier à tous les débats qui sont le signe d'une vraie démocratie. Ces débats passionnèrent les Français. Ségolène Royal et François Bayrou demeurent, malgré toutes les basses manœuvres sarkoziennes -fragilisation du Parti socialiste et attaque en règle contre le Modem de M. Bayrou-, deux grandes figures d'une alternative républicaine et démocrate à la désastreuse politique sarkozienne. 

Pourtant, l'histoire de notre pays peut nous éclairer sur ce que sont de véritables stratégie et politique d'"ouverture", pratiquées à plusieurs reprises et sous différents régimes, même si le mot d'"ouverture" n'était pas forcément employé. 

QU'EST-CE QU'UNE VERITABLE OUVERTURE?: 

LA TENTATIVE MITTERRANDIENNE 

R_sultats_de_Fran_ois_Mitterrand_en_1988On n'évoquera ici que brièvement l'"ouverture" tentée par le président de la République française, François Mitterrand, au lendemain de sa seconde victoire à l'élection présidentielle en 1988. Celle-ci correspondait à au moins quatre faits politique majeurs, qu'on ne retrouve absolument pas dans la victoire de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine en 2007: 

· après 7 ans de présidence, dont 2 ans de cohabitation avec une majorité législative et un gouvernement de droite, le président Mitterrand sortant, recueillait le 24 avril 1988, au 1er tour des présidentielles, 34,11% des suffrages exprimés, tandis que son adversaire, M. Chirac, n'en obtenait que 19,96%. Le 8 mai 1988, François Mitterrand écrasait littéralement, avec un score de 54,02% des suffrages exprimés, son premier ministre de droite, qui n'en récoltait que 45,98%. 

· la candidature du président sortant avait été annoncée par lui-même très tardivement, et deux slogans avaient été retenus pour sa campagne: "La France unie" et "Génération Mitterrand", posant de facto, les fondements d'une politique de rassemblement, notamment du centre. Celui-ci s'étant posé comme le "père de la nation" et le protecteur patenté de l'Etat impartial face à tous les clans partisans, jouant jusqu'à la caricature de sa stature présidentielle... Une ouverture aux idées du centre se dessinait donc, politiquement parlant. 

La_France_unie_selon_Fran_ois_Mitterrand

L'un des slogans de campagne du président sortant en 1988, annonciatrice d'une probable "ouverture" au centre 

· les élections législatives consécutives à la réélection de François Mitterrand ne donnant qu'une majorité relative aux socialistes et apparentés, le président décide de nommer au gouvernement des personnalités centristes et de la société civile, tels Jean-Pierre Soisson, Jean-Marie Rausch, Michel Durafour ou encore Olivier Stirn, avec comme premier ministre Michel Rocard. 

Cette "ouverture" congruait tant avec la campagne de rassemblement menée par François Mitterrand qu'avec son positionnement dit du "ni-ni", ni nationalisations, ni privatisations, censé être encore le marqueur premier du clivage gauche-droite. Elle ne fera cependant pas long feu. Mais elle était fondée politiquement et n’avait rien à voir avec la tartufferie sarkozienne. 

VERS LE SECOND EMPIRE LIBERAL: LES ORIGINES DE L'OUVERTURE 

Napol_on_III_en_couleurL'"ouverture" a toujours eu lieu au niveau de la formation du gouvernement, en fonction d'un projet politique lui-même ouvert, transcendant les clivages traditionnels, négocié selon l'intérêt national, l'état de l'opinion et les rapports de force politiques, à un moment t. Originellement, elle intervient comme une nécessité de réajustement des forces au pouvoir au regard de l'état du pays ou des événements politiques.

Le passage de l'Empire autoritaire à l'Empire libéral, en 1869, se joua ainsi par l'arrivée au gouvernement de personnalités issues de l'opposition à Napoléon III, dont le pouvoir vacillait. Elle déboucha naturellement sur des mesures politiques elles-mêmes d'ouverture, impliquant des changements substantiels dans la conduite des affaires et des réformes inspirées par les nouveaux venus de l'opposition. 

L'"ouverture" ne relève donc nullement de nominations fantaisistes dictées par les caprices ou la pure stratégie de l'exécutif tout-puissant, contrairement à ce que pourrait nous faire croire la tartufferie sarkozienne actuelle. 

Le cas du Second Empire est donc à ce titre intéressant. Comme nous le rappelle Louis Girard, dans son "Napoléon Napol_on_III_de_Louis_GirardIII", "les élections de 1869 marquent, après vingt ans d’interruption, la renaissance de la vie politique avec une presse libre et des réunions publiques dans les grandes villes". Plus profondément, l'empereur doit comprendre que "l’Empire est menacé [et que] la république est candidate à sa succession". 

Emile_OllivierCette même année, le député républicain Emile Ollivier, fer de lance de l'opposition, qui avait été le rapporteur de la loi du 25 mai 1864, légalisant les "coalitions ouvrières" et instaurant le droit de grève, fut donc nommé par Napoléon III ministre de la Justice et des cultes, chef de fait d'un gouvernement de centre droit et de centre gauche. 

Cette nomination, loin d'être cosmétique, comme le sont les nominations sarkoziennes, aura eu des conséquences politiques majeures. Elle déboucha sur la fin de la tutelle impériale sur le Corps législatif, révolution institutionnelle dans l'esprit des vues parlementaristes du parti de Emile Ollivier. 

L'évolution parlementaire du régime fut donc menée par ce gouvernement que l'on pourrait qualifier d'"ouverture", en ce sens qu'il était dirigé par un ancien opposant à l'Empire, député républicain, rallié mais aux conditions fixées par lui-même et ses camarades.

Rien à voir avec les ministres issus de la gauche, potiches, nommés par M. Sarkozy qui n'ont aucun poids politique et ne changeront rien à la "feuille de route" clairement de droite fixée par le président de la République. Lesquels, par contre, protègent le président de toute accusation de sectarisme tout en télescopant toute opposition. 

DE GAULLE, LA SFIO, LES COMMUNISTES, LE MRP ENSEMBLE AU POUVOIR: LE GOUVERNEMENT PROVISOIRE DE LA REPUBLIQUE 

Lib_ration_de_Paris__ao_t_1944

La libération de Paris et le défilé sur la plus belle avenue du monde, les Champs-Élysées, août 1944

C'est l'événement politique majeur que constitue la perspective de la Libération à la fin de la Seconde guerre Le_gouvernement_provisoire_de_la_r_publique_fran_aisemondiale, qui conduisit le général de Gaulle à constituer, dès le 2 juin 1944, un Gouvernement provisoire de la République française composé de communistes, de socialistes (membres de la SFIO) et de membres du Mouvement républicain et populaire (MRP), composé d'anciens résistants, plutôt démocrates-chrétiens. 

Le rassemblement au pouvoir des trois grandes composantes de la Résistance, tant extérieure qu'intérieure, était commandé par la nécessité historique de constitution d'une forme d'union nationale, en vue de la reconstruction de la France libérée. 

Ces composantes portaient pourtant des projets et des orientations politiques radicalement divergentes. Mais le général de Gaulle sut les réunir au nom de l'intérêt supérieur de la République et de la France. Après le retour à la République, il s'agissait en effet de "rendre la parole au peuple", et nécessairement dans sa diversité, d'où les élections et le référendum qui aboutiront à l'abolition de la IIIe République et à l'avènement de la IVe. 

Charles_de_Gaulle__portrait_couleurCe qui nous intéressera ici, ce sont les mesures politiques qui résultèrent de cetteProgramme_CNR "ouverture" aux socialistes et aux communistes, sous la houlette du général de Gaulle. Rien à voir avec la nomination de personnalités médiatiques. La France, revenant du régime de Vichy et de l'occupation nazie, renoua ainsi avec les principes républicains fondamentaux, en mettant en oeuvre de nombreuses mesures issues du programme du Conseil National de la Résistance (CNR). Ces mesures, souvent d'inspiration socialiste et communiste, in fine, relevèrent la France et participèrent aussi de la constitution du gaullisme politique, renouant avec le souci de l'indépendance nationale, la prééminence de l'Etat, la solidarité, la méritocratie républicaine, inscrivant, également, la France dans la modernité politique du second XXe siècle. A savoir: 

· droit de vote des femmes -qui l'exercent pour la première fois le 29 octobre 1945 

Les_femmes_votent

· mise en place de la Sécurité sociale -ordonnance du 19 octobre 1945 

S_curit__sociale_et_solidarit__des_hommes

· création des allocations familiales -loi du 22 août 1946 

Allocations_familiales

· nationalisations, dont celle de l'énergie 

· création de l'Ecole Normale d'Administration (ENA) pour former des hauts fonctionnaires recrutés, non pas selon leurs origines sociales, mais selon leurs "mérites" etc. 

La formation, sous l'égide du général de Gaulle, du Gouvernement provisoire, intégrant des socialistes et des communistes, déboucha donc sur une politique d'ouverture et de rassemblement, posant les jalons d'acquis sociaux fondamentaux. En outre, il est certain que, malgré toutes leurs divergences idéologiques, au final, communistes, socialistes, démocrates-chrétiens se retrouvaient sur un socle commun: le rétablissement de la République et l'approfondissement de ses principes.

Ce sont ces mêmes acquis, issus du programme du Conseil national de la Résistance (CNR) et reconnus dans leur esprit par le préambule de la Constitution de la Ve République, qui sont aujourd'hui jetés au caniveau par la présidence Sarkozy et son soi-disant gouvernement d'"ouverture". 

Les_acquis_sociaux_d_truits_par_Nicolas_Sarkozy

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Pourquoi ces nominations de personnalités médiatiques dites de "gauche" par l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine? Pourquoi cette stratégie politicienne qualifiée d'"ouverture"? 

Rien ne justifiait que fût pratiquée, comme l'avait fait de Gaulle à la Libération, une politique d'"ouverture", consistant à accomplir un programme de réformes négocié entre les différentes composantes de la vie politique française républicaine -des communistes à la droite de l'UMP. Une telle politique aurait pu à la rigueur être tentée par Jacques Chirac, réélu en 2002 contre le chef du Front national, Jean-Marie Le Pen, avec les suffrages de la gauche. Mais en 2007, le débat droite-gauche avait repris ses droits au second tour des présidentielles. C'est bien pourquoi cette politique d'"ouverture" n'existe pas et est un leurre. 

· Ni sortie de guerre, ni crise institutionnelle majeure, ni nécessité d'une union nationale en vue de reconstruire le pays ne se présentaient avant l'élection de Nicolas Sarkozy, le 6 mai 2007. 

· La campagne électorale menée par ce dernier n'était pas une campagne ouverte aux idées de la gauche, mais aux idées de l'extrême-droite, à laquelle le président Sarkozy n'a pourtant pas fait appel lors de la composition de son gouvernement.

· Le nouveau pouvoir a été élu sur un projet de droite, socialement ultralibéral -au détriment des plus défavorisés et des classes moyennes, dans le souci constant de démanteler l'Etat et le droit social; économiquement favorable au capitalisme financier, à la finance spéculative et aux fortunes rentières -au détriment des petites et moyennes entreprises qui sont au premier rang de la relance de la croissance; culturellement ancré dans la réaction, dans le culte de l'argent-roi et dans la désignation de boucs-émissaires -les pauvres, les immigrés, les étrangers, les chômeurs, les retraités, les jeunes des cités etc.; internationalement, la France devait en finir avec la realpolitik, pour adopter une diplomatie des droits de l'homme, tourner le dos au monde africain et arabo-musulman pour se rapprocher des positions de l'administrations Bush, pourtant en fin de son désastreux parcours. 

· Le président de la République dispose d'une majorité à sa botte au Parlement, et l'opposition n'est pas en mesure de menacer les gouvernements qu'il peut nommer à sa guise. 

De ce programme sarkozien, toutes les  idées venues du gaullisme, du centrisme, des différentes tendances de la gauche, toutes forces républicaines, étaient exclues et le sont toujours. La soumission de l'ensemble de la droite au projet présidentiel, la réduction au silence de toute dissension au sein de l'UMP, l'appel aux fidèles du centriste François Bayrou pour mieux le fragiliser, le recours à des individualités de gauche, politiquement insignifiantes mais populaires: toutes ces manœuvres sont contraires à l'esprit d'une politique d'"ouverture".

Elles assurent en fait l'hégémonie d'un projet présidentiel unilatéral visant à détruire un à un tous les principes républicains fondamentaux en créant un pseudo-consensus médiatique autour de la personne du président. Elles visent évidemment à préparer sa réélection en 2012. Car en faisant croire aux Français que cette politique fermée et antirépublicaine est une politique d'"ouverture", il s'agit d'occuper tout l'échiquier politique classique, de désarçonner toute velléité d'opposition et de faire croire que le Président bénéficie du soutien massif de tous les Français, alors que 47% d'entre eux n'ont pas voté pour lui et ont une autre vision de la France. 

Le mensonge grossier que constitue l'idée selon laquelle le président mènerait une politique d'"ouverture" est grave, car relayé par les médias les plus puissants, audiovisuels notamment, il implique plusieurs conséquences: 

· l'arrivée au gouvernement de personnalités dites "de gauche" qui ne défendent aucune mesure de gauche mais monopolisent le débat publico-médiatique, symboles vivants de l'immoralité politique récompensée par le nouveau pouvoir comme de l'effondrement des convictions politiques 

· la diffusion de l'idée fausse selon laquelle l'opposition ne se situerait plus au Parlement ni dans les territoires de la République, mais au sein du gouvernement 

· l'internalisation du débat démocratique au sein du gouvernement, qui n'est en droit qu'une équipe de personnalités nommées et non élues, dépourvues de légitimité démocratique 

· la transformation du gouvernement en un simulacre d'assemblée démocratique, ce qu'il n'est en aucun cas 

· l'étouffement médiatique de toutes les véritables oppositions, des gaullistes aux communistes, par les prises de parole politiquement sans aucun effet des ministres dits d'"ouverture" 

· le discrédit sur le débat d'idées et le "relativisme de toutes les valeurs", l'absence de concordance entre les paroles et les actes au profit du règne de l'image, tous phénomènes propres à la condition postmoderne 

· la remise en cause de la fonction éminente que les partis politiques, dans leur pluralité et leur diversité devraient jouer dans la vie démocratique du pays. 

Il s'agit donc d'une nouvelle forme de gouvernement, qui n'a absolument rien à voir avec une quelconque "ouverture" aux idées du centre ou de la gauche, mais qui relève d'un véritable déni de démocratie représentative.

Les débats au Parlement sont constamment télescopés par les pseudo-disputes internes à un gouvernement dont la Constitution prévoit qu'il doit demeurer solidaire et co-responsable devant la représentation nationale. Leur ultra-médiatisation permet de consolider une grave dérive, à savoir le glissement de la démocratie vers la "télécratie". 

Il n'y a donc en France, en dehors des plateaux de télévision,  aucune politique d'"ouverture" menée par le nouveau pouvoir en place. Affirmer le contraire relève du mensonge politique.

Il y a simplement musellement de toute opposition et abaissement de la démocratie parlementaire et de la démocratie tout court. La preuve en est qu'aucune mesure de gauche n'a été et ne sera pratiquée par les ministres d'"ouverture", solidaires d'un gouvernement de "droite dure". Les coups de gueules des uns des autres, leurs pleurnicheries ou leur résignation témoignent en fait de leur impuissance et de leur soumission absolue aux volontés présidentielles. 

Il serait temps que le journalisme politique français prenne la mesure d'une telle dérive et cesse de gober les mensonges présidentiels en reprenant à son compte le terme d'"ouverture", quand il n'y en a aucune.

Dénoncer sans relâche cette tartufferie serait la condition sine qua non du retour à un véritable débat démocratique. Sans quoi le peuple français ne trouvera plus aucun opposant à la politique de destruction des principes et des acquis fondamentaux de la République française, héritière de la civilisation démocratique athénienne, de la république romaine, des Lumières et de la Révolution française. 

L'élection de l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine, loin de marquer un retour du politique, comme le pensent naïvement nombre de commentateurs politiques, emboîte le pas à ce que le philosophe Zizek appelle la "sortie du politique". Si cette situation perdure, les mesures les plus gravissimes pourront être mises en oeuvre sans aucune résistance, sans qu'aucun débat démocratique digne de ce nom ne les accompagne, sans souffrir aucune critique. 

Fonder et mener une politique qui liquide à la fois la Révolution française, les droits de l'homme, les acquis de la Résistance, le gaullisme comme le socialisme, le chiraquisme comme le mitterrandisme sur un tel mensonge relève d'une des plus grandes escroqueries que la vie politique de la Ve République ait jamais connues. 

Le mensonge comme programme politique n'est jamais de bon augure. Le peuple français devrait s'en émouvoir, sans quoi il ne restera bientôt plus rien de son héritage commun, de ce qui faisait encore sa grandeur de par le monde et sa cohésion politique, à savoir la prééminence de la "chose publique" sur tous les intérêts particuliers... Ce que l'on appelait, avant l'élection de M. Sarkozy, la République... 

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